Walker Evans
Dans un style beaucoup plus dur et engagé, il y a Walker Evans, pionnier de la photographie documentaire (attention on est très loin du style carte postale).
Source (en partie) mixage

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Le photographe américain Walker Evans (1903 – 1975) est l’une des figures majeures de la photographie documentaire américaine. Ses photos, si célèbres, sont devenues des icônes modernes et son travail a influencé chaque génération de photographes.
Il est connu pour son approche qui consiste à utiliser un cadrage millimétré où les personnes photographiées fixent l'objectif, le défient dans un sursaut d'orgueil. Les regards, entre dignité et abattement, laissent transparaître misère et condition humaine. Portraits frontaux, le sujet regardant l’objectif, scènes de rue et paysages urbains, les photographies de Walker Evans témoignent de l’Amérique des années 1930 [...]
On peut dire que la carrière de Walker Evans a réellement commencée lorsqu’il vint à La Habane en mai 1933 pour réaliser une « petite commande » afin d'illustrer un livre « The Crime of Cuba » de Carleton Beals,. A cette occasion, il n'utilise pas ce procédé où les personnes photographiées pose pour lui. Etant donnée le contexte politique très instable de l'époque, il s'agit principalement de photographie non posées et clandestines.
A cette époque, Cuba vit dans une agitation politique croissante destinée à s’opposer et renverser le président Gerardo Machado y Morales au pouvoir depuis le 20 mai 1925 qui avait instauré « un régime tyrannique, une dictature soutenue ouvertement par le Département d’Etat »…
La Havane vivait dans une insécurité permanente, les rues étaient dangereuses, la police de Gerardo Machado était omniprésente, elle avait posté un peu partout hommes de main et informateurs, l’îlotage de la capitale était bien au point, les prisons débordent.
Walker Evans ne sait pas combien de temps il pourra séjourner à La Havane. Il ne sait pas non plus bien sûr que le dictateur Machado vit ses derniers mois à la tête du pays. Ses conditions de vie et de travail font que son reportage sera le plus souvent clandestin. « Je suis arrivé à La Havane au milieu du mois (mai) avec, devant moi, une part d’inconnu stimulante », écrira-t-il.
Mais apparemment Evans ne connut pas que des moments difficiles à La Havane. «...J’ai eu la chance d’avoir des lettres de recommandation qui m’ont conduit à Hemingway. Je l’ai connu. J’ai passé vraiment du bon temps avec lui. Une cuite tous les soirs ».
« The Crime of Cuba » (442 pages, 15x22 cm) de Carlton Beals sortit le 17 août 1933, avec 31 photos de Walker Evans, réunies en portfolio distinct, en fin de livre. Aucune photo n’est posée. Elles sont imprimées en aquatone. Des articles de presse sur Cuba et sur Walker Evans sont insérés aux pages de garde. Le livre fut publié avec une jaquette devenue très recherchée.
« The Crime of Cuba » eut aux Etats Unis un succès immédiat et quatre tirages furent nécessaires pour répondre à la demande (actuellement, un exemplaire (relié) du 1er tirage, en très bon état 75 ans après, coûte, sans sa jaquette, à partir de 350 euros).
Le New York Times, dès le 20 août, titrait en une de la section littéraire : « Cuba, The Crucified Republic, Carleton Beals Indicts the Machado Regime and American Penetration ». Harold N. Denny commençait son long compte rendu en ces termes : « Rarement a-t-on vu dans un même livre autant de cupidité, de misère, d'effusion de sang et d'absurdité que dans le nouvel ouvrage de M. Beals. » Denny jugeait également remarquable la contribution d'Evans : « Une mention toute spéciale doit être faite des photographies de M. Evans. Elles forment une annexe de trente [sic] images de la vie à Cuba, dont deux ou trois évocations atroces de l'horreur».
