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Interview of Cesar Pupy Pedroso pour Baila en cuba 2006

Interview of Cesar Pupy Pedroso pour Baila en cuba 2006

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Quand il a commencé son brillant chemin aux cotés de Los Van Van comme pianiste, arrangeur et compositeur il avait déjà accompli plus de 30 années d’une œuvre ininterrompue; il décida ensuite de donner un tour nouveau à sa carrière artistique en fondant un nouveau groupe. Quasi 5 ans plus tard, il figure toujours parmi les incontournables de la musique populaire cubaine, et quand on annonce la présence de son orchestre, tous savent que la fête sera au rendez-vous.

C’est pour cette raison que Pupy y Los Que Son Son, ne pouvaient être absents des Rencontres « Baila en Cuba » qui seront célébrées à la fin de l’année à La Havane et que ceci nous servit de prétexte pour cet entretien dans lequel le musicien donna un regard sur sa trajectoire exceptionnelle avec un arrêt obligatoire sur le lègue de son père.

“Dans ma maison il y a toujours eu un piano, mon papa jouait du piano avec la Sensación, avec l’orchestre de Chapottín, avec Benny Moré…avec une série de personnalités de la culture cubaine, de ce type de musique. Un de mes oncles jouait du güiro avec l’orchestre de Arcaño, mon grand-père était directeur d’un orchestre qui s’appelait Cuba, il jouait de la flûte. C’est-à-dire que dans ma maison, ce qui se respirait tout le temps, c’était l’air musical.

De ce fait, depuis tout petit, je me suis mis a coté du piano et j’essayais de lui extraire quelques mélodies avec mes petits doigts et je me rappelle les premières furent Cerezo Rosa et Inolvidable Primavera quand j’avais 4 ans. Puis quand le temps a passé, j’ai continué à jouer et à l’age de 11 ou 12 ans je suis entré au conservatoire, bien qu’avant tout cela j’ai reçu des cours avec des professeurs particuliers. Mais toujours comme base fondamentale, mon guide fut mon père. Tant est si bien que parmi beaucoup des choses que je fais, ou plutôt 90% des choses que je fais sont issues de la créativité de mon papa. Les gens me les attribuent à moi, mais non, cela vient de lui.

Bien au delà de se contenter de suivre ces directives au moment d’interpréter la musique, Pupy a reçu de grands enseignements de son père qui lui a attiré l’attention sur l’oeuvre de grands du clavier comme Rubén González et Lilí Martínez. « Une fois, lorsque j’étais gamin, il y avait un orchestre qui jouait et qui s’appelait l’orchestre de Orlando Lopez, qui était le frère de Cachao. Orlando López n’était pas un pianiste à faire des choses exceptionnelles mais mon père m’a dit : – Regarde, il ne joue pas tant de notes que ça mais fais attention au swing qu’il obtient au piano. Ceci fut aussi une des choses qui furent comme des lignes directrices, essayer d’avoir du swing, de s’adresser au danseur et à celui qui écoute la musique ».

Suivre le tumbao

Apparemment ces mots convainquirent le jeune pianiste qui ignorait alors combien de générations de cubains allaient jouir de la musique issue des ses doigts. “Cuba est une mine de danseurs aussi bien parce qu’ici, tous le jours, on te change les pas de danse, et il faut composer précisément en fonction de ce que l’on voit danser. Quand je joue, je me concentre beaucoup sur les danseurs au moment de faire un tumbao. C’est une relation entre le danseur et l’interprète.”

Le Tumbao est une chose fondamentale même s’il ne s’agit pas nécessairement d’un Tumbao de piano, on peut avoir un bon Tumbao de basse. Mais le piano, la basse et les congas, c’est avec ça qu’on fait danser; sont, à mon avis, les trois choses fondamentales pour danser. En effet, chanter, le bassiste il peut le faire. Je jouais à une époque dans un Septeto. A un moment une partie des membres ont commencé à s’en aller pour d’autres groupes et nous sommes retrouves juste au piano, a la basse et aux congas; Le conguero et moi-meme chantions et les gens se sont éclatés avec ça. Pour moi, le piano a une importance primordiale.
Je pense que mon apport pianistique à Los Van Van est une chose qui s’est révélé comme style unique. Un jour nous étions au Mambí de Tropicana et nous jouions un morceau qui plait beaucoup à mon papa, un morceau de Formell; il s’est approché et m’a dit : vas-y joue mon morceau – qui s’appelle « Si Mami Se Va, Vas » – qui lui plaisait beaucoup et il me dit : « Pourquoi tu ne lui places pas un Tumbao là ? » « Non, ce morceau est de Formell » lui dis-je. Finalement il parla a Formell et à partir de ce moment j’ai commencé à faire des Tumbaos dans le groupe. Remarque que les premières chansons de Los Van Van sont très différentes. Et le Tumbao a créé une base, un style de telle manière qu’il est devenu indispensable depuis ce temps là.

Je sais –ceci n’est ni immodestie ni rien d’autre – c’est que je me suis rendu compte comment les autres font le Tumbao et moi je le fais de manière différente. Cela a été mon idée à partir de celle de mon père de faire le Tumbao d’une certaine façon, je me suis dit : Si j’ai un accord complet, – un accord à 5 notes, 4 notes – et si j’ai ces 4 notes pour faire un Tumbao pourquoi utiliser seulement une seule note (NDLR : main droite et main gauche jouent la même note à l’harmonique). C’est cela qui se faisait, les gens n’utilisaient qu’une seule note à la fois. Alors que ce je fais moi, je répartis les 4 notes (NDLR : il harmonise le tumbao à la tierce ou à la quinte, en utilisant tout l’accord), je le fais comme si j’étais en train de faire un thème de Bach. »

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Pupy au piano, Mandy au chant

Le précèdent inéluctable

Il est très difficile de parler avec Pupy et de ne pas parler de cette étape dans Los Van Van ou s’est consolidé sa formation musicale. Une histoire qui a commencé à la fin des années 60, quand il officiait comme pianiste et directeur musical de l’orchestre Revé jusqu’à ce que Formell intègre la formation avec ses idées rénovatrices. « J’avais déjà fait 2 ou 3 arrangements pour la Revé mais comme cet orchestre avait le style du Changüí, et on n’en sortait pas. Formell est entré dans le groupe et ce qu’il apportait me plaisait beaucoup, alors je me suis arrêté parce que j’ai vu l’importance de ce qu’il était en train de faire et je lui ai laissé plus d’espace. Ce que j’ai fait, ça a été d’apprendre à ses cotés. A cette époque on a fait “Que Bola, Que Bolon”, “El Martes”, “La Chica Solitaria”, “La flaca”, “El jueves” …

A la fin de 1969, Formell a fondé son orchestre et en 1971 Pupy a réalisé les premiers arrangements pour Los Van Van et aussi ses premières compositions : « J’ai fait le premier morceau, il s’appelait « El Bate De Aluminio » avec aussi un autre qui s’appelait « Tal Como Empezo » dont El tosco (José Luis Cortes) fit les arrangements, je fis celui de « El Bate.. ». Finalement le morceau a beaucoup plu à Formell et à partir de ce moment j’ai continué à composer avec mon propre style.». On a passé tellement d’années de travail en commun au sein de Los Van Van que finalement nombreux sont ceux qui confondent l’auteur de quelques-uns des succès de Los Van Van, en attribuant la paternité de certains titres a Formell au lieu de Pupy et vice versa. « Il y a des thèmes de Formell pour lesquels je faisais les arrangements et pour lesquels j’ajoutais des chœurs : « Me Basta con Pensar, Si Tu Te Vas » .. et il y a beaucoup de monde qui ne se rendirent pas compte de l’inspiration (mot a mot : lumière verte ?) que j’avais dans l’orchestre à cette époque. Par exemple quand j’ai composé El Buena Gente, je lui ai attribué le rythme Chango-Son parce que je partageais mon idée avec Changuito, je le jouais au piano et il l’écoutait puis Changuito me disait qu’on va y mettre ceci ou cela. Quand je composais un numéro pour Los Van Van, le premier du groupe que j’appelais c’était Changuito et après seulement on le chantait à Formell, je réécrivais souvent le Tumbao. Parfois c’est lui qui le réécrivait car Formell devait aussi chanter et il devait s’accommoder à la fois du chant et du jeu de la basse, si bien que il y a beaucoup de fois où il a fallu simplifier le mouvement de l’instrument. Nous nous offrions le luxe de nous amuser à ce genre de choses. Mais ça s’est passé comme ça, basé seulement sur 3 personnes : Formell, Changuito et Cesar Pedroso. Juan est mon frère, et musicalement il est mon père, mais il me disait toujours : « tu as du talent pour former ton propre groupe », mais ce qui se passe c’est que je souhaitais être à ses cotés et lui il souhaitait que je reste là ».

