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ELITO REVE y su CHARANGON conduisent « La Aplanadora de Cuba »

ELITO REVE y su CHARANGON conduisent « La Aplanadora de Cuba »

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Elito Revé a accordé une interview exclusive pour www.fiestacubana.net lors du Festival CUBADISCO 2012 où il nous relate les derniers changements dans le Charangon et où il nous révèle ses projets, notamment le prochain double CD « La Aplanadora de Cuba » !

Ce bulldozer vient d’arriver pour une tournée européenne ! Ne les ratez pas…

20 Juin Lyon
28 Juin Lille
29 Juin Tours summer Festival
30 Juin Bayonne festival Penas y salsa
4 Juillet Nice-Falicon
5 Juillet Carpentras
7 Juillet Rignac Aveyron Festival

C’est à la suite d’un concert comme toujours puissant et jubilatoire au Teatro America de La Havane dans le cadre de Cubadisco 2012 que Elito Revé nous a accordé un bref entretien plein de bonnes nouvelles.

Après plusieurs mois dans le grand froid scandinave où l’Orquesta Revé s’est produit sur des croisières nordiques, Elito Revé revient plus chaud que jamais prêt à tout écraser sur son passage avec une orchestre légèrement remaniée et désormais rebaptisée « La Aplanadora de Cuba » (La Dameuse ou le Caterpilar de Cuba), plus lourde, plus puissante que n’importe quelle « Maquina », plus que « El Tren », que « La Maquinaria », ou « La Locomotora » !

Le Charangon avait défié en ‘mano a mano’ il y a quelques années Manolito y su Trabuco, notamment en Allemagne lors du jubilé de Willie Colon. Mais cette fois-ci Elito s’attaque frontalement au Capitaine de la Musique Cubaine, Juan Formell.

Les premières escarmouches avaient eu lieu depuis 2008, puis avec la venue d’une voix féminine, celle de la China du Charangon, Susel, comme en réponse aux succès de Yeni Valdès.
Profitant certainement de certaines pannes à Alto Songo du « Tren De L’Alegria », à savoir Los Van Van perdus à la recherche (musicologique) du temps perdu, le Charangon de Elito Revé a souvent ravi la première place dans le cœur du public et tout le monde de confirmer que La Revé était redevenu un Tren, voire le Tren !

Depuis les succès de « Fresquecito » couronné du prix du meilleur CD au Cubadisco 2008 et aux FIESTA CUBANA AWARDS 2007 et plus récemment depuis la gloire octroyée au CD « De Que Estamos Hablando », couronné aussi du FIESTA CUBANA AWARDS 2010 avec notamment « Mi Amiga Chichi » et « Agua Pa’ Yemaya », la Orquesta Revé n’a quasiment jamais été autant en forme.

Le dernier tube « Jala Jala », cette collaboration brillante avec Cristian y Rey Alonso, a tout de suite emporté le suffrage du public.

Et pendant que le public jouissait de ces tubes, Elito Revé y su Charangon parcourait le monde, le Pérou, le Mexique puis la Scandinavie et préparait l’avenir…

Quelques changements ont notamment marqué le groupe avec le départ du très bon et très sympathique Tresero de Holguin, Jorge Luis Vila, puis celui de l’excellent tromboniste Ulises Benavides connu comme « El Caramelo de Zamorana ». Ces deux protagonistes furent des piliers du Charangon et leur absence nous manquera certainement mais Elito Revé entraine son orchestre vers de nouveaux horizons avec toujours le génial Aisar Hernandez à la direction musicale.

La rencontre avec Los Van Van, longtemps attendue a finalement eu lieu, mais ni le jour ni dans le lieu attendu. Ce ne fut ni le 12 Mai, ni le 19 Mai à la Tropical. Mais finalement à Guantanamo fin Mai 2012, ces deux machines, locomotrices de la Musique Cubaine Populaire, se sont croisées sur la même scène.

Il n’y a pas de vainqueurs dans un ‘mano a mano’ car il n’il n’existe aucune échelle de valeur dans le domaine esthétique et artistique mais le défi entre ces deux formations annonce une émulation créatrice qui va satisfaire le public salsero.
Un autre ‘mano a mano’ est prévu prochainement a La Havane au Morro Cabaña.

Los Van Van ont redémarré avec du sang neuf, celui du grand timonier Arnaldo Jimenez a la basse et du chanteur probablement le plus complet de sa génération, Mandy Cantero.

Le Charangon de Elito Revé continue avec un géant, « El Gigante » Yosniel au Trombone et avec un jeune prodige de Santiago de Cuba au Tres, Renesito !

Renesito a été primé au précédent CUBADISCO 2011 pour son excellence au Tres et fut un disciple de l’immense PANCHO AMAT, « Almabre Dulce », le meilleur Tresero de Cuba selon Adalberto Alvarez.

Ces interventions font feu et flammes et vont ravir las amateurs de virtuosité au Tres.

En voici un léger exemple avec Elito Revé présentant sur scène Renesito en solo :

Elito Revé nous livre un scoop en nous annonçant qu’il renforce encore son attelage avec un cinquième chanteur qui devrait rejoindre l’orchestre très prochainement, aux côtés du roi Dagoberto Vasquez, Pascualito Ramos « El Sinsonte », Emilio Frias « El Niño » et Susel « La China »… Affaire à suivre de très près !

Mais surtout Elito Revé nous annoncent leur prochain Disque !

Un double CD de 24 morceaux intitulé :

LA APLANADORA DE CUBA !

Ce sera un double-CD de 24 titres : il y aura 12 nouveaux morceaux dont le tube « Jala Jala » et « no debo explicarte nada », une sublime chanson du pianiste Pachi Naranjo, interprétée de manière très émouvante par Susel.

Il y aura aussi 12 reprises de succès d’anthologie avec de nouveaux arrangements mais ce souci permanent d’Elito de rendre hommage à l’héritage de son père, Elio Revé, « el Padre de la Salsa », « El Rey Del Changui » …

En attendant La Aplanadora de Cuba, la Dameuse de Cuba, va tout dévaster sur son passage lors de sa Tournée française :

20 Juin Lyon
28 Juin Lille
29 Juin Tours summer Festival
30 Juin Bayonne festival Penas y salsa
4 Juillet Nice-Falicon
5 Juillet Carpentras
7 Juillet Rignac Aveyron Festival

Voici l’interview originale réalisée le 21 Mai 2012 au Teatro America de La Havane (pardonnez la très mauvaise qualité sonore de cet enregistrement)

ELITO REVE y su CHARANGON conduisent « La Aplanadora de Cuba »

De retour de Cuba(disco) avec La Revé…”no debo explicarte nada !”

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Notre ami et partenaire Claudion revient de Cuba avec des nouvelles fraiches de CUBADISCO 2012 et surtout des nouveautés que nous préparent Elito Revé y su Charangon, l’un des orchestres cubains préférés des français ! Il reste marqué par la nouvelle chanson interprétée par SUSEL la China de la Revé « No debo explicarte nada »…

Mais laissons le soin de nous raconter tout ca à Claudion, qui rappelons-le est le représentant de Elito Reve y su Charangon en Europe et surtout un immense connaisseur de la Musique Cubaine depuis 2 décennies.
Quand vient le mois de Mai, je me laisse emporter par la nostalgie de Cuba et je monte Dans le premier avion pour cette terre si belle, la terre de mes amours, ou naquirent Benny More, Pablo Milanes et d’autres grands Trovadores, Dans ce Caïman Vert, source de tant de sensations !

Bien que cela fasse déjà plus de 20 ans que je la visite régulièrement, Cuba m’offre à chaque fois un meilleur visage, ou plutôt le visage que je lui cherche, celui souriant de sa musique. Cette fois-ci, l’occasion propice fut celle du marché CUBADISCO et des mes réunions habituelles à La Havane avec Elito Revé du fait de notre collaboration artistique depuis déjà 5 ans déjà et qui n’est un secret pour personne, et encore moins pour www.fiestacubana.net.

De CUBADISCO, nous connaissons déjà les vainqueurs des principaux prix, bien mérités par ces grand musiciens, interprètes et directeurs d’orchestres de premier plan à Cuba.

J’étais présent lors de la cérémonie de remise des Prix et de cet événement je ne peux que me lamenter de la faible audience du public, certainement due à une promotion inadéquate.

Toutefois j’ai pu assister à des concerts extrêmement passionnants parmi lesquels j’en retiendrais deux.
Le premier fut organisé en l’honneur de la visite du fils d’Oscar D’Léon à La Havane ou furent invités de nombreux musiciens et chanteurs pour une Descarga mémorable.

Ce fut une jubilation inespérée de voir le fils du plus grand chanteur qu’ai donné le monde de la Salsa, partager la scène avec Lazarito Valdes, el Nene, El Indio, Felix Baloy et même un vieux choriste de Benny Moré, tous accompagnés par Lazarito Valdes, comme si cela ne suffisait pas.
Ce partage du fils d’Oscar D’Léon avec les meilleurs Soneros de Cuba, dans une embrassade idéale entre Salsa et Son, rendant même hommage à ceux qui avait monté le chapiteau, fut beau et émouvant.

L’autre concert remarquable fut celui de Manolito Simonet y su Trabuco qui reçurent comme invité spécial Dominic Miller, le guitariste de Sting depuis 25 ans. On connaissait déjà le génie musical de Manolito mais ce fut une prouesse novatrice de fusionner avec excellence les deux langages si forts que sont la Musique Cubaine et le Rock.

Ce fut d’autant plus émouvant d’entendre de la bouche d’un musicien aussi expérimenté que Dominic Miller qu’il n’y a rien de comparable à la Musique Cubaine et qu’elle est la meilleure école pour un musicien !

Du coté d’Elito Revé il y a pas mal de nouveautés. Nous avons appris le départ de Jorge Luis Vila au Tres puis celui d’Ulises Benavides, « el Caramelo de Zamorana », au trombone qui ont été remplacés respectivement par Renésito, de Santiago de Cuba, et Yosniel.

Elito nous a confirmé que son prochain album sera un coffret de 2 CDs avec de nouveaux morceaux et des morceaux d’anthologie réarrangés. Ce coffret s’appellera «La Aplanadora de Cuba».

Elito a parlé de sa participation au Festival de Changüi de Guantanamo à la fin Mai, auquel je n’ai pas pu participer, où La Revé a joué avec Los Van Van. Un tel ‘mano a mano’ se reproduira a La Havane au Morro Cabaña.

La tournée d’été du Charangon est imminente : elle commencera le 14 Juin et se conclura le 23 Juillet après avoir parcouru 8 pays d’Europe et joué dans de nombreux festivals.

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J’ai pu assister aux répétitions à La Tropical et écouter certains des nouveaux morceaux qu’Elito étrennera lors de sa prochaine tournée. Un morceau a particulièrement attiré mon attention pour le renouveau de la thématique abordée par la Revé mais aussi par la prestation de son interprète.

Il s’agit du morceau “ No debo explicarte nada “ (« Je n’ai rien à t’expliquer »), une belle chanson composée par le pianiste Pachi Naranjo, interprétée par Susel.

Comme chacun sait, ce sont les femmes qui savent le plus des choses de l’amour et de ce fait j’ai trouvé très pertinente la décision de la faire chanter par Susel. De plus c’est une chose tout a fait naturelle de profiter de cette belle voix féminine pour lui construire un répertoire a la fois adapté et surprenant car peu d’entre nous n’espérions voir Susel chanter des Guarachas à double-sens ou des morceaux chargés de l’effronterie typique des quartiers populaires.

Tout ca pour dire qu’il s’agit d’une dame: Susel ne fait que chanter la fin d’un amour au travers de la vue émouvante de son cœur. Il s’agit d’une confession en public qui relate l’évolution des sentiments et de la douleur à la fin d’un amour qui se dilue en la conscience que tout se dépasse et en l’affirmation orgueilleuse qu’au final de ce processus, « No tengo que explicarte nada », « je n’ai rien à t’expliquer ».

J’avoue que ce morceau m’a ému en trouvant dans ses paroles la sincérité d’une femme qui cherche en elle-même les raisons pour dépasser la douleur et non la subir. La narration rappelle celle de « Despues de Todo » (NDLR : thème de Los Van Van chanté par Yeni Valdes). Une chronique psychologique à la fois bien conçue et crédible dans la bouche d’une femme.

La thématique de cette nouvelle chanson de la Revé et son interprétation féminine m’a faite penser à « Despues de todo » , ce succès dans lequel Yeni Valdes chantait « Que el amor que te ténia era lindo y verdadero pero se acabò mi cielo » (« Que l’amour qu’elle éprouvait était beau et sincère mais que le ciel est tombé ») et ou elle invitait son partenaire a “ seguir su camino porquè vivir feliz no està prohibido” (« continuer son propre chemin car vivre heureux n’est pas interdit »).

Dans ses deux chansons on retrouve à la fois la même douceur et la même force que l’on connaît des femmes cubaines, mais comme le thème de l’amour est universel, nul ne doute que les femmes qui écouteront cette chanson y trouveront cette vérité des sentiments qui bouleversent.

Il est clair qu’il ne s’agit nullement ici d’un Boléro ou d’une chanson de la Trova, et pour libérer les sentiments du sentimentalisme on retrouve les sonorités de la Revé si bien que nous savons parfaitement à quoi nous attendre !

J’ai pu écouter cette musique que la Orquesta Revé étrennera d’ici quelques jours lors de ses concerts européens et je peux vous garantir qu’elle a la force et le gout que nous connaissons de cet orchestre légendaire. Elito semble nous dire: “Està bien el amor, todo lindo pero hay que ponerle un rico Tumbao, el sonido grueso de los trombones y los coros con la voz de vieja y sobretodo una cadencia bien bailable ….de que estamos hablando ¿”
“C’est bien l’amour, c’est beau mais il faut y ajouter un Tumbao bien agréable, la grosse sonorité des trombones, les cœurs avec la voix de petite vieille et par-dessus tout une cadence très dansante… Mais de quoi parle-t-on ? »

Elito m’a demandé de ne pas diffuser ce morceau en avance car il souhaite le dévoiler lors des concerts de cet été. De ce fait, pour vous approcher au plus près de cette chanson, il ne me reste plus que de vous en offrir les paroles en vous laissant imaginer la musique ! Profitez-en !

NO DEBO EXPLICARTE NADA

Puedo comenzar de nuevo , puedo resistir
Soy mujer de andar seguro y de no caer
Tengo la mirada puesta sobre el corazon
Y sé la herida del amor donde ya no llegaras

Dejame volver de nuevo , dejame sentir
Que puedo quedarme sola y sobrevivir
Que el tiempo no pasa invano
Para una dama y aunque venga exigiendo
No debo explicarte nada

Coro : Siempre sola …..
No aguanto mas corazon , encuentra una solucion
O esto se acaba !

Coro 2 : Acuerdate que yo llego primera
No debo explicarte nada

Coro : Acuerdate….

