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Yo soy el son cubano

Yo soy el son cubano

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Ce son, écrit et composé en 1955 par P. (?) Salazar évoque l’histoire de ce style musical, né dans les villages réculés de l’Oriente cubain avant de descendre vers les villes.

Dans son imp

Il figure au répertoire de très nombreux orchestres, dont la Sonora Matancera, l’orchestre de Joe Quijano, La charanga cubana, ou encore Paquito Guzmán.

Je vous propose de l’écouter dans la version de Antonio Machín (qui fut aussi l’une des toutes premières à être enregistrée, voir photo) tout en lisant le texte original en espagnol et sa traduction en français.

Bonne écoute et bonne lecture !

Fabrice Hatem

rovisation finale Antonio Machin évoque également les dangers que faisaient peser sur lui à l’époque la concurrence d’autres styles mus

Yo soy el punto cubano

Yo soy el punto cubano

ImagePour consulter une traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : yosoy.

Ecrite en 1947 par Celinia González et Reutilio Dominguez, cette chanson utilise les structures du punto cubain traditionnel : successions de strophes composées de vers de huit ou dix syllabes, accompagnement de guitare.

Comme beaucoup d’autres oeuvre du répertoire de Celinia González[1], elle exalte l’une des composantes du patrimoine culturel cubain – ici, le punto – et, à travers celui-ci, l’histoire toute entière du pays.

La simplicité de ses paroles et de sa musique, l’interprétation énergique de la chanteuse, son style populaire teinté d’un patriotisme sans complexe, expliquent sans doute le succès immédiat rencontrée par cette chanson dès sa création.

Je vous propose de l’écouter dans une interprétation assez « kitch » de Celina González, tout en lisant ma traduction.

Fabrice Hatem

Yo no me parezco a nadie

Yo no me parezco a nadie

ImageL’oeuvre

Cette salsa-timba de Leonel Limonta a été enregistrée en 1997 par le groupe Bamboleo dans l’album éponyme, avec les voix de Haila Monpie et Vania Borgès, accompagnées par Alejandro (Borrero) et Rafael (Labarrera).

Le texte témoigne de l’intense rivalité existant entre les orchestres cubains, ainsi que de la violence verbale de certaines paroles de timba. S’adressant à un imitateur ou plagiaire inconnu, l’auteur lui reproche son manque d’inspiration et d’originalité, tout en vantant ses propres mérites artistiques.

Juste avant la publication de cet album, qui fut un grand succès, Léonel Limonta quitta le groupe Bamboleo pour fonder son propre orchestre, Azucar negra.

Fabrice Hatem

 

Ses interprétations par l’orchestre Bamboleo

Enregistrement « live » en concert (date et lieu non précisés)

Ses paroles en espagnol[1]

Sa traduction en français

Yo no me parezco a nadie
(Léonel Limonta)

Por que razon
Que tengo que admitir
Que te parezcas a mi
Si no soy como nadie?
Y por que razon
Quieres aparentar
Que eres original
Y no enganias a nadie?
Si en tu interior
No llevas la creacion
Te falta inspiracion
Para enfrentar el reto.
Sera mejor,
Que olvides de una vez
Que soy lo que tu quieres ser
Y te exigo un respeto
Porque mi musica esta natural,
Porque mi canto es original,
Porque mi orquesta tendra similar,
Pero tiene un sello
Que hay que respetar. (bis)

Quieres que te diga una cosa,
Te diga una cosa?
Tu te pareces a mi.
Pero yo, yo no me parezco a nadie.

A la hora de expresar la musica
Que llevamos por dentro,
Lo hacemos con sentimiento original
Y sabrosura natural.
Si quieres que te diga una cosa
Te digo que
Te diga una cosa
Tu te pareces a mi.
Pero yo, yo no me parezco a nadie.

Yo no me parezco a nadie
Y lo digo con orgullo
Y honor a la verdad
Aqui cada cual
Nace con lo suyo
Si quieres que te diga una cosa
Te diga una cosa
Tu te pareces a mi.
Pero yo, yo no me parezco a nadie.
Y no quiero mala interpretacion
De lo que digo en mi canto,
Somos pioneros,
Somos sinceros,
Somos los nietos de los abuelos del son
Ay que se cae, te asseguro que se cae
Aguantalo
Y si te encuentra a uno
Que sea como yo,
Empujalo que es de carton (rép.)

