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Culture populaire cubaine

Rumba et musique afro-cubaine : des humbles solars de barrio aux congrès internationaux de Salsa

Résumé

 

ImageComme tant d'autres musiques afro-latines, la Rumba cubaine est née dans des faubourgs déshérités où s'entassaient des populations pauvres et mélangées. C'est en effet dans les solars misérables des ports de Matanzas et de la Havane, où les noirs, majoritaires, cohabitent avec quelques petits blancs, qu'elle apparaît à la fin du XIXème siècle. En même temps d'ailleurs que beaucoup d'autres musiques cubaines issues de processus similaires de métissage culturel, comme le Son ou le Danzon.  

 

Pendant longtemps, la Rumba reste une musique marginale, expression des sentiments et du vécu de populations situées au bas de l'échelle sociale. Un fait qui se reflète à la fois dans le caractère très informel de ses pratiques, dans les textes de ses chansons - dont le corpus constitue une sorte de chronique de la vie du barrio - et dans sa langue forte et métissée, mélange d'espagnol et de termes d'origine africaine. Considérée par la société dominante comme une forme d'expression vulgaire et licencieuse, pratiquée par des noirs incultes et vaguement dangereux, la Rumba fait alors l'objet d'une forme de stigmatisation et de mépris.

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La société cubaine à l’épreuve du tourisme : quelques raisons d’espérer


ImageAvec la levée de l'embargo américain, le tourisme va vraisemblablement se développer à Cuba. De fait, l'année 2015 est déjà bien partie pour dépasser largement les 3 millions de visiteurs enregistrés en 2014. Beaucoup craignent que ce mouvement se fasse au dépend d'une certaine forme d'authenticité, sans d'ailleurs vraiment définir ce qu'ils entendent par ce terme : pratique intensive des traditions culturelles locales ? Spontanéité sans arrière- pensée dans la relation avec le visiteur étranger ?

Posons donc ainsi la question : faut-il craindre qu'un développement invasif du tourisme ne conduise à Cuba à transformer les lieux les plus visités en théâtres d'illusions exotiques, à polluer les relations humaines par l'argent, et à déstabiliser les sociétés locales, comme cela s'est trop souvent produit ailleurs sur la planète ?
 
Je voudrais proposer ici une réponse optimiste : sans nier que le risque existe, je crois qu'il pourrait être assez facilement surmonté, et ce pour quatre raisons principales :

- Parce que la culture populaire cubaine est une culture vivace, profondément enracinée dans l'âme des habitants, et que ce ne sont pas quelque cars de touristes supplémentaires qui changeront cet état des choses.

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La Havane, comme le Phénix, renaît de ses cendres

De la Rueda de Casino à la Salsa cubaine d'aujourd'hui

 ImageLa scène havanaise de la musique populaire dansante a connu, au cours des 150 dernières années, une trajectoire en dent de scie, où ont alterné les périodes d'intense rayonnement et de repli.

Depuis la fin du XIXème siècle jusqu'en 1959, elle a traversé une période d'activité ascendante, pour devenir à partir des années 1920 la capitale incontestée de la musique tropicale. C'est dans cette ville que sont en effet inventés rien moins que le Son urbain, le Mambo ou le Cha Cha Cha, qui vont ensuite conquérir les pistes de danse du monde entier (photo ci-contre : le cabaret Tropicana en 1956). Et c'est aussi à la Havane qu'apparaît, à la fin des années 1950, le style de danse dit « Casino », qui préfigure ce qui est aujourd'hui appelé «  Salsa Cubaine ».  

A partir de 1959, La Havane souffre cependant d'un climat politico-économique très défavorable à l'essor d'une industrie des loisirs dynamique et influente. Tout en favorisant une réelle mise en valeur de la culture populaire, le gouvernement castriste affaiblit en effet les mécanismes spontanés de création reposant sur l'initiative privée, tandis que Cuba est coupée des grandes scènes musicales étrangères et voit de ce fait son influence internationale décliner en matière de musique tropicale. En particulier, le pays ne participe pas, entre 1965 et 1990, à l'essor et au développement de ce nouveau phénomène musical appelé Salsa, dont les rythmes sont cependant largement inspirés du Son Urbain.

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Santiago de Cuba : le géant endormi

Introduction et résumé

Pour les amoureux de la Salsa et les connaisseurs de Cuba, Santiago de Cuba représente un troublant paradoxe. 

Berceau du Son dont la Salsa est elle-même largement issue, cette ville constitue encore aujourd'hui un foyer exceptionnellement riche de talents artistiques, qui peuplent dans le monde entier les compagnies de danse et les orchestres de musique tropicale les plus prestigieux.

ImageEt pourtant cette éminente contribution à la culture caribéenne n'est pas toujours reconnue à sa juste valeur, la ville restant quelque peu en retrait sur la carte mondiale de la production salsera et timbera contemporaine. 

Ce paradoxe s'explique selon moi par trois raisons concomitantes : 

- Santiago a été historiquement victime d'un phénomène de phagocytose artistique par la Havane, dont la scène musicale a drainé les talents nationaux comme les visiteurs étrangers. La capitale cubaine s'est ainsi alimentée de l'énergie artistique de tout le pays (et tout particulièrement de l'Oriente) pour forger de nouveaux styles ensuite exportés vers le monde entier. 

