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De la Habana
L’oeuvreCette timba a été composée par Paulito Pablo Alfonso Fernández Gallo « FG » et Juan Ceruto.
Elle a été enregistrée pour la première fois en 1997 par Paulito accompagné de son orchestre Paulito FG y su Elite dans l’album Con la conciencia tranquila, sous le label Fania.
Il s’agit d’un des plus grand succès de Paulito FG, que beaucoup d’habitants de La Havane connaissent par cœur et se sont approprié comme une sorte de second hymne national à la gloire de leur belle capitale.
Fabrice Hatem
Controlate
L’œuvreCette chanson de Timba a été écrite et composée par Benigno Echemenda. Elle a été enregistrée en 2005 par l’orchestre Aldalberto Alvarez y su Son dans l’album Mi Linda Habanera, avec la voix de Michel Gonzales.
Cette chanson est doublement originale :
– Par son thème : un amant victorieux s’adresse à son rival malheureux pour lui conseiller, en termes virils et emplis d’une menace voilée, de ne pas faire d’histoires et de passer son chemin s’il veut éviter les problèmes. C’est direct, vécu, authentique, et l’on se demande avec curiosité comment son interlocuteur va finalement réagir à cette humiliation.
– Par sa construction : le texte, très court, tout d’une pièce et non structuré en strophes, n’est pas suivi, comme généralement dans ce genre de musique, par une alternance entre couplets interprétés par le soliste et refrain repris par le chœur. La seconde partie du morceau est au contraire entièrement dédiée à des improvisations instrumentales, un peu à la manière du Jazz.
C’est d’ailleurs une magnifique improvisation au piano de la fille d‘Aldalberto Alvarez, Dorgeris Alvarez Balart, que je vous propose d’écouter dans une version « Live » de Controlate enregitrée à Stockholm en 2009 avec la voix d’Aldo Isidro Miranda.
Fabrice Hatem
Chapeando
L’oeuvreCette chanson de Timba a été écrite par Juan Formell. Elle a été enregistrée avec la voix de Roberto Hernandez dans l’album Chapeando en 2004.
Son texte s’inscrit dans la tendance, perceptible depuis une quinzaine d’années déjà à Cuba, à un intérêt de plus en plus marqué pour les traditions religieuses afro-cubaines, désormais considérées comme l’une des expressions les plus authentiques de l’identité nationale. Un nombre croissant de Cubains de toutes origines sociales et ethniques pratique donc aujourd’hui les rites de la Regla de Ocha.
L’une des manifestations de cet engouement est la référence de plus en plus fréquente aux Orishas dans la chanson cubaine contemporaine : les personnages d’Obatala, Chango et Yemaya sont désormais devenus omniprésents dans la Timba.
Ecrite il y a presque 10 ans, Chapeando a sans doute joué un rôle précurseur dans ce mouvement. Son texte se présente comme une sorte d’hymne religieux construit sur la structure d’une Timba. Ceci peut être considéré comme une forme d’hommage aux racines africaines de la chanson cubaine. En effet, la seconde partie des Son Montuno – style dont est directement dérivée la Timba – est structurée par un dialogue entre le chanteur soliste enchaînant des couplets semi-improvisés et chœurs répétant de manière obsessionnelle un refrain. Cette structure est directement dérivée des chants africains et se retrouve notamment dans les chants religieux en l’honneur des Orishas. En ce sens, la Timba néo-rituelle Chapeando peut être considérée, sur un plan musicologique, comme un retour aux origines – une manière, en quelque sorte, de « boucler la boucle ».
Chan Chan
pour consulter la traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : Chan.
On ne présente pas Chan Chan, l’un des Son les plus connus du répertoire Cubain, et « hit » absolu de l’orchestre Buena Vista Social Club.
Composé en 1987 par Compay Segundo, ce texte assez récent est néanmoins profondément enraciné dans la culture et les traditions Santiaguera, tant par les noms les lieux qui y sont évoquées que par la référence à Chan Chan, un personnage mentionné dans une légende du XIXème siècle bien connue des habitants de la région, qui le décrit allant tamiser du sable sur la plage en compagnie de son amie Juanica.
Il est à peu près impossible, lorsque l’on se rend à Cuba, d’échapper, plusieurs fois par jour, à l’écoute de Chan Chan. Ce thème fait en effet partie du très petit nombre de chansons du répertoire cubain connues de la majorité des touristes, qui souhaitent l’entendre jouer sur place lors de leur séjour. Mais il est également très cher au cœur des cubains eux-mêmes. Dans une interview donnée peu de temps avant sa mort, Compay Segundo disait que lorsque les enfants le rencontraient dans les rues de son quartier à Santiago de Cuba, ils se mettaient spontanément à lui chanter le refrain de la chanson.
Caretas
L’œuvre
Cette Salsa a été initialement écrite en portugais par Roberto et Erasmo Carlos. Elle a été ensuite traduite en espagnol par Tite Curet Alonso et enregistrée en 1987 par Ismael Miranda dans son album Por El Buen camino.
Nombreuses sont les chansons de Salsa – engagées ou non – qui abordent le problème de la drogue. Certain chanteurs ont été eux-mêmes de grands toxicomanes et ont abordé ce thème dans leurs chansons. Frankie Ruiz, dans La Cura, évoque de manière un peu cryptique les souffrances occasionnées par ses cures de désintoxication, apparemment présentées comme la tentative de guérir un chagrin d’amour. Chéo Féliciano, après avoir réussi, au prix d’atroces souffrances, à se désintoxiquer, a ensuite activement soutenu les mouvements anti-drogue qui l’avaient aidé à se tirer d’affaire. Les personnages de jeunes drogués sont présents dans plusieurs chansons de Rubén Blades, comme Amor y Control.
