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El diablo colora’o

El diablo colora’o

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Cette Timba d’inspiration guarija (campagnarde) été composée par Manolito Simonet a été enregistré en 2001 dans l’album Se romperion los termometros avec les voix de Sixto Llorente « El indio » et Ricardo Amaray accompagnés par Carlos Calunga et David Bencomo.

La chanson reprend ici le thème, vieux comme la Bible, de la femme tentatrice, possédée par le démon, mais présentée dans sa version tropicale : celle d’une mulâtresse à la démarche provocante. Plus précisément, El Diablo Colorado est un personnage du folklore cubain, qui, sans être véritablement maléfique, peut attirer beaucoup d’ennui à ceux qui se trouvent sur son chemin, du fait de son caractère facétieux et imprévisible. Une sorte de farfadet tropical…

La valeur de ce texte tient au double niveau d’interprétation qu’il propose avec finesse : sous couvert de nous replonger dans le monde des superstitions villageoises d’autrefois, c’est effet un personnage féminin bien vivant, comme on en rencontre aujourd’hui beaucoup dans rues des villes cubaines, contre lequel il nous met en garde…

Fabrice Hatem[1]

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El dia de mi suerte

El dia de mi suerte

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C’est en 1967 que le tromboniste et directeur d’orchestre Willie Colónproposa au jeune chanteur Héctor Lavoe d’intégrer son groupe. Pendant les six ans que dura leur collaboration, ils ont publié une dizaine d’albums qui ont joué un rôle fondamental dans la consolidation du genre « Salsa », comme La Gran Fuga, Cosa Nostra, El Juicio, ou encore les deux volumes de Asalto Navideño.

La chanson El dia de mi suerte fait partie du dernier d’entre eux, Lo Mato, enregistré en 1973. Sa thématique – celle d’une homme dont la vie est gâchée par la misère et la malchance est assez caractéristique du style de la « Salsa engagée », dont Willie Colón est l’un des premiers et des plus illustres représentants.

Rendue célèbre par la voix d’Héctor Lavoe, cette salsa a ensuite été reprise par de nombreux autres chanteurs, tout particulièrement Marc Anthony.

Fabrice Hatem

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El Cucurucho

El Cucurucho

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Cette Timba a été enregistrée en 2009 par l’orchestre la Charanga Habanera dans l’album Lo mejor de la Charanga, avec une interprétation à plusieurs voix solistes (Noel, Aned, Ebblis).

Ses allusions plus que coquines au « petit cornet » dans lequel le monsieur rêve visiblement de tremper, disons, ses lèvres, ne semble pas beaucoup gêner les cubains ni les cubaines : c’était de loin l’un des titres les plus entendus dans les soirées lors de mon dernier séjour à Santiago de Cuba à la fin de l’année 2010.

A peu près au même moment, un autre monsieur demandait d’ailleurs avec insistance à sa voisine, à quelques orchestres de là, de lui « prêter son petit seau » (Vecina, prestame el cubo, de Pupy y Los que son son). Décidément, les relations de voisinages semblent très étroites dans les quartiers populaires de Santiago et de La Havane…

A noter, derrière l’apparente décontraction d’une interprétation exubérante, l’extraordinaire professionnalisme du groupe où les différents solistes, le chœur et l’orchestre se répondent à toute allure dans un contrepoint milllimétré.

Fabrice Hatem

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El cuarto de Tula

El cuarto de Tula

Image Pour consulter la traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : cuarto

Ecrite par Sergio Siaba, cette amusante Guaracha tient une place éminente au répertoire de l’orchestre Buena Vista Social Club.

Comme dans beaucoup de Guarachas, ses paroles picaresques possèdent un double sens licencieux, généreusement amplifié par les désopilantes improvisations des chanteurs (principalement Eliades Ochoa, avec également une participation de Ibrahim Ferrer et de Manuel Licea). Il est en effet clair que ce n’est pas seulement la chambre de Tula qui brûle. C’est aussi Tula elle-même qui est dévorée par le feu intérieur du désir.

