Sélectionner une page
Te dejo libre

Te dejo libre

ImageL’oeuvre

Cette chanson timba romantique a été enregistrée en 2000 par Manolito Simonet y su Trabuco dans l’album Para que baile Cuba, avec la voix de Sixto Llorente « El indio ».

Le texte décrit l’histoire assez classique d’un amour non partagé qui conduit l’amant malheureux à une rupture teintée de rancoeur.

 

Fabrice Hatem

 

Ses interprétations par Manolito Simonet y su trabuco


Dans l’album Para que baile Cuba (2000)

Ses paroles en espagnol[1]

Sa traduction en français

Te dejo libre
(Manolito Simonet)

Querido amor con todo lo que duele…
Decir adios a lo que mas se quiere…
Me allejaré de ti aunque me muera …
Es que yo creo que eso es lo que deseas…….
No quiero mas sentirme mal querido….
Tomo un amor como cualquier mendigo….
Bastante he soportado tus desprecios …
Tu alcaneria [2]y el descaro de tus besos…

Te dejo libre de hoy en adelante ….
Auque enloquesca en el intento de olvidarte…
Que estoy de mas en este mundo
Que soy un perro vagabundo.
Ya encontraré en la vida alguien que me ame…
Te dejo libre ya de mi presencia….
Llevo en el alma la amargura y la tristeza…
De haber amado sin medida a un maniqui
Sin fantasia sin corazon sin alma …
Igual al que una piedra.

Querido amor tu alma fria y muda …
No sabe y no sabra lo que es ternura
Y antes de morir a manos tuyas
Renuncio a ti espero yo buscarte nunca…

Te dejo libre de hoy en adelante ….
Aunque enloquesca en el intento de olvidarte…
Que estoy de mas en este mundo
Que soy un perro vagabundo.
Ya encontrare en la vida alguien que me ame…
Te dejo libre ya de mi presencia….
Llevo en el alma la amargura y la tristesa…
De haber amado sin medida a un maniqui
Sin fantasia sin corazon sin alma …
Igual al que una piedra.

No sufras y se feliz……

Tu no sabes lo que yo pase en vida …
Es que ella nunca me quiso
Y tu sabes como la deje
Soltera[3] y sin compromiso
Sigue por tu camina no quiero nada contigo …
Y hoy te dejo libre soltera y sin compromiso…
Si encuentras un amor que te comprenda
Y sepas que te quiere mas que a nadie ..
Entonces yo dare la media vuelta ….
Y me ire como el sol como muere la tarde
Sigue por tu camina, no quiero nada contigo
Camino, por tu camino
Y hoy te dejo libre soltera y sin compromiso…
Buscaras otros amores para saciar tu emoción …
Si encuentras uno que sea como yo..
Enpujalo que es de carton ….

Churu churu… ruuuuuuu
Churu ru ru churuuuuuuuu
Como ?
Soltera y sin conpromiso
Y mira como fue y mira como fue y mira como fue …..
Soltera y sin conpromiso
Se olvido de este hombre que siempre la quiso
Soltera y sin conpromiso
Oye y yo me visto y no llego al piso
Soltera y sin conpromiso
Y mira como esta la niña, oye…
Soltera y sin conpromiso
andaaa miraa
Soltera y sin conpromiso
Y mira como esta la niña
Soltera y sin conpromiso
Relajadita, relajaditaaa, solita
Soltera y sin conpromiso

Je te laisse libre
(Traduction de Fabrice Hatem)

Amour chéri, comme cela fait mal…
De dire adieu à ce que l’on aime le plus…
Je m’éloignerai de toi, même si j’en meurs…
Et je crois que c’est ce que tu désires…
Je ne veux plus me sentir mal aimé…
Je demande ton amour comme un mendiant…
J’ai assez supporté ton indifférence…
De tes rebuffades et tes baisers sans amour…

Je te laisse libre à partir de maintenant…
Même si cela me rend fou d’essayer de t’oublier…
Je suis de trop sur cette terre
Je suis comme un chien vagabond.
Je rencontrerai dans ma vie quelqu’un qui m’aime…
Je te laisse libre de ma présence…
Je porte dans mon âme l’amertume et la tristesse…
D’avoir aimé sans mesure un pantin
Sans fantaisie, sans cœur, sans âme…
Pareille à une pierre.

