Il débarque au Festival BAILAR CUBA à Dampierre le 12 Mars 2010 ! Sixto Llorente, mieux connu sous le surnom de « El Indio », peut être considéré comme une « icône musicale » du Trabuco (le groupe de Manolito Simonet) pour son timbre vocal si caractéristique. Doté d’un esprit facétieux et séducteur, d’une sympathie irrésistible et d’un immense talent pour l’improvisation, Sixto est profondément attaché à la Musique traditionnelle cubaine. Il débute en autodidacte avant d’entrer dans une célèbre Charanga, la Orquesta Aliamen. Il poursuit une carrière de Sonero pendant une vingtaine d’année lorsque Manolito lui offre le premier rôle avec « Marcando La Distancia », le tube immortel du Trabuco.
El Indio a collaboré à de très nombreux projets musicaux de très haute facture aux côtés des plus grands Soneros de Cuba.
El Indio nous a accordé une interview exceptionnelle à FiestaCubana.net et à TimbaSocialClub.net
Il sort un premier disque « Espíritu y Tradición » en solo avec notamment le grand Orlando « Maraca » Valle ou il interprète avec génie tous les grands classique du répertoire cubain en passant par Arsenio Rodriguez et le grand Benny Moré, son modèle.
Tout récemment, El Indio a travaillé comme chanteur et co-auteur aux cotes de Bill Wolfer sur les 2 derniers disques de MAMBORAMA, fruit de la collaboration des meilleurs musiciens cubains avec ce pianiste californien.
Apres avoir quitté le Trabuco de Manolito Simonet, Sixto se prépare à lancer son 2ème album en solo, cette fois-ci avec son propre projet musical appelé « Son Del Indio ». Ils sont sur le point d’arriver en Europe.
Leonel – Comment on doit t’appeler : Sixto ou El Indio
El Indio: Il y a peu de personnes qui me connaissent comme Sixto, seulement ma famille. Mais à Cuba tout le monde me connaît comme El Indio.
Leonel – … Et pourquoi on t’appelle El Indio?
El Indio – On m’appelle El Indio.. Tu sais comment ca se passe, les anciens aborigènes cubains avaient une couleur de peau un peu plus claire que la mienne… Moi j’ai surtout des origines plus africaines. Ils avaient des cheveux plus réguliers (lisses). Les indiens des Caraïbes sont ainsi, comme moi, avec cette couleur de peau.
Leonel – Mais il y a du sang indien dans ta famille ?
El Indio – Si, du côté de ma grand-mère.
Leonel – Mais tu as aussi un nom français !
El Indio – Mon premier nom (paternel) est d’origine des Canaris. Mon deuxième nom (maternel) est un nom français.
Leonel – … Et comment ça se fait?
El Indio – Ce nom français vient de la Province Centrale, de Cienfuegos exactement. A Cienfuegos il y a un théâtre qui s’appelle ainsi, le théâtre Tomas Terry. Ils donnèrent au théâtre le nom de cet homme. Ma mère avait ce nom là et d’après ce que l’on m’a raconte, Tomas Terry avait beaucoup d’esclaves, il y a donné son nom à tous ses esclaves. De fait c’était un nom français.
Leonel – Nous te connaissons parce que tu es un grand Sonero, parce que tu as chanté avec Le Trabuco de Manolito Simonet. Il n’y a pas longtemps tu es parti du Trabuco pour réaliser un nouveau projet musical qui s’appelle Son Del Indio. Cela a le format d’une Sonora.. Raconte-nous un peu.
El Indio – Mon agence artistique s’appelle Clave Cubana et elle dépend d’Artex. Le directeur de l’agence qui gérait le Trabuco m’a demandé de rester avec eux, Clave Cubana et Artex m’ont aidé à créer ce nouveau projet de 9 musiciens, avec le format de la Sonora mais avec un Trombone. Et ca sonne vraiment très bien.
Leonel – Nous y reviendrons à la fin de cette interview. Racontes-nous comment tu as commence ta carrière musicale ?
El Indio – Ma carrière est celle d’un autodidacte et elle s’est faite petit a petit dans le Son créole, dans les quartiers, à droite a gauche, au coin de la rue, dans ma famille. Depuis tout petit je jouais des Congas dans ma famille, avec mon oncle. Vers 10 – 11 ans, je sortais dans la rue pour jouer et pour écouter tout ce qu’ils chantaient, comme le Son traditionnel cubain, et c’est comme ca que j’ai appris. Apres quand je suis alle de Cienfuegos a Santa Clara, j’ai integre la Orquesta Aliamen (NDLR : une célèbre Charanga de Villa Clara). C’est la que j’ai appris un peu le solfège jusqu’au niveau intermédiaire. J’ai aussi pris des cours d’harmonie que je n’ai pas continué parce que je suis ensuite parti a La Havane ave Manolito Simonet.
Leonel – A Cienfuegos tu vivais dans un quartier très Rumbero!
El Indio – Oui, je vivais à Cruces dans la province de Cienfuegos. Dans mon quartier on enseignait les mouvements du Folklore (NDLR : Afro-Cubain). On jouait les toque de santos (NDLR : cérémonies/rituel musical de la Santéria avec les tambours Bata), la conga et les comparsas (NDLR : rythmes et danses de rue pour le carnaval et les fêtes populaires). Tout venait de mon quartier. C’est de là que vient El Indio comme Sonero et je le dois à ma famille.
Leonel – Et dans ta famille, il y avait des musiciens?
El Indio – Il y avait des musiciens autodidactes qui jouaient le Tres, la guitarre, qui chantaient… Mais moi j’ecoutais les musiciens et je les étudiais.
Leonel – Tu avais un voisin, à à peu prés 7 kilomètres, un personnage très célèbre qui a été ton guide musical.
El Indio – Le meilleur Sonero de Cuba, le grand Benny Moré. Il est et restera le meilleur. Ma maison, ou plutot la maison ou vivait ma mère était à 7 kilomètres de Santa Isabel De La Lajas. Sa musique m’a beaucoup influencé. Depuis tout petit je l’écoutais, tout comme j’écoutais la Orquesta Aragon. Ce furent des guides… Je viens de là, de cette musique.
Leonel – Comment es tu entré dans Aliamen?
El Indio – La Aliamen est venu dans mon village. Je l’écoutais à la radio lors d’une émission 3 fois par semaine et cela me plaisait beaucoup. Je ne me rappelle plus comment s’appelait cette émission. En définitive Aliamen est venu dans mon village alors que je chantais déjà en amateur dans le cabaret. Je suis allé les voir au théâtre et lorsque leur répétition s’est terminée je les ai invités à venir me voir chanter. Je les ai invite et j’ai mis une bouteille de Ron (Rhum cubain) à leur table. J’ai commencé à chanter un air de musique traditionnelle. Ca leur a plus et bien que je fusse très jeune, je n’avais à peine que 17-18 ans. A cette époque je travaillais dans un garage de mécanique a Cienfuegos. J’ai du faire quelques papiers et je suis entré dans La Aliamen. C’était en 1973.
Leonel – Comme tu étais un chanteur empirique (autodidacte) cela n’a pas été difficile pour toi de chanter avec Aliamen ? Cet orchestre avait le format d’une Charanga et jouait une musique assez académique.
El Indio – Le problème c’est que je suis passé directement d’un petit groupe de mon village à un orchestre comme la Aliamen. Mais finalement, non, toute modestie mis a part, j’ai eu une intuition musicale qui est comme un don. Je suis capable de m’adapter de la même manière à un grand orchestre, comme celui de Manolio Simonet, tout comme a une Sonora. J’ai chanté avec la Orquesta Aragon et avec beaucoup de groupes de différent styles comme les Conjuntos, les Septetos,.. et je ne sais pas pourquoi, mais je me suis adapte et je n’ai pas eu peur.
Leonel – Comment as tu attiré l’attention de Manolito Simonet?
El Indio – En fait, quand Manolito n’était pas encore un musicien, je chantais déjà! Manolito était très jeune quand il a commencé avec La Maravilla De Florida. Quand j’ai connu La Maravilla de Florida de Camaguey, Manolito n’y était pas encore, parce qu’il était très jeune. Je chantais depuis bien longtemps avant même que Manolito ne soit musicien. Ce qui s’est passé c’est que Manolito a intégré La Maravilla de Florida et, à partir de là, il s’est développé comme musicien jusqu’à être nommé directeur de La Maravilla de Florida. C’est à cette époque que Manolito me connaît. Il allait souvent voir et écouter l’Aliamen et il venait pour m’écouter chanter. A partir de là, nous avons partagé et collaboré. Les 2 orchestres s’unissaient et on se parlait entre musiciens. La relation entre Manolito et moi est une vieille histoire. Lorsque Manolito quitte La Maravilla pour La Havane, c’est moi qu’il a en tête (comme futur chanteur) ! Il y a une histoire que je n’aime pas raconter a tout le monde mais j’ai eu 7 opportunités de rentrer dans Los Van Van. C’est arrivé pour chacun des chanteurs qui sont entré dans Los Van Van, on m’avait déjà offert la place avant de la leur proposer ! Mais j’etais amoureux de la Orquesta Aliamen et comme je vivais dans ma Province, je ne souhaitais pas aller a La Havane. Je suis un Guajiro ! (je suis un paysan !) Quand Manolito est venu à Santa Clara avec son groupe, Le Trabuco qui n’avait que 3 ou 4 ans…
Leonel – En quelle année?
El Indio – Au debut des annees 90, je ne sais plus, 1994 ou 1995. Je vais donc à l’endroit où Le Trabuco doit jouer et il me demande de chanter avec eux. Il demande ensuite aux musiciens de La Aliamen que j’aille avec eux à Pinar del Río et à La Havane. Manolito a beaucoup insisté et un matin il est apparu très tôt chez moi et il m’a dit : « Viens avec moi a La Havane ! ». Je lui ai repondu « Je te promets que quand j’aurai terminé le Carnaval avec la Orquesta Aliamen, je te rejoindrai à La Havane pour intégrer ton orchestre. » Si bien que je suis venu le 9 Aout à La Havane. J’ai commencé avec Aliamen le 2 Aout 1973 et j’ai commencé avec Manolito le 9 Aout 1997. Quelle coïncidence ! J’ai commencé le même mois pour les 2 orchestres. Quand je suis arrivé, la première chanson que j’ai chantée fut « Marcando La Distancia ». Ca a été mon ouverture avec Manolito Simonet.
Leonel – Ce fut le morceau qui a propulsé le Trabuco sur la scène internationale même si ils étaient connus avant. Ca leur a donne beaucoup de notoriété grâce a toi !
El Indio – Le Trabuco était sur un chemin très positif.
Leonel – Quels sont tes morceaux favoris Dans Le Trabuco?
El Indio – Tous! Aprés “Marcando La distancia” mon morceau préféré a été “Llego La Musica Cubana”. Manolito est un grand directeur et il écrit de très bonnes paroles. Avec le Trabuco j’ai beaucoup appris et ca m’a donne l’opportunite de connaître le monde entier. Avec La Aliamen j’étais allé seulement en Espagne.
Claudio – Pourquoi cette si belle collaboration professionnelle avec Manolito, qui a duré tant d’années et qui a projeté la lumière sur toi comme sur l’orchestre El Trabuco, a pu s’interrompre ?
El Indio – Le problème est que j’avais l’ambition de faire mes propres projets. Je vais te montrer la quantité de paroles de chansons que j’ai toutes prêtes. Le problème est que je n’ai pas pu me développer personnellement. Manolito a joué un morceau de La Aliamen qui s’appelle « Guajirita Ven », nous avons aussi fait un Guaguanco, nous avons fait « Aqui cada uno viene con lo suyo », il a pris ces morceau de mon répertoire. Mais vraiment, je me suis décidé à partir parce que je me suis rendu compte que le temps allait de l’avant et que je devais tôt ou tard ce que j’avais a l’intérieur. Des choses que je voulais jouer avec un Septeto, avec un orchestre plus petit. Je voulais aussi prendre mes distances avec le mouvement récent du Reggaeton. Je ne veux pas parler mal des Reggaetoneros parce que je n’aime pas parler mal d’un style ou d’un mouvement musical. Je voulais me retirer de ce jeu scénique devant l’orchestre, parce que je suis un chanteur Sonero et que j’appartiens à un autre monde. Si bien que j’ai cédé ma place afin qu’ils puissent faire ce dont ils avaient envie. Si bien que je suis parti et je fais mes propres choses, je chante mon son et ma Guaracha. J’ai consacre toute ma vie a la Musique Traditionnelle Cubaine, alors que le courant musical actuel requiert beaucoup plus de mouvement et de jeu scénique. Mais j’entretiens de très bonnes relations avec eux et ils restent mes meilleurs amis.
Claudio – Un jour nous avons eu une conversation où tu expliquais la différence entre être Sonero et être Repentista…
El Indio – Les Repentistas son deux qui chantent la musique créole a la campagne. Ils ont un talent particulier pour relier une phrase à une autre. Ce sont eux qui chantent dans l’émission qui s’appelle « Palma y Caña” (à la TV Cubaine), ce sont des poètes. Les Soneros le sont aussi un peu… Ils sont un peu poètes mais moins que les Repentistas. Le Repentisme ne nait pas avec l’inspiration de ce qu’on est en train de chanter, mais il reste dans le corps de la chanson et des paroles. Si un morceau a une trame, il doit se maintenir dans cette trame.
Leonel – Quel est ton critère pour être un bon Sonero?
El Indio – Un bon Sonero chante toute la gamme de la Musique Cubaine. Un bon Sonero doit chanter une Guaracha, un Son, un son Montuno.. Un bon sonero chante de la Timba. « Elige Tu Que Canto Yo » (Décides, toi ! Ce que moi je dois chanter!) comme disait El Benny (Benny Moré). Un bon Sonero doit chanter juste avec une belle voix! Toutes les voix sont différentes et il y a des timbres très différents. El Nene (Pedro Lugo – Los Jovenes Clasicos Del son – Son Del Nene) a son timbre de voix différent, Mayito (los Van Van) a un timbre différent, tout comme Pedrito Calvo, Roberton ou même Candido Fabré, mon ami, mon frère!
Leonel – A propos de Candido et de toi. Candido est un grand improvisateur mais toi aussi. Mais au niveau mélodique, qu’est-c qui se passe… Candido est un maitre de créativité mais au niveau mélodique il sonne un peu monocorde, alors que…
El Indio – Ecoute, ce qui se passe c’est que nous sommes tous différents. Candido a sa propre ligne mais son point fort c’est qu’il est Repentista, très inspiré. Il a une faculté de faire des rapprochements et d’associer des phrases a d’autres. Il est très bon.
Leonel – Ce qui me stupéfait, c’est ta manière de chanter le Son. Au niveau mélodique, quand tu improvises il y a toujours des surprises. Tu accélères, tu frênes..
