Sélectionner une page
FiestaCubana.net Awards 2006

FiestaCubana.net Awards 2006

070130 une

FiestaCubana a donc établi son palmarès de l’année 2006… Les membres ont voté et voici le palmarès :

Elu dans la catégorie MEILLEUR ALBUM DE L’ANNEE 2006 : « CON FUERZA » Calle Real

Calle Real avec son premier opus « Con Fuerza » a frappé …fort… ! Ce groupe formé essentiellement par des suédois a su composer des chansons qui sortent des sonorités habituelles, de la timba hors du commun…La puissance des breaks, l’originalité des harmonies et les tumbaos de piano efficaces mêlés à la voix de l’excellent chanteur Thomas Eby font de ce disque un must pour tout amateur de bonne Timba. Ou quand les hommes du froid réchauffent les tympans !

images articles 070130 cr12 images articles 070130 cr22

Elu dans la catégorie MEILLEUR CHANTEUR 2006:
MANDY
(Pupy, Los Ases de la Timba)

images articles 070130 mandy12 images articles 070130 mandy22

Armando « Mandy » Cantero et son timbre unique, un timbre qui semble toujours à la limite de la rupture mais qui sonne toujours juste et puissant. Voilà ce qui a sans aucun doute fait de lui ce meilleur chanteur 2006 parmi tant d’autres stars. A cela vous ajoutez ces superbes compositions qui le servent si bien de Cesar Pedroso et ses apparitions superbes sur Los Ases de la Timba et Orlando Canto…

Elue dans la catégorie MEILLEURE CHANTEUSE 2006 :
TANIA PANTOJA
(Bamboleo)

images articles 070130 tania12 images articles 070130 tania22

Elue haut la main, elle fait oublier les Haila et Vannia au sein de Bamboleo et même à Cuba tant ses prestations scéniques et vocales sont d’une qualité exceptionnelle… Tania est sans aucun doute la star du moment…

Elu dans la catégorie REVELATION DE L’ANNEE 2006 :
CALLE REAL

images articles 070130 cr32

Elu dans la catégorie CONCERT DE L’ANNEE 2006 :
Ex-aequos SONGO 21 et MANOLITO Y SU TRABUCO

images articles 070130 songoimages articles 070130 manolito

Songo 21 a fait un concert d’exception à Rennes le 10 Novembre 2006 lors de l’excellent Festival Aqui Cuba et les votants ne s’y sont pas trompés…Ils ont survolé le Festival avec un Yosbanis d’exception et un orchestre d’une rare précision…

Manolito y su Trabuco est sans aucun doute l’un des meilleurs groupes de musique cubaine aussi bien en disque qu’en concert… Celui du 16 Février 2006 au New Morning n’est qu’une confirmation qu’EL TRABUCO est LE groupe du moment…

Meilleur album de l’année« Con Fuerza »
Calle Real
« Recoge y Vete »
Maikel Blanco
« Hablando En Serio »
Manolito y Su Trabuco
« Timba Cubana »
Tirso Duarte
« Que Hablen Los Habladores »
Michel Maza
« Ciclon de La Habana »
Charanga Habanera
« Aqui Estan Los Ases »
Los Ases de la Timba
 1714126102
Meilleur chanteurThomas EbyLester CiarrettaAmarayTirso DuarteMichel MazaLeoniMandy
 2661211113
Meilleur chanteuseTaniaHaila MonpieOsdalgiaVannia BorgesAilyn  
 2381313  
Révélation de l’annéeCalle RealMaikel BlancoGrupo DansonSueña CubanoHaban’AhoraLa Tremenda 
 28165003 
Concert de l’annéeSongo 21Adalberto AlvarezLos Van VanCharanga HabaneraManolito y Su TrabucoIssac DelgadoManolin El Medico
 119811128

Crédits photos : Indochino

 

Les origines certes cubaines mais controversées du Mambo !

Les origines certes cubaines mais controversées du Mambo !

Les origines du Mambo sont très controversées et les versions sont contradictoires. Le mot est utilisé de plus en plus souvent hors de sa définition légitime et mis à toutes les sauces comme la Salsa !

Le Mambo est d’abord le terme désignant un genre musical que tout le monde connaît depuis le succès planétaire de ‘Mambo #5’ interprété par Lou Bega, mais composé par un certain Dámaso Pérez Prado, compositeur et chef d’orchestre cubain devenu une idole dans les années 40-50.

On entend souvent les chanteurs cubains lâcher un appel aux cuivres de l’orchestre quand ils lancent « Mambo ! ». Aussitôt les trompettes, les cuivres entonnent des riffs qui renforce la rythmique de morceau. Dans ce cas le Mambo est une partie au sein de la construction même d’un morceau et de son orchestration.

Dans les cours de danse on se réfère très souvent à tort au pas de Mambo pour designer le pas de Son… comme on a confondu les pas de Rumba avec ceux du Boléro.. et certains prétendent danser le Mambo sur le 1 ou sur le 2… Souvent il croient que le fameux Tito Puente en est l’inventeur.

Une clarification étymologique et historique s’impose donc….

Le Mambo est probablement le genre musical le plus controverse dans l’histoire de la musique populaire cubaine. C’est le genre dont la paternité est la plus revendiquée et à propos duquel les interprètes ou les chercheurs donnent le plus de versions différentes sur son origine.

Pour le directeur d’orchestre et compositeur Obdulio Morales, le Mambo est une voix spontanée, « une expression, le cri d’un danseur lors de n’importe quel Mambo et il fut répété par tous les danseurs jusqu’à en devenir une marque déposée ».

