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La engañadora

La engañadora

ImagePour consulter une traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : enganadora.

Composée en 1951, La Engañadora est entrée dans l’histoire de la chanson cubaine comme le premier exemple de Cha-cha-cha. Dans une intéressante interview datée de 1981, son auteur, Enrique Jorrín, explique comment il est progressivement parvenu à la forme utilisée dans ce thème, donc à l’invention du Cha-cha-cha, en faisant évoluer le style traditionnel du Danzón en trois étapes successives : 1) insertion de petites parties chantées (alors que le Danzón est seulement instrumental) ; 2) transformation de la structure du Danzón pour donner une place centrale à ces parties chantées ; 3) simplification du rythme du Danzón, et notamment suppression de certaines syncopes, de manière à permettre aux danseurs de régler leurs pas sur les temps forts de la musique et de faire l’économie de pas difficiles en contretemps. Le succès de ce Danzon « relooké » en Cha-cha-cha fut, comme on le sait, fulgurant.

Comme dans beaucoup de chansons cubaines traditionnelles, les paroles de La Engañadora sont basées sur une petite anecdote mettant en scène les personnages de la rue. Ici, c’est une jolie femme qui cherche à attiser le désir masculin en bourrant son corsage de chiffons, mais voit sa ruse éventée. Enrique Jorrín raconte lui-même comment il tira son inspiration d’un personnage réel : une très belle femme dont le passage suscitait immanquablement une très forte agitation au sein de la population masculine du quartier de Centro-Habana, celui-là même qui constitue le décor de la chanson.

Je vous propose d’écouter La Engañadora dans l’interprétation de l’orchestre America de Enrique Jorrin, tout en lisant ma traduction.

Fabrice Hatem

La cura

La cura

ImageL’œuvre

En 1985, Frankie Ruiz quitte l’orchestre La Primerisima de Tommy Olivencia pour devenir chanteur soliste. Il inaugure la même année cette nouvelle étape de sa carrière artistique par le lancement de son premier album solo Solista, Pero No Solo. Celui-ci contient plusieurs thèmes encore aujourd’hui célèbres, comme Esta Cobardia, Tu Con El, El Camionero et La Cura.

Cette dernière chanson posséde, comme le souligne un article du site BuscaSalsa, un double sens. Au delà du sens apparent – un amant malheureux évoque ses efforts pour oublier la femme qui le fait souffrir – ce sont les tentatives de déxintoxication de Franckie Ruiz, dépendant à l’alcool et aux drogues, qui sont évoqués dans le très beau texte de Tite Curet Alonso.

L’album rencontra un grand succès et fit de Frankie Ruiz l’un des chanteurs de Salsa les plus en vogue du moment. Il fut couronné par le titre de « meilleur disque de l’année » aux Latin Music Awards de Billboard en 1986.

Fabrice Hatem

Ses interprétations par Frankie Ruiz

Version Live en République dominicaine (1993)

Version live (années 1990 ?)

Ses paroles en espagnol[1]

Sa traduction en français

La cura
(Tite Curet Alonso)

Si te dicen que yo me estoy curando es la verdad
Y la cura que yo me estoy buscando es realidad
Aunque me salga tan cara algo tiene que me ampara
Es mejor que tu mentira que me llenaba de ira,
Y nada mas
Diariamente yo me curo de lo duro que fue vivir sin ti
Diariamente te lo juro
Aunque me agita a veces la desesperacion
Cuando le falta la cura a mi desesperacion.

Si te dicen que yo me estoy curando es la verdad
Y si alegan que vivo fantasias se engañan
Es una cura tan mia, y me priva de alegria
Vale mas que tu mentira que me llenaba de ira
Y nada mas

Amargura, señores, que a veces me da
La cura resulta mas mala que la enfermedad (bis)

Amargura, señores, que a veces me da
Ay que a veces me da
La cura resulta mas mala que la enfermedad

Ay es una cura tan mia y me priva de alegria
Vale mas que tu mentira, que me llenaba de ira,
Y nada mas

Amargura, señores, que a veces me da
Ay que a veces me da
La cura resulta mas mala que la enfermedad

