Lors de mes visites à Santiago de Cuba, j’ai été frappé par la vitalité des orchestres de musique traditionnelle dans cette ville. Los Guanches, Las Perlas del Son, Morenas Son, Septeto de la Trova, Bisset Son : autant de formations de grande qualité qui peinent parfois à se faire connaître en dehors de Cuba et même de Santiago. Et pourtant, quelle source extraordinaire, peut-être unique, de talents, dont chacun mériterait qu’on lui rende longuement hommage, voit-on surgir là, loin des grandes scènes internationales !!!
Il m’a donc semblé que mon « devoir » minimal de voyageur de passage amoureux de cette musique consistait à faire un peu mieux connaître ces artistes de talent. J’ai donc entrepris de réaliser un petit répertoire commenté (et illustré musicalement) des orchestres de Son à Santiago.
Qui n’a pas entendu un prof de salsa nous parler de « danser sur la clave » en cours de danse ou en stage ?
En général on écoute et on acquiesce, même si on ne comprend rien. Et quand on ose poser des questions, on n’a pas forcément des réponses très claires. Et cela s’assombrit et devient souvent confus quand on commence à parler de clave de son, de rumba, de clave 3-2 et de clave 2-3… Je vais essayer de vulgariser ci-dessous ce que j’ai compris, après de nombreuses lectures et échanges avec les amis danseurs et musiciens (merci les amis !!!)… Merci donc de lire cela avec un peu d’indulgence et de recul, et surtout que les musicos ne me tapent pas trop sur les doigts, le but étant de vulgariser un maximum pour les danseurs. Pour celles et ceux qui veulent approfondir, des liens sont disponibles en fin d’essai. A noter : Cet essai n’a pas pour vocation de définir ni de référencer les différents types de claves, ainsi que les différentes façons dont celles-ci sont actuellement jouées par les musiciens. Il s’agit d’apporter des éléments de réponse à l’expression “danser sur la clave”, ou plus précisément “danser sur le temps ou le contretemps de la clave”. Cette expression se base sur les règles du Son « traditionnel » cubain. Or, comme nous le verrons dans la partie “prise de chou”, dans les musiques plus modernes, les musiciens se sont mis à “jouer” avec la clave, de telle façon qu’elle peut être perçue comme étant “inversée” (à juste titre ou pas). Les repères du danseur qui se base uniquement sur la clave peuvent donc être confus par rapport à la musique, ou le ressenti de la phrase musicale, c’est pourquoi la clave doit être utilisée comme un repère parmi d’autres (piano, congas, etc…). Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur la clave, elle a elle-même un sujet sur le forum. L’objectif n’est donc pas de définir une vérité absolue, mais de démystifier la clave et sa relation avec le danseur, en replaçant l’expression « danser sur la clave » dans le contexte dans lequel elle a été à la base utilisée.
1er postulat : le danseur et ses comptes
Pré-requis : rester humble par rapport aux notions de solfège, qui sont bien complexes pour les non musiciens. Pour de ne pas nous perdre dans des considérations de partitions ou autres subtilités, intéressons nous à ce qui est important pour le danseur : les repères sur ses comptes. Afin d’avoir un référentiel cohérent, nous compterons le cycle d’une clave et d’un pas de base sur 8 comptes, 8 comptes qui encadreront aussi une phrase musicale. On appellera “temps” les comptes impairs (1, 3, 5, 7) et “contretemps” les comptes pairs (2, 4, 6, 8).
2nd postulat : se mettre d’accord sur les Claves (Son, Rumba, 3-2, 2-3…)
Un autre postulat, côté musique… A la base, dans la musique cubaine, on parle de clave de Son, et de clave de Rumba. Les notions des 3-2 et 2-3 seraient surtout dues aux normalisations américaines de la clave, et sont surtout utilisées dans les musiques plus modernes. A la base, la clave se notait en 2/4. Elle est désormais notée en 4/4. Dans des notations 4/4, ces claves ont la forme suivante : Clave de Son
Clave de Rumba
Avec les comptes :
On voit que dans les deux partitions de ces claves, on a 3 notes (appelées « tresillo ») dans la 1ère mesure, et 2 notes dans la seconde mesure. ⇒ On parle donc de clave 3-2.
Dans la musique cubaine moderne, avec comme groupe précurseur La Charanga Habanera, les musiciens se donnent la possibilité d’inverser les deux mesures de la clave de Son, et donnent naissance à une forme 2-3 : De par la multiplicité des appellations et notations, une certaine confusion est fréquente chez les danseurs, dont certains finissent par appeler la clave de Son : « clave 3-2 » et la clave de Rumba : « clave 2-3 », ceci à cause de la sonorité de la clave de Rumba (les 3 dernières frappes de la clave de Rumba sont rapprochées à l’écoute). Pourquoi ce rappel ? Parce que même si la clave se décline de différentes façon dans la musique moderne, l’expression “danser sur la clave” tire sa quintessence de la clave “traditionnelle” de Son en 3-2. Maintenant que les choses ont été éclaircies côté clave, on passe à la danse…
Danser sur la clave – musique traditionnelle
Ces expressions s’appliquent de manière traditionnelle à la clave de Son, dans sa forme 3-2 donc, clave utilisée de façon majoritaire dans les chansons cubaines sur lesquelles on dansait le Son, puis le Casino. Les explications suivantes correspondent à mon avis au sens premier de l’explication de l’expression : « danser sur le temps ou le contretemps de la clave ».
Danser sur le contretemps de la clave On a vu que les danseurs comptaient les paquets de phrase sur 8 comptes. Sur ces 8 comptes, les comptes de la clave de Son sont 1 / 2,5 / 4 / 6 / 7.
Sur ces 8 comptes, les danseurs posent 6 appuis. Ce qu’on appelle danser sur le contretemps de la clave, c’est danser sur les comptes 2 / 3 / 4 / 6 / 7 / 8. Les temps 4 / 6 / 7 sont donc communs au pas de base sur le contretemps et à la clave. Quand on danse sur la clave à contretemps, il est plus simple de démarrer sur le premier compte en commun, le temps 4, troisième tape du tresillo, qui sera un premier appui « long », suivi des deux autres pas, calés sur les deux tapes 6 et 7. ⇒ le démarrage sur la dernière tape du tresillo laisse au danseur le temps de démarrer et préparer les deux pas suivants, en harmonie avec les deux dernières tapes de la clave. Les pas 8, 2 et 3 ne sont pas explicites sur la clave, même si implicitement il est facile de placer le pas sur le compte 8 (3ème pas du pas de base, respiration entre la fin d’une clave et la suivante), et de reprendre son cycle de pas de base dans la continuité. (Autre repère pour le 8 : les percussions, et notamment les congas.)
Se pose maintenant la question de : sur quel pied on démarre ? Plusieurs réponses possibles : l’un ou l’autre, tant que tu es en rythme, les deux sont justes, ou pied gauche sur le 4 pour le garçon (donc droit pour les filles), car c’est comme ça de façon traditionnelle… Mais de manière traditionnelle pour le voisin, cela peut-être l’inverse. Au final, si l’on souhaite vraiment normaliser, le pied gauche garçon sur le 4 semble le plus approprié, et reste cohérent avec l’exécution de mouvements ou déplacements sur la phrase musicale. Exemple : un dile que no de Son sera alors calé sur les comptes « 2 3 4 – 6 7 8 », donc dans un paquet cohérent de la phrase musicale (et non pas à cheval sur deux phrases musicales). A noter : j’ai déjà entendu dans des cours de Son avec un prof qui ne se cale pas sur la clave mais sur la phrase musicale, qu’il faut démarrer pied droit garçon sur le compte 8, ce qui revient au même que de démarrer à gauche sur le 4. Remarque : le démarrage sur le contretemps de la Clave n’est bien sûr facilité qu’avec la Clave de Son, puisque le temps 4 n’est pas explicitement marqué dans la Clave de Rumba ⇒ pour celle-ci, surtout utilisée dans la musique dansante moderne, on préférera danser sur le temps… C’est pourquoi certaines personnes qui appellent à tort la clave de Rumba “clave 2-3” disent qu’ils dansent forcément sur le temps sur la clave 2-3. Le schéma ci-dessous reprend une préconisation, et reste “une” vérité parmi d’autres :
Danser sur le temps de la clave Rappel : les temps de la clave de Son sont 1 / 2,5 / 4 / 6 / 7. Danser sur le temps de la clave, c’est danser sur les temps 1 / 2 / 3 / 5 / 6 / 7. Les temps 1 / 6 / 7 sont donc communs au pas de base sur le temps et à la clave. De façon à commencer le pas de base sur un appui long, pour être plus élégant avec sa cavalière et ne pas la « surprendre », il est conseillé d’utiliser le temps 7 pour démarrer (fin de la clave). Le cycle de pas de base redémarrant sur le temps 1 (démarrage de la clave). Afin de conserver un cycle de pas de base avec 1 pied gauche pour les garçons, il leur est conseillé de démarrer sur le 7 pied droit. Remarque : danser sur le temps de la clave avec les repères évoqués est très facile avec la clave de Rumba, qui partage les comptes 1, 6 et 7 avec le pas de base. C’est l’utilisation de la clave de Rumba dans les musiques cubaines dansantes qui a certainement favorisé la danse sur le temps. Il n’est pas impossible que certains danseurs choisissent de danser à contretemps quand ils entendent une clave de Son (jouée par la clave, ou transpirant des autres instruments, comme sur “Me Mantengo” de Los Van Van), et sur le temps quand ils entendent une clave de Rumba.
