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LA MAQUINA PERFECTA démarre en trombe avec MONICA, la nouvelle diva de la Timba et bien plus…

LA MAQUINA PERFECTA démarre en trombe avec MONICA, la nouvelle diva de la Timba et bien plus…

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Apres ses deux premières représentations en France, une à Nice le 9 Juillet et une à La Seyne sur Mer le 16 Juillet, Monica Mesa et Yoel Dominguez, le directeur musical de Monika y su Maquina Perfecta, nous accordaient un nouvel entretien exclusif pour aborder cette fois-ci leur projet musical et leur vision pour ce nouvel orchestre révélation de l’année 2010.

La Maquina Perfecta fut au départ un projet discographique dirigé par Yoel Dominguez pour la voix exceptionnelle de Monica Mesa, cette ex-chanteuse vedette de NG La Banda qui nous avait ouvert sa porte en Janvier 2009. Le CD n’est toujours pas commercialisé mais son répertoire ne manquera pas de séduire un large public, au-delà des passionnés de pure Timba avant-gardiste. Yoel et Monica y ont exploré des styles aussi divers que la Salsa, la Guaracha, la Balada, la Bachata, la chanson a capella mais aussi la Timba.

La Maquina Perfecta est réglée pour aller loin et pour emprunter toutes les routes que la versatilité artistique du Maestro Yoel tout comme l’immense talent de Monica peuvent aborder.

Mais Monika y La Maquina Perfecta est avant tout une machine à concert, une mécanique de précision, bien huilée, avec un moteur à explosion, dote d’une reprise phenomenale au point d’etre aussi l’orchestre de Manolin El Medico De La Salsa, une légende vivante de la Timba pour ses tous prochains concerts de Fiesta’ Sète, le 6 Aout et de Latin Hossegor le 27 Aout.

Yoel Dominguez n’est pas pour rien dans l’excellence de la prestation scénique de ses jeunes recrues. Il n’est pas un inconnu pour les premiers Timberos et savent qu’il est toujours un gage de qualite et de modernite.
Il fut le bassiste de Paulito y su Elite dans le mythique CD « Con La Consiencia Tranquila » ou on peut écouter l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la Timba : (La Especulacion) « De La Habana ».

Il deviendra ensuite le directeur musical du « Chevere De La Salsa », de l’oeil du cyclone, la voix rumbera de velours, celle d’Issac Delgado. A ce titre Yoel travaillera sur les arrangements de «Amor Sin Etica » et il signera ceux de « La Formula », morceau qui sera nominé aux Latin Grammy Awards.

Yoel Dominguez est surtout connu pour ensuite avoir été, depuis les années 2000, le directeur musical de Manolin, El Medico De La Salsa, en exil volontaire a Miami.

La marque de Yoel Dominguez se retrouve dans une musique très souvent Funky, moderne, des arrangements vifs, incisifs, jazzy ou la virtuosité de ses musiciens peut s’exprimer, et notamment la sienne a la basse.

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Yoel Dominguez était déjà venu en France, notamment a Montpellier pour accompagner Manolin avec une certaine Arlenis Rodriguez, l’acolyte de Monica Mesa dans NG La Banda. Décidemment le monde de la Timba est bien petit.

 

La Diva Monica n’est plus à présenter aux lecteurs de www.FiestaCubana.net. Elle fut la chanteuse de NG La Banda pendant 9 ans après avoir remplacé Yeni Valdes qui s’envolait vers Los Van Van. Monica chantera de nombreux succès comme Raka Raka Chan, Baila Conmigo et fera les chœurs ingénus du tube « El Papi ». Elle a commencé avec PG, l’orchestre des jeunes talents dénichés par Jose Luis Cortes, ce pere de la Timba qui dirige aussi NG La Banda. Elle avait aussi collabore avec Azucar Negra, Haila, Anacaona, Chicuelas Son, etc. Sa magnifique voix, son attitude simple, naturelle, quasi juvénile charme le public.

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Le répertoire loufoque de NG La Banda tout comme le monde de la Timba devenait bien trop étroit pour ce talent immense.
Yoel Dominguez a vite compris le potentiel énorme que constituait sa collaboration avec Monica et afin de ne pas tenter le mauvais sort, il lui cachera jusqu’à très récemment ses ambitions de former un groupe et de partir en tournée avec cette nouvelle Diva.

 

 

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La Maquina Perfecta a enregistré un disque promotionnel composé de 12 titres :
1. El Tira Tira (Timba)
2. Mi Soledad (Balada)
3. Tu Dolor (Timba)
4. No Puedo Perdonarte (Salsa Romantica)
5. Aprovechate de mi esta noche (Salsa)
6. Ay dime pa’que (Bachata)
7. Como le digo a mi corazon (Salsa)
8. Mas te vale (Salsa)
9. No puedo dejar de quererte (Bolero)
10. Capricho del destino (Timba)
11. Te veo preocupao (Timba)
12. Si me pudieras querer (Balada)

 

Mais Yoel et su Maquina Perfecta n’arrêtent pas de produire compositions et arrangements pour leur nouvelle muse.
En concert Monica interprète une reprise d’Alejandro Sanz « El Aprendiz ». Mais aussi 2 nouvelles compositions, une Salsa « Tu pierdes mas que yo » et une Pop-Latino « Tu »

 

Monica est époustouflante dans le registre Pop ou elle transmet des émotions plus profondes, plus fortes et plus sincères que dans un registre Salsero. Sa beauté, sa fraicheur, ses intonations, ses accents renversent les âmes et fait chavirer les cœurs.

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Monica et Yoel, deux artistes issus de la Timba nous offre un véritable récital, un cadeau fait d’harmonies, de rythmes, de sentiments et de spectacle qu’on appelle tout simplement Musique avec un grand ‘M’.

 

Cette musicalité et la virtuosité s’expriment pleinement lors de la Descarga, le Latin-Jazz « Latin Dominguez » ou l’orchestre se déchaîne de manière instrumentale et offre aux batteur de Guantanamo, aux cuivres, au piano mais surtout a Yoel Dominguez de démontrer toute l’étendue de leur art.

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A la critique de certains trouvant leur répertoire assez peu Timbero, Yoel tout comme Monica répondent qu’ils souhaitent non seulement s’addresser au public cubain mais aussi a un public plus large et que leur propos est de proposer de la belle et bonne musique cubaine, plus élaborée, plus approfondie que 2-3 coros pour faire bouger les reins.

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La Maquina est bien rôdée même si elle est encore bien jeune. Elle trouve petit à petit sa place dans le paysage de la Musique Cubaine avec ses concerts aux Delirio Habanero à La Havane et avec cette tournée européenne qui surprend et seduit.

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Qu’on se le dise La Maquina Perfecta est là pour durer et pour emprunter toutes les routes musicales : elle ne restera pas à vrombir à Centro Habana mais elle se règle pour parcourir le monde.

La Maquina Perfecta est sans nul doute, avec Son Del Indio, l’une des révélations de l’année 2010. Cet orchestre partage avec Son Del Indio une très haute qualité musicale qui s’exprime encore plus sur scène qu’en enregistrement. C’est la marque des grands !

En effet ses concerts sont à chaque fois une surprise, un enchantement, une explosion musicale, un plaisir. La Maquina Perfecta est synonyme de qualité, de musicalité, de virtuosité… Elle s’adresse à tous et c’est tant mieux pour l’amour de la musique (cubaine) !

 

 

Interview avec Yoel Dominguez & Monika y su Maquina Perfecta
par Leonel “El Farandulero Mayor”

Partie #1

Partie #2

 

LA MAQUINA PERFECTA démarre en trombe avec MONICA, la nouvelle diva de la Timba et bien plus…

PUPY : « le Maestro », « la Novia » et la nouvelle génération en route pour El Yuma

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A la veille de son départ pour les USA avec son orchestre Los Que Son Son, César « Pupy » Pedroso, fondateur de Los Van Van et directeur de Pupy y Los que Son Son, nous a accordé une interview exclusive au sein des mythiques studios d’enregistrement de la EGREM. Il nous présente ses 2 nouveaux chanteurs « El Noro » et « El Dibu » ainsi que ses projets avec Omara Portuondo « La Novia Del Filin’ », Vania Borges et le prochain disque prévu pour fin 2010.

Nul n’est besoin de rappeler que César « Pupy » Pedroso est un maître, un maestro, de la musique cubaine, et particulièrement du Son, du Son Montuno, ce genre musical auquel il a consacré sa vie et qu’il a développé avec la formation qu’il a créé en 2001, Pupy y Los Que Son Son. Apres 40 ans comme fondateur, pianiste, compositeur et arrangeur de Los Van Van, « Pupy » décide de monter sa propre formation dont le nom « Los Que Son Son » affiche clairement les intentions ‘Soneras’.

La musique de Pupy est puissante et hypnotique. Il s’agit d’une nouvelle génération de Son, ‘macho’, où les tumbaos de piano du maître enivrent le danseur et où les percussions sont violentes, puissantes, omniprésentes sous la houlette de Roelvis « Bombon » Reyes (ex-Bakuleye), le directeur musical.

Pupy y Los que Son Son est un orchestre qui s’apparente à une machine de guerre, avec un pianiste génial et légendaire, Pupy, un clavier inventif issu de Maravilla de Florida et de Manolito y su Trabuco, Osiris Martinez, un jeune bassiste prodige, Daymar Guerrra, un batteur époustouflant, Roelvis « Bombon » Reyes, un solide timbalero, Miguel Escurriola, un conguero doué issu de Bamboleo, Duniesky Barreto, un gűiro héritier de Los Van Van, Julio Noroña Jr., 2 trombones (Sergio Luna, Ariel Guillot) et 2 trompettes (Leonardo « Leo » Terual, Juan Carlos Gonzalez « Chocolate ») !!!

 

UN PEU D’HISTOIRE

Lors de la formation de l’orchestre, 3 chanteurs extrêmement doués mais relativement peu connus anime la première ligne : Tirso Duarte, issu de Pachito Alonso, NG La Banda et La Charanga Habanera, Jose « Pepito » Gomez, issu de Maravilla de Florida, Charanga Latina, Azucar Negra et Havana Ensemble, et enfin Armando « Mandy » Cantero, issu de Bamboleo et La Charanga Forever (aux côtés de Sombrilla et Michel Maza).

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En 2003-2004, l’intrépide prodige de la Timba, Tirso Duarte prend son indépendance et il est absent lors de la première tournée européenne de Pupy y Los Que Son, en 2004, alors que ses tubes « El gato amaga y no araña », « La bomba soy yo » et « Te molesto que sea feliz » ont conquis le public par la force de ce chanteur charismatique, explosif et sensible à la fois. Tirso a su faire oublier ses débuts de chanteurs dont le timbre et le style s’apparentait à Mayito Rivera de Los Van Van pour s’imposer finalement comme le Timbero Mayor.

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Pupy peine à le remplacer avec William, puis Alexander Nuñez puis le très sympathique Janier Rodriguez qui chantera la célèbre « La Bala de Billy » (Poum, Poum, Poum, Te mate !).

Mandy et Pepito se partagent désormais la vedette dans un orchestre à la mode (« Donde Pupy va tocar » – « Où est-ce que Pupy va jouer » est le refrain à Cuba) mais très exigeant.

Ceci ne va pas sans tensions et malgré 2 CD remarquables, le CD « El Buena Gente » où l’on trouve « Dicen Que Dicen » et le CD « Mi Timba Cerra’ » où l’on trouve « La Borrachera », Pepito quitte l’orchestre pour un temps après un sérieux différend.

 

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Il reviendra environ un an plus tard, en 2007, après un passage par le Buena Vista Social Club.

 

Pupy intègre aussi une chanteuse, Lili, la seule femme de l’orchestre, celle du trompettiste Leonardo Terruel.

L’orchestre s’attèle alors à produire un disque exceptionnel, un chef-d’œuvre, probablement l’aboutissement de la carrière de Pupy, « Tranquilo Que Yo controlo » avec l’aide des amis de toujours, Omara Portuondo, Changuito et Angel Bonne.

 

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Ce disque remporte largement le prix du Meilleur Album, Meilleur Chanson (« Un Poquito A Reves ») et Meilleur Chanteur (Mandy) De l’Année aux FIESTA CUBANA AWARDS 2007.

 

 

Pourtant cet album annonce déjà la fin d’une époque. Pepito songe déjà à partir et compose sournoisement « Desde Cero » « (Recommencer) De zéro », l’avertissement de son départ définitif. L’effort pour produire cette œuvre a peut-être été fatal. En tout cas les tensions sont à leur comble. Pepito fait défection lors de la tournée canadienne de Pupy y Los Que Son en Mai 2008, avec Juan Carlos Gonzalez « Chocolate » le premier trompetiste, et Pupy se sépare de Lili, la chanteuse, de Leonardo « Leo » Teruel son mari trompettiste et de Mandy fin Novembre 2008.

 

UNE NOUVELLE ERE

Pupy remplace les trompettistes par Isidro Duran (ex Tumbao Habana) et Uyuni Martinez (ex Adalberto Alvarez y su Son)

Pupy tâtonne et cherche à remplacer ses ex-chanteurs vedettes tout en tirant les leçons de l’éclatement après 8-9 ans. Pupy mise sur la jeunesse, les talents en devenir, et sur la cohérence du groupe.

Michel Perez :

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Michel Perez, un jeune chanteur métis, à la tête de chérubin et aux cheveux décolorés en blond, dispose d’une voix puissante et d’un jeu de scène charismatique au sein de La Charanga Forever, un orchestre qui peine depuis des années à se remettre du départ de Pedro Pablo Gutierrez et surtout de Michel Maza et qui sert plus de tremplin pour de nombreux musiciens a Cuba. Pupy le remarque et l’intègre rapidement.

Norberto Gomez :

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Norberto Gomez, ex-chanteur charismatique et sensible de Maikel Blanco y su Salsa Mayor, remplace très vite Pepito et la ressemblance physique et de timbre est surprenante. Norberto apporte néanmoins une certaine maturité et des apports musicaux.

Rusdell Nuñez :

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Rusdell Nuñez est un jeune chanteur d’Azucar Negra dont le talent est révélé par les succès de Limonta « Identidad » et « Exceso de Equipaje » et par ses improvisation enflammées sur les scènes de La Havane. Pupy le repère au départ de Mandy en Novembre 2008 et Rusdell enfile aussitôt le costume de ce nouveau rôle au point d’imiter très souvent le timbre, les attitudes et le look de Mandy Cantero. Rusdell plait et il grandit progressivement dans un orchestre à la facture tellement élevée.

Cette formation interprétera tout d’abord les chansons de Pepito et de Mandy mais progressivement Pupy compose et renouvelle le répertoire. Il confie « Vino a comerse La Habana » à Rusdell et sur une idee de Norberto, Pupy expérimente une nouvelle formule avec « Un Loco Con Una Moto », une fusion entre Son Montuno et Reggaeton qui est désormais un tube.

Norisley « El Noro:

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Un événement inattendu va provoquer un changement dans cette formation. Norisley, ex-chanteur de Maikel Blanco y sus salsa Mayor avait été recrute par Manolito Simonet pour prendre la difficile place de Sixto Llorente, « El Indio », aux côtés de Ricardo Amaray la vedette du Trabuco et de Lazaro « Mayami » Diaz. La collaboration avait d’abord été fructueuse avec les reprises des succès de Manolito y su Trabuco et ensuite la Rumba « Yo Soy una Bomba », et les Son « Camaguey » et « Quien te mando ». Malheureusement la montée de cette jeune étoile qu’est El Noro ne sait pas fait pacifiquement et Manolito doit s’en séparer de manière surprenante. Pupy propose aussitôt une place dans Los Que Son Son pour ce Sonero gravissant les marches d’une carrière qui promet de beaux succès. Par le jeu des chaises musicales Pupy se sépare de Norberto, sans raisons apparentes. Pupy chercherait-il absolument à rajeunir sa première ligne de chanteurs ?

Toujours est-il que El Noro se voit désormais métamorphosé dans Pupy y Los Quen Son Son. Si El Noro avait été apprécié par certains dans le Trabuco de Manolito pour ses qualités vocales, il restait malheureusement très à l’étroit sur scène, très emprunté aux côtés d’un Amaray ‘superstar’ et de Mayami plus charismatique que jamais.
Manolito aurait il troqué le meilleur Sonero de Cuba, El Indio, pour un joli minois aux allures de premier de la classe ?
El Noro a look bien particulier avec son visage anguleux et ses mèches blondes rigides et décolorées. Ce chanteur issu du monde du graphisme avait su imposer son image mais, en définitive, El Noro ne se sentait plus bien au sein du Trabuco et c’est avec un immense bonheur qu’il a retrouvé sa liberté avec Pupy y Los Que Son Son !
On le retrouve enfin souriant, inventif et explosif comme à ses meilleurs heures au côtés justement de Norberto et Ricardito dans Maikel Blanco y su Salsa Mayor, l’orchestre qui l’avait révélé.

El Noro a trouvé apparemment sa place ! Il est désormais épanoui et sa creativite profite à Pupy à qui il apporte de nouvelles chansons et de nouveau ‘coros’.

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Yohans « El Dibu » :

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Pupy décide enfin de s’adjoindre tout récemment un quatrième chanteur : il choisit un collaborateur de l’orchestre qui avait remplace a certaiens occasions Pepito. Yohans « El Dibu » vient de Juan Carlos y su Dan Den amsi lui aussi est passé par Maikel Blanco y su Salsa Mayor ! Décidemment !

Pupy y Los que Son Son entrent désormais dans une nouvelle ère ! Nous la souhaitons stable, créative et couronnée de succès.

L’INTERVIEW

www.fiestacubana.net et www.timbasocialclub.net se sont associés pour vous offrir une interview vidéo exclusive de César “Pupy” Pedroso aux Studio 101 de la EGREM, situés dans la calle San Miguel (Centro Habana) lors d’une séance d’enregistrement des morceaux du prochain album de Pupy y Los Que Son Son. Pupy et ses nouveaux chanteurs, Michel, Rusdel (absent), Yohans « El Dibu » et Norisley « El Noro » ont partagé avec nous ce nouveau souffle qui anime le groupe dans la préparation d’un nouvel opus dont Pupy nous révèle ici quelques aspects inédits et surprenants.

 

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Pour son prochain CD, à la demande d’Omara Portuondo, Pupy a ressorti un vieux succès et il l’a arrangé et enregistré avec sa complice de toujours, « La Novia Del Filin’ » : il s’agit d’une chanson qui s’appelle « La Batea » de Tony Taño (1).

