par Ahinama | Fév 25, 2013 | Films et DVDs
Documentaire de Rogelio Paris, Cuba, noir et blanc, 1965, 66 minutes
Les images d’archive permettant de retracer l’histoire de la culture populaire cubaine et de mettre de perspective ses manifestations contemporaines sont trop rares aux yeux des afficionados. Réalisé il y a déjà presque un demi-siècle, l’excellent film documentaire de Rogelio Paris permet de combler en partie cette lacune.
A travers une dizaine de séquences, tournées pour l’essentiel à la Havane et à Santiago, il propose un témoignage très vivant de l’état des expressions dansées et surtout musicales du pays au milieu des années 1960. Une foisonnante diversité qui concerne aussi bien les styles musicaux eux-mêmes – Danzon, Son, Boléro, Feeling, Jazz latino, Rumba, Afro-cubain, Conga, Trova santiaguera, Cha cha cha, Pachanga – que la manière dont ceux-ci sont donnés à voir et à vivre : concerts formels, spectacle de cabaret, peñas, fête populaire, défilé de rue. Nous voyons ainsi se succéder à l’écran quelques-uns des grands artistes de l’époque : Conjunto Folklorico Nacional, Charanga d’Odilio Urfé, Septeto Nacional Ignacio Piñeiro, groupe de rumba de Celeste Mendoza, grands chanteurs comme Elena Bourke ou Bola de Nieva, orchestre de Miguel Chapotin…
La plupart des séquences sont introduites par quelques images souvent silencieuses, où la caméra se glisse presque furtivement dans les lieux qui vont servir de cadre à la prestation artistique : coulisse des théâtres où les interprètes se préparent à entrer en scène, ciel et rues de Santiago où le défilé de Conga va commencer, arrière-cour de « Solar » où va avoir lieu une fête de Rumba, scène de cabarets où vont bientôt rentrer les artistes pour leur « show » nocturne, clubs de loisirs encore déserts en bord de mer où la foule va venir faire la fête, Paseo et vieille ville de la Havane où l’on découvre un orchestre de Charanga en train de jouer dans une église … L’essentiel de chaque séquence est ensuite consacré à la prestation artistique proprement dite, restituant une large fraction, voire la totalité, d’un thème musical ou d’une danse. La parole est également donnée à plusieurs reprises aux interprètes qui évoquent en quelques mots leur propre parcours ou la nature de leur art. Une mise en perspective très réussie, sans lourdeur démonstrative, du triptyque formé par la culture populaire, l’artiste qui lui donne vie, et l’environnement qui lui sert de cadre.
Chaque scène possède une atmophère originale, liée à la nature de la musique, aux choix de mise en scène ou au caractère de l’artiste : loufoquerie des interprétations de Bola de Nieve, extraordinaire présence scénique de Elena Bourke, gouaille populaire de Celeste Mendoza, joie des fêtes en plein air au son de l’orchestre de Felix Chapotin,….
L’absence de commentaire en voix off, la succession sans transition des différentes séquences, aurait pu se traduire par un sentiment de décousu et de désordre. Mais fort heureusement, ce choix apporte au contraire au documentaire une touche de légèreté aérienne, voire de mystère lorsque l’on ne sait pas où la caméra veut nous conduire. Et la grande qualité artistique des prestations filmées, présentées en séquence suffisamment longues pour qu’on soit pénétré de leur atmosphère et suffisamment courtes pour éviter la lassitude, fait que l’on quitte ce film à regret, frustré de ne pas en avoir vu davantage…
Vraiment excellent !!!
Fabrice Hatem
Renseignements : www.icestrom.de
par Ahinama | Fév 25, 2013 | Films et DVDs
Fictions, France-Espagne-Cuba, 2012, 129 minutes
Sept réalisateurs de cinéma livrent chacun, à travers un court-métrage de fiction, leur vision de La Havane d’aujourd’hui, de la vie quotidienne de ses habitants, des expériences qu’y vivent les visiteurs étrangers.