Pourquoi danser sur le temps de la clave n’est pas danser sur les temps 1 / 3 / 4 / 5 / 7 / 8 ? Je crois que c’est un débat aussi à Cuba. Cette façon de danser est appelée « montado » par certains, à interpréter “à cheval”, entre deux temps. (Cette expression est également utilisée par les danseurs lorsque certains dansent le chachacha de façon décalée sur la musique.) On serait tenté d’expliquer ceci par la cohérence de l’exécution de mouvements ou des déplacements avec la phrase musicale (1 dile que no sur 1 phrase comptée). De plus, quand on apprend le pas de base, on l’apprend majoritairement sur un cycle “vite-vite-lent”, compté “1-2-3 et 5-6-7” ou “1-2-3 et 4-5-6”, voire “1, 2, 3 et 1, 2, 3”, mais je n’ai jamais entendu compter “3-4-5 et 7-8-1” ou vice-versa. Que les pas soient en phase avec la phrase musicale semble logique. Autre bémol : je ne vois pas non plus comment caler son départ en pas de base sur la clave quand on est atrevesado. En effet, il n’y a pas deux comptes consécutifs du pas de base en harmonie avec la clave, contrairement aux 4/6 sur le contretemps et 7/1 sur le temps. Vu les débats entre les danseurs sur le 1 et les danseurs sur le 3 (= 1 côté), il doit bien y avoir une justification, mais je ne la connais pas… Une des explications entendue sur cette façon de danser, serait une interprétation dérivée du pas de Son sur des repères musicaux qui sont passés du contretemps au temps (repères musicaux sur certaines lignes de basses, qui seraient passées du contretemps au temps lors du voyage de la musique de l’Oriente vers la Havane). Quoiqu’il en soit, mes limites sur ce sujet sont largement atteintes. Cependant, je vous fais part de cette anecdote intéressante : un prof Cubain que je connais dansait tout le temps “atrevesado” en s’époumonant “la clave, la clave”, et quand je lui posais la question, il me répondait “la clave” (sous-entendu, tu peux pas comprendre, c’est un truc de Cubain). Les dernières fois où je l’ai vu danser, il dansait sur le 1 😉
Prises de chou sur la clave
Ceci étant dit, il faut à présent être conscient que ces notions de danser sur la clave sont pertinentes sur les musiques traditionnelles cubaines, notamment le Son traditionnel, sur lequel la clave est très présente et constitue un repère aisé. Cependant, sur les musiques actuelles, même si la rythmique de la clave transpire dans l’interprétation musicale, que ce soit sur les accents musicaux de certains riffs de cuivre, de tumbaos de piano, etc, l’instrument caractéristique en lui-même n’est plus présent tout le long du morceau, et il est difficile, pour celui qui apprend à danser, de danser « sur la clave ». C’est pourquoi il est préférable pour le danseur d’appréhender la phrase musicale plutôt que de chercher la clave à tout prix.
De plus, on va le voir plus bas, mais l’appréhension du sens de la clave et/ou de la phrase musicale, peut changer en cours de morceau. Qu’est-ce qui se passe ? Je commence sur le 1, je me retrouve sur le 5 puis je reviens sur le 1 (ou pas) 😉 ⇒ Ma perception de la phrase musicale est perturbée Super fréquent sur du Van Van, ou par exemple sur “Tengo” de Pachito Alonso y sus Kini Kini
Exemple sur “Tengo” : sensation de passage du 1 au 5 à la 47ème seconde, et retour du 5 au 1 à 1 min 17 Que se passe-t-il ? D’après ce que j’ai compris, cette perception peut être induite par une anacrouse : la partition musicale commence par un silence. Dans ce cas, le danseur, qui compte quand il entend la musique, ne sait pas que celle-ci est décalée d’une mesure. A l’occasion d’un break, ou d’un pivot de la partition (la première partie s’arrêtant sur un nombre de mesures jouées impaires), on a le sentiment que la musique “change de 1”. Si la partition commence en anacrouse, la première partie de la clave débutera par un silence, et l’on entendra en début de morceau les 2 tapes de la clave 3-2, et l’on commencera à compter la phrase musicale à partir de ce moment-là. On aura donc l’impression que la phrase musicale est articulée sur une clave 2-3. Pour le musicien, la clave reste une clave de Son classique. La perception de la clave de Son pour le danseur est donc dans ce cas une perception de clave 2-3. On a vu plus haut que la phrase musicale pouvait pivoter. On voit maintenant que la clave est fixe sur la partition. Cela explique pourquoi, lorsque la phrase pivote, l’on a l’impression que la clave a « changé » de sens. Alors que sur la partition la clave ne change pas.
Les explications précédentes sont vraies dans la majorité des cas, mais dans la musique moderne, il y a de plus en plus d’exception, de changements de sens de la clave en plein morceau, etc. Le repère de la clave pour danser est, selon moi, de plus en plus un moyen de vérifier que l’on est cohérent rythmiquement avec la phrase musicale, qu’un moyen pour chercher le fameux « 1 ». Quand un danseur se cale toujours de la même façon sur la clave, en considérant qu’elle est toujours 3-2, on aura donc parfois l’impression qu’il danse sur le « 5 ». Lui dira de ceux qui dansent sur ce que l’on ressent comme le « 1 » sans tenir compte du sens de la clave, qu’ils sont « atrevesado », c’est-à-dire « à travers de la clave ».
Le principal quand on danse étant de respecter un rythme de la musique, qui est cohérent et que l’on n’est pas le seul à entendre 😉
Meilleur album de l’Année 2011 : Orquesta Mayimbe – « DE LA HABANA A PERU » Meilleur Chanson de l’Année 2011 : Havana D’Primera – « CARITA DE PASAPORTE » Meilleur Chanteur de l’Année 2011 : MAYITO RIVERA – « ex Van Van » Meilleur Chanteuse de l’Année 2011 : LISBETH CASTILLO – « Suave Tumbao« Meilleur groupe en live 2011: HAVANA D’PRIMERA « Tournée Française » Révélation de l’Année 2011 : RUMBANTEKE – album: « Que no paré a fiesta » Meilleur Groupe Cubain de Reggaeton 2011 : KOLA LOKA – « A La My Love«
Une fois de plus nous avons célébré ensemble la bonne Musique Cubaine et nous avons donné notre avis, de façon ludique, en votant pour les FIESTA CUBANA AWARDS 2011 avec un succès inégalé et un taux de participation record.
Les Lauréats sont :
Dans la catégorie Meilleur album 2011, Les résultats ne sont pas très surprenants tant l’attachement du public francophone à la musique naturelle et bailable (dansante) de Mayimbe est important.
Connaissez-vous l’origine du nom Mayimbe ? Le Mayimbe est un oiseau mythique de la religion Yoruba. On peut donc dire ici, que Mayimbe à pris son envol et survole de façon majestueuse la France et l’Europe. La musique de Mayimbe est enivrante et plaît à un public très large. Tenir la dragée haute à des groupes comme Los Van Van, NG La Banda, Suave Tumbao ou encore la Charanga Habanera, cela force le respect.
Bravo monsieur Barbaro Fines y su Orquesta Mayimbe, notre public a voté et vous gagnez ce prix du meilleur album de l’année 2011.
Havana D’Primera avec son chef de file Alexander Abreu remporte cette année, deux Awards.
1)Meilleur Chanson de l’Année 2011 « CARITA DE PASAPORTE « .
Ce titre s’est imposé à tous, autant en France, qu’en Europe et dans toutes les Amériques, par la beauté de sa mélodie, le naturel de son déroulement et la force des ses paroles.
2)Meilleur groupe en live 2011 : HAVANA D’PRIMERA remporte ce deuxième Awards.
Sur scène, Alexander Abreu époustoufle son public par son charisme, sa générosité, son engagement physique voire mystique. Ses musiciens sont parmi les meilleurs virtuoses de la Havane et délivrent comme le reconnaît Juan formel une salsa de luxe, précise, brillante, inventive et naturelle.
Meilleur Chanteur de l’Année 2011 : MAYITO RIVERA – « ex Van Van » Mayito reçoit enfin un prix largement mérité pour l’ensemble de sa carrière au sein de Los Van Van et d’autres projets musicaux. Le poète de la rumba nous revient cette année avec deux interprétations magistrales sur le dernier cd de los Van Van la Maquinaria. C’est avec ce prix de meilleur chanteur de l’année 2011 qu’il entame sous de meilleurs auspices de fiestacubana une carrière solo.
C’est avec plaisir que la révélation de l’année 2010, Suave Tumbao, est à nouveau consacré par le prix de la meilleure chanteuse de l’année 2011 décerné à Lisbeth castillo dont la gouaille, le timbre, la force, et l’inspiration, ont séduit bon nombre de Salseros.
La révélation de l’année est une surprise venue de Californie où germent de nombreux projets cubains de qualité. Rumbankete s’est imposé par la qualité de sa production, la fraîcheur de sa Timba et la virtuosité festive de ses arrangements.
Les enfants terribles et inclassables du reggaeton Cubain ont conquit le public Français depuis bien longtemps. Les délirants kola Loka entrent dans l’âge mûr et s’imposent comme une force incontournable du Cubaton, par leur son, leur flot et leur créativité.
Rétrospective de l’année 2011
Voter pour les Fiestacubana Awards, c’est faire part de ses préférences, exprimer ses choix, et c’est aussi une manière de célébrer le talent des artistes cubains et de soutenir leurs musiques, au delà d’acheter les disques, de télécharger légalement et d’aller aux concerts.
Au nom de toute l’équipe de Fiestacubana, merci pour eux.
CATEGORIES MEILLEURE CHANTEUSE ET MEILLEUR CHANTEUR 2011 Quelles sont les interprétations et les voix qui vous ont marqués cette année ? Celles qui vous ont touchés par leur timbre ou leur profondeur, surpris par leur coffre ou leur audace, des voix talentueuses, des interprétations à couper le souffle….
Cuba n’est pas en manque! En réalité, il y a tant de chanteuses et chanteurs cubains que nous souhaiterions évoquer! Pour leur talent et leur singularité, tant dans la voix que dans l’interprétation, ou les improvisations…mais la liste serait trop longue, alors nous leur rendons un hommage commun et les célébrons tous avec ces Awards Fiestacubana.
Notons qu’une fois de plus l’année 2011 fut marquée par de nombreux transferts dans les groupes ou départs d’artistes aux voix d’or. Parmi les plus improbables et surprenants, celui qui prend certainement la première place est le départ en octobre 2011 du grand Mayito Rivera de Los Van Van (d’autant plus marqué par l’arrivée au sein du groupe d’un autre grand: Mandy Cantero désormais chanteur de Los Van Van aux côtés de Lele ROSALES, Roberto HERNANDEZ et la fabuleuse Yeny VALDES …).
