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Asi se compone un son

Asi se compone un son

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Cette chanson est, bien sûr, un Son. L’enregistrement le plus ancien auquel j’ai pu avoir accès est celui de Ismael Miranda en 1973 dans l’album Asi se compone un son. Cet album est le premier qu’il enregistra en solo avec la formation qu’il viennait de créer, La orquesta revelacion, après avoir quitté Larry Harlow pour voler de ses propres ailes[1].

Le texte, plein d’humour, donne la recette d’un morceau de Son réussi comme s’il s’agissait d’un plat gastronomique.

Cet album vaudra à Ismael Miranda un grand succès sur les ondes américaines et européennes, et la chanson figurera depuis lors durablement en bonne place dans le répertoire du Nino Bonito de la Salsa.

Fabrice Hatem

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Anda y Pégate

Anda y Pégate

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Ecrite par Maikel Blanco Cuevas, cette Salsa avait déjà été enregistré il y a quelques années par le groupe Maykel Blanco avec la voix de Ricardo Alberti, devenant rapidement l’un des « hits » de l’orchestre. Elle a été reprise en 2008 dans un nouvel arrangement pour le CD Anda y Pégate.

Elle vaut à mon avis davantage par son caractère entraînant de musique de danse que par la valeur poétique du texte, mélange sans grand intérêt d’auto-références un peu vaniteuses, de clichés et de lieux communs.

Fabrice Hatem

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Amores de un dia

Amores de un dia

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Ecrite par Johnny Ortiz, cette chanson a été enregistrée en 1993 par Celia Cruz dans l’Album Azúcar Negra.

Par sa structure musicale, son instrumentation, sa sonorité, son inspiration poétique, elle se rapproche beaucoup plus de la musique caraïbe traditionnelle que de la salsa contemporaine. Les influences mélées de la Cumbia colombienne (flûte) et de la musique cubaine (clave) sont notamment très perceptibles. La présence des cuivres et de percussions contemporaines contribuent cependant, surtout dans la deuxième partie du morceau, à donner à l’œuvre une sonorité plus « actuelle ».

Fabrice Hatem

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Amor y Control

Amor y Control

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Amor y Control est une Salsa écrite et composée par Rubén Blades. Elle a été enregistrée en 1992 dans l’album éponyme du chanteur en 1992. Son texte est très représentative de l’œuvre de Ruben Blades pour quatre raisons principales :

Par son thème : la chanson décrit un fait du quotidien, un petit drame intime ancré dans la réalité sociale contemporaine de l’Amérique latine. Ici, c’est un père qui morigène son fils au mauvais comportement ; dans Decisiones, c’est l’anxiété d’une jeune fille enceinte et un accident de voiture provoqué par l’alcool ; dans Juan Pachanga, c’est un viveur qui cherche à s’étourdir pour oublier une déception amoureuse. Chanson après chanson, l’auteur construit ainsi, par petits touches successives, une grande fresque de la comédie humaine latino, à partir de personnages et de situations a priori relativement banals.

Par son style narratif : le texte est autant conçu comme une petite nouvelle que comme un poème. L’auteur décrit en quelques mots les personnages, les met en situation, décrit leur sentiments instantanés et surtout leurs actes et les événements auxquels ils sont subitement confrontés. Bien souvent, l’histoire a un début et une fin, même si celle-ci n’est pas toujours totalement conclusive, laissant ouverte la possibilité d’une suite (on pourrait presque dire : d’un prochain épisode). La jeune fille enceinte n’a pas encore pris la décision d’avorter ; le mari jaloux guette le voisin qui veut coucher avec sa femme pour lui donner une bonne raclée ; un jeune éméché provoque un accident de voiture mortel. D’autres chansons de Ruben Blades, comme Pedro Navajo, vont encore plus dans cette « scénarisation » : nous les écoutons à la manière dont nous lirions un roman policier, tenus en haleine par le déroulement de l’intrigue.

Par son mode d’écriture : la chanson n’est pas conçue selon les normes traditionnelles de la poésie, avec vers, pieds, rimes, couplets et refrains : elle prend plutôt la forme d’un récit libre, où l’auteur nous raconte simplement, comme s’il est assis avec nous autour d’un café, la scène à laquelle il vient d’assister et l’émotion qu’elle a provoquée en lui[1]. Par exemple, dans Amor y control, Rubén Blades s’exprime à la fois comme observateur (il décrit la famille qui passe devant lui) et comme sujet (il vient de rendre visite à sa propre mère malade). Cette écriture dans le style direct du langage parlé, qui donne au discours un ton d’authenticité en l’éloignant de la rigidité des conventions littéraires, se retrouve dans d’autres chansons de Blades, comme par exemple certains passages de Chica plastica.

Par sa tonalité moralisatrice : Rubén Blades tire fréquemment à la fin de ses chansons une morale des événements auxquels il assiste. En particulier, il insiste souvent, comme il le fait dans Amor y control, sur l’importance des valeurs de solidarité et d’amour familial. Dans d’autres chansons, comme Chica Plastica, le ton se fait plus politique, avec des appels à l’unité du continent sud-américain pour résister à l’impérialisme culturel de son grand voisin du nord.

Fabrice Hatem

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Amor de mentira

Amor de mentira

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Amor de Mentira est une chanson de Timba composée par Adalberto Alvarez.

Elle a été enregistrée par l’orchestre Adalberto Alvarez.y su Son dans l’album Gozando en La Habana en 2008.