Cher amour, ton âme froide et muette
Ne sais pas, ne saura jamais ce qu’est la tendresse
Et avant de mourir de tes mains
Je renonce à toi, j’espère ne jamais te chercher…

Je te laisse libre à partir de maintenant…
Même si cela me rend fou d’essayer de t’oublier…
Je suis de trop sur cette terre
Je suis comme un chien vagabond.
Je rencontrerai dans ma vie quelqu’un qui m’aime…
Je te laisse libre de ma présence…
Je porte dans mon âme l’amertume et la tristesse…
D’avoir aimé sans mesure un pantin
Sans fantaisie, sans cœur, sans âme…
Pareille à une pierre.

Ne souffres pas et sois heureuse…

Tu ne sais pas ce que j’ai souffert dans ma vie…
Parce qu’elle ne m’a jamais aimé
Et tu sais comment je l’ai laissée
Solitaire et sans liens
Continue ton chemin, je veux rien de toi…
Je te laisse libre, solitaire et sans liens…
Si tu rencontres un amour qui te comprend
Et que tu sais qu’il t’aime plus que personne d’autre
Alors je tirerai ma révérence…
Je m’en irai comme le soleil, comme meurt le jour.
Suis ton chemin, je ne veux rien avoir à faire avec toi
Ton chemin, suis ton chemin
Je te laisse libre, solitaire et sans liens…
Tu chercheras d’autres amours pour assouvir ton coeur
Si tu en rencontres un qui soit comme le mien…
Pousse-le de côté comme un bout de carton

Churu churu… ruuuuuuu
Churu ru ru churuuuuuuuu
Comment ?
Solitaire et sans liens
Et regarde ce qui fut, ce qui fut, ce qui fut
Solitaire et sans liens
Elle oublie cet homme qui l’a toujours aimé
Solitaire et sans liens
Ecoute, je vois bien que je ne vais pas y arriver
Solitaire et sans liens
Et regarde comment est cette petite
Solitaire et sans liens
Viens, regarde…
Solitaire et sans liens
Et regarde comment est cette petite
Solitaire et sans liens
Bien relax, bien relax, solitaire
Solitaire et sans liens

Références complémentaires

Biographie de Manolito Simonet

Analyse détaillée de l’œuvre de Manolito Simonet

– Entretien avec Manolito Simonet (en espagnol)

Discographie de Manolito Simonet y su Trabuco


[1] Le texte est basé sur la version de l’album Para que Baile Cuba proposée en lien. Les parties interprétées par le chœur figurent en italiques.
[2] Alcaneria est un vieux mot espagnol d’origine arabe désignant le chardon. J’ai essayé de trouver une traduction par approximations respectant le contexte de la chanson (chardon = piquant = rebuffade). Si quelqu’un trouve mieux…
[3] Vieille fille.

Te busco

Te busco

ImageL’œuvre

Te Busco est une bachata composée par Victor Victor (Photo ci-contre). Celui-ci est généralement considéré comme l’un des musiciens qui contribuèrent à « réinventer » la bachata dominicaine et à l’imposer sur la scène internationale, la transformant en un phénomène de masse.

Cette chanson romantique décrit en de très belles formules le deuil d’un amant éploré, évoquant avec nostagie le souvenir de la femme disparue.

Poursuivant sa démarche d’exploration, de modernisation et de popularisation des rythmes caraïbes auprès du public nord-américain, la chanteuse Celia Cruz enregistra ce thème en 1993 dans l’album Azucar Negra.

