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Madeline Rodriguez : Jeter un pont entre Toulouse et Cuba

Madeline Rodriguez : Jeter un pont entre Toulouse et Cuba

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Madeline Rodriguez forme aujourd’hui, avec son partenaire Mario Charon, l’un des couples les plus emblématiques de la danse cubaine en France. A l’occasion du Festival CubanAlpes des 22 et 23 Janvier dernier, Fabrice Hatem a réalisé sur elle un petit reportage que Fiestacubana vous livre ici.

Celui-ci comporte trois volets :

Une interview de Madeline Rodriguez (voir le texte ci-dessous)

– Une démonstration de Son avec Mario Charon

– Quelques images de leurs stages de Salsa et de Cha cha cha

VOLET #1 – Une interview de Madeline Rodriguez (voir le texte ci-dessous)

VOLET #2 – Démonstration de Son avec Mario Charon : Cliquez ICI.

VOLET #3 – Quelques images de leurs stages de Salsa et de Cha cha cha : Cliquez ICI

Préambule : La déesse et l’ignorant

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Dans mon esprit de Salsero débutant, Madeline Rodriguez avait rapidement acquis le statut d’un mythe. Plusieurs de mes professeurs m’avaient en effet spontanément mentionné son nom, ainsi que celui de son partenaire Mario Charon, comme ceux des danseurs les plus représentatifs d’une danse cubaine authentique et de qualité en France. A force d’en entendre parler, sans la rencontrer, elle était devenue dans mon imagination une sorte de demi-déesse presque inaccessible, un concept abstrait de la « vraie danse cubaine » sur laquelle les vidéos Youtube que j’avais avidement consultées ne m’avaient pas encore permis de mettre un visage très précis.

Et puis, un jour, en arrivant aux ateliers d’ethnico-musicologie de Genève (ADEM), pour prendre un cours de rumba avec mon professeur et ami Flecha, je vis, assise à côté d’un tambour, une très jolie femme métisse, très brune, au visage fin et aux très longs cheveux noirs et bouclés. Elle me regarda en souriant et en battant le rythme pendant que je m’essoufflais à exécuter quelques mouvements indiqués par Flecha, sur la musique des tambours de son groupe Wemilere presqu’au grand complet – c’était aussi un jour de répétition -. Puis elle me manifesta par le regard le désir de danser avec moi, se leva et commença une rumba.

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Je fus d’abord très gêné, car je me rendis rapidement compte que cette très jolie femme était aussi une excellente danseuse, et que je n’étais qu’un vieux débutant. Mais cette impression très pénible de ne pas « faire le poids » fut rapidement dissipée par les amicaux encouragements prodigués par Flecha et Papucho, par le rythme obsédant des tambours de Wemilere, et surtout par le constant soutien amical de ma partenaire, qui ne manqua pas une seule occasion d’exprimer son approbation et son plaisir devant mes très pauvres et très imprécises tentatives chorégraphiques.

J’arrivais donc, un peu rassuré, à la fin de cette rumba mémorable. Je sortis un instant dans la cour de l’ADEM pour y fumer une cigarette, et j’y retrouvais ma charmante et amicale partenaire qui partageait ce petit vice avec moi. La conversation qui s’engagea alors donna à peu près ceci :

(Moi) – Tu aurais une cigarette pour moi ? Je les ai oubliées.
(Elle) – Oui, bien sur, tiens.
(Moi) – Dis donc, tu danses drôlement bien !! Ca fait longtemps que tu fais de la rumba ?
(Elle) – Oui, j’ai appris toute petite, à Cuba.
(Moi) – Ah, bon !! Tu es cubaine ?
(Elle) – Oui, je viens de Cienfuegos.
(Moi) – Et ça fait longtemps que tu es en France ?
(Elle) – A peu près quinze ans. J’habite Toulouse.
(Moi) Ah bon. Et il y a des bons profs de salsa, là- bas ?
(Elle) – Oui, c’est assez actif, très jeune. Ca bouge bien.
(Moi) – Et comment tu t’appelles ?
(Elle) – Madeline.
(Moi) – Madeleine ?
(Elle, toujours souriante) – Non, Madeline. Madeline Rodriguez.

Si la lumière avait un peu tardé jusque-là à se faire dans mon esprit enténébré, elle le fit à ce moment avec la force de l’éclair. Je fus comme foudroyé par un sentiment mêlé de surprise, de joie, et aussi de honte devant mon ignorance crasse et la naïveté de mon comportement. Mais je conçu également depuis ce moment un très fort sentiment de reconnaissance et d’affection pour Madeline. Celle-ci n’était pas seulement une grande danseuse, mais aussi une femme gentille, simple, généreuse et patiente.

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C’est pourquoi, lorsqu’un an plus tard j’entrepris la réalisation de ma série de documentaires sur les danseurs d’afro-cubain en France, Madeline figura tout naturellement en tête de mes priorités. Je repris contact avec elle – grâce notamment à mes amis de FiestaCubana – et je fus l’interviewer, la photographier et la filmer à l’occasion du festival CubanAlpes des 22 et 23 Janvier derniers à Grenoble. J’ai le plaisir de vous livrer ici le résultat de ce travail.

Diplômée de L’Ecole Nationale des Arts de la Havane en danse afro-cubaine et traditionnelle, ex-première danseuse du ballet Guanaroca de Cienfuegos, Madeline est arrivée en France en 1994. Elle s’est installée à Toulouse où elle poursuit une activité de danseuse, de chorégraphe, d’enseignante qui l’amène à se produire dans de très nombreux festivals, stage et spectacles de danse cubaine partout en Europe et dans le reste du monde. Le couple artistique qu’elle forme avec Mario Charon constitue une référence majeure pour les amateurs européens de Son et de Salsa.

Comment es-tu arrivée à la danse ?

Dans ma famille, personne ne dansait, mais depuis toute petite, j’aime danser. Je ne faisais que danser, danser… Ma mère disait :  » C’est la danseuse de la famille ». On me faisait danser devant les repas de familles.

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Et à l’Afro-cubain ?

Je baigne dans la danse folklorique afro-cubaine depuis que je suis née. Je vivais dans un quartier où toutes les semaines il y avait des cérémonies religieuses. Toute petite, je dansais avec les tambours et j’ai acquis depuis ce moment les réflexes de la danse afro-cubaine. Bien sur, ensuite je l’ai étudiée professionnellement, mais j’avais déjà intégré beaucoup de choses depuis mon enfance.

Peux-tu évoquer quelques souvenirs de ta scolarité à l’ENA ?

C’était une période heureuse de ma vie. Je n’ai eu que des bons souvenirs. J’étais avec mes camarades de classe, on dansait, on riait.

Ma professeur préférée, que j’ai beaucoup admirée et dont je me suis beaucoup inspirée dans ma danse, s’appelle Nieves, Nievecita. C’est elle qui m’a enseigné l’afro-cubain. C’était une personne âgée, mais avec beaucoup de talent, de connaissances, d’énergie. Quand elle dansait, elle rentrait dans son personnage, elle était possédée. Elle avait aussi une technique formidable de la danse. Je pense encore souvent à elle.

Ma thèse de fin d’études a été un grand souvenir. C’est la que l’on montre tout ce que l’on a appris à durant la scolarité. C’est un moment déterminant. A l’ENA, on fait de tout : de la danse classique, moderne, des danses sociales, de l’afro-cubain, et à la fin on choisit une matière. Ma thèse était une chorégraphie de danse contemporaine décrivant les différentes étapes de la vie, depuis la naissance jusqu’à la mort. J’étais évidemment très tendue, puis très soulagée et heureuse, ainsi que mes professeurs, quand le jury a apprécié mon travail.

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Quel est le spectacle dont tu es la plus fière ?

C’était au théâtre-hôtel de Cienfuegos. J’ai été la première à y danser une œuvre afro-cubaine contemporaine intitulée La India Guanaroca. Celle-ci évoque les indiens qui habitaient dans cette région de Cuba avant la colonisation espagnole et qui lui ont résisté. C’était juste après mon diplôme, j’étais venue faire mes deux années de service social dans la ville et on m’a proposé de danser ce personnage.

Quels sont tes meilleurs souvenirs en Europe ?

J’ai fait beaucoup de tournées avec l’association Cubamemucho, ce qui m’a permis de rencontrer de très grands artistes et danseurs. Cela me fait plaisir de voir que l’on aime ces danses dans de nombreux pays en Europe, par exemple dans les pays de l’est, comme en Russie. La Russie est un pays fort, qui était très présent à Cuba, et je suis heureuse de voir autant d’Européens – disons-le clairement, de Blancs – s’intéresser à ma culture afro-cubaine, partout où je vais l’enseigner

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Et en France ?

Mon meilleur souvenir est la naissance de mes enfants : Milena, Rosana et Victor. Cela a été énorme pour moi.

J’ai aussi des anecdotes amusantes par rapport à l’apprentissage du Français, une langue très belle, mais également très difficile à apprendre. Par exemple, je croyais que le mot piña (ananas) se traduisait naturellement par « pine » en français : Un jour, j’étais au restaurant, et j’ai demandé au serveur : « vous avez de la pine, pour moi ? Oui madame, est-ce que vous la voulez avec ou sans les c… ? ».

Toulouse est une ville qui me correspond beaucoup, où j’ai trouvé beaucoup de chaleur humaine, et qui bouge beaucoup aussi. En 1994, il y avait là-bas quatre cubains au maximum. Maintenant, il y en a peut-être mille. Il y avait peu de monde qui s’intéressait à l’afro-cubain il y a 15 ans, quand j’ai commencé à essayer de l’implanter dans la ville rose. Mais j’ai lutté, j’ai lutté, et cela me fait plaisir de voir que cela a pris de l’ampleur.

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Peux-tu parler de ta collaboration avec Mario Charon ?

Mario a été ma meilleure rencontre artistique de ces dernières années. Il est ancien premier danseur du Conjunto Folklorico de Santiago de Cuba. Je cherchais un partenaire de danse depuis assez longtemps, et j’ai trouvé cette complicité avec Mario. C’est au cours du festival Aqui Cuba à Rennes que je l’ai rencontré, il y a 4 ou 5 ans. On nous a proposé de danser ensemble alors que nous ne nous connaissions pas. Et j’ai immédiatement senti une forte connexion avec lui. Je voulais rester collée dans ses bras. Et depuis, nous nous entendons très bien. Que cela soit au niveau du guidage, de la compréhension ou du travail chorégraphique, cela passe tout seul. On met un peu de lui, un peu de moi, et ca fait quelque chose de bien.

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Quelles sont tes villes préférées ?

Je suis de Cienfuegos, plus exactement de Cruses, un petit village de la province de Cienfuegos. Bien sûr, j’aime ma ville d’origine. Mais cela fait des années que je suis en France et je me sens Toulousaine. Pour moi. Cienfuegos et Toulouse sont un seul pays, un seul peuple, je suis à la fois de Cienfuegos et de Toulouse.

J’aime beaucoup La Havane aussi, où j’ai beaucoup d’amis, comme Juan de Dios Ramos, le directeur du groupe folklorique Raices Profundas. Au cours des quelques semaines que Julien et moi venons de passer à Cuba, cet homme merveilleux de noblesse et de modestie, qui connaît tout le monde là-bas, nous a fait découvrir de nouveaux quartiers de cette ville, comme la Corea. C’est un faubourg pauvre, très excentré, mais où il y a une ambiance d’enfer. Nous avons dansé et joué la rumba comme des fous.

Quels sont tes Orishas préférés ?

