par Ahinama | Mar 10, 2013 | Films et DVDs
La sélection commentée de films sur la culture populaire cubaine que j’ai réalisée pour Fiestacubana.Net ne couvre évidement pas tout le champ de la production cinématographique dans ce domaine. C’est la raison pour laquelle je vous propose ici une première liste complémentaire de films ou de liens internet intéressants qui peuvent être utiles à ceux désireux d’approfondir le sujet. J’ai divisé celle-ci en deux parties : d’une part, les documentaires sur la culture cubaine et la salsa, d’autre part les films cubains ou ayant pour thème principal Cuba (tous genres confondus).
Je présente en annexe une critique de deux de ces œuvres, très intéressante, mais que j’ai renoncé à intégrer à ma sélection principale malgré leur grand intérêt parce qu’elles étaient mal référencés, mutilées, ou un peu hors sujet. Vous noterez enfin que je n’ai pas créé de section consacrée aux enregistrements de concerts in vivo et autres captations musicales, extrêmement nombreux sur le net, mais qui n’appartiennent pas au domaine de la production cinématographique stricto sensu.
1. Documentaires et docu-fictions sur la culture populaire cubaine et la salsa
Concert de Larry Harlow pour fêter les quarante ans de la Fania (avec de nombreuses vedettes de la grande époque). Je fais ici une exception à ma règle de ne pas mentionner dans cette sélection de captation de concerts du fait du caractère de témoignage historique de ce document. Pour visionner celui-ci, cliquez sur : Larry.
Del danzon al cha cha cha, auteur inconnu (deux petits films sur l’histoire de ces styles musicaux – voir critique du premier d’entre eux en annexe) : pour visionner ces deux films, cliquez sur film1 et film2
Frankie Ruiz (petit documentaire assez mal fait et larmoyant sur le chanteur Portoricain). Pour le visionner, cliquez sur : Frankie
Histoire del son cubano (empilement d’intéressantes archives audio-visuelles non commentées sur le Son). Pour les visionner, cliquez sur : son
Historias de la música cubana, série de cinq films de réalisateur différents dirigés par Manuel Gutiérrez Aragón, 2008. Je n’ai intégré dans ma sélection principale que l’un d’entre, le seul que j’ai pu visionner : Lo mismo se escribe igual, de Arturo Sotto. Pour une présentation rapide des autres films de cette série, cliquez sur : Historias
Medellin en su salsa, 2011,Helvira Hernández, 59 minutes (sur la salsa colombienne et la vie d’une radio musicale de Medellin). Cliquez sur : Medellin
Mi oficio de cantor, homenaje a Oscar d’Leon,Chuchito Sanoja , 2011 (sur Oscar d’Leon). Pour visionner le trailer de ce documentaire, cliquez sur : leon
Our latin thing,Jerry Masucci, 1972 (le film témoignage de la Fania Records sur la vague salsa, malheureusement incomplet sur internet). Voici des liens vers quelques parties du film :lien1, lien2, lien3, lien4, lien5, lien6 Ces liens permettent également de naviguer vers de très nombreux enregistrements en live d’artistes de la Fania.
Para bailar, La Habana,Documentaire de Santiago Alvarez, Cuba, 1997, 46 minutes (sur la danse à la Havane. voir ci-dessous). Pour quelques renseignements succincts, cliquez sur : bailar
Para bailar, La Habana(sur la danse à La Havane – Voir une critique en annexe). Je ne connais ni la date ni le nom de l’auteur de cet excellent documentaire trouvé mutilé sur Internet : il pourrait s’agir d’extrait du film homonyme de Santiago Alvarez, mais je n’en suis pas sûr. Pour visionner cette oeuvre, cliquez sur : habana
Rythmes afro-cubains et Salsa aux percussions,Michel Bontemps (intéressante vidéo pédagogique présentant les rythmes afro-cubains traditionnels joué aux congas, ainsi que les claves et les rythmes modernes : Salsa, Mozambique et Songo). Pour plus d’informations, cliquez sur : rythmes
They call me La lupe (film en cours de finalisation, sur la grande chanteuse cubaine). Rens : Lupe
Tributo à la salsa columbiana(série d’enregistrements in vivo de musiciens de salsa colombienne sans commentaires). Cliquez sur : Tributo
Notez également l’existence de deux intéressantes bases documentaires :
Para Bailar (Très riche site internet sur la musique et la danse cubaines). Cliquez sur : para
Canal internet de la télévision cubaine.Entre deux documentaires de propagande sur l’impérialisme américain, vous pouvez regarder quelques excellentes émissions consacrées à la musique et à la danse cubaine sur le canal internet de la télévision cubaine. Cliquez sur : télé.
