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Oye como va

Oye como va

ImageL’œuvre

Oye como va est un Cha cha cha composé par Tito Puente en 1962.

Le texte, au-delà de son apparente légèreté – l’auteur invite les danseurs inexpérimentés à se laisser guider par sa musique au rythme facile et entraînant – constitue un intéressante illustration de l’histoire de la musique latine aux Etats-Unis. Beaucoup de danses de loisirs inventés en Amérique du nord au cours des 60 dernières années – mambo, cha cha cha, et plus récemment salsa – sont en effet directement dérivées des rythmes traditionnels afro-caraïbes, simplifiés et adaptés au goûts – et aux possibilités corporelles – du public local. Et c’est exactement cette transformation qui est décrite dans les paroles de la chanson de Tito Puente.

Celle-ci a connu au cours des 50 dernières années un immense succès auprès du public. Elle a été interprétée par plusieurs chanteurs célèbres, aux premiers rangs desquels on peut citer Celia Cruz – qui a par ailleurs a longuement collaboré avec Tito Puente – et Carlos Santana.

Fabrice Hatem

 

Ses interprétations

Par Celia Cruz

Par Carlos Santana

Ses paroles en espagnol[1]

Sa traduction en français

Oye como va
(Tito Puente)

Listen to my rythm
I’ve gotta go go go with my babe (bis)

Oye como va
Mi ritmo bueno pa’gozar[2], mulata[3]
Oye como va
Mi ritmo bueno pa’gozar, mulata

Si tu no sabes bailar
Si estas pelea’o con el son
Sigue me marcando el paso
Y te asseguro que te va sabroson.

Voy pa’la rumba la rumba la rumba
Porque me llama me lama me llama
Y necesito que suene el coro
Para que se ponga a vacilar
Y te lo digo.

Oye como va
Mi ritmo bueno pa’gozar, mulata
Oye como va
Mi ritmo bueno pa’gozar, mulata

Esto se pone caliente
Esto se baila apreto
Cuatro pasito pal frente
Y un meneito del lao.

Por que la rumba la rumba la rumba
Tiene le clave la clave la clave
Ay que meterle candela al jaro
Para que suene asi como va
Te lo repito.

Oye como va
Mi ritmo bueno pa’gozar, mulata
Oye como va
Mi ritmo bueno pa’gozar, mulata

Oye como va
Ay camina como chencha o no vay echa pa’ras
Oye como ova
Oye como va,oye como va
Quimbara. Quimbara…[4]
Oye como va
Como va la rumba, como viene y va, gozala
Oye como va como va

Y llega el negro Vicente
Y el bodegero de al lao
Que venga toda mi gente, mi gente
Para que gozen tumbao.

Por que la rumba la rumba la rumba
Tiene le clave la clave la clave
Ay que meterle candela al jaro
Para que suene asi como va
Vien suavesito.

Oye como va
Mi ritmo bueno pa’gozar, mulata
Oye como va
Mi ritmo bueno bueno pa’gozar.

Ecoute donc ça
(Traduction de Fabrice Hatem)

Ecoute mon rythme
Je dois aller, aller, avec ma chérie

Ecoute donc ça
Mon rythme si bon pour danser, la fille
Ecoute donc ça
Mon rythme si bon pour danser, la fille

Si tu ne sais pas danser
Si tu es fâché avec le son
Suis-moi quand je marque le pas
Et je t’assure que ça sera bon.

Je vais à la rumba, la rumba la rumba
Parce qu’elle m’appelle, m’appelle, m’appelle
Et j’ai besoin que résonne le choeur
Pour qu’on puisse bien faire la fête
Je te le dis.

Ecoute donc ça
Mon rythme si bon pour danser, la fille
Ecoute donc ça
Mon rythme si bon pour danser, la fille

Ca devient vraiment très chaud
Et ça se danse avec classe
Quatre petits pas devant
Et un petit mouvement de côté.

Parce que la rumba, la rumba, la rumba
Elle t’offre la clave; la clave, la clave
Il faut bien mettre le feu au buisson
Pour que ça sonne bien comme ça
Je le répète.