J’aime tous les Orishas, mais ma préférée est Yemaya. Parce que c’est moi, c’est mon Orisha, mon sang, je me sens bien quand j’interprète Yemaya. Je suis entièrement dedans.

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Quels sont les principaux traits de caractère de Yemaya ?

Il y en a plusieurs – la douceur, l’énergie, la nervosité aussi. C’est la mer dans tous ses états qui se transpose dans son caractère. Elle est douce comme une mer calme, mais peut aussi s’agiter pour finir par une terrible tempête.

Quelles sont les principales difficultés techniques pour interpréter ce rôle ?

La principale difficulté est de rentrer dans le personnage. On peut acquérir les pas, la technique en travaillant, mais le plus difficile est de rentrer dans l’expression du personnage, et ce quel que soit l’Orisha. Quand je danse Yemaya, ou un autre Orisha, je suis ailleurs, comme dans une transe, mon corps est comme possédé.

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Quels sont tes souhaits pour le développement de l’afro-cubain en Europe ?

Le travail de danse afro-cubaine est absolument fondamental pour bien danser la Salsa, le Cha-cha-cha, le Mambo, le Mozambique. Cela permet de libérer le corps et je suis contente de voir que cela prend de l’ampleur. Mais il faut laisser travailler les gens qui connaissent vraiment le sujet, qui ont des années d’étude, des diplômes… il y a beaucoup de gens qui profitent de notre culture cubaine pour faire de l’argent. Ils arrivent, disent « je suis prof », et ils font n’importe quoi. Il faut arrêter cela.

Quels sont tes projets actuels ?

Je vais faire un travail chorégraphique sur la rumba avec Mario et sur l’afro-cubain contemporain. J’ai un projet avec Julien Garin, qui est aussi mon compagnon, pour associer l’afro-cubain et le contemporain, autour notamment du personnage de Yemaya. Bien sur, je vais aussi continuer le Son.

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Peux-tu nous parler du projet Okotodanse ?

Okoto veut dire « Yemaya dans tous ses états ». Cela va du calme de la mer plate à la tempête déchaînée. Il s’agit d’un projet que j’ai mis en place à Toulouse pour y développer la culture afro-cubaine en faisant des échanges culturels entre Cuba, Cienfuegos et Toulouse, dans touts les domaines d’expression artistique et populaires afro-cubains : groupes de danse modernes et anciens, danse, musique, littérature, arts plastiques..

En deux mots, qu’est-ce que tu cherches à développer en priorité chez tes élèves ?

Qu’ils fassent appel à leur instinct de la danse. Qu’ils se lâchent, en essayant de ne pas trop réfléchir.

Propos recueillis par Fabrice Hatem

Pour visionner l’intégralité de l’entretien avec Madeline Rodriguez : Cliquez ICI.

 

 

Madeline Rodriguez : Jeter un pont entre Toulouse et Cuba

GIRALDO PILOTO conduit KLIMAX au sommet de la Timba : « Libertad y Cubania »

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Les faranduleros avisés qui reviennent récemment de Cuba n’ont pas manqué de remarquer que la donne a changé à La Havane. Une matinée déchaîne les passions et est devenu le rendez-vous des connaisseurs. Lazarito Valdes, Alexander Abreu, Elito Revé, Tania Pantoja aiment rejoindre sur scène le père de la Timba : Giraldo Piloto !

KLIMAX reviennent en France dans quelques jours, ne les ratez pas :
24 MARS RENNES LE NOROIT (SHOW CASE)
25 MARS GUILERS BREST BRETAGNE (LA CIGALE)
26 MARS ARGENTEUIL (FESTIVAL CARIBEDANZA)
27 MARS BORDEAUX (AMADEUS SONG)
30 MARS FONTAINEBLEAU (LE BILL’ART)
31 MARS TOULOUSE (LE PALACIO DE LA SALSA)
01 AVRIL MONTPELLIER (LE SPOT)
02 AVRIL LE MANS (EUROPA LE MANS)

David Calzado lui doit son premier succès avec La Charanga Habanera : Giraldo Piloto lui avait légué « Me Sube La Fiebre » et « Mi Estrella » ! El Tosco le choisit comme premier batteur de NG La Banda ! Issac Delgado lui doit le début de sa carrière solo grâce à sa direction musicale et ses compositions.

Ce musicien éclectique est sans nul doute l’un des parrains de la Timba et du Jazz Afro-Cubain. Il a désormais choisi son camps et KLIMAX vont faire de l’ombre aux autres groupes: KLIMAX est de retour pour vous faire danser et pour vous époustoufler !

Avec son « Tranquilo que yo controlo » Pupy avait su éclipser en 2008 l’excellent CD de Klimax « Solo Tu y Yo » ! Mais la roue tourne ! Désormais KLIMAX est avec Habana D’Primera l’orchestre le plus en vue, le plus impressionnant ! Avec les 2 ex-charangueros sur scène, Noel Diaz « El Hombre Elastico » et Leo qui font un show hallucinant, KLIMAX est de nouveau au sommet et La Charanga Habanera n’a qu’à bien se tenir.
Klimax sont de nouveau à la mode avec leur hommage à Michael Jackson et leur nouveau tube « Lola ».

Après de nombreuses années d’attente, Klimax est en tournée européenne pour notre plus grand plaisir. Le 2 Juillet à Cannes, le 4 Juillet 2010 à Montpellier (Arènes de Maugio), le 18 Juillet 2010 à La Seyne-sur-Mer.

Giraldo Piloto nous a accordé une interview exceptionnelle où il a partagé avec nous sa carrière, sa vision de la musique et ses projets.

L’INTERVIEW

Publiée initialement le 29 Juin 2010

www.fiestacubana.net vous offre une interview vidéo exclusive de Giraldo Piloto, le directeur de Klimax dans le patio de la Casa De La Musica de Miramar. Il se livre petit à petit et nous confie sa nouvelle vision pour Klimax.

Klimax est entré dans une phase très intéressante de son histoire : actuellement ce groupe sonne merveilleusement bien, avec une musique complexe et sophistiquée mais qui s’est adaptée à la mode, aux sonorités populaires et Klimax remplit désormais la Casa De La Musica de fanatiques.
Piloto nous confie que Klimax avait initialement destiné sa musique à tous les publics. Selon lui, le plus difficile lors de la formation d’un orchestre est de définir une ligne de travail.

Il venait de 2 groupes antérieurs, NG La Banda et le groupe d’Issac Delgado, où son objectif avait été de composer pour des chanteurs : pour Toni Cala dans NG La Banda et ensuite Issac Delgado en solo.

Quand il fonde Klimax, il décide de créer une musique non plus seulement pour des chanteurs spécifiques mais pour que les chanteurs mais aussi tous les musiciens en jouissent pleinement ainsi que le public. Comme tous ses musiciens avaient tellement d’expérience de se présenter dans les festivals en Europe et ailleurs, ils ont découvert qu’en Europe il y avait un courant très fort d’associer le Latin-Jazz avec la musique populaire dansante. Si bien qu’en tant que musiciens ils ont fusionné ces 2 musiques.

Mais en ce moment ces deux répertoires sont de nouveau séparées.
Klimax fait aussi des concerts de Latin-Jazz mais ils savent désormais quand et ou ils peuvent le faire. De Klimax ont appris comment et quand ils devaient devait jouer de la Salsa. Du fait d’avoir su séparer ces 2 courants, Klimax a obtenu une meilleure acceptation par le public, surtout à Cuba où les danseurs sont extrêmement exigeants. Si bien que Klimax a dû définir clairement son positionnement musical : la musique que Klimax joue à La Casa De La Musica est désormais destinée à 100% aux danseurs pour notre plus grand bonheur.

Les timberos de La Havane ne s’y sont pas trompé et l’on retrouve fréquemment Lazarito Valdes et Tania Pantoja de Bamboleo, Alexander Abreu ou même Elito Revé sur la scène de Klimax.

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Le niveau musical est a son sommet et l’inspiration transpire de chacun des musiciens, parmi lesquels le pianiste et le bassiste collabore aussi avec le meilleur groupe du moment « Habana D’Primera)

En 2008 sort le CD « Solo Tu Y Yo » : c’est l’un des meilleurs disques de Klimax pour les danseurs avec des invités vedettes comme Omara Portuondo et Pablo Milanes.
La musique de Klimax continue d’évoluer dans un style encore plus américain, dans une direction R’n’B et Funk.

KLIMAX – « La Permuta »

 

La venue de 2 Charangueros, Noel Diaz « El Hombre Elastico » et Leo (ex-Los Angeles De La Habana) apporte
cette touche spectaculaire et moderne après le départ de Juan Carlos Echevarria.

LEO – NOEL – REINIER

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Reinier s’est maintenu dans son rôle de Timbero avec une voix aux accents lyriques. Son jeu de scène explosif assure un spectacle plein de rebondissements.

Un quatrième chanteur est venu renforcer la première ligne en la personne d’Oscar, un jeune chanteur de 19 ans, qui avec une voix impressionnante interprète l’hommage à Michael Jackson et plait beaucoup aux jeunes salseras.

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HOMMAGE à MICHAEL JACKSON « Black or White » interprété par Oscar (Vidéo PascualitoFC) :

Ces 4 chanteurs assurent un spectacle époustouflant tant sur le plan vocal que chorégraphique et chaque protagoniste charismatique repousse plus loin ses propres limites, le tout dans une grande complicité collective qui s’adresse tout autant aux jeunes midinettes qu’aux quadragénaires fanatiques de la Timba de Klimax.

 

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Noel Diaz a pris une position de leader sur scène, par ses capacités chorégraphiques et acrobatiques mais il a su aussi s’imposer comme chanteur à part entière. Sa nouvelle chanson « Lola », qui s’inspire momentanément du classique d’Aragon « Preguntame Como Estoy », fait feu et flamme à La Havane :

La Discographie

 

Giraldo Piloto confirme que Klimax fut fondé en 1995. Il s’agit d’une grande époque pour Klimax avec les chanteurs Ernesto Manuitt, Alexander Diaz, Manuel Denis. Klimax apparait à l’apogée de la Timba Cubana, aux cotés de La Charanga Habanera.

Le premier CD « Mira si te gusta » est sorti en 1996 avec des succes comme «Catarro Chino », « Una Corazonada », « Yo no quiero encontrarme contigo », et le tube « Consejo a una amiga ».

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En 1997 sort le CD « Juego de manos » avec les morceaux « Aun Asi », « Zorreando » et « Cuba ».

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Klimax participe la même année à l’enregistrement d’un concert aux côtés notamment de Manolito y su Trabuco. Le CD live sort sous le titre « Concierto EuroTropical en La Habana » et il inclue une version mythique de « Catarro Chino » et de « Consejo a una amiga ».

En 2000 Klimax produit son 3ème CD « Oye Como Va » qui continue la voie Timbera mais avec un hommage à la Salsa et au Mambo de Tito Puente, et au Latin-Jazz.

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Klimax sort aussi un album d’Afro-Cuban Jazz sous le titre « Klimax & Friends » avec Chucho Valdes, Changuito, German Velazco, Julio Padron, etc…

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Plus recemment Klimax entre dans une nouvelle ère, encore plus actuelle et dansante avec le CD « Nadie Se Parece A Ti » en 2004 où on remarque la participation de Robertòn sur une Conga enrichies « La Mujer Perfecta », et une collaboration avec Cubanito 20.02 sur un Reggaeton survitaminé, mâtiné de Jazz et de Funk.

