Tu sous-estimes sérieusement le résultat de l'activité d'Amnesty International. Pour moi "quelques" journalistes libérés ce n'est pas rien c'est même une défaite de tous ceux qui étouffent la liberté d'expression, c'est la liberté retrouvée pour des hommes et des femmes dont le seul crime a été de penser de manière indépendante. Il reste bien sur de nombreuses autres injustices. Et c'est vrai qu'il y a de qu'il y a façons différentes d'agir. Puisque selon toi beaucoup d'entre elles sont inefficaces, parle nous de la tienne, de ton aide à une famille à Cuba. Peux tu nous la décrire et surtout nous donner les résultats que tu as obtenu.EL_GATITO a écrit : Moi, je préfère aller à Cuba et aider une famille si je peux, car je ne sais pas si elle sera heureuse avec un bout de papier signé.
[M6] reportage sur Cuba
-
pbooj
- Gold

- Messages : 1382
- Enregistré le : sam. août 26, 2006 8:00 am
- Localisation : Paris / Aix ça dépend !
- Contact :
- Status : Hors ligne
Re: inutile
http://dicidense.free.fr/ Listen with your feet, dance on your ears. pee-poo-gee pmove pmueve pbouge pbooj πR
-
JACK_EL_CALVO
- Staff

- Messages : 4730
- Enregistré le : sam. oct. 22, 2005 8:00 am
- Localisation : PARIS 5
- Contact :
- Status : Hors ligne
... a écrit :CUBA n'est pas une dictature ???
dans quel pays démocratique a-t-on déjà vu un chef d'état malade, voire mourant qui nomme son frère à sa place ?? quelle est la légitimité de Raul
Il suffit de regarder sur ce forum, tout le monde n'a pas la même vision des choses sur Cuba, mais tout le monde peut s'exprimer et du coup ça a sacrément alimenté ce débat![]()
Et oui et cela on peut le faire car on vit dans un pays démocratique et qu'on est LIBRE (malgrés tout ce qu'il y'aurait à redire sur la société de consommation et sur certaines dérives politiques actuelles ....)
Que dire des "médias" cubains...?
Modifié en dernier par JACK_EL_CALVO le sam. oct. 13, 2007 12:15 pm, modifié 2 fois.
esa gracia que tengo, nadie me la va a quitar, MAFEREFUN YEMAYA, MAFEREFUN ELEGUA !
-
clavita
- Bronze

- Messages : 89
- Enregistré le : dim. déc. 17, 2006 8:00 am
- Localisation : anglet
- Contact :
- Status : Hors ligne
Quel débat ! Je voudrais juste revenir sur quelques points qui me touchent plus particulièrement .
La définition de la démocratie je ne l'ai pas ;mais la pratique démocratique c'est la pluralité des expressions et des élections libres et honnetes . Faites le tour du monde et voyez ou l'on retrouve ces deux aspects .
J'ai lu des avis très tranchés sur l'action de certaines ONG ,Amnesty International plus précisément . Autant vous dire tout de suite que je ne suis pas membre d'Amnesty .
Alors oui ils arrivent à libérer ça et là une personne ,il y en a qui disent :"c'est rien".Moi je voudrais qu'on me précise à partir de quand c'est quelque chose :10 ,20 ,100 ? Il faut le mettre ou le curseur ?
Bien entendu la géopolitique est omniprésente dans le positionnement des etats ;mais les etats c'est une chose et les citoyens c'est autre chose .
Alors je m'en vais vous faire part de ma modeste expérience et vous expliquer ou je situe mon curseur d'efficacité .
Ca se passe au Honduras ,à la frontière du Salvador au mois de mars 1981 ,dans un camp de réfugiés .C'est le moment du départ ,celui des adieux au chef du camp :Don Cesar.Et voici les propos de ce salvadorien :"Lessentiel ce ne sont pas les biens matériels que vous avez apportés , mais c'est de savoir que quelque part dans le monde des gens pensent à nous et parlent de nous ,nous ne sommes pas seuls".
A partir de ce moment mon curseur je l'ai situé à l'unité et j'ai compris l'importance des signatures et autres pétitions .Si la libération n'est pas de suite au rendez-vous l'espoir d'une libération est indispensable et elle peut s'appuyer sur l'action des autres .
Ces propos je les ai entendu ailleurs ;au Guatemala , au Savador , en Mer de Chine , en Bosnie.....et ailleurs encore .
