Le festival AQUI CUBA a fêté sa dixième édition du 2 au 4 Novembre 2012. L’équipe de fiestacubana.net a pu couvrir l’évènement sur invitation de l’organisateur « Olivier Gustave » ; président de l’association « Salsa Me Gusta ». Tout au long de ces années, ce festival a permis à des artistes de se révéler au public et de voir leur carrière musicale « décoller » sur les scènes française et européenne. La surprise de cette année 2012 vint d’un groupe mal connu jusqu’à ce jour : CONTRABANDO. Fiestacubana.net a interviewé le directeur musical du groupe ; Andrés Fernández ; afin d »en savoir plus sur ces musiciens qui ont conquis le cœur du public d’Aqui Cuba.
Entre 2008 et 2010, au Satellit Café de Paris, j’ai souvent eu le plaisir de danser la salsa le dimanche soir sur la musique vivante, rythmée et joyeuse du groupe Tentacion de Cuba.
Profondément enracinés dans la tradition du son, ces musiciens savent créer une atmosphère propice à la danse par leur interprétation à la fois énergique et précise des « standards ». Mais ils sont également capables de proposer une musique plus ambitieuse basée sur des compositions originales, comme en témoigne leur premier album, publié en 2007, Amor y Felicidad.
Ils viennent d’achever la réalisation de leur second album, Hermanos, qui devrait être publié par la Egrem en 2013. Je suis allé interviewer à ce sujet Pedro Garcia, le fondateur et leader du groupe, au Havanita Café où celui-ci se produit actuellement. J’en ai profité pour réaliser avec lui une petite rétrospective de l’orchestre Tentacion de Cuba.
Pour consulter cet entretien, cliquez sur le lien suivant : tentacion
Le danseur cubain Onilde Gomez a joué un rôle précurseur dans la diffusion des danses folkloriques cubaines, et tout particulièrement de la rumba, en France. Originaire de Santiago de Cuba, il y a hérité de l’immense patrimoine de danse populaire de cette ville, d’abord en observant et imitant les danseurs de son quartier, puis en participant aux activités de groupes aficionados, enfin en intégrant des compagnies professionnelles.
Depuis son arrivée en France en 2000, il mène simultanément une carrière d’enseignant et d’artiste, au sein notamment du groupe Rumba Abierta dont il est l’un des fondateurs.
En le regardant danser et enseigner, j’ai retrouvé tout ce qui m’avait le plus impressionné et ému lors de mes séjours à Cuba : rythmicité jaillissante, qualité de la posture corporelle, connexion profonde entre danse et musique…
Les longs entretiens qu’il m’a accordés au cours de l’automne 2012 constituent un précieux témoignage tant sur l’histoire des groupes de danse folkloriques santiagueros de la fin du XXème siècle que sur le processus actuel d’acclimatation et de diffusion- de la culture cubaine en Europe.
Pour consulter ce document, cliquez sur le lien suivant : onilde
Elito Revé a accordé une interview exclusive pour www.fiestacubana.net lors du Festival CUBADISCO 2012 où il nous relate les derniers changements dans le Charangon et où il nous révèle ses projets, notamment le prochain double CD « La Aplanadora de Cuba » !
Ce bulldozer vient d’arriver pour une tournée européenne ! Ne les ratez pas…
20 Juin Lyon 28 Juin Lille 29 Juin Tours summer Festival 30 Juin Bayonne festival Penas y salsa 4 Juillet Nice-Falicon 5 Juillet Carpentras 7 Juillet Rignac Aveyron Festival
C’est à la suite d’un concert comme toujours puissant et jubilatoire au Teatro America de La Havane dans le cadre de Cubadisco 2012 que Elito Revé nous a accordé un bref entretien plein de bonnes nouvelles.