Fabrice Hatem

Son interprétation par Celia Cruz


Dans l’album Azucar Negra (1993)

Ses paroles en espagnol

Sa traduction en français

Te busco
(Victor Victor)

Al cielo una mirada larga
Buscando un poco de mi vida
Mis estrellas no responden
Para alumbrarme hacia tu risa
Olas que esfuman de mis ojos
A una legión de tus recuerdos
Me roban formas de tu rostro
Dejando arena en el silencio

Te busco perdida entre sueños
El ruido de la gente
Me envuelven en un velo
Te busco volando en el cielo
El viento te ha llevado
Como un pañuelo viejo

Y no hago mas que rebuscar
Paisajes conocidos
En lugares tan extraños
Que no puedo dar contigo

En cualquier huella te persigo
En una sombra te dibujo
Huellas y sombras que se pierden
La suerte no vino conmigo

Y no hago mas que rebuscar
Paisajes conocidos
En lugares tan extraños
Que no puedo dar contigo

Te busco perdida entre sueños
El ruido de la gente
Me envuelven en un velo
Te busco volando en el cielo
El viento te ha llevado
Como un pañuelo viejo

Y no hago mas que rebuscar
Paisajes conocidos
En lugares tan extraños
Que no puedo dar contigo

(Instrumental)

Te busco perdida entre sueños
El ruido de la gente
Me envuelven en un velo
Te busco volando en el cielo
El viento te ha llevado
Como un pañuelo viejo

Y no hago mas que rebuscar
Paisajes conocidos
En lugares tan extraños
Que no puedo dar contigo

Y te busco…

Je te cherche
(Traduction de Fabrice Hatem)

Je jette un long regard vers le ciel
En y cherchant un peu de ma vie
Mais les étoiles ne répondent pas
Pour me guider jusqu’à ton rire
Ces vagues s’échappant de mes yeux
A la pensée de mille souvenirs de toi
Me volent la forme de ton visage
Et ne laissent que sable et silence

Je te cherche, perdue entre mes rêves
Tandis que la rumeur du monde
M’enveloppe comme dans un voile
Je te cherche, volant dans le ciel
Où le vent t’a emportée
Comme un vieux morceau de tissu

Je ne fais rien que rechercher
Des paysages connus
Dans des lieux devenus étrangers
Où je ne peux plus aller avec toi

Je cherche partout tes traces
Je te dessine dans une ombre
Trace et ombres qui se perdent
La chance ne fut pas avec moi

Je ne fais rien que rechercher
Des paysages connus
Dans des lieux devenus étrangers
Où je ne peux plus aller avec toi

Je te cherche, perdue entre mes rêves
Tandis que la rumeur du monde
M’enveloppe comme dans un voile
Je te cherche, volant dans le ciel
Où le vent t’a emporté
Comme un vieux foulard si léger

Je ne fais rien que rechercher
Des paysages connus
Dans des lieux devenus étrangers
Où je ne peux plus aller avec toi

(Instrumental)

Je te cherche, perdue entre mes rêves
Tandis que la rumeur du monde
M’enveloppe comme dans un voile
Je te cherche, volant dans le ciel
Où le vent t’a emporté
Comme un vieux foulard si léger

Je ne fais rien que rechercher
Des paysages connus
Dans des lieux devenus étrangers
Où je ne peux plus aller avec toi

Et je te cherche…

Références complémentaires

Dossier multimédia du Smithonian Institute sur Celia Cruz

Biographie en français de Célia Cruz

Biographie de Victor Victor

Sonero

Sonero

ImageL’œuvre

Ce son a été écrit par le compositeur cubain Cheo Marquetti à la fin des années 1950. A cette époque, le son subissait la concurrence d’autres styles musicaux d’ailleurs en partie inspirés de lui, comme le Mambo ou le Cha cha cha. Face à ce péril, la chanson demande aux interprètes – notamment aux chanteurs – de rester fidèles au son et de ne pas l’abandonner pour des formes de musique nouvelles. Ce thème de la « défense du son » de retrouve dans de nombreuses autres chansons cubaines de la même époque, comme Son al son ou Mi son, mi son, mi son.

Quelques années plus tard, ce thème sera magnifiquement repris aux Etats-Unis par l’orchestre de Johnny Pacheco (voir photo ci-contre), avec la voix de Pete « Conde » Rodriguez, dans l’album La Perfecta Combinacion (1969). Cette interprétation à la sonorité envoûtante montre à quel point ces fondateurs du genre « salsa » alors en gestation étaient enracinés dans la musique traditionnelle des Caraïbes.

