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Lágrimas negras
Pour consulter une traduction de Lágrimas negras, cliquez sur les liens suivants : Courte (version courte) et longue (version longue).
Lágrimas negras est un boléro-son écrit en 1929 par Miguel Matamoros. Devenu un Standard de la musique cubaine, il figure au répertoire d’un très grand nombre d’artistes.
Le travail du traducteur est compliqué par le fait que la seconde partie de la chanson – où le refrain est répété à plusieurs reprises – donne habituellement lieu à des improvisations chantées. Il n’y a donc pour ainsi dire pas deux textes similaires dans toutes les chansons que j’ai écoutées.
Pour donner une idée de cette diversité d’interprétations tout en respectant le texte original de la chanson, j’ai décidé de diviser ma traduction en deux parties :
– La première traduction est basée sur une interprétation originale du Trio Matamoros lui-même, où les improvisations vocales de la seconde partie sont pratiquement inexistantes, les interprètes (qui dans ce cas sont dirigés par l’auteur lui-même) se contentant de répéter à plusieurs reprises le célèbre refrain, entrecoupé d’intermèdes instrumentaux.
– La seconde traduction est basée sur une interprétation beaucoup plus récente de Compay Segundo, où des couplets improvisés – parfois un peu répétitifs – sont systématiquement intercalés entre les reprises du refrain.
La vida es un carnaval
L’œuvre
La vida es un Carnaval est une Cumbia – c’est-à-dire une Salsa de rythme Colombien -, écrite et composée par Victor Daniel, et enregistrée par Celia Cruz dans son album Mi Vida est cantar, publié en 1998.
On ne peut qu’être impressionné, au visionnage du clip vidéo de cette chanson par la vitalité de la chanteuse, alors âgée de près de 75 ans.
Ce thème célèbre a été repris par plusieurs autres chanteurs, tout particulièrement le cubain Isaac Delgado dans son album La Primera Noche, enregistré en 2000.
Chaque interprétation présentant une version différente des paroles, j’ai choisi de baser ma traduction sur le texte du vidéo-clip tourné à Miami. Le lecteur désireux de lire les paroles originales de la chanson pourra tout simplement les trouver … Dans le texte reproduit en face de ce vidéo -clip, qui ne correspond pas exactement à la bande audio.
Fabrice Hatem
La Trigueñita
Ce très beau Boléro, composé par Cristobal d’Ale, constitue l’un des souvenirs les plus émouvants de mon récent voyage à Santiago de Cuba, pour des raisons que vous pourrez comprendre en consultant le lien suivant : casadelatrova
Il raconte l’histoire tout simple d’un amour non payé de retour.
La trigueña Encarnación (El Paso de Encarnación)
Pour consulter une traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : triguena.
Composé par Richard Egües, célèbre flutiste de l’Orquesta Aragón dont il fit partie entre 1952 et 1985, ce célèbre Son, également connu sous le titre El Paso de Encarnación, été interprété notamment par Antonio Machin, Lary Harlow (avec la voix de Junior Gonzalez), et Manolito Simonet y su Trabuco. Il a ainsi parcouru tous les styles de la musique populaire cubaine de ces 60 dernières années, du Son traditionnel à la Timba. Mais il a surtout constitué depuis 60 ans l’un des succès les plus durables de l’Orquesta Aragón lui-même.
La sandunguita
L’œuvre
Cette chanson de Timba, composée par Alain et Gradielo Perez, a été enregistrée en 1998 par Issac Delgado dans son album La primera Noche. Le chanteur en a ensuite fait plusieurs reprises, comme par exemple dans son album Grandos Exitos de 2000.