Après plusieurs mois dans le grand froid scandinave où l’Orquesta Revé s’est produit sur des croisières nordiques, Elito Revé revient plus chaud que jamais prêt à tout écraser sur son passage avec une orchestre légèrement remaniée et désormais rebaptisée « La Aplanadora de Cuba » (La Dameuse ou le Caterpilar de Cuba), plus lourde, plus puissante que n’importe quelle « Maquina », plus que « El Tren », que « La Maquinaria », ou « La Locomotora » !
Le Charangon avait défié en ‘mano a mano’ il y a quelques années Manolito y su Trabuco, notamment en Allemagne lors du jubilé de Willie Colon. Mais cette fois-ci Elito s’attaque frontalement au Capitaine de la Musique Cubaine, Juan Formell.
Les premières escarmouches avaient eu lieu depuis 2008, puis avec la venue d’une voix féminine, celle de la China du Charangon, Susel, comme en réponse aux succès de Yeni Valdès. Profitant certainement de certaines pannes à Alto Songo du « Tren De L’Alegria », à savoir Los Van Van perdus à la recherche (musicologique) du temps perdu, le Charangon de Elito Revé a souvent ravi la première place dans le cœur du public et tout le monde de confirmer que La Revé était redevenu un Tren, voire le Tren !
Depuis les succès de « Fresquecito » couronné du prix du meilleur CD au Cubadisco 2008 et aux FIESTA CUBANA AWARDS 2007 et plus récemment depuis la gloire octroyée au CD « De Que Estamos Hablando », couronné aussi du FIESTA CUBANA AWARDS 2010 avec notamment « Mi Amiga Chichi » et « Agua Pa’ Yemaya », la Orquesta Revé n’a quasiment jamais été autant en forme.
Le dernier tube « Jala Jala », cette collaboration brillante avec Cristian y Rey Alonso, a tout de suite emporté le suffrage du public.
Et pendant que le public jouissait de ces tubes, Elito Revé y su Charangon parcourait le monde, le Pérou, le Mexique puis la Scandinavie et préparait l’avenir…
Quelques changements ont notamment marqué le groupe avec le départ du très bon et très sympathique Tresero de Holguin, Jorge Luis Vila, puis celui de l’excellent tromboniste Ulises Benavides connu comme « El Caramelo de Zamorana ». Ces deux protagonistes furent des piliers du Charangon et leur absence nous manquera certainement mais Elito Revé entraine son orchestre vers de nouveaux horizons avec toujours le génial Aisar Hernandez à la direction musicale.
La rencontre avec Los Van Van, longtemps attendue a finalement eu lieu, mais ni le jour ni dans le lieu attendu. Ce ne fut ni le 12 Mai, ni le 19 Mai à la Tropical. Mais finalement à Guantanamo fin Mai 2012, ces deux machines, locomotrices de la Musique Cubaine Populaire, se sont croisées sur la même scène.
Il n’y a pas de vainqueurs dans un ‘mano a mano’ car il n’il n’existe aucune échelle de valeur dans le domaine esthétique et artistique mais le défi entre ces deux formations annonce une émulation créatrice qui va satisfaire le public salsero. Un autre ‘mano a mano’ est prévu prochainement a La Havane au Morro Cabaña.
Los Van Van ont redémarré avec du sang neuf, celui du grand timonier Arnaldo Jimenez a la basse et du chanteur probablement le plus complet de sa génération, Mandy Cantero.
Le Charangon de Elito Revé continue avec un géant, « El Gigante » Yosniel au Trombone et avec un jeune prodige de Santiago de Cuba au Tres, Renesito !
Renesito a été primé au précédent CUBADISCO 2011 pour son excellence au Tres et fut un disciple de l’immense PANCHO AMAT, « Almabre Dulce », le meilleur Tresero de Cuba selon Adalberto Alvarez.
Ces interventions font feu et flammes et vont ravir las amateurs de virtuosité au Tres.
En voici un léger exemple avec Elito Revé présentant sur scène Renesito en solo :
Elito Revé nous livre un scoop en nous annonçant qu’il renforce encore son attelage avec un cinquième chanteur qui devrait rejoindre l’orchestre très prochainement, aux côtés du roi Dagoberto Vasquez, Pascualito Ramos « El Sinsonte », Emilio Frias « El Niño » et Susel « La China »… Affaire à suivre de très près !