C’est en solo que Mayito Rivera continue sa carrière aujourd’hui, il a accompagné notamment Monica Mesa lors d’une récente tournée en Europe en fin d’année 2011.
Quant à La Charanga Habanera, c’est désormais sans Dantes CARDOSA qu’elle va poursuivre ses tournées mondiales, puisque celui-ci vit aujourd’hui au Pérou où il a intégré Grupo 5, un groupe de cumbia très célèbre là bas…
Autre départ marquant cette année 2011, cette fois-ci chez BAMBOLEO : celui de la plus puissante et folle des timberas de tous les temps : Tania PANTOJA ! La Domadora quitte le groupe qu’elle avait rejoint en 2004 pour se lancer aussi dans une carrière solo…. Depuis, c’est Aylin DALLERA, une étoile montante, « l’ex muñeca » de Azucar Negra (tout comme Tania d’ailleurs), qui a repris les rênes chez Bamboleo… Elle tient aujourd’hui le premier rôle dans de nombreux morceaux, aux côtés d’une autre nouvelle chanteuse, Tamara CLEVOT, « La Dichosa« , qui chantait dans « Los Cinco del Son« , un sexteto sonero de la capitale.
C’est ainsi qu’au fil des mois de l’année passée, nous avons appris, parfois incrédules sur le moment, des changements dans les groupes : après le départ fracassant de Pavel La Figura de chez Maikel Blanco y Su salsa Mayor pour rejoindre Leonel Limonta et Azucar Negra, ce sont Michel Perez et Livan Jimenez qui ont intégré la Salsa Mayor, mais seulement quelques mois puisqu’ils vivent désormais aux Etats Unis…
Au sujet de Azucar Negra, notons que la nouvelle chanteuse Ingrid LEYVA FUENTES a su prendre la relève avec brio après le départ de Aylin DALLERA…un timbre de voix similaire, des interprétations et une présence sur scène très convaincantes… à suivre.
A côté de ces transferts, d’autres groupes ont consolidé les liens avec leur(s) chanteur(s) vedette. C’est le cas de Pupy y Los que Son Son avec Dayan CARRERA, Norisley VALLADARES « El Noro », Johan GOMEZ « El Dibu », Suave Tumbao avec Maikel Dinza, Lisbeth Castillo, Luis Enrique Rivas, Claude Hernandez…
Qu’en est-il pour Alexander Abreu? Avec sa formation Havana D’Primera, il nous gratifie de perfomances dignes de ce nom! Il est une nouvelle fois nominé, preuve, s’il en est besoin, de son immense talent et de sa régularité.
La diva Haila, quant à elle, continue son parcours en solo. Ses succès avec Bamboleo et Azucar Negra démontrent ce dont elle capable aujourd’hui.
Nous vous proposons de choisir dans 2 catégories parmi les chanteurs et chanteuses qui ont enregistré une chanson ou plusieurs sorties dans les bacs ou en téléchargement en 2011… Voici pour chacun de ces artistes une vidéo ou un lien vers un article ou sujet Fiestacubana le concernant.
Catégorie MEILLEURE CHANTEUSE 2011
AYLIN DALLERA – (Ex Azucar Negra – Bamboleo)
HAILA MOMPIE – (Ex Bamboleo, carrière solo)
LISBETH CASTILLO – (Suave Tumbao)
TANIA PANTOJA – (Ex Bamboleo, carrière solo)
YENISEL « YENI » VALDES – (Los Van Van)
Catégorie MEILLEUR CHANTEUR 2011
ALEXANDER ABREU – (Havana D’Primera)
DAYAN CARRERA – (ex Charanga Forever, ex Azucar Negra, Pupy y los que son son)
MAIKEL DINZA – (Suave Tumbao)
MAYITO RIVERA – (ex Van Van)
NORISLEY VALLADARES « EL NORO » – (ex Maikel Blanco, ex Manolito, Pupy y los que son son)
CATEGORIE MEILLEUR ALBUM DE L’ANNEE 2011 Retrouvez sur Radio FiestaCubana des chansons des albums nominés.
ACABAITO DE NACER de La Charanga Habanera
DE LA HABANA A PERU de Orquesta Mayimbe
LA CANONERA de Suave Tumbao
LA MAQUINARIA de Los Van Van
MIS ANOS 22 de NG La Banda
CATEGORIE MEILEURE CHANSON DE REGGAETON 2011
Le REGGAETON en 2011 à Cuba.
Le reggaeton a encore une fois largement été diffusé sur les ondes à Cuba en cette année 2011. Beaucoup d’évènements, de concerts et de plateaux TV pour une production qui s’est largement développée sur l’île ; un nombre croissant de groupes pour des titres toujours plus nombreux. La production est de plus en plus prolifique et cette musique touche vraiment les jeunes et au-delà, un peu tout le monde ; elle est rythmée, très dansante, et remplie de jeux de mots auxquels la population peut s’identifier. Le reggaeton déplace les foules, à l’image de EL Chacal qui fait des concerts à guichet fermé.
Au niveau des tendances Cette année a été particulièrement marquée par les « featurings » entre membres de groupes, voire même de groupes entiers ou artistes. On pourrait citer Osmani Garcia qui a la palme des chansons regroupant les différentes pointures comme El Micha, El Chacal, Kola Loka……. Le reggaeton cubain est très marqué timba par la conception et par les breaks. Mais certains artistes avec en tête d’affiche El Micha et Kola Loka ont des sonorités qui diffèrent complètement.
Nous ne pouvions pas faire l’impasse sur ce courant prépondérant à Cuba. Les choix des titres et morceaux ont été sélectionnés en fonction des groupes qui cartonnent à Cuba et également en France.
Voici donc les nominés de la catégorie Reggaeton:
En premier voici un groupe atypique de la scène du reggaeton cubain: j’ai nommé KOLA LOKA!! Un groupe composé de 3 chanteurs aux voix particulières, aigües et criardes, reconnaissables entre toutes. Ce groupe a fait une tournée en France où leurs chansons et leur prestations scéniques ont eu un très bon accueil. Nous avons sélectionné la bombe de dancefloor « A La My Love », qui fait lever les foules à Cuba:
A LA MY LOVE – Kola Loka
Voici ensuite Osmani Garcia, dit « La Voz », la voix en français. C’est un chanteur à succès à Cuba, qui enchaîne les hits imparables. Dans cette chanson, il a fait appel à un collectif de chanteurs connus de reggaeton. Cette chanson, ou plutôt le clip, crée la polémique:
EL CHUPI CHUPI – Osmani Garcia feat. Jacob Forever, Insurrecto, Blad MC, Yulien Oviedo, El Magnifico, Principe, Chocolate MC, Macry, Eric Withe, Praty White
On ne présente plus ce groupe qui est une valeur sûre de la scène reggaeton cubain, qui sait toujours s’adapter à la demande. Alexander, Jacob Forever et Nando Pro (DJ) nous ont gratifiés de plusieurs hits dans leur premier album « Lo Que Suena Ahora ». Cette année nous avons retenu:
ESTAN LOCO – Gente D’Zona
Voici un des artistes les plus charismatiques du reggaeton cubain. El Micha est très apprécié à Cuba avec sa voix grave et son attitude décalée. Ses productions sortent du lot par leur conception, plutôt différente de ce qui se fait, et c’est d’ailleurs ce qui plaît. Voici:
LOCO NO – El Micha
Les gagnants du titre de l’année dernière: Los 4, connus aussi sous le nom de « Los Salvajes ». Le groupe a d’ailleurs connu une séparation en 2011 avec les départs de Damian et El Principe qui volent de leurs propres ailes. Ce groupe à succès a eu le temps de sortir un album et ce titre qui nous a fait danser en 2011:
ME ENTERE – Los 4 (Los Salvajes)
CATEGORIE MEILLEURE CHANSON DE L’ANNEE 2011 Retrouvez sur Radio FiestaCubana les chansons nominées, et ci-dessous les vidéos (clip ou live).
AL DOBLAR LA ESQUINA – Suave Tumbao
CARITA DE PASAPORTE – Havana D’Primera
EL KILO – Maykel Blanco y su Salsa Mayor
INTRO DEL MAYIMBE – Orquesta Mayimbe
JALA JALA – Elito Reve y su Charangon
LA HABANA TIENE SU MENEO -Soneros All Stars
NO TE DEJE POR MALA – Pupy y los que son son
RECIBEME – Los Van Van
SOLO MIA – La Charanga Habanera
UN BESO Y UNA FLOR – album « CUBA LE CANTA A NIÑO BRAVO»
CATEGORIE MEILLEUR GROUPE EN LIVE 2011 Retrouvez ci-dessous les vidéos (clip ou live).
ADALBERTO ALVAREZ Y SU SON (La Seyne sur Mer, Rennes)
AZUCAR NEGRA (Nantes)
DONALDO FLORES (New Morning, Paris)
HAVANA D’PRIMERA (Tournée Française)
ISSAC DELGADO (Cabarêt sauvage , Paris)
KLIMAX (Toulouse, Montpellier)
LA CHARANGA HABANERA (La Seyne sur Mer)
MAYKEL BLANCO Y SU SALSA MAYOR (Tournée Française)
MANOLIN (New Morning, Paris)
MANOLITO Y SU TRABUCO (Lyon, Paris)
CATEGORIE REVELATION DE L’ANNEE 2011 Retrouvez sur Radio FiestaCubana les chansons des groupes nominés.
Le chorégraphe Isaias Rojas Ramirez, directeur de la compagnie Ban Rarra, est l’un des plus célèbres interprètes vivants de la danse afro-cubaine et afro-haïtienne.
Lors de son dernier voyage à Cuba, Fabrice Hatem a eu la chance de le rencontrer. Il en a rapporté un long entretien ainsi qu’un intéressant film documentaire sur la compagnie Ban Rarra. Découvrez avec lui cette danse erotiique, envoutante, dégageanr une incroyable énergie !!!