El Indio – Ca s’appelle « jouer avec les intervalles », faire des variations, ne pas chanter de manière plate. C’est comme faire un gâteau, tu prépares la pâte mais si tu n’y ajoutes pas des meringues, des décorations, des petites fleurs de roses, si tu n’écris pas « Félicitations »… Ce n’est pas un gâteau même si il est bon. C’est un gâteau mais personne ne va te l’acheter. C’est ca « jouer avec les intervalles » !
Leonel – Dans ce pays on commence par parler de musique et on finit toujours par parler de cuisine. Ca se finit toujours avec de la sauce !
El Indio – Oui, ca se termine avec de la Salsa mais aussi du Son! Parce que la Salsa est la fille aînée du Son !
Il a débarqué au Festival BAILAR CUBA à Dampierre le 13 Mars 2010 ! Tirso Duarte « Que se escucha en todas partes » se fait désormais appeler El Angel Negro, l’Ange Noir de la Timba ! C’est avant tout le Timbero Mayor ! Un prodige à la fois compositeur, arrangeur, chanteur et pianiste d’exception. Son coffre époustouflant ainsi que son inspiration débordante n’ont pas de limites. Pas surprenant qu’il ait collaboré avec les plus grands groupes de Timba et de Musique Cubaine : Pachito Alonso y su Kini Kini, La Charanga Habanera, NG La Banda, Pupy y Los que Son Son, Afro-Cuban All Stars, rien de moins !… Mais un tel génie ne peut que s’affranchir de ses maîtres ! Contre vents et marrées, il se révèle en lançant sa propre carrière musicale solo et nous livre 4 excellents CDs qui se suivent dans un crescendo de créativité et de popularité : « Si La vida Te Dice Bailar », « Timba Cubana », « Fin Del Juego », « Para Que Nada Te Pueda Pasar (Timba con Reggaeton)» ! Ce prodige touche-à-tout excelle dans tous les genres, la Rumba, le Son, la Salsa, la Timba et il est désormais à la pointe de la fusion de la Timba et du Reggaeton rivalisant en franc-tireur avec La Charanga Habanera et Gente D’Zona. Tirso Duarte nous a accordé un entretien exclusif pour aborder sa carrière, ses projets et sa vision de la musique cubaine.
Tirso Duarte a commencé sa carrière très jeune et a d’ores et déjà une discographie impressionnante parmi les plus grands groupes ou avec les plus grands musiciens :
Pachito Alonso y su Kini Kini “Una Salsa en Paris” 1997
Calixto Oviedo “La Recompensa” 2000
Charanga Habanera : “El Charanguero Mayor” 2000 “Chan Chan Charanga” 2001 “Live in the USA” 2001
Cesar Pedroso & Pupy y Los Que Son Son “Timba : Next Generation of Cuban Music” 2001 “Que Cosas Tiene La vida” 2002
Depuis sa prise d’indépendance, Tirso Duarte multiplie les projets, les enregistrements :
Avec Manolito Simonet “Nuevas Estrellas De Areito” 2002
Avec Maikel Blanco y La Suprema Ley “Ya Llegaron Los Cubanos”
Avec Juan De Marcos y Afro Cuban All Stars “Step Forward – Next Generation”
Avec Fidel Morales y Proyecto Nega “Salsa Son Timba” 2005
Avec Orlando Canto “Sigo Siendo Un Van Van” 2005
Avec La Charanga Forever “Somos Charangueros” 2006
Avec Los Ases De La Timba “Aquí están los ases” 2006 avec Mandy Cantero et Michel Maza
Tirso Duarte y Michel Perez “Pan Con Chocolate” 2007
Feroz De Prado “Entre Ayer y Hoy” 2008
Havana Salsa Team “Encontrando La Formula” 2009
Arnaldo y LaCosmopolita “En Otra Direccion” 2009
Il participe aussi au DVD de concert « Musica Cubana – Live in Tokyo» de Wim Wenders aux côtés de Pio Leyva, Franck Fernandez, Pedro Lugo, Mayito Rivera, Samuell Formell, Alexander Abreu, Feliciano Arango, Juan De La Cruz Antomarchi “Coto”, etc.
Dont voici un apercu « La Luna »
Mais il réussit aussi à enregistrer sous son propre nom 4 CDs :
“Si La Vida Te Dice Baila” 2004
“Timba Cubana” 2006
“Fin Del Juego” 2008
“Para Que No Te Pueda Pasar” 2008
TIRSO DUARTE ET LA SCENE MUSICALE
Improvisateur fou, créateur inspiré mais chanteur sans groupe stable, Tirso Duarte est partout et nulle part à la fois, livrant ses interventions époustouflantes sur toutes les scènes de La Havane, à la Casa De La Musica, au Café Cantante, à la Tropical !
Avec Pupy y Los Que Son Son pour un événement historique le 20 Mai 2008, les 3 chanteurs fondateurs réunis pour la dernière fois !
Avec Habana D’Primera
Avec Pachito Alonso y sus Kini Kini aux cotes de ses amis Cristian y Rey Alonso
Avec Paulito FG et Yulien Oviedo
Avec Cubanismo au Festival Tempo Latino 2009 – Vic-Fezensac, France
Tirso Duarte réagit à sa manière chez Leonel Limonta (AZUCAR NEGRA) à la chanson « America »
Et avec sa formation de fusion Timba con Reggeaton
Il dirige sa formation avec son épouse Iala Batoule et son beau-frere Angel Batule, tous 2 filles et fils de Batule, l’un des plus grands ingénieurs du son a Cuba, celui d’Issac Delgado et de Habana D’Primera !
INTERVIEW EXCLUSIVE POUR FIESTA CUBANA
Tirso Duarte nous a accordé beaucoup de temps lors d’une interview sympathique, complice où l’on découvre la personnalité étincelante et juvénile de ce créateur hors pair qui sait rester simple malgré sa profusion de talents :
Quartier du Vedado, La Havane , le 10 Janvier 2009
Interview : Partie I
Leonel : Hola FiestaCubana.net ! Je suis ici en présence de l’un des prodiges de la nouvelle génération de la musique cubaine. Cet homme s’appelle Tirso Duarte ! Tirso Duarte: El que se escucha en todas parte ¡ (Tirso répond par son slogan personnel qui rime avec son nom : Tirso Duarte, Celui qu’on écoute de toutes parts !)
Leonel: Exactement! En fait vous l’avez écouté dans de nombreux groupes, dans Pachito Alonso, NG La Banda, La Charanga Habanera, Pupy y Los Que Son Son. Maintenant tu commences un carriere de soliste.. en solo. Tirso Duarte: Oui, oui!
Leonel : Et tu touches a tout. Tu es Rumbero, Sonero, Timbero et Reggaetonero. Tirso Duarte : Timba et Reggeaton, tout ça !
Leonel : Tu joues de tout et nous t’admirons beaucoup. Tu etais déjà connu dans La Charanga Habanera comme le « Charanguero Mayor ». C’est toi, car c’est toi qui l’a composé (le morceau « Charanguero Mayor ») Tirso Duarte : Oui, c’est moi qui ai fait ce morceau.
Leonel: Les gens commencent à te connaitre en France. Ils t’ont aussi vu avec Juan De Marcos et Afro-Cuban All Stars. Tirso Duarte: Oui, avec Afro-Cuban All Stars aussi. Je suis resté 3 ans avec cet orchestre de Juan De Marcos. C’est un très bon orchestre.
Leonel : Dis moi! Tu es né à La Havane? Tu es habanero? Tirso Duarte: Je suis né à La Havane mais j’ai mes racines à Santiago de Cuba. Mon père est de Sancti Spiritu. Je suis né à La Havane mais j’ai aussi cette racine de la campagne en moi (NDLR : El monte al dentro est une référence aux vieux Soneros qui jouent le Son Montuno et qui puisent leur inspiration de la culture Afro-Cubaine, El Monte cf. Lydia Cabrejas). Mon cœur est aussi là bas.
Leonel: Quand et où as tu reçu ton éducation musicale ? A La Havane ? Tirso Duarte: A La Havane à l’école des arts. C’est à l’école Manuel Saumell que j’ai étudié le piano. C’est là que je l’ai étudié et après à l’école Amadeo Roldan. C’est là que j’ai fait tout mon cursus d’étudiant.
Leonel: Tu as connu Maikel Blanco là-bas, dans cette école… Mais il est bien plus jeune, non ? Tirso Duarte: Non. Maikel je l’ai connu après quand j’ai enregistre mon premier disque. J’avais déjà écouté certaines choses qu’il faisait parce qu’il avait un groupe très jeune. Il avait un groupe qui s’appelait LA SUPREMA LEY et c’est la que je l’ai connu. Ensuite j’ai enregistré avec lui et j’ai chanté pour lui et c’est apres qu’il m’a fait des arrangements pour mon premier disque « Si La Vida Te Dice Baila ».
Leonel: Comment es tu rentré dans Pachito Alonso y su Kini Kini ? Tirso Duarte: Pachito Alonso! J’étudiais avec le fils de Pachito Alonso, Cristian Alonso à l’école Amadeo Roldan et nous avions formé un groupe (NDLR : Los Chicos De La Salsa) qui faisait, qui commençait à faire de la musique Timbera et ce genre de choses… Soudain, Robertòn, le chanteur de Pachito Alonso, passe à Los Van Van et Pachito se retrouve à rechercher un nouveau chanteur pour son orchestre. Cristian était là en train de faire ses propres trucs. Mais comme il n’y a jamais meilleur que son propre fils, Pachito l’a fait entrer dans son groupe. Moi j’étais le directeur musical de ce petit groupe de l’école. Ils m’engagèrent aussi dans l’orchestre de Pachito aux claviers et j’y ai fait mes premiers arrangements sur le morceau qui dit « Cual es la murumba que no la entiendo… » (Qu’est-ce qui se passe que je ne comprends pas).. ce genre là.
Leonel : “La Pelea”! (NDLR : « La Lutte » du nom de ce morceau de Pachito Alonso sur le CD « Una Salsa en Paris ») Tirso Duarte: et c’est la que j’ai comencé avec Pachito Alonso. Je suis reste 2 ou 3 ans à travailler avec lui.
Leonel: Et je vois que tu es très fidèle come personne parce que tu continue à travailler avec eux. Tu viens de faire un Reggaeton il n’y a pas longtemps. Tirso Duarte: Après beaucoup de temps, j’ai commencé cette mécanique du Reggeaton et j’avais réalisé différentes fusions, comme chanteur, comme Reggaetonero et comme Timbero. Ces trucs là. Du coup Cristian et son frère Rey ont décider de monter un morceau et ils m’ont appelé pour le faire avec eux. Tu vois… et puis on s’est dit.. On y va ! En plus on l’a fait avec le souvenir de ce morceau que nous interprétions à nos débuts dans Pachito.
Leonel : Oui parce que en fait le morceau s’appelle “Analiza y Piensa” (« Analyse et penses! ») Tirso Duarte: Oui, le morceau que nous avons fait s’appelle “Analiza y Piensa”.
Leonel: Effectivement mais il est mixé avec “La Pelea Murumba” Tirso Duarte: Oui, avec “La Pelea” et avec tous les éléments constitutifs du style Reggaeton, qui a ses propres codes.
Leonel : Et avec ce morceau vous avez déchiré à La Tropical (Le plus populaire des lieus de concert a La Havane) Tirso Duarte: Oui! Tu étais là ¡ Ahahahaha!
Leonel : Tu vois comme nous sommes branchés à FiestaCubana ! Ahahaha ! Tirso Duarte : C’est vrai que Fiesta Cubana vous êtes au courant de tout ¡
Leonel : Donc tu es resté en France pour enregistrer le disque “Salsa En Paris” (Pachito y su Kini Kini) Tirso Duarte: Oui, “La Salsa En Paris” nous l’avons fait là-bas.
Leonel : Comment as-tu aimé Paris? Tirso Duarte: Superbe. En fait nous sommes restés 3 mois à Paris. J’étais 3 mois à Paris et ça a été mon meilleur voyage. On a passé de très bons moments. Les gens aimaient bien le style de la Timba et je me suis rendu compte que les gens avaient une bonne connaissance de ce qu’est la musique cubaine. De meme que Pachito, il y eu d’autres groupes qui sont venus… Quand nous étions là-bas nous avons vu passer Paulito FG, La Charanga Forever, et d’autres orchestres de Cuba. Ca bougeait beaucoup là-bas.
Leonel : Ce qui est impressionnant c’est que tu étais très jeune à cette époque. Ca fait un peu plus de 10 ans en arrière. C’était en 1994 ou plutôt en 1996, je crois. Tu étais très jeune et dans le CD « Una Salsa En Paris » il y a un remerciement spécial de Pachito Alonso pour ton travail. Tirso Duate: Oui, oui. C’est que j’ai fait 2 morceaux dans ce CD. Un morceau s’intitule “Hasta Las Cuantas” et l’autre était “La Pelea Murumba” et j’ai aussi fait 2 arrangements qu’ils ont enregistrés au piano. Ce disque a été un bonne collaboration.
Leonel: De la part d’une figure comme Pachito, pianiste de surcroit, c’est un hommage! Tirso Duarte: Oui, oui! Il m’a donné cette opportunité et ce fût le premier à me donner ma chance comme chanteur!
Leonel: Effectivement tu chantais aussi! Tirso Duarte: Sur scène et de manière professionnelle!
Leonel : Il y a une chose étonnante parce que tu as une voix très puissante mais très peu de gens savent que tu es asthmatique.. Tirso Duarte: Ah! Oui, effectivement ! Ahaha!
Leonel : Si bien que si tu n’étais pas asthmatique, qu’est-ce qui se passerait ¡ Ta voix ferait tomber les murs? Tirso Duarte: En fait j’ai trop d’air! Si ca se trouve c’est ca qui me donne cet exces de coffre. Ca me donne plus de souffle pour chanter.
Leonel : Non, non, non ! Je t’assure tu n’as pas besoin de ca! Tirso Duarte : Ahahaha ! Il ne me manque rien! J’ai trop de voix ! Ahahahaha !
Leonel : Tu es né comme ça? Tirso Duarte: Oui
Leonel: Tu as dans ta famille un héritage musical? Dans ta famille il y avait des musiciens ou tout est venu de ton cœur ? Tirso Duarte: Mes oncles m’ont toujours inculqué la Rumba. Mes oncles sont des Rumberos de la rue, de la rue.
Leonel: Tes oncles de Santiago de Cuba? Tirso Duarte: Ils sont de Santiago. Ils jouaient beaucoup la Rumba et ils me l’ont inculquée. Mon père m’amenait toujours au Samedis de la Rumba. Et mon grand-père mettait tous les dimanches sur le tourne-disque de ma maison la musique de Los Van Van, d’Elio Revé, de Benny Moré, et de ces orchestres traditionnels qui jouent la Musique Cubaine. Ce fut ainsi et ca s’est développé de cette manière.