Mais surtout Elito Revé nous annoncent leur prochain Disque !
Un double CD de 24 morceaux intitulé :
LA APLANADORA DE CUBA !
Ce sera un double-CD de 24 titres : il y aura 12 nouveaux morceaux dont le tube « Jala Jala » et « no debo explicarte nada », une sublime chanson du pianiste Pachi Naranjo, interprétée de manière très émouvante par Susel.
Il y aura aussi 12 reprises de succès d’anthologie avec de nouveaux arrangements mais ce souci permanent d’Elito de rendre hommage à l’héritage de son père, Elio Revé, « el Padre de la Salsa », « El Rey Del Changui » …
En attendant La Aplanadora de Cuba, la Dameuse de Cuba, va tout dévaster sur son passage lors de sa Tournée française :
20 Juin Lyon 28 Juin Lille 29 Juin Tours summer Festival 30 Juin Bayonne festival Penas y salsa 4 Juillet Nice-Falicon 5 Juillet Carpentras 7 Juillet Rignac Aveyron Festival
Voici l’interview originale réalisée le 21 Mai 2012 au Teatro America de La Havane (pardonnez la très mauvaise qualité sonore de cet enregistrement)
Notre ami et partenaire Claudion revient de Cuba avec des nouvelles fraiches de CUBADISCO 2012 et surtout des nouveautés que nous préparent Elito Revé y su Charangon, l’un des orchestres cubains préférés des français ! Il reste marqué par la nouvelle chanson interprétée par SUSEL la China de la Revé « No debo explicarte nada »…
Mais laissons le soin de nous raconter tout ca à Claudion, qui rappelons-le est le représentant de Elito Reve y su Charangon en Europe et surtout un immense connaisseur de la Musique Cubaine depuis 2 décennies. Quand vient le mois de Mai, je me laisse emporter par la nostalgie de Cuba et je monte Dans le premier avion pour cette terre si belle, la terre de mes amours, ou naquirent Benny More, Pablo Milanes et d’autres grands Trovadores, Dans ce Caïman Vert, source de tant de sensations !
Bien que cela fasse déjà plus de 20 ans que je la visite régulièrement, Cuba m’offre à chaque fois un meilleur visage, ou plutôt le visage que je lui cherche, celui souriant de sa musique. Cette fois-ci, l’occasion propice fut celle du marché CUBADISCO et des mes réunions habituelles à La Havane avec Elito Revé du fait de notre collaboration artistique depuis déjà 5 ans déjà et qui n’est un secret pour personne, et encore moins pour www.fiestacubana.net.
De CUBADISCO, nous connaissons déjà les vainqueurs des principaux prix, bien mérités par ces grand musiciens, interprètes et directeurs d’orchestres de premier plan à Cuba.
J’étais présent lors de la cérémonie de remise des Prix et de cet événement je ne peux que me lamenter de la faible audience du public, certainement due à une promotion inadéquate.
Toutefois j’ai pu assister à des concerts extrêmement passionnants parmi lesquels j’en retiendrais deux. Le premier fut organisé en l’honneur de la visite du fils d’Oscar D’Léon à La Havane ou furent invités de nombreux musiciens et chanteurs pour une Descarga mémorable.
Ce fut une jubilation inespérée de voir le fils du plus grand chanteur qu’ai donné le monde de la Salsa, partager la scène avec Lazarito Valdes, el Nene, El Indio, Felix Baloy et même un vieux choriste de Benny Moré, tous accompagnés par Lazarito Valdes, comme si cela ne suffisait pas. Ce partage du fils d’Oscar D’Léon avec les meilleurs Soneros de Cuba, dans une embrassade idéale entre Salsa et Son, rendant même hommage à ceux qui avait monté le chapiteau, fut beau et émouvant.
