La Salsa tire ses origines des danses populaires cubaines, au sein desquelles les rituels religieux associés aux Orishas tiennent une place éminente. Le rythme de base du Cha-Cha-Cha se retrouve dans les danses d’Elegba et d’Oggun. Le pas dit « de cubaine », dans celle de Chango. Le pas de mambo, dans (entre autres) la danse d’Obatala. Il me paraît donc indispensable, pour ne pas « danser idiot », de bien connaître ces modes d’expression traditionnels, ainsi que les croyances religieuses auxquelles ils sont attachés. C’est là l’un des objectifs majeurs que j’avais fixé à mon voyage à Cuba.
Le premier pas de ce périple initiatique fut une visite au musée des Orishas, qui est aussi le siège de l’association culturelle Yoruba. Situé pratiquement en face du Capitole, dans un bel immeuble à arcades, ce lieu est à la fois un musée, un lieu de spectacles et de conférences, et un temple religieux. C’est sans doute pour cette dernière raison que les photographies y sont interdites, ce qui explique le caractère relativement austère de cet article, uniquement constitué d’un texte écrit, sans pratiquement aucune illustration audio-visuelle[1].
En m’y rendant, j’étais, assez stupidement, convaincu que j’allais être déçu. Le grand hall d’entrée, assez dépouillé, ne payait vraiment pas de mine. Le prix du billet – 10 CUC – me paraissait prohibitif. Aucun guide audio-visuel ou imprimé n’était disponible. Les photographies et les vidéos étaient interdites. Bref, je m’apprêtais, en montant l’escalier qui conduisait au musée, situé au premier étage de l’immeuble, à passer directement mes dix CUC par profits et pertes, au titre d’une arnaque ordinaire pour touriste naïf.
J’avais totalement tort. Je n’exagère pas en disant que, de toutes les visites de musées que j’ai accomplies dans mon existence – à part peut-être celle du musée national chinois de Taïwan – celle-ci fut à la fois la plus émouvante, la plus distrayante et la plus instructive.
Dès mon entrée, je fus pris en charge par une guide qui ne fit l’immense cadeau d’une visite commentée de près de deux heures, à mon unique intention, car j’étais à peu près le seul visiteur ce matin-là. D’abord cantonnée à d’intéressantes mais superficielles généralités sur la religion Yoruba, mon initiatrice s’anima en comprenant à mes questions que le sujet ne m’était pas totalement inconnu. Elle-même Santera et fille de Oya, elle me fit alors bénéficier, avec beaucoup de générosité et d’enthousiasme, de son grand savoir sur les mythes des Orishas. Et cette visite se transforma alors pour moi en un émouvant voyage culturel et poétique vers le monde des croyances afro-cubaines.
Le musée présente lui-même une configuration assez originale. Imaginez une enfilade de quatre grandes et longues salles très hautes de plafond, organisées selon un plan rectangulaire autour un patio central. Dans chacune de ces salles, trônent le long des murs deux rangées d’immenses statues de plus de 3 mètres de haut, la plupart en argile, quelques-unes en pierre ou en bois. Entourées chacune d’une prolifique végétation (factice), elles sont installées sur de larges socles qui les placent en surplomb des visiteurs. Ceux-ci doivent donc lever la tête pour les contempler, ce qui ajoute encore au sentiment de majesté qui s’en dégage. Devant chaque statue, on trouve un petit texte résumant l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur l’Orisha : son nom, sa généalogie, ses principaux pouvoirs et attributs, les lieux qu’il fréquente habituellement, ses goûts, les particularités des rites le concernant, son équivalent catholique, etc.
Ces textes assez bien faits, opportunément complétés par les commentaires de grande qualité de ma guide, ont significativement contribué à améliorer ma connaissance de la religion Yoruba.
J’ai ainsi découvert que le panthéon des Orishas ne se limitait pas aux figures les plus connues en Europe, comme Chango, Yemaya ou Ochun, ni même à ceux que mes investigations personnelles m’avaient déjà permis de rencontrer, comme Obba, Osain, Oya, Oggun, Elegba, Obalala, Inle, Agayu, Obatala ou Babalu Aye. A la fin de ma visite, des noms nouveaux ou peu familiers jusque-là, comme, entre autres, ceux d’Echu, des jumeaux Beyis, de Bromu et Broncia, de Yewa, d’Orishaoka, d’Oshumare, d’Ochosi, de Nana Bukua et d’Olosa, s’étaient ajoutés à ces listes sacrées. Mais rassurez-vous : je ne vous infligerai pas ici une description des caractéristiques de chacune de ces Divinités – que vous pouvez par ailleurs facilement trouver sur internet.
J’ai également mieux compris certains aspects de la religion des Orishas : son caractère syncrétique lié à la fusion de croyances venus de différentes régions d’Afrique dans un environnement dominé par le catholicisme ; la place centrale accordée la nature et aux morts ; l’existence de très nombreuses variantes dans les mythes transmis par la tradition orale et non unifiés par l’action d’une théocratie centralisée ; la vision du Bien et du Mal comme deux face opposées mais complémentaires de la même énergie fondamentale ; le fait que la religion Yoruba propose au croyant un véritable quête spirituelle, marquée par un cheminement initiatique complexe ; la proximité parfois étroite existant entre les Orishas et les êtres humains, etc. J’ai détaillé ces différents points en annexe à l’attention du lecteur intéressé.
En conclusion, je suis sorti de cette visite enthousiasmé, et bien décidé à retourner dans ce musée-temple pour approfondir ma connaissance de la religion Yoruba. Et j’espère aussi avoir suscité chez vous le désir vous lancer également à la découverte de la merveilleuse culture populaire afro-cubaines dont notre Salsa bien-aimée constitue qu’un tout petit rameau très récent, quelque peu déconnecté aussi des traditions et des croyances anciennes qui ont rendu possible son existence.
Fabrice Hatem
Annexe : quelques réflexion sur la religion des Orishas
Je vous propose ici une synthèse des réflexions que la visite du musée des Orishas de la Havane a suscité en moi. Celles-ci s’organisent autour d’une petite dizaine d’observations[1].
Une religion syncrétique et agrégative
Il existe dans la Santeria, religion des descendants d’esclaves Noirs originaires de différentes parties d’Afrique et vivant dans une société catholique, deux formes superposées de syncrétisme.
Le premier syncrétisme, le plus connu, est celui qui associe à chaque Orisha un saint catholique, ce qui permettait aux esclaves Noirs de continuer à pratiquer leur religion traditionnelle tout en respectant les apparences – et en intégrant aussi les croyances et les superstitions – de celle de leur maîtres. Par exemple, Elegba est assimilé à Saint Antoine de Padoue, Ochosi à Saint-Norbert, Oggun à Saint Pierre, Yemaya à la Vierge de Regla, Obatala à la Vierge de la Merced, Ochun à la Vierge de la Caritad del Cobre, Inle à Saint-Raphaël, Agayu à Saint Christophe de la Havane, Orula à Saint-François d’Assise, etc.
Le second syncrétisme, plus profond car touchant à la structure même des croyances, vient de l’agrégation, au sein du même panthéon religieux ayant pris à Cuba sa forme définitive, de Dieux ou d’esprit originellement honorés séparément dans les différents régions d’Afrique (de l’ouest) dont étaient originaires les esclaves et leur descendants. Par exemple, Oshun vient du Nigeria. C’est également le cas d’Obba, où une lagune dont la légende lui impute la création porte encore aujourd’hui son nom. Par contre, d’autres Orishas, comme Yemaya et Oshumare (servante de Chango), viennent vraisemblablement du Dahomey. Dans certains cas, ce phénomène de syncrétisme s’est produit en Afrique même, bien antérieurement à la période de l’esclavage colonial. Par exemple, Oddua, d’ailleurs représenté, de manière significative, par une statue d’Osiris dans le musée des Orishas, serait un Dieu originaire d’Egypte et adopté par les Yorubas.