Leonel : A Sancti Spiritu il y a une tradition Sonera assez forte aussi. Tes racines musicales viennent aussi de là-bas ? Tirso Duarte: Oui, un peu aussi, mais mes racines sont plutôt ces figures que je te mentionnais, El Benny, La Revé à l’époque de “La Explosion Del Momento”. C’est un morceau de quand j’étais petit mais j’ai intégré toutes ces choses. Los Van Van ont toujours été l’orchestre modèle à suivre, le patron de Cuba dans ce style. Aragon, toute cette musique là.
Leonel: Dans (le CD) “Timba Cubana” tu chantes un ‘coro’ qui peut s’interpréter de différentes manières et qui dit “ Conmigo no…Con Van Van” (Pas avec moi.. Avec Los Van Van) et je t’avais dit qu’on pouvait aussi le dire « Conmigo ! No con Van Van ! ». Tirso : Oui, je me rappelle de cette interprétation.
Leonel : Oui, nous en avions parlé et que ça pouvait s’interpréter d’une manière comme de l’autre. Tirso Duarte: Je l’avais dit dans un autre sens mais comme ca aussi ca m’a plu. Pas avec Los Van Van! Leonel : Sans aucune effronterie ni vantardise ¡ n’est-ce pas? Ahahahaha ! (NDLR : La Guaperia est une forme populaire cubaine d’auto-affirmation virile. Cela peut aussi s’assimiler à de l’agressivité et à de la vulgarité dans certains cas mais c’est un aspect indispensable de la Timba ou du Reggaeton, comme on retrouve cela dans le Rock ou le Rap). Bon nous continuons. Nous avons parle de ton experience avec PAchito, de la France et ensuite tu es entre dans NG La Banda. C’est El Tosco (“Le Malotru” le surnom de José Luis Cortes) qui t’a appelé ? Comment ça s’est passé ? Tirso Duarte: Oui! El Tosco m’a appele quand je suis sorti de La Charanga Habanera…
Leonel: De Pachito? Tirso Duarte: Je suis sorti de Pachito pour entrer dans La Charanga Habanera. J’ai commencé à chanter 2-3 morceaux avec eux, “El Charanguero Mayor”, j’y ai aussi fait quelques arrangements et après La Charanga Habanera je voulais monter mon orchestre. J’avais cette idée en tête. Mais El Tosco m’a appelé. C’était une très bonne opportunité pour moi et surtout un honneur de chanter avec cet orchestre que j’ai toujours admiré et de plus avec le Maestro José Luis Cortes! Je n’allais pas laisser passer cette opportunité. Et j’allais travailler pour El Tosco si il m’appelait pour ça … avec l’intention de faire du mieux que je pourrais parce que à ce moment là c’était un orchestre de maestros. Il y avait Feliciano Arango à la basse, Chappotin (à la trompette), Emilio au piano… C’était un orchestre de pas mal de maestros de la musique cubaine alors ce fut un honneur pour moi.
Leonel : Tu as toujours exprime ton admiration pour El tosco, non? Tu l’as meme ecrit dans le CD “Fin Del Juego”! Tirso Duarte: Oui. “Fin Del Juego”
Leonel : En fait tu as meme fait un morceau avec lui dans ce CD: il s’appelle “Maldito Dolor” ! Tirso : Oui, oui, oui!
Leonel : Tu vois que nous te suivons de pres! Ahahaha ! Bon…Donc avec La Charanga Habanera tu as fait “El Charanguero Mayor”, “El Cantinero”, et quoi de plus? Tirso Duarte: Dans La (Charanga) Habanera j’ai fait “Mi Vecina”
Leonel : “Mi Vecina” que tu as réenregistré ensuite… Tirso Duarte: J’ai fait “El Ricki Ricon”. Ce morceau aussi je l’ai composé.
Leonel : “Mi Vecina” tu l’as réenregistré dans ton premier disque. Tirso Duarte: Je l’ai enregistré de nouveau dans mon premier disque … De fait le morceau était comme cas : [Tirso chante “Mi Vecina”] “A vez donde quiera Y mira que esta buena Mi vecina La Charanguera” Ce morceau que j’ai fait avec La Charanga Habanera était vraiment bon.
Leonel: Et aussi “El Cantinero” Tirso Duarte: “El Cantinero”. Ce morceau n’est pas de ma composition. Je le chantais mais c’est une composition d’Alina Torres. Alina Torres est la compositrice d’un vieux morceau de Los Van Van qui s’appelle “El Carnicero” (Le Boucher): [Tirso chante] “Y no me explico lo que tiene el carnicero”… Ce genre là. Et elle a aussi fait une version pour « El Cantinero » (Le Garçon de Restaurant). Et puis je l’ai interprété. J’ai beaucoup aimé les harmonies et les paroles si belles qu’a cette chanson. Ensuite j’ai continué à faire les enregistrements de La Charanga Habanera. Dans la plupart des disques de La Charanga Habanera beaucoup des paroles des chanteurs, des chansons, sont les miennes. J’ai aussi travaillé pour Haila : dans le disque « Quien Fue » qu’on a beaucoup écouté à Cuba, la majorité des paroles sont de moi. De fait j’ai accompli de nombreux œuvres avec eux en plus de celles que nous avions fait antérieurement.
Interview : Partie II
Leonel : Il faut rappeler a notre public que Tirso est un prodige musical parce qu’il joue du piano, il chante, il compose et fait de nombreux arrangements. La première caractéristique de Tirso Duarte est la créativité. Je te l’avais déjà dit, tu t’en souviens ? Tu te rappelles que quand le disque “Fin Del Juego” est sorti, je t’ai dit « Al ‘Fin Del Juego’ ! Gano Tirso ! » (A la fin du jeu, c’est Tirso qui a gagné) Tu te rappelles ? Tirso Duarte : Oui! Ahahaha!
Leonel : Bon…Tu as travaille pour beaucoup de gens et dans des registres tres differents. Nous avons parle un peu de La Charanga Habanera. Il y a une version d’un morceau d’avec La Charanga Habanera que tu as reenregistre sur ton 2eme disque, je crois… Tirso Duarte : Oui sur mon disque “Timba Cubana”
Leonel – Sur “Timba Cubana” oui! Ce morceau (NDLR : « El Cantinero ») se termine avec une chose, une formation d’attaque, une formation en V! Tirso Duarte: “Formación en uve, vamos a unirnos!” Formation en V, Nous allons nous réunir! C’est une chanson de dessins animés qui passaient ici… qui s’appelait “Voltu-Cinquo”… En fait c’était comme un robot qui était contrôlé par 5 enfants, avec différentes machines. Quand ils disaient « Formation en V » , c’est le moment ou ils réassemblaient les robot. L’un d’eux était les pieds, l’autres les jambes, l’autre encore les mains, la tête et enfin un autre faisait la partie du corps.
Leonel : C’est que quand j’écoutais le ‘coro’ “Formacion en uve”, je me disais mais diable, d’où Tirso peut il sortir une telle créativité ? Cela correspond aussi au concept d’agressivité dans le langage de la Timba. L’attaque comme « Ataca Chicho » (NDLR : Slogan de Jose Luis Cortes de NG La Banda). Tirso Durate : C’est clair ! C’est ça l’idée! La musique Timbera se nourrit beaucoup de la rue, des commentaires de la rue, de ceux qui parlent l’argot, ou bien juste l’espagnol (créole) cubain tel quel. Mais en même temps nous devrions faire une musique que le reste du monde puisse comprendre.
La musique Timbera est une musique cubaine et le langage utilisé est pratiquement le cubain. Très souvent dans les autres pays les gens ne comprennent pas ce langage et demandent « que veut dire ceci ? » « que veut dire cela ? ». Nous devrions essayer de chercher un langage plus universel. Mais c’est ce qu’il y a de plus difficile… C’est le plus difficile… C’est probablement pour cela qu’on n’a pas plus de vente et de demande (pour cette musique).. Dans le sens.. Je veux dire.. comme pour le Rock’N’Roll et ces musiques là. Tu comprends. Quelque chose de plus universel que la Timba Cubana.
Il faut la sentir, il faut se sentir Timbero pour pouvoir comprendre la musique Timbera.
Apres j’ai travaillé avec Afro Cuban All Stars qui ne faisaient pas de Timba cubana. Ce qu’ils faisaient était le Son cubain, le Cha-cha-cha, ces rythmes cubains là. Ces rythmes sont plus faciles à comprendre que la Timba.
Encore maintenant, pour beaucoup de gens, la Timba est un rythme difficile !
Leonel : C’est normal parce que c’est plus complexe! Tirso Duarte : C’est plus complexe !
Leonel : Le Son, le Chachachá viennent de la musique du XIXème siècle. Le Son s’est établi à La Havane dans les années 20… Le Chachachá est né dans les années 30 ou plutôt dans les années 40 et a triomphé dans les années 50. Ce sont des rythmes que le public a déjà assimilé ! Tirso Duarte: Déjà assimilé , c’est clair!
Leonel : La Timba n’a seulement que plus ou moins 15 ans. Tirso Duarte: Et il lui faut encore du temps !
Leonel : Le problème est que la Timba consiste en une fusion tellement forte de différentes choses, de Son, de Rumba, de Funk, d’Afro-Cubain et de Jazz. Et a tout moment le climat change ! Tirso : Effectivement le climat change souvent! C’est les changement de climats.
Leonel : Et ce sont ces changements de climats qui déstabilisent les danseurs ou les étrangers (non cubains). Mais c’est aussi cela qui donne la saveur (le style, la qualité de la Timba). Tirso Duarte: Oui, c’est effectivement ça qui donne la saveur (à cette musique). Exactement!
Leonel : C’est ça qui donne toutes ses couleurs à cette peinture! Tirso : C’est ça, c’est ça, c’est ça!
Leonel : C’est ça? Tirso Duarte : Hey… Mais toi tu es Timbero ¡ Tu le sais tout ça! Ahahahaha! Tu es Timbero ! Alors pour toi c’est trop facile de le savoir !
Leonel : Récapitulons… La Charanga Habanera… Tu es devenu un “Super-Timbero” avec La Charanga Habanera ! Tu as ensuite travaillé avec El tosco et nous connaissons désormais ton admiration pour ce maitre de la Musique Cubaine. Et ensuite tu as entamé une autre période, tu es entré dans Pupy (y Los Que Son Son), une période qui a été très importante pour ta carrière. Je crois que c’est finalement lui qui t’as mis en lumiere parce que dans ce présent tu étais au premier plan comme chanteur principal. Tirso Duarte : Oui, oui, c’est là (dans Pupy y Los Que Son Son) que je me suis affirmé comme chanteur. Je suis pianiste, dans la Charanga je jouais le piano et je faisais bien d’autres choses. Dans NG La Banda j’étais chanteur mais la voix principale était Toni Cala, et c’est toujours le cas. J’y ai fait mon travail mais c’était lui et encore (lui la vedette)… Avec Pupy je me suis affirmé comme chanteur, pratiquement comme le chanteur principal même si il y avait aussi d’autres très bons chanteurs comme Mandy Cantero et Pepito. Mais au niveau international j’étais un peu plus connu qu’eux et je venais d’orchestres un peu plus populaires que ceux dans lesquels ils étaient. Je venais de La Charanga Habanera. C’est ce qui m’a fait connaître plus ou moins du grand public et j’avais cet avantage quand je suis rentré dans Pupy y Los Que Son Son. En plus j’etais un peu plus au courant de ce qui se passait dans la rue, dans la Timba Cubana, ce qui fonctionnait.. si bien que..comment dire… au moment de s’habiller, je savais ce qui était à la mode.. A props de feeling, chacun a le sien mais pour ce qui est du langage c’est moi qui les aidait pour la manière de s’exprimer et pour ce qu’ils avaient à dire. Ce qui se passait c’est qu’on ne pouvait pas prendre un risque (avec notre image) surtout pour un orchestre à ses débuts. Il fallait faire vibrer les gens. Les faire vibrer mais en disant des choses qui ont du sens et des choses intéressantes.
Leonel : ça a été un gros travail avec Pupy? Tirso Duarte: Oui !
Leonel : Ca a été un changement artistique, un changement musical? Tirso Duarte: Un changement jusqu’à ma propre image. J’y étais arrivé, dans Pupy ! Moi, Tirso Duarte, j’étais enfin chanteur ! Beaucoup de gens ne se rappelaient même plus que je jouais du piano. Tu comprends. Je joue le piano mais je chantais dorénavant avec Pupy… Ils ne savaient même pas que je jouais du piano. J’ai dû faire un effort supplémentaire. Différent mais intense aussi. Quant à la sonorité de l’orchestre, c’est un orchestre qui sonne très très fort. Tout y a son importance, et tout doit être intéressant. Le Mambo doit être intéressant, les paroles doivent être intéressantes, les chœurs… Surtout quand tu vois cet orchestre…Tout doit être ainsi sinon ça ne fonctionne pas !
Leonel :…Les gens t’ont connu sur le premier disque avec le morceau “ El gato amaga y no araña” (le chat menace mais ne griffe pas) Tirso Duarte: El chiquitico burlón [Tirso chante] “El chiquitico burlón y viene acabando“ (le petit (esprit) malicieux arrive et est terrible)
Leonel: Et avec le morceau “Te molesta que sea feliz”. Ces morceaux ont été très populaires. Tirso Duarte: Si! Si! D’autant plus que Pupy est un maitre de la composition… Il l’a démontré au cours de nombreuses années en jouant avec Los Van Van et en dehors de Los Van Van aussi.
Leonel : Et après 2 ans avec Pupy tu as décidé de prendre un autre chemin. Tirso Duarte : J’ai pris un chemin de soliste.
Leonel : Comme soliste. Mais tu as aussi travaillé un peu pour Afro Cuban All Stars Tirso Duarte : Je suis parti de Pupy pour fonder mon orchestre. Juan De Marcos m’a alors proposé du travail. J’ai essayé de mener les 2 projets de front. Mais je n’ai pas pu. Nous avions des tournées internationales comme 7 à 8 fois par an. Mais pour maintenir un orchestre il faut être constant. On ne peut pas maintenir un orchestre quand on sort du pays 8 fois par an. C’est impossible. C’est impossible car cela ne laisse pas assez de temps pour suivre (son propre orchestre). Les danseurs ont besoin de savoir que si tu joue le mardi, que tu reviendras jouer le mardi suivant même si tu joues aussi le vendredi… Afin qu’ils puissent apprendre les morceaux, afin qu’ils s’habituent aux morceaux, tu vois ? Si bien que tu ne peux pas travailler 15 jours pour ensuite disparaitre un mois et prétendre à ton retour que ces morceaux ne fonctionnent pas.
Leonel : Tu touches là un sujet relatif à la relation intime entre le compositeur d’un groupe et ses danseurs. C’est une fusion : l’un ne peut fonctionner sans l’autre. Tirso Duarte: C’est clair.