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En 2008 Klimax revient en force avec le magnifique CD « Solo Tu Y Yo» que chaque Timbero devrait avoir dans sa collection. « La Permuta », « Solo Tu y Yo » avec Omara Portuondo, « Dale Cuatro Malas », « Rosita y Laura » avec Pablo Milanes, “La Tentacion” sont de belles compositions où la musique de Klimax est à la fois magnifiée et taillée pour la piste de danse cubaine.

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Piloto & Vera : histoire d’un héritage et d’une homonymie.

Le dernier CD « Solo tu y yo » sort en 2008. Le CD reprend le titre d’une chanson de Giraldo Piloto y Alberto Vera, 2 compositeurs célèbres des années 50-60. Cette chanson était déjà interprétée par Omara Portuondo et c’est en hommage à son père que Giraldo Piloto Jr enregistre régulièrement des œuvres de ce binôme de compositeurs.
Bien que son père meure alors qu’il avait seulement 5 ans, Giraldo Piloto a baigné dans sa musique paternelle grâce à sa mère, elle-même professeur de piano et d’accordéon et chanteuse à ses heures. Leur maison regorgeait des disques des nombreux interprètes de ce répertoire si riche et Giraldo nous confie qu’il accompagnait parfois à la guitare sa mère chantant ce répertoire de Piloto & Vera.

Toutefois Giraldo nous clarifie que Alberto Vera n’est qu’un homonyme et n’avait pas de relation familiale avec le célèbre Leo Vera, un des chanteurs auquel il avait dédié des chansons au sein de Klimax et de La Charanga Habanera.
Curieux hasard du destin tout de même ! On avait connu le binôme Enrique Bonne & Pacho Alonso qui tous deux furent les pères d’interprètes majeurs de la Salsa Cubaine contemporaine, Angel Bonne et Pachito Alonso. Le comble eut été de retrouver le binôme Piloto & Vera en Timba , non ?

Interview – Partie 2

Piloto y Vera furent les compositeurs de succès de La Orquesta Aragon, comme « La Guajira con Tumbao », de Pacho Alonso, Pello El Afrokan (le père du rythme Mozambique), des artistes du mouvement du Filin’ comme Omara Portuondo, Malena Burke, Moraima Secada, (ex-membre de Anacaona et Cuarteto d’Aida) et d’autres artistes Salseros comme Ruben Blades qui reprit le morceau « Y Deja », interprété initialement par Los Zafiros en Bossa Nova, et le morceau « Duele ».
Pour Giraldo Piloto Jr., ce fut un rêve d’offrir à Omara Portuondo cette opportunité de défendre à nouveau son succès de 1966, « Solo Tu Y Yo » et de donner au disque le nom de cette magnifique chanson.

Klimax a enregistré d’autres morceaux de Piloto y Vera comme « Fidelidad » sur le CD « Juego de Manos ». Giraldo nous a confirmé son intention de restaurer cet héritage musical dans quasiment chacun de ses disques. Selon lui, il s’agit de chansons qui vont rester à travers les siècles.

Pour le prochain disque de Klimax, Piloto prévoit d’enregistrer le tout premier morceau signé par Piloto y Vera, « Hay Que Recordar », un Boléro arrangé de manière contemporaine, une fusion orientée vers la Pop.

L’éducation musicale de Giraldo Piloto

Giraldo Piloto nous rappelle qu’il a commence par jouer au piano et a la guitare avec sa mère. Il reçut une batterie de son père a l’âge de 5 ans. Il commence sa carrière académique au conservatoire Alejandro Garcia Caturla à La Havane et puis il entre ensuite à l’ENA (Escuela Nacional de Arte) do0nt il sort en 1980. Il y reçoit principalement une éducation musicale classique.
Entre son oncle, Guillermo Barreto, l’un des principaux batteurs à Cuba (Tropicana, Orquesta Cubana de Musica Moderna, Tipica73, etc.) et ses différents professeurs a l’école et la formation reçue au sein de l’orchestre du Tropicana (dans lequel Giraldo est resté 7 ans), Giraldo Piloto a reçu une masse d’information impressionnante sur le Folklore Afro-Cubain, sur la musique traditionnelle cubaine. En bref, le jeune Giraldo Piloto Jr. reçoit la connaissance de sa mère, la composition de son père, l’enseignement pratique de son oncle, de ses professeurs et du Tropicana. Tout ce riche héritage lui servira pour développer sa carrière d’arrangeur, de compositeur et de directeur d’orchestre.
Même si Giraldo Piloto se révèle être un compositeur prolifique, il commence par la percussion. C’est l’un des meilleurs batteurs de Cuba (Président du Festival Fiesta Del Tambor depuis 2000, il collabore avec Herbie Hancock et Chucho Valdès) dont le jeu imprime sa marque auprès de ses contemporains de la Timba. Il est diplômé de percussion de la ENA et rentre comme batteur dans l’orchestre du Tropicana.

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Le vice des arrangements et de la composition le gagne petit à petit et il apprend sur le tas ces nouvelles palettes de son talent. En effet, les écoles des arts a Cuba ne permettait pas de jouer ou de développer la Musique Populaire Dansante. Du coup il s’enferme à la maison avec la guitare, il expérimente et il apprend les harmonies les plus contemporaines, il cherche comment placer les mambos (les riffs) de cuivres, il recherche sa ligne directrice de compositeur.

Les débuts de NG La Banda et de la Timba !
Apres 7 ans dans l’orchestre du Tropicana, son premier travail, Giraldo Piloto fonde (avec Jose Luis Cortes, Feliciano Arango, German Velazco, Elpidio Chappottin, Argudin, etc. ) NG La Banda en 1988. Il nous raconte qu’El Tosco (Jose Luis Cortes) avait commencé à travailler au Tropicana car, comme Chucho Valdes de Irakere lui avait confie le Baryton, El Tosco avait dû se familiariser avec cet instrument et il a profité de ce que sa femme de l’époque était danseuse du Cabaret le plus célèbre au monde pour s’y introduire et développer la pratique de ce nouvel instrument. A ce moment là Giraldo Piloto était le batteur du Tropicana et il avait aussi monté un petit groupe avec certains des musiciens du Cabaret. El Tosco l’avait remarqué comme un batteur doué et il lui proposa de rejoindre NG La Banda dès sa création.
Même si beaucoup d’historiens attribuent à NG La Banda (Jose Luis Cortes), à Irakere (Chucho Valdes) et à Opus 13 (Joaquin Betancourt, ) la paternité de la Timba, Piloto nous apprend que les vraies racines de la Timba doivent se rechercher des les années 1973-1975.
Piloto nous explique d’où vient la confusion généralement commise : à l’origine de la Timba, la ligne de la batterie et de la basse furent empruntées à d’autres genres musicaux bien établi à Cuba comme le Songo (rythme développé par Jose Luis Quintana « Changuito » au sein de Los Van Van) mais avec NG La Banda cette ligne est rompue ! Feliciano Arango et Giraldo Piloto ont eu l’idée d’incorporer dans leur jeu les patrons de la musique Américaine, Brésilienne et Latina. En tournée au Panama ils découvrirent ce qui se passait avec le Reggae et les débuts de Reggaeton (« El General » de Panama). De ce fait NG La Banda a changé la manière de jouer la musique cubaine. Le Funk a eu une importance capitale dans cette nouvelle musique. Comme le souligne Piloto, la batterie est un instrument Nord-Américain qui est dédié au Jazz, au Pop, au Funk, au R&B et les musiciens de NG La Banda aimaient beaucoup Earth Wind & Fire, Chicago, Blood Sweat & Tears. Du coup ils ont intégré ce courant musical qui les poussait très fort dans la musique populaire cubaine.

Interview – Partie 3

La Collaboration avec ISSAC DELGADO

Le premier morceau compose par Giraldo Piloto pour NG La Banda fut « Te Confunde Ser Esa Mujer ». Cette chanson était interprétée par Toni Cala mais Isaac Delgado l’adorait et il la chantait de manière tout aussi belle.
Piloto compose aussi la chanson « Llegar a ti » qui n’a pas connu le même succès.

 

A ce moment Isaac Delgado fonde son orchestre et demande à Giraldo Piloto de lui composer des morceaux et de le rejoindre dans son groupe. Piloto lui répond qu’il se sent bien dans NG La Banda. Il lui promet cependant de lui offrir des morceaux et de lui faire des arrangements et lui assure qu’il peut compter sur lui. Issac lui répond qu’il sait qu’un jour ou l’autre Giraldo s’en ira de NG La Banda et Issac lui promet en retour de lui garder une place au chaud dans son groupe.
C’est effectivement ce qui succéda un an plus tard. Giraldo aide Issac à sortir son premier CD « Dando La Hora » mais il intègre le groupe pour l’un des meilleurs CD d’Isaac Delgado « Con Ganas » ou l’on retrouve le célèbre morceau de Piloto « El 443025 ».

Piloto nous confie que le travail préparatoire à l’enregistrement de ce CD fut intense, tant sur le plan des répétitions que sur le plan de la composition des coros. Ils profitèrent d’une tournée de 2 mois à Cancun dans la fameuse discothèque Azucar (rendue célèbre par la chanson Disco Azucar de Los Van Van) pour finaliser et peaufiner le répertoire. Toutefois, pour la chanson « El 443025 », Giraldo Piloto n’a fini les arrangements que la veille d’entrer en studio sur les serviettes en papier de l’aéroport : Piloto entre aux studios avec ces feuillets en proclamant qu’il était sûr que ce morceau allait devenir très populaire. L’avenir lui donna raison et ce fut un heureux hasard car ce morceau n’était pas prévu initialement pour ce CD mais pour le prochain. « Con Ganas » restera probablement le meilleur CD de Timba d’Issac Delgado qui explorera ensuite d’autres sonorités plus salsera, plus jazzy ou même plus « Trovadora ».
Giraldo Piloto avait pris la place de directeur musical du groupe d’Issac Delgado et il était en charge de définir la ligne des arrangements musicaux.

 

La Collaboration avec DAVID CALZADO de LA CHARANGA HABANERA

Piloto compose aussi l’un des tout premiers succès de La Charanga Habanera : « Me Sube La Fiebre » (Fiebre de Amor) qui donnera son nom au premier CD de David Calzado comme directeur de la première formation Timbera de Cuba. Ce morceau est repris sur le 2eme CD avec notamment un autre titre légendaire de Piloto « Mi Estrella » interprété par Leo Vera et le morceau « Pelirroja ».
Issac, à ce moment là, s’étonne de ce que son directeur musical compose 3 morceaux pour La Charanga Habanera. Mais Piloto se sent libre comme artiste et comme compositeur de travailler pour d’autres, d’autant plus si ses œuvres trouvent leur assentiment.

La Collaboration avec LEO VERA & CARLOS CALUNGA

Piloto nous rappelle sa collaboration avec Leo Vera, l’un des tout premiers Timberos doté d’une voix étincelante. Il interpreta au sein de La Charanga Habanera la chanson « Mi Estrella » qui fut reprise ensuite par La Charanga Habanera et Leonid Torres sur l’album « Charanga Light » mais aussi sur le CD « Oye Como Va » de Klimax où Piloto l’invite à chanter. Leo non seulement chante mais il va servir de mentor aux autres jeunes chanteurs, il leur fournira des coros et les aidera dans leur interprétation : la marque des grands ! Piloto qualifie l’art de Leo Vera de transcendance !

Apres leur premier CD, Alexander Diaz quitte Klimax et Piloto organise une audition pour le remplacer. Parmi les candidats viennent Carlos Calunga avec un style Sonero et un grand auteur-compositeur-interprète Julio Fowler plus romantique. Comme Ernesto Manuitt chantait déjà dans un registre plus romantique, Piloto se décida pour Carlos Calunga alors qu’il est encore inconnu à Cuba. Le morceau « Juego de Manos » fut le titre qui l’a lancé. Piloto se rappelle d’ailleurs que ce morceau sert encore beaucoup dans les académies de danse en Europe pour monter des spectacles ou des ruedas de Casino.