Ecoute donc ça
Mon rythme si bon si bon pour danser, la fille
Ecoute donc ça
Mon rythme si bon si bon pour danser, la fille

Ecoute donc ça
Vas-y tranquille, pas penché en arrière
Ecoute donc ça
Ecoute donc ça, écoute donc ça
Quimbara, Quimbara…
Ecoute donc ça
Elle bouge bien la rumba, elle va et vient, profites-en
Ecoute donc ça, écoute ça

Et voila le Vincente le noir
Et puis l’épicier d’à côté
Que viennent donc tous mes amis, mes amis
Pour bien profiter du rythme.

Parce que la rumba, la rumba, la rumba
Elle t’offre la clave; la clave, la clave
Il faut mettre le feu au buisson
Pour que ça sonne ainsi comme ça
Viens, c’est si bon.

Ecoute donc ça
Mon rythme si bon si bon pour danser, la fille
Ecoute donc ça
Mon rythme si bon si bon pour danser.

Références complémentaires

Biographie de Tito Puente

Biographie de Carlos Santana

Biographie en français de Célia Cruz


[1] Texte basé sur la version interprétée par Celia Cruz. Les parties chantées par le chœur figurent en italiques.
[2] Gozar : jouir, prendre du plaisir.
[3] Mulata, negra : termes affectueux utilisés à Cuba pour désigner un femme. Ils ne sont pas nécessairement utilisés avec une connotation ethnique.
[4] Allusion de Celia Cruz à sa chanson Quimbara qui évoque aussi la rumba.

Orgullecida

Orgullecida

ImagePour consulter une traduction de cette chanson, cliquez sur le lien suivant : orgullecida.

Composée à Cuba par Eliseo Silvera vers 1925, cette chanson incorpore de nombreuses influences du jazz et plus généralement de la musique nord-américaine. Elle figure pratiquement depuis sa création au répertoire de Compay Segundo, qui l’a interprétée notamment en compagnie de Ry Cooder dans l’album Buena Vista Social Club.

Je vous propose de l’écouter dans une version « live » de Compay Segundo, enregistrée lors d’un concert donné en 1999 au Brésil, tout en lisant ma traduction.

 

Fabrice Hatem

Open the door

Open the door

ImageL’oeuvre

Cette chanson de timba, composée par Aisar Hernández, a été enregistré en 2010 dans l’album De que estamos hablando par l’orchestre Elio Revé y su Charangon, avec Pascual « Sinsonte » Matos en voix principale , et le trompettiste El Guajiro Mirabal en musicien invité.

La description, à caractère souvent satirique, de petits évènements mettant en scène la vie de tous les jours, constitue l’une des sources majeures d’inspiration des chansons de Son. S’inscrivant dans l’héritage de cette tradition, Elio Revé nous propose ici un « instantané » de la vie quotidienne dans La Havane d’aujourd’hui, avec ses bus bondés, ses passagers énervés, ses familles partagées entre Cuba et les Etats-Unis, ses trafics d’objets de première nécessité, ses petits voleurs ciblant les visiteurs et les touristes de passage…

Fabrice Hatem

 

Ses interprétations par Elio Revé Jr y su Charangon

– – Dans l’album De que estamos hablando (2010)

Ses paroles en espagnol[1]

Sa traduction en français

Open the door
(Aisar Hernández)

Caballero
Caballero
Caballero
Repito
Déjeme montar primero
Ahí na’má’
Caballero, caballero déjeme montar primero
Así decía Mireya cuando llegaba a la guagua[2]
Para irme de esa forma mejor me voy en una yaguar
Caballero, caballero déjeme montar primero
Caballero, caballero déjeme montar primero