Une mythologie non unifiée
Provenant de l’agrégation de croyances d’origine diverses, transmises uniquement par la tradition orale, non unifiées par l’action d’un clergé ou d’une théocratie centralisée, les mythes Yoruba se déclinent en une multitude de versions souvent assez éloignées les unes des autres, et parfois totalement contradictoires.
Ainsi, selon les récits, Ochun, ruinée par sa générosité ou privée de l’aide de son époux Inle, a du devenir lavandière ou se prostituer pour pouvoir nourrir ses enfants ; toujours selon ces différents récits concurrents, elle a pu se sortir de cette situation, soit par la compassion de sa sœur Yemaya, soit par celle de l’ensemble des Orishas, soit par une rencontre avec le plus riche d’entre eux, Aye Shaluga, qui tomba éperdument amoureux d’elle. Agayu est selon les versions, le père ou le frère de Chango, voire Chango lui-même. Certains affirment que Oya a volontairement quitté le brutal Oggun par amour pour Chango, d’autres que Chango l’a enlevée de force, d’autres encore que Oggun l’a chassée parce qu’elle était trop souvent ivre.
Et ce ne sont là que quelque exemples de ces infinies variantes dans les récits sacrés, liée à la fois aux origines diverses de ces mythes et aux déformations introduites par leur transmission orale. Il est inutile, à mon humble avis, d’y rechercher une cohérence qui n’existe pas, puisque personne n’a pensé à la créer. A chacun, peut-être, de choisir la version à laquelle il préfère croire en fonction de ses choix moraux, de son vécu personnel, de son caractère…
Le Bien et le Mal, deux faces de la même énergie fondamentale
Dans nos religions monothéistes, le Bien est le Mal sont considérés deux forces intrinsèquement opposées, qui s’affrontent pour le contrôle du Monde. Dans la religion Yoruba, ils sont plutôt présentées comme deux expressions, positives et négative, (donc opposées mais aussi complémentaires), de la même énergie fondamentale[2].
C’est pourquoi, sans doute, ces deux principes coexistent au sein de la plupart des Orishas. Chango est à la fois menteur et détenteur de la vérité, justicier et capable des pires injustices. Babalu Aye possède de très grands pouvoirs de guérisseur, mais est lui-même très malade. Elegba a une face positive – il est par exemple farceur et aime bien les enfants – mais aussi une face très négative, en la personne du redoutable Echu.
Le cas de Yemaya est particulièrement intéressant et complexe. Yemaya, être d’une grande élévation spirituelle, a cependant commis plusieurs transgression graves, comme (selon certaines traditions) l’inceste avec son fils Oggun ou le vol des tables divinatoires de son premier mari Orula pour pouvoir pratiquer et art en principe interdit aux femmes. Fondamentalement bienfaisante, elle peut aussi prendre la forme d’Olokun, Orisha aux violentes colères, enchaîné au fond des océans. Mais ce Dieu, qui pour tout simplifier est à la fois femme et homme, et aussi celui qui donne stabilité et fermeté aux monde et aux hommes.
L’importance des Morts et de la Nature
Née dans des sociétés primitives ou très proches de la Nature, il était logique que la religion Yoruba donne une grande place à celle-ci. C’est par exemple là que se trouve l’habitus de la plupart des Orishas. Oggun, Osain et Ochosi, vivent dans la forêt ; Obba vit près des lagunes ; Ochun, à proximité des rivières et des lacs ; Yemaya, dans la mer.
Chaque Orisha est également étroitement associé à un certain nombre de plantes, animaux ou élément naturel. Le bâton d’Elegba est fait de goyave. Chango vit dans les palmiers royaux et est maître du tonnerre. Oya gouverne le vent et la tempête. Agayu est maître des volcans. Oshumare est chargée de répartir les eaux sur la terre. Osain connaît les secrets des plantes magiques et médicinales.
Les morts et les esprits sont également très présents dans les croyances Yoruba, ce dont témoigne leur importance dans la vie et les habitudes des Orishas. Obba vit au fond des cimetières, tandis qu’Oya a élu domicile à l’entrée de ceux-ci. Maîtresse des morts, elle contribue à équilibrer leur énergie positive et négative. Nés au fond d’une tombe, les jumeaux Bromu et Broncia connaissent les secrets des morts. Ododuwa, fils de Olodumare et frère de Obatala, est aussi le « gardien » des morts (d’un mot africain désignant le contremaître des esclaves). Yewa est maîtresse des cimetières.
Une forte proximité entre les Orishas et les Hommes
Bien que vivant dans un monde inaccessible aux humains, les Orishas ont avec ceux-ci une certaine forme de proximité, lié à leur caractère, à leurs lieux de culte, à leurs exigences aussi vis-à-vis des mortels.
Par exemple, Elegba, protecteur des enfants et lui-même très joueur et facétieux, aime bien qu’on lui offre des jouets. Mais Echu, sa face négative, vit dans les rues où il s’évertue à provoquer des accidents pour offrir le sang des hommes à son ami Oggun. Il ne doit pénétrer sous aucun prétexte dans les maisons, où il apporterait toutes sortes d’ennuis. On lui laisse donc de la nourriture au dehors, pour qu’il ne soit pas tenté de venir en chercher à l’intérieur.
Il n’existe pas à proprement parler de temple consacré à chacun des Orishas. Bien sûr, les pèlerins désireux d’honorer Yemaya affluent vers l’église de la Vierge à Regla, tandis que l’église de la Caritad del Cobre à Santiago de Cuba joue le même rôle pour Oshun. Mais ces lieux restent fondamentalement des églises catholiques, sans signe extérieur de leur rôle dans la Santeria. Le vrai temple des Orishas est en fait la petite niche où ils sont honorés dans chacune des maisons de leurs adeptes.
Les comportements des hommes sont rythmés par des obligations et les interdits liés aux Orishas dont ils sont censés être les enfants. Par exemple, les filles d’Oshun sont coquètes et joliment habillées, alors que les filles de Yemaya jouissent d’une intense vie spirituelle. Les fils de Chango doivent éviter de porter la main sur les filles d’Oshun, sous peine de terribles représailles de la part de la déesse qui protège celles-ci de la violence des Hommes.
La force de la spiritualité
Beaucoup ne veulent voir dans les religions africaines que des croyances primitives reposant sur un tissu de superstitions sommaires. Dans le cas de la religion Yoruba, cette vision me semble assez inexacte, car sa métaphysique sous-jacente est assez complexe et témoigne d’une forme assez poussée de quête spirituelle, où le croyant peut être soutenu dans sa démarche par l’un ou l’autre des Orishas.
Chacun des principaux Saints incarne d’ailleurs un principe spirituel : Ochun, la générosité et l’amour ; Odolumare, divinité première, distante et sans visage, le principe fondateur du monde ; Orishaoka, maître de l’agriculture,la force de la vie et de la Nature ; Obatala, créateur de la Terre et des êtres humains, la pureté la sagesse et l’intelligence ; Oya et Obba la fidélité féminine (sous une forme plus active pour la première, plus passive pour la seconde) ; Elegba, début et fin de tout, le rôle du hasard. Les croyants à la Santeria se définissent d’ailleurs comme une « communauté spirituelle », dont Nana Bukau, sœur de Yemaya, est censée être la protectrice (ou plus exactement, la « tante »).
La complexité des rites initiatiques et des croyances
L’un des aspects majeurs de la Santeria est le chemin initiatique à travers lequel le croyant va « recevoir » un Orisha (deux : un père et une mère, selon ma guide) et devenir son fils ou sa fille. Il pourra alors accéder au statut de « Santero ». Mais il doit pour cela passer par une longue période (un an environ) de purification, pendant laquelle il doit se soumettre à de multiples rites (port d’habit blancs, abstinence(s), célébrations diverses, pèlerinages, etc.).