Cela faisait longtemps que j’espérais rencontrer le chorégraphe Isaias Rojas Ramirez. Plusieurs excellents danseurs cubains installés en France, comme Papucho et Nichito, avaient déjà évoqué avec moi, au cours de précédents entretiens, leur parcours à ses côtés. Des chorégraphes de renom, comme Juan Teodoro Fiorentino ou Domingo Pau, m’avaient parlé de manière très élogieuse de son oeuvre à la tête des compagnies Danza Libre puis Ban Rarra, porteuses d‘une expression artistique de haut niveau, inspirée de la danse populaire afro-haïtienne. J’avais moi-même beaucoup apprécié le peu que j’avais pu voir de son travail sur Internet : une danse vivante, énergique, à la fois ancrée dans la tradition et très inventive.
Puis, lors de mon dernier séjour à Cuba, début octobre 2011, j’eus l’occasion de fréquenter plusieurs jours de suite le fameux théâtre Mella de La Havane. C’était à l’occasion d’un festival de danse, organisé à l’initiative de Narciso Medina, pour fêter, je crois, le 30ème anniversaire de sa compagnie. J’avais pratiquement planté ma tente et ma caméra dans le jardin du théâtre, pour tourner notamment des images de la compagnie Ebony, dont Domingo Pau, sur lequel je réalise actuellement un documentaire, est chorégraphe. Et c’est là qu’un matin, au lieu d’une répétition annoncée de cette compagnie – et reportée au dernier moment -, j’assistais à une scène de danse d’une incroyable énergie, où les cinq danseurs, tremblants, titubants, mais dégageant aussi une forte puissance virile, semblaient pris d’une véritable transe. Ils furent suivis par six danseuses aux jolies robes colorées, réalisant sur la scène de gracieuses et érotiques volutes. Je venais, sans le savoir, d’assister à une répétition de la compagnie Ban Rarra.
Danse Gege
L’après-midi même, alors que je me trouvais en compagnie des chorégraphes de la Compagnie Ebony dans le jardin du théâtre Mella, je vis passer Isaias Rojas, que je reconnus pour avoir glané sur Internet quelques photos et quelques images de lui, intégrées ensuite dans mon documentaire vidéo sur le danseur Papucho. J’avais à l’époque tenté, sans succès, de solliciter son amitié Facebook en vue d’un possible entretien. Je me précipitais donc vers lui pour me présenter. Le nom de Papucho agit alors comme un Sesame. « Papucho, mi amigo, mi hermano » s’exclama Isaias. Et il se jeta dans mes bras comme si j’avais moi-même été Papucho. Je tirai profit de ces bonnes dispositions pour solliciter l’entretien tant convoité, dont le principe me fut immédiatement accordé, avec en prime l’autorisation de filmer le spectacle de Ban Rarra – à charge pour moi d’en remettre le produit à Isaias. Je m’exécutais le soir même. Je possède donc maintenant, soigneusement rangé dans mon ordinateur, un magnifique ballet Abakua dansé par six Ireme ; une danse féminine Congo très vive, gracieuse et colorée ; une inquiétante scène d’envoutement Gede se déroulant dans un cimetière ; enfin une danse dite « Tejer la cinta », où deux groupes de danseurs -six hommes et six femmes – enroulent puis déroulent des fils de couleurs autour de deux mats – la compétition, portant sur le fait de savoir lequel des deux groupes parviendra le plus rapidement à réaliser cette opération, tenant ainsi le public en haleine.
Danse « tejer la cinta »
C’est les yeux et le cœur encore emplis de la magie de ces chorégraphies vivantes et magistralement interprétés que je me rendis, la veille de mon retour vers Paris, au domicile d’Isaias, situé en plein cœur du quartier populaire de Jesus Maria, à Centro Habana. Celui-ci m’y reçut en compagnie de sa famille, et notamment de ses deux fils – dont l’un s’apprête à suivre les traces artistiques de son père – qui me raccompagnèrent ensuite chez moi pour récupérer une copie de mes enregistrements. Pendant près d’une heure, Isaias détailla pour moi, avec enthousiasme et éloquence, les étapes de son parcours artistique et notamment de son travail au sein des compagnies Danza libre puis Ban Rarra. C’est cet entretien que je vous livre ici, accompagné de quelques photos, malheureusement de qualité un peu inégale, tirées du film que j’ai tourné, avec l’autorisation d’Isaias, le 7 octobre dernier au théâtre Mella.
J’ai également réalisé à cette occasion un petit documentaire sur la compagnie Ban Rarra, que vous pouvez consulter en cliquant sur l’icône suivante :
Pouvez-vous nous parler de la compagnie Danza Libre ?
J’ai fondé la compagnie Danza Libre en 1989 à Guantanamo avec la chorégraphe américaine Frida Malher, originaire de Philadelphie, aujourd’hui décédée. Il existe dans cette ville une culture de danse très vivante, centrée sur la tradition franco-haïtienne, portée par les compagnies d’amateur (« afficionados ») des Maisons de la Culture et par les groupes de danse traditionnels. Danza Libre y a puisé une partie de son inspiration, mais elle a été la première compagnie professionnelle créée à Guantanamo.
Nous avons donné nos premiers spectacles en 1990. Avant de fonder Danza libre, j’ai fait beaucoup de recherches sur la culture populaire des provinces de l’Oriente cubain et surtout de Guantanamo, où l’influence de la culture franco-haïtienne est très forte. J’ai travaillé avec les groupes traditionnels, souvent composés de personnes âgées, qui pratiquaient la Tumba Francesa et d’autres danses folkloriques dans les quartiers populaires de peuplement d’origine haïtienne, comme celui de San Agosto. Ces quartiers sont de véritables creusets culturels. On y parle créole, espagnol, anglais aussi du fait de l’ascendance jamaïcaine d’une partie de la population. Comme j’y ai vécu moi-même dans ma prime jeunesse, j’ai pu m’y initier en profondeur à la culture franco-haïtienne.
Danse congo
Je me suis également intéressé aux formes de Sones les plus authentiques que l’on peut trouver dans la province de Guantanamo, comme le Changüi, le Criba, le Nengon, la Ganaba, la Pasion et beaucoup d’autres qui ont surgi dans la partie montagneuse de cette région, à Baracoa, Yatera, El Salvador, ainsi que dans d’autres lieux parfois très reculés, quasiment inconnus. Cela a inspiré mon travail chorégraphique depuis ma première jeunesse. En même temps, j’ai commencé à étudier la danse dans une école de la ville de Granma, où j’ai obtenu mon premier diplôme. Puis, j’ai intégré l’école nationale des instructeurs d’arts de La Havane et suis devenu maître d’école d’arts et danseur professionnel.
Après mon service social, je suis retourné à Guantanamo et j’ai commencé mon travail de recherche en tant que chorégraphe. J’ai commencé avec le groupe Jaguey, de l’université de la ville, ainsi qu’avec le groupe afficionado de travailleurs 10 de Octubre où dansait déjà Luis Castillo, « Nichito ». A l’époque, il travaillait dans la rue, il s’occupait des campagnes de lutte contre les moustiques. Il avait un talent formidable, c’était l’un de mes meilleurs danseurs. Nous nous sommes beaucoup rapprochés et il m’a suivi ensuite dans mes entreprises. Il a été l’un des fondateurs des groupes 10 de Octubre, de Danza Libre, puis de Babul et Ban Rarra.
J’ai obtenu pendant cette période plusieurs prix – dans des œuvres où dansait d’ailleurs Luis Castillo – qui m’ont encouragé à persévérer.J’ai décidé un jour de fonder Danza Libre avec Frida Mahler. L’idée était d’associer la danse contemporaine – domaine dont Frida était familière est qu’elle supervisait dans la compagnie – et le folklore cubain – dont je m’occupais. Nous avons commencé avec une troupe essentiellement composée de danseurs sans formation académique venus des groupes aficionados comme le 10 de Octubre. Puis nous avons accueilli des artistes formés dans les écoles de danse, comme l’Ecole nationale des arts (ENA) ; par exemple Alfredo, qui est actuellement le directeur de Danza Libre à Guantanamo. Nous avons ainsi monté une compagnie mixte, dans sa composition comme dans son projet esthétique, avec des spectacles associant des œuvres folkloriques et contemporaines. Cette fusion a été une réussite.
C’est à ce moment qu’a vraiment commencé mon travail de chorégraphe de haut niveau. J’ai réalisé de grandes oeuvres comme Los Bandos, Rebelión, Los guaracheros de la Loma, que nous avons joué avec beaucoup de succès, notamment à La Havane, et qui ont obtenu des prix au niveau national. Comment a commencé l’aventure de la compagnie Ban Rarra ?
En mars 1994, nous avons décidé de venir à La Havane, et nous avons alors créé Ban Rarra, qui s’est d’abord appelée Babul pendant un mois à Guantanamo, avant de prendre son nom définitif juste après notre arrivée dans la Capitale. Le nom Ban Rarra avait beaucoup à voir avec la caractéristique du groupe. Cela vient de ban, qui signifie « groupe de personne » et de Rarra, des gens qui ont un objectif bien clair – et la compagnie était bien dans cet état d’esprit.
Nous sommes arrivés à La Havane en train, sans un sou dans les poches, sans instruments, sans costumes, avec un objectif très clair : y chercher une nouvelle vie et des opportunités de succès artistique, jouer nos spectacles dans les meilleurs théâtres de notre Capitale, puis à l’étranger. C’était au moment de la période économique spéciale, et la vie était très, très dure pour notre petit groupe de jeunes danseurs et musiciens professionnels. Nous vivions à quinze, entassés dans une toute petite pièce, dormant pratiquement à même le sol ; on cuisinait et on mangeait comme on pouvait.