Pues la gente no respeta
Y a grupo quieren subir
Si hace rato que no pasa
Y todos queremos subir
Caballero, caballero déjeme montar primero
Caballero, caballero déjeme montar primer
o
Y al que viene bajando se le escucha así decir :
« Permiso señor »
Pues si yo no me bajo
Usted no se va a subir ¡camina!
Caballero, caballero déjeme montar primero
Aguanta señor
Caballero
Permiso
Caballero déjeme montar primero
Y venía Miguelito él que llegaba de un viaje
Cuando el chofer arrancó le robaron su equipaje
Y dijo así
Open the door
Open the door o me tiro por la window
¿Qué cosa fue? Je je je je je
Open the door o me tiro por la window
Abreme la puerta o me voy por la ventana
Open the door o me tiro por la window
Permiso caballero pa’ convencer al chofer
Open the door o me tiro por la window
Señores no se metan me han robado la maleta
Open the door o me tiro por la window
La tiene el moreno aquel montado en la bicicleta
Open the door o me tiro por la window
Ay apartate porque a mí se me respeta
Repito conmigo…Aguanta
El chofer paró la guagua por notarme preocupado
Y al conductor preguntó ¿al señor qué le ha pasado? »
« ¿Y su maleta dónde está? »
Se la llevaron
Se la llevaron completa
Se la llevaron
Con todo lo que traía
Se la llevaron
Con la goma de bicicleta
Se la llevaron
Yo no sé que me hago ahora
Se la llevaron
Que yo le digo a Susana
Se la llevaron
Con los zapatos de Lola
Se la llevaron
Y el vestido de mi hermana
Se la llevaron
Pa’ dónde
Se la llevaron
Cógelo ahí
Se la llevaron
Pero mira mira mira mira mira mira donde va
Se la llevaron
Se la llevaron

Reyna Morales
Se la llevaron
La DJ…Me llevaron la maleta
Se la llevaron
Me la llevaron…!Ay Dios mio!
Se la llevaron
Ja ja ja ja ja
Se la llevaron

(Solo de trompette par le Guajiro Mirabal)

Se la llevaron
El Guajiro Mirabal
Se la llevaron
Se la llevaron

Sopla Guajiro
Se la llevaron (rép.)
En la próxima parada
Open the door o me tiro por la window
Y yo me tiro, mira que yo me tiro, yo me tiro,
Yo me tiro por la window
Open the door o me tiro por la window
Eh !
Agáchate !

Open the door
(Traduction de Fabrice Hatem)

Cher Monsieur
Cher Monsieur
Cher Monsieur
Je répète
Laissez-moi monter en premier
Voila c’est tout
Cher monsieur, laissez-moi monter en premier
C’est ce que disait Mireille en arrivant à la guagua
Pour se déplacer, si c’est comme ça, je préfère une Jaguar
Cher monsieur, laissez-moi monter en premier
Cher monsieur, laissez-moi monter en premier
Mais les gens ne respectent rien
Et veulent monter tous en même temps
Cela fait un moment que le bus n’est pas passé
Et nous voulons tous monter
Cher monsieur, laissez-moi monter en premier
Cher monsieur, laissez-moi monter en premier
Et celui qui descend, il s’entend dire comme ça :
« Permettez, monsieur »
Mais si moi je ne descend pas,
Vous vous n’allez pas monter ! allez !
Cher monsieur, laissez-moi monter en premier
Permettez monsieur
Cher monsteur
S’il vous plaît
Cher monsieur, laissez-moi monter en premier
Et voila Miguelito qui revenait d’un voyage
Quand le chauffeur démarra, ou lui vola ses bagages
Et il dit comme ça
Open the door
Open the door ou je descend par la window
Qu’est-ce qui s’est passé ? Eh eh…
Open the door ou je descend par la window
Ouvrez moi la porte ou je sors par la fenêtre
Open the door ou je descend par la window
Excusez-moi messieurs je dois convaincre le chauffeur
Open the door ou je descend par la window
Messieurs, ne vous en mêlez pas, on m’a dérobé ma valise
Open the door ou je descend par la window
C’est le basané à bicyclette qui l’a prise
Open the door ou je descend par la window
Ah, poussez vous parce moi on me respecte
Répétez avec moi… on tient le coup
Le chauffeur arrêta la guagua en me voyant préoccupé
Et demanda au receveur : qu’est qui est arrivé au monsieur
Et sa valise, ou est-elle ?
Ils la lui ont prise
Ils la lui ont prise toute entière
Ils la lui ont prise
Avec tout ce qu’elle contenait
Ils la lui ont prise
Avec le pneu de bicyclette
Ils la lui ont prise
Je ne sais pas ce que vais faire maintenant
Ils la lui ont prise
Qu’est-ce que je vais dire à Suzanne
Ils la lui ont prise
Avec les chaussures de Lola
Ils la lui ont prise
Et le vêtement de ma soeur
Ils la lui ont prise
Où ils sont partis ?
Ils la lui ont prise
Attrapez-le, allez
Ils la lui ont prise
Mais regarde, regarde, regarde où il va
Ils la lui ont prise
Ils la lui ont prise
Reyna Morales
Ils la lui ont prise
La DJ… Ils m’ont pris la malette
Ils la lui ont prise
Il me l’ont prise… Ah mon Dieu !
Ils la lui ont prise
Ja ja ja
Ils la lui ont prise