L’autre concert remarquable fut celui de Manolito Simonet y su Trabuco qui reçurent comme invité spécial Dominic Miller, le guitariste de Sting depuis 25 ans. On connaissait déjà le génie musical de Manolito mais ce fut une prouesse novatrice de fusionner avec excellence les deux langages si forts que sont la Musique Cubaine et le Rock.
Ce fut d’autant plus émouvant d’entendre de la bouche d’un musicien aussi expérimenté que Dominic Miller qu’il n’y a rien de comparable à la Musique Cubaine et qu’elle est la meilleure école pour un musicien !
Du coté d’Elito Revé il y a pas mal de nouveautés. Nous avons appris le départ de Jorge Luis Vila au Tres puis celui d’Ulises Benavides, « el Caramelo de Zamorana », au trombone qui ont été remplacés respectivement par Renésito, de Santiago de Cuba, et Yosniel.
Elito nous a confirmé que son prochain album sera un coffret de 2 CDs avec de nouveaux morceaux et des morceaux d’anthologie réarrangés. Ce coffret s’appellera «La Aplanadora de Cuba».
Elito a parlé de sa participation au Festival de Changüi de Guantanamo à la fin Mai, auquel je n’ai pas pu participer, où La Revé a joué avec Los Van Van. Un tel ‘mano a mano’ se reproduira a La Havane au Morro Cabaña.
La tournée d’été du Charangon est imminente : elle commencera le 14 Juin et se conclura le 23 Juillet après avoir parcouru 8 pays d’Europe et joué dans de nombreux festivals.
J’ai pu assister aux répétitions à La Tropical et écouter certains des nouveaux morceaux qu’Elito étrennera lors de sa prochaine tournée. Un morceau a particulièrement attiré mon attention pour le renouveau de la thématique abordée par la Revé mais aussi par la prestation de son interprète.
Il s’agit du morceau “ No debo explicarte nada “ (« Je n’ai rien à t’expliquer »), une belle chanson composée par le pianiste Pachi Naranjo, interprétée par Susel.
Comme chacun sait, ce sont les femmes qui savent le plus des choses de l’amour et de ce fait j’ai trouvé très pertinente la décision de la faire chanter par Susel. De plus c’est une chose tout a fait naturelle de profiter de cette belle voix féminine pour lui construire un répertoire a la fois adapté et surprenant car peu d’entre nous n’espérions voir Susel chanter des Guarachas à double-sens ou des morceaux chargés de l’effronterie typique des quartiers populaires.
Tout ca pour dire qu’il s’agit d’une dame: Susel ne fait que chanter la fin d’un amour au travers de la vue émouvante de son cœur. Il s’agit d’une confession en public qui relate l’évolution des sentiments et de la douleur à la fin d’un amour qui se dilue en la conscience que tout se dépasse et en l’affirmation orgueilleuse qu’au final de ce processus, « No tengo que explicarte nada », « je n’ai rien à t’expliquer ».
J’avoue que ce morceau m’a ému en trouvant dans ses paroles la sincérité d’une femme qui cherche en elle-même les raisons pour dépasser la douleur et non la subir. La narration rappelle celle de « Despues de Todo » (NDLR : thème de Los Van Van chanté par Yeni Valdes). Une chronique psychologique à la fois bien conçue et crédible dans la bouche d’une femme.
La thématique de cette nouvelle chanson de la Revé et son interprétation féminine m’a faite penser à « Despues de todo » , ce succès dans lequel Yeni Valdes chantait « Que el amor que te ténia era lindo y verdadero pero se acabò mi cielo » (« Que l’amour qu’elle éprouvait était beau et sincère mais que le ciel est tombé ») et ou elle invitait son partenaire a “ seguir su camino porquè vivir feliz no està prohibido” (« continuer son propre chemin car vivre heureux n’est pas interdit »).
Dans ses deux chansons on retrouve à la fois la même douceur et la même force que l’on connaît des femmes cubaines, mais comme le thème de l’amour est universel, nul ne doute que les femmes qui écouteront cette chanson y trouveront cette vérité des sentiments qui bouleversent.