 

Interview – Partie 4

La Collaboration avec ALEXANDER DIAZ, MANUEL DENIS & YUSEF DIAZ

Piloto fonde Klimax avec les chanteurs Ernesto Manuitt, Alexander Diaz et Manuel Denis. Alexander Diaz quitte Klimax après plus d’un an pour être remplace par Carlos Calunga.
Manuel Denis quittera Klimax quelques années après.pour former DENIS Y SU SWING. Il restera celebre pour sa chanson fetiche « Yo quiero encontrarme contigo » qu’il enregistre sur le premier CD de Klimax « Mira si te gusta » mais aussi sur son premier CD en solo « Nunca Pesca’o Siempre Tiburon ».
La musique de Klimax a toujours ete complexe, sophistiquee. Toutefois Ernesto Manuitt ou Manuel Denis apportaient une touche romantique, ne serait-ce au début de chacune des chansons qui se transformait ensuite en un déchaînement de Timba.

Leur musique est a la fois riche sur le plan rythmique, soutenu par une batterie, des timbales et des congas, et sur le plan harmonique. Les compositions explorent des univers harmoniques et sonores inédits dans la musique populaire cubaine. Giraldo Piloto et son gout pour le Jazz, la Pop et la musique afro-américaine en sont les responsables. Mais la collaboration avec le clavier Yusef Diaz est déterminante pour affirmer et maintenir le style mélodico-harmonique de Klimax.

YUSEF DIAZ

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Giraldo Piloto nous rappelle que Yusef Diaz est la main droite de Klimax. C’est avec Piloto, l’unique fondateur qui soit resté. Il s’est aussi converti en l’un des principaux producteurs à Cuba qui réalise des arrangements spectaculaires. La collaboration avec Giraldo a été quasiment immédiate. La seule et unique fois que Piloto a demandé à Yusef Diaz de changer son arrangement fut lors de son tout premier. Il s’agissait du morceau « Juana Cha » sur le CD « Mira si te gusta ». Yusef fit un deuxième arrangement qui fut enregistre sur le disque. Depuis Yusef a maintenu le concept original de Klimax jusqu’à aujourd’hui. Comme le dit Piloto, Yusef Diaz est un « monstre » de musique. Avant de rejoindre Klimax, Yusef Diaz avait fait des arrangements pour des chanteurs du mouvement de la « Trova ». Toutefois il portait en lui la Clave, la ‘Cubania’, les tumbaos, le don d’improviser… Le clavier dans Klimax sert surtout à imiter le son du
Tres, cet instrument traditionnel de la musique cubaine. Mais au delà de ce travail, Yusef apportait une saveur toute personnelle, d’autant plus que les arrangeurs comme lui n’écrivent pas toujours tout.

 

L’IDENTITE DE KLIMAX

La musique de Klimax est riche, complexe et sophistiquée. Elle se caractérise par une omniprésence de la section rythmique, puissante d’autant plus qu’elle est complète avec une batterie, des timbales et des congas. La cadence est souvent assez rapide et les rythme sont très enrichis d’influences non seulement cubaines mais aussi caribéennes ou nord-américaines. La virtuosité de Giraldo Piloto à la batterie s’y exprime pleinement, la percussion remplit tout l’espace et la rythmique est toujours accompagnée de nombreux détails, de décorations percussives qui donnent à cette musique beaucoup de saveur. L’autre caractéristique est le travail harmonique et sonore des claviers et des cuivres qui s’inspirent eux aussi du monde caribéen, du Jazz et du Funk. Cette musique est tellement riche, parfois trop, comme une sauce pleine d’innombrables ingrédients dont les gouts s’entremêlent au palet. Cette musique a parfois dérouté son public peu habitué à tant de débauche musicale et plus préoccupé par sa danse.

Piloto nous confirme que l’essence de Klimax n’a pas changée mais qu’il a baissé un peu la barre pour les danseurs. Autrefois Klimax composait pour tous les publics à la fois mais désormais les répertoires sont séparés, un pour les amateurs de Jazz et un autre pour les danseurs.

Toutefois Giraldo Piloto a toujours refusé de sacrifier la qualité musicale pour l’aspect commercial.

Depuis le début il a toujours voulu proposer au public une musique qui soit a la fois agréable à danser et belle à écouter. Sa préoccupation fut toujours de satisfaire un public de danseurs mais aussi de musiciens, de journalistes ou même de personnes recherchant des spectacles. Piloto considère que l’apport de Klimax fut de refuser les concessions musicales pour arriver coûte que coûte. Ils continuent de faire leur musique avec leur cœur.
Selon Piloto, il est important que le public s’éduque, apprenne, quelles que soient les modes. Il revendique le fait que si certaines musiques peuvent se faire de manière facile, elles peuvent aussi s’enrichir en se complexifiant. L’important étant que tout le monde profite d’une musique de grande qualité.

Rappelons que Klimax a expérimenté d’autres genres musicaux comme la Conga avec « la Chica Perfecta » et le Reggaeton « La Mujer Piropo » sur le CD « Nade se parece a ti ».
Le propos de Piloto et de Klimax n’est pas de se cantonner à un rythme mais d’enrichir ceux auxquels ils se dédient.

 

Interview – Partie 5

LE DERNIER CD « SOLO TU Y YO »

Le dernier CD de KLIMAX “Solo Tu Y Yo” a malheureusement été éclipsé par le chef-d’œuvre de Pupy y Los Que Son Son “Tranquilo Que Yo controlo” , Tous deux sortis du label EGREM. Pourtant ce CD de KLIMAX est probablement l’un des meilleurs, l’aboutissement d’une mutation sans reniements qui a ramené Klimax aux danseurs de Salsa. Le titre de l’album doit son nom à la chanson de Piloto y Vera interprétée une nouvelle fois par Omara Portundo de manière exceptionnelle, délicate et profonde.

Le thème « La Permuta » s’agit d’une chronique sociale qui parle de la difficulté de déménager à Cuba et de la permutation des appartements imposée par les lois sur la propriété des habitations dans la république socialiste. Ce morceau très enlevé est une Timba bien représentative du style contemporain de Klimax avec une construction intelligente, un assemblage de sonorités modernes et de références au R&B, une montée en puissance imparable ponctuée par des changements de climats qui rendent cette musique toujours surprenante et passionnante, pleines de surprises.

Le CD offre une chanson douce et consciente, « Rosita y Laura », à Pablo Milanes, l’un des pères de la Nueva Trova, et une Salsa romantique, émouvante et épicée, « Tu No Eres », à sa fille Haydee Milanes.

 

 

L’un des tubes qui s’est imposé sue les pistes de danses est « Dale Cuatro Malas », un titre emprunté aux tactiques du Baseball, « La Pelota », le sport national a Cuba. Cette Timba explosive de Klimax utilise l’habituel double-sens du jargon Salsero pour parler de l’amour en se référant au Baseball. « Dale Cuatro Malas » consiste à laisser passer son tour à une personne, à ne lui prêter aucune attention. Cette chanson s’adresse à de nombreuses femmes cubaines qui peuvent être excessives, autoritaires, fortes de caractere. Dans ce genre de situation, certins disent « Dale Cuatro Malas » pour dire « laisse tomber », « laisse passer », « Ne fais pas attention », l’important étant le couple et le partage.

J’ose lui demander si cette chanson était composée pour Tania Pantoja de Bamboleo (« La Que Manda ») et Piloto se met à rire en m’assurant qu’elle est son amie. Elle chante d’ailleurs « A Amarme Decidete » sur le CD et Piloto nous confirme que Tania est l’une des voix les plus importantes de la musique cubaine de tous les temps. Par sa maitrise et la fascination qu’elle exerce sur le public du début a la fin des concerts, Tania impressionne et enchante le maestro Giraldo Piloto.

LE DVD « KLIMAX The Best of Cuban Music »

Klimax a aussi sorti un DVD En Vivo, en concert au Théâtre National où les chorégraphies des danseuses cubaines sont spectaculaires, où le meilleur de tout le répertoire de Klimax est interprété magistralement avec de invités de marque comme Mandy Cantero et Pupy, Vania Borges (ex Bamboleo), Maria Caridad Valdès (la sœur de Chucho Valdès), Alexander Abreu, etc.

Piloto nous confirme son admiration, son empathie et son amitié pour Mandy Cantero (ex Pupy y Los Que Son Son). Ils se sont connus lors d’une collaboration pour la Télévision pour laquelle Mandy était venu chanter un morceau avec Klimax. De cette expérience heureuse jaillit l’idée de l’inviter à nouveau pour l’enregistrement du DVD de Klimax.
Piloto réitère son admiration pour Pupy.

 

 

Maria Caridad Valdes « Cachita » interprète de manière Jazzy un autre succès des années 60 de Piloto y Vera « Añorado encuentro ».

 

 

Cette collaboration fut initiée à la suite de la tournée 2005 que Giraldo Piloto fit avec Chucho Valdès, le célébrissime pianiste de jazz, fondateur d’Irakere. Giraldo Piloto a réalisé l’exceptionnelle manière de chanter et d’interpréter qu’avait Maria Caridad Valdès et il considère sa prestation comme l’une des figures les plus importantes du DVD.

Piloto nous confesse que, malgré les difficultés et les barrières à la diffusion de la musique cubaine à l’étranger, ce DVD fut un excellent moyen de promotion pour son groupe et il s’est rendu compte que les extraits de ce DVD téléchargés sur Youtube.com reçoivent des centaines de milliers de visites pour sa qualité musicale, chorégraphique et scénique, pour sa puissance visuelle et son pouvoir divertissant.

Interview – Partie 6

LE FUTUR DE KLIMAX

Klimax est récemment entré dans une nouvelle phase avec la venue de Leo et de Noel Diaz de la Charanga Habanera. La musique de Klimax semble plus accessible comme en réponse à une critique du public cubain qui s’était éloigné d’arrangements trop riches et trop complexes, au point que Klimax semblait avoir plus de supporters chez les DJs en Europe qu’a Cuba.
Piloto acquiesce et nous confie ce secret : A Cuba la compétition entre les groupes est si intense que certains directeurs d’orchestres ont peur de l’émergence d’autres groupes ou de nouveau projets. Pourtant à chaque fois que Klimax se déplaçait en dehors de la Havane sur les places publiques, le public entrait en plein délire lorsqu’ils jouaient alors qu’ils ne bénéficiaient d’aucune promotion, d’aucune publicité a la télévision ou a la radio. Le public a toujours été enthousiaste des performances de Klimax en dehors de Cuba. Selon Piloto qui a recu des temoignages du milieu artistique, certains directeurs d’orchestres à Cuba influençaient les DJs de Radio et Télévision en suggérant que la musique de Klimax était trop complexe, faite juste pour les musiciens et ce message martelé a fini par entrer dans la tête des gens. Pourtant la danse et les chorégraphies impressionnantes existent dans Klimax depuis les tout débuts.
Piloto se rappelle avoir vu quelques années plus tard sur la chaine de télévision M6 les vidéos de leurs concerts aux Festivals de Jazz de Nice et de Vienne en 1995. Klimax avaient fait de très belles tournées ces années là et avaient partagé la scène de Festivals avec les orchestres les plus célèbres comme Los Van Van, notamment au carnaval de Tenerife. A chaque fois le public restait bouche-bée de leur prestations et les chorégraphies étaient déjà là.
Piloto nous confesse qu’il est très difficile de projeter de telles idées et de maintenir ce niveau, cette constance grâce à un travail de fourmi par assurer un chemin sans embuches à son propre groupe.