ELITO REVE y su CHARANGON conduisent « La Aplanadora de Cuba »

GIRALDO PILOTO y KLIMAX vous assure que « Todo Esta Bien » pour la Timba

Le nouveau CD de KLIMAX « Todo Esta Bien » est désormais à la vente sur www.cdbaby.com !
Cet album est excellentissime et ouvre l’un des ères les plus dansantes de Klimax. Comme nous l’annoncions en Octobre, il comporte 11 morceaux :
1. La Abusadorcita (Timba)
2. La Pelirroja (Timba)
3. Que Seria de mi (Salsa)
4. La Descarga (Timba)
5. Lola (Timba)
6. Black or White (Timba Funk)
7. Regresa (Salsa)
8. Todo Esta Bien (Timba Funk)
9. Quiero Salir Esta Noche Contigo (Son)
10. Hay Que Recordar (Bolero)
11. Homenaje a Michel Legrand (Jazz)
Giraldo Piloto nous a offert une nouvelle interview exclusive pour nous parler du nouveau CD de Klimax et pour nous expliquer pourquoi « Todo Esta Bien »

KLIMAX est au sommet de sa forme avec un concert hebdomadaire les vendredis après-midi à la Casa De La Musica de Miramar qui est probablement l’une des meilleures matinées de La Havane. L’orchestre sonne terriblement bien, avec des tubes irrésistibles, la qualité sonore du CD, une mise en place impeccable, une section rythmique explosive et des cuivres funky tout droit revenus de l’enfer, et une force décuplée par un public déchainé !

Reinier a laissé sa place à un jeune chanteur de 30 ans, prénommé Oscar Rey, superbement complice de son homonyme Oscar, le plus jeune de la troupe qui nous avait impressionné en France avec son hommage à Michael Jackson.

Noel Diaz, l’ex Hombre Elastico (Homme Elastique) de La Charanga Habanera continue de mener la danse sur scène par ses chorégraphies loufoques, urbaines et spectaculaires, et par ses 2 tubes « Lola » et « La Pelirroja » !

Leo assure un tour de chant époustouflant et confirme les immenses progrès vocaux depuis son passage à La Charanga Habanera. Il chante le tube d’ouverture des concerts, « La Abusadorcita », et il interprète magistralement une Salsa, « Que seria de mi », qu’il teinte d’abord de Romantica mais qu’il tire progressivement et avec malice vers la Timba.

Giraldo Piloto nous a confirmé que tout va bien pour Klimax. D’où le titre de cette nouvelle œuvre, « Todo Esta Bien », qui se range tout de suite parmi les meilleures productions de cette année. Pour Giraldo Piloto, tout va bien non seulement pour Klimax mais aussi pour la Musique Populaire Dansante Cubaine, et cela malgré l’invasion massive du Reggaeton dans le paysage de l’Ile de la Musique qu’est Cuba.

Klimax nous livre un disque pour les danseurs et les amateurs de Fiesta. A part un Boléro de Piloto et Vera, interprété par sa propre mère, Josefina Barreto, elle-même héritière du mouvement du Feelin, comme Omara Portuondo, et une magistrale leçon de Jazz en hommage au compositeur français des Parapluies de Cherbourg, Michel Legrand, ce disque est une festival de Salsa et Timba, tirant très souvent vers le Funk mais avec en permanence un Tumbao pour les danseurs de Casinos et parfois des sonorités du Très Cubain, afin de marquer l’essence Sonera de cette musique.

On doit l’idée de cette introduction du Très dans la musique de Klimax à notre ami Cubano-Français, Hector Gomez, pour sa collaboration Giraldo Piloto sur le projet de La New Sonora !
Nous nous sommes permis un « blind test », un test à l’aveuglette, en faisant écouter le CD « Todo Esta bien » à un certain nombre de cubains dans différents endroits publics de La Havane. Certains ont rechigné à l’idée de passer un disque de Klimax mais tous ont fini très rapidement par marquer le rythme, gigoter, se trémousser, chanter et danser sur cette œuvre irrésistible et festive.
Klimax nous livre ici un chef d’œuvre ! Attention ! Le Klimax d’aujourd’hui est un « Tren » et Giraldo Piloto un « Cañon » ! Qu’on se le dise…

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1. La Abusadorcita

« La Abusadorcita » est la Timba qui ouvre le CD. www.fiestacubana.net avait déjà dévoilé ce morceau depuis le mois d’Octobre 2011. Il est chanté par Leo mais il reste dans la droite ligne des derniers tubes de Klimax chantés par Noel que sont « Lola » puis « La Pelirroja ». Cette nouvelle formule est celle qui conduit Klimax aux sommets de la Timba. Une Timba très dansante, virtuose et « guapa » (espiègle ou provocante), à la fois intelligente par son orchestration et populaire par ses paroles ou ses coros.

2. La Pelirroja (Timba)

« La Pelijorra » est désormais bien connue grâce au vidéo clip qui vous était offert par www.fiestacubana.net à l’automne dernier. Le deuxième tube de Noel Diaz fonctionne à merveille car le tumbao est clair, il suit une ligne très salsera avec des arrangements de cuivres jazzy et élégants… La voix légèrement voilée de Noel séduit tout autant que ses notes d’humour coquin.
Le refrain « Pechito con Pechito, Almohada con almohada » entraine les danseurs et conclut cette salsa loca…

3. Que Seria de mi (Salsa)

« Que seria de mi » rappelle la chanson romantique de Piloto « Mi Estrella », interprétée par Klimax et La Charanga Habanera. Une chanson qui débute de façon très romantique. La voix de Leo se fait émouvante, virevolte et va chercher les aigus, avant que ne s’installe le Tumbao qui va transformer le morceau en une salsa pour les Casineros, bien stable, cadencée et élégante, jazzy avec un brin de ‘guaperia’, de gouaille et d’effronterie ! on ne se refait lorsqu’on a la Timba qui circule dans les veines…

4. La Descarga (Timba)

« La Descarga » est d’emblée beaucoup plus coquine. Ici « La Descarga » n’a rien à voir avec celle des musiciens de Jazz mais ce rapporte plus avec le concept de décharge sentimentale, voire sexuelle ! Cette « guaperia » et cette « picardia », on la doit au nouveau chanteur Oscar Rey qui a tout de suite trouvé sa place dans l’orchestre.

« Si tu quieres descargar conmigo,
Metete en la cola »

« Si tu veux une relation fugace avec moi
Prend un ticket et fais la queue »

Autant dire que cette attitude macho est la manière de rigoler du sport national a Cuba, après le Baseball, l’amour, pour ne pas dire autre chose.

« La Descarga » est une Timba forte, puissante, une décharge d’énergie, qui comme souvent avec Klimax commence en douceur, entre salsa et Jazz, mais assez rapidement, l’entrée du refrain, les cuivres se font plus agressifs, le Tumbao plus erratique, plus sale, et les sonorités plus décalées. Les coros sont s’inspire du Rap tandis qu’Oscar Rey enflamme la piste par ses invectives.

5. Lola (Timba)

« Lola » ne se présente plus ! Elle a toujours un peso dans son porte monnaie, « un peso en la cartera », et elle est heureuse son porte-monnaie finit rempli de C.U.C, la devise Cubaine. A l’instar de « Carita de Pasaporte » de Habana D’Primera, Klimax aborde la lutte quotidienne, la survie, les illusions et désillusions, spécialement pour les femmes a Cuba. Pourtant ce morceau est plein d’humour et de tendresse avec notamment la reprise du refrain de la Orquesta Aragon « Preguntame Como Estoy ».

Ce morceau amorce le renouveau et la reconquête de la popularité pour Klimax car Piloto a trouve la formule entre une Timba exigeante sur le plan musical mais aussi une cadence, un Tumbao bien clair et des paroles, un show qui divertit le public ! Noel Diaz a la manœuvre office avec excellence et termine le spectacle avec grands écarts et saut périlleux arrière ! Ce mélange subtil de Salsa Timba et de Funk avec l’humour et la dérision du chanteur rendent ce morceau efficace et revigorant ! Lola fait déjà la bonne fortune de Klimax.

6. Black or White (Timba Funk)

« Black or White » est un hommage à Michael Jackson décédé récemment. On savait que la genèse de la Timba avait été influence par les pionniers de la musique Funk comme Kool & The Gang, Earth Wind & Fire mais l’inventeur de la Timba qu’est Piloto est aussi un grand admirateur du Roi de la Pop. Ce morceau est à la fois un hommage et un défi que se sont lancés les musiciens de Klimax mais le pari est largement réussi. La prouesse vocale de Oscar, ce jeune chanteur métis de 22 ans est hallucinante autant sur CD que sur scène !
Ce morceau est encore la preuve que Klimax est une machine de guerre, virtuose, Funky et époustouflante, versatile et authentique. Les riffs de cuivres, les mambos, brillants et explosifs. Avec Klimax, comme dit Manolito y su Trabuco, « La Habana tiene Swing », mais aussi Groove, Funk, Hip-Hop, R&B et Timba… Michael Jackson, au ciel, doit certainement entamer son Moon Walk pour remercier Giraldo Piloto de le faire revivre d’une manière aussi élogieuse !

7. Regresa (Salsa)

« Regresa » est une salsa, une réponse préméditée et espiègle aux danseurs en ligne, à la Salsa Romantica, aux Portoricains. Oscar Rey l’interprète avec une voix vibrante, émouvante accompagnée d’une Salsa impeccable, propre, élégante et convenue. Cette musique s’envole vers le ciel, vers le lyrisme, le romantisme… Jusqu’à le naturel revienne au galop… Les mambos sont plus syncopés, le Tumbao de la salsa cubaine se fait plus prononcé et le chanteur dévoile son vrai visage d’amant

« Preparate que tengo un Atari
Hasta que juego toda la noche y no pari »

« Prepare toi que j’ai une Atari
Pour que tu joues toute la nuit sans t’arrêter »

Tout un programme pour ceux qui auront deviné le double sens…

8. Todo Esta Bien (Timba Funk)

« Todo Esta Bien » est la bombe Timba Funk de cet album. La cartouche de réserve, la carte cachée dans la manche de Giraldo Piloto !

« Todo esta Happy
Todo esta bien
Ando con PMM
Y con la orquesta de Piloto que es un Tren »

Avec ce morceau la fête explose, l’orchestre démontre avec profusion sa virtuosité et son sens du Funk, du Swing, du Groove, du R&B.
Même Giraldo Piloto en personne s’y met et chante :

« Hay por Dios, Hay por Dios
Cien como tu
No hacen uno como yo »

La guitare électrique s’enflamme, les cœurs de Rap insistent de manière obsédante et les cuivres deviennent au final complètement déjantés ! La folie douce gagne l’orchestre dans une joie jubilatoire ! Oui ! Tout va bien ! « Todo Esta Bien »

9. Quiero Salir Esta Noche Contigo (Son)

« Quiero Salir Esta Noche Contigo » commence comme un Son Montuno hyper accéléré, comme une crise de nerf, « Un ataque de nervio ». Ce Son évolue vers une Salsa élégante pour évoluer vers un Mambo un poco loco. On retrouve toute la richesse musicale de Klimax dans ce morceau, ces variations constantes de climats, qui donnent la saveur à cette musique a la fois complexe et empreinte de toute la tradition de la Musique Cubaine. Nul doute que les danseurs adoreront cette chanson pour sa cadence et la riche saveur de ses arrangements.

10. Hay Que Recordar (Bolero)

Peu de personne le savent mais la propre mère de Giraldo Piloto fut une chanteuse à l’apogée du mouvement du Feelin, incarné par Omara Portuondo. Elle interprète ce Boléro, « Hay Que Recordar », composé par le célèbre duo Piloto et Vera, avec cette même émotion, ces mêmes intonations qui font l’envoûtement de la Novia Del Feelin, la grande Omara. En prêtant l’oreille on se rend finalement compte qu’il ne s’agit pas d’Omara mais d’une voix tout aussi profonde et patinée par l’âge et les émotions de toute une vie. Ce boléro est sublime et il est le cadeau d’un fils rendant justice à sa mère, qui a interrompu une carrière de chanteurs a coup sur glorieuse pour élever ses enfants dont le Maestro Giraldo Piloto.


11. Homenaje a Michel Legrand (Jazz)

Enfin et pour couronner ce CD déjà bien réussi, Giraldo Piloto use de toute sa maestria pour rendre hommage au Jazz, au Cinéma et à la France en faisant l’éloge de l’immense et intemporel Michel Legrand, compositeur des « Parapluies de Cherbourg », dont le disque suscita le goût du Jazz à notre héro, Giraldo Piloto.

Certains groupes Cubains s’expérimentent au Jazz avec différentes fortunes. Si le Latin Jazz de Manolito y su Trabuco ne laisse pas une impression de grand renouvellement, les propositions de Bamboleo ou Habana D’Primera sont beaucoup plus intéressantes.

Mais quand il s’agit de Klimax, on se rend compte immédiatement que Piloto aux commandes est ici chez lui et qu’il a avec le Jazz un nouveau terrain d’expression a la hauteur de son génie.
L’ «Homenaje a Michel Legrand » est un chef-d’œuvre de maitrise, de respect, d’élégance et de finesse. Klimax réussissent le tour de force de jouer ce jazz parfois convenu avec un souffle nouveau qui ne trahi jamais la finesse de son inspirateur, Michel Legrand, tout en y apportant un vent frais, une nouvelle lecture, une créativité subtile qui transcende cette interprétation. Un pont suspendu, léger, entre les années 60 et le XXIème siècle.

Merci Giraldo Piloto ! Oui ! Tout va bien ! « Todo Esta Bien » !

Ici prochainement une interview, réalisée à La Havane le 20 Avril 2012 en exclusivité pour www.fiestacubana.net, dans laquelle Giraldo Piloto nous parle de son nouveau CD

A suivre …

ELITO REVE y su CHARANGON conduisent « La Aplanadora de Cuba »

HAVANA D’PRIMERA s’envole conquérir le monde avec son « Pasaporte » !

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Le prochain CD de Alexander Abreu y Havana D’Primera s’appellera « Pasaporte » du nom de la chanson « Carita de Pasaporte » qui a déjà conquis la terre entière et qui a remporté le FIESTA CUBANA AWARDS 2011 de la Meilleure Chanson de l’Année !

Ce CD aura 10 titres qu’Alexander Abreu nous a présentés lors d’une interview exclusive pour www.fiestacubana.net

1. pa mi gente (No me importa)
2. plato de segunda mesa
3. la figura
4. carita de pasaporte
5. se te olvido quien soy
6. al final de la vida
7. la celosa
8. donde estemos tu y yo
9. amor a la roca
10. el que sabe esta cayao

Lisez la revue du CD et découvrez en image Alexander Abreu vous proposer un voyage avec son « PASAPORTE »

Précisons que cette image n’est pas la pochette du CD « Pasaporte » mais une libre inspiration avant la sortie officielle du disque !