Alors certes tout est perfectible mon cher GATITO ,mais il me semble que tu es une personne sensible , attentive au monde dans lequel on vit ; je te souhaite de trouver rapidement ton propre positionnement dans le curseur pour pouvoir agir .Bien amicalement ! Clavita
PS:pour ce qui est de Cuba , l'avenir sera ce que les cubains en feront ;ça nous conviendra ou pas ; mais que cela ne nous empeche pas de les accompagner
La définition de la démocratie je ne l'ai pas ;mais la pratique démocratique c'est la pluralité des expressions et des élections libres et honnetes . Faites le tour du monde et voyez ou l'on retrouve ces deux aspects .
J'ai lu des avis très tranchés sur l'action de certaines ONG ,Amnesty International plus précisément . Autant vous dire tout de suite que je ne suis pas membre d'Amnesty .
Alors oui ils arrivent à libérer ça et là une personne ,il y en a qui disent :"c'est rien".Moi je voudrais qu'on me précise à partir de quand c'est quelque chose :10 ,20 ,100 ? Il faut le mettre ou le curseur ?
Bien entendu la géopolitique est omniprésente dans le positionnement des etats ;mais les etats c'est une chose et les citoyens c'est autre chose .
Alors je m'en vais vous faire part de ma modeste expérience et vous expliquer ou je situe mon curseur d'efficacité .
Ca se passe au Honduras ,à la frontière du Salvador au mois de mars 1981 ,dans un camp de réfugiés .C'est le moment du départ ,celui des adieux au chef du camp :Don Cesar.Et voici les propos de ce salvadorien :"Lessentiel ce ne sont pas les biens matériels que vous avez apportés , mais c'est de savoir que quelque part dans le monde des gens pensent à nous et parlent de nous ,nous ne sommes pas seuls".
A partir de ce moment mon curseur je l'ai situé à l'unité et j'ai compris l'importance des signatures et autres pétitions .Si la libération n'est pas de suite au rendez-vous l'espoir d'une libération est indispensable et elle peut s'appuyer sur l'action des autres .
Ces propos je les ai entendu ailleurs ;au Guatemala , au Savador , en Mer de Chine , en Bosnie.....et ailleurs encore .
Alors certes tout est perfectible mon cher GATITO ,mais il me semble que tu es une personne sensible , attentive au monde dans lequel on vit ; je te souhaite de trouver rapidement ton propre positionnement dans le curseur pour pouvoir agir .Bien amicalement ! Clavita
PS:pour ce qui est de Cuba , l'avenir sera ce que les cubains en feront ;ça nous conviendra ou pas ; mais que cela ne nous empeche pas de les accompagner
- Lindasuave
- Platinum

- Messages : 2276
- Enregistré le : mar. juin 06, 2006 8:00 am
- Contact :
- Status : Hors ligne
La Liberté d'expression nous permet en effet de nous exprimer librement, mais nous aurons tous noté qu'il nous a fallu un certain temps, avant de parvenir à un échange courtois et serein d'idées (sur ce thème), sans que cela ne tourne systématiquement à un combat musclé ou à des attaques personnelles. Pourvu que ça dure... (sourire)... a écrit :CUBA n'est pas une dictature ???
dans quel pays démocratique a-t-on déjà vu un chef d'état malade, voire mourant qui nomme son frère à sa place ?? quelle est la légitimité de Raul
Il suffit de regarder sur ce forum, tout le monde n'a pas la même vision des choses sur Cuba, mais tout le monde peut s'exprimer et du coup ça a sacrément alimenté ce débat![]()
Et oui et cela on peut le faire car on vit dans un pays démocratique et qu'on est LIBRE (malgrés tout ce qu'il y'aurait à redire sur la société de consommation et sur certaines dérives politiques actuelles ....)
Pour en revenir au débat : sauf à avoir mal lu, je n'ai encore vu personne affirmer que:
- CUBA était une démocratie,
- que le système en place était excellent
- que les libertés fondamentales (liberté de la presse, liberté d'expression, droit de vote... ) y étaient respectées, etc.
Ce que nous dénonçons en revanche, c 'est notre incroyable capacité:
- à fustiger les dysfonctionnements qui existent à Cuba, alors que notre pays nous en offre de multiples, dans une quasi-indifférence générale.
- à laisser entendre qu'il n'existerait pas de Cubains heureux, comme s'il n'y avait que des gens heureux chez nous.
Pour ma part, lorsque je suis allée à Cuba, je savais à quoi je m'attendais puisque je m'étais un peu informée (ce que font la plupart des gens j'imagine..). Ce que j'y ai vu, ne m'a donc guère surprise.