Il est clair qu’il ne s’agit nullement ici d’un Boléro ou d’une chanson de la Trova, et pour libérer les sentiments du sentimentalisme on retrouve les sonorités de la Revé si bien que nous savons parfaitement à quoi nous attendre !
J’ai pu écouter cette musique que la Orquesta Revé étrennera d’ici quelques jours lors de ses concerts européens et je peux vous garantir qu’elle a la force et le gout que nous connaissons de cet orchestre légendaire. Elito semble nous dire: “Està bien el amor, todo lindo pero hay que ponerle un rico Tumbao, el sonido grueso de los trombones y los coros con la voz de vieja y sobretodo una cadencia bien bailable ….de que estamos hablando ¿” “C’est bien l’amour, c’est beau mais il faut y ajouter un Tumbao bien agréable, la grosse sonorité des trombones, les cœurs avec la voix de petite vieille et par-dessus tout une cadence très dansante… Mais de quoi parle-t-on ? »
Elito m’a demandé de ne pas diffuser ce morceau en avance car il souhaite le dévoiler lors des concerts de cet été. De ce fait, pour vous approcher au plus près de cette chanson, il ne me reste plus que de vous en offrir les paroles en vous laissant imaginer la musique ! Profitez-en !
NO DEBO EXPLICARTE NADA
Puedo comenzar de nuevo , puedo resistir Soy mujer de andar seguro y de no caer Tengo la mirada puesta sobre el corazon Y sé la herida del amor donde ya no llegaras
Dejame volver de nuevo , dejame sentir Que puedo quedarme sola y sobrevivir Que el tiempo no pasa invano Para una dama y aunque venga exigiendo No debo explicarte nada
Coro : Siempre sola ….. No aguanto mas corazon , encuentra una solucion O esto se acaba !
Coro 2 : Acuerdate que yo llego primera No debo explicarte nada
Le nouveau CD de KLIMAX « Todo Esta Bien » est désormais à la vente sur www.cdbaby.com ! Cet album est excellentissime et ouvre l’un des ères les plus dansantes de Klimax. Comme nous l’annoncions en Octobre, il comporte 11 morceaux : 1. La Abusadorcita (Timba) 2. La Pelirroja (Timba) 3. Que Seria de mi (Salsa) 4. La Descarga (Timba) 5. Lola (Timba) 6. Black or White (Timba Funk) 7. Regresa (Salsa) 8. Todo Esta Bien (Timba Funk) 9. Quiero Salir Esta Noche Contigo (Son) 10. Hay Que Recordar (Bolero) 11. Homenaje a Michel Legrand (Jazz) Giraldo Piloto nous a offert une nouvelle interview exclusive pour nous parler du nouveau CD de Klimax et pour nous expliquer pourquoi « Todo Esta Bien »
KLIMAX est au sommet de sa forme avec un concert hebdomadaire les vendredis après-midi à la Casa De La Musica de Miramar qui est probablement l’une des meilleures matinées de La Havane. L’orchestre sonne terriblement bien, avec des tubes irrésistibles, la qualité sonore du CD, une mise en place impeccable, une section rythmique explosive et des cuivres funky tout droit revenus de l’enfer, et une force décuplée par un public déchainé !
Reinier a laissé sa place à un jeune chanteur de 30 ans, prénommé Oscar Rey, superbement complice de son homonyme Oscar, le plus jeune de la troupe qui nous avait impressionné en France avec son hommage à Michael Jackson.
Noel Diaz, l’ex Hombre Elastico (Homme Elastique) de La Charanga Habanera continue de mener la danse sur scène par ses chorégraphies loufoques, urbaines et spectaculaires, et par ses 2 tubes « Lola » et « La Pelirroja » !
Leo assure un tour de chant époustouflant et confirme les immenses progrès vocaux depuis son passage à La Charanga Habanera. Il chante le tube d’ouverture des concerts, « La Abusadorcita », et il interprète magistralement une Salsa, « Que seria de mi », qu’il teinte d’abord de Romantica mais qu’il tire progressivement et avec malice vers la Timba.
