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Historia de un amor

Historia de un amor

Image Ce boléro célèbre a été écrit en 1955 par le compositeur panaméen Carlos Eleta Almarán (voir photo ci-contre), à l’occasion du décès de la femme de son frère.

Il a depuis connu un extraordinaire succès et a été reprise par un très grand nombre d’orchestres à travers le monde (voir liste).

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Hasta siempre

Hasta siempre

Image Pour écouter cette chanson interprétée par Silvio Rodriguez tout en lisant ma traduction, cliquer sur les liens suivants : musique et paroles.

Un curieux paradoxe

Cette célèbre chanson en mémoire de Che Guevara, écrite par Carlos Puenta en 1965, constitue un paradoxe. D’un côté, il s’agit d’une assez banale – voire insipide – œuvre de propagande politique, très comparable par ses objectifs et son style à ce qui s’est écrit sur Staline ou sur Kim il Sung aux pires heures de leur culte de la personnalité. Mais cette chanson possède aussi un charme, un pouvoir d’envoûtement, qui fait qu’elle peut être fredonnée avec plaisir par des gens qui n’en partagent pas les convictions révolutionnaires. Elle peut même, dans certaines versions, être dansée, alors que personne n’aurait l’idée de pratiquer gaiement la Salsa sur les paroles de L’ode à Staline de Paul Eluard ou sur un poème à la gloire du « soleil resplendissant de tous les peuples », Kim Il Sung.

Quatre facteurs fondamentaux permettent, selon moi, de comprendre cette étrange et sympathique spécificité : le contenu de l’œuvre proprement dite ; le caractère et la trajectoire personnelle du « Che » ; la force d’attraction romantique du mythe révolutionnaire latino-américain ; enfin l’efficacité avec laquelle le mouvement poétique de la Nueva Trova a su capter et exprimer cette sensibilité.

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Guantanamera

Guantanamera

ImagePour consulter ma traduction de l’une des versions possibles de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : guantanamera

Traduire, commenter et illustrer par des documents sonores la plus célèbre des chansons cubaines relève un peu de la gageure, pour plusieurs raisons.

D’abord parce qu’il est difficile de fournir à son sujet des informations sures, comme la date de sa création ou le nom de son compositeur. Joseito Fernandez a souvent déclaré l’avoir écrite en 1929, mais il a également évoqué d’autres dates à plusieurs reprises. Sa paternité a d’ailleurs été contestée par un autre musicien, Herminio « El Diablo » García Wilson, que de nombreux musicologues s’accordent à considérer comme – au moins – le co-auteur de l’œuvre.

Quant aux paroles… Pratiquement chacune des très nombreuses interprétations que j’ai écoutées en proposent une version différente, soit par suppression ou interversion de certaines parties du texte de référence (cf infra), soit – encore plus fréquemment – par invention pure et simple de nouvelles strophes. Plus qu’une oeuvre finie, cette chanson apparaît donc comme une trame d’improvisation permettant aux interprètes de donner libre cours à leur imagination. C’est particulièrement vrai de Joseito Fernandez lui-même, qui livrait chaque jour une version différente de la chanson dans l’émission de radio qu’il animait à Cuba dans les années 1930.

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Gozando en La Habana

Gozando en La Habana

ImageL’oeuvre

Cette Timba a été enregistrée en 2009 par La Charanga Habanera, avec la participation du chanteur de rap El Chacal, dans l’album No me mires La Caratula.

L’émigration, notamment aux Etats-Unis, constitue pour tous les cubains, partagés entre l’amour de leur pays et le désir d’en fuir les épouvantables difficultés quotidiennes, un sujet extrêmement douloureux et source de vifs débats où les clivages politiques et idéologiques sont omniprésents.

Les réactions épidermiques que l’on peut lire sur Internet à propos de cette chanson – les émigrés cubains anti-castristes et les partisans du régime actuel se traitant mutuellement de tous les noms – donnent un intéressant – et inquiétant – témoignage de cette profonde coupure qui sépare les deux parties du peuple cubain.

