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Periodico de Ayer
L’œuvre
C’est en 1976 que Héctor Lavoe publie son second album soliste De ti depende, nom inspiré d’un beau boléro de Miguel Amadeo.
L’un des titres de cet album n’est autre que Periodico de Ayer, écrit et composé par Tite Curet Alonso.
Les paroles très dures de cette chanson – le chanteur compare la femme qu’il veut quitter à un vieux journal qu’on jette à la poubelle – sont bien éloignées des Salsas romantiques un peu mièvres qui feront, quelques années plus tard, le succès d’un Frankie Ruiz.
Ce titre s’imposera rapidement comme l’un des plus gros succès mondiaux de Héctor Lavoe.
Fabrice Hatem
Pelo suelto y carretera
L’oeuvre
Cette chanson de salsa romantique a été écrite par Manuel González Hernandez « Manolin » et arrangée par Luis Bu y Dagoberto González. Elle a été interprétée par Manolin dans son album De buena fe paru en 1997, juste un an après le départ du chanteur pour les Etas-Unis.
Dans le texte, Manolin propose tout simplement de servir de consolateur à toutes des auditrices victimes d’un chagrin d’amour. Il leur propose même de les emmener en voyage en Europe pour faire enrager leur amant volage…
Or, des femmes un peu seulettes, il doit y en avoir beaucoup parmi les fans de Manolin. Comment s’étonner alors de son succès auprès du public féminin, ainsi que des nombreuses sollicitations amoureuses qu’il reçoit régulièrement de ses auditrices, comme par exemple celle qui constitue le thème de la chanson Todo fue Mental ?
J’aimerais bien être chanteur de charme…
Fabrice Hatem
Pedro navaja
Pour lire ma traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : Pedro.
Pedro Navaja est une Salsa très connue, écrite en 1978 par le chanteur/compositeur Rubén Blades sur une musique de Willie Colón. Elle transpose sur des rythmes tropicaux l’un des thèmes les plus connus de l’Opéra de Quat’sous de Bertold Brecht et Kurt Weill : « Die Moritat von Mackie Messer », « La chanson de Mackie de surineur »[1]. Traduite dans de très nombreuses langues[2], celle-ci raconte l’histoire d’un voyou/maquereau un peu fou qui erre la nuit et poignarde les gens sans pitié (surtout les femmes, Jack l’éventreur n’est pas loin) pour les voler – et, aussi, pour le simple plaisir de tuer.
La spécificité de la chanson de Ruben Blades (à part le fait qu’il s’agit de Salsa), c’est qu’à la fin, Pedro Navaja (alias Mack the knife) se fait-lui-même tuer à coups de revolver Smith et Wesson par la prostituée qu’il vient de poignarder : le féminisme et le progrès technique sont passés par là.
Le texte de Ruben Blades est en outre intéressant, outre ses qualités littéraires assez rares pour une chanson de Salsa (c’est une véritable petite nouvelle qui vous tient en haleine du début à la fin), par la multiplicité de ses références littéraires et musicales : Brecht, bien sur, mais aussi Kafka, West Side Story, les comédies musicales de Jacques Demy… et encore d’autres sans doute qui m’ont échappé.
Para vivir
L’oeuvre
Cette très belle chanson a été écrite dans la seconde moitié des années 1960 par Pablo Milanés. Son succès a largement contribué, avec d’autres chansons composées à la même époque, comme Mis ventidos años ou 14 pelos y un dia, à faire connaître le jeune guitariste comme auteur-compositeur et interprète.
Très peu de temps après, il participe avec d’autres auteurs-compositeurs cubains de sa génération, comme Silvio Rodriguez et Noel Nicol, à l’émergence du mouvement musical de la Nueva Trova, version cubaine de la Cancion protesta latino américaine, ajoutant ainsi à son œuvre une coloration plus politique et sociale.
La chanson Para vivir, très légèrement antérieure ce tournant, reste cependant ancrée dans une atmosphère plus intimiste et romantique : un homme analyse avec une lucidité amère les raisons de l’échec de son couple.
Fabrice Hatem
Para Bailar Casino
L’oeuvre
Cette Salsa a été composé par Adalberto Alvarez. Elle a été enregistrée dans l’album éponyme en 2003, par l’orchestre Adalberto Alvarez y Su Son, avec la Voix de Michel Gonzales.
Adalberto Alvarez a consacré la plus grande partie de son œuvre à la défense et la promotion des musique et des danse populaire cubaines, comme le Son et la Rueda de Casino. Cette chanson constitue l’un des témoignages les plus réussis de ces efforts.
L’année même de son enregistrement, le Maestro présida d’ailleurs le Comité Organisateur du I° Encuentro Internacional de Ruedas de Casino, qui se tint à Matanzas et Varadero.
Fabrice Hatem
Oye como va
L’œuvre
Oye como va est un Cha cha cha composé par Tito Puente en 1962.
Le texte, au-delà de son apparente légèreté – l’auteur invite les danseurs inexpérimentés à se laisser guider par sa musique au rythme facile et entraînant – constitue un intéressante illustration de l’histoire de la musique latine aux Etats-Unis. Beaucoup de danses de loisirs inventés en Amérique du nord au cours des 60 dernières années – mambo, cha cha cha, et plus récemment salsa – sont en effet directement dérivées des rythmes traditionnels afro-caraïbes, simplifiés et adaptés au goûts – et aux possibilités corporelles – du public local. Et c’est exactement cette transformation qui est décrite dans les paroles de la chanson de Tito Puente.