 

 

Pupy y Los Que Son Son préparent aussi un morceau de Gustavo Cabaña afin de célébrer l’anniversaire des 10 ans de l’orchestre.
Le nouveau disque inclura un morceau de Norisley « El Noro » arrangé par Roelvis « Bombón » Reyes et dont le titre provisoire est « Mi Musica ». Le groupe enregistrera d’autres chansons dont certaines interprétées ensembles par les 4 nouveaux chanteurs.
Pupy pense réarranger certains des morceaux sortis lors de sa longue carrière avec Los Van Van : « El Noro » vient juste d’enregistrer un nouvel arrangement de « Parece Mentira » que Pupy avait déjà édité avec Angel Bonne (NDLR : sur le CD « De La Timba A Pogolotti », thème repris par Manolito y su Trabuco) alors que Rusdel a gravé une nouvelle version de « Ni Bombones Ni Caramelos », interprété initialement par Robertòn sur le CD de Los Van Van « Te Pone La Cabeza Mala » mais désormais réarrangé pour ce jeune chanteur issu de Azucar Negra.
Le nouveau disque aura aussi une nouvelle version de « Rico Timbalero » (NDLR : initialement interprété par Raul Planas sur le CD « De La Timba A Pogolotti »), un hommage à Changuito (NDLR: Jose Luis Quintana – percussionniste, timbalero, fondateur de Los Van Van et inventeur du rythme Songo) chanté par Michel Perez, issu de La Charanga Forever.
Il y aura aussi un morceau pour le nouveau chanteur Yohans “El Dibu”, issu de « Dan Den » l’orchestre de Juan Carlos Alfonso et qui avait fait un bref passage dans Maikel Blanco y su Salsa Mayor. Pupy nous rappelle que Yohans « El Dibu » remplaçait déjà il y a quelques années Jose « Pepito » Gomez lorsque celui-ci ne pouvait pas être présent pour chanter. Ce nouveau chanteur fait un travail remarquable et participera à l’enregistrement du prochain disque.
Pupy nous confie qu’il y a d’autres nouveaux morceaux qu’il ne souhaite pas révéler pour l’instant et qu’il a aussi des compositions d’autres auteurs-compositeurs extérieurs à l’orchestre.
Néanmoins Pupy partage avec nous l’enregistrement d’une autre version de « Parece Mentira » avec Omara Portuondo, Vania Borges (ex-Bamboleo, ex-Tata Guines) et Nelson Pinedo (ex-Sonora Matancera) : une pure merveille de sensibilité !

 

Le morceau récent « Un Loco Con Una Moto » est un morceau très à la mode à La Havane. Pupy nous explique qu’il souhaitait faire un morceau aux sonorités plus contemporaines mais avec le style de Pupy y Los que Son Son, avec ce tumbao caractéristique du piano et des percussions. C’est à partir du refrain d’un morceau de Norberto Gomez, l’ancien chanteur de Pupy et de Maikel Blanco, que Pupy a fini de composer et d’arranger ce morceau. Il fut enregistré initialement par le Rapper le plus talentueux et le plus fameux du moment, El Micha, mais lors des concerts c’est « El Noro » qui a dû assumer la partie Rap. De ce fait Pupy a décidé d’enregistrer avec El Noro une autre version qui est devenue de fait un succès incontournable, plus appréciée par certains que la version du Rapper El Micha car le jeune Salsero y a su l’enrichir avec sa patte personnelle. Le Video clip tourné sur les toits de La Havane est déjà sorti et fait sensation.

 

Le Nouveau disque devrait sortir fin 2010 et inclura entre 12 et 14 morceaux ainsi que le clip de “Vino a comerse La Habana”.

 

 

“Vino a comerse La Habana” (Il et venu bouffer La Havane)
“Y La Habana se lo trago” (Et La Havane l’a avalé tout cru !)

Roelvis « Bombon » Reyes, l’époustouflant batteur, reste le sous-directeur de l’orchestre sur le plan musical et le bras droit de Pupy.

Après 11 ans d’attente, depuis le concert controversé de Los Van Van à Miami, Pupy est très heureux de retourner aux USA (El Yuma) et d’entamer une première tournée avec son nouvel orchestre !

 

 

 

Merci, Gracias, Grazie a mi yunta STEFANO SANTINI de www.timbasocialclub.net et son épouse pour m’assister dans cette aventure !

(1) Tony Taño : Compositeur et directeur. Ne a Caimito, La Havane, le 29 de Avril de 1938 sous le nom de Antonio María Taño.

Il commence sa carriere comme trompetiste. Il travaille comme arrangeur d’orchestres populaires et il dirige celui du Theatre Musical De La Havane.
Il devient president de l’Asociación Cubana de Compositores y Autores Musicales, ACCAM, des sa creation en 1984.
Parmi ses compositions les plus connues : « Te autorizo para amar », « Sin tu permiso », « Sube un poquito más » y « La batea ».

LA MAQUINA PERFECTA démarre en trombe avec MONICA, la nouvelle diva de la Timba et bien plus…

SIXTO LLORENTE – EL INDIO : Le Magicien Du Son ! Partie 1

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Il débarque au Festival BAILAR CUBA à Dampierre le 12 Mars 2010 !
Sixto Llorente, mieux connu sous le surnom de « El Indio », peut être considéré comme une « icône musicale » du Trabuco (le groupe de Manolito Simonet) pour son timbre vocal si caractéristique.
Doté d’un esprit facétieux et séducteur, d’une sympathie irrésistible et d’un immense talent pour l’improvisation, Sixto est profondément attaché à la Musique traditionnelle cubaine.
Il débute en autodidacte avant d’entrer dans une célèbre Charanga, la Orquesta Aliamen.
Il poursuit une carrière de Sonero pendant une vingtaine d’année lorsque Manolito lui offre le premier rôle avec « Marcando La Distancia », le tube immortel du Trabuco.

El Indio a collaboré à de très nombreux projets musicaux de très haute facture aux côtés des plus grands Soneros de Cuba.

El Indio nous a accordé une interview exceptionnelle à FiestaCubana.net et à TimbaSocialClub.net

Il sort un premier disque « Espíritu y Tradición » en solo avec notamment le grand Orlando « Maraca » Valle ou il interprète avec génie tous les grands classique du répertoire cubain en passant par Arsenio Rodriguez et le grand Benny Moré, son modèle.
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Tout récemment, El Indio a travaillé comme chanteur et co-auteur aux cotes de Bill Wolfer sur les 2 derniers disques de MAMBORAMA, fruit de la collaboration des meilleurs musiciens cubains avec ce pianiste californien.

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Apres avoir quitté le Trabuco de Manolito Simonet, Sixto se prépare à lancer son 2ème album en solo, cette fois-ci avec son propre projet musical appelé « Son Del Indio ». Ils sont sur le point d’arriver en Europe.

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Interview réalisée par DJ Leonel « El Farandulero Mayor » @ www.fiestacubana.net &
Claudio Marucci y Stefano Santini @ www.timbasocialclub.net

Habana Vieja, La Havane, le 21 Fevrier 2009.


Leonel – Comment on doit t’appeler : Sixto ou El Indio

El Indio: Il y a peu de personnes qui me connaissent comme Sixto, seulement ma famille. Mais à Cuba tout le monde me connaît comme El Indio.

Leonel – … Et pourquoi on t’appelle El Indio?

El Indio – On m’appelle El Indio.. Tu sais comment ca se passe, les anciens aborigènes cubains avaient une couleur de peau un peu plus claire que la mienne… Moi j’ai surtout des origines plus africaines. Ils avaient des cheveux plus réguliers (lisses). Les indiens des Caraïbes sont ainsi, comme moi, avec cette couleur de peau.

Leonel – Mais il y a du sang indien dans ta famille ?

El Indio – Si, du côté de ma grand-mère.

Leonel – Mais tu as aussi un nom français !

El Indio – Mon premier nom (paternel) est d’origine des Canaris. Mon deuxième nom (maternel) est un nom français.

Leonel – … Et comment ça se fait?

El Indio – Ce nom français vient de la Province Centrale, de Cienfuegos exactement. A Cienfuegos il y a un théâtre qui s’appelle ainsi, le théâtre Tomas Terry. Ils donnèrent au théâtre le nom de cet homme. Ma mère avait ce nom là et d’après ce que l’on m’a raconte, Tomas Terry avait beaucoup d’esclaves, il y a donné son nom à tous ses esclaves. De fait c’était un nom français.

Leonel – Nous te connaissons parce que tu es un grand Sonero, parce que tu as chanté avec Le Trabuco de Manolito Simonet. Il n’y a pas longtemps tu es parti du Trabuco pour réaliser un nouveau projet musical qui s’appelle Son Del Indio. Cela a le format d’une Sonora.. Raconte-nous un peu.

El Indio – Mon agence artistique s’appelle Clave Cubana et elle dépend d’Artex. Le directeur de l’agence qui gérait le Trabuco m’a demandé de rester avec eux, Clave Cubana et Artex m’ont aidé à créer ce nouveau projet de 9 musiciens, avec le format de la Sonora mais avec un Trombone. Et ca sonne vraiment très bien.

Leonel – Nous y reviendrons à la fin de cette interview. Racontes-nous comment tu as commence ta carrière musicale ?

El Indio – Ma carrière est celle d’un autodidacte et elle s’est faite petit a petit dans le Son créole, dans les quartiers, à droite a gauche, au coin de la rue, dans ma famille. Depuis tout petit je jouais des Congas dans ma famille, avec mon oncle. Vers 10 – 11 ans, je sortais dans la rue pour jouer et pour écouter tout ce qu’ils chantaient, comme le Son traditionnel cubain, et c’est comme ca que j’ai appris. Apres quand je suis alle de Cienfuegos a Santa Clara, j’ai integre la Orquesta Aliamen (NDLR : une célèbre Charanga de Villa Clara). C’est la que j’ai appris un peu le solfège jusqu’au niveau intermédiaire. J’ai aussi pris des cours d’harmonie que je n’ai pas continué parce que je suis ensuite parti a La Havane ave Manolito Simonet.

Leonel – A Cienfuegos tu vivais dans un quartier très Rumbero!

El Indio – Oui, je vivais à Cruces dans la province de Cienfuegos. Dans mon quartier on enseignait les mouvements du Folklore (NDLR : Afro-Cubain). On jouait les toque de santos (NDLR : cérémonies/rituel musical de la Santéria avec les tambours Bata), la conga et les comparsas (NDLR : rythmes et danses de rue pour le carnaval et les fêtes populaires). Tout venait de mon quartier. C’est de là que vient El Indio comme Sonero et je le dois à ma famille.

Leonel – Et dans ta famille, il y avait des musiciens?

El Indio – Il y avait des musiciens autodidactes qui jouaient le Tres, la guitarre, qui chantaient… Mais moi j’ecoutais les musiciens et je les étudiais.

Leonel – Tu avais un voisin, à à peu prés 7 kilomètres, un personnage très célèbre qui a été ton guide musical.

El Indio – Le meilleur Sonero de Cuba, le grand Benny Moré. Il est et restera le meilleur. Ma maison, ou plutot la maison ou vivait ma mère était à 7 kilomètres de Santa Isabel De La Lajas. Sa musique m’a beaucoup influencé. Depuis tout petit je l’écoutais, tout comme j’écoutais la Orquesta Aragon. Ce furent des guides… Je viens de là, de cette musique.

Leonel – Comment es tu entré dans Aliamen?

El Indio – La Aliamen est venu dans mon village. Je l’écoutais à la radio lors d’une émission 3 fois par semaine et cela me plaisait beaucoup. Je ne me rappelle plus comment s’appelait cette émission. En définitive Aliamen est venu dans mon village alors que je chantais déjà en amateur dans le cabaret. Je suis allé les voir au théâtre et lorsque leur répétition s’est terminée je les ai invités à venir me voir chanter. Je les ai invite et j’ai mis une bouteille de Ron (Rhum cubain) à leur table. J’ai commencé à chanter un air de musique traditionnelle. Ca leur a plus et bien que je fusse très jeune, je n’avais à peine que 17-18 ans. A cette époque je travaillais dans un garage de mécanique a Cienfuegos. J’ai du faire quelques papiers et je suis entré dans La Aliamen. C’était en 1973.

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Leonel – Comme tu étais un chanteur empirique (autodidacte) cela n’a pas été difficile pour toi de chanter avec Aliamen ? Cet orchestre avait le format d’une Charanga et jouait une musique assez académique.

El Indio – Le problème c’est que je suis passé directement d’un petit groupe de mon village à un orchestre comme la Aliamen. Mais finalement, non, toute modestie mis a part, j’ai eu une intuition musicale qui est comme un don. Je suis capable de m’adapter de la même manière à un grand orchestre, comme celui de Manolio Simonet, tout comme a une Sonora. J’ai chanté avec la Orquesta Aragon et avec beaucoup de groupes de différent styles comme les Conjuntos, les Septetos,.. et je ne sais pas pourquoi, mais je me suis adapte et je n’ai pas eu peur.

Leonel – Comment as tu attiré l’attention de Manolito Simonet?

El Indio – En fait, quand Manolito n’était pas encore un musicien, je chantais déjà! Manolito était très jeune quand il a commencé avec La Maravilla De Florida. Quand j’ai connu La Maravilla de Florida de Camaguey, Manolito n’y était pas encore, parce qu’il était très jeune. Je chantais depuis bien longtemps avant même que Manolito ne soit musicien. Ce qui s’est passé c’est que Manolito a intégré La Maravilla de Florida et, à partir de là, il s’est développé comme musicien jusqu’à être nommé directeur de La Maravilla de Florida. C’est à cette époque que Manolito me connaît. Il allait souvent voir et écouter l’Aliamen et il venait pour m’écouter chanter. A partir de là, nous avons partagé et collaboré. Les 2 orchestres s’unissaient et on se parlait entre musiciens. La relation entre Manolito et moi est une vieille histoire. Lorsque Manolito quitte La Maravilla pour La Havane, c’est moi qu’il a en tête (comme futur chanteur) !
Il y a une histoire que je n’aime pas raconter a tout le monde mais j’ai eu 7 opportunités de rentrer dans Los Van Van. C’est arrivé pour chacun des chanteurs qui sont entré dans Los Van Van, on m’avait déjà offert la place avant de la leur proposer ! Mais j’etais amoureux de la Orquesta Aliamen et comme je vivais dans ma Province, je ne souhaitais pas aller a La Havane. Je suis un Guajiro ! (je suis un paysan !)
Quand Manolito est venu à Santa Clara avec son groupe, Le Trabuco qui n’avait que 3 ou 4 ans…

Leonel – En quelle année?

El Indio – Au debut des annees 90, je ne sais plus, 1994 ou 1995. Je vais donc à l’endroit où Le Trabuco doit jouer et il me demande de chanter avec eux. Il demande ensuite aux musiciens de La Aliamen que j’aille avec eux à Pinar del Río et à La Havane. Manolito a beaucoup insisté et un matin il est apparu très tôt chez moi et il m’a dit : « Viens avec moi a La Havane ! ». Je lui ai repondu « Je te promets que quand j’aurai terminé le Carnaval avec la Orquesta Aliamen, je te rejoindrai à La Havane pour intégrer ton orchestre. » Si bien que je suis venu le 9 Aout à La Havane. J’ai commencé avec Aliamen le 2 Aout 1973 et j’ai commencé avec Manolito le 9 Aout 1997. Quelle coïncidence ! J’ai commencé le même mois pour les 2 orchestres. Quand je suis arrivé, la première chanson que j’ai chantée fut « Marcando La Distancia ». Ca a été mon ouverture avec Manolito Simonet.

Leonel – Ce fut le morceau qui a propulsé le Trabuco sur la scène internationale même si ils étaient connus avant. Ca leur a donne beaucoup de notoriété grâce a toi !

El Indio – Le Trabuco était sur un chemin très positif.

Leonel – Quels sont tes morceaux favoris Dans Le Trabuco?

El Indio – Tous! Aprés “Marcando La distancia” mon morceau préféré a été “Llego La Musica Cubana”. Manolito est un grand directeur et il écrit de très bonnes paroles. Avec le Trabuco j’ai beaucoup appris et ca m’a donne l’opportunite de connaître le monde entier. Avec La Aliamen j’étais allé seulement en Espagne.

Claudio – Pourquoi cette si belle collaboration professionnelle avec Manolito, qui a duré tant d’années et qui a projeté la lumière sur toi comme sur l’orchestre El Trabuco, a pu s’interrompre ?

El Indio – Le problème est que j’avais l’ambition de faire mes propres projets. Je vais te montrer la quantité de paroles de chansons que j’ai toutes prêtes. Le problème est que je n’ai pas pu me développer personnellement. Manolito a joué un morceau de La Aliamen qui s’appelle « Guajirita Ven », nous avons aussi fait un Guaguanco, nous avons fait « Aqui cada uno viene con lo suyo », il a pris ces morceau de mon répertoire. Mais vraiment, je me suis décidé à partir parce que je me suis rendu compte que le temps allait de l’avant et que je devais tôt ou tard ce que j’avais a l’intérieur. Des choses que je voulais jouer avec un Septeto, avec un orchestre plus petit. Je voulais aussi prendre mes distances avec le mouvement récent du Reggaeton. Je ne veux pas parler mal des Reggaetoneros parce que je n’aime pas parler mal d’un style ou d’un mouvement musical. Je voulais me retirer de ce jeu scénique devant l’orchestre, parce que je suis un chanteur Sonero et que j’appartiens à un autre monde. Si bien que j’ai cédé ma place afin qu’ils puissent faire ce dont ils avaient envie.
Si bien que je suis parti et je fais mes propres choses, je chante mon son et ma Guaracha. J’ai consacre toute ma vie a la Musique Traditionnelle Cubaine, alors que le courant musical actuel requiert beaucoup plus de mouvement et de jeu scénique.
Mais j’entretiens de très bonnes relations avec eux et ils restent mes meilleurs amis.

Claudio – Un jour nous avons eu une conversation où tu expliquais la différence entre être Sonero et être Repentista…

El Indio – Les Repentistas son deux qui chantent la musique créole a la campagne. Ils ont un talent particulier pour relier une phrase à une autre. Ce sont eux qui chantent dans l’émission qui s’appelle « Palma y Caña” (à la TV Cubaine), ce sont des poètes. Les Soneros le sont aussi un peu… Ils sont un peu poètes mais moins que les Repentistas. Le Repentisme ne nait pas avec l’inspiration de ce qu’on est en train de chanter, mais il reste dans le corps de la chanson et des paroles. Si un morceau a une trame, il doit se maintenir dans cette trame.

Leonel – Quel est ton critère pour être un bon Sonero?

El Indio – Un bon Sonero chante toute la gamme de la Musique Cubaine. Un bon Sonero doit chanter une Guaracha, un Son, un son Montuno.. Un bon sonero chante de la Timba. « Elige Tu Que Canto Yo » (Décides, toi ! Ce que moi je dois chanter!) comme disait El Benny (Benny Moré). Un bon Sonero doit chanter juste avec une belle voix! Toutes les voix sont différentes et il y a des timbres très différents. El Nene (Pedro Lugo – Los Jovenes Clasicos Del son – Son Del Nene) a son timbre de voix différent, Mayito (los Van Van) a un timbre différent, tout comme Pedrito Calvo, Roberton ou même Candido Fabré, mon ami, mon frère!