L’album No me mires La Caratula a rencontré à Cuba un très vif succès qui a permis à la Charanga Habanera de continuer à caracoler ces deux dernières années en tête des groupes les plus populaires de l’île, surtout auprès de la jeunesse.

Fabrice Hatem

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Gotas de lluvia

Gotas de lluvia

ImageL’oeuvre

Composée par Taty Maldonaldo, cette salsa a été enregistrée par Le Gran Combo de Puerto Rico en 1982 dans l’album Nuestro Aniversario, avec la voix de Jerry Rivas, édité à l’occasion du 20ème anniversaire de l’orchestre.

La vision de la Femme par le Gran Combo semble hésiter au fil de son répertoire entre deux extrêmes également caricaturaux : d’une part, le dénigrement d’épouses ou d’amantes concrètes et quotidiennes, présentées comme jalouses, possessives et coléreuses (Mujer Celosa, Me liberé) ; d’autre part, l’idéalisation lyrique de la Femme abstraite ou courtisée, parée de toutes les qualités (Azuquita pal Café).

La chanson Gotas de lluvia appartient évidement à cette seconde catégorie : la femme aimée – qui, pour une fois est aussi la compagne du locuteur – est « divine », c’est une reine, si elle s’en va l’homme ne pourra continuer à vivre, etc., etc.

Reste à espérer que, la lassitude venant, notre héros masculin ne reprendra pas ses mauvaises habitudes (fréquentation nocturne assidue des cafés, liaisons avec d’autres femmes…), transformant en peu de temps notre « femme divine » en harpie jalouse, frustrée et déchaînée, comme dans Mujer Celosa. Il ne resterait plus alors comme ultime ressource à notre inconséquent cœur d’artichaut qu’à se « libérer » (Me liberé) pour recommencer le cycle….


Fabrice Hatem

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Estoy Hecho Tierra

Estoy Hecho Tierra

Image Pour lire une traduction de ce texte, cliquez sur le lien suivant : Estoy

Cette guaracha à l’humour grinçant fut composée par Ñico Saquito (1901-1982), l’un des fondateurs de la Trova cubaine, alors qu’il traversait une période très difficile de son existence. « Estoy Hecho Tierra », « Estoy hecho Pulvo », sont en effet des expressions argotiques cubaines évoquant un grand désarroi personnel lié à une situation financière désastreuse. On pourrait les traduire en français par « Je suis plus bas que terre » (pour conserver l’image tellurique) ou encore par « Je suis raide comme les blés » ou « je n’ai pas un radis » (pour insister davantage sur l’idée de détresse économique).

C’est peut-être la douloureuse actualité de ce thème pour les cubains qui explique qu’il continue à être fréquement interprété aujourd’hui dans l’île, y compris dans des arrangements modernisés de type « hard-rock ».

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Esta cobardia

Esta cobardia

ImageL’œuvre

En 1985, Frankie Ruiz quitte l’orchestre La Primerisima de Tommy Olivencia pour devenir chanteur soliste. Il inaugure la même année cette nouvelle étape de sa carrière artistique par le lancement de son premier album solo Solista, Pero No Solo. Celui-ci contient plusieurs thèmes encore aujourd’hui célèbres, comme La Cura, Tu Con El, El Camionero et Esta Cobardia.

Cette dernière chanson, bon exemple de Salsa romantique, nous conte les tourments d’un amant quelque peu timide, réduit à rêver, solitaire, de l’amour qu’il n’ose déclarer à la femme qu’il désire en secret.

L’album rencontra un grand succès et fit de Frankie Ruiz l’un des chanteurs de Salsa les plus en vogue du moment. Il fut couronné par le titre de « meilleur disque de l’année » aux Latin Music Awards de Billboard en 1986.

Fabrice Hatem

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Esa mujer

Esa mujer

 

Image

Pour lire une traduction de ce texte, cliquez sur le lien suivant : Esa.