Pour sa part, le musicologue Odilio Urfé exprime le point de vue suivant : « Dans la cérémonie Vodou que pratique la grande majorité du peuple haïtien, on appelle mambo la prêtresse qui officie cet acte religieux » ; une autre interprétation de cette définition : « Mambo est une expression très courante chez les ‘Colombiens’ (ceux qui pratiquent la rumba Columbia) et elle signifie efficacité, exigence et justesse dans l’exécution de la Columbia. » Ensuite il affirme : « Palo mambo est un rythme de racine africaine rarement écouté de nos jours » ; et Urfé conclut « Mambo est le titre d’un Danzon du compositeur populaire Oreste López… »

Le Tresero (NDT : joueur de Tres, guitare cubaine à 3 cordes dédoublées utilisée dans le Son) et compositeur Arsenio Rodríguez, originaire de Matanzas, que l’on ne peut nullement soupçonner d’exégèse théoricienne, fait quelques précisions sur la zone de la culture africaine – que Urfé a souligne précédemment – , dont est issue le mot mambo : « Les descendants des Congos […] jouent une musique qu’on appelle tambour de Yuca et les échanges que se font un chanteur avec l’autre, en suivant le rythme, m’ont inspiré et ceci est la véritable base du Mambo. Le mot mambo est africain, d’un dialecte Congo. Un chanteur dit à l’autre : ‘abrete cuto güirí mambo’ c’est a dire : ‘ouvre bien tes oreilles et écoute ce que je vais te dire’. L’idée me vint car il fallait faire quelque chose pour gagner la ‘soupe’ (la nourriture), et j’ai pensé qu’en mélangeant ces différentes choses il pouvait en résulter une musique spéciale pour danser. Le premier que j’ai composé dans ce style fut ‘Yo soy gangá’ (NDT: Je suis une aubaine) [1938]; le premier ‘diablo’ ou mambo qui a été enregistré fut So caballo [1943]. »

Dámaso Pérez Prado
Dámaso Pérez Prado

Selon Dámaso Pérez Prado: « Mambo est un mot cubain. On l’utilise quand les gens veulent dire comment était une situation : si le mambo était dur cela voulait dire que les choses allaient mal… J’aimais ce mot là … musicalement cela ne voulait rien dire, pourquoi est-ce que je vous mentirais ? C’est un nom, rien de plus. »

Mariano Pérez, dans son Dictionnaire de la musique et des musiciens, définit le Mambo comme une danse latino-américaine en 2/4 que le Cubain Pérez Prado a popularisé a partir de 1943. » Néanmoins en rectifiant l’auteur de cette information, nous devons dire que en 1943 Pérez Prado n’avait pas encore créé un seul mambo, bien que son orchestration de La Utlima Noche, de Bobby Collazo, enregistrée en 1944 par Orlando Guerra (Cascarita) avec l’orchestre Casino de la Playa, introduise déjà au piano et aux saxophones, certains des éléments qui seront utilisés plus tard dans la mambo.

En réalité, comme on l’a dit, « le phénomène musical populaire dénommé Mambo a toujours existé, mais seulement avec différentes étiquettes. Une fois on l’a appelé Guajeo, autre fois Montuno ou Estribillo, et maintenant Mambo. Il s’est manifesté depuis les origines de notre musique comme étant, d’un point de vue formel, l’expression la plus primitive de ‘ l’anarchie au sein du tempo’. »

Nous admettrons pour le moment que de toutes les versions sur l’origine du mot Mambo, celle qui se rapproche le plus de la vérité semble être celle de Arsenio Rodríguez, qui coïncide avec celle de Urfé à propos de sa filiation africaine, bien que Arsenio précise qu’elle est d’origine Congo.

Un autre aspect non moins contestable du Mambo est sa caractéristique rythmique. Pour certains, « le Mambo n’est rien d’autre qu’une Guajira-Son » ; pour d’autres « le Mambo […] est un type de Montuno syncopé qui possède la saveur rythmique du cubain, son coté sans-gêne, sa fantaisie et son éloquence. Le pianiste attaque en Mambo, la flûte l’entend et s’en inspire, le violon exécute en double corde des accords rythmiques, la basse adapte son Tumbao, le timbalero bat le ‘cencerro’ (NDT : la Campana, la cloche des percussions latines), le güiro est râpé et fait sonner les maracas, l’indispensable conga corrobore le tumbao de la basse et renforce les timbales. »

Et quand Cuéllar Vizcaíno a recours a l’opinion autorisée de Obdulio Morales, il précise : « le Mambo n’est rien d’autre qu’une Guajira-Son pour sa partie mélodique, protégée par un accompagnement rythmique puissant. C’est ce qui était autrefois appelé ‘Montuno’ ou ‘Estribillo’ mais avec une autre vigueur.

La base rythmique divise la cadence en 4 mi-temps forts, formant un contraste ostensible avec la mélodie du Son Montuno, et constituée par une série de syncopes. »

En fait le Mambo comme quasi toute la musique cubaine est syncopée; et Pérez Prado depuis son travail avec l’ochestre Casino de Playa, utilisait pour les saxophones les syncopes dans tous les motifs (NDT : riffs), pendant que les trompettes portent la mélodie et la basse l’accompagnement, qui combinait le bongo et les congas. Contrairement a ce qui a été dit, ni le mambo ni le cha-cha-cha ne sont nés du Danzon de Nuevo Ritmo (NDT : invente par Arcaño y sus Maravillas dont Israel ‘Cachao’ Lopez et son frère Oreste Lopez) ».

Le Mambo n’a pas de rythme caractéristique si ce n’est le croisement de différents rythmes. Urfé considere que « …le mot Mambo s’emploie par erreur même par des musiciens qui se referaient a leur propre cas. Je n’ai pu apprécier que en de très rares occasions le fait musical que l’on doit appeler Mambo. Pour qu’il se produise un Mambo il faut, fondamentalement, que tous ceux qui participent a la formation jouent de manière libre par rapport a ce qui est écrit. Plus clairement tous doivent exécuter « ce qui n’est pas ecrit ». D’autre part, pour obtenir un véritable Mambo, les musiciens doivent utiliser des effets rythmiques seulement au paroxysme. Rythme contre rythme. Ni chanson ni mélodie définie. Il ne doit pas y avoir un seul rythme figé dans aucun instrument. »

Selon d’autres chercheurs, dont je ne trouve pas la thèse valide, le Mambo est ce que faisait Arsenio Rodríguez, car les trompettes exécutaient des cadences dans le Montuno (NDT : la partie la plus intense du morceau) qu’il apelait Masacote et on faisait un cri : diablo, et a partir de la Pérez Prado parti pour écrire ses premiers mambos. Le musicologue Leonardo Acosta assure que en réalité le Mambo était « dans l’air », car plusieurs musiciens cubains, américains et portoricains expérimentaient des rythmes, des melodies et harmonies qui bientôt deviendront les signes particuliers du Mambo.