Leonel : Tu dois maintenir et faire fonctionner une soirée pour que les danseurs, pour que ton premier public de fans s’habitue. Tirso Duarte: Surtout ici à Cuba. Dans d’autres pays du monde la promotion est différente. Dans d’autres pays, je suis convaincu que ma musique est plus connue, comme en Italie et en France qu’ici même.
Leonel : C’est bien possible. Tirso Duarte : J’en suis quasiment persuadé!
Leonel : Oui! Grace aux DJs… Tirso Duarte: Grace aux DJs, aux musiciens… C’est un autre mode de promotion. Ici la promotion est un peu plus compliquée. Déjà tu dois la faire pour toi-même. Tu dois la faire dans les quelques rares endroits ou l’on peut faire des concerts. Casa de la Música de La Habana, Casa De La Música de Miramar, Café Cantante, le Capri maintenant appelé Salon Rojo. Il n’y a que 4-5 endroits, pas plus… pour tout le monde! C’est une compétition terrible. Ce sont les mêmes endroits où jouent Los Van Van, Manolito Simonet, La Charanga Habanera, les orchestres des autres catégories, même de troisième catégorie. Il nous faut lutter pour pouvoir joeur dans ces endroits. C’est difficile. Si je m’en vais en voyage pour un mois, il y a d’autres gens qui commencent a travailler pendant ce mois là et quand je reviens on me dit « Attends un petit moment !». D’autres gens se sont installés. Tu comprends?
Leonel: Oui, la place est prise. Tirso Duarte: C’est comme ça que ça se passe. C’est ce que j’ai décidé mais on va voir comment on va s’en sortir.
Quand Juan De Marcos a arrêté… Ce projet, il l’a arrêté il y a un an… Je suis retourné travailler avec NG La Banda parce qu’ils m’y ont invité. J’ai commencé a faire des choses avec NG La Banda. Mais à ce moment là ont m’a proposé.. où plutôt j’ai essayé à nouveau de remonter mon groupe et pour m’y consacrer sérieusement cette fois-ci. On y va ! Et voilà qu’on m’appelle d’Italie. L’année dernière. Et je me retrouve en tournée en Italie. Je suis parti un mois en Italie pour faire une tournée à travers différentes villes d’Italie. Ce fut ma première opportunité de jouer ma musique, mes morceaux des disques “Timba Cubana” et “Fin Del Juego”.
Ce fut très impressionnant. Ca m’a beaucoup plu. Des musiciens qui vivent là-bas ont monté les morceaux. Et le public connaissait mes chansons. Ca ça m’a beaucoup impressionné. Que je sois à un concert et que je chante une chanson, ils chantaient le refrain comme si on était à La Tropical. Ca m’a fait beaucoup beaucoup d’effet. Et si je disais .. je ne sais pas.. : “Veinte le doy a mi gallo..” le public chantait le,’coro’ “Conmigo no con Van Van”. Tous mes coros. Ca me rendait fou!
Leonel : même “No es problama mio ¡” Tirso Duarte : Tout ça, tout ça!
2009 se termine en beauté pour la musique cubaine avec la sortie tant attendue du dernier CD de TUMBAO HABANA “MAMBO DURO” ! Après les disques “ARRASANDO” de LOS VAN VAN, “HACIENDO HISTORIA” d’ HABANA D’PRIMERA et “OTRA DIRECCION » d’ARNALDO Y LA COSMOPOLITA, TUMBAO HABANA s’inscrit en tête de ce mouvement de renouveau de la SALSA CUBAINE, puissante et dansante à la fois, avec cette œuvre qui restera comme la meilleure de ce groupe et « MAMBO DURO » sera sans doute l’un des meilleurs disques 2009 !
Pascualito Cabrejas est Guantanamero. C’est un homme sincère, mais aussi simple et très sympathique.
Il commence sa carrière dans les années 80 avec d’autres musiciens adolescents qui forment à Guantanamo le groupe de Son Montuno appelé REY. Cette formation se recompose ensuite a La Havane sous le nom de TUMBAO 8, précisément le nom du rythme caracterisitique du Son. Pascualito Cabrejas compose, arrange et dirige désormais TUMBAO HABANA, qui vient de sortir leur 3eme CD, « Mambo Duro », un orchestre qui a su se maintenir en 12 ans et qui a gagné en popularité, en force et en talent.
Ce nouveau CD est excellent et il est destiné aux danseurs avec toujours cette machine musicale, cette mécanique, ce Tumbao qui rend irrépressible l’envie de danser et de faire la fête.
Mecanica Nacional ! Il faut avouer que les « peña » le Tumbao Habana à La Havane sont probablement les plus sympathiques, et parmi les plus endiablées et animées d’une incroyable complicité avec un public populaire, simple mais aussi déchainé ! Jusqu’il n’y a pas si longtemps, Tumbao Habana faisaient tous les Vendredis les belles heures des matinées du Cafe Cantante, sous le Teatro Nacional, Plaza de la Revolucion a La Havane.
Cet orchestre a déjà sorti deux disques qui ont marqué leur époque : Le premier opus, sorti en 2000, est appelé tout simplement « Tumbao Habana » avec les succès « Fefa la Oriental », « Relacion Internacional » et l’hymne de Tumbao Habana « Lo Que Te Paso Conmigo ».
Il fut imprégné de Son, de Timba et de Jazz sous les bons auspices de Joaquin Betancourt et il introduisait la voix emblématique de Tumbao Habana, celle d’Osvaldo Mendoza, aux côtés de Orlando Miguel.
Le deuxième CD, un bijou, ce « Ese Huevo Quiere Sal », issu en 2003, est un genre de manifeste esthétique ou de nombreux genres musicaux cubains sont représentés, comme le Son, la Rumba, le Mambo, la Salsa, le Boléro ou la Ballada, le Reggae, mais quasi tous finissent par être interprétés en Timba.
Pascualito assume dans ce CD une grande maitrise et une grande maturité, ou l’objectif est toujours inspirer le public, le danseur tout en magnifiant la « Cubania ». Il impose un style où le Son et la Rumba reste très présents alors que l’interprétation reste très moderne, citadine et populaire. Osvaldo Mendoza est accompagné de Norberto Gomez, aujourd’hui chez Pupy y Los Que Son, après un passage chez Maikel Blanco y su Salsa Mayor, Lazaro Diaz et Julio Cesar Bouza.
Le groupe de base reste quasi inchangé avec Pedro Macias au Piano, Gilberto Acen aux Congas, Denis Ramirez aux Timbales, René Leonard au Güiro, Manfrido Perez à la trompette.
Pascualito introduit toutefois un Trombone avec Yamir Rivero, un autre trompettiste, Reiner Oliva et un nouveau bassiste, Jorge « El Mango » Martinez.
Le Mambo de Perez Prado « Mambo Jambo », est réinterprété en Timba et Rap avec un clin d’œil à Radio Reloj au debut et avec un solo de Timbales de Monsieur Jose Luis Quintana alias « Changuito » – El Misterioso.
Les reprises du Son “El Cuarto De Tula”, du Bolero « Veinte Anos » ou du Guaguanco “Sabanas Blancas” avec Jose Luis Cortes et Sixto Llorente “El Indio” sont tout simplement brillantes et inspirées.
Les thèmes “Ya Llegue”, “Este es mi pasillo”, “El Feo” sont de grands succès qui représentent bien le style de Tumbao Habana, un style où la basse, les percussions, le Tumbao sont puissants, les chœurs sont graves et ‘macho’, où la voix du chanteur soliste, plus claire ou aigue et légèrement nasillarde, harangue le public, ou les Mambos de cuivres syncopés impriment la Rumba. Ces cuivres sont obsédants, rythmiques avec des sonorités souvent surprenantes, parfois pachydermiques, et parfois légèrement dissonantes. Tumbao Habana joue une Timba intelligente, ou la musique épicée respire afin que le danseur puisse a la fois partager avec l’orchestre et avec sa partenaire ces morceaux souvent amusants, ou le Tumbao , la Mecanica prédomine !
Jamais ils ne se prennent au sérieux mais au contraire ils restent populaires, ‘guapos’, près de la ‘Calle’, de su ‘Pasillo’ et la musicalité est toujours présente, surprenante, inspirée et tournée vers le danseur. Les arrangements placent toujours des clins d’œil, des références, des surprises qui font de cette musique un trésor pour le danseur espiègle ou le mélomane à l’affut de pépites.
Les sujets d’inspiration sont puisées dans la sagesse populaire, dans l’autodérision, dans les situations extrêmes, voire cocasses de la vie quotidienne a Cuba.
Pascualito ne manque jamais d’interpréter quelque thèmes romantiques comme « Ella » ou « Ama » car comme chacun sait l’agressivité de sa Timba est joyeuse mais la « Musique adoucit les mœurs » !
PREPAREZ VOUS ! TUMBAO HABANA REVIENT EN FORCE et LE MAMBO EST DUR ! UN MAMBO DURISSIMO ! Le disque devait sortir en Mars mais est finalement sorti en Novembre 2009. 13 Titres excellents constituent ce « Mambo Duro » qui va faire date dans les discographies cubaines.
Pascualito presente « MAMBO DURO »
Pascualito Cabrejas et Tumbao Habana nous livrent encore une Timba très dansante, inspirée, abordant parfois des thèmes plus graves mais où la musique garde toute sa joie, sa fraicheur, son inventivité et les danseurs devraient être encore plus content car la place qui leur est réservée est de premier choix !
L’orchestre a vu quelques changements car Norberto Gomez est parti chez Salsa Mayor puis chez Pupy y Los Que Son Son. La voix historique de Tumbao Habana, Osvaldo Mendoza poursuit une carrière en solo. Michel Perez a fait un passage chez Pascualito avant de passer chez la Charanga Forever puis chez Pupy y Los Que Son Son. Le jeune Ronnys (Ronnys A. Lopez Salas) a aussi fait ses armes avec Tumbao Habana avant de remplacer Alain Daniel comme vedette de Bamboleo aux côtés de Tanja Pantoja… Qui dira que Tumbao Habana n’est pas une école de grands talents ?
Toutefois Pascualito a su à chaque fois renouveler avantageusement sa première ligne avec Emilio Frias, Julio César Bouza (Julito), Luis Alberto Castro (Luisito) et Reinier ‘El Moro’ Ojeda Torres.
Emilio
Luisito
Les musiciens sont désormais : Arnaldo Gonzalez – Bajo Pedro Macias au Piano
Pedro Macias (piano)
Oslien Borroto (Congas)
Lazaro Averof (Timbales)
Rene Leonard – Guiro
Santiago Laszo – saxophone Carlos Abreu – Trombonne Ricardo Caboverde & Isidro Duran – Trompettes
Francisco Carbonell – Claviers et Arrangements
Notons toutefois les invités de prestige qui ont participé à ce « MamboDuro » :
Rolando Salgado “El Niño” / Afro-Cuban All Stars, Felix Baloy & Candido Fabre – Bongo ( “La Luna” – No me conformo ) José Luis Cortes / NG La Banda – Flute (“La Nena”) César Lopez / Habana Ensemble – Saxophone soprano (“Devuelveme la vida” ) Arlenys Rodriguez / NG La Banda – Voix (“Devuelveme la vida” ) Alexander Abreu / Habana D’Primera – Voix (“La Familia Cubana”) Rafael Duani / La Barriada – Choeur
Les succès inédits de Tumbao Habana Quelques grands succès de Tumbao Habana de ces 3 dernières années ne figurent pas sur ce CD, a savoir « Johana », « Super 12 » (en référence a l’émission de variété de la télévision cubaine, « Antes » une reprise romantique de Obie Bermudez, et le tube « Amanezco ».
Pascualito projettait de les inclure avec d’autres compositions comme “La Boca Divina”, “Pa mi gente buena (Party – Fiesta)”, “Cuanda a Varadero llegue”, sur un autre CD ‘en vivo’ pour la deuxième moitié de 2009 !… Il faudra probablement attendre 2010 😉
Tumbao Habana commencent ou terminent souvent leurs concerts par un thème emblématique de leur style, un refrain immédiatement reconnaissable ¡
Autrefois, c’était avec le Mambo de « Lo Que Te Paso Conmigo » qu’ils ouvraient et fermaient le bal.
Le dernier CD terminait avec ce Mambo et avec ce ‘coro’ « Soy Tumbao Habana » .
Le nouveau CD « Mambo Duro » semble introduire la suite en commençant par :
1. “Y tu quisieras saber” … Quien Soy Yo ?
La réponse évidente est dans l’épisode précédent : “Tumbao Habana ¡” Bien sûr !
Emilio rappe sur cette chanson un peu comme la dernière version de Pupy de « Calla Calla »
Luisito (Luis Alberto Castro) avec justement un timbre proche de celui de Pepito. Le coro “Y tu quisieras saber… Quien Soy Yo ? ” interpelle et appelle a une question profonde… Mais la réponse est bien plus légère, joyeuse !
Que paso, se te olvido El Tumbao lo pongo yo !
Tumbao Habana est de retour ! “Tumbao es el que canta ¡”
Ce morceau donne tout de suite le ton d’un album festif et dansant avec des compositions minutieusement calculées pour apporter par strates successives les elements d’une explosion musicale pleine de surprises toujours amenées discrètement. Ce Pascualito est un Maestro et ce Tumbao va s’imposer !
2. « Padrino » « Padrino » devint un grand succès des pistes de danse en quelques jours seulement ! Emilio chante cette chanson qui parle intelligemment de la religion et du « Padrino », le Babalao… C’est une chanson sur la foi. Le rythme y est haletant, le tumbao est puissant, l’orchestre se transforme en locomotive ou en rouleau compresseur (« la planadora ») ! Les chants Yoruba ou Abakua attirent notre attention et donnent une intensité très particulière à cet hommage à la religion, à la relation entre les cubains et leurs guides spirituels. Cette chanson est de surcroit interprétée de manière très sincère par un Santero initié à l’Abakua. « Pide Permiso » !
3. « La Familia Cubana » – Cette nouvelle version de cet hommage à l’ile de la musique, à l’ile de la solidarité, à l’ile des rêves, à la ‘Cubania’, nous offre une surprise avec Alexander Abreu au chant poétique!!! Les clins clin d’œil au « Manisero », à la « Guatanamera » ou à « Manteca » de Chano Pozo, nous rappellent l’ingéniosité des Mambos de Tumbao Habana en même temps que cette chanson célèbre Cuba et sa région orientale, si fertile à bien des égards. Cette chanson au rythme dansant mais plus modéré, enchante par son lyrisme, par le chœur et la chaleur transpirant dans les paroles et dans les voix. Il n’y a aucun doute que les couples, en dansant, chanteront à tue-tête cette chanson sur le dance-floor et que les fanatiques d’Alexander Abreu trouveront ici encore une pépite de son immense talent et de son œuvre pour la défense de la culture et de la musique cubaine aux côtés de Pascualito Cabrejas et de sa formidable machine « Tumbao Habana » !
