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El cuarto de Tula

El cuarto de Tula

Image Pour consulter la traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : cuarto

Ecrite par Sergio Siaba, cette amusante Guaracha tient une place éminente au répertoire de l’orchestre Buena Vista Social Club.

Comme dans beaucoup de Guarachas, ses paroles picaresques possèdent un double sens licencieux, généreusement amplifié par les désopilantes improvisations des chanteurs (principalement Eliades Ochoa, avec également une participation de Ibrahim Ferrer et de Manuel Licea). Il est en effet clair que ce n’est pas seulement la chambre de Tula qui brûle. C’est aussi Tula elle-même qui est dévorée par le feu intérieur du désir.

Dans son sens premier, le texte parle donc des dispositions à prendre d’urgence pour éteindre un banal incendie. Mais, dans une accumulation de double sens burlesques, il évoque en même temps les opportunités intéressantes offertes à la gent masculine par les dispositions amoureuses favorables de Tula.

Les orchestres Sierra Maestra et Buena Vista Social Club au grand complet, ainsi qu’une caserne entière de pompiers sont donc appelés en renfort, non seulement pour circonscrire l’incendie, mais également pour tenter de satisfaire les impérieux désirs de cette Tula au puissant tempérament. Les percussionnistes sont en particulier priés, dans un dernier double sens très imagé, de « tendre les cuirs » (de leurs tambours) pour se mettre à l’oeuvre.

Je vous propose d’écouter El Cuarto de Tula dans l’interprétation de l’orchestre Buena Vista Social Club, tout en lisant ma traduction.

Fabrice Hatem

El carretero

El carretero

Image Pour consulter la traduction de El Carretero, Cliquez sur le lien suivant : carretero

Ecrite au cours des années 1930 par Guillermo Portabales, cette guajira est une des plus célèbres chansons cubaines.

Elle a été reprise avec succès par Eliades Ochoa dans les années 1990.

Elle figure également en bonne place dans le célèbre film Buena Vista Social Club.

Cependant, malgré la grande qualité de cette interprétation, je lui préfère la version originale de Guillermo Portabales, qui donne littéralement la chair de poule.

C’est celle-ci que je vous propose d’écouter tout en lisant ma traduction.

Fabrice Hatem

Dernière mise à jour : ( 04-06-2011 )
El cantante

El cantante

Image Pour lire la traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : Paroles.

Composée en 1978 par Ruben Blades, El Cantante fut l’un des plus grands succès du chanteur d’origine portoricaine Hector Lavoe. Au delà de sa valeur artistique intrinsèque, cette oeuvre constitue un témoignage intéressant du processus par lequel la Salsa est née, au cours des années 1960 et 1970, d’une évolution des formes de la musique populaire traditionnelle des Caraïbes, et tout particulièrement du Son Cubain.

Cette chanson, que nous classons de manière spontanée dans la catégorie musicale « Salsa », est en fait extrêmement proche d’un Son Cubain par sa structure : exposé du thème en quelques couplets, suivi d’un dialogue entre le chanteur soliste et le chœur ; part de plus en plus grande laissée à l’improvisation (vocale et instrumentale) au fil de l’interprétation, tandis que l’atmosphère musicale monte progressivement vers un « climax » final.

Cette appartenance de El Cantante à l’univers « Sonero » est quelque peu masquée par la présence dans l’orchestre d’instruments étrangers aux groupes de Son traditionnels et typiques au contraire de la Salsa (extension de la section de cuivres par introduction notamment de trombones, présence du piano et même de cordes dans certaines versions[1]). On assiste ainsi, en « direct » en quelque sorte, à la mise en oeuvre du processus de transmutation musicale conduisant du Son traditionnel à la Salsa moderne.

L’auteur de la chanson, Ruben Blades, de mère cubaine quoique de nationalité panaméenne, semble d’ailleurs avoir éparpillé à dessein dans son texte et dans sa partition des « clins d’œil » soulignant cette filiation. Homme d’une grande culture, il est d’ailleurs coutumier du fait, comme le montre l’analyse de certaines autres de ses Salsas célèbres, comme Pedro Navaja, directement inspirée de la chanson de Kurt Weill, Mack the Knife, et remplie de « citations » musicales et littéraires. Il a, semble-t-il, procédé de même dans El cantante, mais pour faire cette fois de sa chanson un hommage cryptique au Son Cubain.