Arcaño y sus Maravillas
Arcaño y sus Maravillas (Israel ‘Cachao’ Lopez et Oreste Lopez)

Orestes et Israel López, avec la charanga de Arcaño, firent un Tumbao qui serait un rythme caractéristique de cet orchestre et d’autres du même type, mais pas du Mambo a la Pérez Prado; pour sa part, Arsenio Rodríguez changeait le format des septetos de Son, en employant le piano, les congas et trois trompettes, ce qui donna naissance au Conjunto. ; dans le même temps d’autres musiciens créaient et expérimentaient : Bebo Valdés (le rythme Batanga), le cubibop de Andrés Hechavarría (El Niño Rivera), Julio Cueva et son orchestre et, en particulier, son pianiste René Hernández, qui bientôt a New York, introduisit les éléments du Mambo (qu’il connaissait de Pérez Prado) dans l’orchestre de Machito y sus Afro-Cubans et Chico O’Farrill, comme arrangeur du Casino de la Playa, travail qu’il partageait avec Pérez Prado (qui ensuite passera comme pianiste de ce groupe). Si bien que les orchestrations de Pérez Prado ont pris une nouvelle voie: ce fut le mambo qu’avait déjà abouti le génial compositeur de Matanzas.

Arsenio Rodríguez y su Conjunto
Arsenio Rodríguez y su Conjunto

D’ici la, pour ses audacieuses orchestrations, Pérez Prado pali des attaques non seulement des impresarios de l’industrie du disque les plus conservateurs mais aussi d’américains qui commercialisaient la musique cubaine.

Rosendo Ruiz Quevedo se rappelle que au milieu des années 40 il visita La Havane, lors d’une mission pour son travail, Fernando Castro, « représentant de la Division Latine de la Southern Music Co. & Peer International », et que a sa demande « .. s’est reuni avec un groupe de compositeurs et de directeurs d’orchestre […] dans les bueaux de la succursale cubaine de la Peer pour écouter les informations dont M. Castro était porteur[…]. Fernando Castro presenta que « la musique populaire cubaine était en train de se dénaturer et prenait le risque de perdre ses valeurs originelles »

Comme cause principale il signala les extravagantes orchestrations (plus spécialement dans les orchestre de type Jazz Band) que certains arrangeurs étaient en train de réaliser. Et sans aucune autre explication, il exprima qu’il avait pris la mesure que « a partir de ce moment, aucun créateur musical inscrit au consortium qu’il représentait ne pourrait présenter sa musique à Dámaso Pérez Prado, pour qu’il la produise dans un orchestre… ».

Fernando Castro oublia de dire, dans ses ‘brillantes’ allegations, que le principal falsificateur – quand il n’était pas edulcorant – de la musique cubaine n’était autre que le catalan Xavier Cugat, qui prit la musique cubaine a pleine main et la simplifia pour la rendre compréhensible à un públic avide de la danser, bien qu’il n’ai été apte pour le faire au rythme et dans la forme qu’exécutaient nos orchestres. A Pérez Prado on refusait ce que l’on autorisait a Cugat, alors que Dámaso, lui, su transformer la matière connue en quelque chose de nouveau, comme l’avait fait Mario Bauzá sur la même scène ou se présentait Cugat en concert.

Dámaso Pérez Prado y su Orquesta
Dámaso Pérez Prado y su Orquesta

Pérez Prado arriva à Mexico en octobre 1949. Cette même année il enregistra avec le label Victor le disque intitule José y Macané, conçu dans une structure classique qui, et pour cette même raison, n’a pas obtenu l’effet que son auteur avait espéré ; toutefois le chemin fut dégagé : l’enregistrement de ‘Mambo numéro 5’ et ‘Mambo, qué rico el mambo’. La même année lui ouvrit les portes du succès. A partir de la et ensuite plus rien n’a pu le retenir : il forma son propre orchestre, qui était sollicite par les meilleurs club nocturnes de Mexico ; dans ce pays il a enregistre des Mambos avec Benny More comme chanteur, et aussi comme auteur de quelques œuvre de ce genre. Ils se sont produits dans des théâtres, des revues et au cinéma ; la RCA a vendu des milliers de disques de Mambo et ce nouveau rythme a commencé a être demandé dans d’autres pays d’Amerique latine et aux Etats-Unis. La danseuse Tongolele ( « Le futur est dans le Mambo : Tongolele doit en être le ministre » dit Lisandro Otero dans son roman ‘La Situation’ ) et Pérez Prado accaparèrent l’intérêt du public mexicain et leurs spectacles étaient chaque fois plus courus: au même moment la vedette cubaine Ninón Sevilla faisait les premières figures chorégraphiques du genre.

Le Mambo s’est impose pour la modernité et l’ originalité de son compositeur et arrangeur Pérez Prado, mais il faut aussi rendre grâce a un orchestre de musiciens indubitablement de qualité. Ce n’est pas par hasard qu’un musicologue, tant connaisseur des avancées techniques et de l’évolution de l’esthétique musicale comme Alejo Carpentier, ait affirme en 1951 : « Je suis partisan du Mambo, du fait que ce genre nouveau influencera la musique de danse cubaine comme un révulsif obligeant a emprunter de nouveaux chemins. Je crois, de meme que ces autre ‘Mambistes’ convaincus que sont Sergiu Celibidache, Tony Blois, Abel Vallmitjana et d’autres que le Mambo presente quelques traits très dignes de prendre en considération :

  1. C’est la première fois qu’un genre de musique de danse se sert de procédés harmoniques qui étaient il y a peu le monopole de compositeur qualifies de ‘modernes’ – et de ce fait faisait peur a une grande partie du public.
  2. Il y a des Mambos détestable mais ils le sont d’une inventivité extraordinaire tant du point de vue instrumental que du point de vue mélodique.
  3. Pérez Prado, comme pianiste de salon de danse, a un grand sens de la variation, cassant l’ennui du mécanisme des répétitions et des estribillos qui ont tant contribue à enfermer certains rythmes antillais.
  4. Toutes les audaces les interprètes américains du Jazz ont été dépassées par ce que Celibidache appelle ‘le genre musical de danse le plus extraordinaire de notre époque’ »

D’autre part, chaque fois qu’on parle des influences de Pérez Prado comme compositeur et orchestrateur, on mentionne Stan Kenton, bien qu’on n’approfondisse quasi jamais ce sujet. Il est indubitable que lorsque Kenton a enregistré en 1947 El Manisero, de Moises Simons, il fait une orchestration qui « a dans ses dissonances – de seconde mineure projetées dans le registre aigu des trompettes- toutes les caractéristiques du Mambo qu’employait Pérez Prado dans les siens », avant et après de consacrer son rythme au niveau international.