4. « No hay como mi Son » – Le Son Montuno est ici dans toute sa splendeur, une version exceptionnelle de « Mi Son Mi Son Mi Son » de Lili Griñan Martinez. Le Piano s’y joue de manière surprenante mais bien sentie ! La modernité est de tous les instants, les bloques (breaks) et la manière dont les percussions retombe sur leurs pieds sont tout simplement hallucinants dans la mesure où la trame du Son ne se perd jamais. Un soupçon satirique de Reggeaton et une force sous-jacente et bien Timbera pour une interprétation qui respecte les standard du Son, cette manière de jouer droite, abrupte, avec un solo de flute, de trompette, un ‘Champola’ de saxophones appuyé par les trombones puis par les trompettes… Et alors entre ce Tumbao qui s’imprègne avec une saveur inégalée ! Bravo Pascualito ! Pa’l Monte ! Merci pour cet hommage aux illustres artiste de Guantanamo que vous êtes a l’instar du grand Lili Martinez !
5. « No me conformo » – Tumbao Habana nous amène en République Dominicaine pour une Bachata, bien romantique, très contemporaine, appuyée par une trompette en sourdine, dans laquelle la voix de Julio César Bouza emprunte des accents a Juan Luis Guerra pour chanter l’amour, l’éloignement et le manque, les appels téléphoniques et l’absence physique…
« Sufriré por yo tenerte Sufriré por abrazarte Sufriré Aunque tu hagas tantas y tantas llamadas En mi mente piense que estas ahi Sufriré Es que es asi Tu voz tan lejo de mi »
6. « Ella no tiene na’ » – Cette chanson aborde le thème de l’amour intéressé et de la suite logique qui en est la solitude. La flute donne un faux air de Charanga à ce morceau plus léger. Une chanson dont l’inspiration des paroles est finalement bien dans le style de l’ancienne Charanga Habanera. « Atrevida », « Mentirosa » sont les qualificatifs attribués à la principale protagoniste, la ‘muchachita’ qui dépasse les bornes… « Atrevimiento No ! ». La basse, par son un tumbao clair, transparent, conduit l’ensemble et ne laisse aucune autre issue au danseur que de se lancer sur la piste. Accompagné d’abord par des questions-réponses entre la flute et les trompettes mais ce sont finalement les Mambos de cuivres qui tirent cet attelage débridé soutenu toujours par une rythmique puissante, un piano martelé a la Juan-Carlos Gonzalez et un chanteur , Luisito, dont la chaleur et la pression n’est pas sans rappeler ‘Pepito’ ! La trompette de Ricardo Caboverde conclut le bouquet final !
“Ella no tiene na’ ”…
Mais nous… Si !
Trop de plaisir…
7. « Candela » « Candela » fait un petit clin d’œil au « Candela » d’Ibrahim Ferrer, au « Que le den Candela » de Celia Cruz, a Juana Bacallao, a Celeste Mendoza , et à « La Negra Tomasa (Bilongo) » mais c’est surtout une Timba bien enlevée, à la cadence rapide, avec une mélodie lyrique. La voix à la fois nasale et perçante de Emilio Frias enflamme cette chanson, lui insuffle une passion soutenue par une orchestration vive, des trompettes incisives, une Salsa très dansante, riches de références au Son cubain, évoluant alternativement entre des passages lyriques, animés par la tentation, à des passages plus percussifs. Le refrain à propos de cette ‘Negra’ rend ce morceau irrésistible, chaud, chaud … Candela ! Que tiene esta negra?
8. « Mambo Duro » – Ce titre qui a donné son nom au CD commence sur une note plus grave, plus profonde. Mambo Duro aborde la séparation, la distance, de la guerre et des maladies la difficulté de la vie a Cuba et en dehors de Cuba , de la crise mondiale et de la diaspora cubaine. Comment s’assumer seul, loin des siens ?…
« Al final se fue, logro lo que quería Pero recibí su email Donde me decía:
Estoy bien, pero como te extraño He pasado tantos días sin saber de ti Aquí todo esta diferente No conozco como viven la gente
Me levanto y me acuerdo pensando en ti ¡
Te dije no ha sido fácil Ni lo que esperaba No quiero hacer comparación Porque no estoy mal
Pero me hablan de los precios que han subido De la violencia y del hambre Que es testigo De la droga y de la corrupción De prostitucion y repatriación De la sequía que nos amenazan De enfermedades que se propagan De la vida que ya no es vida Y se preguntan porque ¿ …………….. ……………….. El Mambo esta duro ! Esta durísimo ¡ Y me pregunto porque ¿
Raspa, Raspa ? (Trabaja un poquito por aquí un poquito por allá) Y Ponle Chequende (Corazon) Y Dale Chaka Chaka (No coja lucha) »
Cette chanson commence sur un rythme endiablé mais passe peu après en Mambo , plus ancré dans la terre, apparemment plus lent, plus grave ! L’effet est assez similaire de celui du morceau « A Sancochar boniato » du Charangon d’Élito Revé. Cela donne une deuxième impulsion au morceau, ou plutôt un second souffle que les danseurs de Casino apprécieront et sur lequel ils pourront évoluer avec plus d’aise et de plaisir, après ce départ haletant. Le Mambo revient alors en force pour culminer a la fin.
9. “Devuelveme la vida (Pido Perdon)” – Cette chanson, une reprise d’une chanson espagnole reprise par Alejandro Sanz et Antonio Orosco, commence comme une ballade chantée par Julito puis évolue en une Salsa Romantique en duo avec Arlenys Rodriguez de NG La Banda. « Pido Perdón de la única forma de ser! » Je te demande pardon, de la unique manière qui soit ! Rends moi ma vie, que j’en ai besoin !
Le saxophone soprano de César Lopez virevolte et agrémente avec élégance ce thème plus aérien, en contrepoint a une rythmique finalement toujours ferme. Un duo bien senti, romantique, qui tranche avec le climat plutôt musclé de cet opus.
10. « No te rompas la cabeza » – Le mélange de la Salsa et du Reggeaton façon Tumbao Habana reste surtout une bonne Timba même si certains passages sont rappés. Les pistes de danse devraient adorer morceau bien cadencé, bien chaloupé, plein de ‘Bomba’ où les cuivres font petit à petit monter la pression, d’abord avec les trombones puis avec le trompettes qui se font plus insistantes. FIESTAAA ! Et ne te casse pas la tête plus longtemps ! Danse !
11. « De Que Lado Esta La Luna » – Pascualito, par la voix de Julio Cesar Bouza va ensuite chercher à décrocher la lune… Il nous livre une Salsa Romantique, poétique, une chanson en hommage à l’amour ou la Lune joue les entremetteuses. La magie de Tumbao Habana est qu’ils savent chanter l’amour sans tomber dans des interprétations mièvres, sirupeuses. Lyrique, sentimental, vibrant et jamais vulgaire ni faible ! L’Amour y est synonyme d’astre !
12. « La Nena » – Vous voulez du Tumbao ! Voila du Tumbao ! Cette Nena, cette nouvelle version d’un thème qui avait déjà enflammé les pistes de danses au printemps 2008, ne va pas décevoir les passionnés. Plus de flute encore ! Plus de Mambos ! Plus de breaks ! Plus de Tumbao Habana ! Plus de passion ! Luisito en quête de ce bébé, de cette femme idéale, belle et naturelle, qui l’aimera, le comprendra ! Cette femme va tomber du ciel ou la flute et les trompettes se rivalisent de virtuosité !
13. « Tema De Despedida » – Comme a son habitude Pascualito Cabrejas prend congé avec un Tumbao, un coro et un Mambo caractéristique de son style ! C’est avec celui du premier morceau, “Y tu quisieras saber”, qu’il boucle la boucle et qu’il nous donne rendez-vous !
TUMBAO HABANA avaient voyagé au Mexique, au Pérou et même au Japon mais ils sont finalement en Europe pour la première fois pour notre plus grand bonheur !
Ne manquez sous aucun prétexte cette MECANICA NACIONAL !
Au final d’une année exceptionnelle pour la Musica Cubana, Cesar “Pupy” Pedroso a largement dominé les FIESTA CUBANA AWARDS 2008 avec le Prix du Meilleur Album,le Prix de La Meilleure Chanson et Le Prix du Meilleur Chanteur, attribué à Armando « Mandy » Cantero, son chanteur vedette. Tanja Pantoja deBamboleo reçoit le Prix de la Meilleure Chanteuse pour la deuxième fois et l’incroyable Alexander Abreu reçoit le Prix de la Révélation de l’Année pour Habana D’Primera, une comète de la Timba. Elito Revé continue son histoire d’amour avec la France et Fiesta Cubana qui lui remet le Prix du Meilleur Concert, un prix très largement mérité ! Revenons en arrière pour comprendre !…
Tout vient a point a qui sait attendre et mieux vaut tard que jamais… LES FIESTA CUBANA AWARDS 2008 ont été décernés et remis à leurs heureux bénéficiaires lors de l’année 2009.
Revenons un moment en arrière et rappelons les concurrents et les résultats. Profitons-en pour rappeler à quel point rares sont les élus ayant pu être nominés et cela est dû pour ces quelques privilégiés à des années de labeur, à un talent énorme et à des critères rigoureux et objectifs de bon goût cubain, inscrits dans une tradition insondable. Rendons donc hommage aux participants ainsi qu’aux vainqueurs en mettant leur œuvre en lumière et en perspective.
MEILLEUR ALBUM DE L’ANNEE 2008
ASI SOY – ISSAC DELGADO 3% TRANQUILO QUE YO CONTROLO – PUPY Y LOS QUE SON SON 66% LA TIMBA SOY YO – SONEROS ALL STARS 13% ANDA PEGATE – MAIKEL BLANCO Y SU SALSA MAYOR 13% GOZANDO EN LA HABANA – ADALBERTO ALVAREZ Y SU SON 2% LO QUE QUIERO ES FIESTA – MARACA 3%
Nombre total de votes: 135
2008 a été une année exceptionnelle en terme de production musicale cubaine, tant sur le plan de la quantité que de la qualité.
« Tranquilo que yo controlo » de Pupy, « Solo Tu y Yo » de Klimax, « Anda Pegate » de Maikel Blanco y su Salsa Mayor, « Gozando en La Habana » d’ Adalberto Alvarez, « Fin del Juego » de Tirso Duarte, « La Timba Soy Yo » de Soneros All Stars, « Como Gato De Angora » de Michel Maza, “Havananza” de La Barriada, “50 Años” de Pedrito Calvo y La Nueva Justicia, “No Lo Puedo Evitar” de Anacaona, “Control” de Manolito y su Trabuco, “Asi Soy” d’Issac Delgado, “Lo Que Quiere Es Fiesta” de Maraca, “Di que piensas” de Tanja Pantoja, “Comuncacion” de Fito Reinoso, “Adiviname” de Chispa y Los Complices, “Es Tiempo” de Will Campa y La Gran Union, “Tal Como Soy” de Haila, “Cubano Cubano” de Yumuri, « Exceso de Equipaje » d’ Azucar Negra, “Sonido de Siempre” de l’Orquesta Aragon, “Mi Deseo” de Son Del Nene, “Ay como me sube” de El Zorro avec Angel Bonne et Mayito Rivera, “Disco Duro” de Br@ily’, “Lo que tu querías” de Gardi, “En mi la fe” de Dantes, “24 Kilates” de Los Angeles De La Habana, “Bajo La Piel” de Leonid Torres, “Timba de primera toma” de El Pikete, etc.…
Et ceci pour ne citer que les disques “Bailables”, à savoir destinés à la Salsa, à la danse Casino pour la plupart… Il est toujours difficile et injuste de faire une présélection de nominés… Pourquoi choisir tel artiste et écarter tel autre ? Pourquoi ne pas avoir présélectionné « Control » de Manolito y su Trabuco ou « Solo tu y yo » de Klimax ? Mais comment ne pas sélectionner les dernières œuvres d’Adalberto Alvarez, « el Caballero Del Son », Maraca, le plus français et populaire des musiciens cubains, Maikel Blanco après sa tournée triomphale dans nos régions, « El Chevere Del Salsa » Issac Delgado, probablement l’un des plus grands salseros de Cuba ? Il était aussi impensable de ne pas mettre au premier plan le travail exceptionnel de Cesar Pupy Pedroso et son directeur musical Roelvis « Bombon » Reyes pour les chefs-d’œuvre « Tranquilo que yo controlo » avec Los Que Son Son et « La timba Soy Yo » avec Soneros All Stars et Jane Bodgan.
Rappelons les œuvres sélectionnées.
ISSAC DELGADO – ASI SOY
Issac Delgado continue sa carrière en Floride, après le disque « En Primera Plana », profond, senti et excellent, et il revient avec un CD « Asi Soy » , une nouvelle affirmation de cet artiste exceptionnel, capable d’interpréter tous les registres cubains et même au-delà, s’associant avec les meilleurs et les plus influents musiciens Portoricains comme Sergio George, Jose Lugo ou Jorge Luis Piloto, et Cubains comme Amaury Gutierrez et Eddy K fraîchement débarqué de Cuba. Issac chante toujours avec cette voix de velours, ce calme au centre d’un cyclone musical. Il interprète la Salsa Romantica dans « No Vale La Pena » , Le Salsaton avec “La Fiesta”, la poésie ‘Cancionera’ d’Amaury Gutierrez dans “Perdoname Todo” et “Ajena”, sa Timba empruntée de Rumba poétique, un manifeste personnel ouvrant sa Cubanité sur le monde. Sa Timba, on la retrouve aussi dans une chanson désormais popularisée par Pupy y Los que Son Son, « La Bala de Billy » rebaptisée par son compositeur « Ni Con Bala Ni con Cañon ». Il se fait salsero charmeur avec son « Tu Tienes Magia » et son « Por Primera Vez » qui font immédiatement danser. Issac explore toujours des tumbaos intéressants, développe une mécanique qui lui est propre et bien reconnaissable sur « Se Fue, Adios » et « Tumbaito » ou la Salsa se fait plus incisive et virtuose…
PUPY Y LOS QUE SON SON – TRANQUILO QUE YO CONTROLO
Pupy y Los Que Son Son avaient préparé en grand secret un album historique, « Tranquilo Que Yo Controlo », qui explore les racines de la musique cubaine, le Son, le Son Montuno d’Arsenio Rodriguez avec « Vecina presteme el cubo » et le Danzon Beethovénien « Cuando Los Años Pasan – Casablanca » tout en proposant avec ses musiciens de nouvelles chansons explosives. Angel Bonne, l’ami de toujours de Pupy, signe une chanson magnifique, « Si Me Quieres Conocer » qui aurait certainement du être nominée pour la profondeur et la justesse de ses paroles et pour l’exceptionnelle interprétation qu’en a faite le grand Armando « Mandy » Cantero. Jose « Pepito » Gomez y annonce aussi de manière indirecte et espiègle son prochain départ pour les USA avec « Desde Cero »: « Estoy cansado, quiero comenzar mi vida de nuevo ! ». Mais c’est probablement avec « Un Poquito Al Reves » et « Se Parece Aquel » (une réponse de Pupy a Maikel Blanco) que Pepito enflamme les pistes de danse. Cet album contient aussi des succès largement installés dans le cœur comme la magnifique ode aux danseuses italiennes « A La Italiana » composée par Leonardo Teruel, le trompettiste, et interprétée par Mandy, et comme la nouvelle version de « Bailando Haste Fuera – La Machucadera » ou de « Calla Calla ». Le duo Leonardo Teruel et Mandy Cantero signent aussi « Ve Bajando » et « Nadie Puede Contra Eso ».