Giraldo Piloto nous a confirmé que tout va bien pour Klimax. D’où le titre de cette nouvelle œuvre, « Todo Esta Bien », qui se range tout de suite parmi les meilleures productions de cette année. Pour Giraldo Piloto, tout va bien non seulement pour Klimax mais aussi pour la Musique Populaire Dansante Cubaine, et cela malgré l’invasion massive du Reggaeton dans le paysage de l’Ile de la Musique qu’est Cuba.
Klimax nous livre un disque pour les danseurs et les amateurs de Fiesta. A part un Boléro de Piloto et Vera, interprété par sa propre mère, Josefina Barreto, elle-même héritière du mouvement du Feelin, comme Omara Portuondo, et une magistrale leçon de Jazz en hommage au compositeur français des Parapluies de Cherbourg, Michel Legrand, ce disque est une festival de Salsa et Timba, tirant très souvent vers le Funk mais avec en permanence un Tumbao pour les danseurs de Casinos et parfois des sonorités du Très Cubain, afin de marquer l’essence Sonera de cette musique.
On doit l’idée de cette introduction du Très dans la musique de Klimax à notre ami Cubano-Français, Hector Gomez, pour sa collaboration Giraldo Piloto sur le projet de La New Sonora ! Nous nous sommes permis un « blind test », un test à l’aveuglette, en faisant écouter le CD « Todo Esta bien » à un certain nombre de cubains dans différents endroits publics de La Havane. Certains ont rechigné à l’idée de passer un disque de Klimax mais tous ont fini très rapidement par marquer le rythme, gigoter, se trémousser, chanter et danser sur cette œuvre irrésistible et festive. Klimax nous livre ici un chef d’œuvre ! Attention ! Le Klimax d’aujourd’hui est un « Tren » et Giraldo Piloto un « Cañon » ! Qu’on se le dise…
1. La Abusadorcita
« La Abusadorcita » est la Timba qui ouvre le CD. www.fiestacubana.net avait déjà dévoilé ce morceau depuis le mois d’Octobre 2011. Il est chanté par Leo mais il reste dans la droite ligne des derniers tubes de Klimax chantés par Noel que sont « Lola » puis « La Pelirroja ». Cette nouvelle formule est celle qui conduit Klimax aux sommets de la Timba. Une Timba très dansante, virtuose et « guapa » (espiègle ou provocante), à la fois intelligente par son orchestration et populaire par ses paroles ou ses coros.
2. La Pelirroja (Timba)
« La Pelijorra » est désormais bien connue grâce au vidéo clip qui vous était offert par www.fiestacubana.net à l’automne dernier. Le deuxième tube de Noel Diaz fonctionne à merveille car le tumbao est clair, il suit une ligne très salsera avec des arrangements de cuivres jazzy et élégants… La voix légèrement voilée de Noel séduit tout autant que ses notes d’humour coquin. Le refrain « Pechito con Pechito, Almohada con almohada » entraine les danseurs et conclut cette salsa loca…
3. Que Seria de mi (Salsa)
« Que seria de mi » rappelle la chanson romantique de Piloto « Mi Estrella », interprétée par Klimax et La Charanga Habanera. Une chanson qui débute de façon très romantique. La voix de Leo se fait émouvante, virevolte et va chercher les aigus, avant que ne s’installe le Tumbao qui va transformer le morceau en une salsa pour les Casineros, bien stable, cadencée et élégante, jazzy avec un brin de ‘guaperia’, de gouaille et d’effronterie ! on ne se refait lorsqu’on a la Timba qui circule dans les veines…
4. La Descarga (Timba)
« La Descarga » est d’emblée beaucoup plus coquine. Ici « La Descarga » n’a rien à voir avec celle des musiciens de Jazz mais ce rapporte plus avec le concept de décharge sentimentale, voire sexuelle ! Cette « guaperia » et cette « picardia », on la doit au nouveau chanteur Oscar Rey qui a tout de suite trouvé sa place dans l’orchestre.