Que cela nous rende tristes, soit ! (j'ai vu des choses bien plus tristes en Afrique Noire, soit-dit en passant...)
MAIS nous devrions être tout aussi tristes de constater qu'en 2007, en France (pays démocratique et pays des Droits de l'Homme, et on nous l'a suffisamment répété...), on en soit encore à lutter pour des droits ou des Libertés inscrites dans les Conventions européennes et internationales (et donc supposées être acquises depuis longtemps) :
Libertés des médias (?), égalité professionnelle, égalité raciale, égalité salariale, droit au logement, droit des enfants (viol, maltraitance), droit à la santé (tabagisme passif, cancer, chlordécone..), contrôles au faciès, non respect de la présomption d'innocence, lutte contre la corruption, la prostitution... j'en passe et des meilleurs.
Voilà quel était le sens exact de mes propos (tout n'est pas seulement blanc ou noir). Je pense que c'est plus clair maintenant.
-
Leonel
- Staff

- Messages : 2866
- Enregistré le : ven. nov. 18, 2005 8:00 am
- Localisation : Antibes
- Status : Hors ligne
Je souhaitrais preciser que le reportage de M6 ne fut pas exact sur 2 points affirmés :
* Les gens vivent mieux a La Havana que en Province : ceci peut etre archi faux comme cela peut etre vrai pour certains. Comme le reportage l'a bien montré, l'approvisionnement est un probleme majeur de l'economie cubaine et une reelle diificulte quotidienne... Comme les produits agricoles vienent de la campagne, on peut souvent etre mieux nourri de produits naturels (legumes, fruits, viande (excepte le boeuf interdit)) en Province que a La Havane. Il arrive aussi que l'on eleve des cochons dans le baignores de la Havane...
* Les cubains ne peuvent pas sortir de Cuba : la verite est plus complexe.. certaines categories de professions ont effectivement une interdiction de sortie du territoire (sauf pour missions )
. C'est le cas des medecins et infirmiers, des policiers , des militaires et des professeurs (je crois) . Le gens qui ne travaillent pas, les gens qui travaille dans le tourisme, le commerce peuvent voyager.. de nombreux cubains que nous cotoyons en France ou en Europe en sont la preuve vivante!
Il faut se rappeler que Cuba a un grand voisin tres encombrant et quelque-peu interventionniste et hostile .. un voisin qui a deja intente plusieurs fois de renverser le regime ou d'assassiner ses dirigeants..
Il n'est pas tres etonnant que ce regime nous apparaisse un tres parano...
Ceci n'excuse pas tout mais il est toujours mieux de connaitre le contexte historique pour se faire une opinion.
* Les gens vivent mieux a La Havana que en Province : ceci peut etre archi faux comme cela peut etre vrai pour certains. Comme le reportage l'a bien montré, l'approvisionnement est un probleme majeur de l'economie cubaine et une reelle diificulte quotidienne... Comme les produits agricoles vienent de la campagne, on peut souvent etre mieux nourri de produits naturels (legumes, fruits, viande (excepte le boeuf interdit)) en Province que a La Havane. Il arrive aussi que l'on eleve des cochons dans le baignores de la Havane...
* Les cubains ne peuvent pas sortir de Cuba : la verite est plus complexe.. certaines categories de professions ont effectivement une interdiction de sortie du territoire (sauf pour missions )
. C'est le cas des medecins et infirmiers, des policiers , des militaires et des professeurs (je crois) . Le gens qui ne travaillent pas, les gens qui travaille dans le tourisme, le commerce peuvent voyager.. de nombreux cubains que nous cotoyons en France ou en Europe en sont la preuve vivante!
Il faut se rappeler que Cuba a un grand voisin tres encombrant et quelque-peu interventionniste et hostile .. un voisin qui a deja intente plusieurs fois de renverser le regime ou d'assassiner ses dirigeants..
Il n'est pas tres etonnant que ce regime nous apparaisse un tres parano...
Ceci n'excuse pas tout mais il est toujours mieux de connaitre le contexte historique pour se faire une opinion.
Modifié en dernier par Leonel le mer. oct. 10, 2007 7:59 pm, modifié 1 fois.
-
pbooj
- Gold

- Messages : 1382
- Enregistré le : sam. août 26, 2006 8:00 am
- Localisation : Paris / Aix ça dépend !