Toutefois, le moment de suivre d’autres chemins arriva, et Pupy monta sur la scène avec un nouveau groupe : Los Que Son Son.

Le nouvel orchestre

Fonder un nouveau groupe après avoir travaillé de manière continue pendant 30 ans avec un des orchestres le plus importants de Cuba, ça s’est révélé être un défi, surtout pour démontrer la validité d’une nouvelle proposition artistique : « Je souhaitais depuis le début mettre des trompettes et pas de flûtes parce que l’orchestre de Manolito Simonet avait déjà une flûte, trompettes et trombones. Et Van Van avait aussi une flûte alors j’ai mis l’accent sur les trompettes. C’est-à-dire que j’ai essayé de trouver mon indépendance. A propos du son, cela n’avait plus rien à voir. Les gens au début pensèrent que ça ressemblait à Los Van Van, mais ce n’était pas le cas. Le problème est que dans Los Van Van il y avait 2 talents, on va le dire comme ça, il y avait 2 compositeurs, 2 arrangeurs faisant de la musique pour le même groupe. Au moment de se séparer, chacun conservait ses caracteristiques propres, son schéma directeur, son system d’écriture musicale, mais l’autre talent demeurait et en fait ce qui s’est passe c’est que Juan Formell et le son de Van Van est reste le même. Un chose s’est séparé et cette chose est devenue Pupy y Los Que Son Son. C’est-à-dire que de Van Van sortirent 2 groupes avec chacun leur style.

Contrairement à tous les pronostics, le nouveau groupe surgit avec une force incroyable. Son premier disque « Que Cosas Tiene La Vida » s’est converti en un des phénomènes musicaux de ces dernières années si bien que tous ses titres sans exceptions furent classes parmi les premiers des succès de la radio et de la télévision et encore aujourd’hui ils sont acclamés et reconnus par les danseurs. De plus, cet album a obtenu le prix EGREM 2004 de disque de l’année pour avoir atteint le niveau le plus élevé de ventes. Un tel accueil chaleureux fut une surprise pour Cesar Pedroso : « J’enregistrais les morceaux avec beaucoup d’inquiétude. Par exemple « Que Cosas Tiene La Vida » je l’ai fait à la demande expresse d’un dirigeant de la EGREM car je l’avait déjà enregistre avec Los Van Van. De ce fait je lui fait un arrangement tout nouveau et ça a marché. Je croyais plus en “El Pregonero”, “Juegala” et “Seis Semanas..” » que j’ai inclu comme un hommage parce que c’est l’unique thème qui fut l’objet d’un succès pour le même orchestre mais en 2 occasions distinctes. Un même morceau peut être un succès pour 2 groupes différents mais par pour le même. On l’avait enregistré pour la première fois avec Israel (NDLR : Israel « Kantor » Sardinas) et ensuite la fatalité a fait qu’un autre chanteur comme Mayito Rivera a intégré le groupe avec son style et ça a beaucoup plus. L’ingénieur du son Orestes Águila a aussi beaucoup contribué avec le mixage du disque. »

En plus du succès obtenu par les disques, un autre résultat qui contribue au prestige de cet orchestre est la fidélité du son quand il se présente en concert. C’est le fruit d’une discipline acharnée, vertu que Pupy apprit de ses maîtres antérieurs : Elio Revé et Juan Formell, mais aussi de la profonde jalousie avec laquelle s’est réalisé l’enregistrement. « Ici il y a des groupes qui enregistrent avec des instrumentistes qui ne sont pas des habitués, ils les invitent mais quand ils vont jouer le morceau en concert, il ne se passe pas la même chose , c’est pas possible car il manque l’instrumentiste. Ils le remplace avec un clavier mais en concert c’est la déception. »

 

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Pepito, Pupy et Zaïda

La défense du casino

Le prétexte de notre rencontre, le rendez-vous international de danseurs Baila en Cuba qui va se célébrer entre le 27 Novembre et le 1er Décembre de cette année, nous amene à une polémique qui s’est développée ces derniers temps. Y a t il une crise du Casino à Cuba ? L’agressivité de la Timba en est elle responsable ? « Notre musique n’est pas si agressive pour que l’on arrete de danser le Casino dessus. Ce qui se passe c’est qu’il y a, comme en toute chose, des courants. En ce moment c’est le Reggeaton qui a sa petite danse, son petit effet. Mais si tu regardes bien, il y a beaucoup de choses que nous faisons qui ont la même principe; qui permettent au danseur de sortir du Casino et de danser autre chose. Par exemple, avec « De la Timba a Pogolotti », tu peux danser le Son Montuno, le Casino et même la Rumba. Nous avons un morceau qui s’appelle « Dicen Que Dicen » qui est ecrit pour danser le Son Montuno mais quelques-uns se trompent et le dansent en Casino. Le Casino, ils le cherchent et ils le suivent. Je le vois internationalement. Ce que vous souhaitez faire maintenant avec « Baila en Cuba » ça faisait longtemps que ça aurait du être fait. L’appel pour cette danse est très grand en Europe. C’est le fruit des DJs mais aussi et surtout des maîtres de danse cubains qui sont partis la-bas et eux, il faut beaucoup les remercier. Les cubains furent ceux qui inventèrent tout ça mais maintenant il y a des portoricains qui font leur propre type de danse avec beaucoup de chorégraphie. Il faut les remercier d’utiliser notre musique pour ça. Du fait qu’ils utilisent notre musique, elle devient à la mode, c’est satisfaisant pour les danseurs car le Casino n’est ni américain ni portoricain, le Casino est d’ici, de Regla (NDLR : un quartier de La Havane), du Lycée de la Vieille Havane. Et cela nous satisfait parce que on a accordé peu de valeur au Casino dans le passé alors que le Casino a une importance primordiale, c’est l’unique danse qui contient une chorégraphie sans avoir besoin de répéter.

Qué cosas tiene la vida – La vie a tellement de choses…

Malgré son succès indiscutable avec Los Que Son Son, quand on se referre à son travail, Pupy se distingue comme le pianiste et l’arrangeur qui s’est maintenu pendant 30 ans dans le groupe légendaire de Cuba. « Los Van Van est une partie fondamentale de mon histoire. Je serais toujours de Van Van parce que ce qu’ils jouent aujourd’hui dépend essentiellement de nous autres, les fondateurs. Nous avons fondé la base fondamentale, la partie la plus difficile. Ils doivent maintenir ce que nous avons fait car Van Van est un orchestre qui va rester dans l’histoire. J’ai aussi en ma faveur le fait que les gens ont aussi reconnu le travail de Los Que Son Son en si peu de temps, ceci est plus difficile que tout. Maintenant si mon travail était relégué à l’oubli, et cela dépendrait du nom de Los Van Van pour cela, il est possible que ça me gênerait, mais comme cela ne me gêne pas parce que de toute manière Los Van Van ont eu une trajectoire de 35 ans ; et internationalement reconnue. Ce travail ne m’a pas été offert, je l’ai accompli avec le créateur du groupe et si je dois encore porter cette étiquette, je la porterai encore avec beaucoup d’orgueil.»

