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The Lost City (Adieu Cuba)

The Lost City (Adieu Cuba)

Drame de Andy Garcia, Etats-Unis, Royaume-Uni, 2005, 143 minutes

ImageLa Havane, 1958. Fico Fellove, directeur d’un cabaret de La Havane, El Tropico, cherche à protéger sa famille et à faire vivre son établissement en dépit des troubles politiques qui affectent son pays : régime sanglant de Batista, puis dictature communiste de Fidel Castro. Mais Il sera finalement contraint à choisir le chemin de l’exil…

 

Adieu Cuba, dont le scénario a été écrit par l’écrivain exilé Guillermo Cabrera Infante, est d’abord l’histoire tragique d’une famille de la bourgeoisie cubaine cultivée, au départ heureuse et unie, mais progressivement détruite par le déroulement implacable de l’histoire. C’est aussi celle d’un homme droit et courageux, Fico, confronté à une tragédie qui le dépasse, et dont il cherche en vain à limiter les dégâts pour lui et les siens. C’est enfin une très belle et histoire d’amour qui unit le héros à sa belle-sœur Aurora, veuve de son frère abattu par la police de Batista, jusqu’à leur tragique séparation…

Le film juxtapose quatre plans : les événements historiques affectant Cuba, la vie de la famille Fellove, la romance entre Fico et Aurora, enfin la vie du Tropico. Ce dernier thème enchantera les amoureux de la musique et de la danse cubaine par sa très riche reconstitution de la vie d’un cabaret havanais de la grande époque : diners luxueux animés par des orchestres et des ballets, répétitions, mais aussi racket mafieux sous Batista puis répression obtuse de la part du pouvoir castriste, aboutissant finalement à la fermeture de l’établissement.

Malgré quelques invraisemblances secondaires (comme une intimité trop marquée de Fico avec les symboles des pouvoirs politiques successifs : policier en chef de Batista, puis Che Guevara, par ailleurs tous deux excellemment interprétés), Adieu Cuba est un très bon film, émouvant et crédible.

Fabrice Hatem

Pour plus de renseignements sur Adieu Cuba : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=49148.html

La última rumba de Papa Montero

La última rumba de Papa Montero

Image Drame musical d’Octavio Cortalzar, Cuba, 1992, 57 minutes

Une équipe de cinéastes hésite sur le scénario du film documentaire qu’ils veulent réaliser sur le folklore afro-cubain. Les réalisateurs choisissent finalement de raconter la légende de Papa Montero, fameux rumbero assassiné au cours d’un défilé de Carnaval. Mais entre réalité et fiction, la frontière est apparement bien mince….

 

La última rumba peut d’abord être vue comme un agréable documentaire sur le folkloreafro-cubain, illustré avec talent par les artistes du Conjunto folklorico Nacional de Cuba (CFN). L’assimilation de chacun des principaux personnages à un Santo (Chango, Oshun, Elegba…) permet de transmettre au néophyte l’essentiel de ce qu’il devrait savoir sur les mythes et les danses des Orishas. Des scènes de rue, filmées en décors réels, permettent de décliner les différentes formes d’expression populaire : Rumba avec ses trois styles (Yambu, Guaguanco, Columbia…), Congas, Cabildos de Carnaval, et même un peu de Son… Les explications de Rogelio Martínez Furé, fondateur du CFN nous rappellent les similitudes existant entre le folklore cubain et ceux des autres régions des Caraïbes, issus des mêmes phénomènes de métissage.

Voilà pour la partie documentaire certainement la plus intéressante de ce film. Quant à la fiction, La última rumba nous conte l’histoire de Papa Montero, un légendaire rumbero, fils de Chango et séducteur de jolies femmes, assassiné par un rival malheureux. Ceci permet d’introduire tout au long du film des scènes dansées participant au déroulement de l’intrigue. C’est ainsi qu’une bagarre au couteau se déroule sur un rythme de Columbia, tandis que Papa Montero est assassiné au milieu d’un défilé du Cabildo.

Mais, en vérité, on ne croit pas beaucoup à cette intrigue. L’équipe de tournage elle-même n’est semble-t-il pas très convaincue, au point qu’elle modifie le scénario au cours du film. Ce mélange entre réalité et fiction, cette mise en abyme de la réalisation de l’œuvre (le spectateur assistant à la fois à l’histoire et au tournage de celle-ci), constituent l’une des caractéristiques les plus déroutantes – mais aussi les plus séduisantes – de La última rumba.

Elle a cependant pour conséquence d’évacuer totalement l’émotion dramatique au profit d’une distanciation vaguement burlesque, puisque les réalisateurs eux-mêmes passent leur temps à nous montrer que ce qu’ils racontent n’est qu’une fiction dont ils ne sont pas très satisfaits. Jusqu’à ce que le dernière image du film nous suggère, dans un vertigineux renversement, qu’ils sont peut-être eux-mêmes manipulés par les personnages dont ils croient être en train d’inventer l’histoire…

Fabrice Hatem

Pour visionner ce documentaire : http://www.youtube.com/watch?v=PS8p6_xOlsI

El Benny

El Benny

Drame musical de Jorge Luis Sánchez, Cuba, 2006, 126 minutes

Image Cinquante ans après sa mort en 1963, le chanteur et directeur d’orchestre Benny Moré reste l’un des icônes les plus révérées de la musique populaire cubaine. Ce film nous conte sa vie et sa carrière en prenant comme point focal les dix dernières années de son existence- les plus fructueuses sur le plan artistique avec la formation de sa Banda Gigante – entrecoupées de nombreux flash-back sur sa jeunesse.

Un homme d’origine très modeste, et qui sut garder un contact privilégié avec l’âme populaire ; un personnage solaire, séduisant et généreux, mais progressivement détruit par d’alcool ; un artiste génial à l’énergie débordante, mais parfois peu fiable dans ses engagements : c’est ainsi que nous apparaît El Benny à travers ce film, d’une manière beaucoup plus saisissante que dans les ouvrages ou films documentaires que j’avais auparavant consultés sur lui.

 

Les deux approches sont d’ailleurs complémentaire : les biographies consacrées au chanteur (livre ou film) permettant de découvrir avec précision les étapes de son parcours artistique et personnel ; et la bio-fiction, de rentrer dans l’intimité d’un homme, avec ses joies, ses souffrances, ses amours, ses faiblesses, et surtout son charme immense. Dans les dernières minutes du film, la reconstruction fictionnelle se mélange d’ailleurs avec les documents d’archive pour nous faire ressentir l’immense émotion que provoqua sa mort au sein du peuple cubain.

L’image et la voix de Benny Moré sont si connues qu’une interprétation convaincante de son personnage constitue un redoutable défi pour un acteur. L’excellente prestation de Renny Arozarena dans le rôle titre n’en n’est que plus remarquable. L’acteur parvient en effet à restituer de manière très crédible l’allure, le jeu de scène et jusqu’aux tics de Benny, comme sa bouche légèrement tordue lorsqu’il chantait.

Saluons aussi l’excellente bande sonore du film, réalisées pour l’occasion, et qui permet de bien retrouver la sonorité de la Banda Gigante et de la voix du Benny (interprétée par Juan Manuel Villy Carbonell), dans les thèmes les plus emblématiques de son répertoire. Je suis cependant un peu surpris qu’une plus grande place n’ait pas été laissée aux véritables enregistrements d’époque, qui constituent tout de même un élément essentiel de cette histoire.

Le film vaut aussi par la très intéressante reconstitution historique de l’univers des cabarets latinos et cubains des années 1950, depuis les troquets de bas étage jusqu’aux casinos de luxe, avec sa faune d’entrepreneurs de spectacles aux allures de gangsters et de chanteuses plus ou moins entretenues. L’impact destructeur de la révolution cubaine sur ce milieu – et par conséquent sur le dynamisme de la vie musicale auquel il servait de creuset – est également très bien mis en lumière dans les dernières scènes du film.