Fabrice Hatem

Ses interprétations


Par l’orchestre de Cheo Marquetti (fin des années 1950)

Par Johnny Pacheco avec la voix de Pete « Conde » Rodriguez

Ses paroles en espagnol[1]

Sa traduction en français

Sonero (2)
(Cheo Marquetti)

Sonero nunca olvides tu son, sonero (bis)
Si ayer te sedujo el mambo
Y hoy te aburre el cha cha cha
Si le son es lo mas sublime
Que se has hecho para bailar.

Sonero nunca olvides tu son, sonero (bis)
Tu nombre no se ha borrado
En tu alma de rumbero
Y aunque te hayan olvidado,
Tu mueres siendo sonero.

Sonero nunca olvides tu son, sonero (bis)
A Rafael Barroso (3), a Piñeiro canto yo
Esos son grandes soneros,
Que siempre Cuba amamentó.

Sonero nunca olvides tu son, sonero (rép..)
Oy, que lindo que lindo es mi son
Sonero nunca olvides tu son, sonero
No quiero mambo ni Rock n’rock
Sonero nunca olvides tu son, sonero
Lo que quiero mi negrita es mi lindo son
Sonero nunca olvides tu son, sonero

(Instrumental)

Sonero nunca olvides tu son sonero
Que lindo suena mi son
Sonero nunca olvides tu son sonero
Ah mira mi negrita que mi son
Sonero nunca olvides tu son sonero

Sonero
(Traduction de Fabrice Hatem)

Sonero n’oublie jamais ton Son, sonero
Si hier t’a séduit le Mambo
Et qu’aujourd’hui t’ennuie le Cha cha cha
Si le Son est le plus sublime
De ce qui s’est fait pour danser.

Sonero n’oublie jamais ton Son, sonero
Ton nom ne s’est pas effacé
Dans ton âme de rumbero,
Et même si tu es oublié,
Tu meurs en restant sonero.

Sonero n’oublie jamais ton Son, sonero
Moi je chante Rafael Labarroso et Piñeiro
Ce sont de grands soneros,
Dont Cuba fut toujours le berceau.

Sonero n’oublie jamais ton Son, sonero
Comme il est beau il est beau mon Son
Sonero n’oublie jamais ton Son, sonero
Je ne veux ni Mambo ni Rock n’rock
Sonero n’oublie jamais ton Son, sonero
Ce que j’aime ma chérie, c’est le son
Sonero n’oublie jamais ton Son, sonero

(Instrumental)

Sonero n’oublie jamais ton Son, sonero
Commme il sonne bien, mon Son
Sonero n’oublie jamais ton Son, sonero
Ah, regarde, ma chérie, c’est mon Son
Sonero n’oublie jamais ton Son, sonero

Références complémentaires

Biographie de Cheo Marquetti

Biographie de Johnny Pacheco


[1] Le texte est basé sur la de Cheo Marchetti. Les parties interprétées par le chœur figurent en italiques.
[2] Sonero : chanteur de son (avec une notion d’improvisation).
[3] La chanson dit « Rafael Barroso ». Mais le grand chanteur Sonero, membre de l’orchestre de Ignacio Pineiro, s’appelait Abelardo Barroso. Quelqu’un peut-il m’expliquer ?

Son de la Loma

Son de la Loma

Image Pour lire une traduction de ce texte, cliquez sur le lien suivant : Loma.

Ecrit en 1922, ce Son est né, comme beaucoup d’autres chansons de Miguel Matamoros, d’une anecdote personnelle. A la fin d’un concert donné dans un café de Santiago de Cuba, l’auteur était en train de travailler sur une nouvelle mélodie. Il vit alors arriver une mère de famille qui lui dit : « Ma fille est folle de vos chansons et voudrait savoir d’où vous venez. Je lui ai dit : »ils viennent de la Loma[1]« . Et depuis, elle me répète sans arrêt : « Maman, ils viennent de la Loma » ». C’est ainsi que naquirent les paroles et le titre de la mélodie que Miguel Matamoros était en train de composer[2].