Cet album est historique à bien des égards : il marque une étape importante dans le développement du Son puissant et percussif de Pupy sous la houlette du directeur musical Roelvis. Ce disque est à la fois dansant et profond, musical et festif. Il restera aussi comme un disque charnière puisque Pepito et Mandy ainsi que Lily la chanteuse, Juan Carlos « Chocolate » et Leonardo Teruel, les trompettistes ont quitté Los que Son Son pour suivre leur destin en solo.
SONEROS ALL STARS – LA TIMBA SOY YO
Pupy et Roelvis sont aussi les architectes de la dernière œuvre de Janne « Yanesito » Bogdan et Soneros All Stars, « La Timba Soy Yo » ou Mandy et Pepito tiennent encore la vedette aux côtés du si particulier Pascual Ramos « El Sinsonte » de la Orquesta Revé et de Cristina Azcuy, une compagne Sonera de Pupy depuis son premier projet Los Que Son Son « Timba : the new generation of cuban music ». Cristina avait aussi collaboré avec Papi Oviedo, le très grand Tresero de la Orquesta Revé.
« Yanesito » est un tresero suédois qui avait déjà collaboré avec des membres de Los Van Van comme Samuel Formell, Boris Luna et des membres du Charangon comme Jorge Luis Villa et El Sinsonte sur le premier CD de Soneros All Stars où il fusionnait le Changűi, le Son et la Salsa avec un grand succès. Il revient en 2008 avec toute l’équipe de Pupy y Los Que Son Son.
Mandy ouvre cet œuvre en hommage au Son, au Son Traditionnel, au Son Montuno, au Son Afro et aux Conjuntos Negros, où le Tres prend une place prépondérante, le piano se fait droit et obsédant, où les cuivres accentuent cette musique percussive et syncopée, où les paroles puisent leur inspiration dans la grande tradition Sonera, dans la culture profonde de Cuba, entre poésie guajira, hommage à la musique de la terre de Cuba et religion afro-cubaine. Mandy se révèle ici à la fois grand Sonero sur « El Maraquero » avec une voix puissante et lyrique accompagnée de l’irremplaçable trompettiste Alexander Abreu et il se fait aussi grand Rumbero sur « Babalocha y Yalocha ». « Besos De Miel » de Maria Cristina Azcuy est peut-être la chanson la plus appréciée de celles chantées par Mandy pour la montée progressive de son intense interprétation sentimentale et son pouvoir dansant croissant.
Maria Cristina rend son vibrant hommage à la tradition classique et aux figures éternelles du Son Cubano avec « Gloria Eterna » et elle chante un bolero bien senti sur « Sali a buscar un corazon ». Maria Cristina Azcuy signe aussi pour Soneros All Stars « Conciencia » qu’elle interprète aux côtés du grand José « Pepito » Gomez. Un morceau profond, grave et intense où les 2 voix de géants s’unissent tour à tour entre unisson et dialogue qui finit par installer un tumbao irrésistible pour le danseur et une plateforme pour le talent de Pepito. Sur « De esa manera » la musique et le style de Pupy prennent toute leur ampleur.
Le Changűi, si cher à Janne Bogdan est magnifié par la voix de ‘petite vieille’ (Voz de Vieja) de La Orquesta Revé, par Pascual Ramos « El Sinsonte », qui est a nouveau invité sur cette nouvelle œuvre de Soneros All Stars pour chanter « Tumba, Bongo con Pailas » , un manifeste changuisero où la rumba de Guantanamo est ‘caliente’. El Sinsonte explose de virtuosité et d’inspiration au final avec « El Congo Francisco » sur un tempo rapide, un Tres accéléré, dévalant la Loma del Chivo à un rythme fou et haletant.
MAIKEL BLANCO Y SU SALSA MAYOR – ANDA PEGATE
Maikel Blanco y su Salsa Mayor reviennent finalement sous leur nouveau label « Planet Record » avec le CD « Anda y Pegate » après un divorce houleux d’avec le label « Envidia ». Juste après un tournée triomphale en Europe et notamment en France, Maikel surprend tout son monde en se débarrassant de Norisley « El Noro », Norberto Gomez et de Ricardito qui avaient mis le feu sur toutes les scènes. Il les remplace par Pavel Delgado, Yassel Ramos et Jose A. Rodriguez « Pepitin ». Maikel Blanco est aussi sous le feu de la critique à Cuba et à l’étranger : il est accusé de plagiat pour ses emprunts aux tumbaos et aux sonorités de Pupy, de Los Van Van et de Manolito y su Trabuco. Cesar ‘Pupy’ Pedroso lui répond satiriquement par la chanson « Se Parece Aquel » et Leonel Limonta compose « La Identidad » afin de monter à quel point Maikel Blanco en manque. Paradoxalement Manolito ne prend pas la mouche et collabore au nouveau projet de Maikel.
Le tube des pistes de danse « Anda y Pegate » avait déjà été enregistré par Ricardito et fut couronné de succès. Maikel le réenregistre avec une cadence un peu plus lente pour le CD. Il répond à toutes les critiques par « Debajo De La Balacera » qui ironiquement commence comme « Te Pone La Cabeza Mala » de Los Van Van mais qui restera malgré tout un grand succès. Il semblerait que le rôle de challenger va très bien à ce franc-tireur de Maikel. Sa version du standard de Son Montuno « Yo Como Candela », composé par le grand Felix Chappotin (et abusivement attribué à Maikel Blanco sur le CD), reste un bel exercice d’interprétation pour Salsa Mayor même si le solo de piano est joué par Manolito Simonet et non pas par Maikel. Le choix de ce Son vindicatif n’est certainement pas un hasard car le coro lance « No Te Metas, No Juegas Conmigo, Que Yo como Candela » et c’est sur que Maikel est dans un moment où il a besoin de prouver sa parfaite maîtrise du Son Montuno. Il répond aussi par « Si Le Gusta Repite » , sans complexe, accompagné de Gente D’Zona, pour faire passer sa sauce, sa papa, sa fusion, qui plait, qui plait aux midinettes et aux jeunes, un point c’est tout… malgré ceux qui voudraient l’éliminer. Avec « Adivina Papa », fini les revanches et c’est parti pour la danse, le jeu et la salsa.
La fête reprend son cour et Salsa Mayor, avec encore des accents Vanvaniens, rappelant « El Negro Esta Cocinando »… en passant par « Pupu Chan Chan » de la Revé… Il faut toujours un bon vieux fond de sauce pour réussir la prochaine, non ? Sur « Como yo Gozo y Retozo », Salsa Mayor retrouve les couleurs du CD “Recoge y Vete” avec la flûte aérienne, une cadence mesurée pour les couples de danseurs et l’inspiration romantique pour leur unir les cœurs. « Mi Destino » le rappelle encore plus clairement , Salsa Mayor c’est la « Maquina de Cuba », la même des succès antérieurs, avec les souvenirs de Maikel fait d’efforts, de lucha, mais aussi du destin, sans complication. Benny More, Benigno Echemendia sont pris en référence pour mieux nous faire danser même avec des paroles simplissimes et une mécanique trop huilée sans surprise. « Maricela » explore les chœurs différemment mais n’arrive pas vraiment à s’installer dans un climat ni à soulever les montagnes. « Bajito De Sal » est plus dansant, plus entraînant, plus conforme à la mécanique de ce groupe taillé pour la piste avec une douce montée en puissance intéressante et des breaks télégraphiés mais toujours efficaces. Sur « Deja La Luda » Maikel revient sur des sujets classiques de la Salsa Cubana, la jalousie des latinas et l’amour compliqué, surtout après son divorce , peut-être. Le même thème habite le succès « Quitate Que Vengo Volao », mais cette fois le protagoniste n’est plus prêt à faire tous les sacrifices. Plus réussi, plus chantant et plus dansant, ce morceau est pour la piste. Le CD se clôt avec une belle balade avec Coco Freeman, Sexto Sentido, Rogelio Napoles à la guitare. Au final, ce « Anda y Pegate » est bien arrivé et s’est bien accroché, même s’il a emprunté les recettes de nos étoiles de toujours comme Alexandre Abreu, Manolito, Pupy et de bien d’autres, dont Maikel Blanco lui même…
ADALBERTO ALVAREZ Y SU SON – GOZANDO EN LA HABANA
Adalberto Alvarez y su Son ont eux aussi reproduit une recette déjà bien connue, celle du succès avec de belles mélodies, des tumbaos clairs et une cadence concentrée à faire danser le Casinero. Le CD « Gozando En La Habana » vient 3 ans après l’historique CD « Mi Linda Habanera » qui avait enchanté le public avec « Mi Linda Habanera », « Un Pariente en el campo » et l’éternel « Y que tu quieres que te den ? ». Les protagonistes majeurs sont les mêmes, à savoir Adalberto à la direction, sa fille Dorgeris au piano, les chanteurs mi-sage comme Michel Gonzalez Poli, mi-fou comme Aldo Isidro Miranda Alvarez.
Yuraldys Lago Rozas, un petit nouveau, fera un bref passage, sous le pseudo « Pierre Richard » que lui décerne Adalberto, pour interpréter une salsa sentimentale voire romantica « Hasta aqui llego este amor » , une complainte classique où le style sonero d’Adalberto entre seulement au milieu de la chanson mais où les variations orientales de la fin ne créent finalement que très peu de surprise pour cette ‘maquina a bailar’ qui peine ici à se réinventer. Yuraldys, dit aussi ‘Yuri’, chante aussi « Que voy hacer si tes vas », un autre Son romantique pour le rôle sentimental initialement dévolu au touchant Cruz Issac Galix qui a désormais disparu du groupe pour composer à Palma Soriano, pour Original de Manzanillo et Yumuri. Yuri a un timbre plus affirmé, plus profond et une présence indiscutable sur scène mais il semblerait qu’il n’a pas fini par convaincre Adalberto puisque ce dernier n’a pas arrêté de tâtonner ces derniers temps pour le remplacer.
Adalberto a imposé sur la terre entière un style Sonero, proche de la salsa portoricaine, tout en défendant fermement les fondements du Son et de la culture cubaine. Si comme il le dit lui-même, « La Salsa n’est rien de plus que du concentré de tomates », et c’est le son la matrice, une formule élaborée pendant de nombreuses années par le Conjunto d’Adalberto de Camaguey à La Havane en passant par Santiago de Cuba et son Son 14.
Adalberto y su Son se définit comme une machine à danser, positionnée pour défendre la danse Casino, la Salsa cubaine, et elle le fait avec beaucoup de succès et de talent. Le revers de sa médaille est que cette canonnière a du mal à virer de bord, à tanguer et à changer de cap. Ceci explique peut-être le désir d’Adalberto d’arranger 2 medley, le ‘poupurrit de los 80’ et le ‘poupurrit de los 90’ , qui même s’ils sont brillamment interprétés de manière moderne et dansante, cache un certain manque d’inspiration. Il en va de même pour la fascination d’Adalberto pour les Son Montuno de Benigno Echemendia et les succès de la Orquesta Aragon. Adalberto avait déjà arrangé « Controlate » dans le CD « Mi Linda Habanera » et il arrange désormais le cultissime « Camina y Prende El Fogon » de Benigno Echemendia. Il va s’en dire que cette version reste brillante et exceptionnelle avec un solo de piano de Dorgeris dans la plus grande tradition des Conjuntos et un Aldo au chant, qui allume le four mais surtout le feu … Candela. Le Son Montuno reste très à la mode après cette version mais aussi « Pintate Los Labios Maria » de La Charanga Habanera.
Adalberto avait repris un succès de l’Aragon avec « Peguntame como estoy » ? Il revient cette fois-ci avec « Aprende Mucho », une composition de Dagoberto Gonzalez, l’un des brillants violonistes de L’Orquesta Aragon, chantée par leur chanteur Ernesto Bacallao accompagné d’Aldo et du frère d’Adalberto aussi au violon, Enrique Alvarez. La voix solennelle et profonde d’Ernesto Bacallao donne une couleur différente, intéressante, claire-obscure, grave a ce Conjunto d’ordinaire plus guilleret… come sur « Si no vas a bailar » qui conclut le CD sur le thème favori d’Adalberto, à savoir la Fiesta et la danse.
Les succès indéniables de ce nouvel opus sont « Gozando En La Habana » et « La Mania de Caridad », chantés par Michel Gonzalez, qui rappellent somme toute « Mi Linda Habanera » et « Para Bailar Casino » mais avec des arrangements nouveaux. « Amor de Mentira » chante par Aldo se joint à ces deux autres succès pour faire de ce CD une œuvre dédiée au ‘Bailador’, au danseur de Casino, avec les sonorités classiques et élégantes d’Adalberto y su Son, pour le meilleur et pour durer, même si l’on est rarement surpris par ce nouveau travail.
MARACA – LO QUE QUIERO ES FIESTA
La flûte enchantée nous revient, plus festive encore et toujours pleine de toutes les musique de Cuba. Maraca nous annonce … “Lo Que Quiero Es Fiesta” … Cubana bien sur ! Le Maestro Orlando ‘Maraca’ Valle a conquis la France avec un savant mélange de musique traditionnelle cubaine arrangée de manière moderne, intelligente, jazzistique tout en conservant la saveur originale de la Guaracha, de la Guarija, de l’Afro-Cubain avec un subtil soupçon de Timba. Toujours accompagné de musiciens hors pair, cette fois-ci encore avec l’explosif Jose Miguel Melendez (ex-Irakere) aux Timbales et au chant mais aussi avec le nouveau Lester Rojas qui a tenu fièrement la scène de La Seyne sur Mer et la dragée haute au Maestro Candido Fabré à Vence le 4 Août 2009.
Ce guateque maraquero commence sur les chapeaux de roues avec Lester Rojas inspiré par « Los Feos » et les Mambos de Maraca ou la flûte se mêlent aux cuivres pour un son voilé, original, la marque de fabrique ! « Sopla Maraca » ! Les Mambos de Maraca sont parfois répétitifs au fur et à mesure des albums et « Lo Digo Yo » commence avec ce stéréotype rapidement compensé par la voix de José Miguel et par un tumbao irrésistible. Maraca se risque avec un certain succès à la fusion de la Salsa avec le Reggaeton avec « Me Tiene Enamorao » , alternant entre passage Salsa, me rappelant parfois l’excellent Vitaly y su Timba Habanera, et des passages Reggaeton instrumentaux pour aboutir à du pire Maraca. La Flûte Enchantée et jazzy se révèle dans « Guajira para Mimi » avec un solo de flute grave, virtuose supporte par une basse obsessionnelle, la guitare entre jazz et funk de l’invite Elmer Ferrer.