Aller voir El Benny : vous apprendrez beaucoup sur la musique cubaine des années 1950 tout en passant un très bon moment.

Fabrice Hatem

Pour plus de renseignements : http://en.wikipedia.org/wiki/El_Benny

Pour visionner quelques extraits de ce film : http://www.youtube.com/watch?v=F3DUwENQh6E

Six piliers de la musique populaire cubaine

Six piliers de la musique populaire cubaine

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Son, Rumba, Trova, Danzon, Punto, Guajira : Il est parfois difficile au néophyte de s’orienter dans l’univers, foisonnant comme la forêt vierge, de la musique cubaine. Notre rédacteur Fabrice Hatem vous propose dans ce texte un guide introductif à plusieurs genres majeurs, basé sur les entretiens réalisés au cours de ses séjours à Cuba avec la chanteuse et musicologue Santiaguera Yaima.

Pour consulter cet article, cliquez sur le lien suivant : Yaima

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Nb : cet article ne prétend ni à l’exhaustivité ni à l’analyse des dynamiques d’interaction complexes qui ont relié au cours de l’histoire les différents genres de la musique cubaine. En particulier, il n’aborde pas le complexe afro-cubain et n’évoque que de manière marginale la salsa et surtout la timba. Sur ce dernier point, on pourra consulter d’autres articles du site Fiestacubana, notamment dans la section « découvrir ».

Par ailleurs, la classification en six catégories proposée dans l’article, utile pour permettre une présentation didactique des différents genres concernés, ne prétend évidemment pas fournir une clé d’analyse exclusive et définitive de la musique cubaine. Elle permet simplement de présenter, dans un ordre quelque peu arbitraire, quelques-uns des genres les plus importants de celle-ci.

Six piliers de la musique populaire cubaine

KOLA LOKA : La Pandemia sur le Reggaeton des villes et le Reggaeton des champs

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Lors de la remise de leurs prix le 21 Juillet 2012, KOLA LOKA nous ont accordé une interview exclusive ou ils nous ont parlé de leur parcours, de leur style, de leur nouvelle sonorité et de leurs projets…

Leur CD « Hay Kola Loka Pa’ Rato » vient de sortir officiellement chez Bis Music avec lequel ils viennent de remporter le prix Cubadisco 2012 dans la catégorie Reggaeton.

Ce groupe de Reggaeton s’est installé dans le paysage cubain depuis les succès de « No me da mi gana americana » et « la estafa del Babalawo » : ce succès est largement attribue au style campagnard, « guajiro » et cocasse de cette bande de 3 joyeux drilles qui ont su imposer une approche nouvelle, comique et paysanne à un genre désormais dominé par des acteurs urbains de la Capitale comme Gente D’Zona, El Micha ou Los 4.

Le vidéo clip « A La My Love » est aussi nominé au Prix LUCAS 2012.

Rien n’arrête la contagion de « La Pandemia », « l’épidémie », le surnom tout trouvé à ce groupe hors norme qui est passé du Reggaeton des Champs au Reggaeton des Villes pour pérenniser son succès largement mérité.

