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La mujer de Antonio
Pour lire une traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : mujer.
Le Son « La mujer de Antonio » fut composé par Miguel Matamoros en 1929. Comme beaucoup d’autres chansons de cet auteur, elle prend l’aspect d’une véritacle chronique sociale et politique[1], emplie d’une verve chansonnière et satirique.
En quelques vers sont ainsi décrit deux personnages bien caractéristiques des quartiers populaires de Santiago : d’une part, la voisine un peu médisante qui épie les gens et se moque de leurs travers ; d’autre part, la jeune santiaguera coquète et flirteuse, qui se déhanche dans les rues de manière un brin provocante.
La femme d’Antonio, cependant, n’est qu’un personnage imaginaire (voir lien). La première version du texte faisait en effet référence à la petite chienne de la chanteuse mexicaine Celia Montalbán, alors de passage à Santiago de Cuba, dont la démarche était un peu bizarre. Son premier vers était en effet le suivant : « La chienne de Celia trottine comme ça ». Mais Miguel Matamoros décida de transformer la chanson afin de la rendre plus compréhensible et mieux adaptée aux attentes du public Santiaguero. Et c’est ainsi que « La chienne de Celia » devint « La femme d’Antonio ».
La medicina cubana
L’œuvre Ecrite et composée par Cheni Navarro, cette chanson – une salsa dont la structure intègre nettement des éléments venus du son et de la guaracha – fut enregistrée en 2000 par Celia Cruz dans l’album Siempre Viviré.
Je suis personnellement convaincu qu’au dela de son côté humoristique, la thèse exposée dans cette chanson – les bienfaits de la danse en général et de la Rumba en particulier sur la santé physique et mentale – possède un fond de vérité scientifique.
Cette chanson drôle et tonique, merveilleusement propre à la danse, est très écoutée à Cuba. J’ai d’ailleurs retrouvé, en préparant cette présentation, la vidéo d’une petite chorégraphie de salsa que j’avais dansé en octobre 2010 à Santiago de Cuba avec ma partenaire Darita.
Fabrice Hatem
La machucadera
L’oeuvreCette chanson de timba a été composée par César « Pupy » Pedroso.
Elle a été enregistrée en 2008 dans l’album Tranquilo que yo controlo de l’orchestre Pupy y los que Son Son » avec la voix de Armando « Mandy » Cantero.
Pastichant une vieille tradition de la chanson cubaine du XXème siècle, qui annonçait régulièrement la naissance d’une nouvelle danse (Mambo, Cha-cha-cha, Pilon, Mozambique), Pupy fait ici mine de nous présenter un nouveau rythme de son invention, la Machucadera (que que l’on pourrait traduire par « la danse du mortier° ou « la danse des bosses).
C’est terriblement entraînant pour danser … la salsa.
Fabrice Hatem
La Habana me llama
L’œuvre
Ecrite par Roberto « Cucurucho » Rodriguez Valdes et Jorge Diaz Varela, cette chanson a été enregistrée en 2008 par Manolito Simonet y su trabuco dans l’album Control.
Musicien prodige de la timba cubaine, Cucurucho a malgré son jeune âge (il a aujourd’hui 30 ans à peine), a déjà joué dans plusieurs très grands orchestres, comme Los Van Van, Paulito FG, Issac Delgado, Charanga Forever, Charanga Habanera. Il a également écrit plusieurs chansons à succès, dont notamment de « hit » Me mantengo de Los Van Van.
La chanson est construite comme un hymne à la beauté de Cuba, prenant la forme attachante, mais peut-être un peu laborieuse d’un guide des curiosités touristes locales. C’est d’ailleurs avec le Guide du routard à la main que je l’ai traduite. Mais j’ai finalement trouvé mieux : une très intéressante explication de texte où toutes les références de la première partie du texte, parfois un peu obscures pour un non-cubain, sont systématiquement explicitées.
Fabrice Hatem
La Esencia del Guaguanco
Pour lire une traduction de ce texte, cliquez sur le lien suivant : Esencia.