Leonel – A propos de Candido et de toi. Candido est un grand improvisateur mais toi aussi. Mais au niveau mélodique, qu’est-c qui se passe… Candido est un maitre de créativité mais au niveau mélodique il sonne un peu monocorde, alors que…

El Indio – Ecoute, ce qui se passe c’est que nous sommes tous différents. Candido a sa propre ligne mais son point fort c’est qu’il est Repentista, très inspiré. Il a une faculté de faire des rapprochements et d’associer des phrases a d’autres. Il est très bon.

Leonel – Ce qui me stupéfait, c’est ta manière de chanter le Son. Au niveau mélodique, quand tu improvises il y a toujours des surprises. Tu accélères, tu frênes..

El Indio – Ca s’appelle « jouer avec les intervalles », faire des variations, ne pas chanter de manière plate. C’est comme faire un gâteau, tu prépares la pâte mais si tu n’y ajoutes pas des meringues, des décorations, des petites fleurs de roses, si tu n’écris pas « Félicitations »… Ce n’est pas un gâteau même si il est bon. C’est un gâteau mais personne ne va te l’acheter. C’est ca « jouer avec les intervalles » !

Leonel – Dans ce pays on commence par parler de musique et on finit toujours par parler de cuisine. Ca se finit toujours avec de la sauce !

El Indio – Oui, ca se termine avec de la Salsa mais aussi du Son! Parce que la Salsa est la fille aînée du Son !

 

LA MAQUINA PERFECTA démarre en trombe avec MONICA, la nouvelle diva de la Timba et bien plus…

TIRSO DUARTE : Le Franc-Tireur de la Timba !

tirso leonel teaser entrevista

Il a débarqué au Festival BAILAR CUBA à Dampierre le 13 Mars 2010 !
Tirso Duarte « Que se escucha en todas partes » se fait désormais appeler El Angel Negro, l’Ange Noir de la Timba ! C’est avant tout le Timbero Mayor ! Un prodige à la fois compositeur, arrangeur, chanteur et pianiste d’exception. Son coffre époustouflant ainsi que son inspiration débordante n’ont pas de limites. Pas surprenant qu’il ait collaboré avec les plus grands groupes de Timba et de Musique Cubaine : Pachito Alonso y su Kini Kini, La Charanga Habanera, NG La Banda, Pupy y Los que Son Son, Afro-Cuban All Stars, rien de moins !…
Mais un tel génie ne peut que s’affranchir de ses maîtres ! Contre vents et marrées, il se révèle en lançant sa propre carrière musicale solo et nous livre 4 excellents CDs qui se suivent dans un crescendo de créativité et de popularité : « Si La vida Te Dice Bailar », « Timba Cubana », « Fin Del Juego », « Para Que Nada Te Pueda Pasar (Timba con Reggaeton)» !
Ce prodige touche-à-tout excelle dans tous les genres, la Rumba, le Son, la Salsa, la Timba et il est désormais à la pointe de la fusion de la Timba et du Reggaeton rivalisant en franc-tireur avec La Charanga Habanera et Gente D’Zona.
Tirso Duarte nous a accordé un entretien exclusif pour aborder sa carrière, ses projets et sa vision de la musique cubaine.

INTERVIEW EXCLUSIVE POUR FIESTA CUBANA

TIRSO DUARTE ET LA SCENE MUSICALE

Partie I: Ses racines, ses débuts avec Pachito Alonso, NG La Banda et La Charanga

Partie II: La Timba et Pupy

Partie III: Sa carrière Solo, Timba con Reggaeton

Partie IV: à suivre…

DISCOGRAPHIE

Tirso Duarte a commencé sa carrière très jeune et a d’ores et déjà une discographie impressionnante parmi les plus grands groupes ou avec les plus grands musiciens :

Pachito Alonso y su Kini Kini
“Una Salsa en Paris” 1997
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Calixto Oviedo
“La Recompensa” 2000

Charanga Habanera :
“El Charanguero Mayor” 2000
“Chan Chan Charanga” 2001
“Live in the USA” 2001

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Cesar Pedroso & Pupy y Los Que Son Son
“Timba : Next Generation of Cuban Music” 2001
“Que Cosas Tiene La vida” 2002
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Depuis sa prise d’indépendance, Tirso Duarte multiplie les projets, les enregistrements :

Avec Manolito Simonet
“Nuevas Estrellas De Areito” 2002
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Avec Maikel Blanco y La Suprema Ley
“Ya Llegaron Los Cubanos”
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Avec Juan De Marcos y Afro Cuban All Stars
“Step Forward – Next Generation”
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Avec Fidel Morales y Proyecto Nega
“Salsa Son Timba” 2005
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Avec Orlando Canto
“Sigo Siendo Un Van Van” 2005
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Avec La Charanga Forever
“Somos Charangueros” 2006
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Avec Los Ases De La Timba
“Aquí están los ases” 2006 avec Mandy Cantero et Michel Maza
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Tirso Duarte y Michel Perez
“Pan Con Chocolate” 2007

Feroz De Prado
“Entre Ayer y Hoy” 2008

Havana Salsa Team
“Encontrando La Formula” 2009

Arnaldo y LaCosmopolita
“En Otra Direccion” 2009
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Il participe aussi au DVD de concert
« Musica Cubana – Live in Tokyo» de Wim Wenders aux côtés de Pio Leyva, Franck Fernandez, Pedro Lugo, Mayito Rivera, Samuell Formell, Alexander Abreu, Feliciano Arango, Juan De La Cruz Antomarchi “Coto”, etc.
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Dont voici un apercu « La Luna »

Mais il réussit aussi à enregistrer sous son propre nom 4 CDs :

“Si La Vida Te Dice Baila” 2004
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“Timba Cubana” 2006
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“Fin Del Juego” 2008
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“Para Que No Te Pueda Pasar” 2008

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TIRSO DUARTE ET LA SCENE MUSICALE

Improvisateur fou, créateur inspiré mais chanteur sans groupe stable, Tirso Duarte est partout et nulle part à la fois, livrant ses interventions époustouflantes sur toutes les scènes de La Havane, à la Casa De La Musica, au Café Cantante, à la Tropical !

Avec Pupy y Los Que Son Son pour un événement historique le 20 Mai 2008,
les 3 chanteurs fondateurs réunis pour la dernière fois !
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Avec Habana D’Primera

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Avec Pachito Alonso y sus Kini Kini aux cotes de ses amis Cristian y Rey Alonso

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Avec Paulito FG et Yulien Oviedo

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Avec Cubanismo au Festival Tempo Latino 2009 – Vic-Fezensac, France

Tirso Duarte réagit à sa manière chez Leonel Limonta (AZUCAR NEGRA) à la chanson « America »

Et avec sa formation de fusion Timba con Reggeaton
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Il dirige sa formation avec son épouse Iala Batoule et son beau-frere Angel Batule, tous 2 filles et fils de Batule, l’un des plus grands ingénieurs du son a Cuba, celui d’Issac Delgado et de Habana D’Primera !

INTERVIEW EXCLUSIVE POUR FIESTA CUBANA

Tirso Duarte nous a accordé beaucoup de temps lors d’une interview sympathique, complice où l’on découvre la personnalité étincelante et juvénile de ce créateur hors pair qui sait rester simple malgré sa profusion de talents :

Quartier du Vedado, La Havane , le 10 Janvier 2009

Interview : Partie I


Leonel : Hola FiestaCubana.net ! Je suis ici en présence de l’un des prodiges de la nouvelle génération de la musique cubaine. Cet homme s’appelle Tirso Duarte !
Tirso Duarte: El que se escucha en todas parte ¡ (Tirso répond par son slogan personnel qui rime avec son nom : Tirso Duarte, Celui qu’on écoute de toutes parts !)

Leonel: Exactement! En fait vous l’avez écouté dans de nombreux groupes, dans Pachito Alonso, NG La Banda, La Charanga Habanera, Pupy y Los Que Son Son. Maintenant tu commences un carriere de soliste.. en solo.
Tirso Duarte: Oui, oui!

Leonel : Et tu touches a tout. Tu es Rumbero, Sonero, Timbero et Reggaetonero.
Tirso Duarte : Timba et Reggeaton, tout ça !

Leonel : Tu joues de tout et nous t’admirons beaucoup. Tu etais déjà connu dans La Charanga Habanera comme le « Charanguero Mayor ». C’est toi, car c’est toi qui l’a composé (le morceau « Charanguero Mayor »)
Tirso Duarte : Oui, c’est moi qui ai fait ce morceau.

Leonel: Les gens commencent à te connaitre en France. Ils t’ont aussi vu avec Juan De Marcos et Afro-Cuban All Stars.
Tirso Duarte: Oui, avec Afro-Cuban All Stars aussi. Je suis resté 3 ans avec cet orchestre de Juan De Marcos. C’est un très bon orchestre.

Leonel : Dis moi! Tu es né à La Havane? Tu es habanero?
Tirso Duarte: Je suis né à La Havane mais j’ai mes racines à Santiago de Cuba. Mon père est de Sancti Spiritu. Je suis né à La Havane mais j’ai aussi cette racine de la campagne en moi (NDLR : El monte al dentro est une référence aux vieux Soneros qui jouent le Son Montuno et qui puisent leur inspiration de la culture Afro-Cubaine, El Monte cf. Lydia Cabrejas). Mon cœur est aussi là bas.

Leonel: Quand et où as tu reçu ton éducation musicale ? A La Havane ?
Tirso Duarte: A La Havane à l’école des arts. C’est à l’école Manuel Saumell que j’ai étudié le piano. C’est là que je l’ai étudié et après à l’école Amadeo Roldan. C’est là que j’ai fait tout mon cursus d’étudiant.

Leonel: Tu as connu Maikel Blanco là-bas, dans cette école… Mais il est bien plus jeune, non ?
Tirso Duarte: Non. Maikel je l’ai connu après quand j’ai enregistre mon premier disque. J’avais déjà écouté certaines choses qu’il faisait parce qu’il avait un groupe très jeune. Il avait un groupe qui s’appelait LA SUPREMA LEY et c’est la que je l’ai connu. Ensuite j’ai enregistré avec lui et j’ai chanté pour lui et c’est apres qu’il m’a fait des arrangements pour mon premier disque « Si La Vida Te Dice Baila ».

Leonel: Comment es tu rentré dans Pachito Alonso y su Kini Kini ?
Tirso Duarte: Pachito Alonso! J’étudiais avec le fils de Pachito Alonso, Cristian Alonso à l’école Amadeo Roldan et nous avions formé un groupe (NDLR : Los Chicos De La Salsa) qui faisait, qui commençait à faire de la musique Timbera et ce genre de choses… Soudain, Robertòn, le chanteur de Pachito Alonso, passe à Los Van Van et Pachito se retrouve à rechercher un nouveau chanteur pour son orchestre. Cristian était là en train de faire ses propres trucs. Mais comme il n’y a jamais meilleur que son propre fils, Pachito l’a fait entrer dans son groupe. Moi j’étais le directeur musical de ce petit groupe de l’école. Ils m’engagèrent aussi dans l’orchestre de Pachito aux claviers et j’y ai fait mes premiers arrangements sur le morceau qui dit « Cual es la murumba que no la entiendo… » (Qu’est-ce qui se passe que je ne comprends pas).. ce genre là.

Leonel : “La Pelea”! (NDLR : « La Lutte » du nom de ce morceau de Pachito Alonso sur le CD « Una Salsa en Paris »)
Tirso Duarte: et c’est la que j’ai comencé avec Pachito Alonso. Je suis reste 2 ou 3 ans à travailler avec lui.

Leonel: Et je vois que tu es très fidèle come personne parce que tu continue à travailler avec eux. Tu viens de faire un Reggaeton il n’y a pas longtemps.
Tirso Duarte: Après beaucoup de temps, j’ai commencé cette mécanique du Reggeaton et j’avais réalisé différentes fusions, comme chanteur, comme Reggaetonero et comme Timbero. Ces trucs là. Du coup Cristian et son frère Rey ont décider de monter un morceau et ils m’ont appelé pour le faire avec eux. Tu vois… et puis on s’est dit.. On y va ! En plus on l’a fait avec le souvenir de ce morceau que nous interprétions à nos débuts dans Pachito.

Leonel : Oui parce que en fait le morceau s’appelle “Analiza y Piensa” (« Analyse et penses! »)
Tirso Duarte: Oui, le morceau que nous avons fait s’appelle “Analiza y Piensa”.

Leonel: Effectivement mais il est mixé avec “La Pelea Murumba”
Tirso Duarte: Oui, avec “La Pelea” et avec tous les éléments constitutifs du style Reggaeton, qui a ses propres codes.

Leonel : Et avec ce morceau vous avez déchiré à La Tropical (Le plus populaire des lieus de concert a La Havane)
Tirso Duarte: Oui! Tu étais là ¡ Ahahahaha!

Leonel : Tu vois comme nous sommes branchés à FiestaCubana ! Ahahaha !
Tirso Duarte : C’est vrai que Fiesta Cubana vous êtes au courant de tout ¡

Leonel : Donc tu es resté en France pour enregistrer le disque “Salsa En Paris” (Pachito y su Kini Kini)
Tirso Duarte: Oui, “La Salsa En Paris” nous l’avons fait là-bas.

Leonel : Comment as-tu aimé Paris?
Tirso Duarte: Superbe. En fait nous sommes restés 3 mois à Paris. J’étais 3 mois à Paris et ça a été mon meilleur voyage. On a passé de très bons moments. Les gens aimaient bien le style de la Timba et je me suis rendu compte que les gens avaient une bonne connaissance de ce qu’est la musique cubaine. De meme que Pachito, il y eu d’autres groupes qui sont venus… Quand nous étions là-bas nous avons vu passer Paulito FG, La Charanga Forever, et d’autres orchestres de Cuba. Ca bougeait beaucoup là-bas.

Leonel : Ce qui est impressionnant c’est que tu étais très jeune à cette époque. Ca fait un peu plus de 10 ans en arrière. C’était en 1994 ou plutôt en 1996, je crois. Tu étais très jeune et dans le CD « Una Salsa En Paris » il y a un remerciement spécial de Pachito Alonso pour ton travail.
Tirso Duate: Oui, oui. C’est que j’ai fait 2 morceaux dans ce CD. Un morceau s’intitule “Hasta Las Cuantas” et l’autre était “La Pelea Murumba” et j’ai aussi fait 2 arrangements qu’ils ont enregistrés au piano. Ce disque a été un bonne collaboration.

Leonel: De la part d’une figure comme Pachito, pianiste de surcroit, c’est un hommage!
Tirso Duarte: Oui, oui! Il m’a donné cette opportunité et ce fût le premier à me donner ma chance comme chanteur!

Leonel: Effectivement tu chantais aussi!
Tirso Duarte: Sur scène et de manière professionnelle!

Leonel : Il y a une chose étonnante parce que tu as une voix très puissante mais très peu de gens savent que tu es asthmatique..
Tirso Duarte: Ah! Oui, effectivement ! Ahaha!

Leonel : Si bien que si tu n’étais pas asthmatique, qu’est-ce qui se passerait ¡ Ta voix ferait tomber les murs?
Tirso Duarte: En fait j’ai trop d’air! Si ca se trouve c’est ca qui me donne cet exces de coffre. Ca me donne plus de souffle pour chanter.

Leonel : Non, non, non ! Je t’assure tu n’as pas besoin de ca!
Tirso Duarte : Ahahaha ! Il ne me manque rien! J’ai trop de voix ! Ahahahaha !

Leonel : Tu es né comme ça?
Tirso Duarte: Oui

Leonel: Tu as dans ta famille un héritage musical? Dans ta famille il y avait des musiciens ou tout est venu de ton cœur ?
Tirso Duarte: Mes oncles m’ont toujours inculqué la Rumba. Mes oncles sont des Rumberos de la rue, de la rue.

Leonel: Tes oncles de Santiago de Cuba?
Tirso Duarte: Ils sont de Santiago. Ils jouaient beaucoup la Rumba et ils me l’ont inculquée. Mon père m’amenait toujours au Samedis de la Rumba. Et mon grand-père mettait tous les dimanches sur le tourne-disque de ma maison la musique de Los Van Van, d’Elio Revé, de Benny Moré, et de ces orchestres traditionnels qui jouent la Musique Cubaine. Ce fut ainsi et ca s’est développé de cette manière.

Leonel : A Sancti Spiritu il y a une tradition Sonera assez forte aussi. Tes racines musicales viennent aussi de là-bas ?
Tirso Duarte: Oui, un peu aussi, mais mes racines sont plutôt ces figures que je te mentionnais, El Benny, La Revé à l’époque de “La Explosion Del Momento”. C’est un morceau de quand j’étais petit mais j’ai intégré toutes ces choses. Los Van Van ont toujours été l’orchestre modèle à suivre, le patron de Cuba dans ce style. Aragon, toute cette musique là.

Leonel: Dans (le CD) “Timba Cubana” tu chantes un ‘coro’ qui peut s’interpréter de différentes manières et qui dit “ Conmigo no…Con Van Van” (Pas avec moi.. Avec Los Van Van) et je t’avais dit qu’on pouvait aussi le dire « Conmigo ! No con Van Van ! ».
Tirso : Oui, je me rappelle de cette interprétation.

Leonel : Oui, nous en avions parlé et que ça pouvait s’interpréter d’une manière comme de l’autre.
Tirso Duarte: Je l’avais dit dans un autre sens mais comme ca aussi ca m’a plu. Pas avec Los Van Van!
Leonel : Sans aucune effronterie ni vantardise ¡ n’est-ce pas? Ahahahaha ! (NDLR : La Guaperia est une forme populaire cubaine d’auto-affirmation virile. Cela peut aussi s’assimiler à de l’agressivité et à de la vulgarité dans certains cas mais c’est un aspect indispensable de la Timba ou du Reggaeton, comme on retrouve cela dans le Rock ou le Rap). Bon nous continuons. Nous avons parle de ton experience avec PAchito, de la France et ensuite tu es entre dans NG La Banda. C’est El Tosco (“Le Malotru” le surnom de José Luis Cortes) qui t’a appelé ? Comment ça s’est passé ?
Tirso Duarte: Oui! El Tosco m’a appele quand je suis sorti de La Charanga Habanera…

Leonel: De Pachito?
Tirso Duarte: Je suis sorti de Pachito pour entrer dans La Charanga Habanera. J’ai commencé à chanter 2-3 morceaux avec eux, “El Charanguero Mayor”, j’y ai aussi fait quelques arrangements et après La Charanga Habanera je voulais monter mon orchestre. J’avais cette idée en tête. Mais El Tosco m’a appelé. C’était une très bonne opportunité pour moi et surtout un honneur de chanter avec cet orchestre que j’ai toujours admiré et de plus avec le Maestro José Luis Cortes! Je n’allais pas laisser passer cette opportunité. Et j’allais travailler pour El Tosco si il m’appelait pour ça … avec l’intention de faire du mieux que je pourrais parce que à ce moment là c’était un orchestre de maestros. Il y avait Feliciano Arango à la basse, Chappotin (à la trompette), Emilio au piano… C’était un orchestre de pas mal de maestros de la musique cubaine alors ce fut un honneur pour moi.