Nous observions néanmoins avec Marshall W. Stearns, que le « paraître […] est superficiel. Dans les arrangements de Prado, la section des six cuivres réalise des exploits prodigieux avec le rythme, l’harmonie et la mélodie, pendant que les saxophones restent plus ou moins au second plan – le contraire du procédé habituel dans le Jazz. Prado complète la performance avec son semi grognement et occasionnellement son semi cri […]. La combinaison est intense et précise, mais sans la pulsation palpitant de [Tito] Puente ou la fusion bien assimilée de Machito. »

Leornardo Acosta expose un point de vue qui differe de celui servit par Stearns : « On a répété jusqu’à satiété que Pérez Prado a accomplit son style particulier en se basant sur les rythmes cubains et sur le format et les orchestrations (ou arrangements) empruntes au jazz, et en particulier du groupe de Stan Kenton. Ce schéma, répandu même par les critiques et historiens du jazz les plus sagaces, et répété par les cubains […], est valide seulement en partie, et nous empêche de voir les véritables réalisations accomplies par le grand musicien de Matanzas. Parce que dans sa manière d’orchestrer, Pérez Prado a procédé pour l’essentiel de manière opposée à celle de Stan Kenton et ses arrangeurs. Plus précisément dans les moments où Kenton augmentait sa section de trombones à 4 et bientôt 5, le cubain utilise un seul trombone qu’il utilise pour des effets comme pedales, accentuations rythmiques ou ‘grognements’. La section de trompettes de Dámaso est montée jusqu’à 5 (comme que Kenton, Woody Herman y otros), mais emploie beaucoup plus les passages à l’unisson, établissant un contrepoint constant avec les saxophones.

De plus la section des saxos fut réduite par Dámaso de 5 à 4 (éliminant un saxo ténor), déjà que l’accord des saxophones employé par Pérez Prado est quasi toujours a l’unisson et le registre grave, et il guarda dans des cas isoles les solos de saxophone dans ‘Mambo in Sax’ ou un duo de sax altos dans ‘La Chula Linda’. Le phrasé des trompettes et des saxophones répond a la polyrythmie qu’établit la percussion, la contrebasse et le piano. En résumé, contrairement a la tendance des orchestrations de Jazz de compacter chaque fois encore plus tous les sons de l’orchestre, jusqu’à fusionner les instruments des différentes sections dans de nombreux passages (tendance qui culmine avec Gil Evans a la fin des années 50), Pérez Prado établit différents plans sonores avec deux registres basiques : un registre aigu avec les trompettes et un autre grave avec les saxophones, les deux en constante opposition et avec une fonction plus mélodico rythmique que mélodico harmonique.

A sa manière la tradition latine s’est imposée a celle de New York des années 40 ; les groupes afro-cubains ont gagné en popularité et ont contribué a ce que le Mambo se répandent avec une grande rapidité. Ce fut Mario Bauzá qui a consolide la fusion de notre musique avec le Jazz, si bien que René Hernández, pianiste et arrangeur de la orchestre Afro-Cubans de Machito, aurait amené les éléments du Mambo dans cet orchestre dont le directeur était Bauzá. Au même moment Chano Pozo enflammait ses congas avec l’orchestre de Dizzy Gillespie en de mémorables concerts au Town Hall de New York.

Machito y sus AfroCubans
Machito y sus AfroCubans

A partir de la le Jazz a emprunté de nouveau chemins tant est si bien que son influence se fit sentir avec plus de force sur la musique qui se faisait a Cuba.

Quand Pérez Prado arrive a New York en 1952, le chemin fut tout trace et rapide pour imposer le Mambo dans cette ville ; si bien que les Mercredi du Palladium se sont convertis en une fête pour les amateurs de ce nouveau rythme, pour ceux qui y participerent comme Pupi Campo, Eddi Carbiá et ses mamboleros, César Concepción, Marcelino Guerra, Machito et ses Afro-Cubans, le pianiste portoricain Noro Morales, les autres boricuas (NDT : portoricains) Tito Puente (El Chico del Mambo) y Tito Rodríguez, et un autre cubain : Gilberto Valdés; tous, d’une manière ou d’une autre, faisaient du mambo.

Ainsi l’enracinement de ce genre musical a New York fut tel que en 1953 le pianiste et arrangeur cubain Joe Loco organisa une tournée qui a embrasse la plupart des villes des Etat-Unis et qui s’est appelée Mambo-USA ; la tournee fut répétée en 1954 avec des musiciens de premier plan comme : Machito et ses Afro-Cubans, Tito Rodríguez, Damirón, Facundo Rivero, César Concepción.

Nombreux furent les musiciens nord-américains qui ne purent echapper a la fievre du Mambo, parmi lesquels Perry Como, Rosemary Clonney, Les Brown, Charlie Parker, Stan Kenton, Woody Herman, Billy Taylor, Art Pepper, Errol Garner, Carl Tjader, Shorty Rogers, Howard Rumsey, Count Basie, Dizzy Gillespie et bien d’autres. De la même manière le Mambo s’est imposé au goût des européens et des asiatiques et fréquents furent les concerts et les enregistrements de Pérez Prado dans différentes ville d’Europe quand il était déjà une idole au Japon.

De tout ce qui a été exposé, nous devons tirer quelques conclusions : le genre musical appelé Mambo a été créé par Dámaso Pérez Prado, et ce qu’il a emprunté du Mambo des frères López ne fut que le nom ‘Mambo’. De la même manière on peut aussi conclure que ni le Danzón Mambo, ni les manières de jouer le Mambos par l’orchestre d’Arcaño ou bien par d’autres groupes, ne constituent, d’un point de vue musical ou du point de vue de la danse, un prédécesseur du Mambo de Pérez Prado; C’est plutôt le chachachá qui le Mambo qui doit sa paternité au Danzón de nuevo ritmo (NDT: d’Arcaño et des frères Oreste et Israel ‘Cachao’ López), et le Mambo fut plus que le résultat d’une évolution de la musique cubaine mais fut une révolution.