La critique n’a pas été très tendre avec Sept jours à La Havane, lui reprochant, entre autres, le décousu de la trame générale, le manque d’originalité de certaines œuvres… Cette sévérité me semble injuste. J’ai en effet été très touché par ce film sensible, certes inégal et hétérogène, mais où j’ai retrouvé les échos d’expériences que j’ai vécues ou de situations dont j’ai été témoin lors de mes séjours à Cuba.
Commençons par les trois oeuvres mettant en scène des visiteurs étrangers. Dans le film de Elia Suleiman, justement intitulé Diary of a Beginner, j’ai reconnu, assez fidèlement rendus, certains des sentiments qui furent les miens pendant mon premier séjour à la Havane : solitude, perte de repères, emploi du temps déstructuré par manque d’information, frustration vis-à-vis d’une ville tentante mais dans laquelle je ne parvenais pas à m’intégrer. Benicio Del Toro, dans El Yuma, analyse quant à lui de manière assez pertinente, quoique peut-être un peu décousue, l’ambiguïté des relations qui se nouent entre le touriste étranger et les autochtones, faites de fantasmes croisés (rêve de sensualité tropicale d’un côté, de richesse et de confort occidental de l’autre), conduisant à des relations faussées et à des déceptions mutuelles. Enfin, Je retiens de Jam session, de Pablo Trapero, la découverte émerveillée, par le visiteur de passage, de l’immense talent artistique du peuple cubain, capable de s’exprimer chez les gens apparemment les plus ordinaires (dans ce cas, un chauffeur de taxi interprété par Alexander Abreu).
Les quatre autres courts-métrages nous présentent Cuba telle qu’il est vécu par ses habitants. J’ai retrouvé dans la tentation de Cecilia, de Julio Medem, un peu de la force tragique de Havana Blues, avec ses musiciens confrontés au dilemme de l’exil hors d’un pays aimé mais impossible à vivre. Juan Carlos Tabio, dans Dulce amargo, évoque avec un humour en demi-teinte des difficultés de l’existence quotidienne des cubains, leur lutte stressante pour y faire face et l’amertume que provoque en eux cette situation.
Les deux dernières séquences ont pour point commun le thème de la Santeria. Ritual, de Gaspar Noé, a pour héroïne une adolescente écartelée entre deux mondes : celui de la jeunesse cubaine avec ses danses de despelote et ses amours de rencontre ; et celui de la tradition, incarné par les principes moraux très stricts de ses parents adeptes de la Santeria. Ceci conduit à une très belle et inquiétante scène de désenvoûtement, que je serai toujours reconnaissant au réalisateur d’avoir filmé pour nous. Enfin, Laurent Cantet, dans La fuente, nous montre avec un humour pince-sans-rire l’importance de la santeria dans la vie collective des pratiquants, qui n’hésitent pas à épuiser avec une folie sympathique leurs maigres ressources pour honorer leurs saints.
Bien que les langages cinématographiques des sept auteurs soient très hétérogènes – comédie réaliste de Tabio, vides métaphysiques de Suleiman, inquiétante obscurité de Noé, etc. – une certaine cohérence scénaristique est esquissée par la réapparition des mêmes personnages dans différentes séquences. Les sept scénarios originaux, écrits séparément par les metteurs en scène, ont en effet fait l’objet d’une réécriture par le journaliste et homme de lettres cubain Leonardo Padura Fuentes afin d’accroître l’homogénéité de l’ensemble. Quant à la musique originale de Kelvis Ochoa et Descemer Bueno, elle est censée fournir, d’après ses compositeurs, un second fil directeur, dont je n’ai cependant pas bien perçu l’existence (à noter quelques très beaux passages musicaux dans le film, dont notamment un solo de trompette d’Alexander Abreu).
Sept jours à la Havane est au total un assez bon film, empli d’intuitions très justes sur La Havane et Cuba, qui mérite beaucoup mieux que les critiques parfois injustes et inutilement méchantes dont il a fait l’objet.