Leonel : Tu as toujours exprime ton admiration pour El tosco, non? Tu l’as meme ecrit dans le CD “Fin Del Juego”!
Tirso Duarte: Oui. “Fin Del Juego”

Leonel : En fait tu as meme fait un morceau avec lui dans ce CD: il s’appelle “Maldito Dolor” !
Tirso : Oui, oui, oui!

Leonel : Tu vois que nous te suivons de pres! Ahahaha ! Bon…Donc avec La Charanga Habanera tu as fait “El Charanguero Mayor”, “El Cantinero”, et quoi de plus?
Tirso Duarte: Dans La (Charanga) Habanera j’ai fait “Mi Vecina”

Leonel : “Mi Vecina” que tu as réenregistré ensuite…
Tirso Duarte: J’ai fait “El Ricki Ricon”. Ce morceau aussi je l’ai composé.

Leonel : “Mi Vecina” tu l’as réenregistré dans ton premier disque.
Tirso Duarte: Je l’ai enregistré de nouveau dans mon premier disque …
De fait le morceau était comme cas :
[Tirso chante “Mi Vecina”]
“A vez donde quiera
Y mira que esta buena
Mi vecina
La Charanguera”
Ce morceau que j’ai fait avec La Charanga Habanera était vraiment bon.

Leonel: Et aussi “El Cantinero”
Tirso Duarte: “El Cantinero”. Ce morceau n’est pas de ma composition. Je le chantais mais c’est une composition d’Alina Torres. Alina Torres est la compositrice d’un vieux morceau de Los Van Van qui s’appelle “El Carnicero” (Le Boucher): [Tirso chante] “Y no me explico lo que tiene el carnicero”… Ce genre là. Et elle a aussi fait une version pour « El Cantinero » (Le Garçon de Restaurant). Et puis je l’ai interprété. J’ai beaucoup aimé les harmonies et les paroles si belles qu’a cette chanson. Ensuite j’ai continué à faire les enregistrements de La Charanga Habanera. Dans la plupart des disques de La Charanga Habanera beaucoup des paroles des chanteurs, des chansons, sont les miennes. J’ai aussi travaillé pour Haila : dans le disque « Quien Fue » qu’on a beaucoup écouté à Cuba, la majorité des paroles sont de moi. De fait j’ai accompli de nombreux œuvres avec eux en plus de celles que nous avions fait antérieurement.

Interview : Partie II

Leonel : Il faut rappeler a notre public que Tirso est un prodige musical parce qu’il joue du piano, il chante, il compose et fait de nombreux arrangements. La première caractéristique de Tirso Duarte est la créativité. Je te l’avais déjà dit, tu t’en souviens ? Tu te rappelles que quand le disque “Fin Del Juego” est sorti, je t’ai dit « Al ‘Fin Del Juego’ ! Gano Tirso ! » (A la fin du jeu, c’est Tirso qui a gagné) Tu te rappelles ?
Tirso Duarte : Oui! Ahahaha!

Leonel : Bon…Tu as travaille pour beaucoup de gens et dans des registres tres differents. Nous avons parle un peu de La Charanga Habanera. Il y a une version d’un morceau d’avec La Charanga Habanera que tu as reenregistre sur ton 2eme disque, je crois…
Tirso Duarte : Oui sur mon disque “Timba Cubana”

Leonel – Sur “Timba Cubana” oui! Ce morceau (NDLR : « El Cantinero ») se termine avec une chose, une formation d’attaque, une formation en V!
Tirso Duarte: “Formación en uve, vamos a unirnos!” Formation en V, Nous allons nous réunir! C’est une chanson de dessins animés qui passaient ici… qui s’appelait “Voltu-Cinquo”… En fait c’était comme un robot qui était contrôlé par 5 enfants, avec différentes machines. Quand ils disaient « Formation en V » , c’est le moment ou ils réassemblaient les robot. L’un d’eux était les pieds, l’autres les jambes, l’autre encore les mains, la tête et enfin un autre faisait la partie du corps.

Leonel : C’est que quand j’écoutais le ‘coro’ “Formacion en uve”, je me disais mais diable, d’où Tirso peut il sortir une telle créativité ? Cela correspond aussi au concept d’agressivité dans le langage de la Timba. L’attaque comme « Ataca Chicho » (NDLR : Slogan de Jose Luis Cortes de NG La Banda).
Tirso Durate : C’est clair ! C’est ça l’idée! La musique Timbera se nourrit beaucoup de la rue, des commentaires de la rue, de ceux qui parlent l’argot, ou bien juste l’espagnol (créole) cubain tel quel. Mais en même temps nous devrions faire une musique que le reste du monde puisse comprendre.

La musique Timbera est une musique cubaine et le langage utilisé est pratiquement le cubain. Très souvent dans les autres pays les gens ne comprennent pas ce langage et demandent « que veut dire ceci ? » « que veut dire cela ? ». Nous devrions essayer de chercher un langage plus universel. Mais c’est ce qu’il y a de plus difficile… C’est le plus difficile… C’est probablement pour cela qu’on n’a pas plus de vente et de demande (pour cette musique).. Dans le sens.. Je veux dire.. comme pour le Rock’N’Roll et ces musiques là. Tu comprends. Quelque chose de plus universel que la Timba Cubana.

Il faut la sentir, il faut se sentir Timbero pour pouvoir comprendre la musique Timbera.

Apres j’ai travaillé avec Afro Cuban All Stars qui ne faisaient pas de Timba cubana. Ce qu’ils faisaient était le Son cubain, le Cha-cha-cha, ces rythmes cubains là. Ces rythmes sont plus faciles à comprendre que la Timba.

Encore maintenant, pour beaucoup de gens, la Timba est un rythme difficile !

Leonel : C’est normal parce que c’est plus complexe!
Tirso Duarte : C’est plus complexe !

Leonel : Le Son, le Chachachá viennent de la musique du XIXème siècle. Le Son s’est établi à La Havane dans les années 20… Le Chachachá est né dans les années 30 ou plutôt dans les années 40 et a triomphé dans les années 50. Ce sont des rythmes que le public a déjà assimilé !
Tirso Duarte: Déjà assimilé , c’est clair!

Leonel : La Timba n’a seulement que plus ou moins 15 ans.
Tirso Duarte: Et il lui faut encore du temps !

Leonel : Le problème est que la Timba consiste en une fusion tellement forte de différentes choses, de Son, de Rumba, de Funk, d’Afro-Cubain et de Jazz. Et a tout moment le climat change !
Tirso : Effectivement le climat change souvent! C’est les changement de climats.

Leonel : Et ce sont ces changements de climats qui déstabilisent les danseurs ou les étrangers (non cubains). Mais c’est aussi cela qui donne la saveur (le style, la qualité de la Timba).
Tirso Duarte: Oui, c’est effectivement ça qui donne la saveur (à cette musique). Exactement!

Leonel : C’est ça qui donne toutes ses couleurs à cette peinture!
Tirso : C’est ça, c’est ça, c’est ça!

Leonel : C’est ça?
Tirso Duarte : Hey… Mais toi tu es Timbero ¡ Tu le sais tout ça! Ahahahaha! Tu es Timbero ! Alors pour toi c’est trop facile de le savoir !

Leonel : Récapitulons… La Charanga Habanera… Tu es devenu un “Super-Timbero” avec La Charanga Habanera ! Tu as ensuite travaillé avec El tosco et nous connaissons désormais ton admiration pour ce maitre de la Musique Cubaine. Et ensuite tu as entamé une autre période, tu es entré dans Pupy (y Los Que Son Son), une période qui a été très importante pour ta carrière. Je crois que c’est finalement lui qui t’as mis en lumiere parce que dans ce présent tu étais au premier plan comme chanteur principal.
Tirso Duarte : Oui, oui, c’est là (dans Pupy y Los Que Son Son) que je me suis affirmé comme chanteur. Je suis pianiste, dans la Charanga je jouais le piano et je faisais bien d’autres choses. Dans NG La Banda j’étais chanteur mais la voix principale était Toni Cala, et c’est toujours le cas. J’y ai fait mon travail mais c’était lui et encore (lui la vedette)…
Avec Pupy je me suis affirmé comme chanteur, pratiquement comme le chanteur principal même si il y avait aussi d’autres très bons chanteurs comme Mandy Cantero et Pepito. Mais au niveau international j’étais un peu plus connu qu’eux et je venais d’orchestres un peu plus populaires que ceux dans lesquels ils étaient.
Je venais de La Charanga Habanera. C’est ce qui m’a fait connaître plus ou moins du grand public et j’avais cet avantage quand je suis rentré dans Pupy y Los Que Son Son.
En plus j’etais un peu plus au courant de ce qui se passait dans la rue, dans la Timba Cubana, ce qui fonctionnait.. si bien que..comment dire… au moment de s’habiller, je savais ce qui était à la mode.. A props de feeling, chacun a le sien mais pour ce qui est du langage c’est moi qui les aidait pour la manière de s’exprimer et pour ce qu’ils avaient à dire.
Ce qui se passait c’est qu’on ne pouvait pas prendre un risque (avec notre image) surtout pour un orchestre à ses débuts. Il fallait faire vibrer les gens. Les faire vibrer mais en disant des choses qui ont du sens et des choses intéressantes.

Leonel : ça a été un gros travail avec Pupy?
Tirso Duarte: Oui !

Leonel : Ca a été un changement artistique, un changement musical?
Tirso Duarte: Un changement jusqu’à ma propre image. J’y étais arrivé, dans Pupy ! Moi, Tirso Duarte, j’étais enfin chanteur ! Beaucoup de gens ne se rappelaient même plus que je jouais du piano. Tu comprends. Je joue le piano mais je chantais dorénavant avec Pupy… Ils ne savaient même pas que je jouais du piano. J’ai dû faire un effort supplémentaire. Différent mais intense aussi.
Quant à la sonorité de l’orchestre, c’est un orchestre qui sonne très très fort. Tout y a son importance, et tout doit être intéressant. Le Mambo doit être intéressant, les paroles doivent être intéressantes, les chœurs… Surtout quand tu vois cet orchestre…Tout doit être ainsi sinon ça ne fonctionne pas !

Leonel :…Les gens t’ont connu sur le premier disque avec le morceau “ El gato amaga y no araña” (le chat menace mais ne griffe pas)
Tirso Duarte: El chiquitico burlón [Tirso chante] “El chiquitico burlón y viene acabando“ (le petit (esprit) malicieux arrive et est terrible)

Leonel: Et avec le morceau “Te molesta que sea feliz”. Ces morceaux ont été très populaires.
Tirso Duarte: Si! Si! D’autant plus que Pupy est un maitre de la composition… Il l’a démontré au cours de nombreuses années en jouant avec Los Van Van et en dehors de Los Van Van aussi.

Leonel : Et après 2 ans avec Pupy tu as décidé de prendre un autre chemin.
Tirso Duarte : J’ai pris un chemin de soliste.

Leonel : Comme soliste. Mais tu as aussi travaillé un peu pour Afro Cuban All Stars
Tirso Duarte : Je suis parti de Pupy pour fonder mon orchestre. Juan De Marcos m’a alors proposé du travail. J’ai essayé de mener les 2 projets de front. Mais je n’ai pas pu. Nous avions des tournées internationales comme 7 à 8 fois par an. Mais pour maintenir un orchestre il faut être constant. On ne peut pas maintenir un orchestre quand on sort du pays 8 fois par an. C’est impossible. C’est impossible car cela ne laisse pas assez de temps pour suivre (son propre orchestre). Les danseurs ont besoin de savoir que si tu joue le mardi, que tu reviendras jouer le mardi suivant même si tu joues aussi le vendredi… Afin qu’ils puissent apprendre les morceaux, afin qu’ils s’habituent aux morceaux, tu vois ? Si bien que tu ne peux pas travailler 15 jours pour ensuite disparaitre un mois et prétendre à ton retour que ces morceaux ne fonctionnent pas.

Leonel : Tu touches là un sujet relatif à la relation intime entre le compositeur d’un groupe et ses danseurs. C’est une fusion : l’un ne peut fonctionner sans l’autre.
Tirso Duarte: C’est clair.

Leonel : Tu dois maintenir et faire fonctionner une soirée pour que les danseurs, pour que ton premier public de fans s’habitue.
Tirso Duarte: Surtout ici à Cuba. Dans d’autres pays du monde la promotion est différente. Dans d’autres pays, je suis convaincu que ma musique est plus connue, comme en Italie et en France qu’ici même.

Leonel : C’est bien possible.
Tirso Duarte : J’en suis quasiment persuadé!

Leonel : Oui! Grace aux DJs…
Tirso Duarte: Grace aux DJs, aux musiciens… C’est un autre mode de promotion. Ici la promotion est un peu plus compliquée. Déjà tu dois la faire pour toi-même.
Tu dois la faire dans les quelques rares endroits ou l’on peut faire des concerts.
Casa de la Música de La Habana, Casa De La Música de Miramar, Café Cantante, le Capri maintenant appelé Salon Rojo. Il n’y a que 4-5 endroits, pas plus… pour tout le monde!
C’est une compétition terrible. Ce sont les mêmes endroits où jouent Los Van Van, Manolito Simonet, La Charanga Habanera, les orchestres des autres catégories, même de troisième catégorie.
Il nous faut lutter pour pouvoir joeur dans ces endroits.
C’est difficile. Si je m’en vais en voyage pour un mois, il y a d’autres gens qui commencent a travailler pendant ce mois là et quand je reviens on me dit « Attends un petit moment !».
D’autres gens se sont installés. Tu comprends?

Leonel: Oui, la place est prise.
Tirso Duarte: C’est comme ça que ça se passe. C’est ce que j’ai décidé mais on va voir comment on va s’en sortir.

Quand Juan De Marcos a arrêté… Ce projet, il l’a arrêté il y a un an… Je suis retourné travailler avec NG La Banda parce qu’ils m’y ont invité. J’ai commencé a faire des choses avec NG La Banda.
Mais à ce moment là ont m’a proposé.. où plutôt j’ai essayé à nouveau de remonter mon groupe et pour m’y consacrer sérieusement cette fois-ci. On y va !
Et voilà qu’on m’appelle d’Italie. L’année dernière. Et je me retrouve en tournée en Italie. Je suis parti un mois en Italie pour faire une tournée à travers différentes villes d’Italie. Ce fut ma première opportunité de jouer ma musique, mes morceaux des disques “Timba Cubana” et “Fin Del Juego”.

Ce fut très impressionnant. Ca m’a beaucoup plu. Des musiciens qui vivent là-bas ont monté les morceaux. Et le public connaissait mes chansons. Ca ça m’a beaucoup impressionné. Que je sois à un concert et que je chante une chanson, ils chantaient le refrain comme si on était à La Tropical. Ca m’a fait beaucoup beaucoup d’effet. Et si je disais .. je ne sais pas.. : “Veinte le doy a mi gallo..” le public chantait le,’coro’ “Conmigo no con Van Van”. Tous mes coros. Ca me rendait fou!

Leonel : même “No es problama mio ¡”
Tirso Duarte : Tout ça, tout ça!

Interview : Partie III

Transcription et traducion a suivre…

LA MAQUINA PERFECTA démarre en trombe avec MONICA, la nouvelle diva de la Timba et bien plus…

ELITO REVE, plus « Fresquecito » que jamais !

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Le lendemain de sa Victoire au Festival CUBADISCO 2008 qui lui a décerné le Prix du Meilleur Disque de Musique Populaire Cubaine, Elio Revé, directeur du Charangon nous recevait chez lui avec le photographe Patrick Bonnard, alias DannyRose. Il nous a invité d’autant plus volontiers que FiestaCubana.net lui avait remis quelques mois auparavant la le prix du meilleur CD de l’année 2007, pour le superbe album  » Fresquecito  » et que Elito a gardé un très bon souvenir de ses concerts en Suisse et en France…

Elito nous livre dans cette très belle interview tout ce que vous auriez aimé savoir sur le Charangon sans avoir jamais osé le demander ! Le Changüí, La Salsa, ses expressions singulières ou ses onomatopées, l’histoire de son Orchestre, de sa famille et surtout sa vision de sa musique et du succès du nouveau Charangon dont il a la charge depuis le décès de son père, Elio Revé, le Papa de la Salsa.

Domicile d’Elito Revé – 24 Mai 2008 – 12:30

Leonel: Nous sommes actuellement dans la demeure du si célèbre Elito Revé, directeur du Charangon, orchestre qui vient d’atteindre ses 52 ans. Merci de nous recevoir dans ta maison pour faire cet entretien.

Je tiens d’abord à te féliciter pour les 2 Prix que tu as gagné cette année avec la dernière production du Charangon, le Premier Prix du Disque de l’Année de Fiestacubana.net, mais aussi et surtout tu viens à peine de recevoir au Festival CUBADISCO 2008 le Premier Prix de Musique Populaire Dansante : Félicitations !

Elito: Et bien, je me sens très heureux avec ces 2 récompenses. Dès qu’il est sorti, le disque  » Fresquecito  » a eu beaucoup de succès, ici a Cuba et en Europe, et partout. Il s’est passé quelque chose d’intéressant. Tu te rappelles quand le premier morceau du disque a été inauguré … (Elito commence à chanter) :  » Ya no puedo darte lo que tu me pides… » Ca a marché aussitôt ! Ensuite nous avons lancé « Fresquecito », le morceau puis le disque complet. Ca a été aussitôt un grand succès.

Leonel: Dans ce disque les anges t’ont apporté beaucoup d’inspiration ¡ Il y a beaucoup d’autres morceaux comme « No Te voy a dar nada mas », un tube qui a pris très vite,  » Fresquecito « ,  » A Sancochar Boniato « ,  » El Martes « , un ancien morceau de Los Van Van.

Elito: Non, c’est effectivement un titre de Juan Formell, mais lorsqu’il était encore musicien de La Orquesta Revé. Ce morceau a été joué par la Revé en 1967. On en a fait une nouvelle version pour le disque  » Fresquecito.

Leonel: La Orchesta Révé a intégré les meilleurs musiciens de Cuba !