Celle-ci a connu au cours des 50 dernières années un immense succès auprès du public. Elle a été interprétée par plusieurs chanteurs célèbres, aux premiers rangs desquels on peut citer Celia Cruz – qui a par ailleurs a longuement collaboré avec Tito Puente – et Carlos Santana.
Fabrice Hatem
Orgullecida
Pour consulter une traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : orgullecida.
Composée à Cuba par Eliseo Silvera vers 1925, cette chanson incorpore de nombreuses influences du jazz et plus généralement de la musique nord-américaine. Elle figure pratiquement depuis sa création au répertoire de Compay Segundo, qui l’a interprétée notamment en compagnie de Ry Cooder dans l’album Buena Vista Social Club.
Open the door
L’oeuvre
Cette chanson de timba, composée par Aisar Hernández, a été enregistré en 2010 dans l’album De que estamos hablando par l’orchestre Elio Revé y su Charangon, avec Pascual « Sinsonte » Matos en voix principale , et le trompettiste El Guajiro Mirabal en musicien invité.
La description, à caractère souvent satirique, de petits évènements mettant en scène la vie de tous les jours, constitue l’une des sources majeures d’inspiration des chansons de Son. S’inscrivant dans l’héritage de cette tradition, Elio Revé nous propose ici un « instantané » de la vie quotidienne dans La Havane d’aujourd’hui, avec ses bus bondés, ses passagers énervés, ses familles partagées entre Cuba et les Etats-Unis, ses trafics d’objets de première nécessité, ses petits voleurs ciblant les visiteurs et les touristes de passage…
Fabrice Hatem
Ojalá
L’oeuvre
Cette chanson fut composée en en 1969 par Silvio Rodriguez en souvenir d’une femme qui fut son premier amour de jeunesse, Emilia.
Dans une interview citée en lien, il explique que le souvenir de cet amour malheureux le poursuivit pendant des années jusqu’à ce qu’il se décide à composer cette chanson.
Fondateur avec d’autres jeunes auteurs cubains comme Pablo Milanés du mouvement de la Nueva trova – version cubaine de la Cancion protesta latino-américaine, Silvio Rodriguez est également connu pour son engagement « de gauche » et « anti-impérialiste » aux cotés du régime castriste.
Fabrice Hatem
Nube pasajera
L’oeuvre
Ecrite par Leonel Limonta (photo ci-contre), cette timba été enregistrée en 1995 par l’orchestre La charanga habanera dans l’album Pa’ que se enteré La habana en voix principale le chanteur Michel Maza.
Dans un entretien avec El Farandulero Mayor, publié sur notre site Web Fiestacubana, Leonel Limonta raconte la genèse de cette chanson et nous aide aussi à comprendre certains de ses vers un peu cryptiques. Leonel était attiré par une jolie femme qui aimait beaucoup le voir comme ami, mais ne souhaitait pas entretenir avec lui une relation amoureuse. Or, il avait lui-même d’autres idées en tête. Un jour qu’ils se promenaient ensemble a bicyclette dans le quartier de Regla, il décida donc de passer à l’action et de se faire plus pressant avec la demoiselle. Mais ils furent alors brusquement surpris par une averse qui les obligea à se séparer rapidement et ruina ses plans amoureux. Il rentra chez lui, fort dépité, mais en tira quelques jours plus tard cette chanson qui devint l’un des thèmes fondateurs de la Timba cubaine.
Nosotros
Pour lire une traduction de ce texte, cliquez sur le lien suivant : Nosotros.
Nosotros fut écrit en 1943, quelques mois avant sa mort, par le poète et compositeur cubain Pedro Junco (1920-1943). On a souvent voulu y voir une sorte de lettre d’adieu écrite par celui-ci, malade de la tuberculose et conscient de sa disparition prochaine, à la femme qu’il aimait. Cette version est cependant contestée par certains spécialistes qui disent n’en n’avoir trouvé aucune preuve tangible.
Quoiqu’il en soit, Nosotros a connu, dès sa première diffusion radiophonique en 1943, dans une interprétration de Tony Chiroldes, un immense succès, jamais démenti par la suite, auprès du public cubain, et a figuré au répertoire d’un nombre considérable de chanteurs.
No vale la pena enamorarse
L’œuvre
Cette salsa a été écrite par Alejandro Jaén. Elle a été enregistrée en duo en 1993 par Johnny Rivera et Ray Sepulveda (photo ci-contre) dans le fameux album-événement Combinacion Perfecta du producteur RMM.
L’un des principaux ressorts poétiques du texte tient fait que l’auteur semble considérer que son propre cœur mène en quelque sorte sa vie propre, échappant à tout contrôle. Or, cet organe maladroit tombe amoureux à tord et à travers. Ceci constitue donc une source de tristesse constamment renouvelée pour son propriétaire. Cette situation schizophrénique, au départ un peu surprenante pour l’auditeur, me semble finalement rendre compte avec justesse de nombreuses situations sentimentales, dont les acteurs sont incapables de maîtriser leurs affects.
Il s’agit sans doute de l’un des « tubes » de Salsa les plus célèbres. Je fredonnais déjà son refrain par cœur avant même de savoir qu’existait un orchestre appelé « Fania all Stars » et d’avoir commencé à danser la Salsa.
Fabrice Hatem