Ces rites d’initiation obéissent à des règles complexes, avec des interdits parfois étranges, des cheminements un peu tortueux et des fonctions bien spécifiques attribuées à certains Orishas. Osun la colombe doit être reçue par le nouvel initié à la Santeria avant tout autre saint. Inle, dont Yemaya a coupé la langue pour qu’il ne révèle par les secrets de la divination, ne parle aux hommes qu’à travers elle. Contrairement aux autres Orishas, Obba ne se « reçoit » pas sur la tête, mais sur les épaules.
Il existe également de multiples chemins pour « venir » aux Dieux, liés à la diversité de leurs apparences : on peut ainsi venir à Elegba par 21 chemins ; à Echu – qui est lui-même la partie négative d’Elegba – par 101 chemins.
Fabrice Hatem
[1]Je n’évoquerai pas dans ce texte le rôle central de la danse et des tambours dans les cérémonies religieuses. Ce dernier point n’a en effet pas été abordé en tant que tel lors de ma visite au musée des Orishas.
[2]L’une des principales fonctions d’Ochosi le chasseur est d’ailleurs d’équilibrer ces forces positives et négatives.
Un coup de théâtre, et je dirais plutôt un coup de maître s’est réalisé cette année, avec l’intégration par Elito Revé de Emilio Frias, la jeune star de Tumbao Habana, dans le Charangon, devenu la locomotive, la Locomotora, de la musique cubaine. Le chant très particulier d’Emilio avait déjà été un énorme succès avec le tube « Padrino » . Cette fois-ci, ce jeune chanteur revient et du haut de ses 21 ans offre sont timbre, ses paroles, son inspiration et son charisme à l’orchestre matrice de Cuba, le Charangon. Il a accordé à FiestaCubana.net et TimbaSocialClub.net une interview exclusive chez Elito Revé dans laquelle il révèle son parcours et sa vision de chanteur. Ce Niño est déjà très mûr et il vous séduira de plus en plus !
Emilio Frias est à mon sens le seul chanteur de la nouvelle génération à s’inscrire dans la dimension des très grands. Cet avis est partagé par Mayito Rivera de Los Van Van ou Cesar « Pupy » Pedroso. Il ne faudra que quelques concerts pour que le public occidental se rende compte que ce Niño est une bombe humaine, la relève du « Menor De La Salsa », mieux connu comme Michel Maza ! Rares sont les jeunse chanteurs qui comme lui associent un timbre unique, une véritable inspiration qui chez Emilio confine a la spiritualité tout en restant simple, populaire, accessible !
Avec ses racines de Matanzas, de La Havane et de Santiago de Cuba, Emilio Frias porte en lui une multitude de traditions qui lui permettent de jeter des ponts entre le Reggeaton, la Rumba, le Changui, le Son et la Timba, rendant hommage aux anciens soneros, comme Miguelito Cuni ou Candido Fabre, tout en apportant sa fraicheur a la Timba Cubana
Notre ami et partenaire Claudion partage aussi pour FiestaCubana.net un bref portrait bien senti de ce chanteur charismatique qu’il a appris a connaitre au sein de la Revé.
Laissez venir à moi les petits enfants chanteurs…
Par Claudion
Laissez venir à moi les petits enfants chanteurs car le royaume des cieux timberos leur appartient
“Niño“, petit enfant, c’est ainsi qu’on appelle Emilio Frias, le nouveau chanteur de la Revé. C’est probablement du fait de son jeune âge, du fait de ses 21 ans qu’on l’appelle ainsi, mais j’aime a penser que cela est aussi du a un visage juvénile, innocent et a sa simplicité qui est si rare chez les personnes a l’âge adulte. Petits enfants ou plutôt enfants prodiges, la musique cubaine en a déjà connu beaucoup : le premier qui vient à l’esprit est “el Niño Lucumí “ qui des l’âge de 6 ans était capable d’époustoufler tout le monde avec les sons de ses petites mains sur les congas. Chez les chanteurs aussi il y a eu beaucoup de jeunes talents et leur énumération serait trop longue. On peut néanmoins mentionner les succès à 20 ans d’un certain Issac Delgado chez Pachito Alonso ou plus récemment ce “ Menor de la Salsa” que l’on connaît tous comme Michel Maza pour ses triomphes avec La Charanga Habanera.
Pour toutes ces raisons nous nous réjouissons aujourd’hui sans véritable surprise de la montée de cette nouvelle étoile du chant timbero, “El Niño” Emilio Frias. Pour ceux qui ont pu s’approcher avec intérêt du jeune interprète du morceau “Padrino “ de Tumbao Habana, il n’y a pas de doute que suite à son entrée dans le Charangon d’Elito Revé, ce “Niño” est arrivé pour rester.
Nous l’avons vu chanter avec son nouveau groupe en Mai a La Havane et on peut déjà entendre sa voix sur les morceaux en avant-première du prochain disque de la Reve qui sont désormais des tubes dans toutes les Salsothèques. J’ai été personnellement ébloui par son timbre unique et incisif a la manière d’un jeune Tony Calá, mais aussi par sa puissance d’expressivité qui rappelle celle des intros de Mayito avec Los Van Van. Son charisme sur scène malgré son jeune âge m’a surpris, un charisme qui lui vient aussi de ses racines rumberas et de cette inspiration religieuse qui l’anime au moment de chanter. Elito Revé s’était bien rendu compte de tout ca très vite, lui qui l’a voulu au sein de son orchestre et qui lui a dédié 4 chansons de son dernier disque. Ceci est tres rare surtout pour un nouveau venu et d’autant plus que la Revé peut compter aujourd’hui sur les énormes talents de Dagoberto Vázquez et du Sinsonte. Le défi de chanter dans cet orchestre légendaire où sont passés d’excellents chanteurs ne fait nullement peur au “Niño “. Sa timidité d’enfant, il l’a gardée mais en hors de la scène, tout comme ces silences que j’ai pu observer et qui sont le reflet une simplicité et d’une timidité qu’on attend de n’importe quel enfant. La vérité aussi sort de la bouche de cet enfant ! Ce que nous avons entendu est la vérité d’un feu intérieur que nous désignons communément comme l’expression de l’art.
Qu’on ne dise pas que son talent est prometteur car il est déjà une réalité affirmée et pleine de couleurs dans cette pépinière de jeunes talents que continue d’accoucher Cuba.
Voici un nouvel enfant prodige de la musique cubaine, et assurément un fils adoptif que le public européen va adorer !
Interview par Leonel et Stefano Santini
Nous sommes ici en présence de une nouvelle étoile de la musique cubaine, la révélation de l’année, Emilio Frias, “El niño“, avec à ses côtés Gretchen, la fille de Elito Revé, elle-même en tant que nouveau membre de l’orchestre, et notre ami de TimbaSocialClub.net Stefano Santini.
Leonel : Pourquoi t’appelle-t-on “El niño“ ?
Emilio : Lorsque le Maestro (Elito) m’a appelé pour intégrer la Orquesta Revé, il m’a dit qu’il me chercherait un nom d’artiste et un jour il est venu en me disant que désormais on m’appellerait “El niño de la Revé“. J’imagine qu’il l’a choisi ce nom de scène ainsi pour mes 21 ans et du fait que je suis l’un des plus jeune si non le plus jeune membre de la Revé.
Avant d’entrer dans la Revé j’ai enregistré trois morceaux sur un disque très intéressant de Tumbao Habana avec lesquels j’ai travaillé deux ans. A vrai dire les trois morceaux que j’ai chanté (« Padrino », « Candela » et « No te rompa la cabeza ») sont des airs que j’ai composé avec Pascualito Cabrejas.
Leonel : Emilio, peux tu nous raconter ta trajectoire artistique et ta biographie ?
Emilio : Je suis de La Havane mais mon père est de Matanzas et ma mère est originaire de Santiago de Cuba. Je suis un bon mélange : La Tierra Caliente (Oriente de Cuba) et la Rumba.