Ce titre très connu et très entraînant du Gran Combo de Puerto-Rico figure notamment dans leur album Arroz Con Habichuela, publié en 2006.

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Esa es una abusadora

Esa es una abusadora

ImageL’oeuvre

Cette Chanson de Timba a été composée par Aldalberto Alvarez.

Elle a été enregistrée en 2005 dans l’album Mi Linda Habanera par l’orchestre Adalberto Alvarez y Su Son avec la voix de Isaac Cruz.

Elle met en scène un homme qui se plaint d’être la victime d’une femme intéressée, manipulatrice et dépensière.

Pour le tanguero que je suis également, ce lamento cocasse n’est pas sans rappeler le tango Chorra de Enrique Discepolo, qui traite à peu près du même thème.

Fabrice Hatem

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El Todo Poderoso

El Todo Poderoso

ImageL’œuvre

Cette étrange salsa d’inspiration mystique et chrétienne, composée par Wille Colón, a été enregistrée dans le premier album solo de Héctor Lavoe, La Voz, publiée en 1975.

Son thème a priori un peu surprenant pour des auditeurs vivant dans des sociétés européennes sécularisées, et où il est parfois de bon ton d’afficher une certaine distance par rapport aux croyances religieuses traditionnelles, montre a contrario la force qu’a conservé la foi catholique en Amérique Latine.

J’avais d’ailleurs moi-même été témoin de ce fait lors de mes récents voyages à Cuba, et notamment d’une visite à l’Eglise de la Virgen de la Caritad del Cobre, près de Santiago de Cuba. L’expression de la ferveur catholique semblait y faire très bon ménage avec les rythmes tropicaux…

Fabrice Hatem

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El que sembra su maiz

El que sembra su maiz

Image Ce Son, composé en 1928 par Miguel Matamoros fut l’un des premiers grands succès qui ouvrit au musicien le chemin de la notoriété. Et pourtant les paroles de cette chanson sont fort obscures et décousues : un mélange sans logique d’allusions parfois cryptiques à de petits évènements la vie de quartier du Santiago de Cuba de jugements inspirés la sagesse populaire et de mots aimables à l’adresse de l’auditeur.

La première strophe fait ainsi allusion à la disparition d’un vendeur ambulant nommé Mayor. La seconde strophe – les conseils de la grand-mère à sa fillette de ne pas jouer avec le feu, au-delà de leur apparente banalité, pourraient avoir un double sens un peu coquin. Quant à la troisième strophe – l’histoire de Rufina et du trombone cassé – même des chercheurs passionnés comme Alberto Muguercia n’ont pu identifier l’anecdote réelle qui pourrait l’avoir inspiré. Nous en sommes donc quittes pour laisser vagabonder notre imagination à ce sujet. Quant au refrain, qui n’a rien à voir avec les couplet, il se contente de nous rappeler qu’il serait juste que l’homme puisse recueillir le fruit de son travail.

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El manisero

El manisero

ImagePour lire une traduction de ce texte, cliquez sur le lien suivant : Manisero.

Le Son El Manisero fut écrit en 1927 par le pianiste, compositeur et directeur d’orchestre Moises Simons. D’abord enregistré avec succès par Rita Montanier l’année de sa création, il connut ensuite en 1930 un immense retentissement avec l’interprétation de Don Azpiazú. Son succès, depuis lors, ne s’est jamais démenti, et il a fait l’objet de plus de 160 enregistrements connus, dont ceux d’Antonio Machin, Louis Armstrong et Django Reinhardt. Parmi les interprétations moins célèbres, mais cependant de grande qualité et surtout très authentiques, on peut citer celle du Quinteto Son de la Loma.

Son thème – un vendeur de cacahuètes vante sa marchandise dans les rues calmes d’une ville cubaine en chantant un pregón – éveille en moi d’émouvants souvenirs. Lors de mon dernier séjour à Santiago de Cuba, je pouvais en effet entendre, tous les matins, le pregón du marchand de pain, suivi, quelques minutes plus tard, par celui du marchand de beurre.

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