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Une exploration de la civilisation musicale pan-Caraïbes en dix questions (avec des tentatives de réponse)

Depuis des années, ma curiosité était attirée par l’air de famille unissant les musiques et danses populaires des différents pays de la région Caraïbe : Son Plena, Rumba, Merengue, Bachata et même Samba. En les écoutant, en les dansant, j’avais parfois l’impression de voir apparaître, derrière la diversité apparente des styles, une sorte de trame commune – mêmes bases rythmiques, mêmes manières de jouer, et pour les danseurs, de mouvoir leur corps - dont j’avais cependant du mal à exprimer précisément la nature et à cerner les limites.

Comment définir ce qui rapproche ces cultures populaires Caraïbes ? Peut-on détailler leurs sources communes ? Par quels processus historiques se sont-elles formées ? Peut-on explorer de manière exhaustive leur diversité et en tenter un recensement ? Quelles sont leurs tendances d’évolutions actuelles ? Autant de questions que je me posais fréquemment, multipliant les lectures et les visionnages de documentaires sans pour autant parvenir à y apporter mes propres réponses.

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Un lieu trop méconnu des touristes : la Casa de las Americas de La Havane

ImageLa Casas de las Americas est un projet culturel original remontant aux premiers jours de la révolution cubaine. Il s'agissait, en gros de créer un lieu d'échange où toutes les formes d'expression artistique du nouveau-monde - en fait surtout des Caraïbes et d'Amérique latine - pourraient converger pour mieux se connaître et s'associer en de nouvelles expériences. Autrement dit, « d'unir politiquement et culturellement les peuples d'Amérique latine ». Le projet conçu par Haydée Santa Maria, une des compagnes de la première heure de Fidel et du Che, fut inauguré en juillet 1959, quelques mois seulement après le triomphe de la révolution castriste, dans un bâtiment en ciment situé au bord du Malecon. Celui-ci, tenant à la fois du silo à blé et d'une église d'architecture moderniste, avait auparavant, m'a-t-on dit, abrité des locaux universitaires et une association d'écrivains. Il s'agit du premier des grands centres culturels créés par la Révolution, un peu avant l'ICAIC (Institut du cinéma), l'UNEAC (Union des écrivains) ou le CFN (Conjunto Folklorico Nacional).

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De tu alma, Ruda, Dime (Ruda, Parles-moi de ton âme)

 

ImageDocumentaire de Ulysses Hernández, Cuba, 2009 (?), 18 minutes

Ce court documentaire nous plonge au cœur des traditions orales d'un petit village perdu, Ruda, niché près de la petite ville de San José de las Lajas. Là, à seulement quelques dizaines de kilomètres de la Havane, nous nous retrouvons déjà au cœur de la campagne cubaine. On se déplace en carrioles à cheval, on coupe les hautes herbes à la machette et l'on chante à la guitare les décimas des Tonadas.

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Alamar, un quartier cubain, par Bérengère Morucci

Image Une émouvante plongée dans la réalité cubaine d'aujourd'hui

Etrange relation que j'ai nouée avec cet excellent ouvrage de Bérengère Morucci, consacré à la description de la vie quotidienne d'un quartier nouveau de l'agglomération de La Havane, Alamar, situé à l'extrême est de la ville, pas très loin des plages. Construit au cours des années 1970 dans la ferveur des projets révolutionnaires, ce quartier était censé offrir à ses habitants une vie nouvelle, avec des confortables logements et tous les équipements collectifs dont ils pouvaient avoir besoin. Avec l'accumulation des désillusions et des difficultés, il s'est progressivement transformé une grande cité-dortoir aux immeubles dégradés, aux équipements inachevés, et où s‘entassent, dans des conditions de grandes difficultés matérielles, 120000 personnes dans des appartements prévus pour 50000. Bérengère Morucci, sociologue de formation, est allée vivre à leurs côtés, a partagé leur quotidien, a recueilli leurs confidence, a observé leurs habitudes, et en a tiré ce très beau livre, chronique à la fois rigoureuse et profondément humaine de la vie de ce quartier.

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Yoruba, un acercamiento a nuestras raíces (Yoruba, nos racines)

Image Un voyage vers les racines africaines de Cuba

Tous les amoureux de la culture cubaine connaissent et reconnaissent les liens multiples qui l'attachent à ses racines africaines. De nombreux ouvrages de grandes qualité, à commencer par ceux de Fernando Ortiz et Lydia Cabrera, ont décrit de manière détaillée les traces de cet héritage - rites, coutumes, croyances, musiques, danses, etc. - telles qu'elles peuvent ou ont pu être observées dans l'île. Mais sans aller jusqu'à entreprendre le voyage vers le continent dont elles tirent leur origine.

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Un rayo de luz – Arsenio Rodriguez

Documentaire de Marcia Olivares, Cuba, 2002 (?), env. 30 minutes

ImageConsacré à la vie et à l'œuvre du grand musicien cubain, cet excellent documentaire tire d'abord sa valeur de l'abondance des archives sonores et des témoignages de première main - entre autres ceux de son pianiste Ruben Gonzales et du percussionniste Tata Guïnes, qui joua quelques temps avec son orchestre. Il se distingue aussi par la très grande clarté des analyses musicologiques qui nous sont proposées, au moins pour ce qui concerne la période cubaine de l'activité d‘Arsenio Rodriguez, c'est-à-dire jusqu'en 1950.

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