- Contact :
- Status : Hors ligne
Si nous discutons plus ici de ce qui se passe à Cuba plutôt qu'au Vénézuela, à Haïti, au Mexique etc... et même en France, c'est que nous sommes sur un forum dédié à la culture ... cubaine. Il donc est logique que nous parlions plus généralement de Cuba y compris parfois en critiquant le régime castriste tant que la liberté d'opinion, de pensée et de circulation sont autant de paramètres décisifs pour la création artistique. Ce n'est donc pas une capacité d'indifférence aux problèmes rencontrés dans d'autres pays y compris le notre, c'est juste une question de contexte consacré par définition à la culture cubaine.Lindasuave a écrit : Ce que nous dénonçons en revanche, c 'est notre incroyable capacité:
- à fustiger les dysfonctionnements qui existent à Cuba, alors que notre pays nous en offre de multiples, dans une quasi-indifférence générale.
- à laisser entendre qu'il n'existerait pas de Cubains heureux, comme s'il n'y avait que des gens heureux chez nous.
http://dicidense.free.fr/ Listen with your feet, dance on your ears. pee-poo-gee pmove pmueve pbouge pbooj πR
-
EL_GATITO
- Silver

- Messages : 552
- Enregistré le : lun. juil. 17, 2006 8:00 am
- Localisation : Fort de France
- Status : Hors ligne
amnesty
Vous avez raison !! Je vais de ce pas signer ma petition et mon adhésion...
...
..
Voilà, c'est fait. J'ai aidé les cubains, je suis fier de moi.
Quel magnifique reportage ! on a vu tout Cuba. quelle pauvreté ! C'est inadmissible. Quel dictateur sans coeur ! Oser prendre son peuple en otage contre le monde capitaliste, c'est une honte !! Le reportage d'M6 nous montre exactement la réalité. Merci à l'Europe et aux Etats unis de punir 11 millions pour les idées d'un seul. Merci merci merci.
J'espère que ma signature permettra de sauver un journaliste indépendant cubain.
...
..
Voilà, c'est fait. J'ai aidé les cubains, je suis fier de moi.
Quel magnifique reportage ! on a vu tout Cuba. quelle pauvreté ! C'est inadmissible. Quel dictateur sans coeur ! Oser prendre son peuple en otage contre le monde capitaliste, c'est une honte !! Le reportage d'M6 nous montre exactement la réalité. Merci à l'Europe et aux Etats unis de punir 11 millions pour les idées d'un seul. Merci merci merci.
J'espère que ma signature permettra de sauver un journaliste indépendant cubain.
Miawww
-
JACK_EL_CALVO
- Staff

- Messages : 4730
- Enregistré le : sam. oct. 22, 2005 8:00 am
- Localisation : PARIS 5
- Contact :
- Status : Hors ligne
Tu es sûr que le grand voisin encombrant peut se résumer si facilement à un nom de pays ?Leonel a écrit :
Il faut se rappeler que Cuba a un grand voisin tres encombrant et quelque-peu interventionniste et hostile .. un voisin qui a deja intente plusieurs fois de renverser le regime ou d'assassiner ses dirigeants..
Il n'est pas tres etonnant que ce regime nous apparaisse un tres parano... .
esa gracia que tengo, nadie me la va a quitar, MAFEREFUN YEMAYA, MAFEREFUN ELEGUA !
- Lindasuave
- Platinum

- Messages : 2276
- Enregistré le : mar. juin 06, 2006 8:00 am
- Contact :
- Status : Hors ligne
Tout à fait, sauf qu'à part dénoncer inlassablement la violation à Cuba des libertés de toutes sortes (ce sur quoi nous sommes tous d'accord, et j'ai cru utile de le rappeler, au vu de certains posts), je ne vois que très peu de contributions sur l'impact de la situation politique.... sur la création artistique, par exemple (puisque nous sommes sur Fiesta Cubana).pbooj a écrit :Si nous discutons plus ici de ce qui se passe à Cuba plutôt qu'au Vénézuela, à Haïti, au Mexique etc... et même en France, c'est que nous sommes sur un forum dédié à la culture ... cubaine. Il donc est logique que nous parlions plus généralement de Cuba y compris parfois en critiquant le régime castriste tant que la liberté d'opinion, de pensée et de circulation sont autant de paramètres décisifs pour la création artistique.Lindasuave a écrit :Ce que nous dénonçons en revanche, c 'est notre incroyable capacité:
- à fustiger les dysfonctionnements qui existent à Cuba, alors que notre pays nous en offre de multiples, dans une quasi-indifférence générale.