Oui Havana D’Primera s’envole avec son « Pasaporte » et voyage non seulement en Europe mais aussi en Amérique Latine et plus récemment aux Etats-Unis !

Ce titre est particulièrement bien inspiré car Havana D’Primera a clairement choisie une voie essentiellement Salsera pour pénétrer le cœur d’un plus large public, latino, salsero, et s’ouvrir les portes du marché international. Toutefois ce choix ne sacrifie nullement la qualité musicale de cet ensemble bien connu !

Des morceaux construits intelligemment, progressifs, un rythme cadencé mais très dansant, avec des Tumbaos clairs, imprimés tout autant par un piano subtil et par une basse groovy et vigoureuse, pulsant comme le cœur de cet orchestre et ne cessant de rebondir de contretemps en contretemps, de surprises en surprises, des chœurs entraînants, obsédants, aigus et nasals, dont le style semble emprunté au « Medico De La Salsa » pour accompagner cette voix si particulière, chaude et émouvante, celle d’Alexander Abreu.

Comme le dit Juan Formell, la musique d’Havana D’Primera est une « Salsa de lujo », une Salsa de luxe : ses échanges incessants entre instruments décorent la musique pour le plus grand plaisir des mélomanes sans jamais perdre le danseur. Le clavier d’Harold Diaz, le piano de Tony Rodriguez, la guitare de Rogelio Napoles interviennent par petites touches délicates comme des pépites incrustées dans cet ensemble musical déjà bien riche. Les mambos de cuivres, tour à tour jazzy, salsero, swing ou funky, harmonisés ou en forme de questions réponses entre trompettes et trombones, se distinguent par la complicité entre ces musiciens hors pair et prouvent qu’après « Los Metales de Terror » de NG La Banda sont nés « Los Metales de la Maestria » avec Amaury Perez, Carlos Alvarez, Uyuni Martinez et Orlando Vasquez.
La complicité est encore plus remarquable en ce qui concerne l’orfèvrerie des percussions à la fois puissantes et subtiles, surprenantes par leurs ‘bloques’, leur breaks mais toujours en finesse. La virtuosité respective des timbales de Rodney Barretto, des Congas de Guillermo Del Toro et du nouveau bongocero alternent et s’entrelacent dans une pluie fine de percussions imprimant un rythme irrésistible, puissant de l’intérieur et pourtant léger, sautillant et facétieux.

Le tout se combine en une orchestration magistrale entièrement destinée à jouer une Salsa de haute volée, de premier plan, « D’Primera », teintée des saveurs de La Havane d’aujourd’hui, celle de la Timba élégante, héritière de Issac Delgado, Paulito FG et Manolin el Medico de la Salsa mais aux sonorités à la fois contemporaines et intemporelles et à la force inhérente à Alexander Abreu, ce colosse de la Musica Cubana .

La nouvelle œuvre d’Havana D’Primera devrait contenir au moins les 10 titres suivants

1. Pa mi gente (No me importa)
2. Plato de segunda mesa
3. La figura (feat. Alexander Delgado – Gente D’Zona)
4. carita de pasaporte
5. Se te olvido quien soy
6. Al final de la vida
7. La celosa
8. Donde estemos tu y yo (feat. Issac Delgado)
9. Amor a la roca
10. El que sabe esta cayao

Alexander pense rajouter 2 morceaux supplémentaires mais ce point reste à confirmer.

L’essence de ce disque est résolument Salsera ! Une Salsa Cubaine avec des incursions subtiles dans l’univers de la Timba mais l’inspiration, cette fois ci, est globalement plus romantique, mélancolique sur le plan des paroles et la musique volontairement conçue pour les danseurs du monde entier.

A l’image de l’entame du disque « Haciendo Historia » avec « Resumen de Los 90 », ce « Pasaporte » s’ouvre sur un morceau tonitruant, haletant, endiablé en hommage à son public « Pa’Mi Gente ».

Toutefois Alexander Abreu semble se livrer un peu plus à son public et dévoile une sensibilité à fleur de peau, une émotion intime probablement inspirée de sa vie privée, sur trois morceaux troublants et profonds de poésie : « Plato de segunda mesa », « Se te olvido quien soy » et «Amor a la roca ».

« Plato de segunda mesa » est une Salsa, presque Romantica dans son introduction et toujours élégante, qui plaira à coup sur aux danseurs tant sa cadence mesurée est propice au Casino quand le groupe entame le Tumbao et les coros.

« La Figura » est une nouvelle collaboration de Alexander Abreu avec Alexander Delgado de Gente d’Zona ! Ils avaient déjà travaillé ensemble notamment au Salon Rojo de l’Hotel Capri ou Havana D’Primera avait interprété « El Animal ». « Alexander y Alexander », « Lo mejor que suena ahora.. con … Lo mejor que suena ahora » ! La mélodie de ce morceau reprend la sempiternelle mélodie de tous les morceaux de Gente D’Zona mais cette fois ci, la musique est là ! Bien présente ! Une salsa virant au Timbaton de manière très subtile tant le Tumbao est omniprésent ! Eso es Talento, eso es Corazon, eso es melodia y seo es Guaperiaaaa !

« Pasaporte » ne se présente plus ! Cette chanson a ravi le public du monde entier car elle parle aux cœurs, aux âmes de tous les émigrants et de leurs familles ! La douceur de la mélodie, la simplicité et la pureté de son rythme en ont fait la chanson de l’année ! Qu’on la danse collé-serré en Colombie, en ligne ou en Casino, cette chanson est désormais un classique à la portée universelle.

« Se te olvido quien soy » est une autre Salsa à la cadence plus rapide, haletante, magistrale avec des orchestrations de violons majestueux s’entrelaçant avec ces trompettes mélancoliques, émouvante de par ses paroles tristes, fortes et profondes.

« Viste … Te lo dije
Un poquito mas pega’o que antes
Un poquito mas duro que ayer
Viste … Te lo dije
Es que yo sigo el mismo que te hizo mujer »

La force et l’entrain de ce morceau rappellent à tous qui sont Havana d’Primera, si on avait oublié qui ils sont ! Un orchestre de premier plan offrant une Salsa de luxe, pleine d’énergie et de poésie !

« Al final de la vida » est un autre succès déjà connu du grand public grâce à sa sortie sur les compilations Latino! 44 et grâce au magnifique et spectaculaire Vidéo Clip de Kerry Ribchester :

Ce Son rappelle la recette du fameux « Despues de un beso », un savant mélange de Son traditionnel et de Salsa élégante, les sonorités du Tres et du Bongo se mêlant au Tumbao du piano et aux mambos salseros de los « Metales de la Maestria »… Alexander entraîne cette chanson dont la sauce monte, monte et culmine avec les Timbales de Rodney Barretto et les incantations aiguës des trompettes… « Ojo por ojo.. Es un refran que dice la gente » « Œil pour œil, dent pour dent » au risque de laisser derrière soi un monde d’aveugles. Heureusement Alexander apporte ici son message de paix et de sagesse.

« La celosa » est un Pilon, un Son fusionné au Pilon aux sonorités caribéennes qui rappellent les succès d’Arnaldo y su Talisman. Ce rythme et ces couleurs tropicales rafraîchissent cet œuvre essentiellement Salsera. La cadence invite à danser naturellement en Merengue jusqu’à ce que le Pilon s’impose ! Avec des saluts à Adalberto Alvarez et aux Salseros du Mama-Rumba de Mexico, Alexander nous fait voyager et revisite ce genre popularisé par Enrique Bonne et Pacho Alonso les pères respectifs de Angel Bonne et Pachito Alonso ! « La celosa » invite à la fête et égayera bien des soirées.

« Donde estamos tu y yo » est à la fois la surprise et le plat de résistance de ce nouveau volume ! Comme chacun sait, Alexander Abreu, après les succès de Grupo Danson, avait décidé de reprendre l’essentiel de l’orchestre d’Issac Delgado lorsque ce dernier a quitté Cuba pour vivre en Floride. Les voilà de nouveau réunis et complices, se rendant les compliments où qu’ils soient !

En effet « Quel que soit l’endroit où toi et moi nous nous trouvons » , « Donde estamos tu y yo », Issac et Alexander sont des frères, cubains, pour le monde entier ! L’un à la divine voix de velours et l’autre à la trompette magique. A l’instar d’Arsenio Rodriguez et de Felix Chappottin, ces deux compères seront complices pour la vie et seront les principaux ambassadeurs de l’expansion de la Musique Cubaine à l’étranger grâce à l’excellence de leur musique et l’universalité de leurs messages et de leurs styles. A ce titre, on reconnaît bien à la fin du morceau cette touche de Cumbia, telle « La vida es un Carnaval » ou « Paquito va », qui a fait le succès d’Issac auprès du monde Latino.

Ce morceau démarre avec la marque du Chevere de La Salsa ! Un Salsa élégante où les 2 voix d’Issac et d’Alexander se répondent puis se mêlent pour célébrer la Musique Cubaine, leur Cubania, et leur relation musicale de toujours, pleine de respect et d’admiration respective. Imperceptiblement la Timba s’immisce avec sa force et sa virtuosité pour laisser un moment le champ aux Timbales de Rodney Barretto. La trompette semble monter au ciel, marche après marche pour finalement ouvrir la voie à cette Cumbia « Se baila aqui, se baila alla » qui invite tout le monde à la fête.

« Amor a la roca » est une Salsa émouvante, poignante, où Alexander débute son chant comme une ballade sentimentale d’une gravité sans précédent.

« Ya no me puedes decir
como se te sale el amor a la roca
Como le vienen dos cubos de hielos
Al liquor que te hizo salir de este mundo
Lo malo es de ser profundo al amar
Es como llegar sin freno al adios»

Alexander nous avait troublés avec la force de ses sentiments sur « Confiesale » ! Avec « Amor a la roca », il nous commotionne et nous fait chavirer. Sa voix nous charme et nous sublime jusqu’à ce que les coros entrent pour nous emporter dans le tourbillon salsero prenant un tour plus léger :

« Pide este amor en el Sprite
No me lo pides a la roca
Porque si sigues así
Te voy a dar por loca»

Havana D’Primera rappelle ici son attachement à la musique de Manolin El Medico de la Salsa, avec ses chœurs et ses mambos obsédants et cette machine à danser. Ce tourbillon est si bon qu’après une pause surprise, il reprend de plus belle !

« El que sabe esta calla’o » est véritablement une Timba explosive, de la pure énergie afro-cubaine ! Une impression de puissance impressionnante se dégage de ce morceau ou Alexander livre le secret de son destin « Voy caminado al cielo…. Pero nadie sabe nada … El que sabe esta calla’o » !

Un crochet par le Mambo de Perez Prado pour pénétrer la culture afro-cubaine et sa saveur si forte, troublante et entrainante, avec son « Palo Vencedor » et sa « Mata Siguaraya » ! Magistral et énigmatique, cette musique est sublime, entre ses racines profondes et la virtuosité du Jazz, l’entrain de ces chœurs et la puissance de conviction et de passion de son chanteur livrant sa vérité !

Alexander Abreu pensait à une ballade, « Verdades que hablan », pour refermer cet album mais il résiste difficilement à l’envie généreuse d’ajouter 2 autres titres. L’avenir dira si ce ‘Pasaporte’ s’envolera avec ces 2 visas supplémentaires…

Le dimanche 6 Mai 2012, à la suite de ses 2 concerts, à Cali et à Bogota, pour les 30 ans de Grupo Niche, Alexander Abreu nous a accordé une interview exclusive pour nous présenter en avant-première son prochain CD et ses projets de tournées :

ELITO REVE y su CHARANGON conduisent « La Aplanadora de Cuba »

HABANA D’PRIMERA s’envole conquérir le monde avec son PASAPORTE !

hdp.pasaporte.teaser

Le prochain CD de Alexander Abreu y Habana D’Primera s’appellera « Pasaporte » du nom de la chanson « Carita de Pasaporte » qui a déjà conquis la terre entière et qui a remporté le FIESTA CUBANA AWARDS 2011 de la Meilleure Chanson de l’Année !

Ce CD aura 11 titres qu’Alexander Abreu nous a présentés lors d’une interview exclusive pour www.fiestacubana.net

1. Pa mi gente (No me importa)
2. Plato de segunda mesa
3. La figura (feat. Alexander Delgado – Gente D’Zona)
4. Carita de pasaporte
5. Se te olvido quien soy
6. Al final de la vida
7. La celosa
8. Donde estemos tu y yo (feat. Issac Delgado)
9. Amor a la roca
10. El que sabe esta cayao
11. Verdades que hablan

Lisez la revue du CD et découvrez en image Alexander Abreu vous proposer un voyage avec son « PASAPORTE »

Précisons que cette image n’est pas la pochette du CD « Pasaporte » mais une libre inspiration avant la sortie officielle du disque !

Oui Habana D’Primera s’envole avec son « Pasaporte » et voyage non seulement en Europe mais aussi en Amérique Latine et plus récemment aux Etats-Unis !

Ce titre est particulièrement bien choisi car Habana D’Primera a clairement choisie une voie essentiellement Salsera pour pénétrer le cœur d’un plus large public, latino, salsero, et s’ouvrir les portes du marché international. Toutefois ce choix ne sacrifie nullement la qualité musicale de cet ensemble bien connu !

Des morceaux construits intelligemment, progressifs, un rythme cadencé mais très dansant, avec des Tumbaos clairs imprimés tout autant par un piano subtil et une basse groovy et vigoureuse, pulsant comme le cœur de cet orchestre et ne cessant de rebondir de contretemps en contretemps, de surprises en surprises, des chœurs entrainants, obsédants, aigus et nasals, dont le style semble emprunté au « Medico De La Salsa » pour accompagner cette voix si particulière, chaude et émouvante, celle d’Alexander Abreu.

Comme le dit Juan Formell, la musique d’Habana D’Primera est une « Salsa de lujo », une Salsa de luxe : ses échanges incessants entre instruments décorent la musique pour le plus grand plaisir des mélomanes sans jamais perdre le danseur. Le clavier d’Harold Diaz, le piano de Tony Rodriguez, la guitare de Rogelio Napoles interviennent par petites touches délicates comme des pépites incrustées dans cet ensemble musical déjà bien riche. Les mambos de cuivres, tour à tour jazzy, salsero, swing ou funky, harmonisés ou en forme de questions réponses entre trompettes et trombones, se distinguent par la complicité entre ces musiciens hors pair et prouvent qu’après « Los Metales de Terror » de NG La Banda sont nés « Los Metales de la Maestria » avec Amaury Perez, Carlos Alvarez, Uyuni Martinez et Orlando Vasquez.
La complicité est encore plus remarquable en ce qui concerne l’orfèvrerie des percussions à la fois puissantes et subtiles, surprenantes par leurs ‘bloques’, leur breaks mais toujours en finesse. La virtuosité respective des timbales de Rodney Barretto, des Congas de Guillermo Del Toro et du nouveau bongocero alternent et s’entrelacent dans une pluie fine de percussions imprimant un rythme irrésistible, puissant de l’intérieur et pourtant léger, sautillant et facétieux.

