Pour mieux comprendre le changüi d’Elio Revé un petit retour arrière. Extraits d’un document qui date de 1997.

Sources :
Salsasocialclub: intervista al maestro Elio Revè
di Alberto Salazar
Le papa Elegua de la Salsa: Ses collègues le considère comme un père dont les conseils ressemblent à ceux de l'orisha. Ils ouvrent et ferment les chemins selon comment ils sont suivis. D'illustres musiciens (parmi lesquels les ex membres de l'orchestre) lui reconnaissent cette sagesse et considèrent ses paroles comme sacrées.
Elio Revé: Plus d'une personne a dit que j'avais un gant de fer et que je dirigeais mon orchestre comme si c'était une caserne militaire mais quand ils forment leur orchestre, ils appliquent la méthode Revé pour que les choses marchent
Sa formation …
Elio Revé: Mon académie a été la rue et mes maîtres furent certains changüiseros, soneros et rumberos de l'île. Certains étaient de Guantanamo et d'autres travaillaient comme manœuvres. Ils travaillaient pour gagner leur vie et faisait de la musique pour nourrir leur vie; Ainsi, dès qu’ils pouvaient, ils se mettaient à improviser dans un coin de rue ou dans la maison d'un ami... Et moi, me nourrissant les yeux et les oreilles, de ces leçons qui non seulement étaient les plus instructives, mais aussi gratuites.
Et ces leçons, Revé les payent aujourd'hui en citant sur scène les noms de ses anciens maîtres
Elio Revé: Il me semble qu'ils sont avec moi sur scène, et donc pour un moment j'abandonne mes timbales et vais devant l'orchestre pour me "secouer" et exprimer toute ma gratitude envers eux.
Défenseur par excellence du changüi. Il apparaît d’ailleurs pour beaucoup, comme le père légitime
Elio Revé: Le son arriva à La havane avant le changüi grâce à Miguel Matamoros, mais nous ne devons pas oublier les origines de Matamoros et non moins que le son qu'il a apporté de l'est de Cuba avait des origines changüiseras.
Revé y su Changüi c'est le nom de début de l'orchestre quand Revé s'installe à la Havane au début des années 50
Elio Revé: L'orchestre Aragon avait atteint son apogée et je m'étais rendu compte que l'imiter m'aurait conduit à l'échec. Et pourquoi devais-je le faire si j'avais mon changüi. J'avais donc commencé à composer des titres qui ne ressemblaient pas à d'autres et les diffusais ainsi le changüi dans la capitale, dans toute la nation et même à l’extérieur.
Beaucoup de personnes ne font pas la différence entre le changüi et le son
Elio Revé: Très peu savent que "Mi son Maracaibo" qu'a popularisé Benny Moré est un changüi. Le seul qui reconnaît et annonce comme tel mes changüis est Eduardo Rosillo, le speaker de Radio Progreso. Mais ce que je ne veux pas c'est qu'on m'étiquette comme changüisero, parce que je suis conguero, rumbero et sonero.
L’orchestre s'appelle aujourd'hui "El charangon"
Elio Revé: Un jour je suis allé inscrire l'orchestre à l'association nationale des orchestres charangas, et un employé s'opposait à l'enregistrer, prétextant que ce n'était pas une charanga traditionnelle. Et je lui ai répondu que alors si ce n'est pas une charanga ce serait un charangon.
L’empreinte de l'orchestre est donné par la sonorité des timbales et du Güiro qui jouent à l'envers: Conserver cette empreinte est la mission transmise à son fils Elito (33 ans, pianiste) pour le jour où il lui confiera l'orchestre. Elio Revé est fier de ses sonorités de beaucoup d'autres choses.
Elio Revé: Une de ces choses est celui d'avoir introduit dans la Charanga un grand nombre d'instruments: Le tres, les tambours, la flute à 5 clés, la basse, le bongo, la caisse chinoise y sont entré grâce à moi.
Il y'a très peu d'orchestre de premier rang où ne figure pas au moins un musicien qui n'est pas passé dans l'orchestre Revé
Elio Revé: Dans mon orchestre son passé plus de 300 musiciens. Ils commencent avec moi, ils apprennent tout ce que je les enseigne, y compris la façon de diriger un orchestre, ils se perfectionnent comme professionnels et puis s'en vont former leur propre orchestre. Ils s'en vont et je leur souhaite bonne chance parce je forme à chaque fois un orchestre qui joue dur. Qui peut nier que je sois celui qui a formé les meilleurs orchestres de Cuba ?
Qu'est-ce qui énerve de plus le vieux maître ?
Elio Revé: Rien ne me dérange plus qu'une rumba avec la mauvaise clave. Je m'énerve à tel point que je surgis comme un lion. Tu sais pourquoi ça arrive ? Parce que les jeunes musiciens ne vont plus dans les cérémonies des Nanigos, à la rumba du solar, où se trouvent vraiment les racines de notre musique, l'essence de notre folklore. C'est le moment d'y penser sérieusement, parce que d'ici quelques années, on risque d'avoir la rumba synthétique, faussée...
Beaucoup de chanteurs n'exploitent pas leurs qualités ...
Elio Revé: Ils ont une bonne voix et connaissent plein de choses théoriques, mais dans la plupart des chansons, ils savent seulement demander au public de frapper des mains ou de sauter. Heureusement qu'il y'a d'excellents dans tous les sens. Un de ceux qui me plait c'est un grand garçon, Issac Delgado, un bolerista qui chante avec beaucoup de sentimiento.
Alberto Salazar (Extrait de la revue "Tropicana international" n.4 de 1997)
Traduction mankosky





