Situating salsa : global markets and local meaning in latin popular music
Celle-ci présente dans une longue et passionnante introduction la nature de son projet. Selon elle, nous assistons aujourd’hui à un phénomène dit de « translocation », c’est-à-dire à « l’émergence d’une communauté globalisée de Salsa à partir de ses différents lieux de production et réception » ; un phénomène dans lequel les stratégies des grandes maisons de disque et les mouvements migratoire jouent un rôle important. Cependant, loin d’entraîner une uniformisation culturelle, cette tendance se traduirait par l’apparition de formes d’expression locales très diverses. « Nous ne pouvons faire l’hypothèse que la salsa est dansée de la même manière ou revêt la même signification partout où elle est jouée » (…) Les multiples contextes locaux de la salsa ont donné lieu a un nombre élevé de pratiques différentes dans l’exécution et la consommation de la salsa (…) Les portoricains, les colombiens et les vénézuéliens ne donnent pas le même sens à la Salsa qu’ils écoutent », explique Lize Waxer. Celle-ci insiste en particulier sur les phénomènes de pollinisation croisés de la Salsa avec les musiques locales, qui conduisent à l’apparition de styles métissés très divers selon les lieux. Pour parcourir les diverses expressions de cette salsa globalisée, Lise Waxer organise son ouvrage autour de trois grandes dimensions. La première partie de l’ouvrage, Locating Salsa, présente une rétrospective historique consacrée aux grandes étapes de la formation et de la diffusion de ce genre. On y trouve notamment : un article sur les différentes racines musicales de la Salsa et ses caractéristiques distinctives par rapport à d’autres musiques des Caraïbes ; un texte très documenté sur l’histoire du Booggaloo ; une très intéressante analyse du rôle joué par le régime castriste dans l’isolement musical de Cuba au cours des trente années postérieures à la révolution ; enfin, une présentation originale de la salsa dite « romantique » associant des approches musicologiques et une description des processus de production à l’œuvre dans l’industrie du disque. La deuxième partie, Personnalizing salsa, contient des portraits d’artistes : présentation, à partir d‘un point de vue féministe, du rôle joué par trois grandes chanteuses – Celia Cruz, La Lupe et La India – dans l’histoire de la salsa ; textes très émouvants du fameux parolier Tite Curet Alonso sur des artistes qu’il a connus de très près, comme Rafael Cortijo ou Ismael Miranda ; analyse des mécanismes d’identification du public portoricain populaire à Hector Lavoe, dont l’existence tragique refléta le tiraillement de ces populations entre le barrio New-Yorkais et leur île d’origine ; enfin, article à caractère plus musicologique sur l’œuvre d’un compositeur et interprète salsero venu de la côte ouest des Etats-Unis, Pancho Sanchez. La troisième partie, Relocating salsa, présente des textes consacrés à la Salsa dans différentes parties du monde : histoire de l’arrivée de cette musique au Vénézuéla et en Colombie ; description de la scène salsera de Cali ; analyse de la construction de la culture populaire latine à Londres ; réflexion sur le rôle joué par l’orchestre Japonais Orquesta de la Luz pour la diffusion de la Salsa dans des régions culturellement très éloignées des Caraïbes… Au total, un livre précieux et riche, nourri par la diversité des points de vue (historique, sociologique, musicologique, littéraire, etc.). Une approche qui reflète d’une certaine manière la personnalité attachante et polyfacétique de la regrettée Lise Waxer, à la fois musicienne, musicologue et sociologue. Bien sur cette diversité a pour contrepartie un certain manque d’homogénéïté de l’ouvrage : certains articles à caractère musicologique, par exemple, m’ont paru un peu ardus à comprendre ; l’intéressant article sur les grandes chanteuses de Salsa est parasité par des postures féministes aussi dogmatiques qu’inutiles ; les disgressions philosophiques sur les problématiques identitaires révélées par l’Orquesta de la Luz m’ont semblé tourner largement à vide. Par contre, quelle sensibilité dans les textes de Tite Curet Alonso ! Quelle densité d’information dans ceux consacrés à la diffusion de la Salsa dans différents pays et villes d’Amérique latine ! Quelle analyse percutante des effets contrastés (mais pour l’essentiel négatifs) de la révolution cubaine sur la vitalité de la musique populaire dans ce pays ! Ce livre peut donc être recommandé sans réserve à tous ceux qui veulent découvrir la diversité des manifestations salseras dans le monde… Mais à condition qu’ils sachent lire l’anglais, car le livre n’existe malheureusement pas en version française…. Fabrice Hatem Locating salsa : global markets and local meaning in latin popular music, sous la direction de Lise Waxer, 355 pages, éditions Routledge, 2002. |
Cet intéressant ouvrage, consacré à la diversité des expressions et des pratiques salseras dans le monde, est composé d’une quinzaine de contributions d’auteurs divers (universitaires, musiciens, artistes, etc.), sous la direction de la regrettée Lise Waxer.