Aunque me salga tan cara, algo tiene que me ampara
Pero de esa enfermedad ay mira mamacita
Yo me voy a curar

Amargura, señores, que a veces me da
Ay que a veces me da
La cura resulta mas mala que la enfermedad

No te lo niego mamita yo te digo la verdad
Que para mi no fue facil, mira por poco el dolor me mata

Amargura, señores, que a veces me da
Ay que a veces me da
La cura resulta mas mala que la enfermedad

Cuando yo estaba contigo era puño y bofeta
Y ahora que estoy solito, me haces falta oye mama

Amargura, señores, que a veces me da
Ay que a veces me da
La cura resulta mas mala que la enfermedad

Cura, cura, cura la cura la tengo yo
Aunque me agitas a veces, loco no me vuelves tu no no

Amargura, señores, que a veces me da
Ay que a veces me da
La cura resulta mas mala que la enfermedad

La cure
(Traduction de Fabrice Hatem)

Si on te dit que je me soigne c’est la vérité
Et le remède que je cherche, c’est la réalité
Même si elle me coûte, elle me protège aussi
C’est meilleur que ton mensonge qui me remplissait de colère,
Et voila tout
Tous les jours je me soigne de la douleur de vivre sans toi
Tous jours, je te le jure
Même si parfois m’agite le désespoir
Lorsque me manque le remède à mon désespoir

Si on te dit que je me soigne c’est la vérité
Et si on prétend que je vis des rêves, on se trompe
C’est une cure bien à moi, qui me prive de joie
Ça vaut mieux que les mensonges qui me mettaient en colère,
Et voila tout.

L’amertume, messieurs, que cela me donne parfois
La cure est pire que la maladie

L’amertume, messieurs, que cela me donne parfois
Que cela me donne parfois
La cure est pire que la maladie

C’est une cure bien à moi, et elle me prive de joie
Ça vaut mieux que tes mensonges qui me mettaient en colère,
Et voila tout.

L’amertume, messieurs, que cela me donne parfois
Que cela me donne parfois
La cure est pire que la maladie

Même si elle me coûte, elle me protège aussi
Mais de cette maladie, ah ma petite chérie,
Je vais me guérir

L’amertume, messieurs, que cela me donne parfois
Que cela me donne parfois
La cure est pire que la maladie

Je ne le nie pas, ma chérie, je te dis la vérité,
Pour moi ça n’a pas été facile, dis, pour un peu la douleur me tuerait.

L’amertume, messieurs, que cela me donne parfois
Que cela me donne parfois
La cure est pire que la maladie

Quand j’étais avec toi c’étaient des coups et des gifles
Mais maintenant que je suis seul, tu me manques, petite

L’amertume, messieurs, que cela me donne parfois
Que cela me donne parfois
La cure est pire que la maladie

Remède, remède, le remède moi je l’ai
Même si parfois tu m’agites, tu ne me rends plus fou, ça non.

L’amertume, messieurs, que cela me donne parfois
Que cela me donne parfois
La cure est pire que la maladie

Références complémentaires

Une autre fiche technique sur la chanson La Cura

Une excellente bio-discographie de Frankie Ruiz par Robert Tèllez


[1] Texte basé sur les paroles du CD Solista, pero no solo. Les parties interprétées par le chœur figurent en italiques.

La Bayamesa

La Bayamesa

Image L’inspiration patriotique tient une place importante dans l’histoire de la chanson cubaine. Le mouvement indépendantiste et la Trova, en effet, prennent tout deux leur essor en même temps, au cours de la seconde moitié du XIXème siècle, dans la partie orientale de l’île, et tout particulièrement autour des villes de Santiago de Cuba et de Bayamo. Et la haine de l’oppression coloniale, l’appel à la lutte armée pour la création d’un Etat indépendant, deviendront rapidement pour les trovadores de l’époque un thème d’inspiration majeur.

Parmi les nombreuses chansons patriotiques alors écrites par les trovadores de l’est de l’île, on peut citer La presa (l’histoire d’une femme malade et patriote, incarcérée par les autorités espagnoles), Covadonga (une parodie de la chanson du même nom chantée par les troupes espagnoles), ou encore Chafarinas (l’histoire d’indépendantistes cubains déportés, dans des conditions atroces, vers une île proche des côtes africaines)[1].