Pilot nous confirme qu’il a effectué un changement dans Klimax : Il pense que le changement n’est pas seulement le remplacement de certains chanteurs, mais surtout les arrangements musicaux, comme celui de l’hommage a Michael Jackson, sont vraiment destinés aux danseurs cubains. Piloto a intégré les critiques antérieures de manière constructive et il prend désormais à témoin le public de ce changement : les concerts de la Klimax sont désormais remplis et la piste de danse est toujours pleine.

KLIMAX & HABANA D’PRIMERA

Tout comme Klimax, Habana D’Primera se fonde sur une exigence extrême de musicalité et de sophistication. Les deux orchestres sont composés de virtuoses et se partagent parfois le pianiste Dayamir et le bassiste Yandy.
On peut aussi rappeler que Carlos Alvarez, l’un des trombonistes de Habana D’Primera, fut l’un des premiers trombonistes de Klimax dès 1995.
D’autre part Alexander Abreu et Amaury Perez ont enregistré tous les derniers disques de Klimax, respectivement à la trompette et au trombone.
Inutile de rappeler que ces deux orchestres constituent actuellement deux des plus étincelantes étoiles de la musique cubaine contemporaine. Comme le dit Piloto ces deux orchestres brandissent l’étendard de la nouveauté, définissant où la Timba Cubana va se positionner sans faire de concessions, toujours à la recherche de bons Mambos, de bon Tumbaos et d’harmonies intéressantes.

LA DEFINITION DE LA TIMBA

Je demande à Piloto comment on pourrait définir la Timba en quelques mots. Je lui demande si la Timba est de la Salsa.

Pour Giraldo Piloto la Timba n’est pas de la Salsa !

La Timba est la Liberté au moment de jouer, au moment de danser.

La Timba est le concept que les musiciens cubains développent à partir de tout l’héritage musical qu’ils ont reçus depuis de nombreuses décennies. A partir des années 60 au court desquelles s’est fermé le contact du monde avec Cuba, Cuba a continué à développer sa propre musique. Des rythmes nouveaux sont apparus comme le Mozambique (Pello el Afrokan), le Pilon (Pacho Alonso & Enrique Bonne), le Songo (Juan Formell & Changuito), qui ont continué à se développer et qui se sont retrouvés dans la Timba alors que les gens à l’extérieur ne savaient pas ce qui se passaient à Cuba.
C’est pour cela que beaucoup ne comprennent pas pourquoi il y a désormais tant de mouvements dans la danse cubaine, tant de mouvements du bassin (Despelote), de la poitrine (Tembleque).
Piloto pense que de tels développements chorégraphiques pourront intéresser ceux qui dansent actuellement la Salsa en ligne quand ils comprendront toutes les possibilités offertes et ils élimineront naturellement certains aspects de leur danse sophistiquées pour découvrir l’érotisme, la sensualité et la grâce de l’échange : sortir de la concurrence du couple contre le monde entier pour découvrir la complicité entre la femme et l’homme.

La raison pour laquelle les cubains défendent ce style est que ce style reste très important pour les cubains. Les centres culturels continent de se remplir pour la Timba mais pas pour la Salsa en ligne ou la Salsa de salon.

En somme la Timba est Liberté et Cubanité : « Timba es Libertad y Cubania » !!!

Interview – Partie 7

A BIENTOT !!!

Finalement Giraldo Piloto salue le public français. Il exprime son impatience d’arriver au Festival Bayamo de La Seyne sur Mer qu’il a inauguré il y a 11 ans.
KLIMAX va revenir avec beaucoup de force, de tendresse, de sentiments pour leur public de français et de cubains ‘locos’ qui vont bien profiter de leur concert.

Merci à Giraldo Piloto et à KLIMAX ! Lo Mejor Que Suena Ahora !

 

Madeline Rodriguez : Jeter un pont entre Toulouse et Cuba

LEONEL LIMONTA : Le Poète Parrain de la Timba

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Le 11 Janvier 2009, Leonel Limonta, compositeur et directeur de AZUCAR NEGRA nous a offert un entretien exclusif pour FiestaCubana.net ou il nous raconte toute sa carrière et comment est né Azucar Negra.
Limonta fut depuis le début l’un des protagonistes et l’une des figures de ce genre musical qu’on appelle Timba Cubana, comme compositeur et directeur d’orchestre. Il est passé par La Charanga Habanera et Bamboleo avant de fonder son propre groupe Azucar Negra avec Haila Mompie. Ses compositions sont devenues des classiques et des orchestres comme Orquesta Aragon ou le Charangon d’Elito Revé jouent ses compositions, pleines de sentiments, chargées de paroles profondes et de beaucoup d’esprit mais toujours accompagnées d’une musique forte et lumineuse. Limonta nous permet de découvrir les coulisses d’Azucar Negra et de l’un des plus grands compositeurs de la Salsa Cubaine.

Leonel Limonta est venu avec AZUCAR NEGRA les 4 et 5 Mars 2011 au Festival BAILAR CUBA a Nantes-Orvault accompagné de 3 de ses chanteuses mythiques : VANIA, TANIA et AYLIN !
Nous avons assisté à un concert historique qui fut le dernier de AZUCAR NEGRA avec AYLIN, qui vient de rejoindre BAMBOLEO. VANIA BORGES a montré l’étendue de son talent et de son charisme.
TANIA PANTOJA a renoué sa collaboration avec LIMONTA et a montré un fois de plus que c’est elle qui commande, LA QUE MANDA, au moment de commencer sa carrière en solo ! Leonel Limonta est un poète pour ses paroles subtiles et enchanteresses et c’est l’un des parrains de la Timba car il l’a portée sur les fonds baptismaux dès 1993 aux côtés de David Calzado, Jose Luis Cortes, Lazaro Valdès , avec la bénédiction de Juan Formell !

Sa carrière musicale a égrené sur son chemin parmi les plus belles compositions de la Timba et il a toujours été un découvreur de talents, parmi lesquels Pepito, Monica Mesa, Rafael Labarrera, Aldo Miranda (Adalberto Alvarez) et plus récemment Tania Pantoja, Alexei Moises Sanchez « El Nene », Rusdell Nuñez, Aylin Dallera, Dayan Carrera et bien d’autres…

Aujourd’hui Azucar Negra, son groupe, revient sur le devant de la scène après 4 CDs qui ont connu des destins variés, depuis le mythique « Andar Andando » avec Haila, « Sin Mirar Atras » avec le tube de Tania « 3 de Azucar y 2 de Cafe », « Toque Natural » dédié à la cubania et enfin « Exceso de Equipaje », défendant l’identité de ce groupe et la fraicheur de ses interprètes.

Aylin Dallera, la chanteuse principale vient d’être élue Meilleure Chanteuse de l’Année au FIESTA CUBANA AWARDS 2010, consacrant ainsi sa progression régulière et l’affection du public pour cette poupée, cette Muñeca de la Timba, découverte et dirigée par le Maestro Limonta.

 

La musique d’Azucar Negra a toujours été une Timba pleine de sens, lumineuse, tournée vers l’amour et le bonheur, parlant sans cesse de la Cubania, de la vie quotidienne à Cuba et de son style de vie si particulier. Limonta, comme poète capte l’énergie et les histoires de la rue et de la jeunesse et porte des messages d’espoir tout en maintenant une musique sophistiquée, forte et créative…

Ses jeunes chanteurs vedettes semblent passer, comme Dayan Carrera déjà parti chez Pupy, Lester Ciarretta (ex Maykel Blanco), Rusdell Nunez, Yordys, etc…
Mais sa nouvelle égérie Aylin Dallera est là pour durer. La complicité qui unit Leonel Limonta à cette étoile montante est la garantie de nombreux succès pour l’immense compositeur Leonel Limonta et Azucar Negra, un groupe sain, à l’avant-garde des sonorités de la Timba.

 

Dans cette interview exclusive et détaillée, Leonel Limonta nous livre des scoops, des anecdotes passionnantes sur la genèse de la Timba et sur l’histoire d’Azucar Negra, sur ses inspirations et ses collaborations et il nous fait partager le sens de nombres de ses chansons. Sa vision et son message sont tout simplement un cadeau qu’il fait aux passionnés qui souhaitent perfectionner leur connaissance et approfondir leur ressenti vis-à-vis de cette musique et de la culture cubaine contemporaine. Merci Maestro !

1ere Partie : Leonel Limonta des Charangas à La Charanga : naissance de la Timba

Leonel FC.net : Bonjour FiestaCubana.net. Je suis ici dans la maison du parrain de nous autres les timberos, le grand maestro Leonel Limonta, directeur de Azucar Negra.

Limonta : Salut les amis. Vraiment c’est bien. Nous commençons l’année très fort. J’adresse mes meilleurs vœux à ceux qui ont la possibilité de visiter ce site (www.fiestacubana.net) pour lequel mon compère Leonel œuvre avec beaucoup de passion. J’en profite pour envoyer un salut amical a tous les Salseros, les DJ Latinos, a toute la communauté Latina et au monde entier et a la musique en general. En vous souhaitant le meilleur pour cette nouvelle année. Que la musique continue de vous divertir, de vous réjouir et de vous rendre la vie plus agréable. Quelle chance de pouvoir partager avec vous.

Leonel FC.net : Merci. Bonne Année ! Nous te souhaitons le meilleur. Voila je souhaitais faire cet interview avec toi pour plusieurs raisons : en premier lieu tu as sorti ton 3eme CD, en fait ton quatrième CD d’Azucar Negra, mais ton 3eme CD chez la EGREM. Le CD s’appelle Exceso de Equipaje. Il contient un CD et un DVD avec de bons morceaux qui ont bien marché l’année dernière, comme “El Verano”, “La Identidad”… Beaucoup de ces morceaux ont fait danser les cubains d’ici mais aussi en dehors de Cuba.
Limonta: Exactement.!

Leonel FC.net : Je crois que c’est un moment approprié pour parler de l’histoire d’Azucar Negra et de ta carrière, afin que les gens te connaissent un peu plus.

Limonta : Oui, avec plaisir. Tu sais qu’Azucar Negra est le résultat de plus de 10 ans de travail. Cette année 2009, nous allons célébrer le 11eme anniversaire de la création de l’orchestre. C’est un orchestre qui a été fondé avec la finalité de faire que tout le monde puisse jouir de la Musique Populaire Dansante, en incluant la Timba et le Son, et tous les genres musicaux dansant de Cuba.

Je crois qu’en un peu plus de 10 ans, Azucar Negra a réussi à se faire un place dans le cœur du peuple de Cuba mais aussi au niveau international. La France, par exemple, est une terre qui a eu la possibilité, à certains moments, de la musique d’Azucar Negra.

Aujourd’hui Azucar Negra est encore plus a la pointe des nouvelles sonorités, encore plus révolutionnaire car l’orchestre a connu de nombreux changements, dans sa structure, comme dans ses éléments, a savoir ses musiciens… Pour en arriver où nous en sommes aujourd’hui…
Nous allons très bien, l’orchestre est en pleine forme et, comme dit mon compère, ce disque “Exceso de Equipaje” (“Excédent de Bagage”) peut démontrer que ces changements on été fructueux.