Mais Ban Rarra, artistiquement parlant, avait une forte énergie, une grande unité aussi. C’est ce côte fonceur qui fait qu’on nous a surnommé « le train » parce nos spectacles dégageaient un dynamisme formidable. Dans les spectacles de Ban Rarra, on ne sait pas comment font les danseurs pour changer entre deux chorégraphies, par qu’ils reviennent sur scène très rapidement, avec de nouveaux costumes. La danse de l’Oriente cubain est très forte, très dynamique, très théâtrale, avec des machettes, des bouteilles, des tables que l’on porte, des cracheurs de feu, des mouvements acrobatiques, des vêtements très colorés, des sauts, une atmosphère de compétition aussi, comme dans la danse dite « Tejer la cinta », qui tient le public en haleine.
Dans la première équipe, Il y avait des danses formidables comme José Antonio Lara, Missael Moré, Bocoi qui vit maintenant en Italie, Nichito qui s’est depuis installé en France, ou encore José Rojas, mon frère, qui est aujourd’hui à San Francisco. Ils dégageaient une énergie extraordinaire. Papucho est venu se joindre à nous un peu plus tard à La Havane. Nous avons étudié ensemble à l’Institut supérieur des arts (ISA), où nous avons fondé Isadanza. C’est un danseur très fort, très dynamique, créatif.
Comment a ensuite évolué Ban Rarra ?
Depuis la fondation de la compagnie, plusieurs générations de danseurs sont passées par Ban Rarra. Je vais dans les quartiers populaires les plus pauvres, les plus populaires de Cuba, à la recherche de danseurs de talents, de grands noirs, avec une bonne figure, une bonne posture. Encore aujourd’hui, la plupart des danseurs de la compagnie viennent de la rue (c’est-à-dire d’une pratique d’amateur, ndlr), pas des formations académiques. Ils se forment au sein de la compagnie, qui tient donc aussi lieu d’école. Plusieurs danseuses sont diplômées de l’ISA et de l ENA. Mais tous, en arrivant à la compagnie, en assimilent le répertoire et la ligne esthétique sur le tas, par la pratique.
Ban Rarra ne fait pas que de la danse folklorique. Son registre expressif inclut aussi la danse moderne et contemporaine, le spectacle populaire et de variétés. Les danseurs sont préparés pour cela par une intense formation technique, prodiguée par Manuel Domenico, qui est aussi régisseur de la compagnie. Moi-même, bien sûr, j’enseigne le folklore. Cette fusion de la danse moderne et contemporaine présente un caractère unique et constitue l’originalité, la marque de fabrique de Ban Rarra. Nous travaillons beaucoup la théâtralisation, la gestuelle, le jeu scénique. Nous faisons aussi un travail de recherche sur les sources de notre folklore, apportées par tous ces groupes ethniques qui sont rentrés à Cuba : Haïtiens dans l’Oriente, mais aussi, dans l’Occidente, Congos, Lucumis, Yorubas, Araras, Carabalis et autres. Ban Rarra puise dans cette source de richesse culturelle unique, tout en développant une ligne esthétique complètement originale. Pouvez- vous dire quelques mots du spectacle de vendredi dernier au Théâtre Mella ?
Ce spectacle était surtout basé sur la partie folklorique de notre travail. Par contre, l’aspect « danse contemporaine » et sa fusion avec le folklorique n’étaient pas présents, bien qu’il constituent une originalité fondamentale de Ban Rarra. Le spectacle a commencé par une danse Abakua, avec un ballet de six Ireme (le personnage central de la danse Abakua, ndrl). C’est une danse de sociétés secrètes constituées exclusivement d’hommes. Les danseurs ont la tête couverte d’une capuche, avec des vêtements très colorés. Les mouvements des danseurs ont des significations ésotériques, et ont également un lien très fort avec les percussions et le chant.
Danse Abakua
La seconde chorégraphie était une danse Congo, interprétée par un groupe de danseuses. C’est une danse que l’on célèbre les jours de fête, à l’occasion des anniversaires, ou encore pour remercier un Saint pour une bonne révolte de café. On la dansait souvent d’ailleurs dans les champs ou encore dans le séchoir à café. C’est aussi une danse de fécondité, à caractère amoureux et érotique, entre l’Homme et la Femme.
Les danseurs hommes ont ensuite interprété un Papagede. Il s’agit d’une danse très érotique, très spectaculaire, avec un gros travail théâtral et des mouvements de pelvis et du torse très marqués. Mais c’est aussi une représentation des morts, et le tableau est d’ailleurs censé se passer dans un cimetière. Les personnages s’appellent les Gede, et le talc blanc qui recouvre leur visage représente la mort.
La Danse dite « Tejer la cinta » se célèbre traditionnellement le 6 juin à Guantanamo le jour de la Saint Joaquin. Plusieurs groupes dansent en même temps, chacun autour d’un mât, en y enroulant puis déroulant des rubans de couleur. Le groupe gagnant est celui qui arrive le premier à dénouer tous les fils. C’est donc une danse à caractère compétitif, ce qui provoque un suspense, une attente chez le spectateur. C’est très difficile, très acrobatique.
Dans le spectacle que nous avons présenté l’autre jour, au théâtre Mella, il y avait deux groupes, composés de six filles et de six garçons. Les filles ont perdu, car l’un de leurs six fils s’est rompu et l’une des danseuses a dû sortir. Sinon, la compétition aurait été plus intense. Mais les filles ont quand même pu continuer jusqu’au bout malgré cet incident imprévu. Les danseurs ont en effet une préparation technique très poussée, ce qui leur permet de résoudre n’importe quel problème technique lors de la représentation, qui est, par définition, improvisée.
Quelles sont les activités actuelles de Ban Rarra ?
Ban Rarra est comme un reflet de la danse dans la ville de La Havane, où l’on trouve de tous les styles : la Chancletta, de la Rumba, des danses populaires comme le Cha Cha Cha, le Mambo, la Salsa. Nous sommes le premier groupe à Cuba à avoir chorégraphié des Salsa dites « sueltas », c’est-à-dire des Salsa en ligne de forme très créative (Il existe trois formes de Salsa : Suelta, Despelote et Casino, ndrl). Nous faisons aussi une fusion entre danse contemporaine moderne et folklorique, ce qui demande aux danseurs de maîtriser et fusionner plusieurs techniques. Nous donnons également des spectacles de danse populaire et de variétés dans les lieux nocturnes, les cabarets. Nous avons donné à plusieurs reprise ce type de spectacle mixtes à l’étranger, combinant danses folkloriques, populaire, variétés, notamment aux Etats-unis au début des années 1990,avec beaucoup de succès. Ban Rarra est une compagnie sans limite de création.
J’ai étrenné récemment une œuvre qui s’appelle Del Caribe Soy, basée sur l’histoire des aborigènes et que m’ont inspiré mes recherches dans les environs de Guantanamo, dans une des derniers villages d’ascendance indienne qui subsistent, La Caridad de los indios. C’est l’un des seuls lieux où se soient conservées les traces d’influences indiennes en matière de danses, de musiques. Ces gens maintiennent cette culture aborigène, fusionnée bien sûr avec d’autres apports. J’ai eu la possibilité de me rendre sur place pour recueillir leur héritage, écouter leurs vieilles chansons. J’ai partagé ce moment avec mes danseurs. Cela a été très impressionnant.
Vous avez également une activité d’enseignement ?
Tous les danseurs, percussionnistes chanteurs de Banrara sont préparés pour enseigner. Nous pouvons donner des cours techniques et méthodologiques, pour tous les niveaux de danse, depuis l’élémentaire jusqu’aux classes magistrales. J’ai moi-même une longue expérience en ce domaine, notamment à l’ISA où je donne souvent des cours et des sessions de formations, comme je vais par exemple le faire le mois prochain.
Nous avons des activités d’enseignement à l’étranger. Nous avons donné des master class aux Etats Unis, notamment à la compagnie Plazacuba. Nous avons enseigné et joué en Espagne, en Italie, dans d’autres pays d’Europe, en Asie, au Japon, en Corée, en Chine, dans toute l’Amérique, de la Colombie au Canada. Nous avons eu, à Cuba même, des élèves de nombreuses nationalités : français, anglais, russes, etc…. A l’étranger, nous travaillons notamment avec une compagnie Serbe, Cubalkanica, installée à Belgrade.
Nous enseignons aussi aux danseurs cubains eux-mêmes. Ban Rarra a joué un rôle important pour introduire à La Havane les base du folklore oriental, qui maintenant font partie des programmes de l’ISA et de l’ENA. Nous avons enseigné ce folklore oriental à de nombreux groupes de danse de la Havane.
Quel est le meilleur souvenir de votre vie professionnelle ?
La plus grande satisfaction de ma vie artistique, c’est d’avoir créée et dirigé la compagnie Ban Rarra, qui a été au cœur de toute ma démarche de recherche. J’ai été très ému la première fois que nous nous sommes présentés au théâtre Mella en 1994, dans un spectacle d’une heure, avec les danses du feu, le Papagede…. Le public nous a applaudi debout pendant trente minutes en plein milieu du spectacle. Le Mella est le thermomètre artistique de la Havane, et cela a été une des plus fortes impressions de ma vie. Il y avait Nichito, Papucho. Bocoi, Cheo. Cela m’a donné l’énergie de poursuivre, d’aller de l’avant.
J’ai aussi vécu beaucoup de moments très émouvants à l’étranger, Par exemple aux Etats-Unis à New York, pendant l’hiver 2001. Il faisait très froid, mais le théâtre était plein à craquer, et dehors il y avait une quantité incroyable de gens. A San Francisco, au théâtre Odyssey, nous avons vécu un moment comparable : il y avait autant de gens à l’extérieur du théâtre qu’à l’intérieur. A Philadelphie aussi, nous avons eu beaucoup de succès.
A Pampelune en Espagne, sur une place, c’était terrible, les gens étaient comme fous. Je suis compositeur, j’écris beaucoup des musiques de Ban Rarra, J’aime le vin d’Espagne aussi, et j’ai écrit une chanson sur l’Espagne, et cela a été très impressionnant pour moi de voir les gens pleurer quand nous avons chanté cette chanson devant eux. J’ai aussi organisé un spectacle-rencontre avec la compagnie Raices profundas, avec une œuvre très contemporaine, et ce mélange des deux compagnies a été quelque chose de formidable.