Pour connaître les programmes, cliquez sur l’onglet « Carteleras »
2. Film cubains ou ayant pour thème Cuba
La production cinématographique cubaine couvre évidement un champ beaucoup plus large que celui de la musique et de la danse, même si celles-ci y sont omniprésentes, reflétant en cela leur place centrale dans la vie des habitants de l’île. Vous pourrez trouver sur le lien suivant une liste de 250 des films cubains les plus marquants :http://www.imdb.com/list/pk4OhdY60Dk/. Une partie importante de ces films est assez facilement accessible sur internet, mais par contre difficile à trouver dans le commerce.
Vous pouvez également consulter mon lexique des grands réalisateurs du cinéma cubain et le documentaire de Ramón Suárez surL’âge d’or du cinéma cubainau cours des 10 années qui ont suivi la révolution.
Fabrice Hatem
Annexe : présentation critique de deux films non intégrés dans la sélection principale
J’ai renoncé à intégrer ces deux œuvres très intéressantes dans ma sélection principale parce qu’elles sont mutilées et d’auteur inconnu ou incertain. Je vous en livre cependant ici une petite présentation.
Del Danzon al Cha cha cha
Documentaire d’auteur et de date inconnus, 15 minutes
Il s’agit d’un excellent travail musicographique, illustré avec soin par de riches archives sonores et visuelles sur l’histoire du Danzon, depuis ses origines à la fin du XIXème siècle, où il trouve ses racines dans la Habanera et la Contradanza, jusqu’à sa mutation en Mambo puis en Cha Cha Cha, en passant par son évolution vers la Danzonette sous l’influence du Son oriental.
Le film est ponctué de très intéressants témoignages de musiciens et de musicologues, comme Odilio Urfé, fils d’un des grands créateurs du Danzon, de Antonio Arcañio, précurseur du mambo ou de Enrique Jorrin, inventeur du Cha Cha Cha.
Pour visionner ce documentaire, cliquez sur : http://www.youtube.com/watch?v=Y2noAAIaSuQ
Il est présenté sur internet accompagné d’une « seconde partie » moins intéressante, qui me semble assez largement redondante avec la première et ne provient peut-être pas du même film. Pour visionner cette seconde partie, cliquez sur : http://www.youtube.com/watch?v=E8SPoDldhAs
Para bailar, La Habana
Documentaire d’auteur et de date inconnus, 30 minutes
Ce film aborde simultanément deux sujets : d’une part, un survol de l’histoire de la danse populaire cubaine ; d’autre part, un panorama de sa pratique à l’époque où le documentaire a été réalisé, il y vraisemblablement une vingtaine d’années.
Il présente de nombreuses et intéressantes images d’archives sur une grande variété de danses : Contredanse, Danzon, Mambo, Cha cha cha, Mozambique, Pilon, bals populaires…
Il propose également des entretiens avec des musicologues éminents, parmi lesquels on reconnait Helio Orovio, Bladimir Zamora, José Loyola, et de musiciens, comme Miguel O’Farril, Enrique Jorrin (inventeur du Cha Cha Cha), Pello el Afrokan (inventeur du Mozambique), etc.
Cet agréable empilement d’entretiens et d’images de danse, aéré par de nombreux témoignages d’aficionados, permet de prendre la mesure du rôle central joué par la pratique de la danse dans la vie collective cubaine, tout particulièrement à la Havane. Cependant, manquant un peu de fil directeur et de structure, il n’approfondit véritablement aucun sujet, que ce soit sur le plan de l’histoire de la danse ou de sa sociologie contemporaine.