Dans son sens premier, le texte parle donc des dispositions à prendre d’urgence pour éteindre un banal incendie. Mais, dans une accumulation de double sens burlesques, il évoque en même temps les opportunités intéressantes offertes à la gent masculine par les dispositions amoureuses favorables de Tula.

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El carretero

El carretero

Image Pour consulter la traduction de El Carretero, Cliquez sur le lien suivant : carretero

Ecrite au cours des années 1930 par Guillermo Portabales, cette guajira est une des plus célèbres chansons cubaines.

Elle a été reprise avec succès par Eliades Ochoa dans les années 1990.

Elle figure également en bonne place dans le célèbre film Buena Vista Social Club.

Cependant, malgré la grande qualité de cette interprétation, je lui préfère la version originale de Guillermo Portabales, qui donne littéralement la chair de poule.

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El cantante

El cantante

Image Pour lire la traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : Paroles.

Composée en 1978 par Ruben Blades, El Cantante fut l’un des plus grands succès du chanteur d’origine portoricaine Hector Lavoe. Au delà de sa valeur artistique intrinsèque, cette oeuvre constitue un témoignage intéressant du processus par lequel la Salsa est née, au cours des années 1960 et 1970, d’une évolution des formes de la musique populaire traditionnelle des Caraïbes, et tout particulièrement du Son Cubain.

Cette chanson, que nous classons de manière spontanée dans la catégorie musicale « Salsa », est en fait extrêmement proche d’un Son Cubain par sa structure : exposé du thème en quelques couplets, suivi d’un dialogue entre le chanteur soliste et le chœur ; part de plus en plus grande laissée à l’improvisation (vocale et instrumentale) au fil de l’interprétation, tandis que l’atmosphère musicale monte progressivement vers un « climax » final.

Cette appartenance de El Cantante à l’univers « Sonero » est quelque peu masquée par la présence dans l’orchestre d’instruments étrangers aux groupes de Son traditionnels et typiques au contraire de la Salsa (extension de la section de cuivres par introduction notamment de trombones, présence du piano et même de cordes dans certaines versions[1]). On assiste ainsi, en « direct » en quelque sorte, à la mise en oeuvre du processus de transmutation musicale conduisant du Son traditionnel à la Salsa moderne.

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Echale Salsita

Echale Salsita

Image Pour lire une traduction de ce texte, cliquez sur le lien suivant : Echale

Ce Son, écrit en 1928 par Ignacio Piñeiro, est surtout célèbre auprès de Salseros contemporains pour être l’une des premières chansons où figure le mot « salsa » ou plus exactement « salsita ». Cependant, ce terme n’est utilisé ici que dans son sens premier de nature culinaire. C’est une « petite sauce » dont un marchand ambulant, qui apparemment est également vendeur de saucisses[1], vante les mérites dans un « pregón », c’est-à-dire un petit refrain destiné à attirer l’attention sur ses produits.

Cette référence à la vie et aux personnages de la rue, ainsi qu’aux chansonnettes que l’on peut y entendre, est très fréquente dans les chansons de Son de cette époque. Par exemple, El Manisero de Moises Simons (1927) a pour personnage principal un vendeur ambulant de cacahuètes, qui lui aussi, entonne son pregón. Dans El Carretero (1930), Guillermo Portabales met en scène un joyeux charretier qui chante en travaillant. Enfin, dans La Mujer de Antonio du Trio Matomoros (1929), ce sont plutôt les talents d’imitatrice d’une voisine un peu médisante qui sont évoqués.

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Dos gardenias para ti

Dos gardenias para ti

ImagePour consulter la traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : gardenias

Ecrit en 1947 par Isolina Carrillo, ce boléro a figuré au répertoire des plus grands chanteurs cubains des cinquante dernières années

Parmi ses interprètes, on peut citer Antonio Machin, Omara Portuondo ou encore Daniel Santos.

Il a retrouvé un regain récent de célébrité grâce à l’interprétation de Ibrahim Ferrer dans le film Buena Vista Social Club.

