Cubaldo a écrit :Oui c'est vraiment la lose!!!
Découvert pour ma part sur France Inter, je me suis de suite plonger dans l'écoute de son (maintenant) unique album Echu Mingua qui n'a pas quitter mon lecteur pendant un très très long moment.
Je l'ai retrouvé avec plaisir sur l'album live à FIP d'Omar sosa (qui lui a été dédié). Il a un toucher reconnaissable entre mille.
Une grande perte pour la musique....
Je ré-écoute le fameux ECHU MINGUA de Miguel "ANGA" Diaz
C'est un album d'une autre planete ... une étoile filante... un comete qui me fait voyager dans l'espace et dans le temps !
ANGA réussit a associer les improbables... a concilier des univers musicaux si éloignés les uns des autres....
Les DJ de Rap avec les percussions mandingues ainsi que le Jazz des années 50-60 , la musique de chambre avec les multiples facettes de son héritage cubain...
Les anciens de la premiere génération du Hip-Hop francais se rappelent de
Dee Nasty... ou certains se rappeleront de l'extraordinair "Tama" ou "N'Goni" , la percussion parlante du Senegal ou du Mali ... ici jouée par le grand
Baba Sissoko (ex Salif Keita, Youssou N'Dour, Rokia Traore, Kandia Kouyate, Mamady Keita mais aussi Ibrahim Ferrer, BVSC, Dee Dee Bridgewater , Art Ensembleof Chicago, etc..).
Un voyage tout personnel dans mon cas, et j'imagine dans le cas d'autres comperes de FiestaCubana...
ANGA commence le tout dans son village,
SAN JUAN Y MARTNEZ, le nom du morceau d'ouverture mais aussi celui d'une bourgade tranquille a l'ouest de Pinar Del Rio, sur la route de Maria La Gorda. LA rue, la TV, les percussions et les voix parlant ou chantonnant de melent pour entamer ce voyage..
Les voix s'unissent ensuite pour prier dans
REZOS. Un appel aux esprits interprété par un choeur de voix magnifique et un ensemble de percussions de Rumba (Bata, Cajon, Congas)... Soudain le DJ Dee NAsty prend le controle et nous fait passer du XIXeme au XXI siecle ...
Tout le monde entame cette rythmique moderne sans perdre son identité.. Roberto Fonseca improvise Jazzy au dessus jusqu'a ce que la radio change de canal et nous fasse voler avec les esprits dans les airs ....
PUEBLO NUEVO est un Danzon, mais comme vous en écouterez rarement ! Je me rapelle que Changuito en avait concu un avec Bata. Celui-ci est out a fait original dans le sens ou ANGA a retite les violons mais fait jouer une dynastie de pianiste, celle de
Ruben Gonzalez et de son fils avec
Cachaito a la basse !
Un Danzon sans violons , avec 2 pianos , une trompette du
"GUAJIRO" MIRABAL et pas une flute et un DJ francais et une percussioniste africain, va comprendre ?
Elegance, Malice et Modernité sont aparement les ressorts de ce Danzon bien beau qui nous rappelle ce genre musical cubain, aussi important que le Son et la Rumba...
On part donc du village de ANGA a Cuba, on ouvre la porte aux esprits afro-cubains, on rétablit les fondations cubaine avec ce Danzon pour faire un saut en Afrique ....
TUME TUME est un morceau purement Malien, au rythme et sonorités Mandingue mais ou ANGA apporte les Batas, les Chékéré et ou Cachaito apporte sa touche de Cuba.... Me voila de retour a la fin des années 80 ou la musique d'Afrique de l'Ouest envahissait Paris avec Mory Kanté, Salif Keita, Toure Kounda, Youssou N'Dour débutant, ...
La machine a remonter le temps continue ensuite avec un chef d'oeuvre intemporel, celui du Dieu du Jazz , JOHN COLTRANE : A LOVE SUPREME.
Ce morceau est un manifeste artistique qui a bouleversé mon exploration musicale au debut des années 80.