- à laisser entendre qu'il n'existerait pas de Cubains heureux, comme s'il n'y avait que des gens heureux chez nous.
Ce n'est donc pas une capacité d'indifférence aux problèmes rencontrés dans d'autres pays y compris le notre, c'est juste une question de contexte consacré par définition à la culture cubaine.
Pour rappel, j'ai lancé cette piste de réflexion (voir page précédente):
La musique et la danse cubaines (que nous apprécions) seraient-elles ce qu'elles sont, sans le blocus et sans le régime castriste ? En d'autres termes, l'échange et l'ouverture n'auraient-ils pas déjà dénaturé l'authenticité des racines et de la richesse culturelle de Cuba ? En quoi ces paramètres sont-ils décisifs ? Finalement est-ce un frein, ou au contraire, une force pour la création artistique ? Les textes (et leur sens caché) seraient-ils si riches, si ironiques, si colorés, si la situation politique avait été différente?
.......
Quant à la comparaison avec d'autres pays, il me semble qu'elle a tout son sens, parce que certains propos laissent parfois à penser que certains dysfonctionnements constastés à Cuba seraient la résultante de la situation politique cubaine, alors que de tels dysfonctionnements existent aussi (dans leur principe) dans nos pays dits démocratiques (cf Pascualito). Et puis, nous faisons partie du "Tout-Monde", n'est-ce pas?
Mais je reconnais que je suis sans doute HS (j'avoue que je n'ai pas encore vu le reportage M6, peut-être dans une semaine ou dans un mois qui sait, vue la distance, c'est ce qu'on appelle la continuité territoriale, parait-il...). Ceci dit, je me permets de participer quand même à cette discussion, car elle me parait plus constructive que toutes les précédentes (comme je le précisais plus haut).
-
Kiriku
- Staff

- Messages : 7374
- Enregistré le : mar. déc. 06, 2005 8:00 am
- Localisation :
- Contact :
- Status : Hors ligne
Merci Leonel d'avoir rectifié ces deux points !
Linda, quiconque sachant ou voulant lire entre les lignes avait pu anticiper ton discours dont je suis fan (meetic-border-line)
Voilà ce que je peux répondre à ton deuxième questionnement sur ce thème à 2h du matin avec la tête dans un endroit qui sent pas forcément super bon.
Linda, quiconque sachant ou voulant lire entre les lignes avait pu anticiper ton discours dont je suis fan (meetic-border-line)
Nos besoins et nos sources de bonheur sont largement conditionnés par la société dans laquelle nous vivons. On est content parce qu'on a la dernière paire de chaussures à la mode, parce qu'on a ci ou ça. On est complètement immergé dans la société de consommation. Bien sûr, nos sources de joie sont multiples et pas uniquement liés aux choses matérielles, mais on est quand même bien dedans. D'après ce que j'ai cru comprendre, nos amis Cubains n'ont pas forcément les mêmes aspirations. Le peuple Cubain est apparemment un peuple très cultivé et qui réfléchit beaucoup. Et je sais que certains sont conscients des pièges de la société de consommation, et prennent la chose avec philosophie. De toutes façons, vu qu'ils n'ont pas le choix, autant aller chercher le bonheur dans les choses simples. Et donc la danse, la musique, le plaisir d'une conversation cultivée, le meetic-exchange sans meetic, etc...Lindasuave a écrit :La musique et la danse cubaines (que nous apprécions) seraient-elles ce qu'elles sont, sans le blocus et sans le régime castriste ? En d'autres termes, l'échange et l'ouverture n'auraient-ils pas déjà dénaturé l'authenticité des racines et de la richesse culturelle de Cuba ? En quoi ces paramètres sont-ils décisifs ? Finalement est-ce un frein, ou au contraire, une force pour la création artistique ? Les textes (et leur sens caché) seraient-ils si riches, si ironiques, si colorés, si la situation politique avait été différente?
Voilà ce que je peux répondre à ton deuxième questionnement sur ce thème à 2h du matin avec la tête dans un endroit qui sent pas forcément super bon.
faites vivre votre passion et la passion vivra
-
Sueno_en_la_floresta
- Bronze

- Messages : 35
- Enregistré le : jeu. août 24, 2006 8:00 am
- Localisation : Clamart
- Contact :
- Status : Hors ligne
Je suis plutôt d'accord avec le point de vue de Lindasuave, qui, je trouve est assez mesuré!Lindasuave a écrit :
Quant à la comparaison avec d'autres pays, il me semble qu'elle a tout son sens, parce que certains propos laissent parfois à penser que certains dysfonctionnements constastés à Cuba seraient la résultante de la situation politique cubaine, alors que de tels dysfonctionnements existent aussi (dans leur principe) dans nos pays dits démocratiques (cf Pascualito). Et puis, nous faisons partie du "Tout-Monde", n'est-ce pas?