« Si tu quieres descargar conmigo, Metete en la cola »
« Si tu veux une relation fugace avec moi Prend un ticket et fais la queue »
Autant dire que cette attitude macho est la manière de rigoler du sport national a Cuba, après le Baseball, l’amour, pour ne pas dire autre chose.
« La Descarga » est une Timba forte, puissante, une décharge d’énergie, qui comme souvent avec Klimax commence en douceur, entre salsa et Jazz, mais assez rapidement, l’entrée du refrain, les cuivres se font plus agressifs, le Tumbao plus erratique, plus sale, et les sonorités plus décalées. Les coros sont s’inspire du Rap tandis qu’Oscar Rey enflamme la piste par ses invectives.
5. Lola (Timba)
« Lola » ne se présente plus ! Elle a toujours un peso dans son porte monnaie, « un peso en la cartera », et elle est heureuse son porte-monnaie finit rempli de C.U.C, la devise Cubaine. A l’instar de « Carita de Pasaporte » de Habana D’Primera, Klimax aborde la lutte quotidienne, la survie, les illusions et désillusions, spécialement pour les femmes a Cuba. Pourtant ce morceau est plein d’humour et de tendresse avec notamment la reprise du refrain de la Orquesta Aragon « Preguntame Como Estoy ».
Ce morceau amorce le renouveau et la reconquête de la popularité pour Klimax car Piloto a trouve la formule entre une Timba exigeante sur le plan musical mais aussi une cadence, un Tumbao bien clair et des paroles, un show qui divertit le public ! Noel Diaz a la manœuvre office avec excellence et termine le spectacle avec grands écarts et saut périlleux arrière ! Ce mélange subtil de Salsa Timba et de Funk avec l’humour et la dérision du chanteur rendent ce morceau efficace et revigorant ! Lola fait déjà la bonne fortune de Klimax.
6. Black or White (Timba Funk)
« Black or White » est un hommage à Michael Jackson décédé récemment. On savait que la genèse de la Timba avait été influence par les pionniers de la musique Funk comme Kool & The Gang, Earth Wind & Fire mais l’inventeur de la Timba qu’est Piloto est aussi un grand admirateur du Roi de la Pop. Ce morceau est à la fois un hommage et un défi que se sont lancés les musiciens de Klimax mais le pari est largement réussi. La prouesse vocale de Oscar, ce jeune chanteur métis de 22 ans est hallucinante autant sur CD que sur scène ! Ce morceau est encore la preuve que Klimax est une machine de guerre, virtuose, Funky et époustouflante, versatile et authentique. Les riffs de cuivres, les mambos, brillants et explosifs. Avec Klimax, comme dit Manolito y su Trabuco, « La Habana tiene Swing », mais aussi Groove, Funk, Hip-Hop, R&B et Timba… Michael Jackson, au ciel, doit certainement entamer son Moon Walk pour remercier Giraldo Piloto de le faire revivre d’une manière aussi élogieuse !
7. Regresa (Salsa)
« Regresa » est une salsa, une réponse préméditée et espiègle aux danseurs en ligne, à la Salsa Romantica, aux Portoricains. Oscar Rey l’interprète avec une voix vibrante, émouvante accompagnée d’une Salsa impeccable, propre, élégante et convenue. Cette musique s’envole vers le ciel, vers le lyrisme, le romantisme… Jusqu’à le naturel revienne au galop… Les mambos sont plus syncopés, le Tumbao de la salsa cubaine se fait plus prononcé et le chanteur dévoile son vrai visage d’amant
« Preparate que tengo un Atari Hasta que juego toda la noche y no pari »
« Prepare toi que j’ai une Atari Pour que tu joues toute la nuit sans t’arrêter »
Tout un programme pour ceux qui auront deviné le double sens…
8. Todo Esta Bien (Timba Funk)
« Todo Esta Bien » est la bombe Timba Funk de cet album. La cartouche de réserve, la carte cachée dans la manche de Giraldo Piloto !