Leonel : « La Pandemia », « L’Epidemie » est arrivee en France.
Angel : Je voudrais d’abord envoyer un salut à nos amis d’Italie, de Cuba et de France et à tous les fanatiques de Kola Loka ! Nous sommes à Cannes, et nous sommes « La Pandemia », « L’Epidemie » est arrivée dans votre zone.
El Teacher : « L’Epidemie » est en France jejejejejeje
Leonel : on va clarifier tout ça ! Ce que vous ne savez pas c’est que « La Pandemia », « L’Epidemie », est le surnom de KOLA LOKA. Et KOLA LOKA est le Meilleur Groupe de Reggaeton de l’Année 2011, du moins celui qui a été élu Meilleur Groupe de Reggaeton de l’Année 2011 par le site de promotion de la Musique Cubaine www.fiestacubana.net.
El Teacher : FIESTA CUBANA est loe site qui fait bouger la Musique cubaine en France.
Leonel : Les Meilleurs de Meilleurs, KOLA LOKA en France !
Angel : Merci à tous nos fans, a tous ceux qui ont fait que nous puissions gagner ce prix si beau. C’est vrai que ça a été une grande surprise pour nous, jamais nous n’aurions pensé que cela aurait pu être possible. Merci de nous avoir accompagnés jusque-là pour vivre une telle expérience.
Robinson : Avant tout je voudrais vous dire que vous pouvez avoir confiance en KOLA LOKA parce que « Hay Kola Loka Pa’ Rato » (le nom du CD) , parce que Kola Loka est partout ! Et surtout parce que ce que tu ne peux pas attraper c’est
Tous ensemble : « La Pandemia », « L’Epidemie » ! Rrrrraa ! JAJAJAJAJAJAJA !
Leonel : Bon messieurs ! Il faut vous présenter ! Car les gens vous connaissent pour vous avoir entendu en discothèque, ils dansent sur vos morceaux, certains ont un l’opportunité et le privilège de vous voir à Toulouse il y a 2 ans et à Lyon.
El Teacher : ici il y a Robinson, le directeur du groupe, il y a Angelon et moi qu’on appelle « El Teacher »
Nous sommes les 3 vocalistes et il manque le DJ et l’équipe qui sont en train de préparer le concert de ce soir. Nous sommes de retour en France après 2 ans d’absence en Europe. Nous sommes de nouveau sur les routes ! Alors préparez-vous, les français, les cubains et les latinos ! Car « La Pandemia » va se répandre sur vous tous ! Cette année l’épidémie de Kola Loka est très forte. Nous arrivons avec beaucoup de nouveaux morceaux ! Connectez-vous à Youtube.com, cherchez nous sur Facebook ! Actualisez-vous car la Pandémie arrive avec virulence, directement de La Havane et pour le monde entier.
Leonel : « Teacher »apprends-moi une chose ! Le disque ? Comment s’appelle-t-il ?
El Teacher : Ce nouveau disque que nous venons de produire s’appelle « Hay Kola Loka Pa’Rato »
NDLR : rappelons qu’à Cuba, « Cola Loca » est une marque de colle comme serait Super Glue en France. Rappelons aussi qu’à Cuba, on dit qu’un morceau « se pega”, colle, quand il est populaire… D’où toute cette logique adhésive.
El Teacher : Ce disque a remporté le prix CUBADISCO 2012. C’est une autre joie que nous avons connu à Cuba.
Nous sommes en pleine promotion de ce disque. Nous y avons inclus des morceaux plus anciens et des nouveautés.
Mais nous sommes déjà en train de travailler à une nouvelle production qui n’a pas encore de noms. Nous avons donc des nouvelles munitions mises de côté et nous autres les « guajiros », les paysans, nous continuons de produire. Si bien que pour tous ceux qui nous suivent, nous vous préparons toujours le meilleur de nous-même. Alors restez branchés !
Leonel : « Attention ! L’Epidemie » est partout ! Vous avez fait ce disque chez BIS Music, n’est-ce pas ?
KOLA LOKA : Oui ! BIS Music !
Leonel : Donc vous pouvez l‘acheter sur www.cddifusion.fr sinon demandez à www.fiestacubana.net
Leonel : Vous avez un parcours assez long en fait. Vous venez de l’Oriente de Cuba. Vous venez de Guantanamo et de Santiago de Cuba, non ?
KOLA LOKA : exactement !
Leonel : Racontez-nous comment a commencé cette histoire ? J’ai vu une vidéo très célèbre ou vous vous lâchez dans l’improvisation vers Baracoa…
http://www.youtube.com/watch?v=EM2gODhPnjE
Angel : L’homme indiqué pour parler de ça c’est notre compagnon Robinson qui a été le fondateur du groupe…
Robinson : KOLA LOKA est né sur le 3eme front Oriental à Santiago de Cuba. Nous faisions notre service militaire, Angelon et moi, et puis voilà, pour nous divertir et pour tuer l’ennui, nous avons décidé de nous associer pour faire de la musique. Et grâce à la bonne réception que nous avons eue auprès du public, nous avons été quasiment obligés de nous lancer comme artistes.
Et je crois que depuis 2001 nous avons fait de notre mieux. Et puis voila
Ensuite en 2005 nous avons intégré « El Teacher » pour obtenir une nouvelle sonorité.
[Robinson se met à tousser]
Leonel : Ça c’est une épidémie !
Robinson : C’est l’émotion, j’ai commencé à devenir sentimental ! jajajajaja
Leonel : Là c’est le cœur !
Robinson : Ça me touche qu’on parle de ma musique et que les gens danse dessus !
Leonel : une des raisons de la bonne réception par le public c’est que votre premier style est « Guajiro », campagnard. Vous faites un Reggaeton dont la musique est plus influencée par le Reggae et dont les paroles et les intonations empruntent à la vie paysanne (de Cuba) et à la drôlerie.
El Teacher : Ce qui se passe c’est que La Musique de Kola Loka se caractérise par la fusion de la musique traditionnelle cubaine avec le Reggaeton. Cela nous a donné un style particulier et les paroles contiennent toujours des histoires pour que les gens reçoivent un message mais aussi pour qu’ils rient et qu’ils dansent. C’est la touche comique qu’a notre groupe ! Et c’est ça qui a permis que le public porte Kola Loka dans son cœur et qu’il aime autant notre musique. Que ce soit des enfants tout petits ou des personnes âgées. Que ce soit des médecins, des boulangers, des bouchers, Kola Loka plait à tout le monde. C’est l’objectif de notre musique qu’elle atteigne toutes les couches de la société.
C’est pour cela que nous sommes devenus si populaire, le tout avec des paroles respectueuses, mélodiques mais jamais vulgaires… Afin de délivrer un message frais au public,
Robinson : L’important c’est le respect envers nous-même comme artiste et le respect envers le public !
Leonel : C’est vrai mais il y a parfois des messages encore plus profonds… Un des morceaux les plus populaires de vos débuts a été « No me da mi gana americana », puis « La Estafa Del Babalawo » ! C’est très comique mais cela parle aussi d’une réalité sociale et culturelle à Cuba, non ?
Angelon : Nous essayons, avec un peu d’humour, de montrer aux gens la réalité de ce qu’ils vivent. Nous observons des choses qui se passent de manière quotidienne et nous les restituons avec cette touche comique. Ce sont des choses qui arrivent à tout le monde voire à nous-même. Je crois que c’est ça la recette de notre succès, En plus nous avons su défendre notre rythme de l’Oriente de Cuba, cette fusion du Changüi avec le Reggaeton, du Son avec le Reggaeton, toutes ces choses ont été pour ainsi dire nouvelles, ou plutôt différentes
El Teacher : Il faut aussi rappeler que le morceau de « La Estafa Del Babalawo » n’est pas écrit contre les Babalawos, bien au contraire. C’est un morceau qui s’adresse à certaines personnes qui utilise la religion à des fins lucratives. Ces personnes ne respectent pas la religion en tant que telle, mais l’utilise pour leur propre intérêt. Au final, le refrain dit « Respecte le Babalawo ». Ce n’est pas un manque de respect à la religion Yoruba, mais plutôt une parodie de ces personnes qui ne respectent pas la religion et qui abusent de la croyance des autres pour en tirer profit. Au final ce n’est pas contre les Babalawos, il faut le rappeler car pas mal de gens ont mal interprété cette chanson et se sont plaintes.
Leonel : Je crois que c’est clair, les gens l’ont bien compris et il me semble qu’il y a un fond véridique. En plus je peux vous assurer, en tant que connaisseur de la Farandula, que des personnes comme Leonel Limonta, un des parrains de la Timba, considèrent Kola Loka comme les nouveaux Timberos car c’est vous qui soulevez les thèmes de la chronique sociale, de la réalité sociale : pour cela je vous félicite…
Angelon : Merci beaucoup au Maestro et merci pour ce commentaire à notre égard.
Leonel : En définitive c’est ce succès qui vous a amené à La Havane ? Combien de temps êtes-vous restés à Santiago et Guantanamo ? Car maintenant vous êtes à La Havane, Non ?
Robinson : 7 ans ! Nous sommes restés populaire là-bas environ 7 ans loin des moyens de communication et de diffusion. En effet les personnes ne savaient pas qui était Kola Loka. Quand ils nous entendaient, ils pensaient que nous étions portoricains ou dominicains.
Leonel : C’est vrai que tu as l’air Boricua, ajajaja
Robinson : C’est clair ! hehehe ! Apres le succès de « No me da mi gana americana » nous avons tenté notre chance à La Havane. Et ici, ça fait 4 ans que nous nous frayons notre chemin. Ca a marche et maintenant on nous entend dans la rue et les gens savent qui est Kola Loka. Nous avons nos fans et voilà, ils sont contaminés par « La Pandemia » !
Leonel : Vous avez commencé pas mal de collaboration là-bas ? Je me rappelle vous avoir vu il y a environ 4 ans a Miramar avec Pedrito Calvo y La Nueva Justicia. Ça a été une collaboration avec des Salseros et Timberos.
Robinson : C’est ce qui se passe quand nous profitons de la présentation d’un artiste. Nous partageons la scène et nous faisons de notre mieux, tout en respectant l’artiste qui est l’hôte de la maison mais en répandant un peu de « Pandemia » pour que les gens savent bien ou est la zone 😉
Leonel : Je me rappelle que cela avait été très comique ! Il y avait eu une parodie de controverse sur scène sur le thème qu’il fallait savoir chanter juste et sur la clave. Tu te rappelles de ça ?