(Solo de trompette par le Guajiro Mirabal)

Ils la lui ont prise
Le guajiro Mirabal
Ils la lui ont prise
Ils la lui ont prise
Joue, Guajiro
Ils la lui ont prise
Au prochain arrêt
Open the door ou je descend par la window
Ou je descends, regarde, je descends, je descends,
Je descends par la fenêtre
Open the door ou je descend par la window
Eh !
Calme-toi !

Références complémentaires

Discographie de l’orchestre Elio Revé y su Charangon

Sur l’histoire de l’orchestre Elio Revé y su Charangon

Biographie de Elio Revé (le père, en espagnol)

Sur l’album De que estamos hablando


[1] Le texte est basé sur la version de l’interprétation de l’album De que estamos hablando proposée en lien. Les parties interprétées par le chœur figurent en italiques.
[2] Surnom donné aux bus urbains à Cuba.
Ojalá

Ojalá

ImageL’oeuvre

Cette chanson fut composée en en 1969 par Silvio Rodriguez en souvenir d’une femme qui fut son premier amour de jeunesse, Emilia.

Dans une interview citée en lien, il explique que le souvenir de cet amour malheureux le poursuivit pendant des années jusqu’à ce qu’il se décide à composer cette chanson.

Fondateur avec d’autres jeunes auteurs cubains comme Pablo Milanés du mouvement de la Nueva trova – version cubaine de la Cancion protesta latino-américaine, Silvio Rodriguez est également connu pour son engagement « de gauche » et « anti-impérialiste » aux cotés du régime castriste.

Fabrice Hatem

Ses interprétations par Silvio Rodriguez

Version « live » en concert (date et lieu non précisés, mais ambiance survoltée)

Ses paroles en espagnol[1]

Sa traduction en français

Ojalá
(Silvio Rodriguez)

Ojalá que las hojas no te toquen el cuerpo
Cuando caigan
Para que no las puedas convertir en cristal
Ojalá que la lluvia deje de ser el milagro
Que baja por tu cuerpo
Ojalá que la luna pueda salir sin ti
Ojalá que la tierra no te bese los pasos.

Ojalá se te acabe la mirada constante
La palabra precisa, la sonrisa perfecta
Ojalá pase algo que te borre de pronto
Una luz cegadora, un disparo de nieve
Ojalá por lo menos que me lleve la muerte
Para no verte tanto, para no verte siempre
En todos los segundos, en todas las visiones
Ojalá que no pueda tocarte ni en canciones.

Ojalá que la aurora no dé gritos
Que caigan en mi espalda
Ojalá que tu nombre se le olvide esa voz
Ojalá las paredes no retengan
Tu ruido de camino cansado
Ojalá que el deseo se vaya tras de ti
A tu viejo gobierno de difuntos y flores.

Ojalá se te acabe la mirada constante
La palara precisa, la sonrisa perfecta
Ojalá pase algo que te borre de pronto
Una luz cegadora, un disparo de nieve
Ojalá por lo menos que me lleve la muerte
Para no verte tanto, para no verte siempre
En todos los segundos, en todas las visiones
Ojalá que no pueda tocarte ni en canciones.