Ici Jimmy Garisson est remplacé par
Cachaito, Mc Coy Tyner par
Roberto Fonseca, Elvin Jones par non seulement
Joel Hierrezuello Balart aux Timnales, mais par tout l'ensemble percussif reuni par ANGA avec
"GOYO" Gregorio H. RIOS , MAXIMINO DUSQUENE MARTINEZ et YOSVANI DIAZ HERRERA aux
Batas, et un chour de voix et de violons, violes et violoncelles, ainsi que la Trompette de
Yaure Muniz et le saxophone de
ALFRED THOMPSON
Dee Nasty et Baba Sissoko sont egalement présent pour épicer cette interpretation unique de ce morceau légendaire et , a vrai dire je ne suis pas décu, meme si je suis surpris par la modernité de l'interpretation et l'originalité de l'orchestration.
C'est le N'Goni de Baba Sissoko qui ouvre le classique de Franck Emilio
GANDINGO MONDONGO SANDUNGA repris ensuite par le piano de David Alfaro , la basse de Cachaito , les Timbales de AMADITO VALDES....
Un excelent morceau de Latin Jazz Cubain....
Carlos Gonzalez au Bongos et Yaure a laTrompette accompagnent ce sextet , qui imprime une cadence syncopée, tout est en l'air jamais la basse ou les percussion s n'atterissent sur le temps,. ANGA y entame un solo de Conga de tueur..
Ses congas parlent, chantent, se gargarisent, s'ebouriffent et gromelent ...
L'escale suivant nous amenent dans les airs .. les airs de la flute de
MALIK MEZZADRI supportée par la basse de
ORLANDO "CACHAITO" LOPEZ et les Congas de ANGA. Un trio inspiré, un jeu Free Style qui au final nous parle au coeur...
ANGA, cet iconoclaste nous ramene ensuite sur le terrain des classiques du Jazz mais avec un orchestre de chambre, violons et violoncelle
ROUND MIDNIGHT est ici un évocation tres ténébreuse du chef d'oeuvre de Thelonious Monk ou ANGA experiment un jeu a 7 Congas
ANGA se lanca alors dans une autre experimentation,
JERRY's TUNE ,breve, ou il mele avec les Congas et les Cajones , le Flamenco a la Rumba ...
Un Bandoneon a la Astro Piazzola joue par le compositeur
Pablo Nemirovsky dans
ODA MARITMA, accompagné par des violons d'orchestre de chambre s'impregne de Tango Argentin et de rythme africain le tout sur une Marcha cubaine imprimee par
Roberto Fonseca au piano et
Cachaito a la basse ...
FREEFORM comme son nom l'indique est inclassable ! La flute de Malik Mezzadri nous transporte en Afrique ou en Inde.... Les platines de Dee NAstee nous ramene en Banlieue , Rap sur beton des anneees 90... et ANGA jouent , virvolte , inspire aux Congas et aux Timbales..... Je suis de retour a mon époque Acid Jazz des années 90 , bercées par
Brooklin Funk Essentials et
JazzMatazz
Un break de cuivres de Timba et a nouveau l'appel de l'Afrique...
Irakere debarque avec la
CONGA CARNAVAL ...
Rien de moins que Chucho Valdes au Piano, Enrique Pla a la batterie et les vcrais Metales de Terror qui etrangement reprennent la reprise de Bamboleo empruntee a Michael Jackson... :
Roman Filiu et Irving Acao aux Saxophones
Rafael "Jimmy" Jenks, Yaurte Muniz et surtout Julio Padron et Basilio marques aux Trompettes
Jorge Chicoy a a guitarre
Cachaito a la basse
Une pure merveille de Conga festive, de Latin Jazz explosif, de coeurs afro-cubains ... epoustouflant et mais bien trop court ..
ANGA ramene tous les esprits avec un
CLOSING de coro de Rumba ..
"Que gloria sea...."
C'est avec une démarche profondement spirituelle que ANGA nous livre ce bijou musical, cette oeuvre d'art magnifique et unique...
Rendons hommage a cet esprit brillant, a ce virtuose et a cet explorateur des saveurs...
Merci ANGA