En réalité, le Mambo détient plus d’éléments du Son et de la Rumba (mambo batiri), que du Danzón, et ce fut Arsenio Rodríguez le musicien qui a le plus influencé son apparition ; mais si comme lui-même la indiqué le Mambo procède a la source des rituels congos, – un point déjà observe par Fernando Ortiz–, « Il savait tout de son authenticité » d’après Natalio Galán, et elle se reflétait dans sa manière de la jouer au Tres. Il est donc beaucoup plus correct d’accepter ces antécédents avec leur propre nouveauté, et de considérer que le Mambo prendra ensuite des caractéristiques différentes de celles de ces prédécesseurs, plus attaches aux sources folkloriques (afro-cubaine), et ceci détermine le fait que Arsenio Rodríguez est resté « au seuil de ce qui sera en 1946 le ‘Mambo a la Pérez Prado’, et qui ne cessera pas de se transmuter en des styles dérivés».

Ceci dit, toutefois, de doit pas nous faire oublier que Arsenio au Tres et Israel Cachao López avec son travail, apportèrent « la marque du Tumbao dont le rythme croisé du ‘cencerro’ (NDT: la campana , la cloche) prolonge ce jeu en 2 cadences que les autres ont résolu en une seule et qu’on a écoute comme étant le Mambo […] ».

Le Mambo n’a pas cessé de se cultiver, et a été reflété dans de nombreuses œuvres, dont celle des Mambo King ou ils chantent des chanson d’amour, de Oscar Hijuelos, et au cinéma dans le film « Mambo King », basé sur le roman de leur vie, et ou jouent les artistes les plus populaires du monde latino-americain de New York, et dans « Yo soy del son a la salsa », du réalisateur cubain Rigoberto López. Une nouvelle génération de compositeurs cubains et étrangers a fait ces dernières années des incursions dans le Mambo, autant dire que ce style garde sa vigueur comme genre musical.

Article paru à Cuba en espagnol dans La Jiribilla en Aout 2001 :

http://www.lajiribilla.cu/2001/n16_agosto/474_16.html

Traduit et annoté par Leonel
Remerciements à Raymundo972 pour ses révélations !

Les danses cubaines

Un tour d’horizon des danses cubaines avec vidéos illustratives.

 CASINO

On appelle « Casino » la danse en couple inventée au Club Casino Deportivo de La Havane. Elle prend ses racines dans le son cubain et le couple se déplace essentiellement en décrivant des cercles successifs. C’est avant tout une danse de la rue, populaire et sociale. En se développant, elle a intégré les pas afro-cubains et les passes se sont complexifiées.
   
   
 
RUEDA DE CASINO
Elle est composée de figures qui une fois connues permettent alors de former la « Rueda de Casino ». Le principe, tous les couples formes une ronde, un des danseurs annonce les passes à exécuter, cet exercice demande synchronisation et précision dans les déplacements. La nécessité de mettre en œuvre des chorégraphies et de divertir les spectateurs a provoqué l’apparition de nouvelles conceptions spatiales. Il a été ainsi rendu indispensable de nommer chacune des figures, combinaisons de passes, gestes et directions, pour pouvoir les exécuter à l’unisson et, surtout, de comprendre l’appel du guide.
   
   
 
SON
Le son avec ses différentes variantes locales, nengon, kiriba, changüi, sucu-sucu, constitue l’épine dorsale de la musique cubaine et de la salsa. Le Changüi dont le rythme est plus abrupt, est constitué de textes humoristiques. Les danseurs évoluent comme pour le son, mais avec un placement différent des accents. Le Sucu-Sucu est une variante du son naît dans l’Ile des Pins (Cuba) à la fin du XIXème siècle. Le terme s’applique à la fois au genre musical, à la danse, et à la fête où on les pratique. Par de nombreux aspects, le sucu-sucu s’apparente au son montuno : un soliste improvise, en réponse à un choeur qui répète un passage fixé, accompagné par les instruments. La danse se pratique en couples, l’un des bras de l’homme se glisse derrière le dos de sa partenaire ; son autre bras, étendu, s’enlace avec l’un des bras de sa cavalière… …Comme dans le son, les épaules et les hanches ne bougent pas. (Maria Teresa Linares : El Sucu-sucu de Isla de Pinos, 1967).
   
   
  
RUMBA BRAVA
Synonyme de réjouissance, elle est fête profane et danse. La Havane et Matanzas en sont les deux pôles. La Rumba se décline en 3 styles de danse :
   
 
Yambu
Cette danse afro-cubaine est un des trois styles qui compose la Rumba. Elle est d’origine urbaine et est un des styles les plus anciens. On retrouve sa présence depuis la moitié du 19ème siècle. Danse lente, de mouvements cérémonieux, met en scène la coquetterie de la femme face à l’homme. Les mouvements sont calmes et lascifs, mais, afin de prouver sa vigueur, l’homme peut saisir entre les dents un mouchoir posé par terre. La femme est mise en valeur, l’homme ne tient qu’un rôle secondaire. Elle se distingue du Guaguanco car on n’y pratique pas le « vacunao », tentative de l’homme de toucher le sexe de la femme. Les partenaires simulent parfois les douleurs qu’ont les vieillards en dansant.
   
 
Columbia
Très rapide, les danseurs se défient (desafio), font étalage de leurs qualités (alarde) et de leur virilité en improvisant un dialogue avec le quinto. Les mouvements sont exagérés et désarticulés, imitant boiteux, épileptique, boxeur, cerf volant, joueur de base-ball, coupeur de canne… Dérivée des danses Congos et exécutée en couple à l’origine, la Columbia sous l’influence du mani fut réservée aux hommes. Elle comprend plusieurs pas dont la meta (nom également d’un rythme de Santeria consacré à Chango), le refrazo, le palatino, le habanero et la columbia proprement dite. Les columbianos s’accrochent de couteaux aux pieds (comme des éperons des coqs) ou les tiennent à deux mains. Les plus illustres columbianos : Papa Montero, Malanga (José Rosario Oveido), d’ascendance Congo, Andrea Baro, issue d’une famille arara et permièere femme à oser danser la Columbia….
   
 
Guaguanco
L’érotique Guaguanco apparaît à la Havane au milieu du XIXe siècle. Plus enlevé que le Yambù, les partenaires simulent la parade nuptiale, et culmine par un mouvement des hanches très explicite appelé  » vacunao « , symbole d’accouplement. La danse représente la poursuite amoureuse de l’homme vers la femme, celui-ci désire la « vacciner », il tente de la toucher généralement avec son pied (vacunarla : métaphore sexuelle), celle-ci essaie d’éviter l’attaque, d’une manière picaresque et grotesque. Si la femme se rend et accepte ses avances, il lui prend parfois la tête entre les mains et lui embrasse le front pour lui signifier qu’elle lui appartient. A travers cette persécution et fuite, le couple démontre sa virtuosité de danseur. Aujourd’hui, on pratique beaucoup le « vacunao » en le suggérant parfois avec d’autres parties du corps et un foulard.
   