Ojala
(Traduction de Fabrice Hatem)

Je souhaite que les feuilles ne touchent pas ton corps
Quand elles tombent
Pour que tu ne puisses pas les transformer en cristal
Je souhaite que la pluie cesse d’être le miracle
Qui descend sur ton corps
Je souhaite que la lune puisse se lever sans toi
Je souhaite que la terre ne baise plus tes pas.

Je souhaite que disparaisse le regard ferme,
La parole précise, le sourire parfait
Je souhaite que quelque chose t’efface soudain
Une lumière aveuglante, une tempête de neige
Je souhaite au moins que la mort m’enlève
Pour ne pas te voir autant, pour ne pas te voir toujours
A chaque seconde, à chaque image
Je souhaite ton absence même dans mes chansons.

Je souhaite que l’aurore n’entende pas de cris
Qui tomberaient sur mes épaules
Je souhaite que ma voix oublie ton nom
Je souhaite que les murs ne retiennent pas
Le bruit de ton chemin de fatigue
Je souhaite que le désir s’en aille loin de toi
Vers ton vieux royaume de défunts et de fleurs.

Je souhaite que disparaisse le regard ferme,
La parole précise, le sourire parfait
Je souhaite que quelque chose t’efface soudain
Une lumière aveuglante, une tempête de neige
Je souhaite au moins que la mort m’enlève
Pour ne pas te voir autant, pour ne pas te voir toujours
A chaque seconde, à chaque vision
Je souhaite ton absence même dans mes chansons.

Références complémentaires

Site très complet consacré à Silvio Rodriguez (en espagnol)

Présentation succincte de la vie et de l’œuvre de Silvio Rodriguez

Sur l’explication de l’origine et de certains vers cryptiques de la chanson (en espagnol)


[1] Le texte est basé sur la version de l’interprétation publique proposée en lien. Les parties interprétées par le chœur figurent en italiques.

Nube pasajera

Nube pasajera

ImageL’oeuvre

Ecrite par Leonel Limonta (photo ci-contre), cette timba été enregistrée en 1995 par l’orchestre La charanga habanera dans l’album Pa’ que se enteré La habana en voix principale le chanteur Michel Maza.

Dans un entretien avec El Farandulero Mayor, publié sur notre site Web Fiestacubana, Leonel Limonta raconte la genèse de cette chanson et nous aide aussi à comprendre certains de ses vers un peu cryptiques. Leonel était attiré par une jolie femme qui aimait beaucoup le voir comme ami, mais ne souhaitait pas entretenir avec lui une relation amoureuse. Or, il avait lui-même d’autres idées en tête. Un jour qu’ils se promenaient ensemble a bicyclette dans le quartier de Regla, il décida donc de passer à l’action et de se faire plus pressant avec la demoiselle. Mais ils furent alors brusquement surpris par une averse qui les obligea à se séparer rapidement et ruina ses plans amoureux. Il rentra chez lui, fort dépité, mais en tira quelques jours plus tard cette chanson qui devint l’un des thèmes fondateurs de la Timba cubaine.

Le texte tout entier est construit sur une série de double-sens touchant aux thèmes de l’eau et de la pluie :

– Premier double sens : la femme « mouille » l’homme, mais refuse de lui tendre la serviette qui lui permettrait de se sécher.

– Second double sens : pour le comprendre, il faut savoir que dans le vocabulaire des chansons de timba, l’interjection « agua » peut faire référence à tout ce qui peut apaiser le feu (« candela ») du désir. Ici, la « mala agua » dont parle la chanson n‘est pas seulement une pluie inattendue et désagréable, mais aussi une « mauvaise eau » qui ne permet pas de soulager le feu qu’elle a elle-même contribué à allumer.

Dans les deux cas, la signification est transparente : une femme aguicheuse excite le désir d’un homme pour ensuite se refuser à lui. C’est exactement, semble-t-il, la situation dans laquelle s’est trouvé l’auteur avec son amie de Regla.