Robinson : Oui, bien sûr.
Leonel : Justement ce jour-là j’étais accompagné par Tirso Duarte !
Angelon : Salut Tirso, mon frère !
Robinson : Un salut spécial pour Tirso car tout le monde nous confond ! Alors mon pote Tirso, portes-toi bien, comporte toi bien car tout le monde nous confond ! Déconnes pas mon pote.
Leonel : De toutes les collaborations que vous avez pu avoir avec des Salseros ou Timberos, la plus réussie ou du mois la plus célèbre est celle avec Elito Revé y su Charangon. Avec le morceau « Mi Amiga Chichi ». Vous chantez avec Dagoberto et Emilio Frias « El Niño ». Comment avez-vous fait ce morceau ?
Robinson : Un jour on m’appelle à la maison, c’était Juan Miguel, le représentant d’Elito Revé, avec le Maestro en personne. Ils nous demandent de collaborer au disque qu’ils étaient en train de faire. Ils avaient un morceau de Dagorberto qui n’était pas complètement fini et qui s’appelle « Mi Amiga Chichi ». Ils avaient des paroles mais en réalité ils n’y croyaient pas beaucoup. Alors je l’ai analyse et je leur ai dit qu’on pouvait y mettre un peu de laque (pour que ça brille plus). Nous nous sommes assis au studio avec mes gars et nous avons composé la partie que nous chantons dans ce morceau et nous avons retouché en partie les refrains. Et finalement le morceau est sorti. J’ai ensuite parle au Maestro (Elito Reve) et lui ai fait part du respect que j’avais après avoir écouté tout le disque ou interviennent Pancho Amat, Chucho Valdes, El Changüi de Yateras, etc. Finalement le morceau est sorti d’abord en single puis dans le disque complet avec « Agua Pa’ Yemaya ». Et ce morceau a eu un succès fou avec « Agua Pa’ Yemaya » et « Jala Jala ». Je crois que le morceau « Mi Amiga Chichi » a marqué la carrière du Charangon.
Pour nous ça a été un sacré défi de maintenir la sonorité tutélaire d’un orchestre aussi connu que La Revé, mais aussi d’y mettre un peu de Kola Loka. Ca a débouché sur un résultat innovant et original. Merci à la Revé de nous avoir donné cette opportunité.
Angelon : J’en profite pour saluer tous ces maestros de la Musique Cubaine comme Aisar (Directeur Musical et bassiste du Charangon d’Elito Revé) , un maestro et un ami personnel, un salut à tous nos frères musiciens, a Dagoberto, au bébé (« El Niño »), Salut à Emilio, à El Sinsonte, Salut au Meastro Elito Revé et merci de nous avoir invité à cette collaboration. Et sachez que Kola Loka est disposé à toutes les collaborations ! Du Kola Loka et du Reggaeton y’en a en veux-tu en voilà !
Leonel : Avant de parler de la nouvelle sonorité de Kola Loka, parlons du passé et de votre présence à Santiago et Guantanamo. Vous faites partie d’un mouvement ou vous êtes les seuls à fusionner le Reggaeton avec le Changüi ? Il y a un groupe de Guantanamo qui me fascine dans cette mouvance, et de très grande qualité, c’est « Madeira Limpia »
Robinson : Oui Madeira Limpia ! Nous faisons un morceau avec eux maintenant. Ça s’appelle « I have got the feeling » ! J’en profite pour vous annoncer cette exclusivité et les saluer !
Leonel : Sans blague ! J’ai tapé dans le mille. C’est pour ça qu’on m’appelle « El Farandulero Mayor » ! ajajajaja
Angelon : C’est le dernier morceau que nous avons fait. Vous allez avoir l’opportunité de l’écouter ce soir. C’est un morceau de Madeira Limpia avec Kola Loka. C’est un type de Merengue Electro, enfin le type de sonorité qu’on entend aujourd’hui, la dernière tendance… Je ne vais pas vous en dire plus. C’est le devoir que je vous laisse. Il faut venir le voir ! Mais c’est vraiment le tout dernier morceau.
Leonel : Maintenant pour parler des nouveautés, vous avez un morceau qui a eu beaucoup de succès c’est « Cuba Se Extraña ». Pour moi ce morceau procède d’un changement de sonorité musicale. Ce n’est plus un Reggaeton Guajiro mais un Reggaeton plus urbain, plus de La Havane.
Robinson : Ce qui se passe est que Kola Loka est un groupe de fusion. Kola Loka mixe les rythmes caribéens de notre région avec le Reggaeton ou les rythmes à la mode. Le style de Kola Loka avec un Reggaeton Guajiro va se toujours maintenir mais le public nous demande de suivre les tendances et nous devons nous laisser guider un peu aussi. On va garder notre sonorité mais on va aussi étendre notre palette. Nous allons nous ouvrir un peu plus et explorer des territoires que nous n’avions pas investigués. Nous allons offrir aux gens de nouvelles facettes de Kola Loka qu’ils ne connaissaient pas-jusque-là.
Angelon : il faut expliquer comme le dit Robinson que Kola Loka est un groupe qui mute en fonction des évolutions musicales, des tendances. Mais dans toutes nos productions il y aura 2 ou 3 morceaux qui portent la marque de Kola Loka. Il y aura toujours des morceaux du style « No me da mi gana americana ». Dans le dernier disque « Hay Kola Loka Pa’ Rato », il y a dans le genre le morceau « El Planazo ». Je ne sais pas si vous l’avez écouté par ici. On va vous l’étrenner. « El Planazo » est un très bon morceau.
Ca dit que dans la vie on ne peut pas faire de plans car les plans sont déjoués pas les coups du sort (« planazo »). On va vous le jouer. C’est vraiment un morceau qui prend ses racines dans la tradition de Kola Loka. Ça parle de l’histoire de 3 Guajiros à La Havane et de leurs aventures, de la chose…
Leonel : Vous voyez qu’avec Fiestacubana.net vous êtes branches dans l’exclusivité !
El Teacher : A propos d’exclusivités, nous avons aussi enregistré le concert de lancement du disque au Théâtre Karl Marx. Le théâtre était comble. Ça c’est un inédit car personne ne l’a encore vu ! On va te la passer pour tu le diffuse…
Leonel : Messieurs, maintenant le morceau a la mode c’est « A La My Love ». Regardez sur votre trophée, c’est grâce à ce morceau que vous avez gagné le prix FIESTA CUBANA 2011. Qu’est-ce que vous pouvez nous en dire ?
Robinson : Ce morceau a, comme tu dis, révolutionné un peu le son de Kola Loka. C’est un Reggaeton plus urbain, et ça nous a permis de toucher la Farandula de La Havane et ce fut le levier qui nous a amené au succès que nous connaissons. Sinon, c’est ce que je te disais, nous essayons d’expérimenter, de chercher de nouvelles voies, pour que notre public ne s’ennuie pas et reste à la page. Voilà ! Y’a cette « Pandemia » , cette Epidemie, en veux-tu en voilà !
El Teacher : La « My Love » a été un morceau qui a beaucoup marqué notre évolution car ce fut la preuve que Kola Loka peut toucher a tout. Il y avait des gens qui doutaient de nous et qui nous disaient que Kola Loka ne pouvait pas faire de morceau à la mode, Farandulero. Ils nous enfermaient dans un style un peu particulier… Au moins ce morceau a démontré que nous somme un groupe versatile. Nous sommes capables de faire de tout et toucher n’importe quel sujet.
En plus nous avons eu la chance que quand nous avons produit ce morceau, nous étions aux USA et nous avons pu filmer le clip vidéo là-bas. Le résultat a été super « heavy » ! Le clip a été réalisé par Ian Padron et fut un tel succès qu’il a été primé aux Prix LUKAS. Nous avons été au top du Hit-Parade pour 7 semaines consécutives, et ça a été un tube qui a beaucoup plu aux gens.
Ca a dévoilé l’autre face, plus moderne, que nous autres les Guajiros, les paysans, n’avaient pas montré. Et ça a beaucoup plu !
Leonel : Je crois aussi que la recette de votre succès est que vous êtes des personnes naturelles et simples. Vous ne vous prenez pas top au sérieux. C’est peut-être ce qui explique l’histoire d’amour qu’il y a entre vous et le public.
El Teacher : C’est vrai , nous vivons dans la nature ! ajajajaja
Angelon : En ce qui nous concerne, nous nous refugions beaucoup dans la musique. Nous avons la chance de pouvoir en vivre. De ce fait nous avons l’obligation d’essayer de bien faire notre travail. Nous vivons de ca et tous les jours nous sommes dans la rue en train de regarder ce qui se passe et d’en rire.
Robinson : Absolument nous avons besoin de ça pour nous en nourrir.
Angelon : Et en fait quand tu es heureux, quand tu es content la Muse descend et t’inspire.
El Teacher : A part ça Kola Loka est un groupe issu du peuple, travaillant pour le peuple. Et nous racontons dans nos chansons la vie quotidienne des gens du peuple. Tout le monde se reflète d’une manière ou d’une autre dans l’une ou l’autre des paroles de nos chansons. Il y a aussi notre manière de nous projeter sur scène. Il n’y pas de strate qui nous sépare des gens ordinaires. Nous autre nous pouvons de la même manière être dans la rue, discuter avec un ivrogne ou avec un intellectuel ou faire un hommage a une grande figure comme Franck Fernandez ou Juan Formell . Nous ne faisons aucune ségrégation sociale. Kola Loka est un groupe pour le peuple et restera avec le peuple.
Leonel : En effet, je crois que vous avez moins de « guaperia » (moins de vulgarité et de bravade) et plus de contact avec le public.
Robinson : moins de « guaperia » (moins de vulgarité et de bravade) et plus de philosophie (plus de sagesse et d’esprit).
Leonel : Alors là c’est beau ! Tu m’as touché droit au cœur ! ajajajajaja
Robinson : C’est la philosophie de la rue ! C’est ça « La Pandemia » !
Leonel : Et bien merci beaucoup ! Nous vous souhaitons beaucoup de succès, surtout ce soir pour le concert de Cannes (en fait Antibes) grâce à tous les gens de Cannes qui ont organisé cet évènement.
Angelon : Kola Loka est chez vous !
Robinson : Rappelez-vous ! Moins de « Guaperia » et plus de « Filosofia » !
Angelon : Rappele-toi que ce que tu ne peux pas attraper c’es t…
Kola Loka tous ensemble : LA PANDEMIA !
Remerciements à Umberto, Yaimi, DJ Alexander Laza et Corinne pour avoir facilité cette interview à Grasse