Le tout se combine en une orchestration magistrale entièrement destinée à jouer une Salsa de haute volée, de premier plan, « D’Primera », teintée des saveurs de La Havane d’aujourd’hui, celle de la Timba élégante, héritière de Issac Delgado, Paulito FG et Manolin el Medico de la Salsa mais aux sonorités à la fois contemporaines et intemporelles et à la force inhérente à Alexander Abreu, ce colosse de la Musica Cubana .

La nouvelle œuvre d’Habana D’Primera devrait contenir au moins les 11 titres suivants

1. Pa mi gente (No me importa)
2. Plato de segunda mesa
3. La figura (feat. Alexander Delgado – Gente D’Zona)
4. carita de pasaporte
5. Se te olvido quien soy
6. Al final de la vida
7. La celosa
8. Donde estemos tu y yo (feat. Issac Delgado)
9. Amor a la roca
10. El que sabe esta cayao
11. Verdades que hablan

Alexander pense rajouter 2 morceaux supplémentaires mais ce point reste à confirmer.

L’essence de ce disque est résolument Salsera ! A l’exception de « Verdades que hablen » qui est une balade, tous les morceaux sont Salsa. Une Salsa Cubaine avec des incursions subtiles dans l’univers de la Timba mais l’inspiration, cette fois ci, est globalement plus romantique, mélancolique sur le plan des paroles et la musique volontairement conçue pour les danseurs du monde entier.

A l’image de l’entame du disque « Haciendo Historia » avec « Resumen de Los 90 », ce « Pasaporte » s’ouvre sur un morceau tonitruant, haletant, endiablé en hommage a son public « Pa’Mi Gente ».

Toutefois Alexander Abreu semble se livrer un peu plus à son public et dévoile une sensibilité à fleur de peau, une émotion intime probablement inspirée de sa vie privée, sur trois morceau troublants et profonds de poésie : « Plato de segunda mesa », « Se te olvido quien soy » et «Amor a la roca ».

« Plato de segunda mesa » est une Salsa, presque Romantica dans son introduction et toujours élégante, plaira à coup sur aux danseurs tant sa cadence mesurée est propice au Casino quand le groupe entame le Tumbao et les coros.

« La Figura » est une nouvelle collaboration de Alexander Abreu avec Alexander Delgado de Gente d’Zona ! Ils avaient déjà travaillé ensemble notamment au Salon Rojo de l’Hotel Capri ou Habana D’Primera avait interprété « El Animal ». « Alexander y Alexander », « Lo mejor que suena ahora.. con … Lo mejor que suena ahora » ! La mélodie de ce morceau reprend la sempiternelle mélodie de tous les morceaux de Gente D’Zona mais cette fois ci, la musique est là ! Bien présente ! Une salsa virant au Timbaton de manière très subtile tant le Tumbao est omniprésent ! Eso es Talento, eso es Corazon, eso es melodia y seo es Guaperiaaaa !

« Pasaporte » ne se présente plus ! Cette chanson a ravi le public du monde entier car elle parle aux cœurs, aux âmes de tous les émigrants et de leurs familles ! La douceur de la mélodie, la simplicité et la pureté de son rythme en ont fait la chanson de l’année ! Qu’on la danse collé-serré en Colombie, en ligne ou en Casino, cette chanson est désormais un classique a la portée universelle.

« Se te olvido quien soy » est une autre Salsa à la cadence plus rapide, haletante, magistrale avec des orchestrations de violons majestueux s’entrelaçant avec ces trompette mélancoliques, émouvante pour ses paroles tristes, fortes et profondes.

« Viste … Te lo dije
Un poquito mas pega’o que antes
Un poquito mas dura que ayer
Viste … Te lo dije
Es que yo sigo el mismo que te hizo mujer »

La force et l’entrain de ce morceau rappelle à tous qui sont Habana d’Primera si on avait oublie qui ils sont ! Un orchestre de premier plan offrant une Salsa de luxe, pleine d’énergie et de poésie !

« Al final de la vida » est une autre succes deja connu du grand public grace a sa sortie sur les compilations Latino ! 42 et grâce au magnifique et spectaculaire Vidéo Clip de Kerry Ribchester :

Ce Son rappelle la recette du fameux « Despues de un beso », un savant mélange de Son traditionnel et de Salsa élégante, les sonorités du Tres et du Bongo se mêlant au Tumbao du piano et aux mambos salseros de los « Metales de la Maestria »… Alexander entraine cette chanson dont la sauce monte, monte et culmine avec les Timbales de Rodney Barretto et les incantations aigues des trompettes… « Ojo por ojo.. Es un refran que dice la gente » « Œil pour œil, dents pour dents » au risque de laisser derrière soi un monde d’aveugles. Heureusement Alexander apporte ici son message de paix et de sagesse.

« La celosa » est un Pilon, un Son fusionné au Pilon aux sonorités caribéennes qui rappellent les succès d’Arnaldo y su Talisman. Ce rythme et ces couleurs tropicales rafraichissent cet œuvre essentiellement Salsera. La cadence invite à danser naturellement en Merengue jusqu’à ce que le Pilon s’impose ! Avec des saluts à Adalberto Alvarez et aux Salseros du Mama-Rumba de Mexico, Alexander nous fait voyager et revisite ce genre popularisé par Enrique Bonne et Pacho Alonso les pères respectifs de Angel Bonne et Pachito Alonso ! « La celosa » invite a la fête et aiguayera bien des soirées.

« Donde estamos tu y yo » est à la fois la surprise et le plat de résistance de ce nouveau volume ! Comme chacun sait, Alexander Abreu, après les succès de Grupo Danson avait décidé de reprendre l’essentiel de l’orchestre d’Issac Delgado lorsque ce dernier a quitté Cuba pour vivre en Floride. Les voilà de nouveau réunis et complices, se rendant les compliments ou qu’ils soient ! En effet « Quel que soit l’endroit où toi et moi nous nous trouvons » , « Donde estamos tu y yo », Issac et Alexander sont des frères, cubains, pour le monde entier ! L’un à la divine voix de velours et l’autre à la trompette magique. A l’instar d’Arsenio Rodriguez et de Felix Chappottin, ces deux compères seront complices pour la vie et seront les principaux ambassadeurs de l’expansion de la Musique Cubaine à l’étranger grâce à l’excellence de leur musique et l’universalité de leurs messages et de leurs styles. A ce titre, on reconnaît bien à la fin du morceau cette touche de Cumbia, telle « La vida es un Carnaval » ou « Paquito va », qui a fait le succès d’Issac auprès du monde Latino. Ce morceau démarre avec la marque du Chevere de La Salsa ! Un Salsa élégante ou les 2 voix d’Issac et d’Alexander se répondent puis se mêlent pour célébrer la Musique Cubaine, leur Cubania, et leur relation musicale de toujours, pleine de respect et d’admiration respective. Imperceptiblement la Timba s’immisce avec sa force et sa virtuosité pour laisser un moment le champ aux Timbales de Rodney Barretto. La trompette semble monter au ciel, marche après marche pour finalement ouvrir la voie à cette Cumbia « Se baila aqui, se baila alla » qui invite tout le monde a la fête.

« Amor a la roca » est une Salsa émouvante, poignante, ou Alexander débute son chant comme une ballade sentimentale d’une gravité sans précédent.

« Ya no me puedes decir
como se te sale el amor a la roca
Como le vienen dos cubos de hielos
Al liquor que te hizo salir de este mundo
Lo malo es de ser profundo al amar
Es como llegar sin freno al adios»

Alexander nous avait troublés avec la force de ses sentiments sur « Confiesale » ! Avec « Amor a la roca », il nous commotionne et nous fait chavirer. Sa voix nous charme et nous sublime jusqu’à ce que les coros entrent pour nous emporter dans le tourbillon salsero prenant un tour plus léger :

« Pide este amor en el Sprite
No me lo pides a la roca
Porque si sigues así
Te voy a dar por loca»

Habana D’Primera rappelle ici son attachement à la musique de Manolin El Medico de la Salsa, avec ses chœurs et ses mambos obsédants et cette machine à danser. Ce tourbillon est si bon qu’après une pause surprise, il reprend de plus belle !

« El que sabe esta calla’o » est véritablement une Timba explosive, de la pure énergie afro-cubaine ! Une impression de puissance impressionnante se dégage de ce morceau ou Alexander livre le secret de son destin « Voy caminado al cielo…. Pero nadie sabe nada … El que sabe esta calla’o » !
Un crochet par le Mambo de Perez Prado pour pénétrer la culture afro-cubaine et sa saveur si forte, troublante et entrainante, avec son « Palo Vencedor » et sa « Mata Siguaraya » ! Magistral et énigmatique, cette musique est sublime, entre ses racines profondes et la virtuosité du Jazz, l’entrain de ces chœurs et la puissance de conviction et de passion de son chanteur livrant sa vérité !

« Verdades que hablan » est selon Alexander Abreu une ballade pour refermer cet album mais il résiste difficilement à l’envie généreuse d’ajouter 2 autres titres. L’avenir dira si ce ‘Pasaporte’ s’envolera avec ces 2 visas supplémentaires…

Le dimanche 6 Mai 2012, à la suite de ses 2 concerts, à Cali et à Bogota, pour les 30 ans de Grupo Niche, Alexander Abreu nous a accordé une interview exclusive pour nous présenter en avant-première son prochain CD et ses projets de tournées :

ELITO REVE y su CHARANGON conduisent « La Aplanadora de Cuba »

ISSAC DELGADO revient avec un nouveau CD : « Supercubano » !

cd.issacdelgado.supercubano.teaser

ISSAC DELGADO, « El Chevere de la Salsa », Rumbero, Salsero et Cancionista réaffirme sa Cubania avec un nouveau disque chez PlanetRecords : SUPERCUBANO

A l’évidence ISSAC rachète sa Cubanité avec le renfort des piliers du Reggaeton de Cuba comme El Micha ou Gente D’Zona avec lesquels il conclut sa 2ème coopération.

Mais ISSAC sera toujours un pont, un ambassadeur entre Cuba et Puerto-Rico,  » de un parajo las 2 alas  » comme il chantait dans son 2ème CD « Con Ganas » sur le morceau légendaire de Pablo Milanes « Son de Cuba a Puerto Rico »

Publié le 3 Aout 2011

Quelques semaines après sa visite historique à Cuba et peu après le concert légendaire à Paris, au Cabaret Sauvage, organisé par Odduara, avec Habana D’Primera et Interactivo, Issac Delgado livre son dernier album.

Cette nouvelle œuvre est en vente exclusive sur iTunes et sur LatinMusicStore.com en pré-écoute depuis le 2 Aout !

http://www.latinmusicstore.com/index.php?page=shop.product_details&flypage=shop.flypage_p&product_id=339&option=com_virtuemart&Itemid=65

Cette production comprend 10 titres avec de nombreuses collaborations:

01. « El Negro Vuelve A La Habana » Feat. El Micha
02. « Perdona »
03. « Salsa, Timba y Amor »
04. « Somos Cuba (Mira Como Vengo) » Feat. Gente De Zona
05. « Que No Se Te Olvide (Salsa Extended Mix) » Feat. La India
06. « Mienteme »
07. « Pal Bailador »
08. « Mala Cabeza »
09. « Que No Se Te Olvide (Santo Domingo Bachata Version) » Feat. La India
10. « Somos Cuba (Mira Como Vengo) » Feat Gente de Zona, Los Generales, Baby Lores, El Micha, Manolin « El Medico De La Salsa », Alain Perez

Le disque s’ouvre en fait sur un Timbaton, ou plutôt un Congaton, massif et puissant, « El Negro Vuelve A La Habana » avec El Micha, qui fait penser à la Bala de Billy. Une Conga en l’honneur de La Havane et de sa ‘gozadera’ et probablement une preuve de la nostalgie d’Issac pour sa festive terre natale.

Issac enchaine avec une Salsa Romantica « Perdona » assez semblable à son succès avec Victor Manuelle « La Mujer Que Mas Te Duele », avec des arrangements de violons ‘symphoniques’ et des cuivres assez stéréotypés. Toutefois on se laisse séduire par la voix unique du Cheveré et par le Montuno qui nous emporte avec son Tumbao et ses coros enivrant.

Issac Delgado est un pont musical, et à ce titre il jette le manteau de ce pont avec le morceau « Salsa Timba y Amor » qui évolue doucement de son environnement actuel de la Salsa Boricua à la bonne Timba qui l’a rendu célèbre.

« Salsa Timba y Amor, es lo que hay !
El le pone Salsa
Pero ella quiere Timba
Es lo que hay »

Issac est intelligent. Il a compris que la Musique Cubaine ne pourra faire la place qu’elle mérite, s’imposer, que depuis l’interieur du système économique et politique qui permet l’accès à la promotion de grande échelle.

Comme disent Kola Loca, « Cuba Se Extraña » et ISSAC se nourrit du Cubaton de Gente D’Zona tout en lui apportant sa propre poésie pour nous convaincre qu’il n’a rien perdu de ses racines cubaines sur « Somos Cuba« .

Mais ce pont est à bascule puisqu’il vire aussitôt du côté de l’ Isla del Encanto avec sa camarade de la RMM dans les années 90, LA INDIA…
Un duo de Salsa Romantica sur « Que No se Te Olvide » très, voire trop classique, mais assurément au cœur de sa stratégie de cooperation d’avec les grandes têtes d’affiche comme Victor Manuelle, Gilberto Santa Rosa…
LA INDIA et ISSAC sont les filleuls de la grande CELIA CRUZ et ce duo était prévisible… De « La Voz De La Experiencia » a « Vivir Lo Nuestro » !

« Mienteme » est encore un morceau entre deux eaux, avec des arrangements de cuivres téléphonés et trop commerciaux mais avec un une section rythmique et un Tumbao qui porte la marque d’Issac… Entre ‘un tin’ de Timba, un soupcon de Cancion et de la Salsa, qu’elle qu’en soit le qualificatif ou l’origine !

« Pa’l Bailador » est le slogan fourre-tout et démagogue de bien des groupes de Cuba, de Puerto Rico, de Colombie et de New-York.
Mais cette fois ci il s’agit d’un Guaguanco, certes Jazzifié mais savoureux, sabroso, avec la voix feutré, la voix de velours de ce pur Rumbero… ISAAC est de la Timablaye ! Et il va par la conga ! Pa’l tambor !
Et le Coro « Dicen Los Caracoles..  » nous assure qu’Issac n’a rien perdu depuis son fameux « Vengo Con Ire » sur le CD « Con Ganas »

« Mala Cabeza » est une Timba a la Issac, subtile et discrète mais toute en nuance et dissonances modernes, avec sa chronique sociale, sa ‘calle’, et ses cuivres qui finissent quasi en Champola tandis que Issac imprime sa ‘Guaperia’ cubaine. La « Mala Cabeza se porto mal ! »

L’ajout d’une Bachata Dominicaine, la reprise de « Que No Se Te Olvide« , avec La India ne doit trouver sa justification que dans des objectifs commerciaux et marketing… Circulez….