Cette faiblesse apparente, cependant, est peut-être imputable aux coupes dont il pourrait avoir été l’objet au moment de sa mise en ligne : je soupçonne en effet, sans en avoir la certitude, qu’il s’agit du documentaire homonyme de Santiago Alvarez Para bailar, La Habana, réalisé en 1997, qui dans sa version complète, dure 47 minutes.
Pour visionner ce documentaire (dans une version vraisemblablement réduite) : http://www.youtube.com/watch?v=OgQt7u6gCus&list=PL4057A0ADAAE32636&index=15
par Ahinama | Mar 9, 2013 | Films et DVDs

Malgré la production de quelques longs métrages avant 1959, le cinéma cubain n’a pris véritablement son essor qu’au début des années 1960, avec la création de l’ICAIC (Institut Cubain d’Art de production cinématographique) par le régime castriste. Nous présentons ici une liste commentée des metteurs en scène les plus représentatifs de ces cinquante dernières années.
1. Articles généraux sur le Cinéma cubain
Pour des articles généraux sur le cinéma cubain, on pourra notamment consulter :
http://en.wikipedia.org/wiki/Cinema_of_Cuba
Une bonne synthèse historique, assez précise et bien documentée.
http://www.seances.org/html/cycle.asp?id=140#h
Fournit une liste des prinicipaux films cubains.
http://www.cubantrip.com/cuba_la_faillite_fr/cinema_cubain.php
Une analyse assez rigide idéologiquement, mais assez bien documentée, du rôle politique supposé « progressiste » du cinéma cubain.
2. les principaux metteurs en scène
Parmi les principaux metteurs en scène de ces cinquante dernières années, on peut notamment mentionner :
Alea, Thomas Gutierrez (Titon) (1926-1996) : Mort d’un bureaucrate (1966), Mémoires du sous-développement (1968), Fraise et Chocolat (1993). L’un des co-fondateurs de l’ICAIC, considéré comme l’un des piliers du cinéma cubain contemporain.
http://en.wikipedia.org/wiki/Tom%C3%A1s_Guti%C3%A9rrez_Alea
Alvarez, Santiago (1919 – 1998) : Hasta la Vitoria Siempre (1967), Now (1965). Connu notamment pour ses courts-métrages en forme de « clips ».
http://en.wikipedia.org/wiki/Santiago_%C3%81lvarez
Colina, Enrique (? – ) : Entre Deux Cyclones (2003), Los Bolos En Cuba (2009). Une vision douce-amère et désabusé du Cuba d’aujourd’hui par un jeune auteur post-révolutionnaire.
http://www.cadrage.net/entretiens/colina/colina.html
Espinoza, Julio Garcia (1926 – ) : Cuba baila (1960), Le Jeune Rebelle (1961), Aventuras de Juan Quinquin (1967), Cet apparatchik de la culture (il a été président de l’ICAIC et vice-ministre de la culture) est connu pour ses films historiques et politiquement engagés.
http://www.soycubano.com/pena/cine/garcia_espinosai.asp
Gomez, Octavio (1934 – 1988) : Première Charge à la Machette (1969).
http://en.wikipedia.org/wiki/Manuel_Octavio_G%C3%B3mez
Gomez, Sandra (? – ) : Las Camas Solas (2006), El Futuro Es Hoy (2008). Une jeune réalisatrice qui décrit le quotidien morose des cubains d’aujourd’hui. Gomez, Sara (1943 – 1974) : De Cierta Manera (1974): Décédée très jeune, Sara Gomez m’a pu réaliser qu’un seul long métrage assez échevelé, décrivant sous forme de docu-fiction le quotidien d’un quartier populaire de La Havane:
Gomez, Sara (1943 – 1974) : De Cierta Manera(1974): Décédée très jeune, Sara Gomez m’a pu réaliser qu’un seul long métrage assez échevelé, décrivant sous forme de docu-fiction le quotidien d’un quartier populaire de La Havane:
http://www.filmreference.com/Directors-Fr-Ha/G-mez-Sara.html
ICAIC. Une grande partie de la production cinématographique locale à Cuba est liée à l’ICAIC, l’Institut Cubain d’Art de production cinématographique, fondé en 1959. Pour une présentation officielle – donc non critique – de cet institut, on pourra consulter le site suivant :
http://www.cubacine.cu/aniversario/index.htm
Solas, Humberto (1941-2008) : Lucia (1968), Le Siècle des Lumières (1991), Barrio Cuba (2005). Un des grands noms du cinéma cubain contemporain, très connu pour ses grandes fresques historiques comme Lucia
http://en.wikipedia.org/wiki/Humberto_Sol%C3%A1s
Tabio, Juan Carlos (? – ) : Fraise et Chocolat (1993), Guantanamera (1995), Lista de Espera (2000), El Cuerno de la Abundancia (2008). Elève et ami de Alea, Il l’a aidé à terminer ses deux derniers films, Fraise et Chocolat (1993), Guantanamera (1995). Ses films décrivent avec une ironie douce-amère, où le rêve et l’humour sont constamment présents, le difficile quotidien des cubains, miné par l’absurdité bureaucratique et la faillite de l’économie locale.