Ay empujalo y veras como cae
Como una hoja que lleva el viento
Y a que te caes
Y no levantas
Y asi que no quiero inventos… ni cuentos
Y si te encuentra a uno
Que sea como yo,
Empujalo que es de carton (bis)

Porque vengo de Cuba
La tierra de los soneros
Estudiados hoy, recordados hoy
Y por eso lo veo primero
Cuba libre Cuba hermosa
Cuba y su jardin de rosas….

(Fin de l’improvisation non reproduite)

Je ne me compare à personne
(Traduction de Fabrice Hatem)

Pour quelle raison
Devrais-je admettre
Que tu te compares à moi
Si moi je ne ressemble à personne ?
Et pour quelle raison
Veux-tu faire croire
Que tu es original
Si tu ne trompes personne ?
Si, au fond de toi
Tu m’arrives pas à créer
S’il te manque l’inspiration
Pour affronter le défi
Il serait meilleur
Que tu oublies tout une bonne fois
Je suis celui que tu veux être
Et j’exige de toi le respect.
Parce que ma musique est naturelle
Parce que mon chant est original,
Parce que mon orchestre sera imité,
Mais il possède un cachet
Qu’il faut respecter.

Veux-tu que je te dise une chose,
Te dise une chose ?
Tu te compares à moi
Mais moi, je ne me compare à personne.
A l’heure d’exprimer la musique
Que nous portons en nous-mêmes,
Nous le faisons avec un sentiment original
Et une saveur naturelle
Si tu veux que je te dise une chose
Je te dis que
Je te dis une chose
Tu te compares a moi
Mais moi je ne me compare à personne
Je ne me compare à personne
Et je le dis avec orgueil
En respectant la vérité
Ici-bas, chacun de nous
Naît avec ses qualités
Veux -tu que je te dise une chose,
Te dise une chose ?
Tu te compares à moi
Mais moi, je ne me compare à personne
Et je ne veux pas qu’on interprète mal
Ce que je dis dans ma chanson
Nous sommes pionners
Nous sommes sincères
Nous sommes les petits-enfants des grands-parents du Son.
Ah il tombe, je t’assure qu’il tombe
Tiens le coup
Et si tu rencontres quelqu’un
Qui paraît me ressembler
Pousse-le de coté, c’est du carton-pâte.
Ah ! Pousse-le et tu vas le voir tomber
Comme une feuille poussée par le vent
Et toi aussi tu tombes
Et tu ne construis pas
Et je ne veux ni inventions, ni contes
Et si tu rencontres quelqu’un
Qui paraît me resssembler
Mets-le de coté, c’est du carton-pâte
Parce que je viens de Cuba
La terre des soneros
Aujourd’hui étudiés, enregistrés
Et c’est pour ça que j’en témoigne.
Libre Cuba, beau Cuba
Cuba et son jardin de roses.

(Fin de l’improvisation non traduite)

Références complémentaires

Sur la trajectoire artistique de Leonel Limonta

Sur le groupe Bamboleo


[1] Le texte est basé sur la version de l’enregistrement en studio proposé en lien. Les parties interprétées par le chœur figurent en italiques.

Ven Bernabé

Ven Bernabé

ImagePour consulter une traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : ven.

Composée au cours des années 1950 par Santiago Ortega Gonzalez et Agustín Lara, cette chanson évoque les malheurs de la négritude.

Sa construction est a priori un peu déroutante, puisqu’elle se compose de deux parties très distinctes et à première vue sans lien : une première partie, écrite sur un rythme de Son, consacrée à la description assez vivante, presque gaie d’un personnage peu sociable, ce fameux Bernabé qui refuse de participer aux fêtes de ses amis et frères de couleur ; et une seconde partie, aux magnifiques tonalités de blues, évoquant les malheurs de la race noire. Peut-être faut-il comprendre que Bernabé ne veut pas faire la fête car sa tristesse devant cette infinie tragédie est trop forte ?

Ce thème a été popularisé à la fin des années 1950 par les interprétations de Celia Cruz, accompagnée par l’orchestre Sonora Matancera. Je vous propose de l’entendre dans un de ces versions, tout en lisant ma traduction.