Elito: Sont passés par la Orquesta Reve Juan Formell, Cesar « Pupy » Pedroso, Yumuri, Juan Carlos Alfonso, El Lele, le père et le fils, et bien d’autres musiciens, comme Chucho Valdés.

Leonel: Et Enrique Lazaga?

Elito: Non, Enrique Lazaga, non.

Leonel: Mais je sais qu’Enrique Lazaga est passé par le même orchestre que ton Papa.

Elito: Tu parles de La Ritmo Oriental ? C’est un orchestre qui a été issu de l’Orchesta Revé.

Leonel: Revenons à « Fresquecito », l’autre succès c’est « El Jonron », que chante Robertòn.

Elito: Oui, Robertòn de Los Van Van et nous avons aussi invité à jouer sur ce disque Irving, le violoniste de Los Van Van.

Leonel: Ah oui ? Et l’excellent morceau « A Sancochar Boniato » qui a deux parties, qui commence comme une rumba-guaguanco et qui continue en son-montuno. C’est vraiment une surprise quand le son-montuno démarre. Mais c’est un morceau qui accroche tout de suite son auditeur. Il y a aussi d’autres morceaux comme « La Viuda », « La Madrugada », « El Teléfono ».

Elito: Il y a aussi le « Changüí Original »
(Elito chante) « Vamos a bailar el Changüí. »

Elito Revé recevant le prix fiestacubana.net des mains de DJ Jack el Calvo
Elito Revé recevant le prix fiestacubana.net des mains de DJ Jack el Calvo
Ecouter l’extrait audio n°1 de l’interview

Leonel: Dans chaque disque que tu as dirigé, tu as mis un morceau de changüí traditionnel. C’est très important pour toi ?

Elito: Bien sûr! Le Changüí, c’est ce que mon papa a amené à La Havane en 1956. Il l’a arrangé, il a ajouté des violons, une flute. A cette époque, dans les années 56-60, la Orquesta Revé était une charanga car elle avait des violons.

Leonel: C’est pour cela qu’on l’appelait El…. (Je me ravise car le nom Charangon a été apposé bien plus tard) … Une charanga ?

Elito: Il faut l’appeler Orquesta Revé. A cette époque, l’orchestre n’avait pas encore de trombones. Il y avait Juan Formell a la basse, Pupy au piano.

Leonel: Mais qui était le flûtiste ?

Elito: Canto, Orlando Canto qui est devenu ensuite le flutiste de Los Van Van jusqu’à il y a quelques années.

Leonel: Orlando Canto qui a sorti un disque avec Mandy comme chanteur, un très bon disque. En tout cas, il y a de nombreuses étoiles qui sont passées par la Orquesta Revé.

LA FAMILLE REVE – DE GUANTANAMO A LA HAVANE

Leonel: Tu nous as indiqué que l’Orquesta Revé a été fondée ici à La Havane. Mais tu as toute ta famille à Guantanamo, n’est-ce pas ?

Elito: Ma famille est à 90 % sur Guantánamo. Mon père est venu à La Havane en 1956 avec ma mère. Ils ont eu trois filles et je suis le seul garçon. J’ai deux sœurs qui sont nées à Guantanamo et moi je suis né ici à La Havane ainsi que ma petite sœur.

Leonel: Ca fait de toi un Habanero! Et la province Orientale ne te manque pas?

Elito: Effectivement ! Dès que je peux je vais à Guantánamo. J’ai beaucoup de famille là-bas et aussi à Sagua de Tanamo (NDLR: entre Mayari et Moa, quasiment sur la côte Atlantique, au nord de Guantánamo).

Il y a une municipalité rurale de la province d’Holguin qui s’appelle Sagua et là-bas ils s’appelent tous Revé ! Ils font partie de ma famille. Il y a des blancs, des métis, des noirs et de toutes les couleurs mais ils sont tous des Revé ! Raúl Revé, Félix Revé, Beatriz Revé…

Leonel: Revé, ca sonne un peu français.

Elito: Oui, et Revé ca veut dire rêve en français !  » en français c’est révé! « . A l’époque de la traite des esclaves, il y a de nombreuses années, Revé était un colon qui avait une raffinerie de sucre à Guantánamo et à Sagua. Il fut avec une esclave, puis une autre si bien que commencèrent à naître des Revé par ci, des Revé par là… et de fait on donnait à ces enfants illégitimes le patronyme du maitre Revé.

L’HEURE TRAGIQUE D’ELITO

Leonel: Maintenant nous allons malheureusement parler d’un moment tragique pour toi et pour Cuba. Ton père fut une immense figure de la musique cubaine. Il a dirigé pendant quasiment 50 ans le Charangon mais il est malheureusement décédé a la fin des années 90.

Elito: Mon papa a eu un tragique accident le 23 Juillet 1997 en se rendant au carnaval de Santa Clara.

Leonel: Au niveau musical, c’est cet accident qui t’a propulsé au devant de l’orchestre. Comment s’est opéré le changement ? Comment es tu devenu le directeur du Charangon ? Comment ca s’est passé car tu n’étais pas préparé pour ça?

Elito: Ecoute. J’ai commencé dans l’Orquesta Revé, j’avais 19 ans. Mais j’ai commencé dans l’orchestre par jouer la clave parce qu’il y avait déjà un pianiste et on ne pouvait pas enlever le pianiste de l’époque ! On parle des années 80 et ensuite je suis devenu le clavier de la Orquesta. Je suis donc monté au devant de la scène avec mon père alors que j’étais encore très jeune.

Quand est survenu le tragique accident de mon papa le 23 juillet 97, j’étais déjà devenu le pianiste de la Orquesta Revé.

Leonel: Tu étais déjà le pianiste de la Revé?

Elito: En fait j’étais pianiste. Mais il y avait un autre pianiste dans l’orchestre afin que je puisse assumer la direction de l’Orquesta Revé, jusqu’à aujourd’hui. Et cela fait 11 ans que je dirige l’Orquesta Revé.

Elito Revé au Cabaret Sauvage – Paris - 22/07/08
Elito Revé au Cabaret Sauvage – Paris – 22/07/08
Ecouter l’extrait audio n°2 de l’interview

Leonel: Tu as donc été préparé empiriquement. Tu as une technique de piano très originale dans ta manière de jouer le clavier avec les poignets très relevés. Tu as été diplômé dans une école de musique ou tu as fais ton apprentissage dans le Charangon ?
Elito: Non, je suis diplômé de l’école de musique. J’ai étudié au conservatoire Manuel Saumell à Cuba, un très bon conservatoire d’ailleurs. Mais le Charangon a été pour moi une école parce que j’y ai appris ce qu’est le Son, ce qu’est le Changüí.

Leonel: Absolument, c’est pour ça que tu es, que tu te présentes ou qu’on te présente comme « El Príncipe Del Changüí »! (Le Prince du Changüí)

LA MUSIQUE DU CHARANGON ! CHANGUI ou SALSA?

Leonel: Une question pour le Maestro, une question de musicologue pour nous aider nous autres, les européens, les yumas, à situer ta musique et la musique de l’Orquesta Revé. En effet, on identifie le Charangon au Changüí mais nous savons que même s’il y a des morceaux qui sont du Changüí traditionnel il y a aussi d’autres morceaux de Son, comme « Ruñidera », qui est un son, un son montuno. Il y a aussi le dernier morceau « A Sancochar Boniato » qui finit en son-montuno, qui commence en rumba mais finit en son-montuno. Vous ne jouez pas seulement du Changüí, et à Cuba on appelle ton Papa  » El Papa de la Salsa  » si bien que certains d’entre nous sont perdus. En définitive que joue la Revé ? Du Changüí ? De la Salsa ¿ Du Son ¿ Tu peux nous aider à nous repérer?

Elito: Bien, la Revé, notre musique c’est le Changüí. Il y a beaucoup de groupes dans le monde entier qui jouent la Salsa. D’ailleurs LA SALSA C’EST LA MUSIQUE CUBAINE ! Mais nous avons notre propre style, notre manière de jouer et si tu écoutes l’Orquesta Revé tu sais que c’est l’Orquesta Revé, car aux timbales, la frappe et la base rythmique des timbales est ce que fait le bongo dans le Changüí original.

Leonel: C’est pour cela que cela parait si frénétique?

Elito: (chantant): « para ta co to, ta co to, ta co to, rocoto to, rocoto pin, pa rocoto pete pete pete pin pan … Vamos a bailar el Changüí ….pan, pete pete pete pin pa »

Ce coup, cette frappe grave est ce que fait le bongo, dans le Changüí original. En fait mon papa a vu cette manière de jouer les bongos, cette rythmique et il l’a transférée aux timbales. C’est pour cela que la forme et l’expression rythmique de l’Orquesta Revé ne ressemble à aucun autre orchestre parce que nous avons les racines du Changüí.

Leonel: De fait, la première fois que j’ai vu le Charangon en 2001-2002, à la première chanson je me suis dit  » Mais qu’est-ce que c’est que cette musique ?  » Je n’y comprenais rien mais j’ai été contaminé ce jour là et dès la deuxième chanson, j’étais devant la scène pour danser jusqu’au bout. Cette musique accroche. Elle est très contagieuse.

Lionel Rogier et Elito Revé
Lionel Rogier et Elito Revé
Ecouter l’extrait audio n°3 de l’interview

Elito: Nous avons aussi un tres. Nous avons un tres dans la baraque. Dans le Changüí il y a un tres.

Leonel: Vous avez eu le meilleur tresero de Cuba, Papi Oviedo…

Elito: Papi Oviedo a été le tresero de l’Orquesta Revé.

Leonel: Mais ça a changé. Je l’ai rencontré, tu as enregistré avec El Guajiro de Holguin.

Elito: El Guajiro a aussi été le tresero de l’Orquesta Revé.

Leonel: Et maintenant c’est Jorge…

Elito: Jorge-Luis, c’est le Tresero.

Leonel: Jorge-Luis est celui qui est resté car El Guajiro n’est pas resté très longtemps dans le Charangon.

Elito: El Guajiro est resté un peu plus de 2 ans avec nous.

Leonel: Et maintenant, depuis combien de temps Jorge-Luis est dans le Charangon ?

Elito: Cela fait déjà 8 ans.

Leonel: C’est très difficile de trouver un bon tresero à Cuba?

Elito: Non, c’est que… non ce n’est pas difficile. C’est la manière de jouer le tres, cette manière de jouer le tres dans l’Orquesta provient du Changüí.

Leonel: Il faut sentir la cadence si particulière du Changüí, j’imagine?

Elito: La cadence, la forme rythmique … Le Changüí a une forme très particulière de jouer.

ORQUESTA REVE: UN ORCHESTRE MODERNE DE CHANGUI

Leonel: Quelle est la relation entre le Changüí et le Son? Certains musicologues disent que c’est un ancêtre du Son et d’autres qu’ils sont apparus à peu près à la même époque
Elito: Ecoute, la cellule rythmique vient du Changüí. Nous avons un tres qui nous différencie des autres orchestres, et avec lequel nous faisons la cellule rythmique du Changüí. Nous avons une basse, une baby-bass qui joue comme la marimbula du Changüí. Tu n’as jamais vu une marimbula de changüí ?

Leonel: Si! Là-bas, vers Santiago de Cuba.

Elito: Nous autres nous faisons à la basse ce que fait la marimbula du changüí.
(Chantant) « Kin Kon, KiKin Kon Kon, tsi, Kin Kon, tsi, KiKin Kon Kon »..
Ca c’est ce que fait la basse. Si bien que nous autres… Il y a beaucoup de choses du Changüí que nous transférons à notre manière de jouer dans l’orchestre.
Les trombones sont syncopés. En effet, rien qu’avec un Mambo de la Orquesta Revé tu te mets à danser.

Leonel: En effet vous avez un travail des trombones très particulier.

Elito: (chantant) :
 » Paan wum bom bom, pe pum baam, pe pum bam, pa pa pa,
…Tremendo jalajala, Tremendo traqueteo…
Paan wum bom bom, pe pum pe, pe pu pe, po po po… »
Du coup l’effet des trombones est très rythmique.

Leonel: Et vous avez dans l’orchestre de grandes figures du trombone comme « El Caramelo de Zamorana » !

Elito: Ulises Benavides , Orlando… Orlandito, et il y a aussi Yamer. En effet nous avons aux trombones Ulises, Orlando et Yamer.
Nous avons aussi Aisar, le bassiste de la Orquesta, très bon. Le pianiste est Pachy.

Leonel: Le propre fils de Pachy, le directeur de l’orchestre Original de Manzanillo?

Elito: Oui, Pachy Naranjo. Aux congas on a Adrian, le güiro c’est Maikel, voyons….
Les quatre chanteurs: Dagoberto qui est  » Le Classique  » des chanteurs, la voix historique c’est  » El Sinsonte « , et j’ai deux jeunes chanteurs,  » El Galan  » et  » El Chino « .
Le bongosero, c’est Ariel!
Le tresero, c’est Jorge-Luis et aux timbales…

Elito Revé
Elito Revé
Ecouter l’extrait audio n°4 de l’interview

LES TIMBALES DE PERE EN FILS

Leonel: Aux timbales, comment s’appelle-t-il ?

Elito: Andy, Andy.

Leonel: Ce n’est pas difficile d’assumer les timbales après Papa Revé?

Elito: C’est un peu difficile.

Leonel: J’imagine qu’il est dans une situation où il a beaucoup de pression, n’est-ce pas ?

Elito: Non, mais Andy a su progresser. C’est un jeune musicien qui a une grande technique et qui est très rythmique. Il sort de l’Ecole de Musique et ça fait déjà 4 – 5 ans qu’il joue dans l’orchestre. Il a étudié la cellule rythmique de l’époque où mon papa jouait les timbales. Il connaît bien la percussion et il lui a fallu s’immerger dans ce rythme pour que ça sonne…

Leonel: Ce rythme ne peut s’apprendre en dehors?

Elito: Non, il faut s’immerger, on ne peut l’apprendre à l’extérieur.

LA ORQUESTA REVE ET LA SALSA

Leonel: Ton papa chante « Mi Salsa Tiene Sandunga » et il y rend un hommage aux salseros, il appelle Johnny Pacheco son frère… quel fut leur relations ? Ils se sont connus au niveau personnel ou seulement par musique interposée ?

Elito: Non, mon papa a eu des relations avec ces salseros parce que l’orchestre a beaucoup voyagé. « Mi Salsa Tiene Sandunga » est un morceau qui a été composé pour le programme de « Mi Salsa » qui a duré 11 ans à la Télévision Cubaine. Et le générique de l’émission c’était la Orquesta Revé.

Leonel: C’est pour cela que l’expression est restée que ton père est  » El Papa de La Salsa « 

Elito: Oui.

Leonel: C’est la vérité qu’Oscar D’Leon est venu dans votre maison à Guantanamo ou c’est une légende ?

Elito: Non, quand Oscar D’Leon est venu à Guantanamo, il a parlé avec mon père, j’étais un jeune à l’époque. Et Oscar D’Leon a joué à Guantanamo en 1983-1984…

Leonel: On dit d’Oscar D’Leon, qu’on appelle à Venezuela le Diable Rouge, qu’il est venu à la maison de la toupie et qu’il l’a faite virevolter !

Elito: Effectivement il l’a bien faite tourner ! Quand Oscar D’Leon est venu à Cuba et que j’étais encore jeune, il a joué la musique cubaine et il l’a très bien joué !

Leonel: Il a chanté Benny More…

Elito: Il a chanté Benny More, il a chanté de nombreux morceaux et c’est vrai qu’il a très bien chanté et qu’il a très bien interprété la musique de notre pays. Mon plus grand respect pour ce grand Sonero ! Oscar D’Leon !

Leonel: En continuant d’analyser la relation entre l’Orquesta Revé et la salsa, ce que tu nous a éclairci d’une manière inespérée, tu nous a expliqué que le jeu du Charangon prend sa source dans les racines profondes du Changüí.

Elito: Oui, nous jouons avec les racines profondes du Changüí mais que nous enrichissons. Quand tu écoutes l’Orquesta Revé en 1956, dans les années 70, 80, tu vas voir que la Orquesta a beaucoup évolué, tu te rends compte du temps qui a passé, des époques et des générations successives mais la sonorité, le style et el  » Sabor  » sont restés.

LES TROMBONES DU CHARANGON

Leonel: Et quand avez vous introduit les trombones ?

Elito: Les trombones sont entrés en 1983 -1984.

Leonel: Et pour quelle raison avez vous introduit les trombones? Est-ce dû à une influence de la Salsa New-Yorkaise ?

Elito: Tu vois, l’Orquesta était une charanga. Il y avait des violons, un piano, une flute mais dans les années 80, la musique populaire recevait déjà l’influence de Ruben Blades, Willie Colon, La Dimension Latina.

Leonel: Ainsi, ça sonnait plus moderne?

Elito: Le premier orchestre qui a introduit des trombones à Cuba fut l’Orquesta Revé.
Leonel: Oui parce que Juan Formell a adopté les trombones en 1989, donc après le Charangon.

Elito: Le premier orchestre qui a introduit des trombones fut l’Orquesta Revé, en 83-84 et le hasard a fait que, comme Pupy avait été le pianiste de la Revé au tout début, mon papa a appelé Pupy :  » Ecoute Pupy ! Je vais faire quelque chose… Je vais introduire des trombones dans mon orchestre ! Qu’en penses-tu ?  » Comme Pupy était aussi arrangeur il a fait les premiers arrangements de trombones à cette époque, et comme il était le pianiste de Los Van Van, il a dit à Juan Formell :  » Ecoute, La Revé va mettre des trombones et ca sonne vraiment bien « . Du coup Formell aussi a finalement introduit des trombones dans son orchestre. Ainsi fut l’histoire.

Leonel: Ca, apparemment personne ne le savait. Il faut venir chez toi pour le découvrir !

Elito: Pupy s’est associé avec mon papa comme ensuite avec Formell, mais mon papa a appelé Pupy et lui a dit :  » Ecoute, je vais faire un changement dans l’orchestre et je vais ajouter des trombones  » parce que le public écoute déjà la salsa qui arrive avec Dimensión Latina, Willie Colon, Rubén Blades, Oscar D’Leon et il y a un changement musical en cours, un changement de sonorité pour les danseurs. Mon père a eu cette vision et le premier orchestre qui a introduit des trombones fut l’Orquesta Revé. C’est aussi de ce changement qu’est sorti le nom de  » Charangon « .