Et pourquoi ne pourrait-on pas faire de comparaisons avec d'autres pays? De toute façon, quand on critique les dysfonctionnements à Cuba, c'est que forcément on est déjà en train de comparer Cuba avec ce qu'on connait! C'est-à-dire avec le pays où on habite. En l'occurence, la France (ou l'Europe) pour beaucoup d'entre nous!
MANGORE, la guitarra en sus manos se convierte en una gran orquesta
-
Bruja
- Gold

- Messages : 1351
- Enregistré le : mer. nov. 02, 2005 8:00 am
- Localisation : Paris
- Contact :
- Status : Hors ligne
Je suis aussi d'accord dans cette mesure mais je suis moins d'accord quand on nous conseille de regarder dans nos banlieues avant de porter un jugement sur le régime cubain! Bien sûr,qu'on a conscience que notre banlieue n'est par rose et que notre banlieue est morose!Sueno_en_la_floresta a écrit :Je suis plutôt d'accord avec le point de vue de Lindasuave, qui, je trouve est assez mesuré!Lindasuave a écrit :
Quant à la comparaison avec d'autres pays, il me semble qu'elle a tout son sens, parce que certains propos laissent parfois à penser que certains dysfonctionnements constastés à Cuba seraient la résultante de la situation politique cubaine, alors que de tels dysfonctionnements existent aussi (dans leur principe) dans nos pays dits démocratiques (cf Pascualito). Et puis, nous faisons partie du "Tout-Monde", n'est-ce pas?
Et pourquoi ne pourrait-on pas faire de comparaisons avec d'autres pays? De toute façon, quand on critique les dysfonctionnements à Cuba, c'est que forcément on est déjà en train de comparer Cuba avec ce qu'on connait! C'est-à-dire avec le pays où on habite. En l'occurence, la France (ou l'Europe) pour beaucoup d'entre nous!
Est-ce qu'on a besoin de trouver pire que soi pour se sentir bien et se donner une legitimité ? Si oui, bien sûr, qu'on trouvera toujours pire dans un autre coin du globe mais bonjour la dérive!
-
pbooj
- Gold

- Messages : 1382
- Enregistré le : sam. août 26, 2006 8:00 am
- Localisation : Paris / Aix ça dépend !
- Contact :
- Status : Hors ligne
Nous sommes en effet trop peu à discuter l'impact de la politique sur la création mais c'est assez complexe. Il y de bonnes mesures pour encourager et soutenir la création, en protégeant les artistes comme l'a longtemps fait le statut des intermittents du spectacle en France ou encore comme par l'enseignement des excellentes écoles de musiques à Cuba. Mais la censure, qu'elle soit économique ou politique, comme les exemples déjà donnés (Picadillo de Soya ou les problèmes rencontrés par la Charanga Habanera) ou encore la liberté entravée de penser seraient-elle une force pour la création artistique?Lindasuave a écrit :je ne vois que très peu de contributions sur l'impact de la situation politique.... sur la création artistique, par exemple (puisque nous sommes sur Fiesta Cubana).
Pour rappel, j'ai lancé cette piste de réflexion (voir page précédente):
La musique et la danse cubaines (que nous apprécions) seraient-elles ce qu'elles sont, sans le blocus et sans le régime castriste ? En d'autres termes, l'échange et l'ouverture n'auraient-ils pas déjà dénaturé l'authenticité des racines et de la richesse culturelle de Cuba ? En quoi ces paramètres sont-ils décisifs ? Finalement est-ce un frein, ou au contraire, une force pour la création artistique ? Les textes (et leur sens caché) seraient-ils si riches, si ironiques, si colorés, si la situation politique avait été différente?
Paradoxe car dans un telle situation seuls les plus courageux ou ceux dont la notoriété les protège pourraient continuer à écrire et à s'exprimer. d'autres pourraient peuvent comme tu le dis avoir recours à l'ironie, au sens caché, à l'humour pour continuer à s'exprimer et être... finalement interdit de radio ou de salle pour se produire par exemple. Quand aux autres, sans doute les plus nombreux , au vu des risques encourus et de la peur il leur reste l'auto-censure.