Je dois de dire que je suis un chanteur autodidacte. Lorsque j’avais 8 ans, mon grand-père m’a envoyé une guitare et j’ai pris des cours avec l’un des meilleurs professeurs de ce pays. Mais je dois avouer que je n’ai jamais pris de cours de chant. Je pense que pour être un bon chanteur il faut avoir beaucoup de qualités et probablement l’une des plus importantes est de savoir exprimer dans le chant beaucoup de sentiments et ca ne s’apprend pas à l’école.
Avant de chanter avec Tumbao Habana j’ai chanté du Reggaeton et aussi de la Rumba avec un groupe qui s’appelle Obba Erì.
Quand Pascualito ( Tumbao Habana ) m’a proposé de chanter dans son orchestre, j’avais mon propre groupe, j’étais le directeur de mon groupe mais ce n’était pas un projet très solide et c’est ainsi que j’ai rejoint Pascualito : à vrai dire je crois que ca m’a plutôt bien réussi.
Leonel : Comme tu n’as pas reçu une formation académique, dis-nous quels sont les chanteurs qui te plaisent et ceux qui t’ont inspirés ?
J’aime beaucoup mon ami Tirso Duarte et Angel Bonne, un très grand chanteur. J’adore Candido Fabré et laisse moi te dire que j’ai des goûts un peu bizarres : mes modèles ne sont pas de notre époque et même si j’aime beaucoup les artiste que je viens de te mentionner, ce ne sont pas mes modèles. Mes modèles sont Miguelito Cuní, Carlos Embale, Rolando La Serie, les chanteurs de la Sonora Matancera. Ca c’est la musique que j’ai dans mon ordinateur et bien que mon épouse Gretchen me dise que c’est de la musique pour les vieux , c’est la musique qui m’inspire et que j’intègre dans ma manière de chanter.
Leonel : Nous avons eu la chance de pouvoir te voir chanter à Varadero avec La Revé et ça a été phénoménal. Nous avons été impressionnés par la beauté de ton timbre de voix et par le cœur et l’énergie que tu irradies. Comment te sens dans la Orquesta Revé et comment sont tes relations avec les autres membres du groupe ?
Emilio : Je crois que c’est le rêve de tout jeune chanteur cubain d’intégrer un grand orchestre. J’appartiens désormais à une formation historique de la musique cubaine, à la formation mère. Juste de monter sur scène dans un orchestre ou sont passés Juan Formell, Chucho Valdez, de grand musiciens et des directeurs de grands orchestres cubains (Juan Carlos Alfonso de Dan Den, César Pedroso de Pupy y Los Que Son Son)… sans parler des grands chanteurs qui sont passés par la Revé : Alfonsito, Padrino, Valentín, El Indio…
Je me sens très heureux et Elito a su bien me guider pour m’intégrer dans le chemin musical de l’orchestre. Je crois que les résultats peuvent s’écouter dans le nouveau disque qui est très bon. En outre je m’entends très bien avec les musiciens de l’orchestre qui m’ont bien accepté. Je suis un type simple, un gosse, un « niño” de 21 ans. Je suis facile à comprendre et je m’entends bien avec tout le monde mais il faut que tu le leur demandes leur point de vue à eux aussi !
Leonel : Les gens t’ont connu grâce au morceau “Padrino” de Tumbao Habana. Tu reviens avec un autre morceau d’inspiration religieuse qui est un énorme succès : “ Agua pa’ Yemaya“. Parles-nous de l’importance de la religion dans ta vie ?
Je suis religieux et ca fait partie de ma vie, de mes racines et de ma personnalité. Quand j’ai intégré « Tumbao Habana » Pascualito Cabrejas m’a demandé d’apporter mes connaissances religieuses et de là a surgi la chanson Padrino. La même chose s’est produite avec Elito.
Ma religion est discrète mais pas secrète. J’appartiens a une institution qu’on appelle Abakua depuis que j’ai 15 ans. C’est aussi une tradition dans ma famille.
Leonel : Que penses-tu du Reggaeton Cubain et notamment de Kola Loca qui ont collaboré avec la Revé?
Mes gouts ont évolué mais j’ai un grand respect pour le Reggaeton Cubain qui a un style original. Figure-toi qu’aujourd’hui à Cuba, on n’écoute quasiment plus de Reggaeton qui ne soit pas cubain. A Cuba la fusion entre ce style étranger et notre musique s’est très bien opérée.
En l’occurrence j’adore Kola Loca.
Leonel : Quels sont les morceaux que tu chantes dans le nouveau disque de la Revé?
Emilio : Je chante “Agua pa’ Yemayá”, “La nueva explosión “, “Rumba a Matanzas “, un morceau de Candido Fabré y “Niña relájate“, un morceau compose par Roberton de los Van Van qui parle de la jalousie des femmes. Je me répète mais je suis très heureux du travail que je fais avec Elito.
Merci Emilio, les européens devront attendre la tournée de la Revé en Octobre et Novembre pour te connaitre. Nous prenons donc rendez-vous des aujourd’hui pour découvrir l’immense talent d’Emilio el Niño.
Apres ses deux premières représentations en France, une à Nice le 9 Juillet et une à La Seyne sur Mer le 16 Juillet, Monica Mesa et Yoel Dominguez, le directeur musical de Monika y su Maquina Perfecta, nous accordaient un nouvel entretien exclusif pour aborder cette fois-ci leur projet musical et leur vision pour ce nouvel orchestre révélation de l’année 2010.
La Maquina Perfecta fut au départ un projet discographique dirigé par Yoel Dominguez pour la voix exceptionnelle de Monica Mesa, cette ex-chanteuse vedette de NG La Banda qui nous avait ouvert sa porte en Janvier 2009. Le CD n’est toujours pas commercialisé mais son répertoire ne manquera pas de séduire un large public, au-delà des passionnés de pure Timba avant-gardiste. Yoel et Monica y ont exploré des styles aussi divers que la Salsa, la Guaracha, la Balada, la Bachata, la chanson a capella mais aussi la Timba.
La Maquina Perfecta est réglée pour aller loin et pour emprunter toutes les routes que la versatilité artistique du Maestro Yoel tout comme l’immense talent de Monica peuvent aborder.
Mais Monika y La Maquina Perfecta est avant tout une machine à concert, une mécanique de précision, bien huilée, avec un moteur à explosion, dote d’une reprise phenomenale au point d’etre aussi l’orchestre de Manolin El Medico De La Salsa, une légende vivante de la Timba pour ses tous prochains concerts de Fiesta’ Sète, le 6 Aout et de Latin Hossegor le 27 Aout.
Yoel Dominguez n’est pas pour rien dans l’excellence de la prestation scénique de ses jeunes recrues. Il n’est pas un inconnu pour les premiers Timberos et savent qu’il est toujours un gage de qualite et de modernite. Il fut le bassiste de Paulito y su Elite dans le mythique CD « Con La Consiencia Tranquila » ou on peut écouter l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la Timba : (La Especulacion) « De La Habana ».
Il deviendra ensuite le directeur musical du « Chevere De La Salsa », de l’oeil du cyclone, la voix rumbera de velours, celle d’Issac Delgado. A ce titre Yoel travaillera sur les arrangements de «Amor Sin Etica » et il signera ceux de « La Formula », morceau qui sera nominé aux Latin Grammy Awards.
Yoel Dominguez est surtout connu pour ensuite avoir été, depuis les années 2000, le directeur musical de Manolin, El Medico De La Salsa, en exil volontaire a Miami.
La marque de Yoel Dominguez se retrouve dans une musique très souvent Funky, moderne, des arrangements vifs, incisifs, jazzy ou la virtuosité de ses musiciens peut s’exprimer, et notamment la sienne a la basse.
Yoel Dominguez était déjà venu en France, notamment a Montpellier pour accompagner Manolin avec une certaine Arlenis Rodriguez, l’acolyte de Monica Mesa dans NG La Banda. Décidemment le monde de la Timba est bien petit.