http://en.wikipedia.org/wiki/Juan_Carlos_Tab%C3%ADo
Fabrice Hatem
par Ahinama | Mar 9, 2013 | Films et DVDs
Fiction de Mikhaïl Kalatozov, Cuba- URSS, 1964, 145 minutes
Chacune de quatre histoires qui constituent ce film est articulée autour de la même rhétorique : face aux injustices dont il est victime (exploitation économique ou sexuelle, oppression policière, violence militaire), le peuple cubain, pourtant profondément pacifique, n’a d’autre choix que la révolte armée pour conquérir sa liberté sous le leadership éclairé du mouvement castriste.
On peut être, ou non, en accord avec cette œuvre de propagande orientée et manichéenne, imputant tous les malheurs de Cuba au capitalisme américain et ne proposant d‘autre alternative politique que la violence. Mais je m’abstiendrai d’entrer dans cette polémique. Je ne parlerai ici que d’histoire et d’esthétique cinématographique. Deux domaines où l’apport de Soy Cuba est important.
Réalisée en 1964, quelques années après la prise de pouvoir par Fidel Castro et la création de l’Institut Cubain du Cinéma (ICAIC), Soy Cuba marque un étape importante dans la renaissance du cinéma cubain. Celui-ci a effet connu au cours des années 1960 une brève période de grande vitalité, produisant de nombreux films dont le caractère apologétique ou de propagande (Le jeune rebelle, 1961) n’exclut pas une certaine qualité formelle (Hasta la victoria Siempre, 1967 ; Première Charge à la machette, 1969), ni même une prise de distance critique, pleine d’humour, face à une bureaucratie en cours d’ossification (Mort d’un bureaucrate, 1996). Signe des temps, Soy Cuba est d’ailleurs une co-production soviéto-cubaine, où des acteurs locaux jouent sous la direction du cinéaste russe Mikhaïl Kalatozov.
Malgré ou du fait même de la lourdeur de son attirail de propagande, le film possède un certain nombre de qualité narratives. Tout d’abord, l’exemple des cinémas nazis et soviétiques des années 1930 et 1940 montre que les discours manichéens, mettant en scène une opposition frontale et sans nuances entre le Bien et le Mal, peuvent constituer, pour peu que le metteur en scène ait un peu de talent, le ressort d’un œuvre captivante. Il en est ainsi dans Soy Cuba : comment ne pas partager la colère de ce jeune vendeur des rues dont la fiancée a été achetée pour quelques dollars par un touriste américain, de ce vieux paysan dont la terre vient d’être vendue à la United Fruits, de ce jeune étudiant qui voit son meilleur ami assassiné par le chef de la police de Batista, de cet autre paysan dont l’enfant est tué par une bombe de l’aviation du même Batista, etc.
Il faut d’ailleurs reconnaître au metteur en scène russe une certaine subtilité dans le traitement psychologique des personnages. Même si la trame en est un peu répétitive (une lutte entre réticence individuelle à la violence et prise de conscience de la nécessité politique de celle-ci), ce conflit moral donne lieu au cours du film à toute une série de situations intéressantes : comme ce militant renonçant au dernier moment à assassiner le chef de la police, alors qu’entouré de ses enfants celui-ci se comporte en père de famille attentionné ; comme ce paysan viscéralement hostile à la violence, qui ne rejoint la guérilla castriste qu’après avoir vu son enfant assassiné par les bombes de Batista ; ou encore comme cet américain sensible et raffiné, répugnant au départ à pratiquer le tourisme sexuel comme le font ses amis, avant de se laisser finalement entraîner par la tentation. Un peu simpliste, peut-être, mais, justement pour cette raison, très efficace émotionnellement.