« Todo esta Happy Todo esta bien Ando con PMM Y con la orquesta de Piloto que es un Tren »
Avec ce morceau la fête explose, l’orchestre démontre avec profusion sa virtuosité et son sens du Funk, du Swing, du Groove, du R&B. Même Giraldo Piloto en personne s’y met et chante :
« Hay por Dios, Hay por Dios Cien como tu No hacen uno como yo »
La guitare électrique s’enflamme, les cœurs de Rap insistent de manière obsédante et les cuivres deviennent au final complètement déjantés ! La folie douce gagne l’orchestre dans une joie jubilatoire ! Oui ! Tout va bien ! « Todo Esta Bien »
9. Quiero Salir Esta Noche Contigo (Son)
« Quiero Salir Esta Noche Contigo » commence comme un Son Montuno hyper accéléré, comme une crise de nerf, « Un ataque de nervio ». Ce Son évolue vers une Salsa élégante pour évoluer vers un Mambo un poco loco. On retrouve toute la richesse musicale de Klimax dans ce morceau, ces variations constantes de climats, qui donnent la saveur à cette musique a la fois complexe et empreinte de toute la tradition de la Musique Cubaine. Nul doute que les danseurs adoreront cette chanson pour sa cadence et la riche saveur de ses arrangements.
10. Hay Que Recordar (Bolero)
Peu de personne le savent mais la propre mère de Giraldo Piloto fut une chanteuse à l’apogée du mouvement du Feelin, incarné par Omara Portuondo. Elle interprète ce Boléro, « Hay Que Recordar », composé par le célèbre duo Piloto et Vera, avec cette même émotion, ces mêmes intonations qui font l’envoûtement de la Novia Del Feelin, la grande Omara. En prêtant l’oreille on se rend finalement compte qu’il ne s’agit pas d’Omara mais d’une voix tout aussi profonde et patinée par l’âge et les émotions de toute une vie. Ce boléro est sublime et il est le cadeau d’un fils rendant justice à sa mère, qui a interrompu une carrière de chanteurs a coup sur glorieuse pour élever ses enfants dont le Maestro Giraldo Piloto.
11. Homenaje a Michel Legrand (Jazz)
Enfin et pour couronner ce CD déjà bien réussi, Giraldo Piloto use de toute sa maestria pour rendre hommage au Jazz, au Cinéma et à la France en faisant l’éloge de l’immense et intemporel Michel Legrand, compositeur des « Parapluies de Cherbourg », dont le disque suscita le goût du Jazz à notre héro, Giraldo Piloto.
Certains groupes Cubains s’expérimentent au Jazz avec différentes fortunes. Si le Latin Jazz de Manolito y su Trabuco ne laisse pas une impression de grand renouvellement, les propositions de Bamboleo ou Habana D’Primera sont beaucoup plus intéressantes.
Mais quand il s’agit de Klimax, on se rend compte immédiatement que Piloto aux commandes est ici chez lui et qu’il a avec le Jazz un nouveau terrain d’expression a la hauteur de son génie. L’ «Homenaje a Michel Legrand » est un chef-d’œuvre de maitrise, de respect, d’élégance et de finesse. Klimax réussissent le tour de force de jouer ce jazz parfois convenu avec un souffle nouveau qui ne trahi jamais la finesse de son inspirateur, Michel Legrand, tout en y apportant un vent frais, une nouvelle lecture, une créativité subtile qui transcende cette interprétation. Un pont suspendu, léger, entre les années 60 et le XXIème siècle.
Merci Giraldo Piloto ! Oui ! Tout va bien ! « Todo Esta Bien » !
Ici prochainement une interview, réalisée à La Havane le 20 Avril 2012 en exclusivité pour www.fiestacubana.net, dans laquelle Giraldo Piloto nous parle de son nouveau CD
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