Fabrice Hatem

 

Veinte Años

Veinte Años

Image Pour lire une traduction de ce texte, cliquez sur le lien suivant : Veinte.

Veinte años est une Habanera composée en 1935 par la célèbre chanteuse Maria-Teresa Vera (1895-1967) sur des paroles de Guillermina Aramburu. Interprétée depuis par de très nombreux chanteurs – en général sur un rythme de Boléro – elle a accédé au cours des quinze dernières années au statut de « hit » planétaire grâce à l’interprétation de Omara Portuondo dans le film Buena Vista Social Club.

 

Je vous propose d’écouter ce thème dans une interprétation de María Teresa Vera et Rafael Zequeria, tout en lisant ma traduction.

A noter qu’en 2009, les studios d’animation de L’ICAIC (Institut cinématographique cubain) ont produit, sous la direction du jeune réalisateur Bárbaro Joel Ortiz,un court-métrage intitullé Veinte años, et consacré au thème de la violence domestique.

Fabrice Hatem

Vecina, préstame el cubo

Vecina, préstame el cubo

Image L’œuvre

Vecina Préstame El Cubo est un Son Montuno composé par Arsenio Rodríguez, qui en fut également le premier interprète avec son célèbre Conjunto. La fraîcheur populaire et coquine des paroles ferait presque oublier la virtuosité technique des interprètes.

Cette œuvre apparaît en effet, à l’instar de beaucoup d’autres Sones, comme une petite scène comique, tirée d’une chronique de la vie quotidienne dans les quartiers populaires de Santiago de Cuba ou de Centro Habana, avec ses discussions et ses petites disputes entre voisins, l’inévitable intervention des badauds, etc.

Sa subtilité particulière tient au fait que c’est ici la structure même du Son Montuno – le dialogue entre le soliste improvisateur et le chœur répétant de manière obsédante son petit refrain, tandis que la partie instrumentale monte progressivement vers un climax – qui est utilisée au service de la théâtralisation. Il est clair en effet que l’insistance intrusive du voisin (exprimé par le refrain), alors même que le personnage féminin a d’emblée exprimé son refus de prêter son seau, provoque chez elle une exaspération progressive. Celle-ci se traduit par de savoureuses improvisations utilisant toute les nuances du « non », depuis le refus poli jusqu’à l’expression d’une colère ouverte, tandis que la montée en puissance de l’orchestre souligne son agacement croissant.

Le second ressort comique tient, bien sur, à l’utilisation d’un double-sens licencieux. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que derrière la demande du prêt d’un ustensile domestique, se cache une solicitation beaucoup plus intime. Cette formule est fréquente dans la chanson cubaine populaire – notamment dans les guarachas -, comme en témoignent les quelques exemples suivants :

Tula est comme une flamme / Appelle les pompiers / Elle est vraiment brûlante, Tula !! / Eh ! Les gars !! Elle est chaude / Tendez les cuirs de vos tambours !! (El cuarto de Tula, improvisation d’Ibrahim Ferrer, sur un texte original de Gonzales Siaba Sergio Eulogio).

Quand Juanica et Chan Chan / Tamisaient le sable dans la mer, / Et qu’elle remuait son petit panier / A Chan Chan, ça lui f’sait d’l’effet (Chan Chan, Francisco Repilado, 1987).

Je connaissais un cuisinier / Qui préparait le mabinga / Et il écrasait les gousses d’ail / Avec la tête de son mortier / Comme dansait la Tomasa / Dans le quartier de la Timba[1](La Negra tomasa, Guillermo Rodríguez Fiffe)

Petite chatoune et gros kiki[2](Cucarachita, cucarachon, Roberto Roena).

Mélange d’humour, de talent musical et de modestie, Vecina Préstame El Cubo prend place selon moi au rang des chefs d’œuvre majeurs du génie populaire cubain. En témoigne d’ailleurs le succès jamais démenti de ce titre, encore repris récemment dans des versions Timba décoiffantes, par d’aussi prestigieux orchestres que NG la Banda ou Pupi y lLos que Son, Son.

Fabrice Hatem

Quelques-unes de ses interprétations


Pupy y Los que Son, Son, concert à Bordeaux, 2009

Pupy y Los que Son, Son, émission TV

– Omara Portuondo avec Pupy y los que Son Son (désactivé)

Le texte en espagnol
(Version de Omara Portuondo)[3]

La traduction en français
(par Fabrice Hatem)

Vecina, préstame el cubo

Vecina, vecina! ¡Préstame el cubo!