Mais plus que comme l’homme qui a fait de grands apports à cet orchestre, plus que comme directeur d’une nouvelle formation qui jouit aujourd’hui d’une grande popularité à l’intérieur et à l’extérieur de Cuba, Pupy aimerait qu’on se rappelle de lui comme l’instrumentiste qu’il fut et pour la vie qu’il a su donner à ses Tumbaos de piano. « En beaucoup d’endroits, on me donne des surnoms, ils m’appellent le Roi du Tumbao, le Señor Tumbao, ils m’ont offert des T-Shirts avec mes mains.. que ce soit en rapport avec le Tumbao, un Tumbao contemporain. Parce que ce fut aussi une chose qui a marqué l’histoire. »

Source : Article publie en espagnol sur : http://www.bailaencuba.soycubano.com/entrevista_pupi_esp.asp
Taduction, annotation et photos par Leonel

DEFINITION DU TUMBAO

Suite a l’un des commentaires, j’ai essaye une definition du Tumbao.
Le Tumbao est le schema repetitif que l’on entend souvent au piano et qui rend a la salsa son caractere distinctif. C’est une sequence que les musiciens, mais surtout le pianiste, font tourner et qui donne ce swing si particulier a la musique latino.

Historiquement je crois que le tumbao est herite de l’invention du Tres , cette guitate a 3 cordes dedoublees qui sert de guitarre rythmiquer dans le Son ou le Changui.

cette maniere de placer des harpeges syncopes par les Guajiros (le musiciens de la campagne) a ete ensuite reprise au piano par Lili Martinez dans le Conjunto de Arsenio Rodriguez qui a popularise et pousse le Son a ses sommet dans les annees 40-50 en melangeaant le Son avec le jazz et en introduisant les Congas (de la rumba de Matanzas dont arsenio etait issu).

Donc, le tumbao est ce refrain , cette sequence syncope et repetitive au piano (mais aussi a la basse et aux Congas) qui donne cette envie de danser…
Chaque pianiste invente son propre Tumbao. c’est ce qui definit le style de chaque artiste.

Cesar Pupy Pedroso est le premier a avoir harmonise les Tumbaos: c’est a dire a avoir utiliser toute la gamme harmonique des accords pour creer sa sequence.

Juan Carlos Gonzales de la premiere Charanga Habanera est le premier a avoir concu de Tumbao qui partent dans tous les sens, au style rythmique et harmonique un peu salle, mechant…

Sergio Norona est actuellement celui qui fait les tumbaos de Michel Maza et c’est de la folie…. c’est du Jean-Sebastien Bach sous coke ! reecoute El Coleccionista. C’etait le pianiste de Paulito FG a la grande epoque .. les chiens font pas des chats 🙂

est-ce plus clair ?

Interview of Cesar Pupy Pedroso pour Baila en cuba 2006

ISSAC, un soir d’été, au Cabaret Sauvage…CHEVERE !!!!!

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Revoilà le grand Issac Delgado, en tournée d’été, passer par Paris…Un tel événement ne se rate jamais. D’autant que ceux qui avaient connu l’exceptionnelle programmation de la Galerie en 2004 (NG la Banda, Pachito Alonso, Bamboleo, Paulito…) se souviendront qu’Issac avait été de loin le concert le plus mémorable, voire historique… 3 heures de prestation scénique stoppées par l’organisateur car la police intervenait !

Prestation certes ternie par celle d’Eurodisney l’année suivante, qui m’avait amené à penser que jamais Issac n’était aussi bon que dans les petites salles…

Dès l’arrivée des musiciens sur scène, je frémis… Le plus grand trompettiste de Cuba fait partie des « Metales de la Salsa »… Alexander Abreu, celui que tout le monde réclame dans ses concerts, sur ses disques, celui qui était hier avec Manolin est aujourd’hui avec Issac…Un sacré don d’ubiquité… !

 

 

 
Alexander Abreu

 

 

Et ça démarre fort… En règle générale les premières notes d’un tel concert ne trompent jamais… La mesure du potentiel est donnée… Un son limpide… Une section rythmique énergique…Des cuivres huilés à la perfection… Un bassiste absolument exceptionnel…Et Issac qui arrive pour caresser de sa voix ses superbes compositions…Car sa voix est bien une caresse de velours dans nos tympans…

 

 

Ce soir, comme souvent pour ces grands artistes, son répertoire nous semblera trop « survolé » tant sa discographie est empreinte de chansons historiques pour la Timba…

 

 

Mais qu’importe car les versions sont redynamisées, les breaks multipliés, les solos inventifs et la précision de l’orchestre rarement égalée…

 

 

Egoïstement je jubile lorsqu’il commence « Yo te queria Maria », mais j’atteins le nirvana quand la version part avec ce solo de trompette dont seul Alexander Abreu a le secret…Idem pour « No me miras a los ojos », où j’ai l’impression de redécouvrir un morceau avec lequel j’ai pourtant « grandi »…

 

Ma seule réserve sera sur le fait qu’il manque un Rolando Luna ou un Ivan Melon Gonzalez au piano. On ne peut cependant pas reprocher à Tony Rodriguez de conduire de main de maître l’orchestre…

 

 

Issac a cette force tranquille que j’admire, certains parleront d’expérience…Issac sait mettre en valeur ses musiciens et laisser de côté son ego, car il a cette générosité de cœur que le timbre de sa voix trahit…

 

 

Le public certes pas nombreux répond présent et sait reconnaître qu’il a devant lui une des grandes figures de la timba…

 

 

 
Issac Delgado avec une fille du publique

 

Je suis resté un peu à l’image de sa fille qui regarde son papa chanter avec des yeux écarquillés…Les miens étaient en plus souvent humides d’émotions… car il s’agit bien d’émotion qu’Issac fait passer lors de ses concerts… Une émotion qu’il est plus facile de partager dans un univers confiné que sur une grande scène…

 

Merci Issac pour ces 2 heures de pur bonheur, reviens quand tu veux…

 

Track list :
– Y que tu quieres que haga (« Prohibido »)
– La titimania (« Prohibido »)
– Catalina (« Exclusivo para Cuba »)
– El pregon del chocolate ( » La formula » )
– Cuando ( « La formula » )
– Dime cual es ( » Prohibido « )
– No me miras a los ojos (« El ano que viene »)
– Yo te queria Maria ( « Versos En El Cielo » )
– Si te gusta mi compas (« Prohibido »)
– Bis : Que te pasa loco ( » Con Ganas « )

 

 

 
Les musiciens

 

Musiciens : Certaines informations me seront communiquées ultérieurement.

– Issac Delgado : Chant
– Enrique « El Gordo » Pérez : choeurs
– Tony Rodriguez : Piano
– Issac Delgado, Jr : Piano
– Raúl T. Gil García « Avi » : Basse
– Rodney Barretto : Timbales
– Dennys Savón « Papacho »: Congas
– Guillermo Del Toro : Bongos
– Ariel Guillot: Trombone
– Jose Enrique : Trombone
– Alexander Abreu : Trompette
– Orlando Vasquez : Trompette
– Adonis Rodriguez : Trompette

Photos par Dannyrose (1,3) et Indochino (2,4).

 

Interview of Cesar Pupy Pedroso pour Baila en cuba 2006

Orlando « Maraca » Valle

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Il passe en concert ce jeudi 27 Juillet au New Morning. Ne le ratez pas… (quelques vidéos du Festival Latina Eurodisney 2004 : « Castigala » et « Soy Yo« . Mais qui est-il ? Une biographie par votre serviteur.

Orlando « Maraca » Valle, un des meilleurs joueurs de flûte de Cuba est né dans une famille de musiciens à la Havane en Septembre 1966. Il étudie la flûte à l’âge de 10 ans au conservatoire Manuel Saumell, et commence à tourner avec l’orchestre de Bobby Carcasses en 1987, soit à l’âge de 21 ans.