10 ans déjà. En 10 ans, nous avons pu produire 4 disques. Peut-être aurions nous pu en faire un autre en 10 ans, mais comme tu le sais bien, mon frère, lorsque Azucar Negra a commencé en 1998, Haila était ma chanteuse principale. Nous avons essayé de faire un disque mais, du fait d’une clause contractuelle d’exclusivité, nous ne pouvions rien produire pour encore 3 ans. Ceci nous a limité et c’est pour cela qu’il n’y a pas eu plus de productions discographiques.

Qu’avons nous fait ? Nous avons réalisé une maquette, « Vengo De Estreno ». Dans cette démo il y a des chansons comme “Café Con Leche”, “Te Traiciono El Subconsciente”, “Eres Como Yo”, “Tan Solo Tu”, “Almas Disfrazadas”.

Nous avons fait cette démo afin de promouvoir mais aussi conserver l’essence de ce que nous avions créé. L’orchestre a vite pris de la force et a été nommée aussitôt Orchestre de l’Année 1998. La même année nous avons pu participer à un événement international au Lincoln Center de New York au cours de l’été 98. Nous avons partagé la scène avec beaucoup d’artistes, au Copacabana, avec Tito Nieves, Ismael Miranda et d’autres Salseros de renom, à l’avant-garde de la Salsa de cette zone.

Nous avons continue ensuite a évoluer, a interagir plus directement avec le peuple, en faisant des tournées nationales, des présentations a la radio et a la télévision. Nous avons accumulé jusqu’à ce jour une expérience positive. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de 10 ans d’existence mais surtout d’avoir pu nous maintenir dans le cœur du public et a un certain niveau de popularité.

C’est vrai que nous ne sommes pas les plus populaires à Cuba mais nous considérons que nous sommes parmi les plus appréciés et nous avons maintenu une ligne stable. Il y a beaucoup de groupes qui sont nés au même moment que nous et qui ont déjà disparu.

Nous sommes toujours la ! Nous nous sommes engagés envers ceux qui ont écouté Azucar Negra pour la première fois, a ce qu’ils puissent nous écouter pour toute la vie…

Leonel FC.net : C’est vrai que vous avez réussi à vous maintenir en tant qu’orchestre avec un style original et vous avez maintenu la ligne esthétique… Malgré les évolutions, le style est reste original, représentant le concept d’Azucar Negra. Mais avant d’aborder ce point parlons de la discographie et de l’histoire d’Azucar Negra.

Je souhaitais te présenter à notre public, a mon avis, comme un leader. Avant d’etre le directeur d’Azucar Negra tu es pour moi l’un des leaders, l’une des tetes pensantes, tu es un poete et un grand compositeur qui a compose de nombreux succès pour Azucar Negra mais aussi pour beaucoup d’autres orchestres.
Tu écris de tres belles paroles, profondes et fines… Tu es comme un Gentleman de la Timba.

Limonta: Merci.

Leonel FC.net : Ton nom est associé à 2 concepts : la Timba et la Poésie.

Limonta: Merci. Ca fait plaisir. Merci de me baptiser ainsi. Tu viens de me dire que je pourrais être le Poète de la Timba. C’est un bien beau baptême… En effet je ne suis pas seulement Timbero. J’adore la Timba. C’est le courant musical que nous avons appuyé, tout comme les musiciens de la Musique Populaire Dansante.
Mais la Timba est parfois si violente que nous essayons de passer de cette énergie très forte à un équilibre pour que tout le monde puisse comprendre ce que nous jouons.

Je crois que ça a été notre proposition depuis toujours. Mais comme tu le disais c’est vrai, depuis que je suis entré dans le monde de la musique…
Je suis rentré bien tard dans ce milieu mais c’était pour rester… et comme on dit « Rien n’arrive trop tard dans la vie, si la vie est cool, si la vie est bonne ! »

Effectivement j’ai commence avec La Charanga Habanera en 1993. David Calzado, le directeur de La Charanga Habanera me connaissait. J’avais déjà composé et fait de belles choses avec d’autres groupes comme Orquesta Aragon, et pour la Banda Météoro. David Calzado avait écouté mes compositions et il m’a proposé de composer pour lui, mais pas seulement que je compose pour la Charanga Habanera mais que je devienne son producteur pour tout le travail de La Charanga. C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai commence à travailler avec David Calzado.

EL PANADERO – LE BOULANGER

C’est vrai que je venais de l’industrie alimentaire. J’étais un boulanger, mais un boulanger bien théorique. En fait j’étais un fonctionnaire de l’industrie de l’alimentation. Je me consacrais a la sécurité alimentaire, a sécuriser la qualité les aliments pour la confection de biscuits et autres dérivés.

Leonel FC.net
: C’est pour ca que ta musique se vend comme des petits pains? ahahaha
Limonta: jajajaja ¡ C’est pour ça que ma musique… Que les gens se nourrissent bien de la musique…

L’HERITAGE MUSICAL

Leonel FC.net : Tu as fait des études musicales? Comment en es tu arrivé là ? Tu as bénéficié d’une famille de musiciens ? Il y a un héritage musical dans ta famille ? Tu viens de Santiago de Cuba, non?

Limonta
: Je viens de Santiago de Cuba. La vie est surprenante et parfois ironique parce que tu me poses cette question au moment même ou ils doivent enterrer un de mes oncles, qu’il repose en paix, qui était un grand Tresero de la Trova Santiaguera, Fernando Maso Peby.
Je tiens un peu de lui, même beaucoup… Dans la famille c’est lui qui a été le professionnel de la musique. Lui non plus n’avait pas étudié la musique. Il était autodidacte. Tout comme moi. Je n’ai pas étudié la musique. La musique est entrée en moi et elle m’a adopté. Et je profite de cette chance que m’a donne la vie de pouvoir en faire de la musique. Pendant le temps qu’il me reste a vivre, pendant ce miracle qui m’est accordé de vivre, j’essaye d’exploiter au maximum cette chance de vivre la musique.
Sans avoir été a l’école… c’est sûr, si j’y avais été, le résultat en aurait été meilleur.
Mais quand je fais les comptes, je me dis que si j’avais été a l’école, je serais devenu un instrumentiste qui au pire aurait déjà été passé de mode…
Et comme les années passent… tu sais bien que c’est la jeunesse qui s’impose… Du coup les gens ne m’aimeraient déjà plus comme instrumentiste puisque je suis déjà un peu trop vieux…
Ma chance a été que la vie m’a laissé cet espace pour que je devienne un leader naturel de la Musique… Et rien que pour ca, je respecte et je remercie la vie et tous ceux qui ont cru à ce que Leonel Limonta ait le vrai potentiel pour offrir de la musique au monde. Ca c’est important.

Leonel FC.net : Donc tu as travaillé pour La Banda Meteoro
Limonta: Non, je n’ai pas travaille directement avec La Meteora. J’ai composé pour La Banda Meteoro, pour la Orquesta Aragon et pour David Calzado…

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Leonel FC.net : Vous pouvez voir ici ce disque la Orquesta Aragon ou on trouve le morceau “Deja Contracandela” de Leonel Limonta et il y a aussi un morceau de la Ritmo Oriental, une charanga très créative… Comment s’appelle ce morceau ?
Limonta: “Seguir Hasta El Final”! Un Bolero-Son…

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Leonel FC.net : Je sais que tu as aussi proposé une chanson a Elito Revé y su Charangon : “Entre La Espada y La Pared” (sur le CD Homenaje Changui 45 Años)

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Limonta: Effectivement “Entre la espada y la pared”. C’est un Changüí. C’est une Salsa, Salsa-Son mais avec le style d’Elito Revé, qui m’a donné ici aussi une belle opportunité.

Leonel FC.net : Du coup tu as beaucoup travaillé ?

Limonta: J’ai beaucoup travaillé et encore plus. Mais toi tu me surprends… Chaque fois que tu viens à la maison, que tu viens à Cuba, tu me surprends parce que (en s’adressant à la caméra) mon compère a une discographie et une connaissance musicale de Leonel Limonta que même Leonel Limonta n’a pas de lui-même. C’est incroyable, ce monsieur colectionne tout, pas seulement la musique de Leonel Limonta, mais aussi de tous les musiciens cubains qui lui plaisent… Et il raconte la vie de ces musiciens…

Comme je te le racontais, avec la Charanga Habanera j’ai eu la possibilité de proposer ma première chanson “Extraño Ateo”.

A cette époque c’était un peu à la mode de chanter de la religion et j’ai voulu faire cette chanson (qui parle de ceux qui prétendent ne croire en rien jusqu’à ce que des problèmes surviennent). Ca a beaucoup plus a David et nous l’avons enregistre dans son premier CD professionnel en tant que Charanga Habanera. Ce fut en 1993, ca doit être écrit par là…

Leonel FC.net: Si ! En 1993 chez EGREM. En fait c’est le premier disque de ce que l’on peut appeler la Timba naissante.
Limonta: Exactement

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Leonel FC.net: David Calzado avait déjà produit auparavant un disque de véritable charanga, avec des violons…Ce disque est son deuxième disque mais son premier disque de Timba, avec la Charanga Habanera.
Et qui vois-je sur ce disque ? Tu t’es trouvé au bon endroit au bon moment ?
Grace a ton talent a a ce que tu avais déjà accomplis, grâce a tes compositions, tu as rencontre Davis Calzado qui a remarqué ton travail. S’est joint a ce disque Giraldo Piloto qui est aujourd’hui le directeur de Klimax.

Limonta: Pour moi c’est le meilleur ! Je suis assez d’accord avec le fait que je me suis retrouvé au bon endroit au bon moment car j’ai rencontré Giraldo Piloto, un compositeur que j’ai toujours beaucoup respecté et qui a toujours représenté un modèle pour moi. De plus il m’a toujours donne beaucoup de conseils. Pour moi ca a été une réalisation personnelle, un accomplissement. J’adorais comment Giraldo Piloto était populaire avec “Mi Estrella” , “Me Sube La Fiebre” à cette époque… Il faut rappeler qu’il était compositeur pour Issac Delgado pour NG La Banda et ca marchait très fort. C’était un excellent arrangeur.

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Leonel FC.net: Compositeur et batteur ! Il y a aussi (sur le 1er CD de la Charanga Habanera ou Leonel Limonta a fait ses debuts) un certain Manolo Gonzalez qui n’est autre que Manolin El Medico De La Salsa et Issac Delgado.

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Limonta: C’est ce que je te dis

Leonel FC.net: Et il y a aussi Juan Carlos Gonzalez qui est ton acolyte.

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Leonel FC.net: C’est mon frère. Il n’est pas mon acolyte, c’est vraiment mon frère. J’espère qu’il verra cette interview… Ce black… Je t’aime beaucoup ‘Negro’ !

Leonel FC.net: Juan Carlos, si tu nous écoutes de Monaco ou Menton. Tu as les salutations de ton frère !

Leonel FC.net: Laisse-moi faire une exception… Juan Carlos Gonzalez , pour moi, à l’intérieur de La Charanga Habanera, il représentait 50% de La Charanga Habanera. Les autres 50% était la partie collective de la Charanga, la partie de David Calzado et les morceaux d’autres compositeurs. Mais 50% de La Charanga Habanera de cette époque, je peux le dire assurément, était représentée par Juan Carlos. Juan Carlos avait le style distinctif qui identifiait la Charanga des ces années-là. Aujourd’hui ce n’est plus la même Charanga… Mais la force avec laquelle jouait la Charanga, cela venait de ses nouvelles idées, de sa pianistique, de sa personnalité…

Leonel FC.net: On dit que c’est lui qui a inventé les tumbaos sales
Limonta : Ces tumbaos enrichis, c’est lui. C’était vraiment particulier à la Charanga Habanera

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Leonel FC.net: A cette époque le concept de Timba n’était pas encore établi, n’est-ce pas?