Mais le film brille surtout par ses très grandes qualités formelles. Le parti- pris du réalisateur est, pourrait-on dire, celui du réalisme subjectif : ce qui nous est montré tout au long du film est bien la réalité pure, mais telle qu’elle est perçue à travers la sensibilité et les émotions des personnages. Le contre-champ montrant le paysan dominé par son patron à cheval expriment le sentiment d’écrasement par une société injuste ; la vision en gros plan de visages labourés d’ombres, l’agressivité et la menace ; les effets de sur et sous-exposition de la pellicule, la peur et la violence ; les cadrages mouvants ou obliques, l’angoisse de l’inconnu ; la camera mobile se déplaçant avec le personnage, le stress et le suspense d’une scène d’action : les cadrages non conventionnels (par exemple sur un détail du décor), le sentiment d’étrangeté et de menace qui se dégage de la réalité apparemment la plus banale ; le faux pas dans un escalier sans fin, le glissement sur une pente boueuse, la lutte angoissante d’un personnage vulnérable face à un environnement hostile.
Quant à la bande sonore, elle fait alterner de long silences avec la focalisation sur des sons isolés (une petite musique lancinante…), amenant ainsi le spectateur à partager plus intensément les perceptions sensorielles et le vécu psychologique du personnage. En conclusion de chaque histoire, un texte en voix off en tire une morale de manière suffisamment imagée et poétique pour éviter – de justesse – de tomber dans la plate propagande.
Malgré la longueur de certains plans, qui peut parfois générer l’ennui, malgré son caractère d’œuvre de propagande, il s’agit donc d’un film intéressant, non seulement sur le plan historique, mais également en matière narrative et surtout formelle.
Fabrice Hatem
Renseignements : www.mk2.com
par Ahinama | Mar 9, 2013 | Films et DVDs
Documentaire de Sandra Padilla, Venezuela 2001 (?), 37 minutes
Née en 1936 à Santiago de Cuba, Guadalupe Victoria Yolí Raymond, diteLa Lupe fut l’une des chanteuses populaires cubaines les plus célèbres du milieu du XXème siècle. Provocante, excessive, elle a marqué la scène cubaine des années 1950 par sa vitalité volcanique et par une gestuelle suggestive au parfum de scandale.
En délicatesse avec un régime castriste soucieux de moralité, elle s’exila en 1962 de Cuba pour New-York. Elle y devint rapidement l’une des reines de la Latin Soul, enregistrant avec Mongo Santamaria et Tito Puente. Marginalisée dans les années 1970 par le succès de Celia Cruz et de la Fania, rongée par la drogue et l’alcool, elle partit pendant quelques années habiter Porto Rico où elle finit par être bannie des ondes du fait d’attitudes considérées comme indécentes. Entièrement ruinée, elle connut alors une période d’effacement et même de déchéance avant de retrouver un équilibre personnel dans l’adhésion à l’église évangélique. Elle est morte en 1992 dans le quartier du Bronx, a New-York.
Le film de Sandra Padilla nous propose un survol de la vie de cette artiste, appuyé sur de nombreux témoignages de contemporains, comme le grand auteur de chansons populaires Tite Curet, et d’historiens comme Rafeal Viera ou Roberto Perez Leon. Très riches en informations, il souffre cependant de l’insuffisante quantité d’images d’archives concernant la Lupe, notamment celles où on la voit chanter. Bref, c’est trop verbeux, et, par moments, presque ennuyeux.
De plus, je n’ai pas été entièrement convaincu par les qualités artistiques de la Lupe, dont les prestations vocales tiennent parfois autant du glapissement vulgaire que du chant. On peut comprendre que les gérants de la Fania lui aient préféré une Celia Cruz au psychisme plus équilibrée, à la vois plus posée, et aux nuances plus subtiles, pour tenir le rôle de vedette féminine de leur Label.