La Diva Monica n’est plus à présenter aux lecteurs de www.FiestaCubana.net. Elle fut la chanteuse de NG La Banda pendant 9 ans après avoir remplacé Yeni Valdes qui s’envolait vers Los Van Van. Monica chantera de nombreux succès comme Raka Raka Chan, Baila Conmigo et fera les chœurs ingénus du tube « El Papi ». Elle a commencé avec PG, l’orchestre des jeunes talents dénichés par Jose Luis Cortes, ce pere de la Timba qui dirige aussi NG La Banda. Elle avait aussi collabore avec Azucar Negra, Haila, Anacaona, Chicuelas Son, etc. Sa magnifique voix, son attitude simple, naturelle, quasi juvénile charme le public.
Le répertoire loufoque de NG La Banda tout comme le monde de la Timba devenait bien trop étroit pour ce talent immense. Yoel Dominguez a vite compris le potentiel énorme que constituait sa collaboration avec Monica et afin de ne pas tenter le mauvais sort, il lui cachera jusqu’à très récemment ses ambitions de former un groupe et de partir en tournée avec cette nouvelle Diva.
La Maquina Perfecta a enregistré un disque promotionnel composé de 12 titres : 1. El Tira Tira (Timba) 2. Mi Soledad (Balada) 3. Tu Dolor (Timba) 4. No Puedo Perdonarte (Salsa Romantica) 5. Aprovechate de mi esta noche (Salsa) 6. Ay dime pa’que (Bachata) 7. Como le digo a mi corazon (Salsa) 8. Mas te vale (Salsa) 9. No puedo dejar de quererte (Bolero) 10. Capricho del destino (Timba) 11. Te veo preocupao (Timba) 12. Si me pudieras querer (Balada)
Mais Yoel et su Maquina Perfecta n’arrêtent pas de produire compositions et arrangements pour leur nouvelle muse. En concert Monica interprète une reprise d’Alejandro Sanz « El Aprendiz ». Mais aussi 2 nouvelles compositions, une Salsa « Tu pierdes mas que yo » et une Pop-Latino « Tu »
Monica est époustouflante dans le registre Pop ou elle transmet des émotions plus profondes, plus fortes et plus sincères que dans un registre Salsero. Sa beauté, sa fraicheur, ses intonations, ses accents renversent les âmes et fait chavirer les cœurs.
Monica et Yoel, deux artistes issus de la Timba nous offre un véritable récital, un cadeau fait d’harmonies, de rythmes, de sentiments et de spectacle qu’on appelle tout simplement Musique avec un grand ‘M’.
Cette musicalité et la virtuosité s’expriment pleinement lors de la Descarga, le Latin-Jazz « Latin Dominguez » ou l’orchestre se déchaîne de manière instrumentale et offre aux batteur de Guantanamo, aux cuivres, au piano mais surtout a Yoel Dominguez de démontrer toute l’étendue de leur art.
A la critique de certains trouvant leur répertoire assez peu Timbero, Yoel tout comme Monica répondent qu’ils souhaitent non seulement s’addresser au public cubain mais aussi a un public plus large et que leur propos est de proposer de la belle et bonne musique cubaine, plus élaborée, plus approfondie que 2-3 coros pour faire bouger les reins.
La Maquina est bien rôdée même si elle est encore bien jeune. Elle trouve petit à petit sa place dans le paysage de la Musique Cubaine avec ses concerts aux Delirio Habanero à La Havane et avec cette tournée européenne qui surprend et seduit.
Qu’on se le dise La Maquina Perfecta est là pour durer et pour emprunter toutes les routes musicales : elle ne restera pas à vrombir à Centro Habana mais elle se règle pour parcourir le monde.
La Maquina Perfecta est sans nul doute, avec Son Del Indio, l’une des révélations de l’année 2010. Cet orchestre partage avec Son Del Indio une très haute qualité musicale qui s’exprime encore plus sur scène qu’en enregistrement. C’est la marque des grands !
En effet ses concerts sont à chaque fois une surprise, un enchantement, une explosion musicale, un plaisir. La Maquina Perfecta est synonyme de qualité, de musicalité, de virtuosité… Elle s’adresse à tous et c’est tant mieux pour l’amour de la musique (cubaine) !
Interview avec Yoel Dominguez & Monika y su Maquina Perfecta par Leonel “El Farandulero Mayor”
A la veille de son départ pour les USA avec son orchestre Los Que Son Son, César « Pupy » Pedroso, fondateur de Los Van Van et directeur de Pupy y Los que Son Son, nous a accordé une interview exclusive au sein des mythiques studios d’enregistrement de la EGREM. Il nous présente ses 2 nouveaux chanteurs « El Noro » et « El Dibu » ainsi que ses projets avec Omara Portuondo « La Novia Del Filin’ », Vania Borges et le prochain disque prévu pour fin 2010.
Nul n’est besoin de rappeler que César « Pupy » Pedroso est un maître, un maestro, de la musique cubaine, et particulièrement du Son, du Son Montuno, ce genre musical auquel il a consacré sa vie et qu’il a développé avec la formation qu’il a créé en 2001, Pupy y Los Que Son Son. Apres 40 ans comme fondateur, pianiste, compositeur et arrangeur de Los Van Van, « Pupy » décide de monter sa propre formation dont le nom « Los Que Son Son » affiche clairement les intentions ‘Soneras’.
La musique de Pupy est puissante et hypnotique. Il s’agit d’une nouvelle génération de Son, ‘macho’, où les tumbaos de piano du maître enivrent le danseur et où les percussions sont violentes, puissantes, omniprésentes sous la houlette de Roelvis « Bombon » Reyes (ex-Bakuleye), le directeur musical.
Pupy y Los que Son Son est un orchestre qui s’apparente à une machine de guerre, avec un pianiste génial et légendaire, Pupy, un clavier inventif issu de Maravilla de Florida et de Manolito y su Trabuco, Osiris Martinez, un jeune bassiste prodige, Daymar Guerrra, un batteur époustouflant, Roelvis « Bombon » Reyes, un solide timbalero, Miguel Escurriola, un conguero doué issu de Bamboleo, Duniesky Barreto, un gűiro héritier de Los Van Van, Julio Noroña Jr., 2 trombones (Sergio Luna, Ariel Guillot) et 2 trompettes (Leonardo « Leo » Terual, Juan Carlos Gonzalez « Chocolate ») !!!
UN PEU D’HISTOIRE
Lors de la formation de l’orchestre, 3 chanteurs extrêmement doués mais relativement peu connus anime la première ligne : Tirso Duarte, issu de Pachito Alonso, NG La Banda et La Charanga Habanera, Jose « Pepito » Gomez, issu de Maravilla de Florida, Charanga Latina, Azucar Negra et Havana Ensemble, et enfin Armando « Mandy » Cantero, issu de Bamboleo et La Charanga Forever (aux côtés de Sombrilla et Michel Maza).
En 2003-2004, l’intrépide prodige de la Timba, Tirso Duarte prend son indépendance et il est absent lors de la première tournée européenne de Pupy y Los Que Son, en 2004, alors que ses tubes « El gato amaga y no araña », « La bomba soy yo » et « Te molesto que sea feliz » ont conquis le public par la force de ce chanteur charismatique, explosif et sensible à la fois. Tirso a su faire oublier ses débuts de chanteurs dont le timbre et le style s’apparentait à Mayito Rivera de Los Van Van pour s’imposer finalement comme le Timbero Mayor.
Pupy peine à le remplacer avec William, puis Alexander Nuñez puis le très sympathique Janier Rodriguez qui chantera la célèbre « La Bala de Billy » (Poum, Poum, Poum, Te mate !).
Mandy et Pepito se partagent désormais la vedette dans un orchestre à la mode (« Donde Pupy va tocar » – « Où est-ce que Pupy va jouer » est le refrain à Cuba) mais très exigeant.
Ceci ne va pas sans tensions et malgré 2 CD remarquables, le CD « El Buena Gente » où l’on trouve « Dicen Que Dicen » et le CD « Mi Timba Cerra’ » où l’on trouve « La Borrachera », Pepito quitte l’orchestre pour un temps après un sérieux différend.
Il reviendra environ un an plus tard, en 2007, après un passage par le Buena Vista Social Club.