Leonel a raison de dire que les voyages sont autorisés pour les musiciens. C'est encore plus vrais s'ils sont connus ou si ils ont des contacts à l'étranger car il y a des conditions au voyage. Il me semble bien qu'un voyage ça se demande à l'administration. Il y a une procédure qui prévoit en autre la justification de l'activité à l'étranger et en quelque sorte "une invitation". Encore une fois mon expérience est partielle je suis allé souvent à Cuba et chaque fois que j'ai pu avoir une discussion sans crainte mes amis se sont toujours plaints, ont toujours critiqué parfois très durement ces entraves à la libre circulation. La liberté de circuler librement est aussi un frein à la capacité de création qui se nourrit de l'ouverture aux autres et de la communication.
Ce contexte limite aussi l'impact et l'influence que cette musique pourrait avoir sur le monde. Lorsque l'on regarde l'histoire la musique cubaine : elle a rayonné dans le monde avec Arsenio Rodríguez, Dámaso Pérez Prado, Machito ...etc. pendant des dizaines d'années. Elle a apporté une véritable révolution au Jazz avec Chano Pozzo, Mario Bauzá, Chico" O’Farrill...etc, Elle a vraiment marqué l'histoire de la musique au XXème siècle pourtant des années 70 jusqu'à la fin des années 90 les musiciens ce sont les musiciens Newyorkais, portoricains, vénézuéliens qui ont occupé la scène avec le développement de la salsa -qui reste une évolution du son et du mambo-, tandis que s'abattaient sur Cuba l'embargo américain et la politique des castristes. pour un trentaine d'année de quasi silence hors Cuba : Qui connaissait Los Van Van ou La Revé dans les années 80 ? Il a fallut attendre la fin des années 90 pour voir resurgir sur la scène mondiale non pas la musique qui faisait fureur à Cuba à cette époque (le son moderno/la timba) mais le son traditionnel, le bolero du Buena Vista Social Club promu par un producteur voyageur Nick Gold aidé par Juan de Marcos. Celà a fait le tour du monde. L'administration cubaine s'est alors servi de la musique car dans les années 90 le grand frère l'URSS n'existait plus et donc avait cessé d'aider le pays. Castro avait besoin de nouvelles ressources pour compenser : le tourisme dont la culture est l'une des composantes (14000 touristes en 1974, 1,9 million en 1999). Et dans la deuxième moitié des années 90 les musiciens ont tourné de nouveau dans le monde car cela favorisait l'économie.
Modifié en dernier par pbooj le jeu. oct. 11, 2007 6:39 pm, modifié 4 fois.
http://dicidense.free.fr/ Listen with your feet, dance on your ears. pee-poo-gee pmove pmueve pbouge pbooj πR
C’est vrai que nous ne devons pas uniquement résumer la situation à Cuba par des statistiques, mais il est important de se servir de ses mêmes chiffres qui sont à charge contre Cuba pour pointer du doigt la façon injuste dont ils sont utilisés et certains omis. Je pense qu’ils ont leur place dans le débat tout autant que les récits de voyages ou les témoignages.
Leur avantage c’est qu’ils nous donnent une vue d’ensemble et ne se contentent pas de faire l’état d’une seule personne mais de toute une population.
Ce qui fallait comprendre dans cette comparaison c’est que le manque de « qualité de vie » n’est pas propre à Cuba. On filme sans cesse cette facette de l’île en la qualifiant d’échec du régime alors que chez nous les banlieues ne sont dépeintes que par l’intermédiaire de la «violence» on ne les qualifie pas de fiasco de la politique en place. Je ne donne aucune légitimé, c’est juste une comparaison par rapport aux conditions de vie dans des logements décrépis…
Est-ce que je connais bien Cuba ? Je ne sais pas mais je ne peux m’empêcher, à chaque fois, de penser à cette phrase « Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage »…chaque périple à donner lieu à des rencontres fantastiques plus ou moins hostiles et d’autres plus heureuses. Le chant de certaines sirènes a failli me rendre sourde quand un autre me berçait.