Le texte de cette salsa au rythme particulièrement entraînant est censée nous présenter les mérites d’une nouvelle danse, appelée La Sandunguita (terme que l’on pourrait traduire par « la petite fêteuse » ou « la petite fêtarde). Mais, en l’occurrence, son rythme ne distingue apparemment pas beaucoup de celui d’une Salsa traditionnelle. Cet artifice narratif est régulièrement utilisé par les compositeurs cubains, comme par exemple encore récemment par Pupy dans La machucadera. Il peut être considéré comme une sorte d’hommage, peut-être en partie inconscient tant la chose doit paraître naturelle là-bas, à l’extraordinaire inventivité de la musique cubaine, d’où naissent régulièrement de nouveaux styles de danse qui souvent conquièrent ensuite le monde (Mambo, Cha cha cha, Pilon, Mozambique, Salsa, reggaeton, etc.).
Fabrice Hatem
La rueda
L’œuvre
Composée par Víctor Manuel Mato, cette salsa a été enregistrée en 1980 dans le second album de l’orchestre Portoricain La Solución, intitulé, tout simplement, Orquesta la Solución.
Elle conte la nostalgie amoureuse d’un homme qui n’a pas réussi à retenir auprès de lui une femme aventureuse et rebelle.
Son immense succès a constitué le véritable point de départ de la carrière de Frankie Ruiz, alors âgé de 22 ans, qui était le chanteur du groupe La Solución avec Jaime Rivera.
Fabrice Hatem
La Rebelión
Pour lire une traduction de ce texte, cliquez sur le lien suivant : Rebelion.
Si le genre des « Salsas engagées » est relativement répandu, il est beaucoup plus rare de pouvoir bénéficier d’un cours d’histoire latino-américaine tout en dansant le samedi soir. Et pourtant, c’est bien cette association improbable que réussit le colombien Joe Arroyo dans sa chanson « La Rebelión« .
Composée au début des années 1980, celle-ci fait en effet allusion à l’une des 250 révoltes d’esclaves Noirs recensées dans le nouveau monde depuis le début de la traite jusqu’à la fin de l’esclavage. Le thème en est à la fois d’une grande simplicité et d’une grande beauté poétique : un Noir se révolte lorsqu’il voit son maître frapper son épouse aimée. Et son « Tu ne frappes pas ma négresse », répété comme un leit-motive tout au cours de la chanson, résonne encore aujourd’hui dans nos soirées de Salsa contemporaines, à quatre siècles de distance, comme un magnifique appel à la dignité humaine et à la Liberté.
Mais qui était ce Noir révolté ? S’agit-il d’un personnage inventé de toutes pièces, ou bien l’anecdote a-t-elle un fond de vérité historique ? L’histoire de Benkos Biohó et du village de El Palenque de San Basilio m’incite à penser que Joe Arroyo, qui a longtemps habité dans la région de Carthagène, en Colombie, s’est bel est bien inspiré d’un fait réel – ou, ce qui revient au même, poétiquement parlant, de l’imaginaire collectif – pour écrire sa chanson.
La oportunitad
L’œuvre
La Oportunidad est une Salsa composée par Tite Curet Alonso.
Elle a été enregistrée en 1972 par Ismael Miranda, accompagné par l’orchestre de Larry Harlow, dans l’album éponyme.
Le thème de la chanson – un jeune homme se réjouit de ce que son heure de chance soit enfin arrivée – a sans doute une résonnance autobiographique. En effet, l’album dont elle fait partie – et qui porte d’ailleurs le titre éponyme – est le premier à avoir été enregistré en solo par le jeune Ismael Miranda : ce fut pour lui une immense opportunité. Mais le directeur de l’orchestre dont il faisant jusque là partie, Larry Harlow, lui a prêté main forte à cette occasion, acceptant de l’accompagner avec ses musiciens. Peut-être faut-il voir là la « main amie « à laquelle le chanteur fait référence dans le texte ?
Fabrice Hatem
La negra Tomasa
Pour lire la traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : Tomasa.