Puis il rejoint le mythique groupe de Chucho Valdes et de Paquito D’Rivera : Irakere en 1988. Il y reste 6 ans en tant que flûtiste, clavier, compositeur et arrangeur. Cette expérience lui permet ainsi d’acquérir une expérience importante.

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Orlando « Maraca » VALLE au Festival Latina Eurodisney 2004
Photo : Patrick BONNARD
Puis en 1994, il part pour une carrière solo qu’il démarre brillamment en produisant, dirigeant, composant ‘Pasaporte’ réunissant les percussionnistes cubains Tata Guines et Anga Díaz. Grâce à son travail sur cet album, il remporte le grand prix national cubain qui le consacre meilleur album de l’année 1994.

En 1995, il gagne reçoit le prix du meilleur album de latin-jazz avec son premier album solo ‘Formula Uno’, qui a une sonorité très latin-jazz …Les musiciens ? A noter les présences de Chucho VALDES au piano, Richard EGUES à la flûte , Tata Guines aux congas , Jesús ALFONSO aux percussions, Angá DIAZ aux congas et de son frère Luis VALLE à la trompette.

En Septembre 1995, il monte son propre groupe ‘Maraca & Otra Visión’, fidèle à son désir de fusion, de jazz, de latinité. Ils seront la révélation du festival Habana Jazz Plaza 96 et partent en tournée dans quelques-uns des plus grands festivals européens (Montreux, La Villette, Les Escales de St Nazaire, MIDEM, Festival International de Rome, …).

En 1996, il enregistre « Havana Calling ». Là encore des musiciens de 1ere catégorie : Los Muñequitos de Matanzas aux percussions, Angá DIAZ aux congas , son frère YUMURI au chant , Yulien OVIEDO timbales (ex Charanga Habanera), et le génial Germán VELAZCO au soprano sax.

En 1998 « ¡Sonando ! » la liste des invités est impressionnante ! ! Son frère Yumuri, Aramis Galindo, Compay Segundo, Barbarito Torres du Buena Vista Social Club, Pío Leyva, Rolo Martinez, le saxophoniste Portoricain, David Sanchez, Pacho Amat au tres, Los Munequitos de Matanzas aux percussions…Rien que ça !!

La même année, il partage la production et direction musicales de l’album « Havana Flute Summit » sur le disque de la canadienne flûtiste/saxophoniste Jane Bunnett où il compose 3 morceaux dont un morceau pour sa femme également flûtiste Céline : « Celine’s cha cha » !

En 1999, sous le nom d’Afro Cuban Project, sortie de « Descarga Uno » , un album de descargas (jam-sessions) réunissant Barbarito Torres , Tata Güines et Osdalgia.

Il collabore aux nouveaux enregistrements d’Afrocuban All Stars (Distinto y Diferente), Caravana Cubana, Nora (Cuban Colors, Tratame como soy), son frère Yumurí y Sus Hermanos (Olvidame Si Puedes), Leyanis Lopez (Como Una Mariposa), Rythm and Smoke…

En 2000 : sortie de « Descarga Total » , avec ses deux frères Yumuri et Luis VALLE et le grand Changuito… Au programme, son, descarga, pilon, salsa, mambo, etc… un vrai panorama musical… !!

Depuis 2001, Orlando Valle « Maraca » est aussi l’initiateur du projet « Maraca & Afro-Cuban Jazz Masters » présenté à diverses scènes européennes et américaines. Ce projet réunit les solistes de latin-jazz et de salsa les plus prestigieux de Porto-Rico, des Etats-Unis et de Cuba : Giovanni Hidalgo (Porto-Rico, congas), Jimmy Bosch (Etats-Unis, trombone), Papo Vazquez (Porto Rico, trombone), Tata Guines (Cuba, congas), Changuito (Cuba, timbales) parmi d’autres. « Maraca & Afro Cuban Jazz Masters » se caractérise par le haut niveau artistique et la reconnaissance internationale des solistes invités (sa sélection d’artistes se faisant de manière rotative), ainsi que par la complicité et l’enthousiasme de ses participants sur scène, toujours disposés à donner le meilleur d’eux-mêmes, dans un répertoire original virtuose et explosif.

En 2002 : Suite à une rencontre avec le peintre Salvador Gonzàlez, ils créent ensemble le Projet Tremenda Rumba. Il ne s’agit pas seulement d’un opus musical, mais d’une fresque visuelle et sonore au coeur de la culture afro-cubaine. Ces mélanges font de ce dernier album, un recueil de sons et d’images qui font de son dernier disque  » ¡ Tremenda Rumba !  » un hymne à la salsa pure (Castigala, Pura Ilusion, Se te acabo la rumba, Yo bailo de todo), d’autres influences sont présentes avec le titre Caramelo o quilo ou Cuba en carnaval, les percussions reprennent le dessus ainsi que les voix africaines.

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Orlando / Wilfredo CAMPA / Rolando MOREJON au Festival Latina Eurodisney 2004
Photo : Patrick BONNARD

Nommé ‘Meilleur album salsa 2003’ aux prestigieux prix américains, Grammy’s Awards, vainqueur de multiples prix CUBADISCO & EGREM (Cuba) dans les catégories ‘Meilleur album fusion’ (1999, 2001), ‘Meilleur album de latin-jazz » (1995) et ‘Meilleur enregistrement’ (2003), le flûtiste cubain, arrangeur, compositeur et chef d’orchestre Orlando Valle « Maraca » est un devenu un élément incontournable de la planète latine.

En 2005, il sort son album « Soy yo », bien plus timba que les précédents. Son titre « Sigueme si puedes » est parmi un des plus explosifs qu’il ait écrit…
Il participe également au superbe disque de Picason « Que felicidad » sur lequel il compose le fantastique « Cuida este amor ».
Orlando enchante par sa flûte virtuose mais aussi par sa générosité et sa gentillesse qui le caractérisent…

Interview of Cesar Pupy Pedroso pour Baila en cuba 2006

Concert de Manolin

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Voilà typiquement le genre de concert dont j’avais des craintes… En effet, considérant que Manolin avec son « Puente » enregistré à Miami est l’auteur de l’un des plus grands disques de la (petite) Histoire de la Timba, la barre était haute…

Mais Manolin l’a franchie avec une formation plus réduite que sur « El Puente »… (pas de second clavier, pas de guitariste…). En même temps lorsqu’on est entouré de 3 géants musicaux cubains…et que le son et le répertoire étaient au rendez-vous…

Manolin

Au piano : Ivan « Melon » Gonzalez : pianiste autrefois attitré d’Issac Delgado sur sa meilleure période… Il vit désormais en Espagne…

A la basse et direction musicale : Joel Dominguez … Bassiste sur l’historique meilleur disque de Paulito « Con la conciencia tranquila »…

A la trompette et chef des « Chamacos », le meilleur de l’île… Alexander Abreu…Sa musicalité, sa créativité et son phrasé sont uniques ce qui en fait le plus grand requin de studio du moment…

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Ivan « Melon » Gonzalez Alexander Abreu Joel Dominguez
Et puis le répertoire… Parmi ses plus grands titres (il en manque toujours !! ) :
« El puente » (intro), « Es Que Me La Llevo » « La Vida No Es Tan Tan » « Ellas Son Las Que Son » « Y No Lo Comentes » « Somos Lo Que Hay » « El Que Este Que Tumbe » « Me Pase De Copas ». « Pegaito » et son dernier titre enregistré sur son prochain album) demandé par le public « De tarea pa’ la casa »…

J’ai eu peur sur le 1er set car la basse n’était pas assez devant et quand on connaît son importance, mais le second set fût énorme…