Et sautez au dernier Reggaeton, la version « All Stars”, « Todas Estrellas » avec El Micha, Gente D’Zona, Manolin, Alain Perez, etc…

« Mira Como Vengo … Por Eso Me Mantengo » tiens donc ! Et bien oui, ils se maintiennent bien et « No me cambie la emisora » jejejejeje
Oui « Somos Cuba”, Nous sommes Cuba, la Cuba d’aujourd’hui… La Cuba où le petit commerce est désormais autorisé…

Ce disque est somme toute très commercial, destiné à un large public et je ne suis pas sûr d’adhérer au commentaire de PlanetRecords prétendant que ce sera la meilleure production d’Issac Delgado.

Toutefois, chaque disque du « Chevere de la Salsa » est un événement en soit qui mérite le détour et dans mon cas, l’achat !

 

ELITO REVE y su CHARANGON conduisent « La Aplanadora de Cuba »

TIRSO DUARTE y LA MECANICA LOCA : le Big Bang de leur CD “Lucharé”

cd tirso mecanica loca.front

Le 27 Avril 2012, Tirso Duarte y La Mecanica Loca lancent leur disque laser « Lucharé » dans l’univers de la Timba lors d’un concert exceptionnel à Bayonne. La Super Nova de la Timba franco-cubaine crée la révélation de l’année avec une œuvre exceptionnelle, consacrant l’ascension de La Mecanica Loca dans le paysage Timbero et le retour de l’Ange Noir au devant de la scène avec enfin un enregistrement à la hauteur de son génie. Julien Garin, directeur de La Mecanica Loca et Tirso Duarte ont offert à www.fiestacubana.net, parrain du projet, une interview exclusive…

Fiestacubana.net, qui suit ce projet depuis ses origines, les a interviewés le 14 avril dernier au Studio Condorcet de Toulouse, où ils ont enregistré et mixé leur album. Celui-ci a été présenté au public à Bayonne, le 27 avril prochain, lors du concert inaugural de leur grande tournée européenne.

Il est désormais en vente en téléchargement légal :

Sur Amazon.fr : http://www.amazon.fr/gp/product/B0080MVBTE/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1336225098&sr=8-1

Sur Amazon.com : http://www.amazon.com/Luchar%C3%A9-Se-Unen-Francia-Cuba/dp/B0080OLJBM/ref=sr_1_1?s=music&ie=UTF8&qid=1336755822&sr=1-1

Sur iTunes.fr : http://itunes.apple.com/fr/album/luchare-se-unen-francia-y-cuba/id524922638

Il est en vente sur support physique CD :

Sur le site de la maison de disque Agorila.com : http://www.agorila.com/cd-luchare-tirso-duarte-y-mecanica-loca-1282.php

Sur le site de La Mecanica Loca : http://www.mecanicaloca.com/#Musique

Ce CD s’intitule « Lucharé », éponyme du premier morceau composé par le Franc-tireur de la Timba, Tirso Duarte.
Sa très belle pochette met en avant le protagonisme principal ‘del Angel Negro de la Timba’ au sein de cette œuvre de 10 titres composés principalement par Tirso Duarte et Angel Yosvany Quiros, dit ‘Yos’, bien connu du public français :

1/ Lucharé (Tirso Duarte)
2/ Que te vaya bien (Tirso Duarte / Angel Batule)
3/ Te quiero y mas (Tirso Duarte)
4/ Vagabundo (Tirso Duarte)
5/ A lo loco titi (Angel « Yos » Quiros / Harold Driggz)
6/ Te lo agradezco pero no (Alejandro Sanz / Tirso Duarte)
7/ La luna (Tirso Duarte)
8/ Los Herederos (Angel « Yos » Quiros / Ruben Paz)
9/ Herido de amor (Tirso Duarte)
10/ Soy de ahi (Angel « Yos » Quiros)

Cette œuvre est résolument une œuvre de Salsa Cubaine, Timbera, à la fois conçue pour les danseurs de Casino et pour les amateurs de pure Timba, contemporaine et progressive. Bien que jouée par des musiciens français, elle n’a rien à envier à nombre de productions purement cubaines tant la réalisation de ce projet fut animée de passion et inspirée par le génie et l’expérience des maestros Tirso et Yosvany. Les voix de Martha Galarraga et Yoslando Quintana renforcent ce projet qui explore les différents rythmes de la Musique Cubaine comme la Timba, le Pilon, le Changüi, le Son, la Rumba et l’Afro.

Tirso est aussi un monstre au piano et à ce titre il joue avec une grande délicatesse sur la ballade ‘Soy de ahi’ chantée par Angel ‘Yos’ Quiros.

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Yosvany nous livre avec ‘A lo loco titi ’ une pure Timba endiablée, dotée d’un Tumbao implacable, contagieux, flirtant par moment avec le Timbaton comme ‘Yos’ sait si bien le faire, et avec ‘Los Herederos’ une œuvre profonde en hommage aux traditions afro-cubaines, à la clave de Rumba et de Son. ‘Yos’ et Tirso nous offrent un duo de Rumberos qui va régaler les Timberos et amateurs d’Afro-Cubain. « No hay pa’ nadie, pa’ » ! Cette décharge de Rumba survitaminée et joyeuse enflamme cet opus et ne manquera pas de s’imposer parmi les morceaux préférés avec le fascinant chant afro de Martha Galarraga…

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Tirso entame ce CD avec une Timba fiévreuse, populaire, ‘Lucharé’ , qui donne le ton du chanteur du peuple, ‘El Cantante del pueblo’, dont l’intro rappelle ‘La Pelea Murumba’ mais dont le climat général, entre Songo, Rumba et Conga, rappelle le style du CD « Fin Del Juego ».

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Il enchaîne avec une œuvre plus sentimentale, ‘Que te vaya bien’, écrite en binôme avec son beau-frère Angel Batule, un guaguanco-salsa lyrique dans l’esprit de ‘Un Mal Sueño’ du CD ‘Timba Cubana’.

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‘Te Quiero Y Mas’ est une chanson composée par Agustin Diaz Cartaya, commandant de la Révolution Cubaine, déjà connue du public français depuis la tournée 2010 de Tirso Duarte avec Son Del Indio durant laquelle il avait diffusé une maquette promotionnelle de cette œuvre.

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La nouvelle version, cette fois enregistrée avec un véritable orchestre, confirme l’esprit de ‘Los Van Van’ qui inspire son interprétation et la passion de Tirso pour les sentiments purs, Puro Sentimiento ! Mais cette version surprend par des arrangements plus Timberos, plus puissants et enivrants.

‘Vagabondo’ s’échappe avec un tempo soutenu, des mambos de cuivres brillants, jazzy, joyeux renforcés par des ‘coros’ , en italines, grisants et enjoués, le tout culminant avec une trompette puissante et virtuose.

‘Te lo agradezco pero no’
est encore une reprise d’Alejandro Sanz par Tirso. Il est coutumier du fait de reprendre les auteurs majeurs de la Pop-Latino après les interprétations de ‘Quisiera Ser’ et de ‘Regalame la silla’ du même Alejandro Sanz , après ‘La Cosa Mas Bella’ d’Eros Ramazzoti ou ‘Un Mal Sueño’ d’Omar Alfanno. Il s’agit à chaque fois de revisiter ce registre avec des arrangements inédits, une touche de Guaguanco, de Pop et de Timba et tout le lyrisme, la virtuosité et les sentiments de l’Ange Noir, et cette fois ci dans un duo sublime avec la voix de Martha Galarraga.

La Mecanica Loca est tellement folle qu’elle s’attaque au double succès de Tirso Duarte, ‘La Luna’, de son premier CD et d’avec « Musica Cubana en Tokyo» !

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Et le pari est réussi ! Oui, comme dit la chanson, La Mecanica sonne… Et elle sonne du feu de Dieu ! Un Big Bang je vous avais dit !

Avec ‘Herido de amor’ Tirso revient à une onde plus proche de Los Van Van, plus romantique, propice à danser le Casino et la Salsa en hommage à son public Colombien. Un rythme chaloupé, un soneo limpide, une voix de velours et un Tumbao transparent pour un pas de deux.

Le CD se conclut en douceur avec la voix de ‘Yos’ sur une ballade apaisante ‘Yo soy de ahi’.

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En conclusion ce projet démontre par sa qualité et sa richesse que la Timba Cubana s’exporte et peut être interprétée avec justesse et ‘Cubania’ par des musiciens de talents, quelle que soit leur nationalité, pourvu qu’ils aient la passion, la curiosité, l’humilité et la persévérance de percer les secrets d’un art aussi exigeant et que les plus grands maestros leur servent de guide. Pari réussi pour La Mecanica Loca ! Oui… Ils peuvent dire « Lucharé », « Je lutterai » mais le jeu en vaut la chandelle car le résultat est au rendez-vous !

Ce CD « Lucharé » sera le Big Bang de la révélation de l’année 2012 !
Rien de plus normal pour le grand retour de Tirso Duarte avec la Super Nova de la Timba franco-cubaine, La Mecanica Loca.

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En tant que parrain de ce projet, Leonel ‘El Farandulero Mayor’ et les représentants de www.fiestacubana.net , DJ Tumbao et DJ AxEL Cubadicto, ont été invités à réaliser une interview de Tirso Duarte et Julien Garin aux studios Condorcet de Toulouse où La Mecanica Loca a enregistré le CD «Lucharé » et où ils finissaient le mixage. Nous avons le plaisir de vous proposer dans un reportage exclusif la vidéo complète de cet entretien, accompagnée d’une transcription en français pour les non-hispanisants.

FC. Comment vous sentez-vous ?

Tirso Duarte. Très content, très content. Ce que je sens se définit en trois paroles : ému, impressionné et content. Je suis très satisfait du travail réalisé par l’orchestre La Mecanica Loca dans le cadre de ce projet, que ce soit avec ma musique ou avec la sienne.

Julien Garin. Je suis très ému d’avoir le maestro Tirso Duarte à mes côtés, de faire un projet avec lui. Cela fait de nombreuses années que je l’écoute, que je le regarde. Finalement, aujourd’hui me dire que je vais jouer avec lui. C’est un plaisir énorme pour moi de partager avec ce maestro.

Que pouvez-vous dire de cette nouvelle production parrainée par www.fiestacubana.net ? Quel sera le répertoire ? Quels thèmes ? Comment s’appellera le CD ?

Tirso Duarte. Le CD se compose de dix thèmes parmi lesquels j’interprète quasiment huit. Les autres chanteurs sont [Angel] Yosvany [Quiros], le chanteur de La Mecanica Loca, Martha Galarraga et Yoslando [Quintana].

Il y a 3 reprises de thèmes que j’ai déjà interprétés, comme ‘La luna’, ‘Te querio y mas’, et ‘Herido de amor’. Je les avais déjà enregistrés, mais maintenant, le rêve est vraiment devenu réalité : ils vont sortir avec toute la qualité qu’ils méritent. Ils étaient déjà sortis sous la forme de maquettes ou tout simplement piratés sans avoir été mixés. Mais là nous les avons enregistrés avec un orchestre comme il se doit, avec la réalité que portent ces morceaux et avec tous les sentiments, le feeling, que je mets toujours dans mes chansons.

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Le CD s’appelle Lucharé [Je lutterai]. C’est aussi le nom de la tournée que nous allons faire dans toute l’Europe.

A quel stade en est l’enregistrement ?

Julien Garin. Nous terminons en ce moment le mixage et nous allons commencer le master. Le disque va sortir le 27 avril, à l’occasion de notre premier concert à Bayonne.

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Tirso Duarte. Et je regrette qu’on ne puisse pas vous inviter pour l’instant, car c’est déjà archi-complet. Mais enfin, on trouvera une solution, pour que tout le monde puisse profiter de cette musique, de Tirso Duarte y La Mecanica Loca.

Quel est l’originalité de ce disque ? En quoi est-il différent des autres ? Est-ce du 100 % Timba ?

Tirso Duarte. Avec ce disque, je réalise le rêve d’enregistrer des thèmes que jusqu’ici j’avais sous le coude et qui avançaient bon gré mal gré, comme La luna, Te querio y mas et Herido de amor. Et j’ai le plaisir de le faire comme il faut, avec le mixage comme il faut, avec tous les instruments en vivo, avec des morceaux très bien travaillés, le tout très bien réalisé.

Non seulement ces thèmes mais aussi des nouveaux morceaux que je vais étrenner. J’ai aussi profité de cette occasion pour que les gens n’oublient pas que moi, Tirso, je suis timbero. Cela fait pas mal de temps que j’ai enregistré mon dernier CD de pure Timba, Fin del juego, en 2008.

Ensuite est sorti un CD plus Reggaeton [CD Para que nada te pueda pasar] parce que c’est ce qui se faisait à La Havane. Apres j’ai plutôt fait des morceaux qui sont sortis comme ça, comme des singles de Timba qui ont plu.

Mais dans ce disque, Lucharé, je reviens à l’attaque avec de la Timba. Nous y avons aussi rajouté quelques thèmes un peu plus lents, comme Te querio y mas, et une très jolie composition, Que te vaya bien, que j’ai écrite en binôme avec mon beau-frère Angel Batule – un musicien très jeune mais déjà plein de maturité – et qui occupe la même place en quelque sorte que le thème Un mal sueño que j’avais chanté dans le CD Timba Cubana. Ca c’est le plus important pour moi.

Mais pour le reste du monde, ce qui est important, c’est que ce disque ait été fait par des musiciens français. Si c’était moi qui donnais les Grammy, je leur donnerais. Nous, les cubains, on fait de la Timba tous les jours. Mais un musicien français qui se dédie à cela, qui apprend à jouer la Timba cubaine, qui plus est une Timba dura, cela me paraît digne d’admiration. C’est une des choses les plus extraordinaires que j’ai vues dans ma carrière ! En plus ils jouent ma Timba, qui est une Timba dure et la leur qui est très bien faite. Et ils le font vraiment très bien, de manière très professionnelle, très construite, avec beaucoup de respect, beaucoup de cœur et de foi en ce que nous faisons. Un jour, j’ai dit à Julien qu’il devait mettre sur la pochette « La France s’unit avec Cuba ». C’est une belle idée, que les gens puissent écouter des timberos français accompagnant Tirso Duarte.

Qui a composé les thèmes ?

Julien Garin. Sept thèmes sont de Tirso, dont un qu’il a écrit avec Angel Batute, ‘Que te vaya bien’.