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Despues de todo

Despues de todo

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Cette belle chanson romantique a été écrite et composée par Juan Formell dans les années 1970. Elle fut depuis lors interprétée par l’orchestre Los Van Van à de nombreuses reprises, par exemple au cours des années 1980 avec la chanteuse Mirtha Medina dans un arrangement très mélodique, avec un accompagnement très « soft » d’orgue électronique.

Elle a été reprise plus récemment, avec la voix de Yenisel Valdès « Yenni », dans l’album Chapeando en 2004. Le style est cette fois celui de la « Timba », beaucoup plus rythmé, avec une forte présence des cuivres, et une large place donnée, dans la seconde partie, à l’alternance soliste-chœur. C’est cette interprétation adaptée aux goût du public contemporain, qui est la plus connue aujourd’hui, au point que beaucoup pensent que Despues de todo est une thème récent.

La comparaison des deux versions montre l’extraordinaire capacité de Los Van Van a renouveler leur style et à entrer en osmose avec l’évolution de leur public. Ceci explique sans doute le succès jamais démenti de ce groupe depuis sa création en 1969, il y a plus de 40 ans.

Fabrice Hatem

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Desnudate mujer

Desnudate mujer

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C’est en 1987, deux ans après avoir quitté l’orchestre La Primerisima de Tommy Olivenca et débuté une carrière de chanteur soliste, que Frankie Ruiz enregistre son second album solo Voy pa’Encima.

Y figure notamment, aux côtés d’autres thèmes mémorables comme Quiero Llenarte, Si No te Hubieras Ido, Imposible Amor ou Voy Pa’ Encima, une chanson de Valter Pulignano, Desnudate Mujer. Son thème assez cru et direct – un homme désirant une femme lui enjoint de se mettre nue afin de passer à l’acte et de vérifier si ses talents amoureux sont à la hauteur de son art de séductrice – est assez éloigné de ceux des Salsas romantique chantées par Frankie Ruiz au début de sa carrière, comme La Rueda.

Mais le public semble apprécier, et cette chanson, comme le reste de l’album, va remporter un très grand succès qui vaudra cette année-là à Frankie Ruiz l’octroi d’un « Disque de platine ».

Fabrice Hatem

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Decisiones

Decisiones

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Cette salsa écrite par Rubén Blades, avec des arrangements musicaux de Oscar Hernández, a été enregistrée dans l’album Buscando America en 1984. L’auteur y poursuit sa galerie de portraits des personnages du faubourg latino-américain, dans son style si particulier, tenant autant de la nouvelle ou de la série à épisodes que de la poésie chantée.

Nous voyions ainsi défiler devant nous en trois couplets, une jeune fille enceinte, un mari se préparant à casser la figure d’un voisin trop entreprenant avec sa femme, et un jeune ivrogne provoquant un accident de circulation mortel : bref, une chronique des faits divers du quartier sur un rythme de Salsa.

Fabrice Hatem

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De que estamos hablando

De que estamos hablando

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Cette chanson de Timba a été composée par Elito Revé avec des arrangements de Pachi Naranjo et Andy Fornet. Elle a été enregistrée en 2010 par l’orchestre Elio Revé y su Charangon dans l’album éponyme avec Dagoberto Vázquez en voix principale.

Le texte, consacré à une auto – célébration de l’orchestre Elio Revé, présente l’originalité de mentionner le nom de plusieurs émiments salseros amis du groupe, cubains ou étrangers – dont le DJ français Jack el Calvo. Cette attention crée chez l’auditeur un sentiment de chaleureuse intimité avec l’orchestre tout en lui faisant prendre conscience de son appartenance à une sorte de réseau planétaire à taille humaine des amateurs de timba cubaine. C’est tout le phénomène de la globalisation culturelle et de la sociabilité en réseau des danseurs de salsa qui est ainsi décrit en quelques mots, beaucoup plus efficaces qu’une longue thèse universitaire. La musique, excellente, et l’énergie communicative du chanteur font le reste…

Fabrice Hatem

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