Je retiendrai :
-la simplicité et l’efficacité scénique de Manolin (pas d’esbrouffe, ni de femme inutile sur scène, sauf une mais…)…Cuba lui manque, et on a un pincement au cœur quand il le lâche avec discrétion…
-un répertoire largement balayé (car ce qu’on peut reprocher aux Van Van en concert, ce sont ces 7 chansons, souvent les mêmes, sur une durée de deux heures…)
-le solo de basse de Joel Dominguez et sa façon de percuter la basse avec le batteur du Muppet Show (quelle énergie ! )
-le solo d’Alexander Abreu et les mambos des « Chamacos »
-la facilité déconcertante et les fantastiques « tumbaos » d’Ivan Melon, ses solos

Si vous souhaitez en savoir un peu plus, ma modeste contribution :
http://www.salsafrance.com/article.php3?id_article=128

Crédits : photos par Indochino (c) IndochinoDJ@yahoo.fr

Interview of Cesar Pupy Pedroso pour Baila en cuba 2006

Interview exclusive pour Fiestacubana.net de BILL WOLFER / MAMBORAMA

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Il était une fois un pianiste californien qui fut le pianiste sur “Hotter than July” de Stevie Wonder, qui travailla avec Michael Jackson (l’un des synthétiseurs sur… « Billie Jean » c’est lui !), Paul Mc Cartney ou encore Shalamar et qui largua presque tout pour aller vivre à la Havane et y travailler avec les meilleurs musiciens de l’île…

Le génial Bill Wolfer nous revient donc très prochainement avec son 3ème disque « Directamente al mambo ». Ses deux premiers disques étaient de très haut niveau « Night of the living mambo » et « Entre La Habana Y El Yuma » (dont les invités prestigieux ne sont que Sixto Llorente « El Indio, » Manolito Simonet, « Pupy » Pedroso, et le leader de Klimax Giraldo Piloto !!), on s’impatientait d’un 3ème opus et c’est presque chose faite…

Après une mise en contact grâce à mon ami Leonel (l”Asterix” du Sud), il m’exprime sa joie sur son nouvel album qui est déjà mixé mais dont la masterisation est encore à finaliser. A priori 11 titres… Et là encore Bill Wolfer nous gratifie d’invités de marque, des génies du genre… Mais laissons-le parler, car cet homme est juste…passionnant !

Jack El Calvo : Bill, bonjour, peux-tu te présenter aux français qui te connaissent mal ? Mais aussi nous expliquer dans quel environnement musical tu es né ?

Bill : Bonjour. Wow. Qui je suis? Ne sommes-nous pas tous en train de chercher la réponse ? Bon, laisse-moi essayer. Ce dont je suis certain c’est que je suis un musicien ! Je me considère un bon musicien mais je suis loin de prétendre être un grand ou un important, j’essaie de faire au mieux ce que je fais… Je ne serai jamais Chucho (NDLR : Chucho Valdes) ou Mozart, mais j’ai encore des choses à dire avec ma musique.

Je ne suis pas né dans un environnement musical, je suis né dans l’Etat du Wyoming, que vous avez pu voir dépeint dans les vieux films de John Wayne. Le seul membre de ma famille qui jouait de la musique était ma mère, elle jouait du piano. Et bien que le Wyoming soit un bel Etat, la musique la plus populaire est la musique, qui ne m’a pas attiré quand j’étais plus jeune. J’écoutais de la pop et du rock à la radio, et j’ai toujours eu une affinité naturelle pour la musique, du moins de ce dont je me souviens !

Jack El Calvo : Parle nous de ta riche carrière musicale ?

Bill: J’ai été extrêmement chanceux. J’ai eu la possibilité de travailler avec des personnes qui sont mes idoles ! A la fin des années 70 , j’ai déménagé à Los Angeles, car j’ai réalisé que le Wyoming n’était certainement pas la place où il fallait être pour faire un carrière de musicien. J’ai obtenu un job dans le plus grand magasin de musique d’Hollywood, pensant que j’aurai ainsi la possibilité de rencontrer d’importants musiciens et artistes, et c’est ce qui s’est passé ! L’un d’eux était Ronnie Foster, qui était à l’époque le claviériste de George Benson. Je faisais des cassettes expérimentales dans le magasin avec des claviers quand il n’y avait pas de clients. Ronnie a donné une des cassettes à son ami Stevie Wonder, qui m’a appelé pour recréer ce son pour lui au studio. Stevie travaillait alors sur l’album Secret Life Of Plants. Ont commencé alors une amitié et une relation qui a duré des années.

J’ai appris bien plus sur la musique, sur l’écriture de chansons et sur la production avec Stevie que lorsque j’étudiais au collège !!

J’ai travaillé avec Stevie 2 ans et demi programmant des synthétiseurs dans les studios. A cette époque, j’adorais les synthétiseurs, et je n’étais pas mauvais pour obtenir des sons d’eux ! J’ai commencé à recevoir des appels d’autres artistes, mais je commençais à être frustré, parce que je voulais jouer, pas seulement être un « technicien ». Parfois, certains réalisaient que je savais jouer, et qu’ils pouvaient économiser de l’argent et ne pas appeler un claviériste pour jouer les sons que je créais !! Je crois que Michael Jackson était le 1er à le faire, quand lui et ses frères étaient sur le disque Triumph.

J’ai donc enchaîné avec le Jackson’s tour de 1981 où je jouais les claviers, et ce fut une expérience incroyable surtout de jouer devant près de 20,000 personnes au Madison Square Garden de New-York. Je n’oublierai jamais ça.

Après la tournée, j’ai fait une cassette démo de quelques chansons que j’avais écrite, et un proche de Stevie m’a eu un contrat avec Solar Records en tant qu’artiste et producteur. A la même période, Michael m’a appelé pour jouer sur son nouvel album solo, Thriller. J’ai joué sur Billie Jean, Wanna Be Starting Something et Beat It.

J’ai commencé à écrire des chansons et à produire des disques pour d’autres artistes, et le plus connu fut le Dancing In The Sheets de Shalamar du film Footloose. Ironiquement, ce n’est pas l’une de mes chansons favorites mais c’est celle qui m’a le plus rapporté d’argent !! Dean Pitchford a écrit les paroles de celle-ci ainsi que toutes les autres de l’album Footloose qui fut un grand hit à l’époque. La chanson a été nominée pour 3 Grammies, et tu n’as pas idée de l’émotion que cela a procuré à un gamin du Wyoming d’assister à la cérémonie des Grammy avec tout le beau linge de l’industrie de la musique.

J’ai eu une bonne carrière à Los Angeles pendant ces années, je travaillais tout le temps et j’adorais cela.

Bill Wolfer

Jack El Calvo : Comment quelqu’un peut abandonner son mode de vie américain pour vivre un mode de vie cubain ?!? Quel étrange parcours !

Bill : Oui, c’est bizarre n’est-ce pas ? Dans les années 90, la pop music a changé radicalement aux US. Je n’aimais pas la nouvelle direction, j’ai fait de mauvais disques en essayant de rester sur la bonne vague, mais j’ai compris qu’il m’était impossible de faire un disque dans lequel je ne croyais pas. Si ce n’est pas sincère, cela ne peut pas marcher. Alors j’ai quitté le business du disque, et j’ai commencé à jouer du jazz dans de petits clubs avec un trio. Mais, quelque chose manquait. Je recherchais un nouveau style de musique dans lequel je pourrai m’exprimer pleinement. J’ai découvert la musique cubaine pour la 1ère fois et cela m’a amené à faire mon 1er voyage à Cuba en Avril 2000. Cela a complètement changé ma vie. Je suis tombé amoureux non seulement de la musique mais aussi du peuple Cubain et le côté relax du mode de vie. « La vida es más tranquila aquí”, me disaient les gens, et ils avaient raison !!!