Les passionnés d‘histoire de la musique cubaine et de Latin Jazz New-Yorkais peuvent prendre le temps de visionner ce documentaire un peu poussif. Mais les autres catégories de salseros pourront s’en abstenir, sans dommage grave pour leur culture musicale et sans rien rater d’exceptionnel du point de vue artistique.
Fabrice Hatem
Pour consulter quelques extraits du film : http://www.youtube.com/watch?v=NReyhYHTWWc
par Ahinama | Mar 9, 2013 | Culture populaire cubaine
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Documentaire de Ulysses Hernández, Cuba, 2009 (?), 18 minutes
Ce court documentaire nous plonge au cœur des traditions orales d’un petit village perdu, Ruda, niché près de la petite ville de San José de las Lajas. Là, à seulement quelques dizaines de kilomètres de la Havane, nous nous retrouvons déjà au cœur de la campagne cubaine. On se déplace en carrioles à cheval, on coupe les hautes herbes à la machette et l’on chante à la guitare les décimas des Tonadas. Mais surtout, les habitants s’y transmettent, de génération en génération, d’étranges histoires de fantôme de guerriers mambises, de lumières flottant la nuit sur les eaux des étangs, et de panthère échappée d’un cirque. Il y a aussi plein de superstitions : une poule chantant comme un coq annonce une mauvaise nouvelle, il faut tremper une hache dans le lait en récitant une prière pour éloigner l’orage… Au fil des interviews, les vieux habitants, mais aussi quelques jeunes, révèlent leur profond attachement à ce patrimoine oral. Ils semblent croire vraiment à ce qu’ils racontent, ajoutant aux contes et superstitions des détails vécus qui apporteraient la preuve de leur réalité. Ils auraient ainsi été eux-mêmes témoin d’apparitions mystérieuses, vérifié le pouvoir magique des incantations contre les tornades ou constaté par expérience que la poule chantant comme le coq annonce effectivement un malheur. La légende sentre ainsi en poétique osmose avec la réalité vécue. Avec en plus ses images bucoliques de la campagne cubaine, ce documentaire, malgré sa simplicité, est vraiment craquant !! Fabrice Hatem Pour visionner ce documentaire : http://www.youtube.com/watch?v=FxC6GyVg8y4&feature=player_embedded |
par Ahinama | Mar 9, 2013 | Films et DVDs
Drame de Ernesto Darana Serrano, Cuba, Mexique, 2008, 95 minutes
Laura, une universitairec cubaine fascinée par la figure mythique de Yarini Ponce De Leon, légendaire proxénète cubain du début du siècle, mort héroïquement dans un règlement de compte avec les truand corses qui contrôlaient alors la prostitution à la Havane, enquête sur l’état actuel de ce phénomène dans la capitale cubaine. Elle rencontre deux proxénètes, Rosendo et Albert, eux-même en rivalité pour l’amour de Sandra, une jeune prostituée récemment libérée de prison.
Entre Santeria, réalités sordides de la Havane d’aujourd’hui, affairisme et rivalités amoureuses, ce film aurait pu constituer une fresque complexe et enivrante. Malheureusement un scénario trop compliqué, intégrant un nombre excessif d’intrigues secondaires, fait perdre de sa force et de sa vraisemblance au récit principal. Alberto, par exemple, est embrouillé dans quatre histoires d’amour simultanées, dont deux suffiraient amplement au bon déroulement du film. Quant à Rosendo, il n’est absolument pas crédible dans son rôle de « gangster santero », à la fois avenant, raisonneur et ultra-violent.
Reste que le film donne une terrifiante idée, non de ce qu’est aujourd’hui la Havane – car l’existence de lieux ouvertement dédiés à la prostitution est, en l’état actuel des choses, une invention pure et simple du scénariste – mais de ce qu’elle pourrait devenir demain. C’est-a-dire lorsque la libéralisation économique et l’allégement du contrôle policier s’accompagneront de l’inévitable émergence de véritables réseaux criminels, à l’image de ce qui existe déjà dans le reste de l’Amérique latine.
Fabrice Hatem
Pour plus d’informations : http://www.filmaffinity.com/es/film436476.html
Pour regarder quelques extraits du film : http://www.youtube.com/watch?v=SDMZ5_akzzA
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