   
 
YORUBA / LUCUMI
Issue des danses des Orishas, dieux de la Santeria, au son des bata, tambours sacrés et parlants yoruba joués seulement par des initiés, ou des shekere (grosses gourdes entourées de filets munis de verroterie. Chaque Dieu possède ses propres rythmes, ses danses et ses chants, ses traits de caractère, ses attributs, ses couleurs et le zélateur visité par l’un d’eux en adopte parfois le comportement durant la transe. Il existe deux catégories de danses. Les indépendantes, où les danseurs groupés face aux tambours dansent de façon introvertie et sans relation entre eux. Les danses collectives (Aro de Yemaya) formant un cercle où l’on se déplace en sens contraire des aiguilles d’une montre. Dans un wemilere, c’est Eleggua qui ouvre et ferme la danse des dieux…Et lors des Bembé semi-profanes, on danse avec les dieux sans les implorer sous le rythme des congas.
   
   
 
CONGA/COMPARSA
Danse populaire qui trouve son origine dans les festivités des esclaves noirs qui faisaient de la musique pendant les carnavals avec tambours, clochettes, poêles et trompettes. Elle est décrite par Alejo Carpentier comme un  » ballet ambulant  » des défilés du carnaval.
FiestaCubana.net Awards 2006

HABAN’AHORA, à découvrir ahorita !!!

061228 une

HABAN’AHORA sort de l’oeuf et sort également un 4 titres qui désouderait tout sceptique de sa fausse…idée… Juan Carlos Avila, ex bassiste de Pedrito Calvo y la Justicia, est son fondateur et directeur de l’Orchestre. Juan Carlos vit désormais en Italie, à Brescia. Il a décidé de monter cet orchestre pour pouvoir exprimer et composer sa propre musique. Il déclare en toute honnêteté être influencé par los VAN VAN, sans aucun doute après avoir fréquenté pendant des années Pedrito Calvo… Comment ne pas l’être ?

Les compositions sont excellentes :
« Tremenda Changana » avec une rythmique et sonorité fortement influencées du ritmo pilon de Pachito Alonso dans ses meilleurs jours, et « Interesada » toute en finesse. Ces deux chansons sont interprétées par Pedrito Calvo Junior (fils de Pedrito Calvo en personne !). Pedrito Calvo Jr nous montrait déjà toute sa capacité vocale essentiellement sur le très bel album de Pedrito Calvo y la Justicia : « Raices ».

 

images articles 061228 avilaimages articles 061228 calvojr lenia
Juan Carlos AvilaPedrito Calvo Jr. et Lenia Diaz

« No es pa’ tanto » chantée par une jolie cubaine qui promet déjà : Lénia. Superbe voix appuyée par un tumbao de piano copié-collé sur César « Pupy » Pedroso en solo ou à l’époque des VAN VAN… Sans aucun doute la meilleure chanson…

3 tubes de très grande qualité… Inutile de dire que des Dj’s en feront sans aucun doute bientôt une rallonge pour atteindre vos tympans avertis…

Juan Carlos annonce déjà une future production… Le plus tôt possible sera le mieux !

images articles 061228 scene1images articles 061228 scene2
Pedrito Calvo Jr. et Lenia DiazPedrito Calvo Jr. et Eugenia Samon

LE DISQUE :
« Tremenda Changana» (2006, Miami Discos)
Tremenda Changana 5:01
No es pa’ tanto 4:03
Paradiso 3:07
Interesada 5:35

L’ORCHESTRE HABAN’AHORA :
Piano : José Antonio MONTES « pepe salsa » (ex Paulito)
Claviers : José Marcos CREGO (ex Klimax)
Basse et Directeur Musical : Juan-Carlos AVILA (ex Pedrito Calvo y la Justicia)
Percussions : Walter « Chato »REBATTA (A travaillé entre autres avec Celia Cruz, José Alberto El Canario , Ray Sepulveda…)
Trombone : AMAURY PEREZ ( ex Issac Delgado et tant d’autres !)
Trompette : Eugenio SAMON
Chanteurs : Pedrito CALVO Jr (ex Pedrito Calvo y la Justicia) ; YANI (ex La Frontera, ex choriste de Pedrito Calvo y la Justicia) ; Lenia DIAZ (nouveau talent prometteur !)

images articles 061228 lenia
Lenia Diaz
FiestaCubana.net Awards 2006

Son Candela, sortez de l’ombre !!!

061223 une

Voilà un groupe qui mérite bien plus que ce qu’on lui a réservé jusque là… FiestaCubana a sa raison d’être comme modeste moyen d’attirer les feux de la rampe sur ce groupe méconnu et pourtant fondé en Août 1997 !

Son Candela est l’initiative d’Adalberto Avila Martinez, directeur et bassiste du groupe. Son parcours ? Conjunto Roberto Faz, Conjunto Casino et Adalberto Alvarez… Ses arrangements, ses compositions, son mélange de styles font de sa musique un Son très tonique…

Son premier album « Llega, pero no te pases » sorti en 2000 chez Cuba Chevere avait déjà à l’époque éveillé ma curiosité… Les morceaux « Pegate a home » et « Llega pero no te pases » sont de purs bijoux de compositions, de variations et de breaks…Des parrains-invités de prestige : Raul Planas (Afro-Cuban All-Stars) , Cesar « Pupy » Pedroso, Hugo Morejon (Los Van Van) au trombone, Pancho Amat au Tres, Manolito Simonet et Carmelo Llanes (Charanga Habanera) à la Trompette !!!