Alors j’ai fait beaucoup de voyages et à chaque fois j’y passais plus de temps. Maintenant je me sens mieux à la Havane qu’aux US bien que je ne finirai pas mes jours ici. J’ai plus d’amis proches ici à la Havane que je ne peux en avoir dans tous les Etats-Unis !! Au départ, c’était juste dans le domaine de la musique mais Cuba a une façon de te passer sous la peau et de s’imprégner !! C’est une culture unique qu’ils ont, et le peuple Cubain est un des plus extraordinaires au Monde. Ils sont intelligents, travaillent dur, drôles, relax, créatifs, et je pourrai continuer longtemps comme ça. J’ai passé la plupart de 2005 ici, écrivant et arrangeant le nouvel album de Mamborama, faisant quelques courts séjours aux US pour renouveler mon visa touristique.

Jack El Calvo : Comment as tu choisi le piano ?

Bill : Ha ha! Je ne l’ai pas choisi! Je voulais jouer de la batterie, alors ma mère m’avait arrangé des cours dans le magasin d’instruments de musique. Moi je m’imaginais débarquer dans les cours et m’installer derrière une énorme batterie, et être capable de tout casser. A la place le professeur avait une petite garniture en caoutchouc et une paire de baguettes et il m’a appris les rudiments. J’ai vite été lassé et j’ai abandonné les cours. Mais il y avait un piano dans la maison, et grâce à Dieu il n’était pas dans la même pièce que la télévision !! Mes parents m’auraient obligés à regarder des émissions qui ne m’intéressaient pas, et j’errai dans le salon, bricolant sur le piano. Celà a commencé quand j’avais 4 ans. Plus tard, ma mère m’a montré quelques accords de base, mais pendant que je commençais à trouver mon chemin autour du piano, j’ai commencé à apprendre des chansons simples de rock à l’oreille. J’ai continué comme ça et j’ai eu ma première leçon officielle de piano quand j’avais 19 ans.

Jack El Calvo : Raconte-nous comment Mamborama est né ?

Bill : Celà remonte à quand pour la 1ère fois j’ai découvert la musique cubaine. Je ne sais pas pourquoi cela ne s’était pas fait avant, mais c’est ainsi. Un ami musicien un jour m’a appelé pour me demander si je ne voulais pas venir voir un groupe cubain en concert à San Diego. Pourquoi pas, alors nous y sommes allés. Ca m’a complètement renversé le cerveau! Je ne pouvais pas croire ce que j’étais en train d’écouter! Le rythme était si complexe, la musique si sophistiquée, mais les gens dansaient dessus comme des fous. Le groupe était Chucho Valdés et Irakere, et là a commencé ma grande obsession pour la musique Cubaine.

Sur le chemin retour cette nuit, je décidais que je voulais apprendre à jouer cette musique. Par la suite, après avoir étudié quelques bouquins qui n’étaient pas si bons, j’ai décidé de réunir un groupe pour tenter de jouer cette musique dans des clubs locaux. Le seul Cubain de la bande à cette époque était Alan Diaz à la batterie, mais il avait quitté l’Ile quand il avait à peine 18 ans, et bien qu’il maîtrisait parfaitement la musique brésilienne avec 10 ans chez Sergio Mendes(!!), il n’avait jamais joué de la musique cubaine avant. Nous avons tous appris ensemble, et je suis arrivé à écrire des chansons pour le groupe. Après avoir écrit assez de chansons pour en faire un album, on est parti en studio et nous avons enregistré Night Of The Living Mambo. J’avais deux percussionnistes Cubains Nengue Hernandez et Jimmy Branly en plus pour donner un feeling plus cubain.

Mon idée à cette époque était juste de vendre ce CD lors de nos concerts. J’ai créé le site web Mamborama.com, et mis la musique en ligne pour que les gens puissent l’écouter. Un jour, j’ai eu un e-mail d’un DJ italien demandant un disque promo. Je lui en ai envoyé un, et ne pensais pas plus à ça. Huit ou neuf mois après, j’ai eu l’appel d’un marchand de disques de Turin demandant s’il pouvait acheter 200 exemplaires. Bien sûr que vous pouvez, ai-je dit, mais comment avez-vous entendu parler de Mamborama? L’italien a répondu : “Mais vous ne savez pas ? Toute l’Italie danse sur Mamborama!”. Ce fut le vrai départ de tout et cela m’a encouragé à aller plus loin. Sans les DJ’s, je ne sais pas si Mamborama existerait aujourd’hui!

Jack El Calvo : Comment as-tu réussi à réunir toutes ces stars ?

Bill : Bien, les musiciens Cubains ont tendance à être plus accessibles que leurs confrères de tous les autres pays du monde. Ils ont tendance à être plus ouverts et humbles. Lors de mon premier voyage à la Havane, j’ai eu la chance de rencontrer Manolito Simonet, Lázarito Valdés de Bamboleo et d’autres, et c’est depuis qu’une amitié est née et qui perdure encore aujourd’hui… Par la suite, à travers de nombreux voyages, j’ai dû connaître à peu près tous les grands musiciens de la Havane et ils me connaissent ainsi que mon travail. Puisque je n’ai pas une bande permanente à La Havane, je suis libre de sélectionner et de choisir parmi les meilleurs musiciens, d’enregistrer et de tourner avec. Sur le nouvel album, j’ai eu la possibilité de faire un casting comme les Directeurs de films !! Je me demandais quelle serait la personne la plus adaptée pour chanter telle ou telle chanson. Puis il me suffit de l’appeler et boom! Elle arrive !

Jack El Calvo : Celà sonne si bien…Tes deux disques sont juste…fantastiques !! Comment ont-ils réagi de voir un “Yuma” (ndlr : américain) venir et faire de la musique avec eux ? Des anecdotes croustillantes à nous raconter ?

Bill : Pour les cubains, je pense qu’ils le prennent comme un compliment qu’un “yuma” aime tant leur musique qu’il ait envie de s’exprimer lui-même et d’enregistrer. J’ai le plus grand respect pour la musique cubaine, et je pense qu’ils le réalisent, et cela a beaucoup aidé. Celà mais aussi rester humble car je me sens toujours comme un étudiant de la musique cubaine, j’ai encore beaucoup à apprendre.

Anecdotes? En voici une : quand nous enregistrions Entre La Habana Y El Yuma, nous étions tous prêts à faire une prise quand l’électricité a été coupée. Nous sommes tous sortis à l’extérieur pour attendre que les lumières reviennent, et cela a duré pendant 2 ou 3 agréables heures. On parlait, on regardait les filles qui passaient. La chanson que nous voulions enregistrer était un morceau instrumental, et je l’ai nommé Esperando La Luz (= en attendant la lumière !)

En voici une autre : au moment d’enregistrer les voix d’El Indio, je lui ai demandé avec laquelle il souhaitait commencer. “La Gata Loca, parce que je ne connais absolument rien de cette chanson.” J’avais oublié de lui donner la demo! Il a tout de suite appris la chanson dans le studio en 5 minutes de temps, et je suis encore stupéfié de voir combien il a été créatif, sur les choeurs, les bruits de chat et tout le reste. Il a vraiment donné vie à cette chanson…!!

Jack El Calvo : Est-ce que certains des musiciens ont décliné ton offre, ou as-tu réussi à avoir les musiciens que tu voulais ?

Bill : Non, personne n’a refusé, les seuls problèmes étaient ceux de planning. Toutes ces stars jouent avec les meilleurs groupes, et parfois quand je voulais les utiliser, ils tournaient en Europe, ou à une répétition, ce genre de situation. Bien sûr, ils travaillent en priorité avec leur propre groupe. C’est parfois très compliqué de tout mettre en place dans ces conditions.

Jack El Calvo : Parle-nous de ton 3ème CD ? Qui sont les musiciens ?

Bill : Le nouveau CD se nomme Directamente Al Mambo, et j’ai une tonne d’invités spéciaux sur cet album. Les chanteurs sont Tony Calá d’NG La Banda sur deux chansons, Robertón des Van Van, El Nene d’Azucar Negra, Carlos Kalunga ex-Klimax et Manolito Y Su Trabuco et Pepito Goméz de Pupy Y Los Son Son sur deux chansons. J’ai aussi les deux rappers de Cubanito 20.02 sur 2 chansons, bien qu’il n’y ait pas de reggaeton sur le cd, ils rapent sur le rythme de Mamborama, et c’est un super son, très frais. El Tosco d’NG joue son incroyable flûte sur une chanson, et mon trompettiste cubain favori Alexander Abreu est revenu d’Europe à temps pour enregistrer un solo.