Fabrice Hatem
Pour plus de renseignements : http://www.7joursalahavane.fr/
par Ahinama | Fév 25, 2013 | Films et DVDs
Documentaire de Rigoberto Lopez, Cuba, 1997, environ 100 minutes
Ce film réalisé à l’initiative d’Issac Delgado nous présente une vision cubaine des origines de la Salsa, avec le célèbre chanteur dans le rôle du meneur de jeu. L’enracinement de la Salsa dans le Son, ainsi que le rôle fondamental des musiciens cubains dans la genèse de ce style musical – de Benny Moré et Perez Prado à Celia Cruz en passant par Mario Bauza, Machito et Chano Pozo – sont mis en lumière à travers un ensemble très riche et bien rythmé d’images d’archives, d‘entretiens et de commentaires dits par El chevere de la Salsa.
Parmi les orchestres historiques que le film nous permet d’apprécier, on peut citer le Trio Matamoros, le Septeto de Ignacio Piñeiro, les orchestres d’Arsenio Rodríguez, Benny Moré, Félix Chappotin, Pérez Prado, Dizzy Gillespie, Machito, Tito Puente et Tito Rodríguez, ou encore la Sonora Matancera. Et parmi les artistes plus récents, on reconnait Eddie Palmieri, Larry Harlow, Oscar D’León, Andy Montañez, la Sonora Ponceña, El Gran Combo de Puerto Rico, Los Van Van, Isaac Delgado…
Les témoignages de nombreux acteurs majeurs – entre lesquels se détachent les figures de Eddie Palmieri, Johnny Pacheco, Tito Puente, Celia Cruz et Oscar d’Léon – sont également mis à contribution pour nous conter l’histoire du genre tout en illustrant l’un des leit-motive du film : la Salsa n’est qu’un terme commercial inventé aux Etats-Unis pour promouvoir sur le marché international différentes expressions modernisées des musiques populaires caraïbes et notamment cubaine. Parallèlement à la description de la scène New-Yorkaise, de longs développements sont consacrés aux évolutions de la musique cubaine au cours des années 1960 et 1970, avec la création des groupes Irakere puis Van Van, qui prépare l’explosion de la timba contemporaine.
Ce discours subtilement revendicatif réduit quelque peu le rôle de la scène New-Yorkaise à sa dimension commerciale, en sous-estimant la valeur proprement artistique du processus de métissage et d’innovation dont elle a constitué le creuset. Mais, s’appuyant sur un corpus documentaire et analytique de grande qualité, Yo Soy permet aussi de replacer la genèse de la Salsa dans un contexte plus large, celui de l’évolution d’ensemble de la musique caraïbe aux cours de la seconde moitié du XXème siècle. Le film constitue de ce fait une œuvreincontournable pour les amateurs de ce genre musical.
Fabrice Hatem
Pour visionner ce documentaire : http://www.youtube.com/watch?v=f4420xqy5Zo
A noter qu’un album de 36 titres, reprenant les principaux thèmes musicaux du documentaire, a également été réalisé. Pour plus d’informations : http://www.artistdirect.com/nad/store/artist/album/0,,305859,00.html
par Ahinama | Fév 24, 2013 | Films et DVDs
Documentaire de Otto M. Guzman, Cuba, 2013, 45 minutes
Grande nouvelle !!! Plus besoin de faire 4000 kilomètres pour regarder les émissions musicales de la télévision cubaine. Il est désormais possible de le faire en direct, depuis son ordinateur, en se connectant sur le canal des programmes internationaux de Cubavision.
Bien sur, l’offre reste encore un peu limitée et répétitive. Mais, entre un documentaire sur « l’agression impérialiste », un discours-fleuve de Fidel Castro et une télénovela bas de gamme, il est possible au salsamane d’y dénicher quelques perles magnifiques.
C’est ce qui m’est arrivé samedi dernier, avec La Salsa Cubana de Otto Guzman : 45 minutes d’un excellent documentaire, associant de nombreux extraits de concerts avec des analyses musicologiques de bonne facture.