Ces expériences m’ont donné une autre vision du monde de la création. Il faut chercher des idées sans arrêt. Il est nécessaire d’écrire des scénarios plus professionnels, d’approfondir la recherche de la fusion entre danse contemporaine et folklorique. Les gens d’aujourd’hui n’ont pas la même culture, la même manière d’être, les mêmes nécessités que ceux d’il y a un siècle. Ils marchent de manière différente, plus rapide qu’autrefois, leur vie est plus dynamique. Ils ont besoin de spectacles plus forts, avec aussi une plus grande exigence intellectuelle. Avant, cela était plus facile de faire des chorégraphies, maintenant, il faut approfondir davantage la scénographie, la théâtralisation, pour que les gens ne s’ennuient pas.
Obini Bata est un groupe folklorique afro-cubain dont la particularité est d’être composé uniquement de femmes.
il anime notament les soirées du vendredi au musée-temple des Orishas à La Havane par ses spectacles vivants et hauts en couleurs.
De passage dans la capitale cubaine l’été dernier à l’occasion du tournage d’un film documentaire sur un autre grand danseur d’afro-cubain, Domingo Pau, notre ami Fabrice Hatem a pu rencontrer par son intermédiaire la chorégraphe Eva Despaigne, directrice de ce groupe.
Il en a ramené une interview et un reportage vidéo qui raviront surement nos amies les salseras féministes.
Cela faisait des années que j’appréciais le travail des six femmes qui composent le groupe folklorique Obini Bata. Je ne souviens de l’émotion que j’avais ressentie il y a trois ans en assistant pour la première fois à leur spectacle, au musée-temple des Orishas de La Havane : à la fois joueuses de tambours, danseuses, chanteuses, comédiennes… Et tout cela avec un humour et une fraîcheur toute féminine qui donnait une apparence de simplicité et de naturel à leur immense talent (1).
Mais je m’étais jusque-là contenté de les admirer de loin, sans me douter qu’il me serait donné de les rencontrer de beaucoup plus près, grâce, encore une fois, à mon maître et ami le danseur Domingo Pau, sur lequel je réalise actuellement un film documentaire. Celui-ci joue en effet un rôle important dans la préparation des chorégraphies du groupe, et m’a permis d’assister à quelques-unes de ses répétitions. J’ai pu ainsi prendre mieux la mesure de l’originalité et des difficultés de leur travail.
J’en ai aussi profité pour interviewer la directrice du groupe, Eva Despaigne Trujillo, qui fut à maintes reprises partenaire de Domingo Pau dans les spectacles Conjunto Folklorico Nacional. Elle nous livre ici un témoignage passionnant sur l’histoire du groupe Obini Bata et la manière dont il a contribué à faire « bouger les lignes » dans le monde du folklore cubain. Lla plupart des (magnifiques) photos illustrant cet article ont été aimablement communiquées par Eva.
J’ai également réalisé une vidéo documentaire sur le groupe Obini Bata :
FH. Pouvez- vous vous présenter en quelques mots ?
E.D. Je suis diplômée de l’Ecole nationale des arts de Cuba, diplômée en psychopédagogie et professeur de danse moderne et folklorique. J’ai commencé ma carrière dans la compagnie de danse contemporaine de Cuba, avant d’intégrer le Conjunto Folklorico Nacional (CFN) en 1972, où j’ai ensuite atteint le grade de danseuse soliste, professeur et maître de ballet. J’y suis restée 20 ans, qui ont constitué une période fondamentale pour ma carrière artistique. Vers la fin de l’année 1993, j’ai intégré le groupe féminin Obini Bata, dont je suis actuellement directrice tout en continuant à être également membre de la troupe.
Comment s’est créé le groupe Obini Bata ?
L’idée ne vient pas de moi, mais de Carmen Menendez Frontera, danseuse du CFN, et de Hayme Caceres, responsable de communication dans la même institution. En 1991, à l’occasion de la fête des pères, celles-ci décidèrent d’offrir aux hommes du CFN un spectacle entièrement réalisé par des femmes. Six d’entre nous se sont alors réunie pour le préparer ce spectacle, qui a été présenté lors d’un « samedi de la rumba ». L’idée s’est ensuite pérennisée et je me suis intégrée au groupe vers la fin de l’année 1993.
Obini Bata représentait une opportunité pour les danseuses du CFN de développer leur répertoire expressif, en y intégrant le chant, les percussions et le jeu théâtral. Aujourd’hui, cette polyvalence artistique semble naturelle, mais, à l’époque, elle constituait une nouveauté. Au début, nous considérions cette activité comme une simple option supplémentaire au sein du CFN. Mais assez rapidement, nous avons été amenées à nous séparer de cette institution pour devenir un groupe indépendant. Cela a été une décision bien difficile pour nous, car au CFN, notre carrière et notre futur étaient stables et assurées, alors qu’Obini Bata n’ouvrait que sur l’incertitude et l’inconnu. Mais, finalement, avec deux autres danseuses, Mirta Ocanto et Carmen Menendez « Deborah » Frontera, nous nous sommes décidées à partir du CFN pour créer notre propre groupe féminin.
Heureusement, par la suite, les choses se sont bien passées. Le groupe jouit aujourd’hui d’une bonne considération dans le monde de la danse folklorique cubaine et a joué un rôle majeur dans la théâtralisation de cet art. Nous avons été suivies par d’autres groupes féminins, à Cuba et à l’étranger…
Qu’a apporté Obini Bata au folklore cubain ?
Jusqu’à la création d’Obini Bata, le rôle de la femme dans le développement du folklore cubain avait été un peu négligé. Or, celui-ci est fondamental et notre groupe a contribué à mettre ce fait en lumière. Nous avons aussi montré que nous étions parfaitement capables de maîtriser des disciplines jusque-là réservées par tradition aux hommes, comme l’interprétation des tambours Bata.
Mais, à partir du moment où des femmes décident de jouer des tambours Bata, elles ne peuvent le faire que dans un contexte désacralisé. Ces instruments, dans la tradition religieuse Yoruba, ne peuvent en effet être joué que par des hommes, les femmes étant considérées comme impures du fait notamment du phénomène de la menstruation. Pour devenir joueur de tambour sacré, ou « Omo ana », un homme doit passer par tout un cycle rituel de sacralisation dont les femmes sont soigneusement exclues, y compris pour la préparation de la nourriture.
Ce passage du religieux au profane, nécessairement lié au caractère féminin de notre orchestre, aide en quelque sorte à mettre en avant la valeur proprement esthétique de ce que le musicologue Fernando Ortiz a appelé « l’orchestre des tambours sacrés ». Les tambours Bata, dégagés de leur signification religieuse, deviennent ainsi de « simples » instruments de musique ; mais cela permet aussi de focaliser davantage l’attention sur leur immense potentiel expressif. Trois tambours « Bata », joués à deux mains chacun, cela donne en effet l’équivalent de six instruments, avec une polyrythmie et une polytonalité extrêmement riches, qui forment en fait le socle de base sur lequel s’est développée un grande partie de notre musique populaire.
Enfin, dans Obini Bata, les artistes jouent alternativement tous les rôles : actrice, chanteuse, danseuse, musicienne. Cela paraît naturel aujourd’hui, mais ne l’était pas il y a vingt ans. Dans les groupes folkloriques d’alors, les percussionnistes se contentaient de jouer du tambour, les danseurs de danser, etc. Nous avons montré qu’une compagnie peu nombreuse – 6 artistes – pouvait faire un travail folklorique de qualité, à une époque où les compagnies de très grande taille deviennent plus difficiles à maintenir, pour des raisons notamment économiques.
Comment votre démarche a-t-elle été accueillie dans le milieu des joueurs de Bata ?
Au départ, nous nous sommes heurtées à beaucoup de réticences, de la part des musiciens et même de l’institution. Sans nous l’interdire, on ne nous facilitait par l’accès aux instruments, et nous étions obligées de rester tard, après la fermeture du CFN, pour pouvoir répéter. Comme je suivais aussi des cours à l’université, il n’arrivait souvent de ne rentrer chez moi que vers 10 ou 11 heures du soir, après une épuisante journée de danseuse, de professeur, de joueuse de tambours et d’étudiante. Si les choses n’ont pas été très faciles dans un milieu artistique en principe très évolué, tu peux imaginer comment notre initiative a été perçue par les joueurs de Tambours Bata traditionnels ! Nous avons dû lutter durement, mais nous l’avons fait avec enthousiasme car nous étions convaincues d’avoir raison.
Mais certains joueurs de tambour et danseurs du CFN ont aussi soutenu notre initiative et nous ont donné des cours. Je voudrais citer par exemple Julio Caballolo, El Goyo, ou encore Mario Ajuri, qui continue à nous donner des cours et des conseils. Nous avons finalement réussi à atteindre un bon niveau artistique, mais nous avons aussi dû nous séparer du CFN en tant que groupe, pour des raisons en partie liées à ce que j’ai expliqué plus haut.
Quelles ont été les principales étapes du succès à Cuba ?
Le groupe existe en tant que tel depuis 17 ans. Une étape importante pour nous a été la reconnaissance de notre compagnie par le ministère de la culture en 1994. Nous avons alors quitté la section des arts scéniques (danse et théâtre), à laquelle appartenait le CFN, pour rejoindre l’institut de la musique.
Petit à petit, les choses se sont construites, avec une reconnaissance venue à la fois de l’institution et du public. Nous avons alors donné des très nombreux spectacles dans des théâtres et festivals importants de La Havane et du reste de Cuba. A l’occasion de notre 15ème anniversaire, nous avons créé le spectacle « Son n06 » dédié à notre poète national Nicola Guillern, qui a tant défendu la dignité du Noir, du Mulâtre et du Créole contre le mépris raciste. Nous avons beaucoup travaillé à cette occasion sur son œuvre, sa poésie, sa pensée, qui ont constitué la trame de notre spectacle.