A l’image de la foire aux livres de Cuba, j’ai usé mes Havaianas de La Havane à Santiago en passant par une multitude de petites bourgades. Une «dictature» dans laquelle on se sent en sécurité. Pas mal de témoignages, des personnes qui connaissent l’histoire de leur pays sur le bout des doigts et celle des autres sur le bout des orteils. Une certaine fierté d’appartenir à ce pays qui eu le courage de tenir tête à son voisin. Ils se disent différents des cubains de Miami et qu’ils n’ont pas le même combat. Les traditions socialistes sont ancrées dans la population même si elle réclame une amélioration de leurs conditions de vie. On fait toujours connaissance de cubains qui rêvent de départ, peu mentionnent le manque de «libertés», c’est plutôt de voir ce qu’on pourrait leur offrir ailleurs, c’est aisance matérielle qui les motivent. J’ai rencontré beaucoup de ces personnes à La Havane, les villes de plus petite taille ou les villages sont beaucoup moins préoccupés.
Medialand à Cuba
Trois grands absents des médias cubains : la presse people, la publicité à outrance et les faits divers crapuleux.
A Cuba, ce n’est pas un secret, la presse prône les idéaux de la révolution qui ont apportés tant aux cubains et auxquels ils sont restés fidèles. Il n’y a également des journaux consacrés à la culture, aux avancées scientifiques, au sport, aux travailleurs... et à l’actualité internationale (qui est relatée de manière franche sans édulcorants). C’est encore une des seules presses qui a le courage de dénoncer le non-respect de ces fameux droits de l’homme et le pillage des pays pauvres par les grandes puissances. C’est une presse qui n’est soumise à aucune pression économique. Elle ne passe pas son temps à instaurer un climat de terreur et à entretenir la "peur" de l’autre. Sinon on trouve aussi des radios qui émettent depuis Miami, il est arrivé aussi que l’on déversent des petits papiers, depuis des avions, sur les trottoirs, en invitants les cubains à fuir le pays…pas à lutter mais à fuir.
Leur avantage c’est qu’ils nous donnent une vue d’ensemble et ne se contentent pas de faire l’état d’une seule personne mais de toute une population.
Ce qui fallait comprendre dans cette comparaison c’est que le manque de « qualité de vie » n’est pas propre à Cuba. On filme sans cesse cette facette de l’île en la qualifiant d’échec du régime alors que chez nous les banlieues ne sont dépeintes que par l’intermédiaire de la «violence» on ne les qualifie pas de fiasco de la politique en place. Je ne donne aucune légitimé, c’est juste une comparaison par rapport aux conditions de vie dans des logements décrépis…
Est-ce que je connais bien Cuba ? Je ne sais pas mais je ne peux m’empêcher, à chaque fois, de penser à cette phrase « Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage »…chaque périple à donner lieu à des rencontres fantastiques plus ou moins hostiles et d’autres plus heureuses. Le chant de certaines sirènes a failli me rendre sourde quand un autre me berçait.
A l’image de la foire aux livres de Cuba, j’ai usé mes Havaianas de La Havane à Santiago en passant par une multitude de petites bourgades. Une «dictature» dans laquelle on se sent en sécurité. Pas mal de témoignages, des personnes qui connaissent l’histoire de leur pays sur le bout des doigts et celle des autres sur le bout des orteils. Une certaine fierté d’appartenir à ce pays qui eu le courage de tenir tête à son voisin. Ils se disent différents des cubains de Miami et qu’ils n’ont pas le même combat. Les traditions socialistes sont ancrées dans la population même si elle réclame une amélioration de leurs conditions de vie. On fait toujours connaissance de cubains qui rêvent de départ, peu mentionnent le manque de «libertés», c’est plutôt de voir ce qu’on pourrait leur offrir ailleurs, c’est aisance matérielle qui les motivent. J’ai rencontré beaucoup de ces personnes à La Havane, les villes de plus petite taille ou les villages sont beaucoup moins préoccupés.
Medialand à Cuba
Trois grands absents des médias cubains : la presse people, la publicité à outrance et les faits divers crapuleux.
A Cuba, ce n’est pas un secret, la presse prône les idéaux de la révolution qui ont apportés tant aux cubains et auxquels ils sont restés fidèles. Il n’y a également des journaux consacrés à la culture, aux avancées scientifiques, au sport, aux travailleurs... et à l’actualité internationale (qui est relatée de manière franche sans édulcorants). C’est encore une des seules presses qui a le courage de dénoncer le non-respect de ces fameux droits de l’homme et le pillage des pays pauvres par les grandes puissances. C’est une presse qui n’est soumise à aucune pression économique. Elle ne passe pas son temps à instaurer un climat de terreur et à entretenir la "peur" de l’autre. Sinon on trouve aussi des radios qui émettent depuis Miami, il est arrivé aussi que l’on déversent des petits papiers, depuis des avions, sur les trottoirs, en invitants les cubains à fuir le pays…pas à lutter mais à fuir.