Par exemple le terme pregon, typiquement cubain, évoque les petits refrains chantés par les marchands des rues pour vanter leur marchandise, et dont de nombreux Sones célèbres, comme El Manisero ou Echale Salsita, se sont directement inspirés. De même, l’expression « pregon de la montaña » pourrait être considérée comme une référence aux origines du Son, né dans les collines des environs de Santiago de Cuba. Enfin, la mélodie du refrain est très proche de celle de la chanson Vamonos Pa’monte de Eddie Palmieri, qui est elle-même directement inspirée par le Son.

Quant au chanteur, Hector Lavoe, parfois surnommé El cantante de los cantantes, il a joué un rôle majeur dans l’essor de la Salsa au cours des années 1970 et 1980, au sein notamment du label Fania All Stars. Il rend d’ailleurs hommage, dans la version que je vous propose d’écouter ici, à plusieurs autres chanteurs membre du groupe Fania, comme Celia Cruz, Ismael Rivera ou Cheo Feliciano.

Notons pour conclure que la chanson El cantante est si fortement identifiée à Hector Lavoe qu’elle constitue aussi le titre d’un film consacré à la vie de cet artiste, décédé du Sida en 1993, et dont le rôle est interprété par un autre « grand » de la Salsa, Marc Anthony.

Je vous propose d’écouter cette chanson interprétée par Hector Lavoe, tout en lisant ma traduction.

Bonne écoute et bonne lecture.

Fabrice Hatem


[1] On entend clairement la présence de violons dans la version que je vous propose d’écouter, mais ceux-ci ne figurent pas à l’image, qui apparemment correspond à une autre interprétation où les cordes (contrebasse mise à part) sont absentes.

Echale Salsita

Echale Salsita

Image Pour lire une traduction de ce texte, cliquez sur le lien suivant : Echale

Ce Son, écrit en 1928 par Ignacio Piñeiro, est surtout célèbre auprès de Salseros contemporains pour être l’une des premières chansons où figure le mot « salsa » ou plus exactement « salsita ». Cependant, ce terme n’est utilisé ici que dans son sens premier de nature culinaire. C’est une « petite sauce » dont un marchand ambulant, qui apparemment est également vendeur de saucisses[1], vante les mérites dans un « pregón », c’est-à-dire un petit refrain destiné à attirer l’attention sur ses produits.

Cette référence à la vie et aux personnages de la rue, ainsi qu’aux chansonnettes que l’on peut y entendre, est très fréquente dans les chansons de Son de cette époque. Par exemple, El Manisero de Moises Simons (1927) a pour personnage principal un vendeur ambulant de cacahuètes, qui lui aussi, entonne son pregón. Dans El Carretero (1930), Guillermo Portabales met en scène un joyeux charretier qui chante en travaillant. Enfin, dans La Mujer de Antonio du Trio Matomoros (1929), ce sont plutôt les talents d’imitatrice d’une voisine un peu médisante qui sont évoqués.

L’omniprésence de ce thème du peuple qui chante peut être considéré, comme un hommage spontané rendu par les artistes cubains à la vitalité des traditions musicales populaires et notamment des musiques de rue dont provient, encore aujourd’hui, une bonne partie de leur inspiration.

Je vous propose d’écouter Echale Salsita, tout en lisant ma traduction, en choisissant entre deux versions : celle du Septeto Nacional Ignacio Piñeiro, qui présente l’intrérêt de proposer une sonorité sans doute assez proche de la version originale, mais dont le texte est malheureusement écourté ; et celle, plus récente, de l’orchestre Sierra Maestra, qui se termine par une très longue partie improvisée et instrumentale.

Fabrice Hatem

[1] A moins qu’il ne s’agisse de l’un de ses collègues.
Dos gardenias para ti

Dos gardenias para ti

ImagePour consulter la traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : gardenias

Ecrit en 1947 par Isolina Carrillo, ce boléro a figuré au répertoire des plus grands chanteurs cubains des cinquante dernières années

Parmi ses interprètes, on peut citer Antonio Machin, Omara Portuondo ou encore Daniel Santos.