Notre spectacle du vendredi à l’association Yoruba, « Du tambour à la poésie », a toujours beaucoup de succès, drainant un public de cubains de tous âges, mais aussi de visiteurs étrangers.
Un réalisateur cubain a également fait un documentaire sur notre groupe, intitulé « Un sonrisa por un tambor », ce qui a constitué une reconnaissance importante pour nous.
Et à l’étranger ?
Le ministère de la culture nous a sélectionnées à plusieurs reprises pour représenter Cuba dans des festivals internationaux : festival de la Martinique en 1998, festival des Caraïbes (à Cuba) en 1999. En 2000, nous avons représenté Cuba au Venezuela à l’occasion de la transformation de l’ex-Théâtre Principal de Caracas, autrefois réservé à la classe dominante, en un théâtre ouvert au peuple. Nous avons ensuite pu multiplier les tournées à l’étranger : Espagne, Canada, Italie, Afrique du Sud, Venezuela, Mexique.
Dans plusieurs pays européens, comme l’Allemagne ou la Suisse, des étudiants ont commencé à prendre thème de recherche le rôle de la femme dans la musique et se sont intéressés à Obini Bata. Un programme de Radio Nederland consacré aux femmes du Nouveau monde a pris Obini Bata comme thème de l’une de ses émissions.
Comment a évolué la composition du groupe ?
Au début, le groupe n’était composé que de trois trois artistes. Mais, à mesure que notre répertoire s’est développé (musique Congo, Arara, Rumba, Afro-haïtien…), nous avons senti, vers 1999, la nécessité d’élargir le groupe à 5 puis 6 membres. Nous avons alors recruté des artistes avec un bon bagage académique et d’autres avec une formation plus empirique.
Notre travail artistique est très polyvalent, difficile. Le groupe a déjà vu passer trois ou quatre générations d’artistes. Certaines se sont mariées, sont parties du pays et nous avons dû les remplacer. Aujourd’hui le groupe est composé, outre moi-même, de six jeunes artistes : Adonay, Adriana, Wendy, Onaili, Jane, Natali. Les plus anciennes sont là depuis plus de 10 ans, d’autres nous ont rejointe il y peu de temps. Elles ont des parcours assez divers. Adonay est par exemple de formation plutôt musicale. Onaila a fait partie du groupe folklorique Raices profundas. Natali, bien que fanatique de notre folklore, a aussi fait partie d’ateliers de danse expérimentale…
Quel a été l’influence de Obini Bata sur la jeune génération d’artistes folkloriques ?
Plusieurs groupes pren nant Obini Bata comme référence ont été créé à Cuba : Obini Oni à Cardenas, Obini Sa Ache à Cienfuegos, Obini Iragua à Santiago, Obini Abelikuka à Matanzas, Batachu à Guanabacoa. Il y a même à la maison de la culture de Centro Habana un groupe d’enfants, Los Criolitos, qui s’inspire de notre travail.
Nous avons cherché à œuvrer aussi pour une meilleure reconnaissance de la musique folklorique dans le milieu artistique « cultivé ». En 1993, Lino Neira a créé l’association des percussionnistes de Cuba. Nous avons été les premières femmes à faire partie de cette institution. Nous y avons contribué à un regain d’intérêt pour les percussions traditionnelles, qui étaient un peu marginalisés jusque-là par rapport à la percussion symphonique « classique ».
Propos recueillis par Fabrice Hatem
Si vous passez à La Havane, vous pouvez voir le spectacle du groupe Obini Bata, « Du tambour a la poésie » tous les vendredis à 21 heures, dans le patio du musée-temple des orishas, en face du Capitole (un peu sur droite de la rangée d’immeubles).
[1] Voir mon article sur le lien suivant : http://fabrice.hatem.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=1127&Itemid=73
Voici des nouvelles du CD de KLIMAX « Todo Esta Bien » annoncées par le Maestro GIRALDO PILOTO en personne.
L’album toujours en cours de mixage comporte 11 morceaux dansants comme « Lola », « La Pelirroja » et en exclusivité « Abusadorcita » ! Et un cadeau pour les francais amoureux de Jazz.
1. La Pelirroja
2. La abusadorcita
3. Que seria de mi
4. Un ataque de nervios
5. Lola
6. Todo está bién
7. Regresa
8. Black or White
9. Hay que recordar
10. La descarga
11. Homenaje a Michel Legrand
Propos recueillis en exclusivité pour www.fiestacubana.net par Fabrice Hatem, le 10 octobre 2011 à La Havane
Giraldo Piloto : Tout d’abord, j’envoie mes salutations au public français ; nous sommes impressionnés ici de l‘intérêt qu’il manifeste pour notre culture, notre musique cubaines.
Notre prochain CD va s‘appeler « Todo Esta Bien » (tout est bien). Plusieurs thèmes sont déjà prêts et nous préparons le mixage final. Nous vous présentons ici un thème nommé « La Abusadorcita », que nous allons commencer à promouvoir ici à Cuba.
Le CD comporte 11 chansons, dont 10 sont destinées à la danse et la dernière est un hommage à un des compositeurs les plus importants de la musique populaire dans le monde, Michel Legrand.
C’est une surprise que nous voulions faire au public français ainsi qu’à monsieur Michel Legrand, avec lequel j’ai fait plusieurs tournées, dont une aux côtés de Chucho Valdès en 2005. C’est une personne excellente, un musicien excellent, auquel j’envoie toutes mes salutations ainsi qu’à sa famille. Ce nouveau CD comporte des chansons que nous avons déjà interprétées en concert à Cuba et dans d’autres parties du monde. Déjà sur Youtube et sur d’autres réseaux sociaux, on commence à voir des vidéos de présentation in vivo de ces chansons, filmées à La Havane, comme « Lola » ou « La Pelirroja » , qui vont être incorporées dans notre nouveau CD.
Nous espérons que vous allez jouir de notre musique, de notre jeu scénique, que nous faisons pour le public qui assiste à nos concerts. Chaque fois que vous voulez passer un bon moment, venez nous voir jouer. Nous avons un projet de tournée au Pérou ; il y a un intérêt formidable pour la Timba là-bas, on peut dire que s’il y a une capitale de la Timba aujourd’hui, c’est Lima. Nous avons également des invitations pour le Vénézuéla, le Canada, des projets aux Etats-Unis, en Afrique. Nous espérons aussi pouvoir revenir en Europe où plusieurs organisateurs de concerts nous ont manifesté leur intérêt, peut-être en 2012.
On dit parfois que l’occasion fait le larron ! Mais il y a surtout des rencontres inévitables car les pôles s’attirent ! Il n’y a pas vraiment de hasard et dans la petite planète de la Timba encore moins…
La Mecanica Loca est un astre naissant avec déjà ses satellites ! Son magma percussif, la mécanique céleste de ses révolutions, la force tectonique des ses Tumbaos et ses chanteurs ionisants, Yosvany et Martha, nous ont tous mis sur orbite, notamment à Hossegor où La Mecanica Loca a bien failli ravir le trophée de Meilleur Concert de l’Année 2010 au très grand César PUPY Pedroso !
C’est justement une étoile filante de PUPY qui vient d’entrer dans le champ de gravitation de l’astéroïde MECANICA LOCA ! TIRSO DUARTE, « Que Se Escucha en Todas Partes », ce photon d’anti-lumière, « El Angel Negro de la Timba » est entré en résonnance avec JULIEN GARIN, le centre de gravité de cette MECANICA LOCA si prometteuse…
TIRSO DUARTE possède un magnétisme, une puissance, une inspiration qui décuple les vibrations de n’importe quel ensemble mais à force de chanter partout, en électron libre, en franc-tireur, TIRSO n’était quasiment plus nulle part, comme dématérialisé ! Il fallait un noyau d’attraction puissant avec un large spectre d’innovation pour cet artiste hors norme !
LA MECANICA LOCA, elle, avait a peine commencé son accélération interstellaire quand elle rencontre l’étoile filante qui pourrait la guider à son objectif ultime : La Timba Universelle, celle qui réconcilie la Matrice, Cuba, et son expansion spatiale dans la voie lactée, la Yuma !
La Timba a essaimé sur la planète entière ! Et elle a particulièrement fertilisé en France où se sont retrouvés des artistes cubains très inspirés et de formidables musiciens français, passionnés et regorgeant de talents, qui n’ont eu aucun complexe, tels les pionniers de l’espace, à conquérir les galaxies des Timbas les plus complexes.
Tout comme GRUPO DANSON ou MAYIMBE, La MECANICA LOCA réussi le tour de force de générer une Timba Universelle, à la fois 100% Cubaine et pourtant en dehors de Cuba ! La MECANICA LOCA, elle aussi participe de ce Big Bang musical…
C’est un tour de force, car peu de groupes arrivent à atteindre cet équilibre et nombreux sont les projets soit trop brouillon soit trop jazzy voire intello !
Il faut croire que le capitaine de cette Mécanique Folle, est bien entouré, bien conseillé et bien préparé !
TIRSO et LA MECANICA LOCA sont entrés en orbite et vont enfin pouvoir se nourrir mutuellement : leurs gravitations mutuelles sont à coup sûr la source d’un projet novateur qui devrait marquer la genèse d’une Timba qui marquera une nouvelle ère !
Mais laissons à notre étoile TIRSO DUARTE le soin de l’annoncer lui-même :
Concrètement La Mecanica Loca et Tirso Duarte travaillent sur un répertoire intégrant des compositions du groupe tout comme de Tirso qui devraient être enregistrées à La Havane en Octobre-Novembre 2011 pour un disque original. Ce disque devrait sortir à l’occasion de la tournée européenne de La Mecanica Loca avec Tirso Duarte du mois d’Avril au mois de Septembre 2012.
Prenez date, le 27 Avril 2012, à Bayonne, La Mecanica Loca fera le premier concert de ce projet grâce à la coproduction de La Scène Nationale Bayonne – sud Aquitain. FiestaCubana.net est tres honoré d’avoir été choisi pour parrainer ce projet et sera aux côtés de nos artistes préférés pour vous raconter la genèse de cette Super Nova !