La ville de Bayamo constitua l’un des foyers les plus actifs de cette effervescence indépendantiste. C’est d’ailleurs dans la région de Bayamo que prit naissance, en 1868, l’une des premières insurrections nationalistes contre l’Espagne. Et c’est aussi à l’occasion de ce soulèvement qu fut composé la chanson La Bayamesa – ou plutôt l’une des quatre chansons possédant ce titre.

L’histoire de ce quatre La Bayamesa est passionnante, car elle constitue une illustration parfaite des liens étroits ayant existé à Cuba entre l’essor de la chanson populaire et celui du mouvement indépendantiste[2].

La première La Bayamesa, en effet, qui fut composée en 1852, peut être considérée comme l’une des toutes premières chansons cubaines, c’est-à-dire dégagées de l’ilnlfuence directe du folklore espagnol. Bien que centrée sur un thème amoureux, elle n’en comporte pas moins de forts accents patriotiques. Rien d’étonnant à cela, si l’on se souvient que l’un de ses auteurs ne fut autre que.. Carlos Manuel de Céspedes, l’un des premiers et plus grands dirigeants indépendantistes de l’époque, premier président d’une éphémère république de Cuba, mort en en 1874 en martyr au service de sa cause, et que nous allons retrouver un peu plus loin dans cette histoire. Je vous propose de l’écouter dans une interprétation (non traduite) de Silvio Rodriguez.

La seconde La Bayamesa, écrite quelques années plus tard, et qui fut longtemps attribuée à José Joaquín Palma, reprend la musique et la thématique de la première, tout en donnant une place plus importante à l’inspiration patriotique.

La troisième La Bayamesa a connu à Cuba un destin glorieux, puisqu’elle est devenu, ni plus ni moins l’hymne national du pays. Il s’agit d’une marche guerrière, composée par Perucho Figueredo au début de 1868 pour servir d’hymne de ralliement au soulèvement indépendantiste qui se préparait alors. Le même auteur écrivit, à la fin de la même année, les paroles que nous connaissons aujourd’hui à l’occasion de l’entrée dans la ville de Bayamo des troupes dirigées par …. Carlos Manuel de Céspedes, également auteur de la première des quatre Bayamesa.

Quant à la quatrième La Bayamesa, originellement intitulée Mujer Bayamesa, elle fut écrite par le grand trovadore Sindo Garay (voir photo), originaire de Santiago de Cuba, mais qui avait trouvé à Bayamo, alors lieu d’une intense activité musicale et poétique, une ville d’adoption. C’est cette chanson – depuis lors désignée par les cubains, pour la distinguer des autres, La Bayamesa de Sindo, dont je vous présente ici une traduction. Cliquez sur les liens suivants :

Paroles pour lire le texte original en espagnol et sa traduction en français.

Musique pour écouter l’interprétation du grand chanteur Roberto Faz accompagné par le Conjunto Casino de Roberto Espí.

Bonne lecture et bonne écoute !

Fabrice Hatem


[1] Voir à ce sujet l’ouvrage de Maria Teresa Linares, La Musica y el pueblo, pp. 52-58.

[2] Voir à ce sujet l’article Las Bayamesas, de Bladimir Zamora Céspedes, dont sont tirées la plupart des informations suivantes. |

Juramento

Juramento

Image Ce boléro romantique, écrit et composé par Miguel Matamoros (voir photo de son trio ci jointe), a fait l’objet de multiples interprétations dans des styles musicaux parfois très éloignés de la composition originelle. Parmi celles-ci, on peut mentionner :

– L’interprétation sur un rythme très « Bossa nova » de la chanteuse brésilienne Marina de la Riva,

– La version chorale d’Electo Silva, dans l’interprétation du chœur Cubain Grex Vocalis, sous la direction de Digna Guerra. qui donne à « Juramento » des accents de musique religieuse.

– L’interprétation en « oratio » aux accents de musique classique du contre-ténor Ian Howell, accompagné à la guitare par Karl Wohlwen.

– La version plus « Salsa » de Oscar de Leon et Leo Pacheco.