Pupy intègre aussi une chanteuse, Lili, la seule femme de l’orchestre, celle du trompettiste Leonardo Terruel.
L’orchestre s’attèle alors à produire un disque exceptionnel, un chef-d’œuvre, probablement l’aboutissement de la carrière de Pupy, « Tranquilo Que Yo controlo » avec l’aide des amis de toujours, Omara Portuondo, Changuito et Angel Bonne.
Ce disque remporte largement le prix du Meilleur Album, Meilleur Chanson (« Un Poquito A Reves ») et Meilleur Chanteur (Mandy) De l’Année aux FIESTA CUBANA AWARDS 2007.
Pourtant cet album annonce déjà la fin d’une époque. Pepito songe déjà à partir et compose sournoisement « Desde Cero » « (Recommencer) De zéro », l’avertissement de son départ définitif. L’effort pour produire cette œuvre a peut-être été fatal. En tout cas les tensions sont à leur comble. Pepito fait défection lors de la tournée canadienne de Pupy y Los Que Son en Mai 2008, avec Juan Carlos Gonzalez « Chocolate » le premier trompetiste, et Pupy se sépare de Lili, la chanteuse, de Leonardo « Leo » Teruel son mari trompettiste et de Mandy fin Novembre 2008.
UNE NOUVELLE ERE
Pupy remplace les trompettistes par Isidro Duran (ex Tumbao Habana) et Uyuni Martinez (ex Adalberto Alvarez y su Son)
Pupy tâtonne et cherche à remplacer ses ex-chanteurs vedettes tout en tirant les leçons de l’éclatement après 8-9 ans. Pupy mise sur la jeunesse, les talents en devenir, et sur la cohérence du groupe.
Michel Perez :
Michel Perez, un jeune chanteur métis, à la tête de chérubin et aux cheveux décolorés en blond, dispose d’une voix puissante et d’un jeu de scène charismatique au sein de La Charanga Forever, un orchestre qui peine depuis des années à se remettre du départ de Pedro Pablo Gutierrez et surtout de Michel Maza et qui sert plus de tremplin pour de nombreux musiciens a Cuba. Pupy le remarque et l’intègre rapidement.
Norberto Gomez :
Norberto Gomez, ex-chanteur charismatique et sensible de Maikel Blanco y su Salsa Mayor, remplace très vite Pepito et la ressemblance physique et de timbre est surprenante. Norberto apporte néanmoins une certaine maturité et des apports musicaux.
Rusdell Nuñez :
Rusdell Nuñez est un jeune chanteur d’Azucar Negra dont le talent est révélé par les succès de Limonta « Identidad » et « Exceso de Equipaje » et par ses improvisation enflammées sur les scènes de La Havane. Pupy le repère au départ de Mandy en Novembre 2008 et Rusdell enfile aussitôt le costume de ce nouveau rôle au point d’imiter très souvent le timbre, les attitudes et le look de Mandy Cantero. Rusdell plait et il grandit progressivement dans un orchestre à la facture tellement élevée.
Cette formation interprétera tout d’abord les chansons de Pepito et de Mandy mais progressivement Pupy compose et renouvelle le répertoire. Il confie « Vino a comerse La Habana » à Rusdell et sur une idee de Norberto, Pupy expérimente une nouvelle formule avec « Un Loco Con Una Moto », une fusion entre Son Montuno et Reggaeton qui est désormais un tube.
Norisley « El Noro:
Un événement inattendu va provoquer un changement dans cette formation. Norisley, ex-chanteur de Maikel Blanco y sus salsa Mayor avait été recrute par Manolito Simonet pour prendre la difficile place de Sixto Llorente, « El Indio », aux côtés de Ricardo Amaray la vedette du Trabuco et de Lazaro « Mayami » Diaz. La collaboration avait d’abord été fructueuse avec les reprises des succès de Manolito y su Trabuco et ensuite la Rumba « Yo Soy una Bomba », et les Son « Camaguey » et « Quien te mando ». Malheureusement la montée de cette jeune étoile qu’est El Noro ne sait pas fait pacifiquement et Manolito doit s’en séparer de manière surprenante. Pupy propose aussitôt une place dans Los Que Son Son pour ce Sonero gravissant les marches d’une carrière qui promet de beaux succès. Par le jeu des chaises musicales Pupy se sépare de Norberto, sans raisons apparentes. Pupy chercherait-il absolument à rajeunir sa première ligne de chanteurs ?
Toujours est-il que El Noro se voit désormais métamorphosé dans Pupy y Los Quen Son Son. Si El Noro avait été apprécié par certains dans le Trabuco de Manolito pour ses qualités vocales, il restait malheureusement très à l’étroit sur scène, très emprunté aux côtés d’un Amaray ‘superstar’ et de Mayami plus charismatique que jamais. Manolito aurait il troqué le meilleur Sonero de Cuba, El Indio, pour un joli minois aux allures de premier de la classe ? El Noro a look bien particulier avec son visage anguleux et ses mèches blondes rigides et décolorées. Ce chanteur issu du monde du graphisme avait su imposer son image mais, en définitive, El Noro ne se sentait plus bien au sein du Trabuco et c’est avec un immense bonheur qu’il a retrouvé sa liberté avec Pupy y Los Que Son Son ! On le retrouve enfin souriant, inventif et explosif comme à ses meilleurs heures au côtés justement de Norberto et Ricardito dans Maikel Blanco y su Salsa Mayor, l’orchestre qui l’avait révélé.
El Noro a trouvé apparemment sa place ! Il est désormais épanoui et sa creativite profite à Pupy à qui il apporte de nouvelles chansons et de nouveau ‘coros’.
Yohans « El Dibu » :
Pupy décide enfin de s’adjoindre tout récemment un quatrième chanteur : il choisit un collaborateur de l’orchestre qui avait remplace a certaiens occasions Pepito. Yohans « El Dibu » vient de Juan Carlos y su Dan Den amsi lui aussi est passé par Maikel Blanco y su Salsa Mayor ! Décidemment !
Pupy y Los que Son Son entrent désormais dans une nouvelle ère ! Nous la souhaitons stable, créative et couronnée de succès.
L’INTERVIEW
www.fiestacubana.net et www.timbasocialclub.net se sont associés pour vous offrir une interview vidéo exclusive de César “Pupy” Pedroso aux Studio 101 de la EGREM, situés dans la calle San Miguel (Centro Habana) lors d’une séance d’enregistrement des morceaux du prochain album de Pupy y Los Que Son Son. Pupy et ses nouveaux chanteurs, Michel, Rusdel (absent), Yohans « El Dibu » et Norisley « El Noro » ont partagé avec nous ce nouveau souffle qui anime le groupe dans la préparation d’un nouvel opus dont Pupy nous révèle ici quelques aspects inédits et surprenants.
Pour son prochain CD, à la demande d’Omara Portuondo, Pupy a ressorti un vieux succès et il l’a arrangé et enregistré avec sa complice de toujours, « La Novia Del Filin’ » : il s’agit d’une chanson qui s’appelle « La Batea » de Tony Taño (1).