Jose Miguel compose « Te Lo Llevaste to’ » un thème au style proche de la ‘moña’ de Carlos Manuel et du Clan de Pedro Camacho, une fusion tropicale entre Reggaeton, Timba, Merecumbia… On revient au Maraca de « Tremenda Rumba » avec « Mala Suerte » avec des cuivres renouvelés et un Lester à qui on ne la raconte pas. Puis José Miguel nous emmène à la ‘playa’ avec « El Verano » , gai, serein, moderne, avec un soupçon de Gospel, de Ragga, de Rumba , le tout se résolvant dans une machine salera sur laquelle virevolte la flûte d’Orlando.
Orlando excelle dans le Jazz, comme le prouve son Afro-Cuban Jazz Project et ses collaborations cosmopolites, éclectiques, virtuoses et sublimes à Caravana Cubana. Il nous offre encore une Descarga, « Descarga Dura », un genre rénové pour le danseur avec cette formation issue d’une Otra Vision.
La Guaperia Timbera de José Miguel s’exprime dans « Hasta Cuando » , une chanson rappelant les succès de Pepito avec Pupy et La Charanga Latina, une cadence pour le danseur, le Casino en force ! Lester lui emboîte le pas sur « Se Que Te Gusta » sur le même registre, Rumbero – Timbero – Casinero, « Negro Guapo y Faja’o », poussé par un orchestre à la fois subtil et puissant, installant en fine vagues successives le climat propice à la danse et l’ouïe fine. On ne s’arrête pas en si bon chemin avec le titre qui a donné son nom à l’album « Lo Que Quiero Es Fiesta.. » où Maraca dévoilent toutes ses couleurs en puissance, Reggaeton, Guaracha, Timba, Salsa Pa’l Fiestero.. Pa’ Que Baile La Fiesta Cubana !!!!!
On croit la fiesta finie quand retentissent les tambours, la voix del Nene , Pedro Lugo ! Con Sentimiento y Manana.. Maraca nous invite à la fiesta des fiestas.. Le « Guaguanco » magistral en hommage à Tata Guines, au compagnon de Maraca dans « Pasaporte » , le CD ‘diplomatique’ qui a fait d’Orlando Valle le plus grand des ambassadeurs de la Musique Cubaine.
CONCLUSION
Le Prix du Meilleur Album de l’Année 2008 a été remis a Pupy :
Le choix des internautes de Fiesta Cubana s’est massivement et naturellement porté sur « Tranquilo Que Yo Controlo » de Pupy y Los que Son Son. Un choix déterminé sans aucun doute par la qualité et la puissance musicale déployée dans cette œuvre magnifique. La plupart des chansons de ce CD ont enflammé les pistes de danse mais ont aussi enchanté les mélomanes qui y ont trouvé des pépites, des surprises, une musique à la fois bien ancrée dans la tradition du Son Montuno mais aussi dans la modernité de la Timba, percussive, explosive, brillante où la composition, les arrangements ont été travaillés de manière collective et continuelle afin d’atteindre une finition, une profondeur inégalée dans laquelle les tumbaos omniprésents de César Pedroso se font hypnotiques.
MEILLEURE CHANSON DE L’ANNEE 2008
CUANDO EL RIO SUENA – HAVANA D’ PRIMERA 7% UN POQUITO AL REVES – PUPY Y LOS QUE SON SON 34% ME MANTENGO – LOS VAN VAN 15% ANDA PEGATE – MAIKEL BLANCO Y SU SALSA MAYOR 30% LA HABANA ME LLAMA – MANOLITO Y SU TRABUCO 13%
Nombre total de votes : 137
Bien qu’à mon grand regret et à mon grand étonnement la chanson « Si Me Quiere Conocer » de Pupy fut pas nominée, elle reste pour moi, et de loin la meilleure chanson de 2008, tant sa construction, ses paroles et son interprétation par Mandy nous offrent un moment unique d’œuvre magistrale !
Peu importe car les chansons retenues furent de vrai succès des pistes de danse et des fiesta cubanas. « Cuando El Rio Suena » avait été l’une des révélations de ce nouvel orchestre hors norme qu’est Habana D’Primera. Cette chanson éditée en 2008 en avant-première dans des compilations Planet Records, commence par une intro jazzy-funky pour déverser ensuite une coulée de lave en fusion de percussions subtiles, complexes et fortes, de tumbaos et la voix hésitante, originale et immature, mais aussi puissante et pleine de cœur, celle du Bouddha de la Timba, Alexander Abreu. « Un Poquito Al Reves » est chantée par le Samouraï de la Timba cubaine, Jose « Pepito » Gomez car sa voix intense fend l’air en deux comme un sabre affûté. Cette chanson fut un immense succès immédiat, dès sa sortie, à la manière de « La Borrachera » ou la voix de Pepito et le Tumbao obsédant de Pupy emportent tout. La cadence mesurée de cette chanson puissante en a fait rapidement l’alliée des danseurs de même qu’une introduction courte où le ton dansant est tout de suite donné. Pas étonnant que Pupy ait baptisé son opus avec le dernier refrain qui reste sur toutes les lèvres « Tranquilo Que Yo Controlo ». « Me Mantengo » était aussi sorti en avant-première en 2008, sur des compilations Planet Records, avant la sortie officielle de « Arrasando » de Los Van Van. Cette chanson fut aussitôt un succès des pistes de danse avec elle aussi un refrain inoubliable « No Me Cambie La Emisora » . El Lele développe tout son grand art d’animateur et d’harangueur des foules. Sa voix inimitable parle directement aux cubains comme aux danseurs et les violons de Los Van Van magnifient la mélodie, le tout dans une œuvre lente et puissante, qui sans introduction se fait irrésistible avec ses trombones et ses refrains. « Anda y Pegate » , l’immense succès de Maikel Blanco retrouve une deuxième jeunesse avec ce nouvel enregistrement. Salsa Mayor réalise avec cette chanson le meilleur de son art, une Salsa festive et jubilatoire, un Son Moderno qui monte en puissance continuellement et qui reste toujours en harmonie avec les attentes des danseurs. « La Habana Me Llama » est une nouvelle ode de Ricardo Amaray, le chanteur de Manolito y su Trabuco aux charmes sensuels de La Havane. Les intonations légèrement américanisées d’Amaray mêlées à la maîtrise de Manolito entre mélodies des Charangas et puissance rythmique des Conjuntos font de cette œuvre une chanson intense, swinguante et brillante, ne laissant d’autre choix au danseur que de fouler la piste et d’y laisser sa sueur joyeuse et inspirée.
CONCLUSION
Le public de Fiesta Cubana a hésité entre “Un Poquito Al Revés” de Pupy y Los Que Son Son et “Anda y Pegate” de Maikel Blanco y su Salsa Mayor, laissant les autres nominés à distance. La folie douce qui a envahi le cœur des spectateurs des concerts de Salsa Mayor a laissé des traces, tout autant que les merveilleux moments passés sur les pistes de danse grâce à cette Maquina de Cuba, toute dévouée au danseur, au risque de sacrifier parfois la profondeur. Tout cela contribue à une inertie de popularité en faveur de Maikel Blanco qui sera finalement dépassé par son Maitre, Cesar « Pupy » Pedro, et Los Que Son Son, qui viennent avec une musique plus difficile, plus complexe, plus sombre, plus profonde, avec une nouvelle proposition puisée très loin… mais appuyée par la voix de tueur de Pepito, un refrain à coller sur les lèvres et le piano du magicien de Pogolotti.
PEPITO et PUPY y LOS QUE SON SON : « Un Poquito Al Reves » Meilleure Chanson de l’Annee
MEILLEUR CONCERT DE L’ANNEE 2008
CALLE REAL (Paris) 17% ELIO REVE Y SU CHARANGON (Rennes) 56% LOS VAN VAN ( Toulouse , Marseillan) 9% ELIO REVE vs MANOLITO (Paris) 14% PUPY Y LOS QUE SON SON (La Seyne sur Mer) 4%
Nombre total de votes: 108
Difficile de juger objectivement un concert tant il s’agit là d’une expérience personnelle, sensuelle et forcément subjective tant la force des sentiments est exaltée lors de ces moments par le spectacle, les lumières, la puissance sonore et percussive, par l’engouement populaire et les amitiés qui se nouent dans la joie et la sueur. Les fausses notes et les déviations rythmiques sont gommées par l’excitation du moment et la spontanéité des échanges.
Il y a pourtant eu une large unanimité, sans appel, pour élire le concert de Elio Revé y su Charangon à Rennes comme le meilleur concert de l’année 2008 et pour cause. Précédé par la présentation de notre ami et puits de science, Claudion, le concert fut une communion de folie, d’amour et de complicité entre un peuple de mélomanes danseurs et ses idoles. Elito Revé et la France, c’est une histoire d’amour qui a commencé en suisse à Zurich où la majorité des suisses allemands ont été submergés par la passion de quelques gaulois irréductibles, fanatiques du Charangon ! Depuis chacun des concerts de La Revé en France ont été une messe, une cérémonie, une communion pour la religion du Changui. Les spectateurs connaissaient les paroles par cœurs et chantaient à tue-tête dans un déchaînement de Tembleque et de Despelote, ces mouvements syncopés des corps des danseurs en transe. Les astres étaient alignés cette nuit à Rennes, où plusieurs centaines de festivaliers et quelques fêtards de toute la France (voire du Mexique) s’étaient réunis pour un moment historique, le dernier concert de la tournée triomphale de la Revé en Europe, le lancement du site officiel de www.orquestareve.net et la publication de l’interview exclusive d’Elito Revé sur www.fiestacubana.net.
Partageons ce moment ou nous annoncions à Elito son Prix !
MEILLEUR CHANTEUR DE L’ANNEE
PEPITO GOMEZ 24% DAGOBERTO VAZQUEZ 18% ALEXANDER ABREU 15% MANDY CANTERO 36% EL SINSONTE 8%
Nombre total de votes: 117
Les choix des nominés pour le Meilleur Chanteur de l’Année 2008 reflète très bien la mélomanie des membres de Fiesta Cubana et leur amour pour 3 orchestres qui tiennent le haut de l’affiche dans leur cœur : Pupy y Los Que Son Son, Elito Reve y su Charangon et Alexandre Abreu y su Habana D’Primera.
Le point commun entre ces 5 chanteurs est probablement l’absolue générosité scénique de ces vocalistes exceptionnels et au cœur sans bornes. Toutefois ils se distinguent par leur technicité, leur coffre alors que d’autres par leur timbre si particulier ou leur inspiration si originale.
Pupy avait choisi un trio de quasi inconnus mais tellement exceptionnels en 2001, lorsqu’il fondait Los Que Son Son. Exit Tirso parti faire sa carrière solo, cherchant la solution artistique et commerciale entre Timba et Reggaeton. Il restait donc Jose « Pepito » Gomez, le Samourai de la voix ! Ceux qui ont vu le retour de Pepito dans Los Que Son Son à Montpellier se rappellent à quel point sa voix aiguisée comme un sabre peut pourfendre l’air ! La Borrachera reste comme l’un de ses succès les plus connus mais son retour avec « Un Poquito A Reves – Tranquilo Que Yo Controlo » ou « Parece Aquel » restera comme parmi ses plus belles interprétations et le prophétique « Desde Cero » est immanquablement historique… depuis il vit a New York.
Il restait aussi Armando « Mandy » Cantero, celui qui de Los Papines et Bamboleo à Pupy est passé du statut de Timbero au statut de Sonero, avec un grand S… De la trempe des plus grands, capable de tout interpréter avec profondeur, puissance, esprit et génie. « Si Me Quieres Conocer » restera son chef-d’œuvre alors que « A La Italiana » et La « Machucadera » sont encore des succès de la piste. Son « Ve Bajando » était aussi prémonitoire… Recoge los Chelis ! Et il est parti lui aussi…
La place que chacun de ces 2 là ont laissée reste toujours immense, même pour 4 chanteurs !
Dagoberto Vasquez et Pascual Ramos « El Sinsonte » sont les voix du Charangon d’Elio Revé.
Dagoberto interprète la plupart des tubes de La Revé, parmi lesquels « Fresquecito » et « El Dinero » alors que El Sinsonte joue un rôle essentiel dans la sonorité du Charangon, la ‘voix de petite vieille’ ( la Voz de Vieja). Il est aussi celui qui enflamme les concerts du Charangon avec le tube éternel « Mi Salsa Tiene Sandunga » ! Son intervention dans Soneros All Stars et dans Sama y Expreso de Oriente font de lui désormais un chanteur à succès !
Alexander Abreu est avant tout un trompettiste et un musicien au sens large, sans jeu de mot relatif a son embonpoint. Lorsqu’il se lance dans le chant, c’est avec l’expérience de Grupo Danson, au Danemark où il réalise enfin son projet créatif et formule le désir de diriger son propre orchestre afin d’accoucher des ses visions musicales, son « Mi Musica » et son « Resumen de Los 90 » qui témoignent de son manifeste musical. Sa voix finit par s’adapter et sa ‘Bomba’, son inspiration artistique, sa puissance créatrice et interprétative, ses fulgurances mélodiques et rythmiques, sa générosité compensent très largement ses limitations vocales. Un piège dans lequel il enferme Habana D’Primera car son talent expressif ne laisse aucune place pour un autre chanteur.
MANDY : Meilleur Chanteur 2008
Le public de Fiesta Cubana a finalement élu Armando « Mandy » Cantero, avec une avance raisonnable sur son concurrent de toujours, José « Pepito » Gomez.
Ce choix s’explique probablement par la variété des interprétations que Mandy nous a offertes au travers du répertoire de « Pupy y Los Que Son Son », de « Soneros All Stars » mais aussi de « Los Ases De La Timba » et d’ « Orlando Canto » …. alors que Pepito avait déjà gagné le prix équivalent l’année précédente.
Et voici la petite cérémonie de remise du FIESTA CUBANA AWARDS Meilleur Chanteur 2008 :
MEILLEURE CHANTEUSE DE L’ANNEE 2008
TANIA PANTOJA 52% HAILA MOMPIE 7% YENI VALDES 23% AILYN DALLERAN 33% CRISTINA AZCUY 14%
Nombre total de votes: 107
A mon humble avis, la personne que nous aurions du honorer pour 2008, aurait dû être la très grande ‘Novia Del Filin’ convertie en Reina De Los Timberos en 2008 , je veux parler de l’immense Omara Portuondo pour ses contributions « Solo tu y Yo » de Klimax, un thème compose par le père de Giraldo Piloto et qu’elle chantait déjà dans les années 60 mais aussi pour son intervention sur le CD d’Anacaona, « No Lo Puedo Evitar » et l’exceptionnel « Vecina, Presteme El Cubo » avec Pupy y Los Que Son Son.