Elle nous offre, sur des paroles assez classiques de rancœur amoureuse interprétées par Aldo Isidro Miranda Alvarez, un rythme absolument irrésistible pour la danse.

Fabrice Hatem

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Alborada Guajira

Alborada Guajira

ImagePour consulter une traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : alborada.

Cette guarija, écrite par Raúl Lima dans les années 1940, exalte en termes bucoliques la vie simple et supposée heureuse du paysan cubain. Son inspiration se rapproche en ce sens de celle de El Carretero, écrite quelques années auparavant par Guillermo Portabales, Elle a constitué l’un des plus grands succès de la chanteuse Celina González, accompagnée à la guitare par son mari Reutilio Domínguez. Elle a également été interprétée par Celia Cruz.

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Al vaivén de mi carreta

Al vaivén de mi carreta

ImagePour consulter une traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : vaiven.

Ecrite en 1936 par Ñico Saquito, cette guajira dépeint de manière très émouvante l’accablement du paysan cubain face à l’exploitation et à la misère. Comme l’auteur l’explique dans une intéressante interview donnée dans les années 1970 à la télévision cubaine, elle puisse sa source dans des anecdotes réelles dont il fut témoin. C’est sans doute cette authenticité – ainsi sans doute, que le caractère « engagé » du texte, véritable « Cancion de protesta » avant la lettre – qui explique la popularité jamais démentie de cette chanson à Cuba, tout particulièrement auprès des paysans.

On notera que Al vaivén de mi carreta est pratiquement contemporaine de El Carretero de Guillermo Portabales, autre guajira célèbre mettant en scène le même personnage principal : un charretier qui chante en conduisant son attelage. Mais autant le climat de la première est sombre, désespéré, et emplit l’auditeur d’un sentiment de révolte face à l’injustice sociale, autant celui de la seconde est optimiste, joyeux et apolitique.

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Abuelita

Abuelita

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Publié en 1971, l’album La Gran Fuga est le cinquième enregistré par Héctor Lavoe avec l’orchestre de Willie Colón depuis 1967, date du début de leur collaboration artistique.

Aux côtés d’autres titres marquants comme Panameña, No Cambiaré, ou Cancion para mu suegra, on y trouve Abuelita.

Dans cette chanson, Héctor Lavoe évoque avec humour et tendresse le souvenir de sa grand-mère et des dictions de sagesse populaire qu’elle avait l’habitude de lui réciter.

D’après Chabelita, le personnage qui est évoqué dans la chanson n’est pas la véritable grand-mère de Héctor Lavoe, qu’il n’a pas connue, mais sa « mamie de substitution » Doña Monse.

Fabrice Hatem

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A Santa Barbara

A Santa Barbara

ImagePour lire une traduction de ce texte, cliquez sur le lien suivant : Santa.

Cette Guaracha, également connue son le nom de Que viva Chango, fut composée en 1948 par la chanteuse Celina González et son époux/partenaire le guitariste Reutilio Domínguez. Elle jouit dès ses débuts d’un immense succès populaire, jamais démenti par la suite. Peut-être ce succès s’explique-t-il par le triple syncrétisme – à la fois musical, religieux, et culturel – qui s’opère dans cette composition.

Tout d’abord, le duo rompt avec cette chanson la séparation traditionnelle entre deux composantes fondamentales de la culture cubaine : d’une part, les chansons campagnardes dont le style s’inspire du folklore espagnol (Punto, Guajira, etc.) ; d’autre part, le patrimoine culturel et religieux d’origine africaine, et tout particulièrement le culte des Orishas (Chango, Yemaya, etc.). Dans cette composition, Chango est en effet, pour la première fois, honoré sur le rythme et la métrique de la Guaracha et du Punto Cubano (alternance couplets/refrain, succession de vers de huit ou dix pieds, etc.). C’est peut-être le succès de cette formule qui incita le duo à composer par la suite une série de chansons de même structure, comme, entre autres, « A la reina del mar », « El hijo de Elegua », et « A la caridad del Cobre ».

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A Baracoa me voy

A Baracoa me voy

Image Ce Son-Guaracha fut écrit et composé par le chanteur Antonio Machín (1904-1977). J’ai eu un peu de mal à en reconstituer le texte, du fait de la diversité des versions disponibles sur Internet. J’ai finalement choisi de vous présenter une version mixte, intégrant plusieurs des interprétations que j’ai pu écouter. Je vous signale toutefois que celle-ci n’intègre pas certains couplets présents dans d’autres versions.

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Une exploration de la civilisation musicale pan-Caraïbes en dix questions (avec des tentatives de réponse)

Depuis des années, ma curiosité était attirée par l’air de famille unissant les musiques et danses populaires des différents pays de la région Caraïbe : Son Plena, Rumba, Merengue, Bachata et même Samba. En les écoutant, en les dansant, j’avais parfois l’impression de voir apparaître, derrière la diversité apparente des styles, une sorte de trame commune – mêmes bases rythmiques, mêmes manières de jouer, et pour les danseurs, de mouvoir leur corps – dont j’avais cependant du mal à exprimer précisément la nature et à cerner les limites.

Comment définir ce qui rapproche ces cultures populaires Caraïbes ? Peut-on détailler leurs sources communes ? Par quels processus historiques se sont-elles formées ? Peut-on explorer de manière exhaustive leur diversité et en tenter un recensement ? Quelles sont leurs tendances d’évolutions actuelles ? Autant de questions que je me posais fréquemment, multipliant les lectures et les visionnages de documentaires sans pour autant parvenir à y apporter mes propres réponses.

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