Un mojito préparé en Europe n'aura jamais la même saveur à mon palais qu'un mojito préparé à Cuba... pour diverses raisons.
Mais j'apprécierai le premier cité parce que j’y trouverai une saveur particulière, qui sera un mélange de Cuba et d'un "je ne sais quoi" qui me titillera aussi le palais.
Je ne recherche donc pas dans la musique de "Calle Real" ce qui fait la force d'un groupe cubain, mais ce qui fait la force à mes oreilles de
la musique de "Calle Real".
Tous les groupes cubains n'ont d'ailleurs pas la même saveur à mes oreilles et ne me font pas vibrer de la même manière, voir parfois peuvent même me laisser de marbre ; cela n’est donc pas réservé à un groupe européen.
"Calle Real" a sa propre sonorité qui me fait vibrer car elle contient tous les ingrédients que j'aime dans un bon morceau de Salsa (à commencer par sa chaleur due au rythme effrénée des chansons ; qui peut aussi ralentir comme dans "Ya lo se"), mais en rajoutant certainement aussi à la sauce certains rythmes des parcours musicaux personnels des musiciens qui ne me laissent pas indifférent.
Quand aux breaks fous, ils me mettent en transe, autant sur piste qu’en concert.

Ce qui me surprend le plus est cette chaleur dégagée par ce jeune (il ne faut pas l'oublier !!) groupe qui vient du froid...
Mais leur jeunesse est aussi leur force car le groupe est né alors que la Salsa est une mode en puissance ascendante en Europe (il n’y a qu’à regarder le nombre de manifestations organisées par rapport à il y a quelques années).
Je dirais même que beaucoup de salseros sont "nés" en même temps que le groupe.
Leur premier album a donc eu un effet magistral sur un large public qui le connaît bien (presque par cœur) et pour le deuxième c'est en bonne voie.
Ce public connaît bien ces albums car il aura pu les entendre dans un maximum de soirées.
Si on compare le concert de "Calle Real" à un concert d’un grand groupe cubain dont certaines vieilles chansons du répertoire (qui ne sont plus diffusées en soirées, voir ne l'ont jamais été) seront purement inconnues d'un public majoritairement non connaisseur et non averti ; en plus des nouvelles de l’album futur ; il y aura plus de "trous" lors du concert de ce grand groupe cubain, moins de transe et d'osmose du public.
Autre chose, le fait de ne pas être emporté lors d'un concert ne vient pas forcément de la musique mais peut être du au show du groupe sur scène.

Autant j’aime la musique de la Charanga Habanera, autant sur scène (je les ai vus à Paris et cela m’a été confirmé à la Havane), ils me laissent de marbre, car
je trouve le groupe insipide dans son show de Boys Band ou
je ne ressens aucun jeu ni aucune communion avec le public comme lors d’un concert de "Los Van Van" ou mieux encore, de la Revé.
J’espère avoir pu décrire de façon compréhensible mes pensées, ce qui n’est jamais un exercice aisé…
