Elito sera demain soir à Paris au Cabaret Sauvage, donc je vous offre ce portrait aujourd'hui.
Elito Révé habite sur la 23è rue un appartement au dernier étage d'un immeuble, avec terrasse panoramique donnant vue sur toute La Havane. Je vous laisse imaginer le spectacle saisissant. En arrivant en haut de l'escalier qui mène chez lui (je préférai ne pas emprunter l'ascenseur, on ne sait jamais!), une grille barre l'accès du dernier étage à gravir. Il était 16 heures quand je sonnai. Dans mon dos retentit la voix d'Elito, et me retournant je l'aperçois à sa fenêtre. Quelques instants plus tard il réapparait devant moi, m'ouvre la grille et m'accueille d'un "gané el premio ayer!" "Hier, j'ai gagné le prix". La veille, dans les bureaux du Cubadisco, je photographiai alignés sur une table les trophées qui allaient être remis le soir même au Théatre Karl Marx aux vainqueurs. Equivalents de nos "Victoires de la Musique" ou des "Grammy's" américains, "Los Premios Cubadisco" sont décernés chaque année par l'industrie musicale cubaine dans plus de 25 catégories couvrant l'ensemble des genres musicaux. Un parterre de musiciens, critiques, journalistes et directeurs musicaux de radio et télévision composent le jury.
Elito Révé a été récompensé cette année dans la catégorie "Musique Populaire Dansante" pour son disque fresquecito.com
Elito m'invitait à patienter en me proposant une bière fraîche pendant qu'il se préparait. Quelques coups de fils reçus pour le féliciter. "Gracias hermano, gracias!" Je reconnaissai le trophée "Fiestacubana Award 2007" au sommet du téléviseur aux côtés de portraits encadrés. De la terrasse, je mesurai le spectacle qu'offrait la ville, la mer droit devant moi au delà de La Rampa qui formait une trouée jusqu'à mes pieds, l'immense cimetière Colon qui s'étendait sur la droite, dont je reconnaissais les murs blancs recouverts de croix, où le matin même j'assistai à un pélerinage sur la tombe de Chano Pozzo; des rumberos étaient venus jouer, du rhum avait été versé, ils avaient dansé puis rangé les tambours dans le coffre de leur voiture et étaient repartis me laissant en compagnie d'un musicien qui m'avait conté l'assassinat de Chano Pozzo dans les rues de New York.
Enfin Elito réaparaissait et m'invitait à le suivre.
A mon soulagement l'ascenceur était en panne et nous emprûntames l'escalier!
On monta a bord de la Subaru rouge d'Elito garée devant l'escalier, direction La Tropicale, le temple de la timba, pour un concert dominical (photos à suivre).
Six jours plus tard, en fin d'une matinée plutôt fructueuse pour moi au cours de laquelle j'avais successivement rencontré et photographié Juan Formell et Joaquin Betancourt, je gravissais à nouveau l'escalier d'Elito pour enregistrer une interview filmée conduite par Lionel.




