Le film était rythmé par des rappels forts instructifs sur la genèse de la Salsa, présentée comme une descendante en droite ligne du Son traditionnel. Les étapes de cette transformation étaient clairement articulées, au moins pour sa partie proprement cubaine, à travers les analyses de plusieurs musicologues : cristallisation du Son urbain dans les années 1930 à 1950 avec les orchestres d’Arsenio Rodriguez puis de Benny Moré ; poursuite de la modernisation de ce style dans le courant des années 1970 et 1980, à travers l’adjonction massive de cuivres, l’accélération du rythme, l’évolution des paroles et de la manière de chanter, enfin par l’importance accrue donnée à la partie finale, semi improvisée, du morceau, aboutissant à un climax frénétique. Une très intéressante interview de Juan Formell permettait à cet égard de mettre en lumière le rôle clé du Groupe Los Van Van dans la cristallisation de la Timba – sœur cubaine, si l’on veut, de la Salsa – à travers l’invention du style Songo.
Agréable surprise : le documentaire évite de tomber dans la dénonciation hargneuse du caractère supposément commercial et galvaudé du terme Salsa, considéré il y encore peu de temps dans l’île comme un vulgaire plagiat nord-américain de la musique cubaine authentique : il admet en effet sans autres débats, comme en témoigne son titre, l’existence d’une « Salsa cubaine ».
Voila pour la partie musicologique. Mais le film vaut aussi par la succession rapide, à l’écran, d’une profusion de groupes qui font aujourd’hui l’actualité salsera à Cuba : Los Van Van, la Charanga Habanera, Manolito Simmonet y su trabujo, Pedrito Calvo y su nueva Justicia, mais aussi quelques uns un peu moins connus du grand public, comme Arnaldo y su talisman, Ricardo Leyva y su Caraibe. Et malgré cette profusion, le film permet, grâce à quelques entretiens ou commentaires clairs et concis, de nous faire sentir la spécificité de chacun. C’est peut -être un peu superficiel ou incomplet pour un spécialiste, mais c’est un premier survol tout à fait utile pour un débutant.
Et surtout, cette chaîne va révolutionner la relation des « cubanophiles » à leur patrie de coeur, dès que ses programmes auront été un peu étoffés. Imaginez que toutes les émissions musicales de la télévision cubaine (et elles sont nombreuses, presque autant que les interminables discours de Fidel Castro) soient ainsi mises en ligne !! Quelle belle révolution dans le monde des amoureux de la salsa !
Fabrice Hatem
Pour visionner in vivo les programmes de la télévision cubaine : http://www.cubavision.icrt.cu/
(cliquez sur l’onglet « cartelera » pour la programmation. Attention ! Le décalage horaire est de 5h30)
Ps : merci à Patio Cubain de m’avoir mis sur la piste de cette info !!!
par Ahinama | Fév 24, 2013 | Films et DVDs
Documentaire de Sandra Padilla, série Historias Verdaderas, Venezuela, 2001, 45 minutes
Cet excellent documentaire, produit pour la télévision vénézuélienne E Entertainment, retrace la vie et l’œuvre du grand chanteur de salsa, en suivant un plan chronologique simple mais efficace : son enfance à Porto-Rico où il nait en 1946 ; sa vocation musicale précoce ; son arrivée à New York en 1963 et sa rencontre avec les animateurs du Label Fania à la fin des années 1960 ; ses premiers albums à succès avec l’orchestre de Willie Colón entre 1967 et 1973 ; son mariage et sa relation tumultueuse avec sa femme Puchi ; ses problèmes croissants d’addiction et d’instabilité psychologique ; son rythme de travail épuisant au cours des années 1980 et l’exploitation sans scrupules dont il est l’objet de la part de ses « agents artistiques » ; la mort accidentelle de son fils, sa maladie du SIDA et ses internements psychiatriques ; sa tentative de suicide à Porto Rico en 1988 ; et sa triste fin de star déchue à New York en 1993.
Le récit est vivant, dramatique, ponctué de témoignages de première main comme ceux de Willie Colón, Cheo Feliciano ou Rubén Blades, de quelques amis d’enfance de Porto Rico ainsi que de sa soeur. Le savoir encyclopédique de Cesar Miguel Rondon, auteur de El Libro de la Salsa, est également mis à contribution pour restituer le climat artistique et humain dans lequel évoluait le chanteur.