Limonta: Non. Ce n’était pas encore établi …

Leonel FC.net: C’était en train de naitre, c’était dans l’air, non?

Limonta: Oui, à cette époque, par exemple Irakere avait déjà laissé sa musique, comme une Timba, dans le sens d’une musique sophistiquée, conjuguée avec une section de cuivre et des rythmes ajustés. Mais là on voulait parler de Timba…
Ce fut l’époque justement ou peut-etre David, sans vouloir se mettre la dedans, a commencé à percevoir et à adhérer a ce courant.
En fait il faut ajouter que la Charanga Habanera venait d’une influence forte du monde du spectacle, parce que comme tu le sais David venait, La Charanga Habanera venait des spectacles à Monte Carlo depuis assez longtemps.

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Leonel FC.net: Exactement. C’est pour cela que nous connaissons Juan Carlos (Gonzalez).

Limonta: Ils venaient vraiment de ce courant et jamais ils n’ont voulu être très agressifs. Par contre en concert, ca se voyait qu’ils étaient intéressés par ce courant qui passait a ce moment-la, mais qu’on n’appelait pas encore Timba.
On appréciait et on allait voir ces gens exacerbés jouer lors des concerts de La Charanga Habanera.

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2ème Partie : La gloire avec La Charanga Habanera et Bamboleo

Leonel FC.net: Qui a chanté “Extraño ateo”?
Limonta: Sombrilla, Mario Jimenez

Leonel FC.net: Leo Vera chantait aussi a cette epoque
Leonel FC.net: Oui, Leo Vera y etait. C’etait le chanteur principal. Il chantait “Mi Estrella” et Sombrilla etiart aussi un tres bon chanteur.

Leonel FC.net: De fait on peut dire que ce disque “Me Sube La Fiebre” est un disque fondateur de la Timba. Tous les éléments y étaient, n’est-ce pas ?
Leonel FC.net: Oui!

Leonel FC.net: Et après avec le même Leonel Limonta, on continue avec la Charanga Habanera avec la première chanson qui s’appelle « Quitate El Disfraz »

Leonel FC.net:sur le CD « Hey You Loca ». Et ca c’est encore un morceau a toi !
Limonta : Et oui !

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Leonel FC.net: Pourquoi tu as appelé ce morceau « Quitate El Disfraz » (« Enlève ton déguisement ») ? C’est parce que l’époque était folle ?

Limonta : C’est ce que je disais avant. David commence à découvrir ce courant où les gens étaient extravagants. Je me rappelle que le Palacio De La Salsa (Salon Copa Room) de l’Hôtel Riviera , était très a la mode. Les orchestres passaient là-bas et David y avait un espace avec un grand public qui le suivait toujours.

Un jour Paulo FG est monté pour chanter un morceau avec La Charanga Habanera. Soudain une belle fille a senti quelque chose d’incroyable qu’elle est monte sur scène et qu’elle a commencé à se déshabiller à tel point qu’il a fallu a la sécurité de l’hôtel a du sortir pour la faire descendre.

J’étais présent et il m’est venu à l’esprit de faire une chanson. J’ai inventé une histoire dans laquelle elle était la reine de la soirée, la maitresse du Palacio De La Salsa, et j’ai fait la chanson « Maricusa, Quítate la blusa, Oye Pantañon, Dame el pantalón… » … Bon, on a inventé une histoire et ainsi fut l’origine de la chanson.

Leonel FC.net: Apres tu as composé d’autres morceaux sur ce disque ou après ?

Limonta : Les autres morceaux sont arrivés plus tard et n’ont pas été inclus dans le disque.
Il y avait “No Es Facil Lo Que Se Plantea” et “Cola Loka » :

NUBE PASAJERA

Leonel FC.net: Et maintenant le chef-d’œuvre de David Calzado et Leonel Limonta dans ce disque qui s’appelle « Pa Que Se Entere La Habana ». Sur la pochette originale il y a avait un billet de 100 Dollars Américains.

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Le premier morceau, le numéro 1, est chanté par Michel Maza

Limonta : Laisse-moi te raconter une histoire…

David était en train de faire son disque suivant avec la maison de disque Miami Music (a confirmer) avec un français et un espagnol qui aimaient beaucoup la musique cubaine.

David m’a dit qu’ils voulaient confectionner ce disque très vite. Il m’a dit qu’il avait besoin de 1 ou 2 morceaux pour remplir le disque parce qu’il avait déjà quasiment terminé ses propres morceaux. Je lui ai dit mais comment va-t-on faire ? Il les lui fallait absolument alors je lui ai dit qu’on allait trouver des sujets.

Je me rappelle que j’allais dans les rues de La Havane en bicyclette, car j’aime bien me déplacer le vélo… C’est marrant je faisais la production de La Charanga Habanera en bicyclette…
Je me rappelle que j’etais avec une amie, avec laquelle j’aimais beaucoup parler et je la trouvais très attractive mais elle ne voulait pas avoir de relation sérieuse avec moi. Elle voulait bien passer des moments avec moi mais rien de plus.

Donc un jour je la rencontre dans la rue et elle monte derrière sur le porte-bagage et elle est venue avec moi pour aller à sa répétition car elle appartenait aux Guaracheros de Regla (Quartier de l’Est de La Havane, prêt du port). Nous allions donc ensemble en vélo dans le quartier de Regla, je pédalais et nous parlions jusqu’à arriver au point de décider ce que nous allions faire tous les deux…

A ce moment là une averse tropicale nous tombe dessus… Alors je me dis… Qu’est-ce que c’est que ça ? Même la nature est contre moi pour que cette petite ne reste pas avec moi ! Du coup je l’ai laissée à sa répétition et je suis parti en vélo. Et la, soudain m’est venu d’inventer cette histoire :

“ Tu caprichio de estar conmigo… (Ton caprice d’être avec moi)
Es delirio de estar con otro (c’est le délire d’être avec un autre)
Eso después de pasar
Pero es algo perdido”

Et j’ai continué à composer et tout me vient avec la musique et tout…Quand j’arrive a la maison j’enregistre l’idée vite fait et je dis a David que j’avais le premier morceau.. Ca va s’appeler « Nube Pasajera » (Un nuage passager).

Quand je le lui ai chanté, David en est reste bouche bée. Il m’a dit que c’était super bon.
Le jour suivant je lui donne la deuxieme chanson qui est « Amor de Subasta » (Amour Discount)

C’est comme ca que on fait et la chanson « Nube Pasajera » est devenue un tube en or !
Michel (Maza) a été l’unique chanteur capable de défendre ce morceau avec toute la force de la vie. Michel montait sur les enceintes de La Tropical ou a Cienfuegos sur les toits ou sur n’importe quel endroit. Et quand Juan Carlos commençait son Tumbao tout le monde savait qu’on allait chanter :
« Mojame, Matame, Pa’Que se entere La Habana »
(Mouilles-moi, Tues-moi, Pour que toute la Havane le sache)
Taka diguin diguin
Et la tout le monde devenait fou… Ca déchirait tout !
C’est pour ca que je pense que La Charanga Habanera a marqué (son temps) et a été l’avant-garde des orchestres de jeunes de cette époque, et fut l’orchestre qui a imprimé la Timba.
Je remercie beaucoup La Charanga Habanera et David Calzado de m’avoir pu permettre d’en être et d’avoir pu apprendre avec eux. Avec David j’ai beaucoup appris. David m’appelait pour chacun des morceaux que je lui apportais pour que je lui donne les premiers ‘coros’. Afin que je lui donne les idees… Il savait qu’il avait en moi une possibilite de l’aider.

Leonel FC.net: Vous avez eu une relation gagnant-gagnant (win-win).
Limonta : Ca a été un grand moment.

Leonel : Il faut se rappeler que « Nube Pasajera » est l’une des meilleurs chanson de Timba de tous les temps. Michel Maza fait son disque en solo et il l’a incluse. Sa nouvelle version est très très bonne.

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Leonel FC.net: Merci de nous donner tant de détails de ta vie avec La Charanga Habanera. Ca nous permet de comprendre comment est née la Timba, la relation avec le public, comment les artistes se projetaient sur scène et tout le processus créatif.

 

BAMBOLEO

Leonel FC.net: La Charanga Habanera a été le groupe leader mais d’autres groupes de Timba sont montés en parallèle comme Paulito y su Elite. Et il y a un groupe tres important de Timba avec lequel tu as collaboré.

Tu leur as fait un disque entier pour eux. C’était un groupe récent et leur premier disque les avait déjà identifie avec un style a l’avant-garde, différent.
Mais à partir de leur 2ème CD que tu leur as composé, tu leur as imposé le style qui a fait leur succès. Nous parlons de Bamboleo et du disque « Yo no me parezco a nadie »

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Cette chanson « Yo no me parezco a nadie » a été aussi l’un de plus grands succès de la Timba.

Limonta : Ce disque est une histoire brève. Comme tu le dis si bien, lorsque j’ai laissé La Charanga Habanera et que je suis entré dans Bamboleo, c’était un groupe très jeune.
David m’a demandé comment je pouvais intégrer Bamboleo si quasiment personne ne connaissait cet orchestre.

Mais le travail que l’on pouvait faire avec cet orchestre m’avait paru très intéressant, surtout en fonction de ce que je voyais, des musiciens de l’orchestre. Du coup lorsque Lazaro Valdes me le propose, je le rejoins non seulement comme représentant mais aussi comme compositeur.

Comme tu le dis, le disque « Yo no me parezco a nadie », j’en suis l’auteur. Il y a les morceaux :

• Yo no me parezco a nadie
• Si no hablaras tanto
• Amor sin traspaso
• Tu y Yo Una Misma Cosa

• Pelicula Vieja

• Cuentales
• Mirando Al Cielo
• Con Un Canto Al Pecho

Il y avait d’autres morceaux mais nous les avons retirés. Ca a été un bon moment.

Comme tu disais, leur premier disque avait été « Te Gusto o Te Caigo Bien » qui était plus jazzy, avec un peu de funk. Mais quand nous avons commencé à travailler les compostions de Limonta, la direction de Lazaro Valdes a un peu diminué. Avec la vision de Lazaro Valdes on a commencé à créer une alchimie qui a parfaitement fonctionné. A partir de la Bamboleo a commencé à décoller.

Leonel FC.net: Je crois que ca s’est cristallisé ! Ca a commencé avec « Te Gusto o Te Caigo Bien » mais le style s’est cristallise avec la collaboration de Lazarito Valdes et Leonel Limonta. Il y avait un grand protagonsite : Lazarito Valdes a apporté son travail de pianiste et arrangeur. Et il compose aussi. Mais surtout il a introduit des harmonies mineures, très intéressantes.

Limonta : C’était l’un de ces jeunes pianiste qui était aussi à l’avant-garde. Il a fait progresser la musique cubaine aussi.

Leonel FC.net
: Il a apporte encore plus de Funk et des harmonies mystérieuses.
Limonta : Oui, il a su le faire.

Leonel FC.net: Il faut parler de la ligne des chanteurs. Il y avait 2 femmes.

Limonta : Les précieuses. En vérité elles furent mes Divas. A cette époque je suis tombé amoureux de l’image que projetaient Haila (Maria Mompie), Vania (Borges), Alejandro (Borrero), Rafael (Labarrera).

Rafael Labarrera est entré plus tard. Ce fut un boom que j’ai rencontré et que j’ai poussé à chanter et que j’ai proposé à Lazaro comme chanteur. Il chantait vraiment très bien. Apres il a pris un autre chemin.