Fabrice Hatem

Ses interprétations par La Charanga Habanera

Dans le CD Pa’Que Se enteré la habana (1995)

Lors de l’un des premiers concerts publics où la chanson fut chantée (en 1995)

Dans une émission de la télévision cubaine en 1996

Ses paroles en espagnol[1]

Sa traduction en français

Nube pasajera
(Leonel Limonta)

Este es es baile del mojaíto … Qué lindo!
Si ya me mojaste, chin chin
Por qué no me tiras la toalla

Tira la toalla
No es para la cara
Es pa’ que te seque(s) porque estás mojada
Si ya me mojaste, chin chin
Por qué no me tiras la …
Tu capricho de estar conmigo
Y el delirio de estar con otro
Eso te puede pasar
Pero es algo peligroso
Tú confundes pasión de amar
Con algo que no te puedo dar
Deseas sin más ni más
Hacerme de tí un vicioso
Oye mujer, tú eres más que una hoguera
Hoguera
Oye mujer, tú eres más que insaciable
Tú sólo eres comparable
Con una nube que pasa y sin avisar
Oye mujer, tú eres más que una hoguera
Oye mujer, tú eres más que insaciable
Tú sólo eres comparable
Con una nube que pasa y sin avisar
Y que moja a cualquiera
Porque tú eres así
Porque tú eres así
Como una nube pasajera
Que moja cualquiera

Porque tú eres así conmigo
Si yo no quiero nada malo contigo
Porque tú eres así
Contigo-o-o-o-o-o…
Como una nube pasajera
Que moja cualquiera

Y si me moja
No me preocupo
Y si me empapa
No me disgusto
Porque tú eres así
Mójame
Como una nube pasajera
Que moja cualquiera
Mátame con tu cariño
Que soy tu niño soy tu pupilo ¡PUM!
Aprieta el gatillo [2]
Porque tú eres así
Mátame
Como una nube pasajera
Que moja cualquiera

A que no me mojas
A que no me mojas
Que si tú me mojas
Deja y que te coja
Porque tú eres así
Agua mala
Como una nube pasajera
Que moja cualquiera

Y que me caiga un aguacero de amor
Y que me empape el alma
Mi alma y mi corazón
Oye! mujer! escucha ahora…lo que te voy a decir
Y si tú quieres mojarme
Y yo me quiero mojar
Muchachos! Canten el coro
Que lo voy a improvisar
Mójame, mátame
Pa’ que se entere La Habana, agua mala

Pa’ que se entere La Habana, mira
Que tú eres un agua mala que nos desatina
Mójame, mátame
Pa’ que se entere La Habana, agua mala

Chin chin, chin chin, la lluvia cayó
Y me mojó, y me empapó el corazón
Mójame, mátame
Pa’ que se entere La Habana, agua mala

Y yo no sé que voy a hacer…oye!
Y yo no sé que va a pasar con esa agua mujer
Mójame, mátame
Pa’ que se entere La Habana, agua mala

Es que no me deja ni trabajar
No no no, no no no, qué va?
Esto ‘tá bueno, rico
¨Pa ‘que se entere La Habana, agua mala
Pa ‘que se entere La Habana, agua mala
Pa ‘que se entere La Habana, agua mala
Pa ‘que se entere La Habana, agua mala
La Habana nueva, La Habana Vieja
Pa ‘que se entere La Habana, agua mala
Que se comente en la esquina de Tejas
Pa ‘que se entere La Habana, agua mala
Aaaaaagua mala mala
Pa ‘que se entere La Habana, agua mala
Que me lleva, lleva
Pa ‘que se entere La Habana, agua mala
Y que me cae esa lluvia que aquí la espera
Pa ‘que se entere La Habana, agua mala
El menor de la salsa[3] que viene echando candela
Pa ‘que se entere La Habana, agua mala
Y yo te digo que si me mojaste si me mojaste si me mojaste
Por qué no me tiras … la toalla, mami?!?!
Si ya me mojaste, chin chin
Por qué no me tiras la toalla

Tírala, pero tíra la toalla
Si ya me mojaste, chin chin
Por qué no me tiras la toalla
Porque si no me la tiras
Te la verás con Mamita la de la esquina
Si ya me mojaste, chin chin
Por qué no me tiras la toalla…por qué?

Por qué no me tiras la toalla…por qué?
Por qué no me tiras la toalla…por qué?
Por qué no me tiras la toalla…por qué?