Puis plus rien…et en 2004 sort sur un label italien , peu, voire pas distribué, un album avec des morceaux d’une force et d’une richesse de composition qui me laissent perplexe… Pourquoi « Ella quiere fiesta » chez Avanti Records est-il resté dans l’ombre ?! Ecoutez les 5 premiers morceaux de l’album « Ella quiere fiesta » (un tube aux sonorités Van Van!!), « Te voy a dar lo que te toca » (un hommage évident au maître Adalberto Alvarez et son « A bailar el toca toca »), « No me digas que no », « Que se mantenga », « Mi vecina »… Ces 5 morceaux méritent l’achat de ce disque fort difficile à trouver…Et puis une voix vous rappellera sans aucun doute quelque chose : Lester Ciarreta, chanteur sur le « Toque natural » d’Azucar Negra et sur le dernier Maikel Blanco « Recoge y vete ! »

« Llega, pero no te pases » (2000, Cuba Chevere)

images articles 061223 llega
Prepárame Bailadores 1:45
Pégate A Home 5:24
Como Les Gusta 4:39
El Que La Tira Buena 5:10
Llega, Pero No Te Pases 5:23
Vamos A Celebrar 4:53
Idilio 4:18
Suena Bien 5:25
No Me Mires Más Así 4:29
Por Siempre Tú Y Yo 5:26
Mañana Qué?… 4:34
Llega, Pero No Te Pases (Radio Edit) 3:47

« Ella quiere fiesta » (2004, Avanti Records)

images articles 061223 fiesta
Ella quiere fiesta.
Te voy a dar lo que te toca.
No me digas que no.
Que se mantenga.
Mi vecina.
Que vienes buscando ahora.
Malditos celos.
¡ Ay dios revísate !
Lo tuyo llega.
Recoge que se acabo
FiestaCubana.net Awards 2006

Interview de Maikel Blanco

06 salsamayor une

L.R: Merci Maikel ! Nous souhaitons te remercier pour le concert d’aujourd’hui qui fut super super bon.

M.B: Non, merci à vous et c’est un plaisir que vous soyez ici que nous soyons entourés de bonnes personnes.

LR : Ma première question est la suivante. Je te connais d’un disque que tu as fait sous ton propre nom : Maikel Blanco y La Suprema Ley « Ya Llegaron los Cubanos »”¿

MB : J’avais une première formation qui s’appelait « Suprema Ley » qui est ensuite devenue un groupe de Salsa « Salsa Band » mais comme il a fallu changer de nom et que nous nous sommes réuni avec un groupe qu’avait déjà Javier Soto Mayor, Javier a donné son nom et moi j’ai fait le reste et le groupe d’aujourd’hui en est le résultat, nous formons maintenant « Salsa Mayor ».

LR : Mais les mêmes musiciens du premier projet sont restés ?

MB : Au début oui, puis quelques-uns ont changé et maintenant au niveau où nous en sommes presque tous ont changé pratiquement.

LR : Nous savons que tu as travaillé avec Tirso Duarte. Nous sommes des admirateurs de ton travail et du travail de Tirso Duarte. Tu peux nous parler de votre amitié et votre relation ?

MB : Eh bien oui, c’est un ami, un camarade et un musicien de la compagnie discographique avec laquelle j’ai fait le disque « Ya llegaron Los Cubanos ». Je travaille aussi comme producteur discographique et les 2 disques que nous avons faits, j’en ai été le producteur. Je fus Ale producteur et arrangeur du premier disque de Tirso et du dernier qu’il vient de faire.. Et qui va sortir bientôt.. J’en fus seulement le producteur, il en a fait les arrangements.

Oui, nous sommes des amis et on est bien ensemble aussi dans la vie personnelle. D’habitude il vient à nos concerts mais aujourd’hui il n’est pas ici, il est en tournée.

images articles 061130 leoymaikel
Leonel R. y Maikel Blanco

LR : Tu lui diras que Zaida et Leonel sont venus à Cuba et que nous le saluons. Nous l’aimons beaucoup et il nous manque. Nous l’admirons tout autant que nous t’admirons. Nous aimerions savoir d’où tu viens, quelle est ton éducation musicale, dans quelle école tu as été.

MB : J’ai d’abord étudié en amateur. D’abord au conservatoire de Guanabacoa (NDLR : banlieue populaire de La Havane) et ensuite au conservatoire Amadeo Roldan (1). Mais j’ai étudié les percussions puis la vie m’a fait opter pour le piano et maintenant je travaille. J’ai travaillé dans des groupes comme clavier, comme choriste, directeur musical, arrangeur, producteur comme je te le mentionnais tout à l’heure. En ce moment ce qui m’intérèsse c’est le piano parce que j’ai la force de la percussion et j’ai déjà monté des tumbao et j’ai des élèves de l’étranger, de Martinique, de Porto Rico ou d’autres endroits qui viennent apprendre la technique de main gauche que j’utilise. Et sincèrement, ce que j’y mets c’est surtout beaucoup de mon coeur et beaucoup de technique.

Je me sens très content qu’il y ait des gens qui traversent la frontière de Cuba pour venir s’intéresser a mon travail comme pianiste.

LR : Je crois que le travail sur ordinateur t’intéresse aussi ? En tout cas c’est l’impression que donne la vidéo et parfois le travail sur le son, notamment dans « Recoje y Vete ». Même si il n’y a encore aucun disque de Salsa Mayor à la vente aujourd’hui (NDLR : interview en Avril 06, depuis le disque « Recoge y Vete » est sorti chez le label ENVIDIA)

MB : Mais si, il y en a un ! Il y a un disque qui s’appelle « Si quieres Quiereme ».

LR : Quand est-ce qu’il va sortir à la vente ?

MB : Ce qui se passe à Cuba, c’est que les touristes entre et sortent. Mais le disque ne sera pas dans cette boutique. (NDLR: Interview dans la boutique de la Casa De La Musica -EGREM (2) dans Centro Habana). Il n’y sera pas car la compagnie avec laquelle nous avons enregistré ne commercialise pas à Cuba. Nous essayons de nouer une relation entre notre compagnie et la EGREM pour voir si finalement nous pourront vendre notre travail, nos disques dans les magasins de la EGREM. Mais le disque se vend en Espagne, aux Etats-UniAs, en Italie, en Europe.

LR : Avec Envidia !

MB : Oui, avec le label Envidia.

LR : Envidia est très bien promotionné en Europe. Tous le gens comme Michel Maza, Arnaldo Jiménez.

MB : Arnaldo a beaucoup travaillé avec moi.

LR : Nous savons que Arnaldo est un génie et nous devons vous remercier de représenter la nouvelle génération qui développe avec Tirso, toi, Arnaldo Jiménez, etc. un son nouveau de la musique cubaine tout en respectant la tradition. Une autre question malgré tout. On entend des références très claires dans la musique de Salsa Mayor à « Llego La Musica Cubana » de Manolito Simonet y su Trabuco, ou bien à « Por encima del nivel » de Los Van Van. Que peux tu nous dire de ces références ? Ce sont des hommages ou des remerciements ?