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Tirso Duarte. Il y a un morceau de Cartaya. Tous les thèmes ne sont pas de moi. Il y a ‘Te quiero y mas’ de Agustin Diaz Cataya, commandant de la révolution. Il y a aussi ‘Te lo agradezco pero no’ qui est une reprise d’une composition de Alejandro Sanz, que je chante avec Martha Galarraga. Félicitations à Marthica !

Julien Garin. Il y a aussi trois thèmes écrits par Yosvani. Le premier, ‘A lo loco titi’, est une pure Timba cubaine. Le second, Los Herederos, les héritiers de la clave de Rumba et de Son, est un mélange de Timba, de Son, d’un peu de Rumba et d’Afro. Enfin, le troisième, qui conclut aussi le CD, Soy de Ahi, est une balade chantée par Yosvani avec au piano Tirso Duarte.

Cette musique est mêlée de différentes influences. A-t-elle aussi une touche française ?

Tirso Duarte. Bien évidement, l’orchestre est français. Fondamentalement, c’est de la Timba cubaine contemporaine. C’est ma musique, avec un mélange de différents rythmes : on entend des références au rythme Pilon, il y a du Changüi, de la Timba cubaine, de l’Afro, avec quelque références à Eleggua, et des tambours Bata, qui sont un des mes instruments préférés, bien que je n’en joue pas moi-même.

Il y a aussi quelques paroles en français comme ‘c’est très joli’, des combinaisons de mots en français… ‘je ne parle pas français’ …

Mais l’essentiel est basé sur la musique cubaine, la Timba cubaine contemporaine.

Est-ce une musique plutôt sophistiquée et de virtuose, ou est-elle plutôt destinée à faire danser les amateurs de Salsa, de Casino ?

Tirso Duarte. On trouve les deux dans le CD. Il y a des thèmes bien adaptés pour les danseurs, comme ‘Herido de amor’, car on pense toujours à ça. Il y a aussi des arrangements un peu plus complexes, avec des variations difficiles notamment de tessiture très élevée à la trompette – il faut d’ailleurs féliciter les trompettistes de l’orchestre.
On trouve des changements de rythmes comme dans ‘Los herederos’. Il y a aussi des passages de reggaeton comme dans ‘A lo loco titi’ : ça plaît et nous n’avons rien contre ce qui est actuel, cela plaît aux jeunes, aux ‘chamacos’ comme on dit à Cuba. Nous ne sommes fermés à rien, nous sommes à l’avant-garde, nous sommes ouverts à tout ce qui se passe, aux tendances de la musique d’aujourd’hui, à ce qui intéresse les danseurs, à ce qui plaît au peuple. Ce qui plait au peuple, nous le feront.

Nous faisons de la Timba combinée à d’autres styles, sans perdre les racines, mais aussi avec des rythmes contemporains, afin d’obtenir un résultat intéressant pour les gens.

Que pouvez-vous dire de la dynamique ou de l’alchimie qui s’opère à l’occasion de votre travail collectif ?

Tirso Duarte. C’était en 2010, au cours de la tournée de « Son Del Indio », qui est un très bon orchestre, qui m’accompagnait pour l’occasion et que je veux féliciter. Un soir, je chantais sur scène, et j’entends qu’il se passe quelque chose d’intéressant derrière moi à la rythmique que nous n’avions pas répété. Je me retourne, je regarde, je continue à chanter mais je vois ce petit blanc a la percussion et je me demande ce qui se passe. C’est fou. Je continue de chanter et encore une fois je sens un changement bien agréable. Au final Julien a joué de tous les instruments de percussions pendant le spectacle. C’était Julien qui était monté sur scène.

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A la fin du concert, je suis allé le voir et je lui ai dit : « mais d’où tu sors ? » Nous avons parlé et à partir de là s’est produit une alchimie entre nous, on s’est revu à Barcelone, on a commencé à évoquer l’idée que je travaille avec La Mecanica Loca. Madeline Rodriguez a aussi joué un rôle important dans cette dynamique. C’est un peu la marraine du projet.

Julien Garin . Je suis venu à Cuba aussi…

Tirso Duarte. Oui, on a continué à échanger, Julien m’a donné ses enregistrements, mais moi, je n’ai pas eu besoin de le faire, car il avait déjà tous mes disques. On a commencé à monter précisément le projet. Et maintenant, voilà, ça y est : on est en France, on enregistre le disque et on prépare la tournée.

Que peux tu dire du travail avec La Mecanica Loca, par comparaison avec d’autres groupes avec lesquels tu as travaillé, à Cali, comme le groupe Calibre, ou au Pérou, au Chili, aux Etats-Unis ?

Tirso Duarte. Ce n’est pas facile de comparer des orchestres de différents pays, dont chacun a ses coutumes, ses manières de vivre, d’apprendre et de sentir la musique. C’est un peu injuste de dire que tel orchestre est de meilleure ou de moins bonne qualité sans tenir compte de ces différences.

Par exemple, à Cuba, celui qui veut étudier la musique et a du talent peut le faire gratuitement. Il n’a pas besoin de payer 25 ou 50 euros pour une classe de piano ou de percussions. Il existe des enseignements musicaux très complets, intégrés dans des cursus de formation générale, avec des cours de mathématiques, d’espagnol, sciences, etc. Et si on ne réussit pas le cursus général, on peut te chasser de l’école ou te faire redoubler même si tu es un bon musicien. Au Pérou, au Chili, en Colombie, tu payes pour apprendre l’instrument que tu veux et on se fiche du reste. A Cuba ce n’est pas pareil. Tu dois gérer toutes tes matières du cursus au même niveau. Le contexte est différent.

Tu t’imagines, quand j’étais au Chili, il y avait de grandes manifestations d’étudiants pour demander la gratuité des études.

On ne peut donc pas comparer d’un pays à l’autre. Au Pérou, les musiciens ont la plupart du temps une autre profession, par exemple chauffeur de taxi. L’effort qu’il faut faire pour former un orchestre est donc particulièrement méritoire dans ce pays, car on ne peut vivre de la musique.

A Cuba, il y a dix mille orchestres. Mais il faut voir les arrangements et en fait beaucoup de groupes ne sonnent pas bien ! On s’imagine qu’à Cuba nous sommes les rois de la Timba. Mais
par exemple, cet orchestre La Mecanica Loca sonne bien mieux que bien des groupes à Cuba.

Donc cela dépend de beaucoup de choses : les arrangements, le type de musique que l’on a l’habitude de jouer, la composition de l’orchestre. Et c’est pour cela que je veux féliciter et remercier tous les très bons orchestres qui m’ont accompagné à travers le monde : au Chili, au Pérou, en Colombie avec le groupe Calibre, à New York, à Bogota… Moi, j’ai essayé de leur transmettre mon expérience, de leur inculquer ma musique, et je crois que peu à peu, cela a donné des résultats…

Notre musique timbera, ce n’est pas une musique simplette, facile, avec juste un chanteur, deux accords et un chœur, comme pour le Reggaeton, où un chanteur peut s’afficher comme reggaetonero s’il réussit à faire un tube. Il n’est pas possible de s’autoproclamer chanteur de Timba avec 2 accords et un coro. Cela ne fonctionne pas ainsi. Il faut du temps et tout un apprentissage, c’est une musique très riche mais elle aussi beaucoup de saveur.

Il faut aider chaque orchestre dans ce processus d’apprentissage. Par exemple le pianiste de La Mecanica Loca joue très bien. Mais à un moment je lui montre un autre Tumbao et il s’exclame « au secours ! ». Un pianiste qui joue bien d’autres styles peut s’effrayer à un moment des difficultés qui se présentent. Mais alors, il faut le rassurer, lui dire qu’il peut facilement apprendre compte tenu de son talent. Il faut de la patience, des efforts.

Mais ce que j’ai entendu ici est une merveille. Et j’espère bien qu’en concert, ça sera aussi bien. Il n’y a pas de raisons que cela ne fonctionne pas, car ce seront les mêmes musiciens.

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Je voudrais ajouter qu’ils ont tout enregistré sans moi, ils ont enregistré ma musique sans que je ne sois la. Je suis arrivé après. Ce n’est pas facile d’enregistrer sans que le compositeur soit là. Et pourtant ils ont fait exactement ce que j’avais en tête et j’en suis resté bouche bée. Et c’est bien MA musique que j’ai entendue : les Tumbaos, les percussions, les timbales, les congas, la basse, les cuivres… tout était en place, tout tombait très bien. Je suis très content, et, sans faire de comparaison…

La Mecanica Loca est un des meilleurs orchestres timberos qui m’aient accompagné dans le monde. Elle est bien meilleure que beaucoup d’orchestres cubains.

Peux-tu dire si ton projet actuel avec La Mecanica Loca restera unique, ou si tu penses continuer à travailler avec ce groupe ?

Tirso Duarte. Chaque chose en son temps ! Là, nous sommes en train de finir l’enregistrement, ensuite nous commencerons les répétitions, puis il y a le concert de Bayonne, la tournée. Je profite de ce moment, je prends plaisir aux répétitions, je veux convertir cela en une grande fête. On va terminer tout cela et puis ensuite il peut se passer plein de choses très belles. On ne peut prévoir le futur, mais nous sommes très contents de ce qui se passe et c’est un fait que c’est déjà un succès. Je suis très satisfait de cette collaboration avec La Mecanica Loca, avec Julien ‘El Salvaje’ [le monstre-l’animal]. Je peux te donner un pronostic, si tout va bien comme ça, on va continuer longtemps…

Julien, comment as-tu vécu le travail avec Tirso ?

Julien Garin. Tirso, c’est un ‘Salvaje’ aussi, un type formidable. Vraiment pour moi, c‘est un rêve, cela fait des années que j’écoute Tirso, je suis content de ce faire projet avec lui. Je l’ai vu travailler : c’est vraiment un gros travailleur. Le premier jour il m’a dit, en sortant de l’avion : « On y va!» Moi j’étais bouche bée ; j’étais très fatigué, et lui, il sort de l’avion tout frais. Il arrive à la maison et il se met à travailler, travailler, même sur des chansons qu’il chante depuis longtemps déjà dans le monde entier. Il écoute ce qu’a fait notre orchestre, et, le jour suivant, il enregistre toutes les chansons en un jour !!! Jamais je n’avais vu cela !!! Pour moi, c’est un grand plaisir d’être avec lui.

Que penses-tu du travail avec les musiciens de la Mecanica Loca ?

Julien Garin. J’ai des musiciens formidables, j’ai des chanteurs extraordinaires, Yosvani, que tout le monde connait en France, et une chanteuse, Martha, qui a une voix incroyable et Yoslando aussi. Mes musiciens ont fait un travail génial pour ce projet. Même moi, qui les connais, j’ai été surpris du résultat.

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Mais la préparation a aussi été un stress énorme pour moi. Tirso n’était pas là, alors qui s’est chargé de tout ? C’est moi. Et, prendre des décisions seul, me dire « que va penser Tirso, là ? », c’était une grosse responsabilité. Alors, quand il est arrivé et a commencé à écouter, j’étais tout tremblant à côté de lui, et quand il m’a dit que c’était bien, j’étais soulagé.

Et surtout, quand il a commencé à chanter, je me suis dit : « Ah ça y est, on y est ». Ce n’était plus un rêve.

Je suis jeune, j’ai 24 ans, j’ai commencé à m’intéresser à cette musique à 17 ans. J’ai d’abord joué un peu de tumbadoras (Congas), puis j’ai commencé à écouter la musique de Tirso, cette musique cubaine, tous les jours. Je ne pensais pas qu’un jour j’allais jouer avec lui. Je me disais : « Je ne suis pas cubain, donc jamais je ne jouerai avec ce genre de musiciens »

J’ai une formation classique, de solfège, au conservatoire, depuis l’âge de huit ans. Je viens d’une famille de musiciens et j’ai la musique dans le sang. Après, j’ai découvert cette passion, j’ai vécu là- dedans, je m’y suis mis à fond, je me suis mis à écouter, tous les jours, de la musique cubaine. Et finalement tu te dis que c’est cela le secret, écouter, écouter, jusqu’à ce qu’elle te rentre dans le sang. Maintenant parfois, quand je joue quelque chose, je me dis : « Ah oui, ça je l’ai écouté dans tel disque !! Ah tiens, je vais essayer cela !!» C’est ainsi que se forme une expérience et que j’en suis arrivé jusqu’à l’enregistrement de ce CD.

Il y a Pepino aux tumbadores, Jérôme à la batterie, et aussi la section des cuivres, le bassiste… Pour ma part j’ai enregistré les autres percussions : Bongo, Timbales, Bata…

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Comment vivez-vous la perspective de la prochaine tournée, ainsi que celle du concert de 27 avril à Bayonne ?

Julien Garin. Pour moi, c’est un plaisir personnel, car Bayonne est ma ville, mon village. Je suis très content. Le concert de lancement est déjà complet depuis 3 semaines, 700 places. Les gens attendent des invitations, des entrées… Ensuite il y a la tournée, avec plein de concerts. Nous allons jouer en Pologne, en Hongrie, en France, à Taras’Kuba, à Paris, Lyon, à Toulouse – un festival formidable -, ensuite au festival de Guaguanco de Barcelone peut-être ensuite aux Etats-Unis. J’attends que les gens écoutent ce qu’on fait et on va voir ce qui se passe !!

Pouvez-vous nous parler du rôle qu’elle a joué qu’a joué Madeline Rodriguez dans ce projet ?

Tirso Duarte. Madeline est une excellente danseuse qui a inculqué ici à beaucoup de gens la connaissance de la danse et de l’art populaire cubain. Ca c’est une chose très belle. Madeline est une bénédiction… c’est une maestra, une maîtresse…

Je veux aussi vous présenter une autre maestra, professeur de solfège, de piano, de composition musicale, qui a aussi joué un rôle dans le projet : mon épouse Lala Batule.

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Madeline est la marraine de ce projet, elle en est l’inspiration, celle qui lui a donné la première impulsion. Elle est aussi notre premier public danseur. Si elle arrive et qu’elle se met à faire juste trois pas de danse, c’est que notre musique fonctionne bien.

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Avec elle et Julien, nous sommes une grande famille, avec beaucoup d’affection, on fait plein de chose ensemble, on fait la cuisine, on fait la fête.

Est-ce que vous avez un message spécial pour le public de Fiestacubana et ses représentants, tout particulièrement le parrain du projet, Leonel ?

Tirso Duarte. Leonel est mon ami. Je le salue, ainsi que toute sa famille, ses enfants, sa femme auxquels j’envoie mes pensées. C’est Le Farandulero Mayor, imaginez-vous !

Il est l’un de ceux qui jouent le plus grand rôle pour transmettre, diffuser la musique cubaine et la Timba. Moi on m’écoute partout, mais lui aussi il est partout. Je l’ai vu partout où je suis allé, au Pérou, ensuite en France, en Colombie. Chaque fois qu’il y a de la musique cubaine quelque part, il est là.

Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de sites de salsa dans le monde qui aient des membres aussi actifs que lui. Aux Etats-Unis, il y a de beaux sites, mais ils ne parlent que des Etats-Unis. Leonel, lui, est partout.

Je le félicite, je le remercie, c’est un exemple à suivre, c’est un ami, notre parrain, il nous aide, on lui demande son opinion, il est très avisé, il connaît plein de choses sur le monde de la Timba, les chanteurs qui sont partis, ceux qui arrivent, les dernières chansons, celles qui ont plu, celles qui n’ont pas plu, le dernier concert.

Donc j’envoie un salut spécial à Leonel El Farandulero mayor. Dans Fiestacubana, il y a fête, et moi, Tirso Duarte, j’aime la fête et c’est ce que nous allons faire : une grande fiesta cubana avec La Mecanica Loca.

Quand Mayito est parti des Van Van, les gens pensaient que toi, Tirso Duarte, tu irais chanter avec eux. Que penses-tu de ces commentaires ?

Los Van Van sont l’orchestre symbole de Cuba. C’est un groupe précurseur, le modèle pour tous les jeunes musiciens, c’est un orchestre qui signifie beaucoup pour nous. Pour moi, Mayito Riviera est un des plus grands chanteurs de tous les temps. J’ai toujours eu envie de partager la scène avec Los Van Van, qui sont aussi mes amis. Mais chacun prend son propre chemin.

Et comme le dit El Tosco [Jose Luis Cortes – directeur de NG La Banda] : « Ah, si j’avais 20 ans !! » Là, je viens d’avoir trente-quatre ans il y a deux jours, et grâce à vous ou à cause de vous, j’ai pris le chemin d’offrir ma propre musique aux gens. J’ai un grand répertoire, j’ai fait cinq disques, et, par chance, les thèmes ont bien fonctionné, sont écoutés partout dans le monde. J’ai eu la chance de pouvoir apporter ma musique à tous ces peuples qui dansent sur mes chansons, au Chili, au Pérou, en Colombie, aux Etats-Unis en France, dans toute l’Europe. C’est un chemin sur lequel je ne peux pas reculer.

Ce n’est pas que ce serait reculer de chanter avec Los Van Van. Bien sûr, Los Van Van est un orchestre formidable, le plus prestigieux de Cuba, mais que deviendrait la carrière de Tirso Duarte, que deviendraient mes chansons, que deviendraient ‘Un mal sueño’, ‘Que le vaya bien’ ? Quel rêve plus grand puis-je avoir que d’apporter mon propre répertoire au public ? Comme ici ces dix thèmes que j’ai interprétés, par exemple Que te vaya bien, accompagné par un cet excellent orchestre français qu’est La Mecanica Loca ? Et cet orchestre qui m’attend en Colombie, avec lequel je joue 7 ou 8 de mes thèmes, comme ‘Dejala que corra’, ‘Eso que me pides’, ‘Te molesta que sea feliz’…

Ce sont des choses que je ne peux pas laisser en plan. Je ne peux trahir ces gens qui m’ont fait confiance, qui m’ont suivi pendant tout ce temps. Si un jour, je faisais partie de Los Van Van, j’interprèterais au mieux 3 morceaux par concert pour la quantité et la qualité de talents qui s’y trouvent. Il y a beaucoup d’excellents chanteurs. Il y a 4 chanteurs chez Los Van Van. Pour un tour de chant de 12 thèmes, cela fait trois thèmes par chanteur.
Et moi, alors, qu’est-ce que je fais avec ma musique ? Je la garde dans mon sac et je l’écoute pour moi tout seul ?

Alors tous mes vœux aux Van Van, tous mes vœux aussi à Mandy Cantero. Il va faire des choses formidables en chantant avec eux car c’est un très grand chanteur. Il ne se substitue à personne. Mayito a marqué son époque, comme la chanteuse Yeni. Mandy devra faire son trou comme l’a fait Lele à une autre époque. Lele n’avait pas la voix de Mayito, ni une tessiture si large mais il a une connection et il est au cœur de Van Van. Roberton, Timbero Mayor, Rumbero… Mandy, cela sera autre chose.

Jamais Juan Formell ne s’est trompé. Que pouvait-il faire de plus difficile que de remplacer Pupy, un grand maestro, quand il est parti ? Mais il a fait fait venir Cucurucho, qui a étudié avec moi à l’école comme un frère, et qui a pris ses responsabilités dans le groupe, qui a commencé à faire une carrière au sein des Van Van, à marquer son époque. Et Cucurucho a pris son essor comme compositeur, pianiste, arrangeur. Il y a plein d’époques différentes dans l’histoire des Van Van. Maintenant c’est une nouvelle ère qui s’ouvre et c’est bien. Mais moi aussi, dans mon cas personnel, je suis en train d’ouvrir une nouvelle époque dans ma carrière, comme distributeur de joie qu’on écoute de toutes parts… Tirso Duarte… Que se escucha en todas partes !

Un dernier mot ?

Merci à vous, merci à Fiestacubana, de vous impliquer et de venir jusqu’à ce studio d’enregistrement. Cela aide à informer les gens de notre travail, car nous n’avons pas tellement de temps pour le faire nous-mêmes. Et maintenant, on va continuer l’enregistrement. Merci donc de diffuser et de promotionner la carrière des artistes et tout ce que nous faisons. Merci à Leonel et toute l’équipe pour cet entretien. Meilleurs vœux et preparez vous a ce qui arrive… C’est une bombe !

Une interview préparée et dirigée par Leonel El Farandulero Mayor
Propos recueillis et filmés par Deejay Tumbao et AxEL Cubadicto
Traitement de la vid
éo par Pascualito El Cubanito
Traduction, mise en forme du texte et illustrations : Fabrice Hatem et Leonel El Farandulero Mayor

Tras la large noche : musica afroperuana

Tras la large noche : musica afroperuana

Documentaire de Patricia Ferreira, Espagne, Pérou, 2011, 57 minutes

ImageGaie et entraînante, mais avec un imperceptible fond de tristesse, la musique afro-péruvienne de la côte pacifique rappelle à la fois la tonicité rythmique cubaine et la douceur rêveuse de la Bossa Nova brésilienne. Le documentaire Musica Afroperuana nous emmène à la découverte de cette musique syncrétique, issue de la rencontre d’influences hispanique, africaine et indienne. Nous sommes guidés par la chanteuse et compositrice Suzana Baca, devenue depuis … ministre de la culture de son pays. Celle-ci s’efforce depuis un demi-siècle de recueillir et de transmettre le riche héritage de la musique populaire péruvienne, un peu comme Violetta Parra le fit en son temps au Chili.

 

Nous visitons avec elle les lieux de son enfance, le quartier populaire la Vitoria de Lima, où l’on retrouve un peu de de l’atmosphère humaine et musicale de Santiago de Cuba. Nous assistons à une soirée à la Peña Don Porfirio, nommée ainsi en hommage à un grand musicien populaire du pays. Nous allons visiter, dans le nord du pays, la ville de Zaña, première capitale du Pérou espagnole, ruinée par un tremblement de terre, abandonnée par ses habitants d’origine espagnole et où s’est depuis lors concentré l’héritage de la musique africaine avec ses rythmes et ses calebasses. Nous nous rendons aussi à Trujillo, dans la région de La Libertad, berceau de l’une des principales danses folkloriques péruviennes, la Marinera : une parade de séduction où domine l’influence hispanique, mélange de Chacarera, de Zamba, de Boléro Mexicain, de Sévillanes, avec des couples en habit traditionnel aux déplacements fluides et aériens …

Avec sa voix poétique, son doux sourire et son beau regard, Suzana nous explique les origines de la culture populaire péruvienne. Elle nous présente d’autres artistes incarnant cette musique, comme le contrebassiste David Pinto, le chanteur Chebo Ballumbrosio, le percussionniste Rafael Santa Cruz, le chanteur-compositeur Javier Lazo ou le groupe PeruJazz, qui explore les voies d’une fusion avec d’autres genres musicaux. C’est l’occasion de très beaux moments d’écoute, sur des thèmes comme Zamba Malató, Toro Mata, Maria Lando, Negros del combos ou encore les rythmes de Panalivio. Les paroles évoquent la vie simple et difficile des gens du peuple, leur travail, leurs amours, leur faim – assouvie ou non -, leurs rêves modestes.

J’ai été très frappée par les similitudes existant entre les musiques populaire afro-péruviennes et cubaines (Son notamment) : même mélange de polyrythmies noires et de mélodies espagnoles ; même complexes instrumentaux associant cordes pincées (guitare, basse, contrebasse) et percussions (cajones, tumbadores, guiro……) ; même interpénétration entre musique et danse ; même dialogues chœur/soliste dans les parties chantés. Précipitez vous donc pour regarder ce documentaire de grande qualité, qui vous fait découvrir l’existence d’une petite sœur de la musique cubaine à des milliers de kilomètres de cette île aimée !!!

Fabrice Hatem

Pour visionner ce documentaire : http://www.rtve.es/alacarta/videos/todo-el-mundo-es-musica/todo-mundo-musica-peru-musica-afroperuana-tras-larga-noche/1082081/

 

 

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ELITO REVE y su CHARANGON conduisent « La Aplanadora de Cuba »

Mayimbe illumine la France de sa jeunesse

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Avec son premier CD, De La Habana a Perú, l’orchestre Mayimbe a remporté cette année l’Awards Fiestacubana du meilleur album de musique cubaine. Coïncidence heureuse, le groupe est actuellement en tournée en Europe (France et Italie).

L’équipe parisienne de Fiestacubana – en l’occurrence Fabrice et Pascualito – s’est donc rendue à Lyon le 4 mars dernier pour assister au concert de Mayimbe.

Nous en avons ramené, non seulement des vidéos de la soirée, mais aussi une interview exclusive de Barbarito Fines. Nous avons également empli nos coeurs de beaux souvenirs de rencontre, notamment avec les organisateurs de la tournée de Mayimbe, que nous nous proposons de partager avec vous.

Une rencontre Lyonnaise avec Mayimbe et Barbarito Fines

C’est vers 18 heures que ce dimanche 4 mars, je rencontrais pour la première fois les musiciens du groupe Mayimbe au Centre Ninkasi de Lyon, où ils devaient donner un concert le soir même.

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En fait, si je ne les avais pas vus sortir des coulisses et si Yvette Guevara – l’une des organisatrices de leur tournée – ne m’avait pas présenté à eux, je crois que je ne les aurais pas spontanément reconnus. Avec leur jeunesse – ils ont tous moins, parfois beaucoup moins, de trente ans – leur curiosité souriante, leur tenue vestimentaire très simple – vestes et chaussures de sport – leur vivacité juvénile, leur attitude un peu joueuse, leur côté « bande de jeunes en vacances », il était aisé de les confondre avec les danseurs de break de la salle d’à côté. Seule différence visible : des visages évoquant parfois davantage les Andes indiennes qu’un mélange black-blanc beur. Sur 13 membres de l’orchestre Mayimbe, 11 sont en effet péruviens, leur directeur Barbarito Fines étant l’un des deux seuls cubains du groupe.

Barbarito est un homme très jeune – avec ses 29 ans, il fait cependant un peu figure d’aîné au sein de l’orchestre – pas très grand, un peu rond, au visage lumineux, au sourire avenant et plein de sensibilité. Il m’accueillit d’emblée les bras ouverts : normal selon lui, car j’appartenais à l’équipe de Fiestacubana, et j’étais un collègue de son grand ami Léonel, la meilleure des recommandations à ses yeux. Bref, nous convînmes des conditions de l’interview, qui devait avoir lieu après le concert.

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Après quoi, je les accompagnais à leur dîner, qui prit l’aspect d’une cantine bruyante et chahuteuse. Ils étaient assis des deux côtés de la table, comme une bande d’étudiants joyeux. Yvette, qui cherchait à prendre les commandes pour les menus, tenait à ce moment-là davantage de la monitrice de colonie de vacances que de l’organisatrice de tournées internationales. Ceci me fournit l’occasion d’une petite séance de photos. Ils s’y prêtèrent, au milieu des éclats de rire, avec spontanéité et bonne humeur en compagnie de leurs accompagnateurs et de leurs hôtes du jour, dont Anne Darboux, présidente de l’association Ahora Cuba (photo ci-dessous). Ils avaient l’air tout contents de poser, m’interpellant, prenant des poses, riant avec moi.

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Il ne restait plus maintenant qu’à attendre le concert dans la grande salle qui commençait à se remplir. J’y retrouvais plein d’amis : Stéphanie et Agnès, (photo ci-dessous), Jenny de Genève, Claire de Valence, Valérie de Paris et encore beaucoup d’autres de ma connaissance. Par exemple Zahra Gbe, avec laquelle mes contacts s’étaient jusque-là limités à quelques messages Facebook, et que je rencontrais pour la première fois en chair et en os, dans le rôle oh ! Combien utile de barmaid bénévole.

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En fait, en plus du public lyonnais, c’est de toute la région, voire de toute la France que les « fans » de musique cubaine avaient fait le voyage. J’en profitais pour faire encore quelques photos d’ambiance, tout en dansant un petit peu. Et lorsque retentirent les premières notes du concert au milieu des ovations, nous étions plus de 500 à nous presser, tous debout, dans la grande salle du bas et sur la mezzanine qui la surplombait.

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Le groupe Mayimbe est tout jeune : son premier concert date en effet de la fin mai 2010. Mais il a déjà vraiment une pêche d’enfer. Quel miracle a su réaliser Barbarito Fines, en parvenant à donner à une formation composée presque exclusivement de musiciens péruviens une sonorité si typiquement cubaine « Cela m’a pris six mois de répétitions, car les péruviens n’entendent pas la musique comme les Cubains », m’expliqua-t-il plus tard au cours de l’interview.

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Et quelle transmutation incroyable !! Au lieu des ados chahuteurs de l’avant-concert, je retrouvais des artistes maîtres de leur art, de la scène et du public. A l’avant- scène, un groupe de quatre chanteurs à la fois très expressifs vocalement et d’une grande tonicité corporelle ; sur le côté droit, une section de quatre cuivres à la sonorité puissante et très bien réglée musicalement. Au second plan, les percussions, et à gauche le bassiste et le pianiste – Barbarito Fines lui-même. Tous ceux-là apparemment plus effacés, sans jeu de scène, mais jouant en fait un rôle fondamental dans l’assise harmonique et rythmique (le fameux « Tumbao ») de l’orchestre.