– Une version Bolero un peu plus traditionnelle et tranquille, interprétée par María de los Ángeles Anoceto, accompagnée par le groupe Taino.

Je vous propose d’écouter, à votre choix, l’une ou l’autre de ces versions, tout en lisant le texte original et sa traduction en français.

Bonne écoute et bonne lecture !

Fabrice Hatem

Juana Magdalena

Juana Magdalena

ImageL’oeuvre

Cette Timba a été enregistrée par La Charanga Habanera avec la voix de Dantes Cardoza dans l’album No me mires La Caratula en 2009.

Le texte est centré autour du thème très classique de l’amant malheureux qui reproche à une femme son inconduite et son manque d’amour pour lui.

Son interprétation commence par un long monolgue romantique du chaneur soliste, qui se transforme ensuite en Salsa déchaìnée avec l’entrée en action de l’orchestre.

L’album No me mires la caratula a rencontré à Cuba un très vif succès qui a permis à la Charanga Habanera de continuer à caracoler en tête des groupes les plus populaires de l’île, surtout auprès de la jeunesse.

Fabrice Hatem

 

Ses interprétations par la Charanga Habanera

En « live » pour le programme de la télévision cubaine Donde si no

Ses paroles en espagnol[1]

Sa traduction en français

Juana Magdalena (papeles)
(David Calazado y su Charanga Habanera)

Papeles[2] son papeles, promesas son promesas
Palabras de tu boca ya no me interesan
Me has dicho tantas veces que soy el hombre de tu vida
Pero reconozco tu alma de bandida[3].
Y tú juegas conmigo y por las noches
Quieres que sea tu abrigo yo
Pero yo estoy convencido
Que no soy tu destino. No, no…
Ya no me busques, ya no me ames,
Ya no me pienses, ya no me extrañes,
Fue tan duro lo que yo viví contigo
Que ya no quiero ni siquiera ser tu amigo…
(bis)

Ya no me busques, ya no me ames,
Ya no me pienses, ya no me extrañes,
Que yo seguiré mi vida
Aunque no puedo olvidarte.
Ay bandida bandida bandida bandida, la bandida
Mas bandolera, la que me da donde duele
Eres mi bandida, mi dulce bandida
Y aunque no vuelvas conmigo
Tu sigues siendo la mía, la mía,
Ay bandida bandida bandida bandida, la bandida
Mas bandolera, la que me da donde duele
Y aunque sigas acabando
Con la timba y con el tango
Y a ti te sigo queriendo mami y te regalo mi mambo…
Mambooooooooo…

Come me dolio
Que dolor que dolor que pena,
Esa niña se llama Juana Magdalena (rép)
Tu tienes que usar la cabeza muchacha
Analiza y piensa.
Come me dolio
Que dolor que dolor que pena,
Esa niña se llama Juana Magdalena
Si árbol que nace torcido
Jamás su tronco endereza
Come me dolio
Que dolor que dolor que pena,
El que tenga tienda que la atienda
Sino oye! sino que la venda
Que dolor que dolor que pena,
Esa niña se llama Juana Magdalena (rép)
Por eso te digo
Juana yo te quiero porque a mi me da la gana… (7)

Variante (non reprise dans le lien)

Ya no quiero verte, no puedo creerte
Recuerda el primer día fué tan diferente
Prefieres a la gente que tenerme a mi en tu vida
No puedes esconderme tu alma de bandida.

Juana Magdalena (comédie)
(Traduction de Fabrice Hatem)

Un rôle n’est qu’un rôle, une promesse n’est qu’une promesse
Les paroles sorties de tes lèvres ne m’intéressent plus
Tu m’as dit tant de fois que je suis l’homme de ta vie
Mais maintenant, j’ai découvert ton âme de bandite.
Tu joues avec moi et la nuit
Tu veux que je sois ton abri
Mais je suis convaincu
Que je ne suis pas ton destin. Non, non…
Ne me cherches pas, ne m’aimes pas
Ne pense pas à moi, ne me regrette pas
Cela fut si dur, ce que j’ai vécu avec toi
Que maintenant, je ne veux même plus être ton ami…
(bis)