Ce célèbre thème de Tite Curet Alonso fut enregistré en 1969 par le chanteur Pete « Conde » Rodriguez accompagné par la formation de Johnny Pacheco – par ailleurs un des principaux fondateurs du Label Fania – et publié en 1971 dans un album intitulé La Perfecta Combinacion.
Au-dela de ses éminentes qualités musicales, il présente un grand intérêt historique. Il constitue en effet l’un des jalons majeurs majeurs du cheminement qui conduisit les musiciens latino- américains de New-York, regroupés autour du Label Fania, à crééer le style « Salsa » à travers une réinterprétation et une fusion des différentes musiques populaires des Caraïbes – avec bien sur, un très fort apport cubain, illustré ici par l’hommage rendu au Guaguanco.
La engañadora
Pour consulter une traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : enganadora.
Composée en 1951, La Engañadora est entrée dans l’histoire de la chanson cubaine comme le premier exemple de Cha-cha-cha. Dans une intéressante interview datée de 1981, son auteur, Enrique Jorrín, explique comment il est progressivement parvenu à la forme utilisée dans ce thème, donc à l’invention du Cha-cha-cha, en faisant évoluer le style traditionnel du Danzón en trois étapes successives : 1) insertion de petites parties chantées (alors que le Danzón est seulement instrumental) ; 2) transformation de la structure du Danzón pour donner une place centrale à ces parties chantées ; 3) simplification du rythme du Danzón, et notamment suppression de certaines syncopes, de manière à permettre aux danseurs de régler leurs pas sur les temps forts de la musique et de faire l’économie de pas difficiles en contretemps. Le succès de ce Danzon « relooké » en Cha-cha-cha fut, comme on le sait, fulgurant.
Comme dans beaucoup de chansons cubaines traditionnelles, les paroles de La Engañadora sont basées sur une petite anecdote mettant en scène les personnages de la rue. Ici, c’est une jolie femme qui cherche à attiser le désir masculin en bourrant son corsage de chiffons, mais voit sa ruse éventée. Enrique Jorrín raconte lui-même comment il tira son inspiration d’un personnage réel : une très belle femme dont le passage suscitait immanquablement une très forte agitation au sein de la population masculine du quartier de Centro-Habana, celui-là même qui constitue le décor de la chanson.
La cura
L’œuvre
En 1985, Frankie Ruiz quitte l’orchestre La Primerisima de Tommy Olivencia pour devenir chanteur soliste. Il inaugure la même année cette nouvelle étape de sa carrière artistique par le lancement de son premier album solo Solista, Pero No Solo. Celui-ci contient plusieurs thèmes encore aujourd’hui célèbres, comme Esta Cobardia, Tu Con El, El Camionero et La Cura.
Cette dernière chanson posséde, comme le souligne un article du site BuscaSalsa, un double sens. Au delà du sens apparent – un amant malheureux évoque ses efforts pour oublier la femme qui le fait souffrir – ce sont les tentatives de déxintoxication de Franckie Ruiz, dépendant à l’alcool et aux drogues, qui sont évoqués dans le très beau texte de Tite Curet Alonso.
L’album rencontra un grand succès et fit de Frankie Ruiz l’un des chanteurs de Salsa les plus en vogue du moment. Il fut couronné par le titre de « meilleur disque de l’année » aux Latin Music Awards de Billboard en 1986.
Fabrice Hatem
La Bayamesa
L’inspiration patriotique tient une place importante dans l’histoire de la chanson cubaine. Le mouvement indépendantiste et la Trova, en effet, prennent tout deux leur essor en même temps, au cours de la seconde moitié du XIXème siècle, dans la partie orientale de l’île, et tout particulièrement autour des villes de Santiago de Cuba et de Bayamo. Et la haine de l’oppression coloniale, l’appel à la lutte armée pour la création d’un Etat indépendant, deviendront rapidement pour les trovadores de l’époque un thème d’inspiration majeur.
Parmi les nombreuses chansons patriotiques alors écrites par les trovadores de l’est de l’île, on peut citer La presa (l’histoire d’une femme malade et patriote, incarcérée par les autorités espagnoles), Covadonga (une parodie de la chanson du même nom chantée par les troupes espagnoles), ou encore Chafarinas (l’histoire d’indépendantistes cubains déportés, dans des conditions atroces, vers une île proche des côtes africaines)[1].