Ce recueil d‘articles consacrés aux danses latines nous offre une vision très large sur ces cultures populaires – de l’Argentine aux Caraïbes en passant par le Brésil. Il parcourt également toute leur histoire, depuis leurs origines folkloriques jusqu’à l’actuel mouvement de globalisation des danses de loisir. Rassemblant plus d’une trentaine de contributions, il associe des articles à caractère académique à des témoignages vécus sur la pratique de la danse.
Saul Escalona, sociologue d’origine vénézuélienne installé à Paris depuis 1978, est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la Salsa en France et dans le monde, comme La Salsa, Pa Bailar Mi Gente (1998) et La Salsa en Europa : Rompiendo El Hielo (2007). Son dernier livre, Si la Peña m’était contée (2010), est une évocation romancée d’un haut lieu de la salsa parisienne des années 1980, la Peña Saint-Germain.
Ce livre est unanimement reconnu comme l’une des références majeures sur l’histoire de la Salsa et tout particulièrement sur l’époque-charnière des années 1960 et 1970 où se produisit la naissance du genre. Il offre une description particulièrement fouillée de la scène New-Yorkaise, complétée par longs passages sur Porto-Rico et le Venezuela, pays d’origine de l’auteur.
Consacré à l’histoire du Latin jazz et de la salsa à Ne York entre 1940 et 1989, l’ouvrage Salsiology se présente comme un ensemble de 26 articles de forme variée. A côté des entretiens (de loin les plus nombreux), on trouve en effet des comptes-rendus de colloques, de petits essais à caractère universitaire, des textes de souvenirs personnels, on encore des ensemble de photos consacrées à un sujet particulier.
C’est bien sur dans les musiques populaires des Caraïbes qu’il faut chercher les origines de la salsa. Le livre d’Angel G. Quintero Rivera
Plusieurs pays d’Amérique latine, proches géographiquement et culturellement des Caraïbes, se sont largement ouverts à la Salsa dès la fin des années 1960. C’est tout particulièrement le cas de la Colombie et du Vénézuéla, sur lesquels le cinéaste Yves Billon a réalisé deux intéressants documentaire :
La ville colombienne de Cali a constitué l’un des principaux foyers de développement de la Salsa en Amérique du sud. Il s’y est même créé un style de danse spécifique, connu aujourd’hui sous le nom de « salsa colombienne ». L’ouvrage de Lise Waxer,
Concernant les autres villes de Colombie, j’ai beaucoup regretté de ne pas avoir pu visionner le documentaire Medellin en Su Salsa, qui décrit l’histoire et l’atmosphère salseras de cette ville. Je m’en suis un peu consolé en lisant
La Salsa est arrivée un peu plus tardivement en Europe. Même si certains prémisses de sa présence remontent jusqu’au années 1980, c’est surtout après 1990 qu’elle devient un phénomène de masse sur le Vieux continent. Deux ouvrages de Saul Escalona,
Pour vérifier que les informations et analyses contenues dans les précédents ouvrages ont été correctement assimilées, on pourra lire le petit livre de José Arteaga
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