Por qué no me tiras la toalla…por qué?
Y si tú quieres que siga ha mojado[4]
Por qué no me tiras la toalla…por qué?
Dile a Luisito que mande un recado
Por qué no me tiras la toalla…por qué?
Ay recaditos no
Por qué no me tiras la toalla…por qué?
Ay no los quiero yo
Por qué no me tiras la toalla…por qué?
Sirvió o no sirvió? Yo creo que sí
Por qué no me tiras la toalla…por qué?
Por qué no me tiras la toalla…por qué?

Nuée passagère
(Traduction de Fabrice Hatem)

Ça c’est la danse du mouillé … C’est beau !
Si tu m’as mouillé, chin chin
Pourquoi tu ne me lances pas la serviette ?
Lance la servette
Ce n’est pas pour frimer
C’est pour que tu te sèches parce que tu es mouillée
Si tu m’as mouillé, chin chin
Pourquoi tu ne me lance pas la ….
Ton caprice d’être avec moi
Et ce délire d’être avec l’autre
Cela peut te passer
Mais c’est plutôt dangereux
Tu confonds la passion d’aimer
Avec quelque chose que je ne peux te donner
Tu désires tout simplement
Me transformer en un drogué de toi
Ecoute femme, tu es plus qu’un bûcher
Bûcher
Ecoute femme, tu es plus qu’insatiable
Tu es seulement comparable
A un nuage qui passe et sans prévenir
Ecoute femme tu es plus qu’un bûcher
Ecoute femme, tu es plus qu’insatiable
Tu es seulement comparable
A un nuage qui passe et sans prévenir
Se met à mouiller tout le monde
Pourquoi tu es ainsi
Pourquoi tu es ainsi
Comme un nuage qui passe
Qui mouille tout le monde
Pourquoi tu es ainsi avec moi
Si je ne veux rien faire de mal avec toi
Pourquoi tu es ainsi
Avec toi
Comme un nuage qui passe
Qui mouille tout le monde
Et si elle me mouille
Je m’en fiche
Et si elle me trempe
Elle ne me dégoûte pas
Pourquoi tu es ainsi
Mouille-moi
Comme un nuage qui passe
Et qui mouille n’importe qui
Tue-moi avec ta tendresse
Car je suis ton enfant, ton pupille ! Pum !
Appuie sur la gâchette
Pourquoi tu es ainsi
Tue-moi
Comme un nuage qui passe
Qui mouille tout le monde
Ah, ne me mouille pas
Ah ne me mouille pas
Parce que si tu mouille
Laisse-moi te prendre
Pourquoi tu es ainsi
Eau mauvaise
Comme un nuage qui passe
Qui mouille tout le monde
Et il me tombe une averse d’amour
Qui mouille toute mon âme
Mon âme et mon coeur
Ecoute, femme, écoute maintenant ce que je vais te dire
Et oui tu veux me mouiller
Et moi je veux me mouiller
Les gars ! Il chante le choeur
Et moi je vais improviser
Mouille-moi, tue-moi
Pour que la Havane se rende compte, eau mauvaise
Pour que la Havane se rende compte, regarde
Que tu es une eau mauvaise qui nous rend fou
Mouille-moi, tue-moi
Pour que la Havane se rende compte, mauvaise eau
Chin chin, Chin chin, la plue est tombée
Et m’a mouillé, et m’a trempé le coeur
Mouille-moi, tue-moi
Pour que la Havane se rende compte, eau mauvaise
Je ne sais ce que je vais faire ; Ecoute !
Je ne sais ce qui va sa passer avec cette eau, femme,
Mouille-moi, tue-moi
Pour que la Havane se rende compte, mauvaise eau
C’est ce qui m’émpèche de travailler
Non, non, non, que faire ?
Ça c’est beau, c’est bon
Pour que la Havane se rende compte, mauvaise eau
Pour que la Havane se rende compte, mauvaise eau
Pour que la Havane se rende compte, mauvaise eau
Pour que la Havane se rende compte, mauvaise eau
La nouvelle Havane, la vieille Havane
Pour que la Havane se rende compte, mauvaise eau
Qu’on en parle sur les trottoirs de Tejas
Pour que la Havane se rende compte, mauvaise eau
Mauvaise eau
Pour que la Havane se rende compte, mauvaise eau
Qui m’excite, qui m’excite
Pour que la Havane se rende compte, mauvaise eau
Ah, mais que tombe cette pluie que j’attends
Pour que la Havane se rende compte, mauvaise eau
C’est le mauvais Salsero qui vient mettre le feu
Pour que la Havane se rende compte, mauvaise eau
Je je te dis que si tu m’as mouillé, si tu m’as mouillé
Pourquoi tu ne me lance pas…. La serviette, chérie ?
Si tu m’as mouillé, chin chin
Pourquoi tu ne me lance pas la serviette
Lance-la, mais lance la serviette
Si tu m’as mouillé, chin chin
Pourquoi tu ne me lance pas la serviette
Parce que si tu ne me la lance pas
Tu la verras avec une autre chérie, celle d’à côté
Si tu m’as mouillé, chin chin
Pourquoi tu ne me lances pas la serviette.. Pourquoi ?
Pourquoi tu ne me lances pas la serviette.. Pourquoi ?
Pourquoi tu ne me lances pas la serviette.. Pourquoi ?
Pourquoi tu ne me lances pas la serviette.. Pourquoi ?
Pourquoi tu ne me lances pas la serviette.. Pourquoi ?
Si tu veux continuer à me mouiller
Pourquoi tu ne me lances pas la serviette.. Pourquoi ?
Dis à Luisito qu’il envoie faire des commissions
Pourquoi tu ne me lances pas la serviette.. Pourquoi ?
Ah, des commissions, non
Pourquoi tu ne me lances pas la serviette.. Pourquoi ?
Ah, moi je n’en veux pas
Pourquoi tu ne me lances pas la serviette.. Pourquoi ?
Elle a servi ou pas ? Je crois que oui
Pourquoi tu ne me lances pas la serviette.. Pourquoi ?
Pourquoi tu ne me lances pas la serviette.. Pourquoi ?