NDLR: Je n’ai pas souhaité contredire El Maestro Elito à propos de la date de l’introduction des trombones dans Los Van Van qui en fait remonte à 1980, avec le disque  » Juan Formell y Los VAN VAN  » (le disque avec Juan Formell sur la moto : collection Los Van Van Vol.6). Apres vérification, nous pouvons confirmer que le premier disque de l’Orquesta Revé avec des trombones est sorti en 1982. Toutefois, la version d’Elito, même si sa chronologie n’est pas exacte, est néanmoins correcte : l’Orquesta Revé a bien introduit les trombones avant Los Van Van. Par contre il y aurait probablement beaucoup à dire a propos de savoir si l’Orquesta Revé était vraiment la première Charanga à utiliser des trombones…(merci a Claudio Marucci, alias Claudion, pour les éclaircissements)

Leonel: Parce que c’était une Charanga avec trombones !

Elito: Normalement une Charanga n’a pas de trombones. A Cuba on faisait un festival de Charangas en 81, 82. Mais en 1983, ils n’ont pas invité mon Papa au Festival de Charangas. Mon père leur a demandé  » Pourquoi vous ne m’avez pas invité au Festival cette année ? « . Ils lui répondirent  » Non, vous n’êtes pas invité parce que vous avez mis des trombones « . Elio Revé leur répondit  » Et bien si vous ne m’invitez pas au Festival de Charanga c’est que mon orchestre est un Charangon !  » et le nom de Charangon est resté !

Leonel: Ainsi fut rebaptisé l’orchestre !

Elito: C’est de là qu’est sorti le nom de Charangon.

Leonel: Mais que veut dire exactement « Charangon »? Une Charanga avec des trombones (en jouant sur la contraction phonétique) ou bien est-ce une grosse Charanga (à l’image des suffixes en ‘-on’ qui signifient gros à Cuba) ?

Elito: Un Charangon c’est une grosse Charanga avec des Trombones !

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Leonel: Peut-on dire que cette musique appartient au monde de La Salsa?

Elito: Nous appartenons au monde de La Salsa mais avec notre propre style et avec notre… La Revé ne ressemble à aucun orchestre de Salsa !

SAMA ?

Leonel: Vous avez votre propre style qui se reconnait aussitôt. Il y a un groupe qui se rapproche du Charangon, un groupe très récent qui a sorti un disque l’année dernière. Il s’appelle « Sama y Expreso de Oriente ». Tu l’as écouté?

Elito: Il y a un morceau de mon Papa qui dit : (Elito chantant) « Oye me Sama, Me siento morirme ¡ En el otro mundo no se puede guarachar ¡ Oye me Sama ¡ Me siento morir. Oye me Sama ¡ Kin Kon Kong Kin……. »

Leonel: C’est vrai que ce morceau s’appelle ‘Sama’ mais il y a aussi un groupe qui a sorti un disque sous ce nom. Je ne sais pas si tu l’as écouté ? Il s’appelle ‘Expreso de Oriente’.

Elito: Non.

Leonel: La prochaine fois je te l’offre. C’est une fusion entre le travail de la Revé et le travail de Los Van Van. Ils s’inspirent des deux et ca sonne plutôt bien. Continuons ! Ainsi donc vous appartenez au monde de La Salsa mais avec votre style, la richesse du Changüí, mais vous jouez de tout, des bombas, de la rumba, du son, du son montuno par exemple.

Elito: Bien sur car nous faisons une fusion, une fusion de styles. Regarde dans ‘A Sancochar Boniato’ il y a une Rumba mais après ca part en Son Montuno… Il y a une fusion. L’Orquesta enrichit beaucoup et de plus en plus.

Leonel: Et vous vous situez dans le monde de la Timba ou pas ?

Elito: NON, NOUS N’APPARTENONS PAS A LA TIMBA !

Leonel: Vous ne vous identifiez donc pas à la Timba ?

Elito: Nous avons notre identité propre!

LE MONDE PARTICULIER DU CHARANGON

Leonel: Permets nous des petites questions car le Charangon est un monde en soi ! Le Charangon a ses codes, son vocabulaire. Commençons par Pipi ! Vous chantez « Vamos hacer el Changüí en la casa de Pipi » (Allons faire le Changüí a la maison de Pipi). Qui est Pipi ?

Elito: Pipi est un changuisero qui vit à Yateras, une municipalité de la Province de Guantánamo. On fait le Changüí à la Casa de Pipi.

Leonel: C’est à la Loma Del Chivo?

Elito: Non, c’est ailleurs, Dans la province de Guantánamo mais il faut aller en brousse, dans un village à la montagne, Pipi vit dans les collines. C’est un changuisero.

Leonel: Et Nora aussi? (référence au CD « Changüí En Casa De Nora »)

Elito: Non, Nora est une changuisera qui vit à La Loma Del Chivo. Quand nous jouons à Guantánamo, à La Loma Del Chivo, nous faisons les Ajiacos à la maison de Nora. Ajiaco ! C’est un plat typique de Cuba et spécialement de Guantánamo. On y cuisine des bananes plantains, des patates douces et tous types de tubercules, on fait un Ajiaco ¡

Leonel: A Sancochar Boniato!

Elito: A Sancochar Boniato! Oui !
Leonel: Tu as des mots, des expressions uniques qui identifient le Charangon. Tu lances « E Cuajey ¡ », comment fais-tu ?

Elito: E Cuajey ¡

Leonel: Qu’est-ce que ca veut dire?

Elito: C’est une expression… »E Cuajey », « A Sancochar Boniato », « De que estamos hablando », ..

Leonel: Il y en a une que l’on m’a rapporté qui ne serait pas de toi. ¡Apréndetelo ¡ Apréndetelo ¡ (Apprends-toi (la leçon)!). On m’a dit hier que cette expression est en fait attribuée à Los Papines.
Elito: Ce sont des expressions pour la scène, pour le show, mais les gens les apprennent grâce à moi… C’est comme « Deja la Contentilla ! »
Leonel: Celle-là je ne la connaissais pas !
Elito: « Deja la Contentilla » c’est comme si nous allions à la maison de Franck ou chez toi par exemple et que tu me dises  » Mais pourquoi tu l’as amenée celle-là? Laisse tomber tes initiatives de m’amener ces gens chez moi ! « 
Leonel: C’est comme « Atrevimiento »! Comme « Quel Sans-Gene »!
Elito: Oui, un ‘atrevimiento’, « deja la contentilla » ¡ On va tous a la maison d’untel et on fait la fête et quand le maitre de maison arrive il dit :  » Et ce sans-gêne chez moi?! »

Elito Revé

LE DERNIER DISQUE « FRESQUECITO »

Leonel: Maintenant nous allons parler du disque « Fresquecito ». A quoi attribues-tu le succès de « Fresquecito » ? Nous avons parlé de la qualité de la composition des morceaux, mais je pense que c’est aussi dû aux ‘coros’ qui plaisent au public et qui se retiennent facilement…
Elito: Il faut reconnaitre dans ce disque le travail des arrangements d’Aisar. Aisar et moi nous nous réunissons souvent, moi au piano et Aisar a la basse, Aisar est un très bon arrangeur. Il m’a déjà dit ce que doit être la direction que je souhaite imprimer au Charangon. La pianistique de l’Orquesta Revé. Tous ces tumbaos sont les miens. L’Orquesta Revé a un jeu de piano très spécial, très parlant, c’est un langage. C’est un jeu de piano très transparent. […] Nous utilisons des accords majeurs ou des accords mineurs selon la séquence harmonique. Mais surtout nous ne compliquons pas tellement l’écriture pianistique de l’orchestre. Elle reste très simple, transparente mais avec beaucoup de goût et de sabor !

(Elito chantant)  » Kiki kun gun guen kun guen kun guen, kin kin guin guin, A Sancochar Boniato ken, Kon Kon Guen , KonKon Guen Kon guen… « 
Ca c’est ce que fait la basse de l’Orquesta Revé.

Aisar est un excellent arrangeur et il faut lui rendre hommage pour le travail des arrangements qu’il a réalisé sur ce disque.

Il faut aussi noter le remarquable travail des musiciens de l’orchestre.
Andy est un très bon batteur, un bon percussionniste. Ulises Benavides est le premier trombone.

Le grand travail de Pachy, le pianiste. En fait ce sont tous les musiciens qu’il faut remercier.

Dagoberto, LA VOIX, une voix claire, très propre, mais aussi El Sinsonte, la voix historique s’imposent fortement.

Leonel: Ca fait combien d’années que Pascual Ramos et Dagoberto sont entrés dans le Charangon ?
Elito: Dagoberto ca fait comme 10 – 12 ans et Pascual déjà 15 ans.
Leonel: Ce sont les voix qui permettent d’identifier la Revé aujourd’hui.
Elito: Ce sont les voix principales.
Leonel: Mais maintenant Pascual chantent moins de chansons, non?
Elito: Il en chante deux ! Le Changüí et …
Leonel: Il fait plus les chœurs qu’il ne chante comme voix principale, tu ne penses pas?
Elito: C’est que Pascual avait beaucoup de chansons à l’époque de « La Explosion Del Momento » et qu’il a une voix si particulière. Il aide énormément sur les chœurs. Rappelle-toi que pour chanter « Se formo la Ruñidera » (Elito chante de manière très aigue et nasale), pour tenir cette voix.. Il n’y a qu’El Sinsonte pour chanter comme ca. Et « Fresquecito ¡ »
Leonel: Il a une voix très nasale.
Elito: Nasale effectivement! Avec lui les ‘coros’ sont là-haut, là-haut, là-haut…
Il faut reconnaître le travail des chanteurs mais aussi celui du producteur du disque, Juan Manuel Ceruto. C’est lui qui a aussi produit la musique du film  » El Benny « .
Il faut remercier également la compagnie discographique cubaine, BIS Music.
Il s’agit d’un disque très pensé, très bien produit par Juan Manuel Ceruto, très bien orchestré et arrangé grâce à Aisar, et très bien interprété par tous les musiciens, Ulises, Dagoberto, El Sinsonte, Andy, Orlandito, Jorge-Luis el tresero, etc.
Ca a été un travail d’ensemble pour arriver à ce résultat.

Leonel: C’est ce que tu disais lors d’une interview à la radio hier, que vous avez réalisé un travail collectif. Vous travaillez vraiment de manière collective ? Comment ca se passe ? Aux répétitions, n’importe qui peut proposer quelque chose ?

Elito: Quelqu’un peut apporter une idée mais c’est Aisar qui va dire  » Allons dans cette direction  » ou bien  » Vous pensez qu’on peut faire quelque chose par là ? « . Je les écoute beaucoup. Mais ce sont eux qui viennent toujours consulter comment on va faire. C’est dans ce collectif que réside notre force et celle du disque « Fresquecito ».
Il y a eu aussi le travail de Robertòn.
Leonel: La Force…
Elito: La force, c’est à dire… ce type a beaucoup de talents et de facettes qui font qu’il mérite le Prix Cubadisco 2008 et le Prix de Fiestacubana. D’ailleurs tout l’orchestre mérite ces Prix. Il y a beaucoup de gens qui connaissent l’Orquesta Revé mais maintenant, avec la production de ce disque, mis a part les orchestrations et les arrangements, il faut avouer que ce disque est explosif… Cette sonorité! Il y a des personnes qui connaissent déjà l’orchestre mais bien d’autres qui nous découvrent avec une formule sonore différente et une cadence ajustée pour les danseurs… Quand c’est comme ça (Elito nous joue une cadence modérée en claquant des doigts), c’est là que se trouve le rythme adapté pour un morceau dédié aux danseurs.

On ne peut pas accélérer. Il faut conserver une cadence pour le danseur. Même celui qui ne danse pas va vouloir bouger avec ce type de rythme, ne serait-ce qu’en bougeant l’épaule.

Leonel: C’est vrai, vous jouez une musique populaire, destinée aux gens simples et chantée pour les danseurs.
Elito: (en chantant tout sourire) « Dale Agua Al Domino, … Con el doble nueve »
Leonel: Tu es le directeur de l’orchestre, tu es aussi pianiste mais tu es un terrible animateur de scène « E Cuajey ! »
Elito: « E Cuajey! A sancochar boniato! « 
Leonel: « De que estamos hablando », « Ke ke ke ke ke, Wayaaaa ¡ »
Elito: « Ke ke ke ke ke, Wayaaaa ¡ » Ce sont des petites choses qui plaisent au gens. Je le fais et ces petites phrases que je lance font que l’humeur se fait plus animée, plus cubaine…
Leonel: l’ambiance est plus amusante!
Elito: Oui, c’est plus divertissant, ca amène beaucoup de joie.
Leonel: Vous faites aussi un show sur scène, rien à voir avec La Charanga Habanera, mais vous amenez une joie, une accélération et ça se voit que vous êtes unis, ça fait partie du succès, ca aussi ?
Elito: Nous sommes un orchestre très uni, un orchestre très familial. Il y a une grande discipline aussi. Je travaille énormément, je suis un bourreau de travail. Quand c’est à 7 heures, c’est 7 heures, 8 heures, c’est 8 heures. Ca ne me plait pas de laisser un concert en plan. Chaque représentation à Cuba ou dans le monde me plait. Il ne m’est jamais arrivé de rater un concert jusqu’à présent.

La discipline est très importante pour moi. Je ne supporte pas le musicien qui a bu. Je suis très strict sur la discipline. Le succès d’un orchestre dépend tant de sa musique que de la discipline à l’intérieur du groupe.

Leonel: Effectivement je pense que les orchestres qui se sont maintenus avec succès à Cuba sont ceux qui appliquent une grande discipline comme le Trabuco, Adalberto Alvarez y su Son.

Elito Revé


LES CHAISES MUSICALES

Leonel: Je crois que tu n’as pas eu beaucoup de chance récemment avec tes derniers chanteurs, car El Bello et El Chino sont partis. El Bello est allé rejoindre La Charanga Habanera.
Elito: El Bello, Lázaro, je lui ai donné le nom de scène de ‘El Bello’
Leonel: C’est toi qui leur donne leurs surnoms ?
Elito: Oui, je leur ai donné le nom de ‘El Bello’ et de ‘El Chino’. ‘El Chino’ chantait dans le groupe Bakuleye et ‘El Bello’ était dans La (Charanga) Forever. Je l’ai découvert dans La Forever. Je l’ai énormément fait travailler. Il avait une bonne voix mais il venait d’un autre climat musical, avec l’orientation d’un autre orchestre, très bon certes mais pour entrer dans l’Orquesta Revé, il a fallu le mettre au Changüí, à la cadence du Changüí, à la rythmique de la clave. Cela a représenté un gros travail que nous avons fait au studio avec Aisar, Juan Manuel Ceruto. Une fois le disque enregistré et quand le disque sort, on ne sent plus tout ce travail, mais ‘El Bello’ est un chanteur excellent. On peut dire qu’il s’est réalisé dans cet orchestre. C’est l’Orquesta Revé qui l’a fait et pour chanter dans l’Orquesta Revé, il faut savoir chanter. Maintenant il est dans La Charanga Habanera mais j’ai désormais ‘El Galan’ et ‘El Chino’, pas le même mais un autre ‘Chino’.
Leonel: Un autre ‘Chino’?
Elito: ‘El Galan’ et ‘El Chino’. Je vous prépare des surprises. Au début de l’an prochain nous allons lancer deux nouveaux morceaux avec ces chanteurs. C’est une surprise. On continue avec « Fresquecito » mais on vous prépare pour le début de l’année prochaine deux morceaux avec ‘El Galan’. L’Orquesta Revé est un orchestre école […] mais pour chanter dans l’Orquesta Revé il faut vraiment savoir chanter et pour jouer dans l’Orquesta Revé il faut vraiment savoir jouer. C’est un orchestre qui forme et dont je ne suis pas seulement le directeur au niveau musical mais aussi pour la discipline. Nous sommes très exigeants. C’est la recette du succès. Et l’orchestre plait beaucoup, il plait beaucoup en Europe. Il y a une furie pour la Revé en Europe.
Leonel: Oui, tu as vu à Zurich, en France? A Montpellier, Paris, comment s’est formé le délire dès que le Charangon a commencé ?
Elito: Tu te rappelles du concert de Montpellier ? Et après c’était quelle ville ?
Leonel: Bordeaux !
Elito: Ca a été terrible. Il fallu remonter trois fois sur scène !
Leonel: Et a Paris ca a été l’explosion !
Elito: A Paris ce fut l’explosion. Maintenant je vais vous reprendre d’anciens succès de la Revé mais « Fresquecito » reste le grand tube.

EL NENE ET LA REVE

Leonel: En parlant de chanteurs qui sont partis rapidement, il faut parler du cas de El Néné, Alexei Moises Sanchez qui t’a composé « Ya No Te Doy Mas Na' »
Elito: El Nene est un grand chanteur, il a une disposition très particulière, un grand charisme mais… Tout mon respect à lui, il y a des choses avec El Nene, avec qui j’ai beaucoup parlé… Maintenant il est à Santa Clara. C’est un grand chanteur.
Leonel: J’aimais beaucoup comment il interprétait sa propre chanson.
Elito: (en chantant) « Ya no puedo darte lo que tu me … » Tu vois cette chanson, en 2007, en France ou bien à Zurich, et tout d’un coup El Nene me sort « Fiesta, lo que quiero es Fiesta , muchachita hasta que amanezca , Polepopepopaye, … ». C’est justement sorti lorsque nous sommes allés de France à un autre pays.
Leonel: El Nene était dans la Revé, il est parti pour Azucar Negra, pour Chispa (y Los Complices), il est revenu à La Revé, il est retourné dans Azucar Negra et il en est ressorti pour disparaître.

Elito Revé

UYUYUYE – FIN DE LA CONTROVERSE AVEC MICHEL MAZA

Leonel: Raconte-nous la légende de ‘Uyuyuye’. Comment a surgi cette chanson ? On parle toujours de la controverse de qui a inventé ce refrain, entre Michel Maza ou le Charangon ?
Elito: Dites donc, mais vous à Fiestacubana vous êtes au courant de tout !
Leonel: La dernière version qui m’a été rapportée c’est que finalement ce sont les deux qui ont créé cette chanson lors d’un concert à La Java à Paris, l’endroit était tellement petit et c’était l’époque à laquelle Michel était avec La Charanga Forever sur Paris. Il est venu au concert du Charangon à Paris à La Java, c’était plein a craquer, il faisait si chaud que Michel a lancé ce ‘coro’ et que vous en avez fait une chanson, c’est correct ? C’est la bonne version ?
Elito: Ecoute, ce fut ainsi. Michel Maza… Nous donnions un concert à La Java à Paris. Je ne me rappelle pas très bien l’année, ça devait être en 2002-2003 et donc, Michel est entré. Michel est un excellent chanteur charismatique et soudain il lance ce ‘coro’ « Uyuyuye, Que veo, tremenda… » et nous avons continué le morceau mais ca m’est resté dans la tête. Nous sommes rentrés par ici à La Havane puis nous sommes allés au Carnaval de Camaguey et j’ai lancé le fameux ‘coro’. Je te parle d’un concert devant quinze à vingt mille personnes sur la place. A la fin du concert je lance encore « Uyuyuye » et tout le monde me répond « Que veo, Tremendo Jalajala, Tremendo Traqueteo ». Je me dis  » Mais ça c’est un succès ! « 
Leonel: Ca a accroché !
Elito: Ensuite j’ai écrit les paroles, les orchestrations, j’ai tout fait.
Nous avons lancé ce morceau à la radio. Par exemple on a passé ce morceau dès le 1er Février et bien le 10 Février c’était déjà au top du hit parade à Cuba. En 10 jours c’est devenu un tube. Franchement, je ne sais pas ce qui s’est passé. Michel est un grand chanteur, un excellent chanteur, il a lancé le ‘coro’ mais celui qui a écrit les paroles, composé le morceau, c’est moi.