 

Leonel : « La Pandemia », « L’Epidemie » est arrivee en France.

Angel : Je voudrais d’abord envoyer un salut à nos amis d’Italie, de Cuba et de France et à tous les fanatiques de Kola Loka ! Nous sommes à Cannes, et nous sommes « La Pandemia », « L’Epidemie » est arrivée dans votre zone.

El Teacher : « L’Epidemie » est en France jejejejejeje

 

Leonel : on va clarifier tout ça ! Ce que vous ne savez pas c’est que « La Pandemia », « L’Epidemie », est le surnom de KOLA LOKA. Et KOLA LOKA est le Meilleur Groupe de Reggaeton de l’Année 2011, du moins celui qui a été élu Meilleur Groupe de Reggaeton de l’Année 2011 par le site de promotion de la Musique Cubaine www.fiestacubana.net.

El Teacher : FIESTA CUBANA est loe site qui fait bouger la Musique cubaine en France.

Leonel : Les Meilleurs de Meilleurs, KOLA LOKA en France !

Angel : Merci à tous nos fans, a tous ceux qui ont fait que nous puissions gagner ce prix si beau. C’est vrai que ça a été une grande surprise pour nous, jamais nous n’aurions pensé que cela aurait pu être possible. Merci de nous avoir accompagnés jusque-là pour vivre une telle expérience.

Robinson : Avant tout je voudrais vous dire que vous pouvez avoir confiance en KOLA LOKA parce que « Hay Kola Loka Pa’ Rato » (le nom du CD) , parce que Kola Loka est partout ! Et surtout parce que ce que tu ne peux pas attraper c’est

KOLA LOKA Tous ensembles : « La Pandemia », « L’Epidemie » ! Rrrrraa ! JAJAJAJAJAJAJA !

 

Leonel : Bon messieurs ! Il faut vous présenter ! Car les gens vous connaissent pour vous avoir entendu en discothèque, ils dansent sur vos morceaux, certains ont un l’opportunité et le privilège de vous voir à Toulouse il y a 2 ans et à Lyon.

El Teacher : ici il y a Robinson, le directeur du groupe, il y a Angelon et moi qu’on appelle « El Teacher »

Nous sommes les 3 vocalistes et il manque le DJ et l’équipe qui sont en train de préparer le concert de ce soir.

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Nous sommes de retour en France après 2 ans d’absence en Europe. Nous sommes de nouveau sur les routes ! Alors préparez-vous, les français, les cubains et les latinos ! Car « La Pandemia » va se répandre sur vous tous ! Cette année l’épidémie de Kola Loka est très forte. Nous arrivons avec beaucoup de nouveaux morceaux ! Connectez-vous à Youtube.com, cherchez nous sur Facebook ! Actualisez-vous car la Pandémie arrive avec virulence, directement de La Havane et pour le monde entier.

Leonel : « Teacher »apprends-moi une chose ! Le disque ? Comment s’appelle-t-il ?

El Teacher : Ce nouveau disque que nous venons de produire s’appelle « Hay Kola Loka Pa’Rato »

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NDLR : rappelons qu’à Cuba, « Cola Loca » est une marque de colle comme serait Super Glue en France. Rappelons aussi qu’à Cuba, on dit qu’un morceau « se pega”, colle, quand il est populaire… D’où toute cette logique adhésive.

El Teacher : Ce disque a remporté le prix CUBADISCO 2012. C’est une autre joie que nous avons connu à Cuba.

Nous sommes en pleine promotion de ce disque. Nous y avons inclus des morceaux plus anciens et des nouveautés.

Mais nous sommes déjà en train de travailler à une nouvelle production qui n’a pas encore de noms. Nous avons donc des nouvelles munitions mises de côté et nous autres les « guajiros », les paysans, nous continuons de produire. Si bien que pour tous ceux qui nous suivent, nous vous préparons toujours le meilleur de nous-même. Alors restez branchés !

Leonel : « Attention ! L’Epidemie » est partout ! Vous avez fait ce disque chez BIS Music, n’est-ce pas ?

KOLA LOKA : Oui ! BIS Music !

 

Leonel : Donc vous pouvez l‘acheter sur www.cddifusion.fr sinon demandez à www.fiestacubana.net

 

Leonel : Vous avez un parcours assez long en fait. Vous venez de l’Oriente de Cuba. Vous venez de Guantanamo et de Santiago de Cuba, non ?

KOLA LOKA : exactement !

Leonel : Racontez-nous comment a commencé cette histoire ? J’ai vu une vidéo très célèbre ou vous vous lâchez dans l’improvisation vers Baracoa…

Angel : L’homme indiqué pour parler de ça c’est notre compagnon Robinson qui a été le fondateur du groupe…

Robinson : KOLA LOKA est né sur le 3eme front Oriental à Santiago de Cuba. Nous faisions notre service militaire, Angelon et moi, et puis voilà, pour nous divertir et pour tuer l’ennui, nous avons décidé de nous associer pour faire de la musique. Et grâce à la bonne réception que nous avons eue auprès du public, nous avons été quasiment obligés de nous lancer comme artistes.

Et je crois que depuis 2001 nous avons fait de notre mieux. Et puis voila

Ensuite en 2005 nous avons intégré « El Teacher » pour obtenir une nouvelle sonorité.

[Robinson se met à tousser]

Leonel : Ça c’est une épidémie !

Robinson : C’est l’émotion, j’ai commencé à devenir sentimental ! jajajajaja

Leonel : Là c’est le cœur !

Robinson : Ça me touche qu’on parle de ma musique et que les gens danse dessus !

 

Leonel : une des raisons de la bonne réception par le public c’est que votre premier style est « Guajiro », campagnard. Vous faites un Reggaeton dont la musique est plus influencée par le Reggae et dont les paroles et les intonations empruntent à la vie paysanne (de Cuba) et à la drôlerie.

El Teacher : Ce qui se passe c’est que La Musique de Kola Loka se caractérise par la fusion de la musique traditionnelle cubaine avec le Reggaeton. Cela nous a donné un style particulier et les paroles contiennent toujours des histoires pour que les gens reçoivent un message mais aussi pour qu’ils rient et qu’ils dansent. C’est la touche comique qu’a notre groupe ! Et c’est ça qui a permis que le public porte Kola Loka dans son cœur et qu’il aime autant notre musique. Que ce soit des enfants tout petits ou des personnes âgées. Que ce soit des médecins, des boulangers, des bouchers, Kola Loka plait à tout le monde. C’est l’objectif de notre musique qu’elle atteigne toutes les couches de la société.

C’est pour cela que nous sommes devenus si populaire, le tout avec des paroles respectueuses, mélodiques mais jamais vulgaires… Afin de délivrer un message frais au public,

Robinson : L’important c’est le respect envers nous-même comme artiste et le respect envers le public !