Ne me cherche pas, ne m’aime pas,
Ne pense pas à moi, ne me regrette pas
Je vais poursuivre ma vie
Même si je ne peux t’oublier
Ah bandite, bandite, bandite, bandite, la bandite
La plus bandite, celle qui me frappe là où ça fait mal.
Tu es ma bandite, ma douce bandite
Et même si tu ne reviens pas avec moi,
Tu continues à être la mienne, la mienne.
Ah bandite, bandite, bandite, bandite, la bandite
La plus bandite, celle qui me frappe là où ça fait mal.
Et même su tu continues à en finir
Avec la timba et avec le tango
Je continue à t’aimer et je t’offre mon mambo….
Mambooo…

Comme cela m’a fait mal
Quelle douleur, quelle douleur, quelle peine
Cette petite s’appelle Juana Magdalena
Tu dois utiliser ta tête, fillette
Analyse et pense
Comme cela m’a fait mal
Quelle douleur, quelle douleur, quelle peine
Cette petite s’appelle Juana Magdalena
Oui, l’arbre qui naît tordu
Jamais son tronc ne deviendra droit
Comme cela m’a fait mal
Quelle douleur, quelle douleur, quelle peine
Celui qui a une boutique, il doit s’en occuper
Sinon, écoute, il n’a qu’à la vendre
Quelle douleur, quelle douleur, quelle peine
Cette petite s’appelle Juana Magdalena
C’est pour ça que je dis
Juana je t’aine parce que tu me donnes envie…

Variante (non reprise dans le lien)

Je ne veux plus te voir, je ne peux plus te croire
Rappelle-toi, le premier jour fut si différent
Tu préfères les autres que m’avoir dans ta vie
Tu ne peux me cacher ton âme de bandite.

Références complémentaires

Présentation générale de la Charanga Habanera

Présentation détaillée du parcours artistique de la Charanga Habanera

Discographie complète de la Charanga Habanera

Site officiel de la Charanga Habanera

Présentation de l’album No me Mires la Caratula

Pour écouter plusieurs titres de l‘album No me mires la caratula (accessibilité du site aléatoire)

Une interview de David Calzado à l’occasion de la sortie de l’album No me mires la caratula (en espagnol)


[1] Le texte est basé sur la version de l’émission télévisée proposée en lien. Les parties interprétées par le chœur figurent en italiques.
[2] On peut traduire ce terme par « papier » ou par « rôle, comédie ».
[3] J’ai choisi de traduire « Bandida » par l’amusant (et féministe) néologisme Bandite plutôt que par le plus classique criminelle pour respecter la sonorité du texte original.

Juan Pachanga

Juan Pachanga

ImageL’œuvre

Composée par Rubén Blades, la salsa Juan Pachanga a été enregistrée en 1977 avec un arrangement de Louis Ramirez dans l’album Rhythm Machine de la Fania all stars.

Juan Pachanga est un viveur, qui cherche à s’étourdir de fêtes et d’alcool pour oublier une peine d’amour qui le ronge. Ce personnage est l’un des plus célèbres de la galerie de portraits d’habitants du faubourg réalisée par Rubén Blades au fil de ses chansons : Decisiones, Amor y control, Chica Plastica, Pedro Navaja, pour n’en citer que quelques-unes. Jeunes filles accidentellement tombées enceintes, bagarres entre voisins, accident de circulation provoqué par l’alcool, mère mourant d’un cancer à l’hôpital, jeune fils drogué morigéné par son père, jeunes snobs fascinés par l’argent et les belles fringues, serial killer agressant une prostituée, tels sont les personnages qui peuplent la « comédie humaine latino » de l’auteur.

C’est toute l’Amérique latine urbaine d’aujourd’hui qui défile ainsi sous nos yeux, sous la forme originale de petites nouvelles chantées sur un rythme de salsa, et qui pourraient aisément fournir la trame d’un film ou d’un feuilleton.

Fabrice Hatem

Ses interprétations par Rubén Blades


En concert avec la Fania All Stars en 1978

En concert plus récemment (fin des années 1990 ?)