Pupy y Los Que Son Son préparent aussi un morceau de Gustavo Cabaña afin de célébrer l’anniversaire des 10 ans de l’orchestre. Le nouveau disque inclura un morceau de Norisley « El Noro » arrangé par Roelvis « Bombón » Reyes et dont le titre provisoire est « Mi Musica ». Le groupe enregistrera d’autres chansons dont certaines interprétées ensembles par les 4 nouveaux chanteurs. Pupy pense réarranger certains des morceaux sortis lors de sa longue carrière avec Los Van Van : « El Noro » vient juste d’enregistrer un nouvel arrangement de « Parece Mentira » que Pupy avait déjà édité avec Angel Bonne (NDLR : sur le CD « De La Timba A Pogolotti », thème repris par Manolito y su Trabuco) alors que Rusdel a gravé une nouvelle version de « Ni Bombones Ni Caramelos », interprété initialement par Robertòn sur le CD de Los Van Van « Te Pone La Cabeza Mala » mais désormais réarrangé pour ce jeune chanteur issu de Azucar Negra. Le nouveau disque aura aussi une nouvelle version de « Rico Timbalero » (NDLR : initialement interprété par Raul Planas sur le CD « De La Timba A Pogolotti »), un hommage à Changuito (NDLR: Jose Luis Quintana – percussionniste, timbalero, fondateur de Los Van Van et inventeur du rythme Songo) chanté par Michel Perez, issu de La Charanga Forever. Il y aura aussi un morceau pour le nouveau chanteur Yohans “El Dibu”, issu de « Dan Den » l’orchestre de Juan Carlos Alfonso et qui avait fait un bref passage dans Maikel Blanco y su Salsa Mayor. Pupy nous rappelle que Yohans « El Dibu » remplaçait déjà il y a quelques années Jose « Pepito » Gomez lorsque celui-ci ne pouvait pas être présent pour chanter. Ce nouveau chanteur fait un travail remarquable et participera à l’enregistrement du prochain disque. Pupy nous confie qu’il y a d’autres nouveaux morceaux qu’il ne souhaite pas révéler pour l’instant et qu’il a aussi des compositions d’autres auteurs-compositeurs extérieurs à l’orchestre. Néanmoins Pupy partage avec nous l’enregistrement d’une autre version de « Parece Mentira » avec Omara Portuondo, Vania Borges (ex-Bamboleo, ex-Tata Guines) et Nelson Pinedo (ex-Sonora Matancera) : une pure merveille de sensibilité !
Le morceau récent « Un Loco Con Una Moto » est un morceau très à la mode à La Havane. Pupy nous explique qu’il souhaitait faire un morceau aux sonorités plus contemporaines mais avec le style de Pupy y Los que Son Son, avec ce tumbao caractéristique du piano et des percussions. C’est à partir du refrain d’un morceau de Norberto Gomez, l’ancien chanteur de Pupy et de Maikel Blanco, que Pupy a fini de composer et d’arranger ce morceau. Il fut enregistré initialement par le Rapper le plus talentueux et le plus fameux du moment, El Micha, mais lors des concerts c’est « El Noro » qui a dû assumer la partie Rap. De ce fait Pupy a décidé d’enregistrer avec El Noro une autre version qui est devenue de fait un succès incontournable, plus appréciée par certains que la version du Rapper El Micha car le jeune Salsero y a su l’enrichir avec sa patte personnelle. Le Video clip tourné sur les toits de La Havane est déjà sorti et fait sensation.
Le Nouveau disque devrait sortir fin 2010 et inclura entre 12 et 14 morceaux ainsi que le clip de “Vino a comerse La Habana”.
“Vino a comerse La Habana” (Il et venu bouffer La Havane) “Y La Habana se lo trago” (Et La Havane l’a avalé tout cru !)
Roelvis « Bombon » Reyes, l’époustouflant batteur, reste le sous-directeur de l’orchestre sur le plan musical et le bras droit de Pupy.
Après 11 ans d’attente, depuis le concert controversé de Los Van Van à Miami, Pupy est très heureux de retourner aux USA (El Yuma) et d’entamer une première tournée avec son nouvel orchestre !
Merci, Gracias, Grazie a mi yunta STEFANO SANTINI de www.timbasocialclub.net et son épouse pour m’assister dans cette aventure !
(1) Tony Taño : Compositeur et directeur. Ne a Caimito, La Havane, le 29 de Avril de 1938 sous le nom de Antonio María Taño.
Il commence sa carriere comme trompetiste. Il travaille comme arrangeur d’orchestres populaires et il dirige celui du Theatre Musical De La Havane. Il devient president de l’Asociación Cubana de Compositores y Autores Musicales, ACCAM, des sa creation en 1984. Parmi ses compositions les plus connues : « Te autorizo para amar », « Sin tu permiso », « Sube un poquito más » y « La batea ».
Chango tient une place très importante dans le panthéon des Orishas. Dieu du tonnerre et des éclairs, il incarne la force et la séduction viriles. Il est également très fortement identifié à la guerre.
Chango a également plein de défauts. Il est glouton, coureur de jupons, viveur, parfois malhonnête, mais surtout impulsif, coléreux et violent. Il a, en conséquence de ses méfaits, beaucoup d’ennemis, qu’il doit souvent affronter seul. D’où d’assez fréquentes défaites qui l’obligent alors à la fuite.
Pourquoi un être aux qualités morales aussi contestables a-t-il été érigé au rang de divinité majeure par les afro-cubains ? Pourquoi, malgré ses nombreux défauts, possède-t-il un aussi grand pouvoir de séduction auprès des femmes ? Je chercherai, dans cet article, à répondre à ces deux questions.
Mon idée fondamentale est que Chango, comme sa Maîtresse Ochun, suscitent en nous l’empathie car ils nous rendent le monde plus vivable et plus familier, puisque ces Dieux finalement nous ressemblent, dans leurs grandeurs comme dans leurs défauts.
Mais le mythe de Chango nous décrit également un univers fondamentalement imparfait, constamment menacé par l’irruption de la violence et de l’injustice dont le Dieu, exprimant en cela son humaine imperfection, est capable. Et il en sera ainsi pour l’Eternité, car Chango restera toujours le même.
Pour consulter cet article, cliquez sur le lien suivant :Chango (pdf)
Monica Mesa Mesa était la diva de NG La Banda qui chantait avec Toni Cala “El Papi” le refrain “Soy inocente hasta que se pruebe el contrario”! Elle repris le rôle de Yeni Valdes dans NG La Banda et seduit le public par sa fraicheur, son charisme et sa voix claire. En 2008 elle prend son destin en main et commence une carrière en solo qui la conduit à enregistrer un disque avec Joel Dominguez et à parcourir prochainement l’Europe en tournée promotionnelle. En Janvier 2009, Monica nous accordait un entretien exclusif à propos de sa carrière et de ses projets !
Portrait de Monica Mesa Par Stefano Santini
Monica Mesa, jeune étoile de la musique cubaine, nait en 1978 à La Havane, précisément dans le quartier de Marianao. Elle commence à étudier le théâtre et le chant depuis son plus jeune âge. Elle travaille rapidement avec de nombreux orchestres remarquables dans le panorama musical cubain : Chicuelos Son, Las Chicas Del Sol, PG, Anacaona, Azúcar Negra, etc…Elle enregistrera de nombreux CD.
Elle fut chanteuse de NG La banda sous la direction de José Luís Cortés “El Tosco pendant neuf ans. Elle a aussi été invitée à participer à des productions discographiques de certains des groupes cubains les plus remarquables comme Issac Delgado et Haila Mompie. Elle a aussi participe a l’enregistrement du dernier CD « Tranquilo Que Yo Controlo » de Pupy y Los Que Son Son et Cesar Pedroso lui-même lui a proposé de rejoindre son orchestre avant qu’elle ne se lance a former le sien.
Pendant un temps, Monica a décidé de suspendre sa carrière artistique pour prendre soin de son fils de 3 ans. Apres le succès de son premier single et de son vidéo clip « Mi Soledad » , Monica vient de terminer d’enregistrer son premier CD en solo, produit par Joel Domínguez (ex directeur musical d’Issac Delgado et de Manolin El Medico De La Salsa entre autres). Pour la promotion de son CD, elle a réalisé 4 vidéo clips produits par le directeur italien Fabio Cimino.
La réalisation de son premier CD a pu compter sur la collaboration de certains des plus talentueux et des plus remarquables musiciens cubains comme : Pucho López (piano et claviers), Alexander Abreu (trompette), Jorge Chicoy (guitare), Yulien Oviedo (percussions), Amaury Pérez (trombone), Coco Freeman (chœurs et en duo sur une chanson), Adel (congas), Joel Domínguez (composition, arrangements, basse, piano). Cet album sera lance et mis en vente au debut de cette année 2010.