Au-delà de son côté bon enfant, cette anecdote est révélatrice de l’idiosyncrasie si particulière de Santiaguo de Cuba, ville où la création musicale semble – encore aujourd’hui – littéralement surgir de chaque maison, de chaque coin de rue, de chaque bistrot, comme une source directement jaillie de l’âme populaire. Pour quiconque connait et aime cette ville, il n’y a absolument rien d’étonnant à ce qu’une petite fille, une voisine en bigoudis, le boulanger du coin ou le conducteur d’une carriole soient un jour directement associés, d’une manière ou d’une autre, à la naissance d’une œuvre musicale, du fait de la mystérieuse et fascinante empathie existant entre les artistes de cette ville et ses habitants.

Quant au texte de cette chanson, il renferme plusieurs subtilités en forme de jeux de mots (voir lien, pages 174-175). Tout d’abord, le titre (« Son de Loma ») peut prendre deux sens différents – quoique complémentaires :  » Ils sont des collines » (en référence aux chanteurs) ou  » Le Son des collines » (en référence au style musical). Ensuite, les termes « Loma » et Llano », au-delà de leur sens littéral (la colline et la plaine), désignent également, de manière plus imagée, une opposition entre la ville de la plaine (La Havane) et la ville des collines (Santiago de Cuba). Enfin, le patriotisme Santiaguero de l’auteur s’affirme quand il désigne dans la chanson cette ville, première capitale historique de Cuba, comme « terre souveraine », alors que ce titre est habituellement réservé à la Havane, capitale actuelle du pays.

La discographie de « Son de la Loma » est absolument gigantesque. Depuis des orchestres de son anciens comme le Trio Matamoros ou le Sexteto Ignacio Piñeiro jusqu’à des interprètes contemporains comme José Feliciano, Monguito ou le Trio Matanceros, ce sont des centaines, peut-être des milliers d’orchestres qui ont inscrit ce thème – modernisé au fil des ans pour s’intégrer au style du latin Jazz ou de la timba Cubaine – à leur répertoire. Citons parmi les plus récents, dans un désordre complet et sans évidement aucune ambition d’exhaustivité : Los guaracheros, Raiz Latina, Emiliano Salvadore, Armando Sanchez y su conjunto, Manuel Torres y su banda…

Je vous propose d’écouter ce thème dans une interprétation du Trio Matamoros, tout en lisant ma traduction.

Fabrice Hatem


[1] Des collines (ce qui, dans un sens imagé, signifie aussi : « de Santiago de Cuba »).
[2] Dans une autre version de la même anecdote, l’auteur venait de donner une sérénade en pleine rue, en compagnie d’un autre musicien, Alfonso del Rio. Ils entendirent, dans une maison voisine, une voix de petite fille demander :  » Maman, est-ce qu’ils sont de la Havane, ces chanteurs ? ». La maman lui répondit alors: « Non, ma fille, ils sont de Santiago, ils sont de la loma ».
Son al Son

Son al Son

ImagePour consulter une traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : sonalson.

Ce Son, écrit dans les années 1950 par César Portillo de La Luz, est à la fois un hymne à l’authentique musique populaire cubaine et une dénonciation de ses déformations commerciales.

Il ne faut cependant pas y voir un texte aux tonalités passéistes. Son auteur, en effet, fut également l’un des plus grands rénovateurs de la musique cubaine : au cours des années 1940 et 1950, il fut à l’origine d’un nouveau style, appelé « feeling », qui rénova la Trova traditionnelle par l’invention de formes plus libres, l’enrichissement des rythmes et des harmonies, et l’incorporation d’influences venus du jazz et de la musique nord américaines.

Son Al Son fut interprété dès sa création par l’Orquesta Aragòn et figure toujours aujourd’hui à son répertoire. Je vous propose d’écouter cette œuvre interprétée par la voix de Cheo Feliciano, accompagné par l’Orquesta Aragón, tout en lisant ma traduction.