Références complémentaires

Présentation très complète de la trajectoire artistique de Leonel Limonta

Présentation générale de la Charanga Habanera

Discographie complète de la Charanga Habanera

Site officiel de la Charanga Habanera


[1] Le texte est basé sur la version de l’interprétation de l’album CD Pa’ que se enteré La habana proposée en lien. Les parties interprétées par le chœur figurent en italiques.
[2] Ma traduction de ce terme est peut-être un faux-sens. Ayudame !
[3] Surnom de Michel Maza.
[4] Ma traduction de ces dernières paroles de Michel Maza, fort obscures pour moi, tient plus de l’invention que de la fidélité au texte. Mais au fond, puisqu’il s’agit d’improvisation…
Nosotros

Nosotros

Image Pour lire une traduction de ce texte, cliquez sur le lien suivant : Nosotros.

Nosotros fut écrit en 1943, quelques mois avant sa mort, par le poète et compositeur cubain Pedro Junco (1920-1943). On a souvent voulu y voir une sorte de lettre d’adieu écrite par celui-ci, malade de la tuberculose et conscient de sa disparition prochaine, à la femme qu’il aimait. Cette version est cependant contestée par certains spécialistes qui disent n’en n’avoir trouvé aucune preuve tangible.

Quoiqu’il en soit, Nosotros a connu, dès sa première diffusion radiophonique en 1943, dans une interprétration de Tony Chiroldes, un immense succès, jamais démenti par la suite, auprès du public cubain, et a figuré au répertoire d’un nombre considérable de chanteurs.

 

Les interprétations de Nosostros, quoique toujours plus ou moins directement influencées par le Boléro, couvrent une très large diversité de styles : boléro traditionnel (Trio Los Panchos), Boléro « feeling » incorporant l’influence du jazz et du blues (Joaquin Sabina et Chavela Vargas, José Feliciano), musique de variétes (Luis Miguel).

Je vous propose d’écouter ce thème dans l’interprétation de José Feliciano s’accompagnant de sa guitare, tout en lisant ma traduction.

Fabrice Hatem