Monica dispose d’une grande voix, d’un grand talent et d’un charisme exceptionnel. Elle excelle avec aisance dans tous les differents rythmes et genres de la musique cubaine. Elle se prépare actuellement au lancement officiel de son orchestre “Mónika y su Máquina Perfecta” composé de 12 musiciens sous la direction de Joel Domínguez. Au printemps 2010, “Mónika y su Máquina Perfecta” réaliseront leur première tournée promotionnelle à travers toute l’Europe.
Cette tournée est assurée par l’agence artistique : Ekiway – Eventi e Spettacoli Adresse: Via Parini 12 – 00153 Roma Italy E-mail info@ekiway.com tel. : +39 335 79 74 219
Entretien avec Monica Mesa à Marianao, La Havane le 9 Janvier 2009 par Leonel
Leonel – Bonjour Monica. Quel plaisir de te revoir ! Monica – Le plaisir est pour moi.
Leonel – Monica est l’une des divas de la Musique Cubaine. C’est une diva dont la popularité grimpe et que la majorité du public connaît à travers NG La Banda. Combien d’année es-tu restée dans NG ? Monica – Ce furent 9 années qui m’ont apportées beaucoup d’expérience.
Leonel – Auparavant tu avais collaboré avec Azucar Negra… Monica – Avec Azúcar Negra, Las Chicas del Sol, Anacaona, PG, Chicuelo Son …
Leonel – Presque tout le monde te connait grâce a NG LA Banda, je crois. Je ne savais pas que tu avais été membre d’Anacaona. Ecoute, je dis que tu es une diva parce que tu es entree dabs NG LA Banda, plus ou moins quand Yeni Valdes en est sortie. Monica – Oui, quand Yeni est partie, je suis entrée pour remplacer cette grande chanteuse. Leonel – Yeni et toi avez une characteristique en commun, des timbres de voix qui s’il ne sont pas identiques, ils se ressemblent pas mal. Et toutes les deus vous êtes très naturelles. Monica – Merci beaucoup. Maintenant je vais te raconter une petite histoire. Quand nous nous sommes connues, elle chantait dans un groupe appelé Sello LA et moi je chantais dans las Chicas Del Sol. Nous passions nos chansons a la radio et les gens nous disaient : Il y a une fille qui chante tout comme toi ! Les gens me le disaient à moi et a elle. Ensuite nous avons eu la chance de nous connaître ensuite en travaillant dans PG, un autre groupe de José Luis Cortés. C’est un groupe qu’a fondé José Luis Cortés, les fils de NG La Banda et qu’il a appelé ‘Poder de la Generacion’ (‘Pouvoir de la Génération’). C’est la que nous nous sommes connues et nous nous sommes dit : « Ah c’est toi qui chante comme moi ! ». Pour moi c’est un honneur car elle est formidable, tant comme chanteuse que comme personne. Je l’aime beaucoup.
Leonel – Autre chose. Je crois que ton premier disque avec NG La Banda comme chanteuse fut “Baila Conmigo”.. Ou ça a été le disque précédent ? Monica – A vrai dire la première chanson que j’ai chanté avec NG La Banda comme soliste fut “Raka Raka Chan”. C’est un morceau qui a eu beaucoup de succès ici un été. Ca a été le tube de l’été … 2000 ou 2002. C’est la chanson qui m’a rendue célèbre comme chanteuse.
Leonel – Oui mais je me rappelle que tu chantais aussi “Baila Conmigo”… cette chanson chantée avant par Yeni Monica – Absolument ! Yeni fut la première à enregistrer ce morceau.
Leonel – Je crois que les gens te connaissent surtout pour la Chanson El Papi. Je me rappelle que les paroles disaient : « Dime mamacita, cual es el papi que te gusta. » … »Tu Maletin » Et le refrain disait quelque chose comme … “Hasta que”?…. Je ne me rappelle plus très bien. Monica – cela disait “Soy inocente, hasta que no se pruebe lo contrario”. (Je suis innocente jusqu’à ce que l’on prouve le contraire)
Leonel – Je crois que tout le monde te connait pour ce refrain. Comment fut ta collaboration avec El Tosco, le directeur de NG La Banda ? Monica – Nous avions déjà travaillé ensemble. Car j’avais commencé par enregistrer les coros de NG La Banda quand Yeni y était encore. Nous avons enregistré un disque d’un genre de Cumbia, un disque assez étrange avec beaucoup de fusion. C’est a partir de là que j’ai commencé mon travail avec José Luis. Ensuite je suis entré dans Anacaona et quand Yeni est partie de NG La Banda, j’ai eu la chance et l’honneur de rentrer dans NG La Banda grâce à Yeni. Mais j’avais déjà mes repères et je connaissais ce travail.
Leonel – C’est à partir de ce moment là que tu as commencé à voyager de part le monde ? Monica – En fait j’ai commencé avec Las Chicas Del Sol. C’est a partir de 16 ans qu’a commencé ma vie professionnelle en ce bas monde.
Leonel – Finalement en 2008 tu as décidé de faire ta carrière solo. Quel en fut le motif ? C’était un rêve que tu avais auparavant ? Monica – Comme rêve… C’était celui de ma grand-mère… C’est grâce à elle que je suis où je suis, c’est à elle que je dois ma carrière. Aussi à mon Papa, ma voix je la tiens de lui. Merci Papa ! Mais comme tu le sais tous les professionnels ont une ambition. J’avais besoin de faire mes propres projets, chanter les chansons à ma façon les chansons qui me plaisaient. Celui qui s’engage dans un orchestre s’engage à suivre sa direction. Dans le cas présent je me dirige maintenant, je suis ma propre directrice. Je chante ce qui me plait, comme il me plait et je fais ce qui me plait.
Leonel – En définitive tu souhaite chanter tous les styles ? Comme avec NG La Banda tu chantais un peu de tout. Mais on identifie NG La banda à un groupe de Timba, parce qu’il furent les précurseurs de la Timba a Cuba. Pour le moins, c’est ce qui se dit. Monica – C’est effectivement le cas !
Leonel – Tu te perçois comme une Timbera, une Salsera, une chanteuse de Boléro.. Comment tu te définis comme chanteuse ? Monica – Je me sens juste comme un chanteuse qui, quel que soit le style musical, donne tout au public et qui le fait avec beaucoup de cœur. J’aime beaucoup la musique américaine. J’aime aussi la musique brésilienne. Je souhaite tout chanter mais la finalité de cette carrière c’est vous qui la décide, le public. C’est le public qui va décider où ira la carrière solo de Monica. Dans ce nouveau disque j’ai chanté un peu de tout. Je l’ai pensé ainsi, et tout ce que je fais, je le fais avec beaucoup d’amour. Si je chante un Boléro c’est parce que je le sens.
Leonel – “Con Mucho Amor” (Avec tout mon amour) devrait être le titre de ton nouveau disque. Monica – …. “Con mucho amor”, ça me plait beaucoup.
Leonel – Quels sont les rythmes ou les style représentés dans ce disque ? Monica – J’ai fait une balade-pop et une bachata. Le disque contient aussi du Son, du Bolero et une chanson « A Capella ». J’ai incorporé tous les genres qui me manquaient. Sauf le Jazz que j’aime beaucoup.
Leonel – Il y a aussi une Chanson de Timba ? Monica – Bien sûr ! J’étais dans NG.
Leonel – Les danseurs vont trouver de quoi danser la Salsa dans ton CD. Monica – Oui, ils vont pouvoir danser et bouger la ceinture.
Leonel – Il y a de la Rumba aussi ? Monica – Il y a un morceau que je chante basé sur le concept de la Rumba. Il s’appelle « Te veo preocupa’ »
Leonel – Nous te souhaitons beaucoup de succès, Monica. Merci de nous avoir reçus chez toi ! Monica – Merci à toi d’être si généreux avec la musique cubaine et d’être si cubain.
PS: Remerciements pour la retrnscription et la traduction en italien à nos partenaires www.timbasocialclub.net : Stefano Santini !
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