Fabrice Hatem

Solo tu y yo

Solo tu y yo

ImageL’oeuvre

Cette chanson fut composée dans les années 1960, sur un rythme de Bolero-feeling, par Giraldo Piloto (père) et Alberto Vera. Omara Portuondo en fit un grand succès en 1966.

C’est en hommage à son père et à cette grande chanteuse que Giraldo Piroto (fils) a repris ce thème en 2008, avec un rythme plus proche de la Timba, mais toujours avec la voix d’Omara, dans l’album éponyme Solo tu y yo de son groupe Klimax.

Fabrice Hatem

Ses interprétations par l’orchestre Klimax et Omara Portuondo

Dans l’album Solo tu y yo (2008)

Ses paroles en espagnol[1]

Sa traduction en français

Solo tu y yo
(Piloto / Vera)

Mi corazón supo por fin que existías
Ya sin cessar late por ti día tras día
Y es que llegó lo que jamás soñó
Lo que su fe no presentía.
Y aunque jamás me has dicho que tú me quieres
Hay algo en ti que ya negar tú no puedes
Y es que estremece la emoción mi ser
Cuando al mirarnos me comprendes.
Ven, ven, a confirmar mi fe
Ven, ven, que encontraremos
Un sitio en el mundo donde estemos
Solo tú, solo tú y yo.
Solo tú, solo tú y yo.

Solo tú y yo podemos entender
Lo que en las noches queremos hacer, toda una vida.
Toda la vida estaria con tigo
Solamente una vez , solamente vez, una vez, y nada mas
Tu me quieres, yo te quiero,
Tu me adoras, y te adoro
Solo tu yo, vamonos pa’l monte[2],
Solo tu yo yo
Suavuevito suavecito suavetriocomo me gusta mas
Pero ponga tu mano aqui, sobre mi pom pom pom
Suavecito en la loma y besitos en el llano
Vamo’ a ver , vamo’a ver
Tu y yo vamo’ a hacer un revolico
Vamo’ pa’l monte pa’dar besitos
Que no nos sigan….(rép.)

Seulement toi et moi
(Traduction de’Fabrice Hatem)

Mon coeur enfin a découvert que tu existais
Et depuis ne cesse de battre pour toi pour jour après jour
Parce qu’est arrivé ce qu’il n’avait jamais révé
Ce que ne pressentait pas son espérance.
Et même si tu ne m’as jamais dit que tu m’aimais
Il y a quelque chose en toi que tu ne peut nier
Et qui fait frémir mon être d’émotion
Quand d’un seul regard tu me comprends.
Viens, viens, pour répondre à mon espérance.
Viens; viens, pour que nous trouvions ensemble
Un endroit dans la monde où nous serions seuls
Seulement toi, toi et moi.
Seulement toi, toi et moi.

Seuls toi et moi pouvons nous comprendre
Que que nous voulons faire toutes les nuits, toute une vie.
Je serai toute ma vie avec toi.
Seulement une fois, seulement une fois, rien de plus
Tu m’aimes, je t’aime
Tu m’adores, je t’adore
Toi et moi seuls, partons dans la forêt,
Toi et moi seuls
Tout doux, tout doux, comme cela me plaît
Mets ta main ici, sur mon pom pom pom
Tout doux dans la colline, petits baisers dans la prairie
On va voir, on va voir
Toi et moi, nous allons faire un révolution
Allons dans la forêt pour nous embrasser
Et que personne ne nous suive…

Références complémentaires

Présentation très complète de la trajectoire artistique de Giraldo Piloto (fils) et du groupe Klimax


[1] Le texte est basé sur la version de l’interprétation de l’orchestre Klimax proposée en lien. Les parties interprétées par le chœur figurent en italiques.
[2] Sans en être tout à fait certain, je pense que l’expression « Vamos pa’l monte », au-delà de son sens littéral, a aussi dans la langue cubaine une signification imagée : quelque chose comme : « Eloignons-nous de l’agitation et des problèmes quotidiens pour retrouver la solitude heureuse et la simplicité de la nature ».