Il a retrouvé un regain récent de célébrité grâce à l’interprétation de Ibrahim Ferrer dans le film Buena Vista Social Club.

 

Je vous propose de l’écouter dans la très belle version de Antonio Machin tout en lisant ma traduction.

Fabrice Hatem

Dernière mise à jour : ( 04-06-2011 )
Despues de todo

Despues de todo

Image L’oeuvre

Cette belle chanson romantique a été écrite et composée par Juan Formell dans les années 1970. Elle fut depuis lors interprétée par l’orchestre Los Van Van à de nombreuses reprises, par exemple au cours des années 1980 avec la chanteuse Mirtha Medina dans un arrangement très mélodique, avec un accompagnement très « soft » d’orgue électronique.

Elle a été reprise plus récemment, avec la voix de Yenisel Valdès « Yenni », dans l’album Chapeando en 2004. Le style est cette fois celui de la « Timba », beaucoup plus rythmé, avec une forte présence des cuivres, et une large place donnée, dans la seconde partie, à l’alternance soliste-chœur. C’est cette interprétation adaptée aux goût du public contemporain, qui est la plus connue aujourd’hui, au point que beaucoup pensent que Despues de todo est une thème récent.

La comparaison des deux versions montre l’extraordinaire capacité de Los Van Van a renouveler leur style et à entrer en osmose avec l’évolution de leur public. Ceci explique sans doute le succès jamais démenti de ce groupe depuis sa création en 1969, il y a plus de 40 ans.

Fabrice Hatem

 

 

Ses interprétations par le groupe Los Van Van

Interprétation « Live » de Yénni au Theatre Karl Marx, La Havane

Interprétation de Yénni en « « Live »

Interprétation de Mirtha Medina (1986)

Ses paroles en espagnol[1]

Sa traduction en français

Despues de todo
(Juan Formell)

(Improvisation vocale)

Nos dejamos llevar
Por la gente
Que ahora suele decir
Que lo siente.

Nos dejamos llevar
Por el miedo
De vivir juntos
Aun siendo abuelos.

Nos dejamos llevar
Por la prisa
Y olvidamos
Aquella sonrisa.

Cuando todo era lindo
Y con ganas
Y funcionaba el amor
En la cama.

Y después de todo que?
Roto el sentimiento
Para que y por que mi amor?
Di por mi lo siento.

Y después de todo que?
Todo es amargura
Tu de cama en cama y yo
Y yo durmiendo sola.

(Improvisation vocale)

Nos dejamos llevar
Por las dudas
Cuando de veras,
No había ninguna.

O nos dejamos llevar
Por el odio
De los que viven siempre
En un agobio.

Nos dejamos tender ese lazo
Que casi siempre conduce al fracaso
Y decidimos cambiar nuestras vidas
Para vivirlas en nueva medida.

Y después de todo que?
Roto el sentimiento
Para que y por que mi amor?
Di por mi lo siento.

Y después de todo que?
Todo es amargura
Tu de cama en cama y yo
Y yo durmiendo sola.

No se vigilen
No se atormenten más
Que cada cual tiene su suplente ya.

No me vigiles
No me atormentes papi
Que se acabó se acabó.

No se vigilen
No se atormenten más
Que cada cual tiene su suplente ya.

Y es que el amor que te tenía
Era lindo y verdadero
Pero se acabó mi cielo.

No se vigilen
No se atormenten más
Que cada cual tiene su suplente ya.

¡Ay! dile a esa dile a esa, dile a esa
Que tu amor no me interesa
Yo te regalo con papele’ y to’.

No se vigilen
No se atormenten más
Que cada cual tiene su suplente ya.

Y agua que no has de beber
Déjala correr, déjala, déjala
Déjala, déjala, déjala, déjala, déjala.

No se vigilen más…

¡Corre’l agua!

Lo que pasó pasó
Ta bueno ya
No comenten má’, ya pasó.

Lo que pasó fue que el destino
A ti te puso en mi camino
¡Oh-oh-oh !

Lo que pasó pasó
Ta bueno ya
No comenten má’, ya pasó.

Y si te duele
Y si no puedes
Eso se te va caminando.