MB : Simplement c’est que, ce que j’aime dans la musique de Formell, et dans celle de Manolito que j’admire beaucoup, ce sont toutes ces informations de la musique cubaine qui nous viennent depuis tout petit, et que j’emploie dans mes arrangements, dans ma propre sphère. Cela mis à part, ce qui m’intéresse le plus c’est faire de la musique pour faire danser. Il s’agit plus de la musique pour les danseurs qui mélange de nombreuses saveurs, plus que délicieuses, en incluant certains instruments ou certains arrangements pour les développer mais la base fondamentale c’est « El Sabor » (ce goût ) et cette « Cubania » (NDT : « Cubanité ») qui nous a toujours caractérisé depuis qu’a commencé le Son, depuis Formell, Manolito, etc..

images articles 061130 concert2
Salsa Mayor en concert

LR : Il y a 13 musiciens dans Salsa Mayor mais il n’y a pas de violons bien qu’on entende beaucoup l’influence des charangas, de Los Van Van, de Manolito, de Aragon, de tous ces groupes. Comment se fait il qu’on écoute ce son sans les violons. C’est le clavier ? Salsa Mayor développe un son puissant a la « Los Van Van », a la « Pupy » mais avec seulement 13 musiciens ? C’est quoi la formule ?

MB : Je crois que la formule vient de quand on commence à composer…la composition et les arrangements. Malheureusement j’aurais aimé travailler avec des violons. Mais bon ! Nous ne pouvons pas…car nous venons à peine de commencer et on ne peut pas se permettre le luxe d’avoir 15 musiciens avec violons et flûte. Pour la flûte aussi..Il y a des morceaux où nous jouons avec un flûtiste et j’ai des arrangements avec de la flûte. En ce moment je n’ai pas de flûtiste mais j’ai la flûte au piano. Je veux dire que le flûtiste Apeut être fait par le clavier. Au final toute la « Cubania » est là, présente, avec la composition, les arrangements…Et la manière de se lancer et de présenter sur scène.

LR : C’est vrai que Salsa Mayor s’écoute comme une musique pour les danseurs et nous l’avons bien vu aujourd’hui à La Casa De La Musica de Galiano, tout le monde était debout depuis la première chanson pour danser. Tu dois savoir que les membres de FiestaCubana.net et notre collectif de DJs aiment beaucoup la musique de Salsa Mayor bien que Salsa Mayor ne soit pas encore disponible a la vente. Il y a des articles sur vous, et les danseurs en France dansent déjà sur Salsa Mayor. Il y a un morceau que vous n’avez pas joué aujourd’hui qui dit comme ça :

«Somos Cubanos»
« una C.. una U,.. una B.. una A.. que dice ? CUBA ! »

MB : Nous avons beaucoup de morceaux. Nous avons un répertoire en vue du public que nous avons créé. La prochaine représentation du Lundi, si tu peux faire un petit tour, au mieux je te la dédicacerai !

LR : Qui est la personne qui compose. C&rsqAuo;est toi qui propose ou bien c’est le groupe ?

MB : Tous les morceaux qu’on a joués aujourd’hui sont de moi. Il y a un autre chanteur qui compose et les arrangements nous les faisons ensembles. Et tous les morceaux provenant de compositeurs extérieur au groupe, je les prends et les ajoute au répertoire.

LR : Quels sont vos projets en dehors de Cuba ? Une tournée en Europe, en Italie, en France ?

MB : Nous autres sommes un peu superstitieux. Mais bon !… Nous faisons tout pour cela. Nous avons pas mal de connections, nous somme en rapport avec notre compagnie (NDLR: Envidia) et il y a déjà des gens qui se sont intéressés au projet, des impresarios de Rome, Italie, mais à ce jour nous n’avons pas de dates. Tout est ouvert pour le moment.

LR : Vous devriez continuer avec vos vidéos parce qu’elles sont super bonnes et je pense que c’est une manière de vous promouvoir qui vous a déjà beaucoup aidé. Nous vous avons découvert ainsi par votre clip sur Internet.

MB : Maintenant nous sommes en train de préparer un autre projet, cAomment on va travailler, et je crois que l’on va encore mieux reconnaître le travail de l’orchestre. On va voir dans les prochains mois. On a beaucoup d’attentes.

LR : Qu’est ce que tu peux nous dire de Soto Mayor ?

MB : Et bien Soto Mayer fait partie du groupe, dans la partie administrative, il s’est beaucoup investi dans notre travail. On se réunit souvent, il entretient de très bonnes relations avec nous et il appartient à la direction du groupe.

LR : C’est le parrain ?

MB : Oui. Mais aussi le représentant de notre pays. Une personne formidable avec laquelle on a déjà bien travaillé. On verra où l’avenir nous mènera.

images articles 061130 concert1

(1) Amadeo Roldan (Paris, 1900-La Havane, 1939) Violoniste et compositeur cubain. Il a étudie à Madrid avec C. del Campo. Il a développé un travail remarquable comme violoniste et comme directeur d’orchestre à La Havane. Son oeuvre, synthèse de la tradition européenne et afro-cubaine, a assis les bases de la nouvelle école de la musique cubaine.
Le Conservatoire Amadeo Roldan de La HAavane est très connu et c’est de cette institution que sont issus :

  • Randolph Chacón Paz, bassiste de la Charanga Habanera
  • Juan Manuel Jiménez Chávez, trompetiste de la Charanga Habanera
  • Tirso Duarte, pianiste de la Charanga Habanera, de Pachito Alonso, Chanteur de NG La Banda, Pupy, Afro-Cuban All Stars
  • Sandier Ante Fajardo chateur de la Charanga Habanera, Charanga Forever,
  • Jorge Emilio Maza Valdés, flutiste et saxophoniste de la Charanga Habanera, Cubanismo
  • Joaquín « El Kid » Díaz Ochoa, chanteur de Manolin, Paulito, NG La Banda, Tiemo Libre
  • Roberto Carlos « Cucurucho » Rodríguez Valdés, pianiste de Los Van Van, Paulito FG, Issac Delgado, Charanga Forever, Charanga Habanera
  • Adalberto « El Bamba » Domínguez, bassiste de Azúcar Negra
  • Harvis Cuni Padrón, trompetiste de Klimax, Azucar Negra
(2) EGREM : entreprise discographique de Cuba, studios d’enregistrements, production et distribution de musique. Propriétaire des fameuses Casa De La Musica.