A suivre…
Nos remerciements à Pierre Vignacq pour ses magnifiques photos de LA MECANICA LOCA à Hossegor, un concert historique, désormais mythique !
Comme vous le savez sans doute, la Salsa cubaine est l’héritière directe d’une danse née à la Havane à la fin des années 1950, la Rueda de Casino.
Lors de son dernier passage à Cuba, à l’été dernier, notre ami Fabrice Hatem a pu rencontrer les créateurs de cette danse, aujourd’hui regroupés dans le cercle dit « des Fondateurs de la Rueda », et qui animent notamment, entre autres activités, les soirées de Salsa du Restaurant 1830 à La Havane.
Il les a longuement interviewé et a tiré de ces entretiens un texte de synthèse sur les origines et l’histoire de la Rueda de Casino, que nous avons le plaisir de vous présenter ici.
Pour consulter ce texte en pdf, cliquez sur le lien suivant : Rueda (soyez patients, l’ouverture prend quelques secondes).
L’une des caractéristiques les plus attachantes de Cuba est le mystérieux génie de la conservation dont font preuve les habitants de l’île. Ici, tout au long de l’histoire du pays, beaucoup d’objets ou de traits culturels ont été apportés de l’extérieur : les religions, les danses folkloriques, les voitures, les vêtements… Or, il y a parfois bien longtemps qu’ils ont disparu de l’endroit même dont ils sont originaires. A Cuba, au contraire, ils restent bienvivants, participant au quotidien des habitants d’aujourd’hui. Et c’est leur coexistence, leur étrange et fascinant métissage, leur bric-a-brac bigarré qui crée cette atmosphère si particulière à notre île aimée, celle d’une sorte de grand conservatoire vivant – et vibrant – à ciel ouvert.
Vous voulez rouler en voiture américaine des années 1950 ? Ou peut-être préférez-vous une Lada soviétique des années 1960 ? Vous voulez assister à un spectacle de danses des Orishas venues d’Afrique, ou bien un menuet français du XVIIIème siècle ? Vous voulez faire l’expérience du marché noir dans une économie communiste ? N’allez pas aux Etats-Unis, ni en Russie, ni au Nigéria, ni en Chine populaire, ni en France. Vous n’y trouverez plus rien, ou presque, de tout cela. Par contre, si vous allez à Cuba, il vous sera très facile de héler une Buick décapotable modèle 1953 sur le Malecon pour aller entendre des tambours sacrés Yoruba. Ou bien de négocier avec le chauffeur d’une vieille Lada brinquebalante le prix d’une course clandestine pour aller voir danser le menuet au son des rythmes africains, comme je l’ai fait hier soir sur la place Cespedes de Santiago de Cuba.
Car cette extraordinaire capacité cubaine à préserver, à métisser et à réinventer a aussi quelque chose à voir avec la France. A la fin du XVIIème siècle, comme vous le savez sans doute, les colons français de Haïti, chassés par les révoltes noires, trouvèrent refuge dans l’Oriente cubain. Ils amenèrent, outre unbon nombre d’esclaves noirs fidèles qui les suivirent dans leur exil, leurs patronymes, leurs instruments de musique, leurs habits élégants et leurs danses. Voilà pourquoi tant d’habitants de Santiago et de Guantanamo, y compris les Noirs descendants desesclaves, portent des noms français. Ici, les Courreaux, les Despaigne et les Duverger sont presque aussi nombreux que les Rodriguez, les Castillo ou autres Fuentes.
Le folklore cubain incorpore des traces non négligeables de cette influence française. La Danse nationale du pays, le Danzon, peut être considérée comme une héritière directe des contredanses européennes. La présence de la flûte et du violon dans les orchestres de Charanga constitue une réminiscence des orchestres de bal qui animaient les soirées des colons français de Haïti.
Et surtout, il y a la Tumba francesa, que je connaissais déjà de nom, mais que je n’ai vraiment découverte qu’hier soir, sur la place Cespedes de Santiago de Cuba. La Tumba Francesa, c’est à la fois une forme d’expression culturelle et d’organisation sociale.
Le terme Tumba francesa désigne d’abord des sociétés de secours mutuel et divertissement regroupant des Noirs de l’Oriente Cubain d’ascendance haïtienne. Venues des temps de l’esclavage, souvent placées sous la discrète protection de Saints ou de Dieux d’origine africaine, certaines de ces associations sont toujours actives aujourd’hui. La plus connue à Santiago de Cuba s’appelle La Sociedad de la Caridad de Oriente. Elle joue un rôle majeur, en liaison avec la Casa de los Caribes de Santiago, dans la préservation et la transmission du patrimoine culturel afro-franco-cubano-haïtien.
Mais la Tumba Francesa est surtout connue, à l’extérieur de Cuba, comme une forme particulière de danse et de musique populaire. Les samedis et les jours fériés, les esclaves Noirs des plantations de Café de Saint-Domingue étaient autorisés par leurs maîtres français à se réunir pour se divertir et pratiquer leurs rites religieux. De ces fêtes naquit la Tumba Francesa, qui migra à Cuba avec ses pratiquants au début du XIXème siècle.
Au cours de ses deux siècles d’existence, celle-cia créé un très riche répertoire d’œuvres musicales, chantées et dansées mélangeant l’apport africain et européen en une étrange et fascinante synthèse. Tout dans cette expression culturelle est en effet métissage, à commencer par son nom : Tumba, car la musique est fortement influencée par l’Afrique, avec une instrumentation dominée par les tambours battant les rythmes Noirs, originaires notamment de l’ancien Dahomey et du Congo ; et Francese, parce qu’une partie des danses, en particulier celle appelée Masun ou Mason, estdirectement influencée par le menuet et la contredanse des maîtres Blancs (une autre partie, comme le Yubá ou le Frenté,est plus typiquement africaines et peut être considérée commeun antécédent direct de la Rumba).
Le Mason, la plus connue des expressions de la Tumba Francese, est une danse collective particulièrement agréable à regarder, avec ses figures de quadrilles, ses rondes, ses carrousels, ses ponts, ses marches.Les paroles de ses chansons utilisent un dialecte particulier, mélangeant les langues africaines, l’espagnol et le français. Quant aux costumes, ils sont fondamentalement inspirés de la mode européenne… du XVIIème siècle. Les hommes portent des chemises bien amidonnées aux cols brodés, des gilets, des fracs et des pantalons à la française. Les femmes ont de longues et amples robes en coton de couleur pastel – rose, bleu, vert, blancs – traînant légèrement sur le sol, avec de larges cols, de grandes bordures ouvragées, des volants et des parements. Pendant la danse, ces robes volent dans les airs, comme des ailes de lumière. Bien sûr elles portent à la main un éventail. Mais cette influence européenne et aristocratique est quelque peu amodiée par la présence de quelques éléments vestimentaires d’origine plus rurale et/ou africaine : foulards ou turbans de couleur vive appelés Duvan, châles, colliers…
J’ai eu la chance de voir hier danser un Mason, sur la place Cespedes de Santiago de Cuba, dans un spectacle donné par le Conjunto Folklorico de l’Oriente à l’occasion du festival des Caraïbes. J’ai pris de nombreuses photos, dont je vous propose de découvrir une sélection dans le diaporama suivant : mason
Je vous promet également au nom de FC, dans les jours et les mois qui viennent, de vous faire parvenir des entretiens avec de véritables spécialistes Santiagueros qui vous permettront de mieux connaître ces coutumes. En attendant, bonne vision et bonne découverte pour ceux qui ne connaissaient pas ce charmant héritage lointain de nos provinces, aujourd’hui disparu chez nous…
Fiestacubana.net vous propose de découvrir la vidéo de LOS VAN VAN étrenant « La Maquinaria »
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La vidéo de MARAVILLA DE FLORIDA « Ilusión Perdida » !
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la Vidéo Officielle d’ ELITO REVE y su CHARANGON « Jala Jala » avec CRISTIAN y REY ALONSO !!!
PEPITO GOMEZ y su Grupo interprétant « PA’ QUERERSE »
PEPITO y su Grupo (con Osiris Martinez) interprétant ESTA NOCHE :
ISSAC DELGADO en vivo au Festival de Jazz de Lugano interprétant un Medley de succès…
RONNYS de BAMBOLEO (ex TUMBAO HABANA) interprétant « Juan Pescao »
DAYAN avec PUPY y LOS QUE SON SON « Pirolo »
Alexander Abreu & Habana D’Primera en concert au New Morning (Paris) le 30 juin 2011
INGRID de AZUCAR NEGRA « Sacudete Que Tienes Arena » aussi appelé « Perrita Fina »
LA CHARANGA HABANERA et PAULITO FG interpretant « La Union »
le nouveau tube de SONEROS ALL STARS « La Habana Tiene Su Meneo » avec Lesmer Solenzar, Pascual Ramos « El Sinsonte » et Sixto Llorente « El Indio »
CRISTIAN y REY avec EL CHARANGON D’ELITO REVE interpretant leur nouveau tube « JALA JALA »
HABANA D’PRIMERA interprétant « Carita de Pasaporte » a Callao, Lima, Pérou
le Vidéo Clip officiel de MANOLITO y su TRABUCO « La Noche »
le dernier clip de COMBINACION DE LA HABANA avec TIRSO DUARTE et PAVEL « LA FIGURA » interprétant « Ajustate El Cinturon » Merci a Mirco et TimbaPorSiempre.com pour la primeur de cette video !
Vidéo Clip officiel de NG LA BANDA avec JUAN FORMELL « Si yo tuviera 20 »
Vidéo Clip officiel de LA CHARANGA HABANERA y EL CHACAL « Gozando en La Habana »
le nouveau Vidéo Clip de Orquesta ALIAMEN « Ay Mama »
le nouveau Vidéo Clip de LOS VAN VAN avec Yanet Fuentes « Me Mantengo »
Le nouvel enregistrement d’ Alexander Abreu y Habana D’Primera avec Fito Gress « Que Particular »
le nouveau Vidéo Clip d’Elito Revé y su Charangon « Agua Pa’ Yemaya » chanté par Emilio Frias « El Niño »
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