La ville de Bayamo constitua l’un des foyers les plus actifs de cette effervescence indépendantiste. C’est d’ailleurs dans la région de Bayamo que prit naissance, en 1868, l’une des premières insurrections nationalistes contre l’Espagne. Et c’est aussi à l’occasion de ce soulèvement qu fut composé la chanson La Bayamesa – ou plutôt l’une des quatre chansons possédant ce titre.
Juramento
Ce boléro romantique, écrit et composé par Miguel Matamoros (voir photo de son trio ci jointe), a fait l’objet de multiples interprétations dans des styles musicaux parfois très éloignés de la composition originelle. Parmi celles-ci, on peut mentionner :
– L’interprétation sur un rythme très « Bossa nova » de la chanteuse brésilienne Marina de la Riva,
– La version chorale d’Electo Silva, dans l’interprétation du chœur Cubain Grex Vocalis, sous la direction de Digna Guerra. qui donne à « Juramento » des accents de musique religieuse.
– L’interprétation en « oratio » aux accents de musique classique du contre-ténor Ian Howell, accompagné à la guitare par Karl Wohlwen.
– La version plus « Salsa » de Oscar de Leon et Leo Pacheco.
– Une version Bolero un peu plus traditionnelle et tranquille, interprétée par María de los Ángeles Anoceto, accompagnée par le groupe Taino.
Juana Magdalena
L’oeuvre
Cette Timba a été enregistrée par La Charanga Habanera avec la voix de Dantes Cardoza dans l’album No me mires La Caratula en 2009.
Le texte est centré autour du thème très classique de l’amant malheureux qui reproche à une femme son inconduite et son manque d’amour pour lui.
Son interprétation commence par un long monolgue romantique du chaneur soliste, qui se transforme ensuite en Salsa déchaìnée avec l’entrée en action de l’orchestre.
L’album No me mires la caratula a rencontré à Cuba un très vif succès qui a permis à la Charanga Habanera de continuer à caracoler en tête des groupes les plus populaires de l’île, surtout auprès de la jeunesse.
Fabrice Hatem
Juan Pachanga
L’œuvreComposée par Rubén Blades, la salsa Juan Pachanga a été enregistrée en 1977 avec un arrangement de Louis Ramirez dans l’album Rhythm Machine de la Fania all stars.
Juan Pachanga est un viveur, qui cherche à s’étourdir de fêtes et d’alcool pour oublier une peine d’amour qui le ronge. Ce personnage est l’un des plus célèbres de la galerie de portraits d’habitants du faubourg réalisée par Rubén Blades au fil de ses chansons : Decisiones, Amor y control, Chica Plastica, Pedro Navaja, pour n’en citer que quelques-unes. Jeunes filles accidentellement tombées enceintes, bagarres entre voisins, accident de circulation provoqué par l’alcool, mère mourant d’un cancer à l’hôpital, jeune fils drogué morigéné par son père, jeunes snobs fascinés par l’argent et les belles fringues, serial killer agressant une prostituée, tels sont les personnages qui peuplent la « comédie humaine latino » de l’auteur.
C’est toute l’Amérique latine urbaine d’aujourd’hui qui défile ainsi sous nos yeux, sous la forme originale de petites nouvelles chantées sur un rythme de salsa, et qui pourraient aisément fournir la trame d’un film ou d’un feuilleton.
Fabrice Hatem
Huellas del Pasado
Pour lire une traduction de cette chanson de Compay Segundo, cliquez sur le lien suivant : huellas.
Ce boléro-son raconte l’histoire d’un homme qui perd son unique enfant, fruit d’une liaison avec une femme qui l’a trahi. Il vient l’enterrer au cimetière, qui fut aussi le témoin de ses amours malheureuses. Premier degré ou métaphore d’un deuil amoureux ? En tout cas, comme Compay Segundo le dit d’ailleurs lui-même dans le refrain, il s’agit là d’une œuvre de pure fiction[1].