 

Leonel : C’est vrai mais il y a parfois des messages encore plus profonds… Un des morceaux les plus populaires de vos débuts a été « No me da mi gana americana », puis « La Estafa Del Babalawo » ! C’est très comique mais cela parle aussi d’une réalité sociale et culturelle à Cuba, non ?

Angelon : Nous essayons, avec un peu d’humour, de montrer aux gens la réalité de ce qu’ils vivent. Nous observons des choses qui se passent de manière quotidienne et nous les restituons avec cette touche comique. Ce sont des choses qui arrivent à tout le monde voire à nous-même. Je crois que c’est ça la recette de notre succès, En plus nous avons su défendre notre rythme de l’Oriente de Cuba, cette fusion du Changüi avec le Reggaeton, du Son avec le Reggaeton, toutes ces choses ont été pour ainsi dire nouvelles, ou plutôt différentes

 

El Teacher : Il faut aussi rappeler que le morceau de « La Estafa Del Babalawo » n’est pas écrit contre les Babalawos, bien au contraire. C’est un morceau qui s’adresse à certaines personnes qui utilise la religion à des fins lucratives. Ces personnes ne respectent pas la religion en tant que telle, mais l’utilise pour leur propre intérêt. Au final, le refrain dit « Respecte le Babalawo ». Ce n’est pas un manque de respect à la religion Yoruba, mais plutôt une parodie de ces personnes qui ne respectent pas la religion et qui abusent de la croyance des autres pour en tirer profit. Au final ce n’est pas contre les Babalawos, il faut le rappeler car pas mal de gens ont mal interprété cette chanson et se sont plaintes.

 

Leonel : Je crois que c’est clair, les gens l’ont bien compris et il me semble qu’il y a un fond véridique. En plus je peux vous assurer, en tant que connaisseur de la Farandula, que des personnes comme Leonel Limonta, un des parrains de la Timba, considèrent Kola Loka comme les nouveaux Timberos car c’est vous qui soulevez les thèmes de la chronique sociale, de la réalité sociale : pour cela je vous félicite…

Angelon : Merci beaucoup au Maestro et merci pour ce commentaire à notre égard.

 

Leonel : En définitive c’est ce succès qui vous a amené à La Havane ? Combien de temps êtes-vous restés à Santiago et Guantanamo ? Car maintenant vous êtes à La Havane, Non ?

Robinson : 7 ans ! Nous sommes restés populaire là-bas environ 7 ans loin des moyens de communication et de diffusion. En effet les personnes ne savaient pas qui était Kola Loka. Quand ils nous entendaient, ils pensaient que nous étions portoricains ou dominicains.

Leonel : C’est vrai que tu as l’air Boricua, ajajaja

Robinson : C’est clair ! hehehe ! Apres le succès de « No me da mi gana americana » nous avons tenté notre chance à La Havane. Et ici, ça fait 4 ans que nous nous frayons notre chemin. Ca a marche et maintenant on nous entend dans la rue et les gens savent qui est Kola Loka. Nous avons nos fans et voilà, ils sont contaminés par « La Pandemia » !

Leonel : Vous avez commencé pas mal de collaboration là-bas ? Je me rappelle vous avoir vu il y a environ 4 ans a Miramar avec Pedrito Calvo y La Nueva Justicia. Ça a été une collaboration avec des Salseros et Timberos.

Robinson : C’est ce qui se passe quand nous profitons de la présentation d’un artiste. Nous partageons la scène et nous faisons de notre mieux, tout en respectant l’artiste qui est l’hôte de la maison mais en répandant un peu de « Pandemia » pour que les gens savent bien ou est la zone 😉

 

Leonel : Je me rappelle que cela avait été très comique ! Il y avait eu une parodie de controverse sur scène sur le thème qu’il fallait savoir chanter juste et sur la clave. Tu te rappelles de ça ?

Robinson : Oui, bien sûr.

 

Leonel : Justement ce jour-là j’étais accompagné par Tirso Duarte !

Angelon : Salut Tirso, mon frère !

Robinson : Un salut spécial pour Tirso car tout le monde nous confond ! Alors mon pote Tirso, portes-toi bien, comporte toi bien car tout le monde nous confond ! Déconnes pas mon pote.

 

Leonel : De toutes les collaborations que vous avez pu avoir avec des Salseros ou Timberos, la plus réussie ou du mois la plus célèbre est celle avec Elito Revé y su Charangon. Avec le morceau « Mi Amiga Chichi ». Vous chantez avec Dagoberto et Emilio Frias « El Niño ». Comment avez-vous fait ce morceau ?

Robinson : Un jour on m’appelle à la maison, c’était Juan Miguel, le représentant d’Elito Revé, avec le Maestro en personne. Ils nous demandent de collaborer au disque qu’ils étaient en train de faire. Ils avaient un morceau de Dagorberto qui n’était pas complètement fini et qui s’appelle « Mi Amiga Chichi ». Ils avaient des paroles mais en réalité ils n’y croyaient pas beaucoup. Alors je l’ai analyse et je leur ai dit qu’on pouvait y mettre un peu de laque (pour que ça brille plus). Nous nous sommes assis au studio avec mes gars et nous avons composé la partie que nous chantons dans ce morceau et nous avons retouché en partie les refrains. Et finalement le morceau est sorti. J’ai ensuite parle au Maestro (Elito Reve) et lui ai fait part du respect que j’avais après avoir écouté tout le disque ou interviennent Pancho Amat, Chucho Valdes, El Changüi de Yateras, etc. Finalement le morceau est sorti d’abord en single puis dans le disque complet avec « Agua Pa’ Yemaya ». Et ce morceau a eu un succès fou avec « Agua Pa’ Yemaya » et « Jala Jala ». Je crois que le morceau « Mi Amiga Chichi » a marqué la carrière du Charangon.

Pour nous ça a été un sacré défi de maintenir la sonorité tutélaire d’un orchestre aussi connu que La Revé, mais aussi d’y mettre un peu de Kola Loka. Ca a débouché sur un résultat innovant et original. Merci à la Revé de nous avoir donné cette opportunité.

 

Angelon : J’en profite pour saluer tous ces maestros de la Musique Cubaine comme Aisar (Directeur Musical et bassiste du Charangon d’Elito Revé) , un maestro et un ami personnel, un salut à tous nos frères musiciens, a Dagoberto, au bébé (« El Niño »), Salut à Emilio, à El Sinsonte, Salut au Meastro Elito Revé et merci de nous avoir invité à cette collaboration. Et sachez que Kola Loka est disposé à toutes les collaborations ! Du Kola Loka et du Reggaeton y’en a en veux-tu en voilà !

 

Leonel : Avant de parler de la nouvelle sonorité de Kola Loka, parlons du passé et de votre présence à Santiago et Guantanamo. Vous faites partie d’un mouvement ou vous êtes les seuls à fusionner le Reggaeton avec le Changüi ? Il y a un groupe de Guantanamo qui me fascine dans cette mouvance, et de très grande qualité, c’est « Madeira Limpia »

Robinson : Oui Madeira Limpia ! Nous faisons un morceau avec eux maintenant. Ça s’appelle « I have got the feeling » ! J’en profite pour vous annoncer cette exclusivité et les saluer !


 

Leonel : Sans blague ! J’ai tapé dans le mille. C’est pour ça qu’on m’appelle « El Farandulero Mayor » ! ajajajaja

Angelon : C’est le dernier morceau que nous avons fait. Vous allez avoir l’opportunité de l’écouter ce soir. C’est un morceau de Madeira Limpia avec Kola Loka. C’est un type de Merengue Electro, enfin le type de sonorité qu’on entend aujourd’hui, la dernière tendance… Je ne vais pas vous en dire plus. C’est le devoir que je vous laisse. Il faut venir le voir ! Mais c’est vraiment le tout dernier morceau.