Ismael Miranda prend ici un ton direct et militant pour conseiller aux jeunes de s’éloigner de ce fléau, en décrivant de manière saisissante les ravages provoqués par l’addiction.
Fabrice Hatem
Busca lo tuyo (que pena me da)
L’œuvreBusca lo tuyo (également parfois appelée Que pena me da) est une salsa composée par Eddie Palmeri (voir photo ci-contre).
Elle a été enregistré pour la première fois en 1968 par Cheo Feliciano, accompagné par l’orchestre de Eddie Palmieri, dans l’album Champagne.
Bien qu’il s’agisse d’une salsa par son instrumentation (piano, forte section de cuivres) et par son rythme très soutenu, sa structure générale est extrêmement proche de celle d’un Son montuno.
Cette forme intermédiaire constitue un témoignage très intéressant du processus de gestation qui conduisit progressivement, au cours des années 1960, à l’invention du style « Salsa » à partir des formes du Son Montuno amené un peu plus tôt aux Etats-Unis par (entre autres) Arsenio Rodriguez. Celui-ci influença fortement de jeunes musiciens latinos de l’époque, comme Larry Harlow, Johnny Pacheco et Eddie Palmeri, qui allaient bientôt devenir les inventeurs de la Salsa.
Fabrice Hatem
Borinquen Tiene Montuno
L’œuvre
Cette salsa a été composée par Ismael Miranda et enregistrée par le chanteur dans son album In fa menor en 1974.
Il s’agit d’un hommage au Son cubain ou le compositeur portoricain exprime sa fierté de savoir maîtriser les secrets de ce style musical.
Cette chanson présente d’importantes difficultés de traduction, car l’auteur y a introduit de nombreux termes dialectaux, des jeux de mots et des références à divers événements de sa vie. La connaissance parfaite de tous ces éléments est nécessaire pour comprendre le sens de nombreux vers.
Ismael Miranda reprendra ensuite ce tire à de nombreuses reprises, notamment dans l’album El compositor que canta, enregistré en 1978, et dans de nombreux concerts, comme encore dernièrement à Boston en 2008.
Fabrice Hatem
Bailando
L’œuvre
C’est en avril 1992 que Frankie Ruiz, de retour à Porto Rico après sa seconde incarcération aux Etats-Unis, commença l’enregistrement de son album Mi Libertad. A côtés d’autres thèmes restés célèbres, comme Mi Libertad ou Esta ves si voy pa’ Encima’, on y trouve la chanson Bailando.
Composée par Cheìn Garcìa Alonso, celle-ci aborde, dans un contraste sans doute voulu avec le récent passé tourmenté de l’artiste, un thème léger et romantique : la rencontre heureuse d’un homme et d’une femme à travers la danse.
Ce thème eut, comme le reste du CD, un grand succès, consolidant encore la place de premier plan que Frankie Ruiz n’avait cessé de tenir depuis plus de 10 ans dans l’univers de la en dépit de sa vie personnelle chaotique et de ses démélés avec la justice.
Fabrice Hatem
Azuquita pal cafe
L’oeuvre
Ses paroles d’un machisme généreux et sans complexes nous ramènent à la belle époque révolue où la Femme-objet était avant tout estimée et appréciée pour les plaisirs qu’elle peut procurer à l’Homme.
Sa date de composition relativement récente témoigne de ce que le monde latino a su résister plus longtemps que l’Europe et les Etats-Unis à la déferlante féministe.
A noter la référence, à la fin du texte, à la chanson Moliendo Café du compositeur vénézuélien Hugo Blanco.
Fabrice Hatem
Azúcar negra
L’œuvre Ecrite et composée par Mario Diaz, cette Salsa est l’un des chansons les plus célèbres de Celia Cruz. Enregistrée en 1993 dans l’album Azúcar negra, sa structure musicale est très fortement calquée sur celle du Son Montuno.
Comme beaucoup d’autres chansons de Celia Cruz (par exemple Yo Viviré et Contrapunto musical), elle exprime la fidélité de l’artiste à ses racines cubaines et son amour pour musique de son pays.
Fabrice Hatem
Ave María Lola
Pour consulter une traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : avemaria.
Cette amusante guaracha a été écrite par Sergio Gonzales Siaba, également auteur du célèbre El Cuarto de Tula. Elle décrit en termes ironiques les peines de cœur d’un amoureux éconduit par une coquette qui semble prendre plaisir à le faire souffrir. Elle a été reprise par de très nombreux orchestres, parmi lesquels on peut citer : La Sonora Carruseles, Oscar de Léon, Dimension Latina, et, bien sur, La Sonora Matancera dont elle constitue l’un des plus brillants succès.
Ausencia
L’œuvreAusencia est un Boléro composé par Willie Colón.
Il fut interprété pour la première fois par Héctor Lavoe, accompagné par l’orchestre de Willie Colón, dans l’album Nuestra Cosa, enregistré en 1970.
Le chanteur y exprime la nostalgie sans remède d’un amour perdu, dont le climat psychologique fait d’ailleurs irrésistiblement penser à celui d’un autre univers poétique : le Tango.
L’utilisation magistrale d’une forme « Boléro » par des artistes surtout connus pour leur œuvre « Salsera » montre à quel point ceux-ci ont été influencés par les formes traditionnelles de musique populaire des Caraïbes : Son, Bolero, etc.
Fabrice Hatem