Ses paroles en espagnol[1]

Sa traduction en français

Juan Pachanga[2]
(Rubén Blades)

O le le a la la la le
Son las cinco de la mañana
Y ya amanece
Juan Pachanga bien vestido aparece
Todos en el barrio estan descansando
Y Juan Pachanga en silencio va pensando
Que aunque su vida de fiesta y ron, noche y rumba
Su plan es falso igual que aquel amor que lo engaño
Y la luz del sol se ve alumbrando
Y Juan Pachanga el mamito va penando
Vestido a la ultima moda y perfumado
Con sapáto en colores YeYe bien lustrados
Los que encuentren en su camino lo saludan
Hey man
Que feliz es Juan Pachanga todos juran
Pero lleva el alma el dolor de una traicion
Que solo calman los tragos, los tabacos y el tambor
Y mientras la gente duermen aparece
Juan Pachanga con su pena y amanece
Oyeme Juan Pachanga olvidala
Amanece con la pena
Oyeme Juan Pachanga olvidala
No no no no no no te quiere la morena
Oyeme Juan Pachanga olvidala
Mira que esta amaneciendo
Oyeme Juan Pachanga olvidala
El amor amor amor esta muriendo
Oyeme Juan Pachanga olvidala
Olvidala (répét.)
Oyeme Juan Pachanga olvidala
Ay despierta y bótala
Oyeme Juan Pachanga olvidala
Porque nunca te ha querido
Oyeme Juan Pachanga olvidala
Dale tambien olvido
Oyeme Juan Pachanga olvidala
Dejale tu a la mentira
Oyeme Juan Pachanga olvidala
Que el amor no se mendiga.

(Instrumental et improvisation vocale)

Juan Pachanga
(Traduction de Fabrice Hatem)

O le le a la la la le
Il est cinq heures du matin
Déjà le soleil s’est levé
Juan Pachanga, bien vêtu, apparaît
Tous dans le quartier se reposent
Et Juan Pachanga, avance en silence et pense,
Que malgré sa vie de fête et de rhum, de nuits et de rumba
Son plan est faux, comme cet amour qui l’a trompé,
On voit se lever la lumière du soleil
Et Juan Pachango, le joli garçon, va avec sa peine
Bien parfumé, vêtu à la dernière mode
Avec des chaussures de couleur yeye bien cirées
Ceux qui le rencontrent sur son chemin le saluent
Eh mon gars !
Comme il est heureux, Juan Pachanga, tous le disent
Mais son âme est tourmentée par la douleur d’une trahison
Que seuls calment l’alcool, le tabac et le tambour
Et pendant que les gens dorment, apparaît
Juan Pachanga avec sa peine dans le petit matin
Ecoute-moi, Juan Pachanga, oublie-la
Il est avec sa peine dans le petit matin
Ecoute-moi, Juan Pachanga, oublie-la
Non non, non, non, elle ne t’aime pas la morena
Ecoute-moi, Juan Pachanga, oublie-la
Regarde le petit matin qui se lève
Ecoute-moi, Juan Pachanga, oublie-la
L’amour, l’amour, l’amour est en train de mourir
Ecoute-moi, Juan Pachanga, oublie-la
Oublie-la
Ecoute-moi, Juan Pachanga, oublie-la
Ah réveille-toi et débarrasse-toi d’elle
Ecoute-moi, Juan Pachanga, oublie-la
Parce qu’elle ne t’a jamais aimé
Ecoute-moi, Juan Pachanga, oublie-la
Toi aussi, oublie-la
Ecoute-moi, Juan Pachanga, oublie-la
Laisse tomber tous ces mensonges
Ecoute-moi, Juan Pachanga, oublie-la
Parce que l’amour ne se mendie pas.

(Improvisation vocale finale non traduite)

Références complémentaires

Une biographie en anglais de Rubén Blades

Une discographie en français de Rubén Blades

Une discographie en français de Rubén Blades

Une analyse en espagnol des personnages de Rubén Blades

Un site très complet en espagnol consacré à Rubén Blades

Une discographie en espagnol très précise de Rubén Blades


[1] Le texte est basé sur la version du concert Fania all Stars de 1978. Les parties interprétées par le chœur figurent en italiques.
[2] Pachanga : viveur, fêtard .