 

Leonel : Maintenant pour parler des nouveautés, vous avez un morceau qui a eu beaucoup de succès c’est « Cuba Se Extraña ». Pour moi ce morceau procède d’un changement de sonorité musicale. Ce n’est plus un Reggaeton Guajiro mais un Reggaeton plus urbain, plus de La Havane.

Robinson : Ce qui se passe est que Kola Loka est un groupe de fusion. Kola Loka mixe les rythmes caribéens de notre région avec le Reggaeton ou les rythmes à la mode. Le style de Kola Loka avec un Reggaeton Guajiro va se toujours maintenir mais le public nous demande de suivre les tendances et nous devons nous laisser guider un peu aussi. On va garder notre sonorité mais on va aussi étendre notre palette. Nous allons nous ouvrir un peu plus et explorer des territoires que nous n’avions pas investigués. Nous allons offrir aux gens de nouvelles facettes de Kola Loka qu’ils ne connaissaient pas-jusque-là.

 

Angelon : il faut expliquer comme le dit Robinson que Kola Loka est un groupe qui mute en fonction des évolutions musicales, des tendances. Mais dans toutes nos productions il y aura 2 ou 3 morceaux qui portent la marque de Kola Loka. Il y aura toujours des morceaux du style « No me da mi gana americana ». Dans le dernier disque « Hay Kola Loka Pa’ Rato », il y a dans le genre le morceau « El Planazo ». Je ne sais pas si vous l’avez écouté par ici. On va vous l’étrenner. « El Planazo » est un très bon morceau.

Ca dit que dans la vie on ne peut pas faire de plans car les plans sont déjoués pas les coups du sort (« planazo »). On va vous le jouer. C’est vraiment un morceau qui prend ses racines dans la tradition de Kola Loka. Ça parle de l’histoire de 3 Guajiros à La Havane et de leurs aventures, de la chose…

Leonel : Vous voyez qu’avec Fiestacubana.net vous êtes branchés dans l’exclusivité !

El Teacher : A propos d’exclusivités, nous avons aussi enregistré le concert de lancement du disque au Théâtre Karl Marx. Le théâtre était comble. Ça c’est un inédit car personne ne l’a encore vu ! On va te la passer pour tu le diffuse…

 

Leonel : Messieurs, maintenant le morceau a la mode c’est « A La My Love ». Regardez sur votre trophée, c’est grâce à ce morceau que vous avez gagné le prix FIESTA CUBANA 2011. Qu’est-ce que vous pouvez nous en dire ?

 

Robinson : Ce morceau a, comme tu dis, révolutionné un peu le son de Kola Loka. C’est un Reggaeton plus urbain, et ça nous a permis de toucher la Farandula de La Havane et ce fut le levier qui nous a amené au succès que nous connaissons. Sinon, c’est ce que je te disais, nous essayons d’expérimenter, de chercher de nouvelles voies, pour que notre public ne s’ennuie pas et reste à la page. Voilà ! Y’a cette « Pandemia » , cette Epidemie, en veux-tu en voilà !

El Teacher : La « My Love » a été un morceau qui a beaucoup marqué notre évolution car ce fut la preuve que Kola Loka peut toucher a tout. Il y avait des gens qui doutaient de nous et qui nous disaient que Kola Loka ne pouvait pas faire de morceau à la mode, Farandulero. Ils nous enfermaient dans un style un peu particulier… Au moins ce morceau a démontré que nous somme un groupe versatile. Nous sommes capables de faire de tout et toucher n’importe quel sujet.

En plus nous avons eu la chance que quand nous avons produit ce morceau, nous étions aux USA et nous avons pu filmer le clip vidéo là-bas. Le résultat a été super « heavy » ! Le clip a été réalisé par Ian Padron et fut un tel succès qu’il a été primé aux Prix LUKAS. Nous avons été au top du Hit-Parade pour 7 semaines consécutives, et ça a été un tube qui a beaucoup plu aux gens.

Ca a dévoilé l’autre face, plus moderne, que nous autres les Guajiros, les paysans, n’avaient pas montré. Et ça a beaucoup plu !

 

Leonel : Je crois aussi que la recette de votre succès est que vous êtes des personnes naturelles et simples. Vous ne vous prenez pas top au sérieux. C’est peut-être ce qui explique l’histoire d’amour qu’il y a entre vous et le public.

El Teacher : C’est vrai , nous vivons dans la nature ! ajajajaja

Angelon : En ce qui nous concerne, nous nous refugions beaucoup dans la musique. Nous avons la chance de pouvoir en vivre. De ce fait nous avons l’obligation d’essayer de bien faire notre travail. Nous vivons de ca et tous les jours nous sommes dans la rue en train de regarder ce qui se passe et d’en rire.

Robinson : Absolument nous avons besoin de ça pour nous en nourrir.

 

Angelon : Et en fait quand tu es heureux, quand tu es content la Muse descend et t’inspire.

 

El Teacher : A part ça Kola Loka est un groupe issu du peuple, travaillant pour le peuple. Et nous racontons dans nos chansons la vie quotidienne des gens du peuple. Tout le monde se reflète d’une manière ou d’une autre dans l’une ou l’autre des paroles de nos chansons. Il y a aussi notre manière de nous projeter sur scène. Il n’y pas de strate qui nous sépare des gens ordinaires. Nous autre nous pouvons de la même manière être dans la rue, discuter avec un ivrogne ou avec un intellectuel ou faire un hommage a une grande figure comme Franck Fernandez ou Juan Formell . Nous ne faisons aucune ségrégation sociale. Kola Loka est un groupe pour le peuple et restera avec le peuple.

 

Leonel : En effet, je crois que vous avez moins de « guaperia » (moins de vulgarité et de bravade) et plus de contact avec le public.

 

Robinson : Moins de « guaperia » (moins de vulgarité et de bravade) et plus de philosophie (plus de sagesse et d’esprit).

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Leonel : Alors là c’est beau ! Tu m’as touché droit au cœur ! ajajajajaja

Robinson : C’est la philosophie de la rue ! C’est ça « La Pandemia » !

 

Leonel : Et bien merci beaucoup ! Nous vous souhaitons beaucoup de succès, surtout ce soir pour le concert de Cannes (en fait Antibes) grâce à tous les gens de Cannes qui ont organisé cet évènement.

 

Angelon : Kola Loka est chez vous !

Robinson : Rappelez-vous ! Moins de « Guaperia » et plus de « Filosofia » !

Angelon : Rappele-toi que ce que tu ne peux pas attraper c’est…

Kola Loka tous ensembles : LA PANDEMIA !

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Remerciements à Umberto, Yaimi, DJ Alexander Laza et Corinne pour avoir facilité cette interview à Grasse

 

 

Our Latin Thing (Cosa Nuestra)

Our Latin Thing (Cosa Nuestra)

Documentaire musical de Léon Gast, Etats-Unis, 1972 (réédition 2011), 1h23

Image1971 : la Salsa, nouveau genre musical popularisé par le label Fania, connaît déjà un grand succès après du public latino de la côte est des Etats-Unis. Jerry Masucci, président de la Fania, décide alors de concrétiser un rêve vieux déjà de plusieurs années : filmer un concert en « live » de son orchestre-phare, la fameuse « Fania all Stars ». Il confie cette tâche à Léon Gast, qui armé d’une demi-douzaine de caméras, réalise effectivement cet enregistrement au Club Cheetah, le 26 août 1971. Le film qui en est issu, Our Latin Thing, contribuera puissamment à donner à la Salsa la dimension d’un genre musical majeur, d’abord aux Etats-Unis, puis dans le reste du monde.

