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Les villes américaines, creusets des cultures latinos globalisées

ImageLa Salsa, comme les autres musiques de loisirs globalisées dites « tropicales », n’est pas seulement la descendante des traditions caribéennes. Elle est surtout le produit de l’alchimie culturelle qui s’est déroulée au cours du XXème siècle dans les grandes métropoles, multiethniques et hyperactives, d’Amérique du nord, entre l’apport des populations migrantes et et les expressions musicales du pays d’accueil. Mais ce mécanisme a conduit à des expressions musicales et dansées différentes en fonction des situations locales (photo ci-contre : festival “Calle 8” à Miami).

ImageL’analyse comparée du cas de trois grandes villes nord-américaines qui ont constitué les principaux berceaux des cultures urbaines latinos aux Etats-Unis (New-York, Miami, Los Angeles…) fourmille à cet égard d’enseignements révélateurs.

Elle nous permet en particulier de comprendre le caractère profondément new-yorkais de la Salsa, née de la rencontre des rythmes caribéens apportés par une vaste émigration portoricaine et de la tradition Jazzy de la ville. Ce style musical hybride est alors adopté par un public populaire et urbain d’origine latino, habitant les quartiers pauvres de la Big Apple, dont il reflète la dualité identitaire (photo ci-contre : danseurs du barrio new-yorkais dans les années 1970).

Berlin : une ville ouverte, vivante et décalée

ImageDepuis la première fois que j’ai visité Berlin, cette ville a représenté pour moi un paradoxe. J’ai toujours été partagé, en effet, entre les épouvantables souvenirs historiques qu’évoquent pour moi la capitale allemande, et le sentiment de bien-être et de gaieté qu’elle suscite aujourd’hui chez le visiteur étranger, charmé par l’hospitalité souriante de ses habitants.
Ville de grande tradition culturelle, devenue durant l’entre-deux guerre une ruche d’expérimentation artistique, puis transformée après 1945, par les hasards de l’histoire, en lieu d’accueil de la contre-culture, Berlin a retrouvé à la fin du XXème siècle son statut de grande capitale européenne à la vie nocturne trépidante et un peu décalée (photo ci-contre : Carnaval des Cultures).
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Haut lieu des musiques alternatives – de la Techno à l’Electro en passant par le Rock Heavy Metal – Berlin a également vu se développer depuis 25 ans une scène latino, qui, sans égaler celles de Paris, Londres ou Madrid, est tout de même assez active (photo ci-dessous : soirée auSoda Club). Un mouvement alimenté par le goût prononcé des berlinois pour les cultures alternatives, exotiques et métissées, si possible teintées d’un zeste de kitch et de provocation.

La société cubaine à l’épreuve du tourisme : quelques raisons d’espérer

ImageAvec la levée de l’embargo américain, le tourisme va vraisemblablement se développer à Cuba. De fait, l’année 2015 est déjà bien partie pour dépasser largement les 3 millions de visiteurs enregistrés en 2014. Beaucoup craignent que ce mouvement se fasse au dépend d’une certaine forme d’authenticité, sans d’ailleurs vraiment définir ce qu’ils entendent par ce terme : pratique intensive des traditions culturelles locales ? Spontanéité sans arrière- pensée dans la relation avec le visiteur étranger ?

Posons donc ainsi la question : faut-il craindre qu’un développement invasif du tourisme ne conduise à Cuba à transformer les lieux les plus visités en théâtres d’illusions exotiques, à polluer les relations humaines par l’argent, et à déstabiliser les sociétés locales, comme cela s’est trop souvent produit ailleurs sur la planète ?
Je voudrais proposer ici une réponse optimiste : sans nier que le risque existe, je crois qu’il pourrait être assez facilement surmonté, et ce pour quatre raisons principales :

– Parce que la culture populaire cubaine est une culture vivace, profondément enracinée dans l’âme des habitants, et que ce ne sont pas quelque cars de touristes supplémentaires qui changeront cet état des choses.

Barcelone et Madrid : La Salsa, héritière des musiques d’ida y vuelta

Pour consulter directement l’article dans son intégralité, cliquez sur SALESPAGNE

ImageLe fait que Madrid est Barcelone prennent aujourd’hui rang parmi les capitales européennes de la Salsa n’a rien de très surprenant quand on pense aux liens puissants qui unissent la culture espagnole à celles des Caraïbes. On sait en effet que les musiques et danses caribéennes d’aujourd’hui sont les lointaines héritières d’un phénomène de métissage entre les apports africains et hispaniques associés aux populations de différentes origines qui ont peuplé ces îles (photo ci-contre : deux jeunes cubaines).

ImageMais ces liens culturels entre Espagne et Caraïbes ne sont pas seulement de l’ordre de la filiation. Ils résultent également d’un processus de co-développement qui s’est déroulé tout au long de l’histoire coloniale. Un phénomène incarné par les musiques d’Ida y Vuelta, voyageant d’un bord à l’autre de l’Atlantique pour y être appropriées, transformées et renvoyées vers l’autre rive (image ci-contre : André Lhote, Marin à l’accordéon).

ImageCe mouvement de va-et-vient a simultanément alimenté l’évolution musicale des deux mondes. C’est ainsi que la contredanse espagnole donna naissance à Cuba à la Habanera, style musical qui fut ensuite largement intégré dans les opérettes (Zarzuelas) espagnoles ; celles-ci influencèrent à leur tour la scène musicale de Buenos-Aires, jouant leur rôle dans l’apparition du Tango argentin… qui aujourd’hui triomphe à nouveau en Europe.

En d’autres termes, la culture populaire caribéenne d’aujourd’hui n’est pas seulement la lointaine descendante du folklore hispanique du XVIème siècle.

Elle est aussi, en quelque sorte, la soeur de lait de la culture populaire espagnole moderne, puisqu’elles sont toutes deux issues d’un même processus interactif d’évolution qui s’est déroulé entre les deux rives de l’Océan.

La Havane, comme le Phénix, renaît de ses cendres

De la Rueda de Casino à la Salsa cubaine d’aujourd’hui

 ImageLa scène havanaise de la musique populaire dansante a connu, au cours des 150 dernières années, une trajectoire en dent de scie, où ont alterné les périodes d’intense rayonnement et de repli.

Depuis la fin du XIXème siècle jusqu’en 1959, elle a traversé une période d’activité ascendante, pour devenir à partir des années 1920 la capitale incontestée de la musique tropicale. C’est dans cette ville que sont en effet inventés rien moins que le Son urbain, le Mambo ou le Cha Cha Cha, qui vont ensuite conquérir les pistes de danse du monde entier (photo ci-contre : le cabaret Tropicana en 1956). Et c’est aussi à la Havane qu’apparaît, à la fin des années 1950, le style de danse dit « Casino », qui préfigure ce qui est aujourd’hui appelé «  Salsa Cubaine ».

A partir de 1959, La Havane souffre cependant d’un climat politico-économique très défavorable à l’essor d’une industrie des loisirs dynamique et influente. Tout en favorisant une réelle mise en valeur de la culture populaire, le gouvernement castriste affaiblit en effet les mécanismes spontanés de création reposant sur l’initiative privée, tandis que Cuba est coupée des grandes scènes musicales étrangères et voit de ce fait son influence internationale décliner en matière de musique tropicale. En particulier, le pays ne participe pas, entre 1965 et 1990, à l’essor et au développement de ce nouveau phénomène musical appelé Salsa, dont les rythmes sont cependant largement inspirés du Son Urbain.

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