Leonel: Maintenant c’est clair mais il en est resté une jalousie ou bien tout est resté bien entre vous ?

Elito: Nous nous sommes entendus, Michel a compris et il m’a compris.
Leonel: De toute manière il est capable de lancer des ‘coros’ puissants à tout moment, il est tellement créatif ce Michel, c’est un cador.

Elito: C’est un excellent chanteur. Il a lancé ce ‘coro’ et j’ai vu que ce ‘coro’ avait beaucoup de force et nous avons monté la chanson avec l’orchestre.


ELIO REVE ET LE REGGAETON

Leonel: Le Charangon a son identité bien propre, toutefois je crois que le mot ou la question qui prédomine le marché actuel de la musique à Cuba c’est la question de l’identité cubaine. Je ne parle pas du Charangon, mais il semble qu’en ce moment beaucoup de musiciens se confrontent au Reggaeton qui marche très fort, et qu’ils se sentent forcés de se positionner par rapport au reggaeton. Tout ce qu’ils font se fait en réaction au reggaeton. Certains décident de faire de la musique avec du reggaeton, comme La Charanga Habanera ou même Bamboleo. Beaucoup de groupes assimilent le reggaeton et l’enrichissent. D’autres réagissent en refusant le reggaeton et vont rechercher les racines de la musique cubaine comme le son montuno, la rumba. Comment vois-tu le futur de la musique cubaine? En défense de la musique cubaine ? Tu perçois le reggeaton comme un danger ? Comment vois-tu la situation de la musique à Cuba ?
Elito: Bon, écoute. D’abord le reggaeton est un genre musical qui plait beaucoup aux Etats-Unis, à Puerto Rico, en République Dominicaine. C’est un rythme qui est déjà reconnu mondialement. Je ne crois pas que le reggaeton soit un danger pour la musique cubaine parce que la musique cubaine a déjà de nombreuses années. Je te parle de Benny More, Chappottin, Arcaño y sus Maravillas, je te parle des classiques, Pacho Alonso, Elio Revé, Rafael Lay, les grands chanteurs de boléro de Cuba. Cette musique ne disparaitra jamais parce que ce qui est bon est fait pour durer.

Qu’est-ce qui se passe actuellement. Le reggaeton est un genre établi et qui plait mais nous autres, les musiciens cubains, ce que nous faisons, c’est de la musique pour le peuple cubain. Nous devons faire de la musique bien faite et bonne pour qu’elle soit au même niveau que celle de la Revé, de Los Van Van, d’Adalberto et de Simonet, à côté du reggaeton.

C’est vrai qu’aujourd’hui le reggaeton est très populaire à Cuba mais quand je vais (jouer) à la Place (de la Révolution), à Santiago de Cuba, je rassemble les foules. Je jouais le 4 Avril à Santiago de Cuba et il y avait plus de treize mille personnes. J’ai joué à La Tropical, concert où tu es venu, et c’était plein.

Du coup je pense que le reggaeton est un genre musical qui est comme ce que fut à l’époque le cha-cha-cha. C’est un genre musical établi mais il nous faut faire de la bonne musique et défendre nos valeurs culturelles et notre identité culturelle afin que le reggaeton soit mais surtout pour qu’on continue d’écouter de la musique cubaine.
Il y a des gens qui vont écouter du reggaeton et d’autres qui vont écouter d’autres musiques, y compris la musique populaire cubaine. Il y a un public pour tous les genres musicaux. Ce qui est important c’est que la nouvelle génération des musiciens cubains, que les jeunes de 15 à 20 ans écoutent beaucoup de musique. Les jeunes gens qui sortent des écoles de musique sont des musiciens, de très bons musiciens, ils ont un grand talent mais ils doivent écouter de la bonne musique pour assurer notre relève, parce que Elito, ce n’est pas qu’il soit vieux, mais il n’est pas jeune non plus !

El Charangon à la Tropical

Leonel: Tu eres un temba que se mantiene ¡ (NDLR: référence à un coro de la Charanga Habanera : ‘Tu es un homme dans la force de l’âge et qui se maintient bien’)

Elito: Je suis mûr ! Je n’ai ni 20 ans, ni 30 ans, je suis un « temba ». Il faut assurer d’ores et déjà la relève pour dans 15 ans, la relève d’Elito Revé, de Formell, de Adalberto, de Simonet. C’est la dialectique de la vie. Si bien que notre fonction maintenant c’est de nous assurer que ces jeunes musiciens fassent de la très bonne musique populaire cubaine. C’est là que sont les racines et il y a de très bons jeunes musiciens avec beaucoup de talent… mais il faut faire de la bonne musique.

Il peut y avoir du reggeaton ou toute autre forme de musique, il y a un public pour chaque style.

Le reggaeton s’écoute beaucoup à Cuba. Tout mon respect aux grands reggaetoneros de Cuba, il y en a des bons comme Gente De Zona, Baby Llores mais la musique populaire cubaine est là aussi, et nous la faisons depuis des années. C’est la musique populaire cubaine faite par de grands musiciens comme Los Van Van, Adalberto, Pupy, Simonet, Le Charangon. Nous faisons de la musique pour les danseurs, et ce qui est bon ne se perd pas, ce qui est bon perdure. Comme Orquesta Aragón. Tu aimes Orquesta Aragón?
Ce qui est bon est fait pour durer !

Il faut aussi savoir ce qui plait au public. Aux concerts de La Orquesta Revé viennent danser des jeunes de 15-18 ans, rien de plus normal, mais il y a aussi des gens de 30 ou 40 ans qui dansent avec la Revé, même des gens de 50 ans. La musique populaire cubaine est éternelle parce que nous la portons dans notre sang. C’est notre manière de parler, notre manière de marcher, notre manière d’être.

ELITO REVE ET L’INSPIRATION

Leonel: Quelles sont tes sources d’inspiration, celle qui te coule dans les veines ? La vie quotidienne ou les chroniques sociales ? Ou as-tu d’autres sources d’inspiration comme la religion, la fête ou toute autre chose ? Par exemple ton papa a fait Papa Eleggua !

Elito: Nous faisons des morceaux en fonction du moment, avec des expressions cubaines, des surprises. Ce sont les moments forts de la vie cubaine qui nous inspirent. La manière de parler à Cuba, les dictons mais aussi la religion nous inspirent comme « Papa Eleggua », ou le morceau pour San Lazaro :

(Elito chantant) « Como se va al Rincón, caminando ¡ » … Comment va-t-on au Rincón ?

Leonel: Oui, en marchant !
Elito: En marchant. C’est une expression de Cuba. C’est pour cela que ces morceaux marchent si bien.

Leonel: Des morceaux très liés à la vie quotidienne, à la Cubania !

Elito: A la Cubania
Leonel: Y-a-t-il d’autres musiques qui t’inspirent ? Il y a un arrangement dans une de tes chansons qui est inspiré de la Samba, de la musique brésilienne. Je crois que c’est dans  » El Diñero « . Il y a un petit passage de Samba, n’est-ce pas?.
Elito: Oui un petit peu, mais pas plus.
Leonel: Tu écoutes d’autres musiques que la musique cubaine ? J’ai vu dans ta discothèque qu’il y a de la salsa, Ismael Rivera…
Elito: Ismael Rivera, Johnny Pacheco, Willie Colon, j’aime les classiques, Marc Anthony me plait, Oscar D’Leon. J’écoute tous types de musique.
Leonel: Et la musique africaine, le Jazz ?
Elito: la musique africaine, le jazz, la musique brésilienne, j’écoute de tout.
Leonel: Et le Funky nord-américain ?
Elito: J’aime Earth, Wind & Fire. Tierra Viento y Fuego! hahahaha
Leonel: Il y a d’autres musiques qui t’inspirent ?
Elito: J’aime la rumba, c’est la rumba qui me plait.
Leonel: C’est vrai qu’on sent beaucoup la rumba dans ta musique. Je ne sais pas si c’est la clave mais il y a toujours cette respiration de la rumba. Ca transpire la rumba.
Elito: Rappele-toi que la clave que nous utilisons est la clave de rumba !
(Elito chante et joue la clave de rumba avec ses mains) « Se lo llevaron todo, Y no quedo nadita! Se lo llevaron todo….. »

C’est la clave de rumba. L’autre c’est la clave de son. La clave de rumba est un peu plus en avant.

Leonel: Je crois que c’est celle qu’on identifie le plus à la clave cubana, celle qui donne une cadence plus enivrante.

Elito Revé

LES PROJETS DU CHARANGON

Leonel: Pour terminer et nous retirer, parlons de tes futurs projets. Tu nous as déjà dit que tu préparais deux morceaux avec ‘El Galan’. Quoi d’autre ? Des projets de tournées ?
Elito: En Juillet nous partons en tournée. Ensuite je crois que nous allons revenir en Europe au mois d’Octobre. Je pense aller au Mexique.
Je vais offrir au Musée de la Musique les premières timbales de mon père. Elles ont 52 ans et on peut lire  » Revé Changüí « . Je vais les remettre le 3 Juin ici à Cuba.

Leonel: Ca va être un événement culturel important.

Elito: Très important.
Leonel: Où est le Musée de la Musique ? Ici à La Havane?
Elito: Ici à La Havane. Il y a des objets et des œuvres de grands musiciens et moi je vais leur offrir les timbales de mon père qui disent  » Revé Changüí « .
Leonel: Tu rends toujours hommage à ton père. Dans les disques… Combien de disques sont sortis en hommage à ton père ?
Elito: La Orquesta Revé a réalisé 40 disques.
Leonel: Oui mais il me semble que c’est vital pour toi de toujours faire référence à ton papa. Pourtant tu t’es réalisé comme un grand directeur du Charangon ! Tu as gagné les Prix cette année, non ? Tu t’es fait un prénom !
Elito: Le temps passe. Ca fait déjà 11 ans que je suis le directeur de cet orchestre.

Leonel: Et tu prépares encore de nouvelles chansons!

Elito: Oui, nous préparons des nouveaux morceaux mais c’est une surprise ! Je ne peux pas en parler… Je sais qu’avec vous, tout va se… Bon, il va y avoir des surprises, c’est tout ce que je peux dire. Pour le début de 2009 et vous serez les premiers informés.
Bon je m’en vais ! Un grand Salut pour l’Europe et pour FiestaCubana.net de la part de Elito Revé y su Charangon
 » Uyuyuye, Que veo ¿ » « A Sancochar Boniato » « De Que Estamos Hablando?  » « Weaaaaa ¡ ».

Interview réalisée et traduite de l’espagnol par Leonel.
Crédits photos/vidéos : Patrick Bonnard

Site web : http://www.orquestareve.net/

LA MAQUINA PERFECTA démarre en trombe avec MONICA, la nouvelle diva de la Timba et bien plus…

ANGEL BONNE, Le Poète et La Conscience de la Chanson Salsera !

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Angel Bonne est une figure particulière dans le paysage de la musique cubaine. Il est né le 16 août 1961 à Santiago de Cuba. Il étudie la musique très jeune et se spécialise avec la clarinette. Il est diplômé de l’ENA en 1980. Ses qualités de saxophoniste lui permettent de collaborer avec de nombreux groupes comme Galaxia, l’orchestre de Santiago Feliu, celui de Beatriz Marquez (dont il fut le directeur), l’orchestre Granma (de Santiago de Cuba), l’ Orquesta Cubana de Musica Moderna (de Santiago de Cuba).

Il est avant tout connu pour sa participation à Los Van Van comme arrangeur, saxophoniste puis chanteur d’un des plus beaux succès du Tren : Havana City ! (Havana City, Havana Crazy, Welcome to the capital !) Il a aussi joué avec le groupe Sintesis et avec Irakere de Chucho Valdes et a enregistré comme saxophoniste sur les disques de Laronte, Amaury Perez Vidal et de Evelyn Garcia Marquez.

De même qu’un certain Osmani Collado de la Charanga Habanera, Angel est un musicien complet qui compose, arrange, joue le piano et le saxophone mais qui chante aussi magnifiquement avec un timbre posé et chaleureux… ‘Camina’ lance-t-il ! Sa voix s’unit à merveille avec celle d’Issac Delgado, légèrement rugueuse, nasale et si profonde ! A l’instar d’Issac il possède un swing propre, rumbero et des paroles qui touchent l’âme et la sensibilité des poètes de la nuit. Il démarre sa carrière solo au milieu des années 90.

Sa salsa n’est jamais agressive, mais elle est pleine de la force d’un héritage nourri des toutes les musiques cubaines, de la Salsa, du Son à la Rumba en passant par l’incontournable Pilon popularisé dans les années 50 par son père Enrique Bonne, grand compositeur de Santiago de Cuba, et par Pacho Alonso, le père d’un autre timbero bien apprécié, Pachito Alonso.

Angel Bonne est un libre penseur, à la personnalité à la fois douce et forte, ne suivant que son instinct et son destin, il délivre ici un message de simplicité et de sincérité loin des paillettes de la salsa spectacle qu’il qualifie de ‘Pura imagen, pura vestimenta !’

Angel m’a été présenté le 2 Octobre 2003, au Café Cantante Mi Habana par un ami commun, Osiris Martinez, le clavier de Pupy y Los Que Son Son (ex-Manolito y su Trabuco). Il m’a fait le cadeau par amitié de nous faire partager en Avril 2006 au même Cafe Cantante cette entrevue qui me semble révéler beaucoup de son âme d’artiste et d’homme simple.

La Habana – Café Cantante Mi Habana – Vendredi 21 Avril 2006
Propos recueillis par Leonel (LR), transcription & traduction Leonel, Zaida et Marbelis Reyes Reyes

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LR: Aujourd’hui nous allons faire l’interview de Ángel Bonne qui est un chanteur, un grand musicien qui joue du saxophone et d’autres instruments…

AB: Le saxophone je l’ai appris en chemin mais ce que j’ai étudie, c’est la clarinette. Je suis diplômé de l’école de musique pour la Clarinette.

LR: Mais tu joues aussi du clavier et du piano ?
AB : Le problème c’est que depuis tout petit je jouais le piano petit à petit, j’étais collé au piano.

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LR: Si car je t’ai vu chanter et jouer du piano lors de l’anniversaire de ‘Los Que Son Son’. Comme chaque musicien cubain, tu joues de tous les instruments mais tu le fais avec beaucoup de goût.

AB : C’est parce que je me suis bien préparé. Je suis un musicien académique. J’ai fini par chanter par hasard.

J’ai toujours aimé chanter mais je le faisais dans la salle de bain chez moi. J’ai toujours considéré que je n’aimais pas ma voix. Finalement une nuit bien arrosée, j’étais à la ENA (Escuela Nacional de Arte) lors d’une fête et je me suis mis à jouer de la basse et à chanter. Le lundi je me suis retrouvé avec 3 propositions de groupes de l’école pour chanter. Je leur ai dit « Je ne suis pas chanteur » et ils m’ont répondu « Non mais tu as beaucoup de feeling ». En définitive je n’ai pas donné suite même si je m’y suis essayé quelques fois.

Finalement (Juan) Formell qui est un type avec une grande vision commerciale, un jour quand il m’a vu chanter, m’a dit : « J’aime tes morceaux, choisis un morceau (parmi les miens pour un essai) » et j’ai sélectionné une chanson dans le disque ‘Disco Azucar’ qui s’appelle ‘Tania y Juan’ qui en fait est de son fils (NDT : Juan Carlos Formell qui vit aux USA) … Puis, ces jours la, Pupy est apparu. J’avais monté un morceau, un pot-pourrit de Cha-Cha-Cha… Il m’a écouté chanter et il m’a dit « je vais te dédier un morceau, un morceau que j’ai déjà composé mais que j’aimerais que tu chantes ».

Ce fut le morceau ‘Azucar’ qui au final eu un impact auprès d’un large public… un thème qui a reçu une grand succès pour le moins à Cuba.

A partir de ce moment il m’a fallu continuer à chanter pour les gens définitivement en pensant en premier au public.

LR : Alors finalement tu n’as jamais joué le saxophone ou la clarinette ?

AB: Bien sûr que si ¡

LR: Il faut expliquer au gens que Angel Bonne est le fils de Enrique Bonne et était l’un des chanteurs important de Los Van Van. Tu as enregistré 4 disques avec Los Van Van qui sont ‘Azucar’ ….

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AB : j’ai enregistré ‘Aquí el que baila que gana’, ‘Azucar’, ‘El Ultimo en Vivo’, ‘Llego Van Van’ (Grammy Awards) , j’ai enregistré le disque ‘En El Malecón’ … j’ai enregistré aussi tous les disques en tant que choriste car j’ai toujours gardé une relation d’amitié avec eux.

LR: Mais tu as aussi enregistré avec d’autres groupes comme Sur Caribe ?
AB: Avec Sur Caribe… J’ai participé à l’enregistrement d’environ 50 disques. J’ai participé aux disques de beaucoup de gens. J’ai enregistré comme 3 ou 4 disques avec Sur Caribe. J’ai enregistré avec La Ritmo Oriental… En cherchant plus loin j’ai enregistré avec La Barriada et beaucoup d’autres gens mais pour être précis …j’ai finalement beaucoup travaillé.

LR: Tu es diplomé de la ENA ¿

AB: Si

LR : La ENA est la ‘Escuela Nacional de Arte’. Quelle fut l’influence de ta famille sur ta musique ?

AB: Si tu savais… Contrairement à ce que les gens pensent, l’influence principale que j’ai reçue est venue de ma famille maternelle parce que la maman de ma maman, ma grand-mère maternelle, était professeur et mon oncle Pedro Julio Sánchez est saxophoniste et clarinettiste. Aujourd’hui c’est un vieillard… même si maman m’a aussi aidé, celui qui m’a aidé à passer les examens à l’école et à m’en sortir fut mon oncle maternel. C’est plus du coté de la famille maternelle qu’est venue l’influence génétique.

LR : Nous savons que tu as beaucoup travaillé avec Los Van Van mais ça fait un bail que tu est parti de Los Van Van et que tu as développé ton propre projet musical. J’ai 5 disques de toi, en fait 4 originaux mais il y en a un que tu dois me procurer. Il s’agit de ‘Pa’ decir lo que siento’ car il ne se trouve nulle part aujourd’hui.