Cette très amusante Guaracha, écrite par Guillermo Rodríguez Fiffe, constitue un véritable traquenard pour le traducteur. Sous des apparences assez simples, le texte est en effet littéralement truffé d’expressions idiomatiques dont le sens est difficile à comprendre si l’on n’a pas vécu une bonne partie de sa vie dans un milieu afro-cubain, à la fois à la Havane ET à Santiago de Cuba.
Pour pouvoir mener à bien cette traduction, j’ai donc dû faire fonctionner à plein régime le réseau de solidarité de mes amis cubains. Cela m’a permis d’apprendre, entre autres que l’expression « Echar Bilongo » signifie « jeter le mauvais œil, jeter un sort » ; que le tasajo et le mabinga sont des plats à base de viande séchée ; que la Timba est un secteur du quartier du Vedado, à la Havane… et bien d’autres choses encore, qui ne seront certainement utiles pour mes prochaines traductions.
La negra tiene tumbao
L’œuvre
Composée par Sergio George et Fernando Osorio, La negra tiene Tumbao été enregistrée en 2001 par Celia Cruz dans l’album éponyme. A 75 ans passés, la chanteuse s’essaye ici – en compagnie de quelques interprètes de la nouvelle génération – au rap.
Pour n’importe qui d’autre, l’exercice aurait semblé sans espoir. Mais pas, bien sûr, pour Celia Cruz, qui sait admirablement nous faire ressentir à quel point les formes contemporaines de la musique afro-américaines sont contenues en germe dans des styles plus traditionnels, comme la cumbia ou le son.
Il en résulte une chanson d’une sonorité extrêmement originale, métissage réussi de styles appartenant à des époques ou des aires géographiques différentes, mais unis par une même racine rythmique.
L’âge de la chanteuse n’apparaît plus alors comme un handicap, mais au contraire comme le gage d’une immense expérience de ces modes d’expression, à la fois divers et proches les uns des autres, et dont le rap ou la salsa n’apparaissent alors que comme lesderniers vatar, facile à interpréter pour qui sait d’où ils sont nés.
La critique ne s’y est pas trompée, puisque l’album La negra tiene Tumbao a été littéralement combléde récompenses, récoltant deux Grammys Awards successifs en 2002 et 2003.
Fabrice Hatem
La Murga de Panama
L’oeuvre
La Murga de Panama est une chanson composée et écrite en 1974 par Willie Colón. Elle a été popularisée notamment par les interprétations de Héctor Lavoe (voir photo ci-contre), puis de Rubén Blades.
La murga désigne une musique de Carnaval, jouée dans des défilés associant fanfares et danseurs déguisés. On la retrouve sous diverses formes dans de nombreux pays d’Amérique latine, notamment l’Argentine, l’Uruguay et Panama.
Elle est caractérisée, selon les pays, par une utilisation massive des cuivres (à Panama) ou des percussions (en Argentine et en Uruguay).
Fabrice Hatem
La Mujer que mas te duele
L’oeuvre
Ecrite par Jorge Luis Piloto et Yoel Henriquez, cette très belle chanson, que l’on peut rattacher au style « salsa romantique », a été interprétée par Issac Delgado, en duo avec Victor Manuelle, dans son album En Primera Plana. Celui-ci fut le premier à être enregistré par le célèbre chanteur cubain après son exil aux Etats-Unis en 2006.
La femme disparue dont parle Issac Delgado dans le texte pourrait bien être tout simplement… sa mère, décédé quelques temps avant l’enregistrement de l’album, et à laquelle celui-ci est d’ailleurs dédié. L’allusion, cependant, reste très discrète, au point qu’un auditeur non averti pourrait très bien interpréter la chanson comme une classique histoire d’amour malheureuse. On notera en particulier que toutes les parties interprétées en solo par Issac Delgado pourraient être comprises comme une référence à sa mère, alors que les parties chantées par Victor Manuelle sont plus clairement orientées vers la description d’une séparation amoureuse.
Fabrice Hatem