De longs extraits de concert permettent de retrouver, replacés dans leur contexte biographique, les principaux thèmes popularisés par la voix de Héctor Lavoe, comme Asalto Navideño, Periodico de ayer, et bien sur le célèbre El cantate que lui offrit Rubén Blades. Nous y suivons les étapes de son ascension artistique, puis de son déclin, jusqu’aux terribles images de cet ultime concert de 1993 où il n’est plus que l’ombre de lui-même et ne parvient même pas à chanter.
Bien construit, le documentaire va au-delà d’une narration linéaire de la vie de l’artiste. C’est aussi le témoignage d’une époque, celle de la Salsa triomphante des années 1970 dont l’essor doit beaucoup au talent d’Héctor Lavoe. C’est enfin, une terrible tragédie, celle d’un artiste à l’immense talent poursuivi par le malheur et finalement détruit par la drogue.
Le film dresse le portrait d’un artiste rebelle, instable, autodestructeur, miné jusqu’à l’épuisement moral et physique par l’excès de travail et par les addictions, mais dont la voix emplie d’une poignante mélancolie, parfois cri de rage et de douleur, de temps à autres tendrement burlesque, exprimait l’âme de son public populaire.
Fabrice Hatem
Pour visionner le documentaire : http://www.youtube.com/watch?v=Y4ThUe7RIGs
par Ahinama | Fév 24, 2013 | Films et DVDs
Drame musical deArne Glimcher, Etats-Unis, 1992, 89 minutes
New York, 1952. Deux frères musiciens, Cesar et Nestor, quittent Cuba où leur vie est menacée pour tenter leur chance aux Etats-Unis.
Leur carrière y connaît des hauts et des bas avant qu’ils ne rencontrent le succès avec l’orchestre qu’ils ont créé, The Mambo Kings. Mais ils sont rattrapés par le destin …
Le film reconstitue de manière saisissante l’atmosphère des cabarets new-yorkais du début des années 1950, comme l’Empire Ballroom, le Babalù et surtout le mythique Palladium Ballroom, où se produisent alors de fabuleux orchestres de Mambo et de Latin Jazz, comme celui de Tito Puentes. Rythmes latinos endiablés jouées par un big band devant des pistes de danse bondées, boléros romantiques susurrés par un chanteur dans l’intimité protectrice d’un petit night-club, producteurs à l’affut de nouveaux talents, émissions télévisées des années 1950 où les artistes latinos devaient chanter en anglais pour être acceptés par le public mainstream …. Toute une sociologie musicale est ici finement restituée.
La bande sonore est particulièrement intéressante. Elle nous propose une vingtaine de thèmes célèbres de l’époque, commeMambo Caliente, Melao de Cana, Sh.Boon, La dicha mia, Ran Kan Kan, Cuban Pete, Para los rumberos, Ahora soy tan feliz, Como fue, Tanga Rumba Afro-cubana, Mucho Corrazon, Quiereme Mucho, Perfidia, Ponce, Guantanamera… Plus quelques jolis thèmes composés pour les besoins du film par Robert Kraft, commeBeautifull Maria of my soul. Deux grands artistes de l’époque, Tito Puente dans son propre rôle et Celia Cruz dans un personnage de fiction (elle n’était pas encore arrivée aux Etats-Unis à l’époque) prêtent leur talent à cette reconstitution très réussie.
L’intrigue est tout à fait captivante, avec sa description très crédible des hauts et des bas d’une carrière artistique et des ambiguïtés du sentiment amoureux, avec aussi ses rebondissements aussi inattendus que ceux de la vraie vie. Mention spéciale pour la description très subtile des rapport entre les deux frères, l’ainé Cesar (Armand Assante), protecteur, dominant, séducteur et colérique, et le cadet Nestor (Antonio Banderas), sensible, vulnérable, créatif et introverti.
Cependant, si Antonio Banderas est tout à fait convaincant dans son rôle de jeune musicien cubain, on ne peut pas en dire autant d’Armand Assante, trop froid et surtout beaucoup trop raide pour un latino, notamment dans les scènes de danse.
The Mambo Kingsn’en reste pas moins un excellent film, par sa triple qualité de bouleversant mélodrame, de reconstitution réussie d’une époque, et d’œuvre musicale de grande valeur.
Fabrice Hatem
Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mambo_Kings
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