 

La réédition de ce film-culte, à l’occasion du 40ème anniversaire de sa réalisation, permet de nous replonger dans l’atmosphère de cette salsa populaire, qui fait déjà danser à l’époque les rues du Spanish Harlem sans avoir encore été galvaudée par les effets délétères du mass-marketing. Public enflammé du club Cheetah, si proche des artistes dont ne le sépare aucune barrière de protection ; tranches de vies du barrio, avec ses combats de coqs, ses joueurs de dominos, ses petits commerces et ses brocantes, ses cérémonies de Santeria, ses gamins exubérants jouant sur les trottoirs, ses ivrognes et ses voleurs, ses fêtes en plein air animées par l’orchestre de Larry Harlow… On sent, à voir ces images que la Salsa ne pouvait naître que là, comme une mauvaise herbe crevant l’asphalte de ce quartier déglingué.

Ils sont tous là, les membres mythiques de la première Fania All stars, si jeunes qu’il faut parfois attendre le générique pour les reconnaître : Johnny Pacheco à la flûte, Ray Barretto aux congas, Roberto Roena aux bongos, Willie Colon au trombone, Larry Spencer à la trompette, Larry Harlow au piano. Et, au chant, rien moins que Cheo Feliciano, Pete « El Conde » Rodriguez, Hector Lavoe et Ismael Miranda, pour ne citer que les plus connus. Ils jouent déjà magnifiquement, mais restent encore simples et proches des gens : Ray Barreto prépare de l’ice-coca pour les passants, Ismael Miranda joue au marchand dans une petite boutique bourrée d’objets de santería, Jerry Masucci roule à vélo sur les trottoirs…

Le film alterne dans un montage très vif – près de 2000 plans différents – des extraits du concert au Cheetah club, des scènes de rue et des images de répétition. Une heure et demi de bonheur musical qui nous permet de savourer une dizaine de titres, comme Quitate Tu, Anacaona; Ponte Duro, Abran Paso, Lamento de un guajiro, Tamarindo, ainsi qu’une de ces magnifiques Descarga dont la Fania All Stars avait le secret.

Réalisé à une époque où le genre Salsa vient à peine de sortir de sa phase de gestation, et n’a pas encore totalement réalisé la synthèse des différents genres dont il est issu, le film nous fait également bien comprendre la diversité de ces sources primaires : Son cubain sous sa forme presque pure dans Quítate tu ; orchestres associant les instruments du conjunto cubain traditionnel avec ceux de la pop américaine, comme la guitare basse et le piano électrique ; danse ressemblant selon les scènes plutôt au rock, au mambo, à la rumba cubaine, ou au Boogalloo. Quant à l’influence du mouvement hippie et protestataire du début des années 1970, il se fait sentir aussi bien dans la tenue vestimentaire et les coiffures (la boule afro) que dans l’esthétique parfois un peu déjantée du film, avec son montage haché, le coté un peu trash de ses séquences de rue filmées caméra à l’épaule, ou encore le graphisme coloré et plein d’imprévu du générique d’entrée.

Le film est accompagné par un petit livret expliquant sa génése et ses conditions de réalisation, ainsi que par deux CD contenant l’enregistrement intégral du concert de la Fania All stars au club Cheetah en août 1971.

Un document de référence, incontournable pour les amateurs du genre !!

Fabrice Hatem

Pour plus de renseignements : www.strut-records.com ou www.fania.com

Pour visionner quelque extraits du film sur internet : lien1, lien2, lien3, lien4, lien5

Six piliers de la musique populaire cubaine

Domingo Pau « El Columbiano » : La vie et l’œuvre d’un maître de la danse afro-cubaine

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Domingo Pau est à Cuba l’un des maîtres les plus respectés de la danse afro-cubaine et de la rumba.

J’ai eu la chance, par l’intermédiair e de sa fil le Luanda, également grande danseuse folklorique habitant en France, de le rencontrer à de multiples reprises depuis 2 010 à Cuba pour réaliser un texte et un documentaires retraçant sa vie et son œuvre.

Né dans une famille modeste du centre de la Havane au milieu des années 1950, il a effectué une grande partie de sa carrière au sein du fameux Conjunto foklorico nacional de Cuba dont il a été l’un des plus prestigieux danseurs solistes.

Il se consacre aujourd’hui à ses activités d’enseignant et de chorégraphe au sein de troupes et d’instituts aussi réputés que le groupe Obini Bata, le Cabildo et le Teatro America de la Havane ou l’Ecole national des arts de Cuba.

Pour découvrir cet artiste de grand talent, cliquez sur le lien suivant : domingo

Interview du groupe CONTRABANDO

Le festival AQUI CUBA a fêté sa dixième édition du 2 au 4 Novembre 2012. L’équipe de fiestacubana.net a pu couvrir l’évènement sur invitation de l’organisateur « Olivier Gustave » ; président de l’association « Salsa Me Gusta ».
Tout au long de ces années, ce festival a permis à des artistes de se révéler au public et de voir leur carrière musicale « décoller » sur les scènes française et européenne.
La surprise de cette année 2012 vint d’un groupe mal connu jusqu’à ce jour : CONTRABANDO.
Fiestacubana.net a interviewé le directeur musical du groupe ; Andrés Fernández ; afin d »en savoir plus sur ces musiciens qui ont conquis le cœur du public d’Aqui Cuba.

Six piliers de la musique populaire cubaine

Tentación de Cuba : quand la musique cubaine s’enracine en France

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Entre 2008 et 2010, au Satellit Café de Paris, j’ai souvent eu le plaisir de danser la salsa le dimanche soir sur la musique vivante, rythmée et joyeuse du groupe Tentacion de Cuba.

Profondément enracinés dans la tradition du son, ces musiciens savent créer une atmosphère propice à la danse par leur interprétation à la fois énergique et précise des « standards ». Mais ils sont également capables de proposer une musique plus ambitieuse basée sur des compositions originales, comme en témoigne leur premier album, publié en 2007, Amor y Felicidad.

Ils viennent d’achever la réalisation de leur second album, Hermanos, qui devrait être publié par la Egrem en 2013. Je suis allé interviewer à ce sujet Pedro Garcia, le fondateur et leader du groupe, au Havanita Café où celui-ci se produit actuellement. J’en ai profité pour réaliser avec lui une petite rétrospective de l’orchestre Tentacion de Cuba.

 

Pour consulter cet entretien, cliquez sur le lien suivant : tentacion

Bonne lecture et bonne écoute !!

Fabrice Hatem

Six piliers de la musique populaire cubaine

Entretien avec Onilde Gomez Valon : un pionner de la rumba cubaine en France

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Le danseur cubain Onilde Gomez a joué un rôle précurseur dans la diffusion des danses folkloriques cubaines, et tout particulièrement de la rumba, en France. Originaire de Santiago de Cuba, il y a hérité de l’immense patrimoine de danse populaire de cette ville, d’abord en observant et imitant les danseurs de son quartier, puis en participant aux activités de groupes aficionados, enfin en intégrant des compagnies professionnelles.

Depuis son arrivée en France en 2000, il mène simultanément une carrière d’enseignant et d’artiste, au sein notamment du groupe Rumba Abierta dont il est l’un des fondateurs.

En le regardant danser et enseigner, j’ai retrouvé tout ce qui m’avait le plus impressionné et ému lors de mes séjours à Cuba : rythmicité jaillissante, qualité de la posture corporelle, connexion profonde entre danse et musique…

Les longs entretiens qu’il m’a accordés au cours de l’automne 2012 constituent un précieux témoignage tant sur l’histoire des groupes de danse folkloriques santiagueros de la fin du XXème siècle que sur le processus actuel d’acclimatation et de diffusion- de la culture cubaine en Europe.

 

 

Pour consulter ce document, cliquez sur le lien suivant : onilde

Bonne lecture !

Fabrice Hatem