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AB: Ah. Celui-ci s’est très bien vendu ! Paradoxalement ce disque fut très spécial. Ce fut mon premier disque que j’ai réalisé.

LR: Mais il est introuvable !

AB: C’est le disque que j’ai le plus vendu dans ma vie. Il a fallu que je me démène moi-même pour me procurer mon exemplaire. Le label avec lequel je l’ai enregistré était mi-vénézuélien, mi-cubain et ils en ont vendu partout.

LR: Cette musique, ce type de voix que tu as, le concept musical que tu as développé, c’est une musique qui nous plait beaucoup. C’est pour cela que nous sommes ici avec toi..

AB: Je vais te dire que nous allons faire un concert le 11 Mai (2006) a 7 heures du soir au musée national des Beaux-Arts de La Havane. Un concert de ‘Cancion’ (Chanson cubaine) pas de Salsa. En fait nous allons quand même jouer une Salsa pour être précis.

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Un concert de Chansons car je me considère comme un musicien de chanson cubaine. S’il fallait mettre une étiquette à ma musique, ce serait de la ‘Chanson cubaine pour danser’. Tu vois. C’est très différent de la Musique dansante (Musica Bailable). La musique dansante consiste à placer un chœur et tu le danses, et tous le monde danse comme on fait à Cuba. Ce que je fais ce sont des Chansons avec des histoires vécues, avec des situations précises auquelles on rajoute de bons refrains pour danser. C’est ça le concept.

LR: C’est ça le concept ¿ Car il y a de nombreux concepts en fait. Les paroles que tu écris… J’imagine que c’est toi qui les écris ¿

AB: Si, si Bien sûr ¡

LR: Les paroles que tu écris sont très belles. Il y a beaucoup d’harmonie, beaucoup de mélodie, c’est aussi ça ton concept musical… c’est plus des chansons que tu arranges comme de la musique dansante ?

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AB: Mon paradigme dans la musique c’est Ruben Blades ¡ Quand je suis parti de Los Van Van, je rêvais de faire de la Salsa de scène, de concert. Finalement les choses ne se sont pas si bien passées parce que à Cuba avec la scène, tu peux ‘mourir de faim’, car faire de la musique de scène ne génère pas assez de revenus pour se maintenir. Du coup, pour pouvoir me maintenir dans la vie nocturne de La Havane, pour pouvoir m’y faire ma place, et pouvoir manger à ma faim, pas seulement moi mais aussi les musiciens, il m’a fallu consacrer ma musique à faire danser le public. Mais ceci ne fut pas l’objectif initial.

Je vais donc faire un concert le 11 Mai a 7 heures du soir avec l’intention d’ouvrir cette porte. Pour voir si finalement je peux ouvrir cette porte et arriver à trouver l’espace dont j’ai besoin. Ce n’est pas que je méprise la musique dansante, j’aime la Salsa, le Son , la musique dansante cubaine, d’autant plus que mon propre père (NDT: Enrique Bonne) en est un représentant illustre du courant traditionnel dans ce pays, mais moi je suis définitivement une espèce de ‘Trovador’ (NDT : Trovador, terme proche des nouveaux troubadours comme Francisco Cespedes, Silvio Rodriguez, Pablo Milanes).


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Enrique Bonne (le papa)

Tu vois, un genre que j’aime et qu’ils appellent dans le monde anglo-saxon « History Telling » (NDT : raconter une histoire). J’aime raconter des histoires, j’aime raconter des histoires qui me soient arrivées à moi ou à d’autres personnes et dont j’étais témoin. Ou simplement des choses qui m’arrivent d’observer du fait de ma manière particulière de voir la vie. A Cuba ça a été difficile car les gens pensent que ma Salsa est sophistiquée et de ce fait ils n’ont pas la patience d’écouter un thème. Aujourd’hui le monde a perdu l’habitude d’écouter et en plus nous ne nous écoutons pas les uns les autres. Lorsque je regarde la TV et que je vois les ‘Talk-Show’ américains, les deux débatteurs se disputent et se crient en même temps, en fait ils ne s’écoutent ni l’un ni l’autre. Les gens n’ont plus la patience d’attendre. Tu me dis ce que tu dois me dire et je te dis ce que je dois te dire.

LR: Mais cela ne t’a pas contaminé car tu as suivi ta propre voie !

AB: Non car j’ai hérité du caractère de ma maman qui était professeur d’espagnol et de littérature. Elle est à la retraite maintenant.

LR: Un caractère fort avec beaucoup de sensibilité ?

AB: Si, un caractère fort mais avec beaucoup de patience. Il est très important d’être patient … comme on dit « S’il n’y a pas de pain, il y a du ‘Kasabe’ », il faut savoir attendre (NDT : le Kasabe est une galette de farine manioc). Et il faut avoir aussi beaucoup de volonté. Il est important de rester humble pour pouvoir démarrer de zéro et se voir soi-même et le monde avec objectivité. Si tu commences à croire que tu es un super-doué, t’es perdu en rase campagne ! En définitive il m’a fallu beaucoup travailler et ce travail m’a beaucoup coûté pour parvenir à ma situation à Cuba. Ca fait des années que je bataille.

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Cuba est un pays qui a un certain niveau d’éducation parce que l’Etat investit beaucoup dans l’éducation mais le public est principalement composé de danseurs. Le cubain ne pourra jamais s’asseoir seulement pour écouter des chansons. Du coup, je suis une espèce de personne qui nage à contre courant. Je n’en suis pas fier mais je suis tranquille avec ma conscience et je crois que la vie me poussera à l’endroit où je dois finalement être. Je n’ai pas plus de prétentions. Seulement je veux travailler et être comme ça.

LR : Je pense que toutes les valeurs que tu exprimes maintenant s’entendent dans ta musique.

AB: Merci.

LR: Ce sont des choses qui s’entendent et tu as un public exactement pour cela car tu as suivi ainsi ton concept original, le tien propre, qui a beaucoup de sens et de sentiments, et une harmonie qui te rendent unique.

AB: Merci, les principes, la manière dont chacun voit la vie, les principes de chacun se glissent dans le comportement quotidien et dans les chansons que l’on fait. C’est une chose qu’on ne peut empêcher. J’ai décidé de m’assumer pleinement, et de ne pas essayer d’être un autre car je pourrais parfaitement faire choriste et bien d’autres choses qui marcheraient bien mais je veux faire seulement ce qu’il me plait et je préfère mourir avec la conscience tranquille… Je voudrais en profiter pour te remercier pour la sensibilité que tu portes en toi…

LR: Merci. Après un an, as tu eu beaucoup de changements dans ton orchestre ? Il y a des têtes nouvelles non ?

AB: Si, si il y a eu des changements. D’abord la fille que tu as vue chanter et jouer du Güiro est nouvelle.

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Est aussi entré dans l’orchestre un nouveau trompettiste qui est le mari de la fille et qui jouait avec La Caro Band. C’était un de mes musiciens il y a des années. C’est une histoire très intéressante car il est parti d’ici grâce à un contrat qu’ils lui ont proposé au Pérou et il a commencé à faire des allers-retours. Au final, il a atterri dans La Caro Band. Ensuite La Caro Band a eu un problème avec leurs instruments qui sont restés boqués au Pérou et lui a commencé à travailler avec moi pour gagner un peu d’argent et il m’ dit qu’il ne voulait plus s’en aller de mon groupe. Il voulait travailler dans mon groupe et ceci ne fut pas un problème pour moi car je partage avec les gens de La Caro Band beaucoup de tendresse et parce que Blas et Marta Caro (NDT : Blas Munoz Gaston est le Directeur, Compositeur et bassiste de La Caro Band et Marta Caro, son épouse, est chanteuse avec ses sœurs Lisett, Diana et Odalys) sont des amis depuis l’école et sont des gens que j’apprécie beaucoup.

 

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Lisett Caro

Il avait de la peine et il m’a dit : « Ecoute, je voudrais jouer dans ton groupe, car ma femme y est déjà et il y a aussi mon frère.. en effet l’autre trompettiste et moi sommes comme des frères ou quelque chose comme ça..je voudrais rester ici ».

LR : Et maintenant les trompettes sonnent bien et fort.

AB : Effectivement

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LR : Je suis heureux de voir que nous avons les mêmes amitiés. La Caro Band ont été mes premiers amis à Cuba.

AB: Eh bien, Marta et Blas sont mes amis depuis l’école. Ca fait 30 ans que nous nous connaissons.

LR : Et tu t’entends bien avec Pupy, une personne que nous aimons vraiment beaucoup.

AB : C’est clair. C’est mon frère.

LR: Tu as aussi travaillé avec Jeni, Jeni Valdez, que tu connais bien aussi..

AB : Jeni et moi sommes des amis. Elle a enregistré dans mon dernier disque qui s’appelle ‘Por favor escúchame’.

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Dans mon dernier disque ont enregistré le trombonne, Hugo Morejon, le premier Trombonne de Los Van Van et aux chœurs ont chanté Jorge Leliebre (flutiste et choriste de Los Van Van), Jeni Valdez et Mayito Rivera avec moi. Et Pupy a enregistré un morceau . ainsi j’ai une bonne relation avec de nombreux musiciens qui me sont proches.

LR : Quels sont tes projets pour l’avenir ¿ Aujourd’hui la majorité des morceaux provenaient de tes 2 derniers disques. La première chanson est nouvelle ?

AB : Non, le premier morceau provient du deuxième disque. Ce qui se passe c’est qu’il fut enregistré dans le disque “Circunstancias”. C’est le pire disque que j’ai fait dans ma vie.

LR : Le pire ! pourquoi ?

AB : Parce que… Tu vois… ce disque a une caractéristique… J’avais déjà fait le premier disque “Para decir lo que siento” qui s’est ensuite tres bien vendu en dehors de Cuba. A Cuba, cela plaisait à certains mais les gens me critiquaient parce que c’est une Salsa douce si bien que dans le deuxieme disque “Circunstancias” j’ai voulu essayer une Salsa plus dure et ce qui en a résulté fut une horreur avec laquelle je ne suis pas satisfait et c’est le seul disque dont je ne parle pas si on ne me pose pas la question.

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Ce morceau vient de ce disque. J’ai un plan parce que ce disque “Circunstancias” contient de très bons morceaux mal produits et mal arrangé… J’ai le projet de réformer ces morceaux en les insérant dans mes prochains disques… Dans le prochain disque il y aura certains des ces morceaux.

LR: Donc après celui-la, il y’aura un nouveau disque ?

AB : Mon label discographique m’a dit qu’ils m’appelleront à partir du mois de Juin pour nous mettre en contact pour faire quelque chose avec ce disque. Ainsi donc nous avons un disque en préparation dans lequel il y aura un duo avec Alain Daniel, le gars de Bamboleo, nous allons donc l’inviter d’autant plus que je l’aime beaucoup sur le plan personnel. Je vais aussi faire un duo avec une grande amie qui s’appelle Miriela Moreno, de ‘Aceituna Sin Huesos’. D’ailleurs elle-même ne le sait pas ! Elle s’en rendra compte seulement en entrant au studio.

LR : Ecoutez moi cette nouvelle ! Qu’elle même ne le sait pas !

AB : C’est une de ses chansons que je vais enregistrer. J’ai déjà fait les arrangements et le morceau est quasiment monté…. Mais si je le monte et que je commence à le jouer, ca va me fermer la porte de l’effet de surprise car elle vient régulièrement à mes concerts. Aujourd’hui il se trouve qu’elle n’est pas venue. Ca sera un disque intéressant car ça sera un disque varié. J’aime bien varier les styles. Personnellement je n’aime pas sentir que ‘c’est Salsa’ ! D’autant plus que même ceux qui génèrent beaucoup d’argent avec la Salsa comme Gilberto Santa Rosa font des disques variés… et Victor Manuelle fait des disques variés, Luis Enrique Mejías (Salsero du Nicaragua) fait des disques variés.. Je ne le fais pas parce que eux le font mais parce que j’aime varier et mélanger les genres.

LR : En effet, tu introduis le Pilon, la Cancion, etc.. Si, entra el Pilón, la Canción

AB : Oui, oui. Il y a un morceau que j’ai dédié à Jennifer Lopez

LR : Ah oui ?

AB : Oui, oui. Je me suis mis à regarder le film “Planeadora de Boda” (NDT : Planes de Boda , The Wedding Planner) et il y a une scène particulière où elle nage avec Matthew McConaughey et l’autre protagoniste … Elle recule et elle regarde la fille, Non, elle regarde Matthew d’une manière qui m’a inspiré cette chanson. Du coup cette chanson sera dans le prochain disque probablement. Si je continue à préparer un disque juste de chansons et non de salsa, alors je la laisserai pour ce disque.

LR : Donc la peinture qu’il y a dans tes mains sur la couverture du disque “Bonne & Bonne Co.”, quand tu la mélanges dans tes mains , cela veut dire ce que tu fais en musique ?

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AB : Exactement. Mais tu vois, il y a une chose que les gens ne savent pas c’est que je suis fanatique de Rock, je suis fanatique de Iron Maiden, de Steven Tyler (NDT : chanteur d’Aerosmith) , c’est mon chanteur préféré.

(NDT : ….Angel Bonne entonne alors le refrain d’une chanson d’ Aerosmith….)

Je suis aussi un grand admirateur de Stevie Wonder. J’aime beaucoup sa musique. Je suis très varié. Je suis issu d’une génération qui a grandi en écoutant Earth Wind & Fire, Commodores, Lionel Ritchie, etc. Donc j’ai cet héritage varié en même temps que nous écoutions Los Van Van, Irakere. Nous avons en nous ce mélange de genres ainsi je crois que cela se traduit dans mes chansons.

Au final, tu vois, ce que je veux, comme je vais atteindre mes 45 ans, ce que je veux c’est me réaliser moi-même. Ca m’intéresse de rendre les autres heureux mais sans devoir faire des concessions pour qu’ils soient heureux. Donc ce que je veux faire c’est seulement ce qu’il me plait , ce qu’il me plait avec la musique. Et quand tout se terminera, je pourrai mourir heureux ! (Il rit) Quand la place me sera retiré, quand tout s’arrêtera je m’assiérai à la maison pour profiter de mes enfants !

LR : Tu continues ton chemin ¡ Avec beaucoup de paix dans la tête et dans le coeur! Bon une dernière question… Quel est le message que tu souhaiterais envoyer au public francophone de Fiestacubana.net ?

AB : Que tous les problèmes des français de résolvent (NDT : l’entretien se déroule juste après les grandes grèves étudiantes contre le Contrat Nouvelle Embauche, CNE, du premier ministre Dominique De Villepin). Que les français aient une vie plaisante, agréable, pleine de paix et de Salsa, qu’ils dansent et se divertissent car la vie est unique et elle est très courte. Et si je peux leur apporter un peu de bonheur, c’est avec beaucoup de plaisir !

LR : Voila ¡ Tu sais que tes chansons sont appréciées dans les discothèques ou nous autres DJs officions et nous espérons que un jour nous pourrons partager tes chansons ‘en vivo’ en France ¡
(NDT : Angel Bonne me tend son verre de bière pour trinquer ….)

AB : Ceci n’arrive pas à devenir une faiblesse pour moi mais c’est quelque chose que j’adore, boire de la bière !

LR : Boire de la bière c’est bon ! C’est comme ça que nous partageons tous !

AB : Oui mais c’est un anti-chanteur ¡ Tu savais que les chanteurs ne boivent pas de bière, ils boivent du Rhum pour les cordes vocales. Les gens disent « les chanteurs ne boivent pas de bière » mais moi je ne suis pas un chanteur, je suis un musicien qui chante. De toute manière on va tous mourir.. Je dois boire ma bière et mourir heureux avec ma musique et ma bière ! Merci.

LR : Merci beaucoup !

Discographie :

Angel Bonne y su Grupo :
• Para Decir Lo Que Siento
• Circunstancias
• Esta Es Mi Musica
• Bonne & Bonne Co.
• Por Favor Escúchame

Los Van Van
• Aquí el que baila gana
• Azucar
• Lo Ultimo en Vivo
• Llego Van Van…Van Van is here (Grammy)
• Chapeando

Cesar “Pupy” Pedroso
• Fruta Prohibida – «Será que se acabó» : duo avec Issac Delgado
• Pupy Y Los Que Son Son: Timba – The New Generation Of Latin Music
• Pupy Y Los Que Son Son: De La Timba A Pogolotti – «Parece Mentira» & «Ya tus campanas no suenan»

Ritmo Oriental
• Euforia Cubana – «Los tocadores de Güiro».
• Mucho Más Que Éxitos… Enrique Lazaga Y La Ritmo Oriental – «Mujer» de Agustín Lara

Sur Caribe
• Caminando – «Tu negro está sufriendo»

La Barriada
• Adios La Tristeza

Clave Y Guaguancó
• La Rumba Que No Termina – «La rumba de la corbata»

Martin Richard Lehner « El Zorro »
• Volando

Fidel Morales
• Salsa Son Timba: Fidel Morales & Proyecto Nega

Augusto Enríquez
Homenaje a Benny Moré – «Deja que suba la marea» duo avec Angel Bonne et Augusto Enríquez .

Todos Estrellas – EGREM
• Yo Si Como Candela – «Esas no son cubanas» de Ignacio Piñeiro

Various Artists
• !Gracias Formell! – «La Habana Joven»
• Cuba en Navidad – «Noche de paz» en versión de Guaguancó
• recopilaciones de Música Cubana para ARTEX y EGREM
• Cuba Forever – «La Habana no aguanta más» de Juan Formell & «El rico pilón» de Pacho Alonso
• Cubamanía – «Lo tuyo es llegar» y «Pura Vestimenta» d’Angel Bonne.
• 200% Salsa – «Pepe Cabecita» de Enrique Bonne avec son groupe

Eugenio Acosta
• De allá para acá – «Para que volver» (Tite Curet Alonso ,Cheo Feliciano).

Enregistrements exceptionnels :
• «Acuérdate de Abril» de Amaury Pérez, en célébration du 4 Avril 1996.
• un morceau de Adalberto Alvarez en célébration du 28 Juillet.

Angel Bonne a aussi participé à l’enregistrement de nombreux disques comme instrumentiste :
2 LD de l’auteur, compositeur interprète cubain Amaury Pérez: “Estaciones de vidrio” y “De vuelta”, solos de saxophone et de clarinette.
LD de Edesio Alejandro, solo de saxophone.
CD de Richard Egües, solo de saxophone.
LD de Annia Linares, solo de saxophone.
CD de Laronte, solo de saxophone.
CD de Evelín García, solo de saxophone.
DD de Augusto Enrique, solo de saxophone.
CD de María Antonieta, solo de saxophone.
CD de Grupo Galaxia, solo de saxophone.