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Je ne tenterai pas ici une analyse musicologique : elle a déjà été largement faite par Léonel à l’occasion d’une précédente interview de Barbarito pour Fiestacubana. Je ne vous infligerai pas non plus la liste complète et commentée des morceaux qui furent interprétés ce jour-là : disons simplement qu‘on y trouvait, à côté des morceaux du premier CD du groupe, comme El diablo, Introducion a Mayimbe, Congo Lucumi, Tren Bala ou de De la Habana en Pérou, des titres nouveaux, comme La Bendicion, Chagany ou El paquete. L’essentiel, c’est l’énergie très particulière qui se dégageait du concert : une sorte de volubilité juvénile un peu échevelée, à la vitalité cependant canalisée par la direction discrète mais rigoureuse de Barbarito. C’est ce mélange si délicat de spontanéité et de rigueur musicale qui constitue peut-être la « marque de fabrique » la plus caractéristique de Mayimbe. Et que la musique soit d’une tonicité époustouflante, comme dans El Diablo, ou de tonalité plus romantique, comme dans Acuerdate, on sent que le groupe, quoique déjà d’une excellente qualité musicale, est encore porté par l’enthousiasme de la découverte et n’est pas encore blasé par une longue pratique de la scène.

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Une anecdote m’a personnellement touché : remarquant que j’essayais de prendre des photos d’eux depuis la piste, les quatre musiciens de la section des cuivres, avec une joie manifeste, se mirent à prendre des poses sur la scène de manière à faciliter mon travail.

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Cette spontanéité permet à l’orchestre d’établir avec le public une relation très forte et très directe. Les spectateurs manifestent leur joie, dansent en écoutant la musique, parlent avec l’orchestre, une forêt de mains se lèvent et s’agitent lorsque les chanteurs le demandent.

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Et lorsque ceux-ci font monter quelques spectatrices sur la scène, le concert se transforme en une joyeuse danse collective collé-serré. Rien de très original par rapport aux autres concerts de Timba, me direz-vous. Nous avons tous assisté des dizaines de fois à ce genre de scène, qui font pour ainsi dire partie intégrante de ces spectacles. Mais, avec Mayimbe, il y avait en plus une fraîcheur, une jubilation communicative que je n’ai pas toujours observée, avec la même intensité, lors de concerts de groupes plus confirmés et plus rodés. Et tout cela se termina naturellement par une longue ovation précédée de deux rappels enthousiastes.

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J’ai eu la chance de pouvoir enregistrer ce concert avec Pascualito… et avec deux caméras différentes s’il vous plaît ! Une dans la salle et l’autre au premier étage !!! En attendant notre futur reportage vidéo sur la tournée en France du groupe Mayimbe, vous pouvez déjà regarder quelques extraits du concert, filmés par Pascualito, en cliquant sur les liens suivants : El diablo, La bendicion, El paquete, Intro de Mayimbe, Congo-Lucumi, Changany, Acuerdate, La fiera, Tren bala, De la Habana à Perou, La Gallina, El Cuchi cuchi.

Après le concert, je me dirigeais, muni de ma caméra, vers les coulisses pour interviewer Barbarito. Nous nous installâmes dans une sorte de remise couverte d’un toit ondulé, un peu gênés par le bruit de la pluie et les conversations alentours, ainsi que par la mauvaise qualité de la lumière. Mais enfin, vaille que vaille, l’interview commença (voir décryptage complet en annexe). Trois mots me viennent à l’esprit pour résumer cette demi-heure d’entretiens : fidélité, énergie, sensibilité.

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Barbarito Fines réaffirme constamment sa fidélité au Son Cubain, une musique qu’il dit « porter dans son sang ». Une expression qui peut être prise au premier degré, tant son talent musical est enraciné dans ses origines familiales. Véritable « enfant de la balle », il est le filleul de Manolito Simonet, un musicien qu’il étroitement côtoyé et auquel il voue toujours une admiration profonde. « Je n’ai jamais joué dans son orchestre, mais, quand j’étais enfant, il me prêtait son piano. Sa musique m’a beaucoup influencé ». Mais Barbarito enfant a aussi côtoyé de très près d’autres musiciens d’orchestres de Timba, comme son cousin Jorge Luis Guerra, joueur de güiro dans le Trabuco de Manolito, ou son oncle Orlando Canto, flûtiste de Los Van Van. Cet héritage familial est sans doute l’un des secrets de son talent : « l’école t’enseigne la technique, mais l’autre école, c’est la rue ».

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Les racines soneras et la jeunesse

« Ma racine Sonera est très importante pour moi. Je suis né à Cuba et je porte le Son dans mon sang. C’est un privilège pour moi de maintenir vivante cette culture dans ma propre musique. Je suis très orgueilleux de cela, de me situer dans le droit fil de cette ligne artistique. J’écris pour que le public, les danseurs, ceux qui écoutent ma musique se sentent identifiés à cette racine.

J’ai été influencé dans mon enfance par des musiciens comme Manolito Simonet, dont je suis le filleul. J’ai grandi à ses côtés, il m’a beaucoup enseigné dans la vie, j’allais à ses concerts. Mon cousin, Jorge Luis Guerra, joue du guiro dans son Trabuco. Je n’ai jamais joué dans l’orchestre de Manolito, mais quand j’étais enfant j’allais chez lui, et il me prêtait son piano pour jouer. Cette musique m’a beaucoup influencé. Je me sens très proche de lui.

Quant aux Van Van !! Mon oncle Orlando Canto, est le flûtiste de l’orchestre. Alors, naturellement, j’ai suivi ce chemin. J’ai été très influencé par ces origines familiales, même si j’essaye de faire une musique originale. Je veux maintenir vivant ce Son qui me plaît.

J’ai étudié depuis l’âge de 7 ans au Conservatoire national des arts Alejandro García Caturlà à La Havane, dans le quartier de Marianao, où j’ai obtenu mon diplôme de piano « basico ». Ensuite j’ai étudié aux niveaux moyen et supérieur au conservatoire national Guillermo Guanche du quartier Guanabacoa. L’école t’enseigne la technique, mais l’autre école, c’est la rue (c’est-à-dire la pratique non académique, ndlr), qui est un passage obligé pour faire de la musique populaire dansable ».

Barbarito a toujours été précoce. Il a commencé sa carrière très jeune, et tout de suite avec les artistes les plus prometteurs. « L’un de mes plus beaux souvenirs est ma collaboration avec Maikel Blanco : « J’avais 15 ans et lui, 18. J’étais pianiste dans le groupe qu’il avait formé, et j’ai participé à l’enregistrement de son premier CD. Puis, nos chemins se sont séparés, mais nous sommes restés amis ». En seulement 10 ans, il joue dans les groupes A1 Banda, Los Conquistadores, Caroband et Bakuleyé.

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Quelques souvenirs de Barbarito

« Le meilleur souvenir de ma carrière, c’est mon travail avec Maikel Blanco. J’avais 15 ans et lui en avait 18. J’étais pianiste dans le groupe qu’il avait formé, Maikel Blanco y la Suprema Ley, et j’ai participé à l’enregistrement de son premier disque, à la Envidia Record. Nous avons travaillé ensemble pendant plusieurs années, avec des tournées, des concerts magnifiques. Puis nos chemins se sont séparés, mais nous sommes restés amis. Je ne t’oublie pas, mon frère !!!

J’ai aussi passé des moments fabuleux avec le chanteur Rafael Labarrera (qui a interprété plusieurs thèmes de Mayimbe, ndlr). Il est le fils de Manolo Labarrera, le tumbadore de Los Van Van qui malheureusement est décédé récemment. Je le fréquentais déjà pendant mon enfance à Cuba. Je l’ai retrouvé au Pérou, où il vit maintenant comme moi. Il ne peut être aujourd’hui avec nous, car il est souffrant, mais c’est un grand musicien, que je respecte beaucoup. »

Installé depuis quelques années au Pérou, il n’a que 26 ans lorsqu’il créé Mayimbe, le 29 janvier 2012. Imaginez le défi que peut représenter le fait de se retrouver, vingt ans à peine passés, pratiquement seul dans un pays étranger relativement pauvre, et où les opportunités restent donc limitées malgré l’intérêt actuel du Pérou pour la musique cubaine. Et pourtant, Barbarito trouva l’énergie de former, début 2010, un groupe de Timba composé de pas moins de 13 musiciens, presque tous péruviens. Cela, bien sûr, ne s’est pas fait tout seul : « Il a fallu les former : J’ai passé six mois à les faire répéter, sans jouer une seule fois (…) pour qu’ils acquièrent une sonorité cubaine ». Finalement, le premier concert a eu lieu le 29 mai 2010. Et si le groupe a déjà réussi à produire un premier CD avec le succès que l’on sait, il a aussi traversé des crises. « Certains musiciens se sont séparés de moi, mais continuent à jouer sous l’appellation Mayimbe », ce qui crée des confusions ». Quant au second CD, si tous ses thèmes sont déjà prêts, Barbarito attend encore le feu vert de son producteur péruvien pour l’enregistrer.

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Le groupe Mayimbe

« C’est difficile de former un groupe comme celui-là. Presque tous les membres de Mayimbe sont péruviens. Tu imagines la difficulté pour parvenir à ce que ces artistes, qui ne sentent pas la musique comme les cubains, aient la même sonorité qu’eux. Il a fallu les former. J’ai passé six mois à les faire répéter, sans jouer une seule fois, pour qu’ils comprennent le concept, le chemin que je voulais prendre, qu’ils acquièrent une sonorité cubaine. Quand j’ai vu qu’ils en étaient capables, que Mayimbe, était prêt je les ai sortis de par le monde. Cela m’a coûté beaucoup de travail.

Il y a beaucoup de confusion sur Mayimbe. Parfois, les gens qui regardent Internet pensent qu’il joue mal. Cela est dû au fait que l’orchestre a eu un problème au Pérou. Certains musiciens se sont séparés de moi, ont souhaité prendre un autre chemin, et ont continué à s’appeler Mayimbe, et cela a créé des confusions. Mais c’est mon orchestre qui est le vrai Mayimbe.

Les thèmes de notre second CD sont tous prêts. J’attends que le producteur m’appelle pour me dire que je peux le faire. Peut-être, quand je reviendrai au Pérou après la tournée en Europe, les choses auront bougé.

J’écris la musique et toutes les paroles des chansons de Mayimbe. Je fais aussi les arrangements. La musique de Mayimbe, finalement, c’est celle que je porte dans mon cœur. J‘écris ce que je sens. Mes chansons reflètent les expériences réelles de ma vie. Je n’ai rien inventé. Par exemple, il y a deux ans, j’ai eu une expérience amoureuse avec une personne qui est aujourd’hui en Europe. Je la suppliais de me pas rompre cette relation. Alors j’ai écrit cette chanson : Acuerdate. Ce sont des expériences réelles. C’est peut-être pour cela que ces compositions plaisent aux gens. Mais en même temps, lorsque je compose au piano, je m’identifie fortement avec mes musiciens, je pense à eux. »

Il existe un contraste frappant entre l’apparence tranquille, presque placide de Barbarito, et l’énergie dont il fait preuve dans son existence. Ce contraste se retrouve au niveau musical : comment imaginer que ce pianiste à la gestuelle discrète, presque caché dans un coin au second rang de l’orchestre, soit aussi celui qui insuffle à Mayimbe une si colossale énergie ? Barbarito est l’âme du groupe : il écrit les paroles, la musique, les arrangements : « Je compose la nuit. Cette musique sort de moi, c’est celle que j’ai envie de créer ». Toutes des émotions fortes que cet introverti hyperémotif accumule en lui silencieusement, il sait les transmuter, dans l’intensité créative de ses nuits de compositions, en une expression musicale et la fois forte et pleine de fraîcheur.

Ainsi qu’il me l’expliqua lui-même, la plupart de ses compositions ont un caractère quasiment autobiographique, comme El diablo ou Acuerdate. « C’était une femme que j’avais supplié de ne pas partir. Maintenant, elle est installée en Europe. » Il y a d’ailleurs une manière assez étrange chez Barbarito de passer presque sans transition d’une certaine retenue à des confidences presque osées sur sa vie personnelle, de se livrer à son interlocuteur avec ses émotions jaillissantes et incontrôlées. Une sincérité non apprêtée, sans fard, qui séduit jusque dans sa maladresse.

Barbarito et son orchestre Mayimbe seront à quimper le 23 mars, à Tarascon le 30 et à Paris le 31. N’oubliez pas de venir nombreux pour goûter le plaisir de cette excellente et tonifiante musique. Cela lui fera plaisir aussi, car il a l’air d’aimer beaucoup la France.

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La France et l’Europe

 

 

« C’est première fois que je viens en Europe. La France est le premier pays que j’ai visité. J’ai toujours voulu la voir depuis que je suis enfant. Je parle de Paris dans ma chanson Cuchi cuchi. Mais je n’avais jamais eu encore cette possibilité. Mes concerts en France ont été une très grande émotion pour moi : savoir qu’il y ait tant de gens qui connaissent les chansons de Mayimbe, qu’ils s’identifient à ma musique, alors que je l’ai écrite seul, dans ma maison. C’est agréable que tout le monde t’aime. Je reçois tous les jours des messages sur Facebook et sur mon e-mail. C’est ici en France que ma musique a été reconnue pour la première fois.

Je suis très reconnaissant au public français, pour cette tendresse qu’ils ont pour nous, j’espère qu’ils ne nous oublieront pas quand nous reviendrons au Pérou. En tout cas, nous, nous ne les oublierons pas. Je n’aurais jamais pensé que ce serait si fort. Je voudrais dire merci à Yvette, Fred, Dary pour nous avoir fait confiance. Depuis le Pérou, c’était difficile de nous faire connaître. On jouait bien dans le studio, mais maintenant, vous savez comment joue Mayimbe en concert. Je veux aussi remercier FiestaCubana et son collectif, tout particulièrement Léonel qui m’ont beaucoup aidé dans la diffusion de notre musique. »

Fabrice Hatem

Pour une Biographie de Barbarito Fines : http://timbapati.blogspot.com/2011/04/la-venta-de-la-habana-peru-de-barbaro.html

 

ELITO REVE y su CHARANGON conduisent « La Aplanadora de Cuba »

Mayimbe illumine Lyon de sa jeunesse

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Avec son premier CD, De La Habana a Perú, l’orchestre Mayimbe a remporté cette année l’Awards Fiestacubana du meilleur album de musique cubaine. Coïncidence heureuse, le groupe est actuellement en tournée en Europe (France et Italie). L’équipe parisienne de Fiestacubana – en l’occurrence Fabrice et Pascualito – s’est donc rendue à Lyon le 4 mars dernier pour assister au concert de Mayimbe. Nous en avons ramené, non seulement des vidéos de la soirée, mais aussi une interview exclusive de Barbarito Fines. Nous avons également empli nos coeurs de beaux souvenirs de rencontre, notamment avec les organisateurs de la tournée de Mayimbe, que nous nous proposons de partager avec vous.

 

Pour consulter l’article sur le concert de Mayimbe et l’interview de Barbarito Fines, cliquez sur le lien suivant : Mayimbe

Pour consulter le texte annexe sur l’atmosphère du Ninkasi et la rencontre avec les organisateurs de la tournée de Mayimbe, cliquez sur le lien suivant : Ninkasi