Lo que pasó pasó
Ta bueno ya
No comenten má’, ya pasó…

Ahora te invito
A que sigas tu camino
Porque vivir feliz
No está prohibido.

Lo que pasó pasó
Ta bueno ya
No comenten má’, ya pasó.

¡Ay! pa’que baile’ conmigo
Ha’ta mañana
Pa’que vuelvas
La próxima semana.

Lo que pasó pasó
Ta bueno ya
No comenten má’, ya pasó.

(Improvisation finale non reproduite)

Après tout
(Traduction de Fabrice Hatem)

(Improvisation vocale)

Nous nous laissâmes mener
Par les gens
Qui maintenant disent souvent
Qu’ils le regrettent.

Nous nous laissâmes mener
Par la peur
De vivre ensemble
Notre vieillesse.

Nous nous laissâmes mener
Par la hâte
Et nous avons oublié
Ce sourire.

Lorsque tout était beau
Empli de désir
Que l’amour fonctionnait
Au creux du lit.

Et après tout cela, quoi ?
Le sentiment s’est cassé
Pour quoi et pourquoi mon amour ?
Dis-moi s’il te plaît, « je regrette ».

Et après tout cela, quoi ?
Tout est amertume
Toi de lit en lit et moi
Et moi je dors solitaire.

(Improvisation vocale)

Nous nous laissâmes mener
Par les doutes
Quand en vérité,
Il n’y en avait pas.

Nous nous laissâmes mener
Par la haine
De ceux qui vivent toujours
Dans l’accablement.

Nous nous sommes laissé tendre ce piège
Qui conduit presque toujours à l’échec
Et nous avons décidé de changer nos vies
Pour les vivre d‘une nouvelle manière.

Qu’est-ce qui reste près cela ?
Le sentiment est rompu
Pour quoi et pourquoi mon amour ?
Dis-moi s’il te plaît « je regrette ».

Et après tout cela, quoi ?
Tout est amertume
Toi de lit en lit et moi
Et moi je dors solitaire.

Ne vous épiez pas
Ne vous tourmentez plus
Chacun a déjà son remplaçant.

Ne m’épie pas
Ne me tourmente pas mon chou
Ce qui est fini est fini.

Ne vous épiez pas
Ne vous tourmentez plus
Chacun a déjà un remplaçant.

C’est que l’amour que j’éprouvais
Etait beau et sincère
Mais mon ciel s’est obsurci.

Ne vous épiez pas
Ne vous tourmentez plus
Chacun a déjà un remplaçant.

Ah ! Dis-le lui à elle
Que ton amour ne m’intéresse pas
Je lui offre avec un papier-cadeau.

Ne vous épiez pas
Ne vous tourmentez plus
Chacun a déjà un remplaçant.

Et l’eau que tu ne dois pas boire
Laisse-la couler, laisse-la, laisse-la
Laisse-la, laisse-la, laisse-la, laisse-la.

Ne vous épiez plus

Elle coule l’eau !

Ce qui est fini est fini
C’est bon, voila
On ne commente plus, c’est fini.

Ce qui s’est passé c’est que le destin
T’as mis sur mon chemin
Oh ! oh ! oh !

Ce qui est fini est fini
C’est bon, voila
On ne commente plus, c’est fini.

Et si ça te fait mal
Et si c’est insupportable
Ça te part en marchant.

Ce qui est fini est fini
C’est bon, voila
On ne commente plus, c’est fini.

Maintenant je t’invite
A suivre ton chemin
Parce que vivre heureux
Ce n’est pas interdit.

Ce qui est fini est fini
C’est bon, voila
On ne commente plus, c’est fini.

Ah ! ah ! Pour que vous dansiez avec moi
Jusqu’au matin
Pour que vous reveniez
La semaine prochaine.

Ce qui est fini est fini
C’est bon, voila
On ne commente plus, c’est fini.

(Improvisation finale non traduite)

Références complémentaires

Présentation générale du groupe Los Van Van

Sur le parcours musical de Los Van Van

Sur le Songo

Sur l’album Chapeando

Une passionnante interview de Juan Formell

Sur la timba cubaine


[1] Le texte est basé sur la version de l’interprétation « Live » au Theatre Karl Marx de La Havane. Les parties interprétées par le chœur figurent en italiques.