Nous retrouvons malgré tout en 2008, 5 chanteuses de grand talent, dont 3 que l’on compte depuis longtemps parmi les quelques divas de la Timba… Rappelons que Vania, ex-Bamboleo, ne participe plus depuis quelques années à de projets timberos mais se concentre sur une carrière solo de Boleriste et Sonera.
Yeni Valdes continue d’apporter à Los Van Van une couleur plus douce, romantique avec le tube « Despues de Todo » qui a fait chavirer le cœur des cubains… Yeni a polie son image, qui fut bien plus populaire, plus provocante, plus ‘guapa’ dans NG La Banda ou même avec son premier succès « Mi Mimi » aux côtés de Juan Formell. Mais pour Yeni 2008 ne fut pas une année exceptionnelle, au cours de laquelle aucun morceau nouveau ne lui a été confié… Elle a continué sur la lancée de ses succès antérieurs.
Haila (Maria) Mompie a quant à elle décidé de faire une carrière en solo, en contrat avec Bis Music, d’abord sous les auspices d’Issac Delgado et ensuite de Juan Manuel Cerruto, puis sous la houlette de David Calzado et d’Aned Mota, son mari. Apres un album très Pop Latino, « Diferente », sorti en 2004, elle revient en 2008 avec une formule similaire, des compositions d’Osmani Collado (fils d’Alvaro Collado, Tromboniste de Los Van Van et brillant compositeur, clavier et saxophoniste de La Charanga Habanera), d’Alain Daniel (ex chanteur de Bamboleo en carriere solo), de Ricardo Amaray (chanteur de Manolito y su Trabuco), de Leonid Torres (ex-chanteur de La Charanga Habanera en carrier solo), de Pedro Camacho (directeur et pianiste de ‘El Clan’), d’Alberto Pujol et de Pedro Dikan. Cet album est probablement plus réussi, plus dansant… probablement grâce à des morceaux de Candido Fabre « Una Loca Como Yo » et d’Aned Mota « Dile a Cupido » qui la rapprochent de son public cubain.
Cette diva de la Farandula a toujours une voix unique, digne héritière de Celia Cruz, elle suit la vague de la Pop, de la Moña, de la mode afin de trouver un destin propre, après sa gloire auprès de Bamboleo et Azucar Negra…
Tanja (Esther) Pantoja est indiscutablement la chanteuse la plus controversée et la plus dingue de ces divas de la timba. C’est probablement la seule qui soit restée Timbera, populaire, un brin vulgaire, pleine de fantaisie et d’imagination, de la provocation à revendre, c’est elle qui domine .. Elle domine son groupe « Bamboleo », la scène, La Havane… Ne dit-elle pas elle-même « Yo soy la que pone La Habana de pie » ?
Tanja a débute dans Lady Salsa.. Elle rentre dans Azucar Negra sur recommandation d’Haila en 2000, suite à la grossesse du fils que cette diva eu avec Aned Mota. A cette époque personne ne connait Tanja, tellement la popularité d’Haila avec Leonel Limonta est importante. Tanja devra faire sa place malgré un répertoire taillé pour Haila. Mais Tanja a une rage intérieure, une ambition débordante qui va emporter Azucar Negra vers de nouveaux sommets. Etonnamment Limonta ne pourra pas enregistrer sa voix comme protagoniste principal d’un CD propre à cette étoile filante. Elle s’impose avec « 2 de Azucar y 3 de Cafe » qui sera son premier succès en dehors des chansons dédiées à Haila comme « Hoy Me Inclino » et « Andar Andando ». Cette chanson sera finalement enregistrée par Biunaikis Marquetti sur le CD « Sin Mirar Atras ».
Le destin de Tanja était inévitablement de chanter pour Bamboleo. Fruit défendu d’une rupture non cicatrisée entre Leonel Limonta et Lazarito Valdes, Tanja quitte son Pygmalion pour faire renaître, tel le Phénix, un Bamboleo cherchant son fil d’Ariane et surtout sa Muse dévastatrice. Tanja passe du monde lumineux d’Azucar Negra au Clair Obscur, aux ténèbres de Bamboleo et elle va travailler d’arrache pied pour s’élever au niveau musical de cet orchestre de tueur à gages. Depuis 2003-2004, années après années, Tanja s’impose en tant que chanteuse, interprète et maîtresse de cérémonie sur une scène qui lui devient petit à petit trop petite alors que la salle en contrebas qu’elle a déchainé l’appelle et la rappelle.
Tanja est devenue avec « Todo Lo Bonito », « El Virus », « Fiebre », « Sueno de Crista », « Atrevimiento » (thèmes sortis respectivement sur les CDs “Todo Lo Bonito” et “Mi Verdad”) l’impératrice de La Farandula de La Havane, impératrice d’un opéra-bouffe et décadent ou se mélangent la Guaracha du 3eme millénaire et la virtuosité de Lazarito Valdes et Bamboleo qui réinvente la Timba, la Salsa Funky, et qui sont parmi les quelques rares orchestres à Cuba capables de rivaliser avec les Reggaetoneros.
Tanja est au centre de cette renaissance ! Tanja avec un T comme Tsunami, qui avec « La Que Manda », « Los Guapos » et « La Domadora » (ces 3 thèmes sont sortis sur des compilations Planet Records) emporte tout sur son passage…
Et elle emporte une fois de plus le FIESTA CUBANA AWARDS 2008 de La Meilleure Chanteuse.
Aylin Dallera Murgas est celle que Limonta a choisie pour remplacer Tanja Pantoja dans Azucar Negra et projeter cet orchestre vers de nouveaux succès avec une voix féminine forte et sensuelle à la fois. A l’instar de Tanja pour Bamboleo, Aylin travaille très dur et prend petit à petit confiance. Sa voix s’affirme, sa présence scénique et sa personnalité se révèlent. Nombreux sont les fidèles de Fiesta Cubana qui ont succombé à son charme et à sa voix. Elle enregistre avec Limonta les 3 derniers CDs « Sin Mirar Atras », « Toque Natural » et « Exceso de Equipaje » chez EGREM.
Son premier succès populaire personnel sera très certainement « El Estres » suivi par « Que Le Pasa Con Las Mujeres », une réponse à « La Que Manda » de Tanja » et « Con un canto al pecho », la reprise très réussie du succès composé par Limonta pour Haila dans Bamboleo. Aylin est le Joker, le Joker de Limonta, pour donner la réplique à cette interminable saga timbera entre Bamboleo et Azucar Negra. Et cette petite femme relève le défi avec énormément de talent et de sagesse. Bonne chance Aylin.
Maria Cristina Azcuy Garcia est la voix Sonera de Pupy et de Janne Bogdan. Elle enregistre un CD en solo, produit par Janne Bogdan et ses Soneros All Stars. Elle enregistre aussi en tant qu’invitée sur le CD « Bana Congo » de Papa Noel et Papi Oviedo et sur « Encuentro entre Soneros » de Papi Oviedo. Elle chante aussi la toute première version de « El Gato No Araña » de Pupy y Los Que Son Son sur le CD expérimental « Timba : New Generation of Cuban Music ». Son répertoire est très ancré dans le Son Traditionnel, le Son Montuno avec une voix lyrique, avec un léger vibrato, emprunte de solennité, de musique guajira et de classicisme sonero. Cette voix tranche et paraît rafraîchissante et profonde aux oreilles saturées de Timba. Cristina est une vraie chanteuse, simple, élégante, juste, posée et pleine de saveurs traditionnelles, aux racines profondes.
REVELATION DE L’ANNEE 2008
HAVANA D’ PRIMERA 68% LISANDRO Y SU TRATADO 16% AISAR Y EL EXPRESO DE CUBA 7% EL PIKETE 8% WILL CAMPA Y LA GRAN UNION 1%
Nombre total de votes: 101
ALEXANDER ABREU Y HABANA D’PRIMERA – Révélation de l’Année 2008
Le choix de la Révélation de l’Année 2009 est probablement un des sujets les plus controversé tant ces révélations sont restées obscures, pour ne pas dire inconnues du plus grand nombre. Aucune des révélations nominées n’a pu sortir son CD en 2008 ou n’a bénéficié d’un réseau de distribution permettant une commercialisation pour tous. Pas étonnant au final que le choix se soit porté massivement sur un orchestre ‘révélation’ de musiciens qui en sont beaucoup moins.
En effet Alexander Abreu et ses étoiles de musiciens sont certainement parmi les musiciens qui ont le plus enregistré dans toute l’histoire de la Salsa Cubaine mais il faut reconnaître que cet orchestre, en partie issu de celui d’Issac Delgado, quand il a quitté Cuba pour la Floride, réalise un tour de force en s’imposant a La Havane en moins d’un an comme l’un des meilleurs groupes de Cuba avec un répertoire original, puissant et couvert de succès.
Partageons ce moment ou nous annonçons à Alexander Abreu son FIESTA CUBANA AWARDS :
Aisar y el Expreso de Cuba, le projet personnel d’AisarHernandez, le bassiste et directeur musical de La Revé reste une maquette qui circule sous le manteau malgré un talent et une qualité qui ressusciterait n’importe quel danseur décédé ! El Pikete fit une apparition subreptice à Miami pour retourner dans l’oubli alors que Wil Campa, l’ex Chanteur de Maraca, peine à commercialiser son Projet ‘La Gran Union’. Seul, Lisandro y su Tratado, entre New York et Guantanamo réussit à se faire une place bien trop petite pour cet immense talent original, le Changui-Timba de New York qui se fraye un chemin grâce à quelques DJs aux grand cœur !
2008 et La Musique Cubaine Dansante
2008 a été pour la Musique Cubaine une année prolifique, pleine de questionnement sur son identité et ses racines, face a l’hégémonie du Reggaeton ! Certains sont allés rechercher les fondements du Son Montuno, comme César « Pupy » Pedroso, qui nous livre 2 chefs-d’œuvre cette année là, avec Los que Son Son et Soneros All Stars, en s’appuyant aussi sur des garants de la tradition comme Cristina Azcuy, Coto , le Tresero fou, Dagoberto Gonzalez, le violoniste d’Aragon et la grande Omara Portuondo.
Alexander Abreu émerge avec une proposition similaire, mais se concentre sur le style des débuts de la Timba, celui de la Elite, d’Issac Delgado, une Timba plus musicale et virtuose que populaire, facile voire obscène.
Il y eut des « tirs amis », des « friendly fires » entre Timberos, avec le procès en plagiat fait à Maikel Blanco par Pupy et Limonta. Tout ceci sur fond de recherche d’identité !
Manolito et Adalberto s’accrochent à leur style, sans grands bouleversements alors que Tirso Duarte recherche la cadrature du cercle, la fusion artistique et commerciale de la Timba avec le Reggaeton.
D’autre ne se sont pas préoccupés de tant de scrupules et ont suivi les attentes de leur public cubain, de la Moña et du Reggaeton pour les plus populaires des timberos, La Charanga Habanera, Pachito y su Kini Kini et Paulito FG. Yulien Oviedo est lui devenu 100% Reggeatonero.
2008 fut aussi le théâtre de nombreuses collaborations entre Timberos et Reggaetoneros. Gente D’Zona a confirmé sa suprématie et seul Tanja Pantoja de Bamboleo fut capable de lui tenir la dragée haute…
Car si Alexander Delgado de Gente D’Zona est un animal, Tanja de Bamboleo est sa dompteuse.. Sa Domadora !
On l’attendait depuis longtemps ce dernier opus de Dan Den, légendaire orchestre dirigé par le talentueux pianiste Juan Carlos Alfonso. » Fiestas de Cuba » est très attendu notamment par tous ceux qui, comme moi, reconnaissent en cet orchestre un rôle important dans la scène musicale cubaine et un » sabor » incomparable.
Depuis leur concert historique en 1988 lors des fêtes de Bejucal et grâce à leur tout aussi mythique premier disque » Siempre hay un ojo que te ve « …la magie continue d’opérer ! Le triomphe était immédiat à Bejucal, petit village de traditions festives, de congas » arrolladoras » et » campanitas » ; berceau de Juan Carlos Alfonso et de l’excellent chanteur Alfonsito Contreras.
La Havane était un défi pour eux. Ce n’était pas facile, particulièrement face à l’inévitable Van Van, à Ritmo Oriental, à Adalberto Alvarez, mais aussi à l’émergent N.G. La banda ou encore aux conjuntos Rumbavana, à Yaguarimù, à L’Opus 13 ; sans compter la rivalité avec la Revé, l’orchestre-mère dans lequel le même Juan Carlos Alfonso avait débuté. Ce qui lui a permis de lancer Dan Den. Pour avoir une idée de leur popularité, sachez que Dan Den détient toujours le record d’affluence du Salon Rosado de la Tropical, le temple de la danse à La Havane. Dans les années suivantes, leur son rencontre la salsa romantica, toujours très populaire en Colombie, au Mexique et au Pérou où l’orchestre continue à avoir un grand succès. Quand la salsa-balada se marie avec le son typique de l’orchestre un double répertoire s’impose, ce qui va inévitablement décevoir certains mais en réjouir d’autres. Dans ce disque, Juan Carlos Alfonso a choisi de présenter les deux âmes de l’orchestre avec 8 nouvelles compositions et 4 rééditions des classiques de son répertoire romantique. Qui sait, peut-être que quelqu’un aimerait bien réécouter les notes de cette chanson – maintenant un classique balada-salsa – parlant d' » un corps qui n’est pas fait de métal, de bois ou de carton » … Beaucoup d’autres penseront que cette démarche ressemble à un terrible » arroz con mango » comme on aurait dit à Cuba ! Pour les goûts existent les couleurs et Dan Den a décidé d’utiliser toute la palette !
Je voudrais mettre l’accent sur les nouveautés de ce disque, des titres inédits dont j’ai particulièrement aimé » Le inconformidad « , » Dejate de destacarte » et » Me obligaron a pensar asi « , tous composés par Juan Carlos Alfonso. On y trouve, en dépit de vingt ans d’existence, la même énergie du début de l’orchestre, un éclectisme musical et la force d’un son original conjugué à différents styles.
J’adore le goût de ses arrangements, la beauté de ses trombones, le tumbao inimitable de Juan Carlos Alfonso, la nouveauté de cette flûte charanguera formant un tissu avec le riff des trombones ; puis la belle voix de Barbara, une authentique sonera injustement sous-estimée, qui me rappelle à son tour la voix de Jaqueline Castellanos, un modèle pour la génération de Yeni, Haila et Tania.
» Fiestas de Cuba » est un disque à écouter avec plaisir et à apprécier comme la visite d’un ami resté longtemps loin de nous.
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