Vecina, vecina, vecina préstame el cubo
Vecina, vecina, vecina préstame el cubo

No te lo puedo prestar
Pídeselo a mi marido
Me lo tiene prohibido
Yo no te lo puedo dar

Vecina, vecina, vecina préstame el cubo

¿Chico hasta cuándo me vas a pedir el cubo, chico?

Vecina, vecina, vecina préstame el cubo

Veras que ahorita me subo
Y el relajo se termina
Yo sola no tengo cubo
Pídeselo a Alejandrina

Vecina, vecina, vecina préstame el cubo

Compadre pídeselo a Alejandrina

Vecina, vecina, vecina préstame el cubo

¿Qué hubo viejo, qué hubo?
Deje ese desataría
Desde que amanece el día
Me estás pidiendo el cubo
Me lo tiene prohibido compay
¿No entiendes?

Vecina, vecina, vecina préstame el cubo
Vecina, vecina, vecina préstame el cubo

¡Oiga vecina!
¡Ay! no se ponga en majadera
Que soy yo el que la llama
Préstame el cubo de cargar el agua

Vecina, vecina, vecina préstame el cubo
Vecina, vecina, vecina préstame el cubo

Te lo dije ayer te lo digo hoy
No me pidas mas el cubo no lo doy

Vecina, vecina, vecina préstame el cubo

Óigame conmay controle sus arranques
No me digas que no hay
Y préstame el cubo grande

Y allí viene Cotó[4]
Pidiendo el cubo también
¡Juega tresero!

Vecina, vecina, vecina préstame el cubo
Vecina, vecina, vecina préstame el cubo

 

Voisine, prête-moi ton petit seau

Voisine, voisine, prête-moi ton petit seau

Voisine, voisine, prête-moi ton petit seau
Voisine, voisine, prête-moi ton petit seau

Je ne peux pas te le prêter
Demande donc à mon mari
Parce qu’il me l’a interdit
Je ne peux pas te le donner

Voisine, voisine, prête-moi ton petit seau

Dis, petit, pendant combien de temps tu vas me le demander, petit ?

Voisine, voisine, prête-moi ton seau

Eh, tu commences à me fatiguer, dis !
C’est fini la plaisanterie
J’ai pas de seau pour toi, voila
Demande à Alejandrina

Voisine, voisine, prête-moi ton petit seau

Mais mon gars, demande-le à Alejandrina

Voisine, voisine, prête-moi ton petit seau

Mais qu’est-ce qui t’arrive, mon coco ?
Arrête donc tes simagrées
Depuis l’début d’la matinée
Tu me demandes ce petit seau
Mon mari me l’interdit, mon gars,
Tu comprends pas ?

Voisine, voisine, prête-moi ton petit seau
Voisine, voisine, prête-moi ton petit seau

Ecoute, voisine !
Ah, mais arrête tes sottises, écoute
C’est moi qui te le demande
Prête-moi le seau pour verser la flotte.

Voisine, voisine, prête-moi ton petit seau
Voisine, voisine, prête-moi ton petit seau

Je te l’ai dit hier, et j’te l‘répète, voila,
Ne me demande plus le seau, je le donne pas

Voisine, voisine, prête-moi ton petit seau

Ecoute, louloutte, te mets pas en pétard comm’ça
Me dis pas qu’y en a pas, de seau,
Et prête-le moi le grand seau

Et maintenant voila Cotó
Qui vient aussi demander le seau
Joue, tréséro !

Voisine, voisine, prête-moi ton petit seau
Voisine, voisine, prête-moi ton petit seau

 

Références et liens internet divers

Paroles de la chanson en espagnol

Pour acheter la version originale de Arsenio Rodriguez


[1] Le double-sens est lié ici à l’évocation du mouvement de va-et-vient du pilon dans le mortier.
[2] Sens familier des mots « petite cuillère » et « gros cafard ».
[3] Les parties interprétées par le chœur figurent en italiques.
[4] Juan De La Cruz « Coto » , joueur de tres (tresero) invité de l’orchestre Pupy y Los que Son, Son.