Pendant qu’Alexander était en Europe, j’avais Robin Martinéz de Los Jovenes Clasico De Son pour jouer les deux parties des trompettes, et il a fait un superbe boulot. Amaury Peréz, le meilleur tromboniste de Cuba, a fait les deux parties de trombone. J’avais 3 différents bassistes; El Negrón de Pupy y los que Son Son , Roberto Vasquez le nouveau bassiste de Manolito, et l’incroyable Feliciano Arango, qui a joué pendant 15 ans avec NG la Banda et qui joue ici sur 4 titres. Il est génial. Roicel Riverón de Trabuco joue la batterie et les timbales, Evelio Ramos, aussi du Trabuco joue les congas, et Jorge Luis Guerra du Trabuco joue du guiro. Nicolas Gastón “Pescado,” joue deux morceaux au violon sur le danzón qui cloture l’album. Les choeurs sont de Sixto Llorente “El Indio”, David Bencomo (qui joue aussi de la flûte sur 3 titres) et Pepito Goméz. El Indio a aussi écrit les paroles de 4 des chansons.

Bill Wolfer et Sixto Llorente “El Indio”

Jack El Calvo : Joli programme !! Un rêve de musicien ?

Bill : J’ai l’impression de vivre un rêve ! Sérieusement, c’est surréaliste parfois. Mais mon rêve ou ambition, est de continuer de faire ce que je fais, et de faire de Mamborama un des meilleurs groupes cubains, même si c’est un Yuma le Directeur!

Jack El Calvo : Qui est ton pianiste cubain favori ?

Bill : Wow, il y en tellement! Puis-je juste citer quelques favoris ? Pour le jazz, Gonzalo Rubalcaba et Chucho Valdés sont juste impressionnants. Surtout Chucho pour sa technique. J’essaie de lui voler des choses, mais je ne serai jamais capable de jouer comme ça! Pour la timba, j’adore Pupy, il a un style si unique. Et Manolito Simonet a tant de conduite, de rythme et de saveur, que je peux pas me passer de lui !

Jack el Calvo : Peux-tu dire quelque chose à propos de l’embargo US , ou est-ce trop…risqué ?!

Bill : Pas risqué du tout. Je déplore l’embargo. Celà sert uniquement à faire mal au peuple cubain et a été inefficace pour changer le gouvernement cubain depuis 40 ans, pourtant il est toujours en place bien que les Nations Unies aient à plusieurs reprises condamné les USA. Pourquoi ? Parce que c’est devenu un business. Les Cubain-Américains riches à Miami donnent des tonnes d’argent aux politiciens pour leurs campagnes, et alors ils sont récompensés par les politiciens avec des sorts et un bon nombre de dollars d’impôts pour que des projets idiots essayent de miner le gouvernement cubain. Par exemple, Radio Martí reçoit des millions de dollars chaque année pour produire une propagande anti-Castro qui est diffusée sur l’île, mais les cubains ont bloqué la fréquence depuis des années. Personne ne l’écoute, tout le monde sait que personne ne l’écoute, mais l’argent continues de couler à flot. C’est absurde et injuste, et je suis reconnaissant que les cubains soient assez futés pour savoir que ce sont les actions du gouvernement des USA, et je n’ai jamais eu un problème avec un Cubain parce que je suis américain. Ils aiment bien les américains, et chacun a quasiment un proche ou deux qui vivent aux USA. Il serait temps de finir l’embargo car Cuba ne constitue aucune menace pour les USA, et les USA n’ont aucun droit de se mêler de leurs affaires, mais comme nous savons, les USA ont une longue, triste histoire de l’intervention où ils n’ont rien à faire. C’est une honte.

Jack el Calvo : Quel est ton meilleur souvenir musical ?

Bill : Un album dédicacé de Jimi Hendrix. J’ai été chanceux de pouvoir le rencontrer lorsque j’avais à peine 15 ans, et cet album est encadré et trône à côté de mon piano à la maison.

Jack el Calvo : Comment décrirais tu ce qu’est la Timba ? Je n’ai jamais lu quoique ce soit qui soit pareil!!

Bill : C’est parce que c’est si difficile à définir. Je pense que la Timba est un moyen de différencier la musique moderne et contemporaine de Cuba avec le Son plus traditionnel, ou de la salsa de Puerto Rico et de New York. Plus spécifiquement, c’est une fusion de Son, Rumba, de musique religieuse et folklorique Yoruba, du R&B Americain (Earth,Wind & Fire ou Kool and the Gang), et une touche de jazz. La clave vient de la Rumba, plus que du Son, les rythmes peuvent devenir très complexes, l’harmonie est souvent peu traditionnelle, et le niveau d’énergie explose le plafond parfois !! Des stéroïdes de salsa, c’est comme ça que j’aime la décrire !! C’est une musique qui est en perpétuelle évolution, et c’est exactement pour celà que c’est difficile de la définir. Désormais beaucoup de groupes de Timba incorporent du reggaeton dans leur mix. Ca change toujours et c’est comme ça que ça devrait être. La minute où tu dis qu’une musique est seulement comme ça et pas comme ça, tu pourrai aussi bien la mettre dans un musée car tu sais qu’elle n’évoluera plus !!

Jack el Calvo : Que penses-tu du succès du Buena Vista Social Club ? Es-tu le Ry Cooder de la Timba !!??

Bill : Ha ha ha! Le Ry Cooder de la Timba? Je ne sais pas. J’aimerai certainement avoir son niveau de succès, ça c’est sûr. Buena Vista Social Club a été à la fois une bonne et une mauvaise chose pour la musique Cubaine. C’était une bonne chose, parce que cela a fait découvrir la musique cubaine au Monde entier qui ne l’avait pas encore entendue jusque là. Soudain, les touristes commençaient à venir à Cuba juste pour la musique, à cause de cet album et du film. Cela a fait réaliser au gouvernement Cubain quelle valeur il y avait dans sa musique, et je crois qu’ils ont commencé à le prendre plus au sérieux.

La mauvaise part c’est que peu de personnes a réalisé que Buena Vista Social Club est la musique Cubaine des années 50 et comporte très peu de ressemblances avec la musique Cubaine d’aujourd’hui. Alors quelqu’un qui va voir Bamboleo à la Casa De La Musica aura des idées préconçues de ce qu’il va entendre, et sera quelque peu désorienté avec la folie sauvage que dégage Bamboleo en live !!! J’ai été une fois au concert de la Charanga Forever à la Havane, et parlais avec touristes canadiens qui étaient des fans du Buena Vista. Après deux ou trois chansons, même si le groupe jouait bien, ils se sont levés pour partir. “Nous retournons à l’Hôtel Nacional pour écouter un groupe du Buena Vista Social Club, nous voulons écouter de l’authentique musique cubaine!” “Mais c’est de l’authentique musique cubaine !!!!!!” J’ai protesté mais ils sont partis ! Les musiciens cubains sont vraiment frustrés avec ce type de réactions.

Jack el Calvo : Quel style de musique écoutes-tu ?

Bill : Tout, jazz, R&B, old-school funk, classique… Bien que durant les 5 premières années de ma grande obsession pour Cuba, j’écoutais exclusivement de la musique cubaine. Il y a tellement à absorber: Timba, Son, Rumba, Folklorique, Danzón, c’est très divers en soi. Maintenant je me remets à écouter tout style de musique.

Jack el Calvo : Un autre projet dans ta tête ?

Bill : J’ai enregistré un album solo qui devrait se nommer Dos Vidas. C’est totalement instrumental, jouer de la musique de Stevie Wonder et des choses que j’ai écrite il y a longtemps, mais avec les rythmes cubains et en petite formation. Ca va prendre du temps avant que je le finisse, à moins que je trouve un support extérieur, parce qu’il me faut mettre la priorité sur Mamborama. J’aimerai produire d’autres groupes cubains, j’étudie la possibilité. Et, j’ai déjà des idées de chansons pour le prochain Cd de Mamborama CD.

Jack El Calvo : Des connections avec la France ? Que représente ce pays pour toi ?

Bill : France a eu sa contibution pour la musique Cubaine, et la musique cubaine a inspiré des compositeurs français. Le Danzón a commencé avec des rythmes français et des formes, ammenés sur l’île par des Haïtiens profitant du soulèvement contre l’esclavage. Le Boléro de Maurice Ravel était inspiré par de la musique qu’il a entendu lors d’un voyage à Cuba.

Pour ma part, j’adore la France. Je reste toujours à Montmartre quand je suis à Paris, dans un endroit à l’écart des autres touristes et on s’y sent comme dans une petit village, tous les voisins se connaissent, et c’est facile de rencontrer des gens et de se faire des amis. J’ai été au MIDEM de Cannes deux fois, et celà a toujours été un bon moment, et bon pour le business. Et bien que les relations entre les USA et la France aient souffert sous l’administration Bush, les français ont toujours été adorables avec moi, aucun problème. J’ai de bons amis en France. Je veux amener Mamborama en France, allez, on y va ?!? (rires)

Jack el Calvo : Merci Bill !! As tu quelque chose à rajouter ou que tu aimerai dire ?

Bill : Ceci : Merci Jack, et à tous les DJ’s en Europe qui ont encouragé ces dernières années. Sans vous, comme je l’ai dit, Mamborama aurait probablement cessé d’exister depuis longtemps. Et merci spécialement à toi Jack pour ton intérêt dans Mamborama et ces questions pertinentes, j’apprécie vraiment.

BILL WOLFER, MARS 2006

« Directamente al mambo »

1) Mi Bailarina (B. Wolfer/Sixto Llorente)
Featuring Carlos M. Kalunga (Klimax, Manolito) and El Doctor from Cubanito 20.02

2) Puro Y Temba (B. Wolfer/Sixto Llorente)
Featuring Robertón Van Van

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3) Las Cubanas, Que Lindas Son (B. Wolfer/Sixto Llorente)
Featuring Alexei Sanchez Mesa, El Nene (Azucar Negra, Revé)

4) La Mentirosa (B. Wolfer)
Featuring Flipper from Cubanito 20.02

5) Taca Toco (B. Wolfer)
Featuring Tony Calá (NG La Banda)

6) Señorita Pajarita (B. Wolfer)
Featuring José Luís Cortés, El Tosco

7) No Mereces La Pena (B. Wolfer)
Featuring José Goméz, Pepito (Pupy)

8) Directamente Al Mambo (B. Wolfer)

9) Baila Conmigo (B. Wolfer)

10) Yo Con Mi Jolongo (B. Wolfer/Sixto Llorente)
Featuring Tony Calá (NG)

11) Ave Maria, Por Dios (Danzón)(B. Wolfer/David Bencomo)
Featuring José Goméz, Pepito (Pupy)

Interview of Cesar Pupy Pedroso pour Baila en cuba 2006

Ya llegaron los mayores !

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Timberas y timberos, tenez-vous prêts, le premier album tant attendu du groupe Maikel Blanco y su Salsa Mayor va bientôt sortir chez le label Envidia. Cependant, pour le moment aucune date de sortie officielle n’a été communiquée.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce groupe, sachez qu’il est considéré à Cuba comme la révélation de l’année. Et depuis environ 1 an, il cartonne avec des tubes comme  » Esto Está « ,  » Recoge y vete « ,  » Cubano « ,… sur lesquels on peut découvrir un style timbero dans la même lignée que ceux de Los Van Van et Pupy !

Le clip de  » Recoge y vete  » ( :  » prends tes affaires et va t’en ») a, par ailleurs, reçu 5 nominations à la 8ème édition des  » Los premios Lucas  » qui récompense le meilleur vidéo clip de l’année.

Salsa Mayor est dirigé par Maikel Blanco, jeune compositeur, pianiste et joueur de timbales talentueux âgé seulement de 24 ans ! Il s’agit de sa deuxième formation après  » Maikel Blanco y Su Suprema Ley  » qu’il a fondé en 1999 et qui a produit en 2003 l’excellent disque  » Ya llegaron los cubanos  » avec notamment Tirso Duarte au chant. Depuis Maikel Blanco a travaillé avec plusieurs groupes et chanteurs produits par le label Envidia, souvent en jouant aux timbales, sa spécialité à la base. Parmi eux, on peut citer Bimbo G, Tirso Duarte sur son album  » Si la vida le dice baila  » qu’il a co-dirigé, Habana Express, un groupe de latin jazz cubain, qu’il a dirigé sur sa dernière production  » De Prado a Manrique « .

Maikel Blanco
Maikel Blanco

Maikel Blanco semble être aujourd’hui complètement dévoué à son nouveau groupe Salsa Mayor dans lequel il a su regrouper des musiciens expérimentés issus de ses collaborations antérieures, notamment son ancien groupe  » La suprema Ley « . Le groupe compte un batteur, un joueur de conga, 2 percussionnistes (guiro, cloche,..), un bassiste, 2 pianistes, un flûtiste, 4 membres dans la section des cuivres (2 trompettes et 2 trombones), et 3 chanteurs avec des voix du même cran que Mayito et Tirso Duarte.

Dans une interview accordée au journal « El Habanero », Maikel Blanco nous révèle qu’il apprécie le jazz et la musique instrumentale, dont il s’inspire dans ses compositions ainsi que de d’autres genres. Il tient beaucoup aux racines de la musique cubaine dans le sens où il part du Son traditionnel pur qu’il essaie de mettre au goût du jour sans trop recourir à la fusion de genres ! Il accorde également un soin particulier aux textes dans lesquels il essaye de relater la réalité de la vie de tous les jours.

Ce groupe est a mes yeux très prometteur et nous a prouvé jusque là qu’il sait fabriquer des tubes en s’inspirant du style des titans de la Timba (Van Van ou Manolito de façon assez manifeste). Il doit son succès principalement à la qualité de sa formation (15 musiciens) digne des plus grands orchestres de Timba, à la qualité des compositions de Maikel Blanco, sa rigueur en tant que leader, et aux voix du trio de choc qu’il a déniché et révélé au grand public.

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Les 3 chanteurs de Salsa Mayor
Appuyés par des tumbaos de pianos efficaces, des cuivres enivrants, des vocaux de très belle facture et des mélodies marquantes, il est fort à parier que Maikel Blanco fera l’unanimité auprès de vous chers lecteurs… Dans sa lancée, il n’est pas exclu qu’il développe de plus en plus un style qui lui est propre et qui marquerait probablement pour toujours l’histoire de la Timba.

Voici la liste des titres susceptibles* de figurer sur cette nouvelle production :

Quieres quiéreme,
Esto Está,
Recoge y vete,
Tu fovia,
Chica moderna,
La brujeria (dédié à la Santeria cubaine)
Cubano (qui exprime la fierté d’être cubain et rend hommage, entre autres, au champion olympique cubain Javier Sotomayor, à l’origine du nom du groupe )
China gladis
Lo belle por dentro
Cimarron
Si Yo Pudiera
Años (romantica)
Come el aire (bolero)
Es Manera (bolero)

Cliquer ici pour écouter une compil avec des extraits de  » Recoge y vete « ,  » Esto Está  » et  » La Brujeria « .

Je compléterai cet article dès que j’aurai plus d’infos. Alors, comme dit mon padrino JEC, restez branchés sur FiestaCubana.net et vous serez les premiers informés !!

* Les titres figurant sur cette liste proviennent de plusieurs sources et peuvent contenir des doublons. La liste sera bientôt mise à jour.