Leonel FC.net: Maintenant il est au Pérou. Il est de Bayamo. C’est un Timbero incroyable. Il compose et il avait une voix très agressive.
Limonta : Il appartenait à la même école que Michel (Maza). Ils partageaient le même style.

Leonel FC.net: Alejandro était aussi de Bayamo. Il était plus doux.
Limonta : Oui, il était plus soft, un style plus « Filin »

Leonel FC.net: Et les 2 étoiles que sont Haila Mompie et Vania Borges qui ont une manière de chanter très spéciale. Avec des timbres de voix exceptionnels. Elles sont encore les 2 grandes de la Timba.

Limonta : Le temps l‘a démontré.

Haila avec son projet personnel est reste Haila. Elle a toujours eu un tempérament et un charisme. Aujourd’hui elle est la leader d’un groupe, elle en est la chanteuse principale, elle est HAILA MARIA MOMPIE !

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Et Vania est une soliste, très appréciée et très respectée dans ce pays. Dans beaucoup de pays au monde Vania est très reconnue. En plus elle est très charismatique et c’est une grande chanteuse. Elle peut chanter n’importe quoi que ça lui va toujours très bien.

Leonel FC.net: Elle vient de sortir un disque de bolero. Tu le savais ?

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Limonta : Oui, bien sûr. Et en plus je l’invite dans l’une de mes productions qui est un hommage à Nino Bravo, un chanteur espagnol…

Leonel FC.net: Attends, attends, on va en parler plus tard… Vania a aussi chanté avec le groupe de Tata Guines. Elle n’est pas seulement Timbera, c’est une grande chanteuse cubaine.

LE REPERTOIRE

Leonel FC.net: Parlons un peu de ces morceaux. On a déjà dit que “Yo no me parezco a nadie” est l’un des plus grands succès de la Timba.
Un autre morceau que tu viens de réenregistrer est « Con Un Canto en El Pecho ». Un morceau tres beau.

Limonta : Ce morceau je l’ai repris car j’ai toujours été amoureux des paroles de cette chanson, de ce qu’elle exprime, les choses positives qu’elle porte.

De plus je l’ai réenregistré car j’ai pensé qu’avec la voix féminine qu’a Azucar Negra aujourd’hui, la voix d’Aylin Dallera, pour moi la meilleure de Cuba, ca allait bien fonctionner. Ca serait une version rafraichie et j’y suis arrivé.

Je sais que l’autre version te plait beaucoup mais moi je préfère cette nouvelle version. La première version fut chantée par Haila mais cette petite a une voix si claire, si mélodieuse, que cela m’inspire quelque chose de nouveau, de différent.
Finalement ca a été 2 propositions d’arrangements pour 2 chanteuses différentes : au final j’aime la version d’Haila et celle d’ Aylin.

Leonel FC.net: Le morceau « Tu y Yo Una Misma Cosa » tu l’as aussi enregistré avec Azucar Negra, non ?
Limonta : Dans le 2ème disque d’Azucar Negra (Sin Mirar Atras)

Leonel FC.net: Au final, ce disque de Bamboleo “Yo no me parezco a nadie” je le recommande. C’est un chef d’œuvre de Lazaro Valdes et de Leonel Limonta.

 

HAILA, LIMONTA et FORMELL

Leonel FC.net: Parlons de ta relation avec Haila. Ce disque est sorti en 1998, quasiment quand tu es parti de Bamboleo.
Limonta : C’est ce que je t’expliquais.

Leonel FC.net: tu as tenu une relation très privilégiée avec Haila.

Limonta
: « Ella y Yo Somos un misma cosa » ! Elle et moi sommes la même chose. Nous avons toujours eu une belle complicité. Nous sommes comme père et fille, comme frère et sœur. En réalité nous formons comme une famille.

Haila, je l’aime beaucoup. Haila m’a beaucoup aidé dans ma carrière. Si j’ai aidé Haila, Hala elle m’a aussi aidé. Nous nous sommes aides mutuellement car quand elle est devenue la chanteuse principale de mon groupe.

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Quand (Juan) Formell (directeur de Los Van Van) a appris que Limonta allait monter un groupe, il est venu me chercher. Je lui ai expliqué comment j’allais faire et que la chanteuse serait Haila. Il m’a dit, tu as le talent pour écrire. Tu écris très bien. Tu es l’un des 7 meilleurs compositeurs de cuba, m’a dit Formell. Et tu as « El pitche de la novena » – « le batteur de la 9eme » (le meilleur lanceur de Baseball) et c’est Haila. Il m’a dit que cette nana allait m’assurer n’importe quel jeu. Elle pourra arriver a faire gagner n’importe quelle jeu. Si bien qu’il m’a dit d’aller de l’avant et qu’il m’aiderait par derrière. Il n’y aurait pas de probleme.
C’est ainsi que ca s’est passé… Il m’a baptisé ! Mon parrain c’est Juan Formell !
Pour moi c’est le capitaine, le commandant de la musique et des musiciens cubains.

Leonel FC.net: Ca c’est de l’histoire !

3ème Partie : La fondation de Azucar Negra avec Haila et le CD « Andar Andando »

Leonel FC.net : Donc tu viens de nous dire que tu a voulu monter ton propre orchestre en 1998 après ton travail avec Bamboleo.

Limonta : Oui. J’ai beaucoup collaboré avec Bamboleo et Lazaro Valdes. Mais j’ai senti la nécessité de me retrouver, et de faire ma vie de manière indépendante.
Lorsque je me manifeste pour créer mon groupe, comme je te le disais, (Juan) Formell l’apprend et viens me chercher chez moi et me demande de lui expliquer ce que je suis en train de faire. C’est une personne qui remarque les artistes et les suit de près. C’est à ce moment que je me suis rendu compte qu’il me suivait comme compositeur. Lorsqu’il me dit qu’il veut m’aider, il me demande ce dont j’ai besoin. Je lui ai répondu que j’étais déjà content et heureux d’avoir reçu la confirmation de sa part que j’avais tout le potentiel pour monter un groupe, que j’avais la capacité de composer, que j’avais la meilleure chanteuse et de très bons musiciens. J’étais rassuré qu’il veuille et puisse m’aider. Tu imagines.
Pour moi la Musique Populaire Dansante à Cuba, ça se résume à Juan Formell et Los Van Van. Il y a probablement des gens qui n’aimeraient pas m’entendre parler ainsi, mais pour moi c’est la cathédrale de la Musique Cubaine.

Du coup il m’a offert une basse. Une basse Fender. Il m’a offert sa propre basse.

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Je l’ai gardée ici, ca a été notre première basse. C’est une relique que je garde précieusement. Une basse blanche.

Je lui ai demandé que son aide se concrétise par la possibilité de jouer en première partie de Los Van Van le 8 Avril 1998 au Palacio De La Salsa, en tant qu’invité et avec leurs instruments. Et lui il l’a pris comme argent comptant. Il s’est organise très vite avec sa production et tout s’est passé comme ca.

Ensuite Azucar Negra a pu faire son chemin tout seul mais avec l’aide de bien d’autres…
Je dois remercier non seulement Juan Formell, mais aussi Jose Luis Cortes. Je dois aussi remercier Paulo FG avec qui nous avons partagé la scène du Palacio de La Salsa pendant 3 soirées.

Je dois remercier David Calzado car c’est à partir de son orchestre que je me suis intégré et que j’ai appris. Je dois remercier Lazaro Valdes et Bamboleo car c’est l’orchestre qui a fini par me montrer et qui m’a catapulté pour faire ce que je voulais faire. Je dois remercier tous ceux qui ont aidé le projet d’Azucar Negra.

A partir de ce moment, que l’orchestre a été approuvé par les institutions avec sa musique et ses statuts, c’est là que Limonta commence à former un groupe de travail professionnel, a faire des tournées dans tout le pays et a devenir populaire. Nous avons gagné le titre de L’orchestre de l’Année (1998). Ca a été très important. A partir de la tu connais l’autre partie de l’histoire…

LES FONDATEURS

Leonel FC.net : Quels furent les premiers musiciens d’Azucar Negra ? Quel fut le premier bassiste ?
Limonta : Le premier bassiste fut Rafael Vargas.

Leonel FC.net: Il faisait les arrangements aussi ?
Limonta : Il a fait les arrangements de « No Me Parezco a Nadie ». Il avait été aussi bassiste de Bamboleo avant de devenir mon bassiste.

Leonel FC.net: Et le premier pianiste ?
Limonta : Au piano, Reinaldo Ceballo qui vit maintenant en Pologne avec un groupe qui s’appelle…

Leonel FC.net
: Calle Sol !

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Limonta : Calle Sol, si ! Un très bon pianiste. Il est (de la province) oriental. Du coup le tumbao qu’il imprime, ce ne bouge pas d’un fil. Sa manière de jouer définissait vraiment les morceaux. Vraiment ses tumbaos identifiaient le style et les morceaux. Je crois qu’il fut l’un des créateurs du style rythmique d’Azucar Negra.
Je crois que c’est avec lui, Rafael et les percussionnistes de l’époque..

Leonel FC.net : Qui sont ils ?
Limonta : Je crois que ce fut Pepito (José « Pepe Salsa » Espinosa) aux Timbales, « Pepito Salsa » qui vit actuellement en Espagne.

Andresito (Andres Gonzalo Gavilan) était le Conguero qui joue aujourd’hui avec Los Jovenes Clasicos Del Son (à noter qu’il fut le Conguero de Bamboleo avant Azucar Negra) .
A la batterie il y avait Pavel qui aujourd’hui est le batteur de Haila.

Aux cuivres il y avait Jorge Luis Apparecio « El Gallo » au saxophone, Dunier Bessu à la trompette qui est l’un des fondateurs qui continue avec moi (apparemment il serait passé entre temps chez Bamboleo) , Toni qui est maintenant saxophoniste chez Bamboleo, et Pavel (Diaz) a la trompette qui est désormais aux USA
C’était une section de cuivre avec une justesse parfaite !

Pour le chanteurs il y avait, figures-toi, Pepito (Jose « Pepito » Gomez), fondateur de Azucar Negra !

Leonel FC.net : Il y avait aussi Aldo Miranda (Adalberto Alvarez) qui est peut-être entré un peu plus tard mais qui a fait des tournées avec toi…
Limonta : En effet, Il y a eu aussi Alexander D’Lara qui a fait son propre groupe desormais..
Avant d’arriver à cette ligne de chanteur j’avais fait un casting. Parmi lesquel on avait garde Pedro Jésus (Salsero de Manzanillo actuellement aux USA) qui a fini par faire sa carrière solo.

Leonel FC.net : Comment est entrée Tania dans Azucar Negra ?
Limonta : Tania est entrée à cause de la grossesse de Haila en 2000-2001.

Leonel FC.net : Mais n’allons pas si vite. D’abord tu sors ce disque promotionnel « Vengo De Estreno » aux USA avec l’aide de Kevin Moore de Timba.com

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Limonta : Oui. Kevin m’a beaucoup aidé. Cet homme est l’encyclopédie de la musique cubaine aux USA.
Leonel FC.net : Ce disque est tres difficile a trouver car MP3.com n’existe plus comme maison de production discographique. Il y a sur ce CD des morceaux qui seront réenregistrés ensuite comme :

Vengo De Estreno

Te Traiciono El Subconciente

Eres Como Yo

Tan Solo Tu

Almas Disfrazadas

Limonta : « Almas Disfrazadas » est un morceau que nous avons fait pour la campagne de lutte contre le SIDA avec Médecins Sans Frontières. Nous avons fait cette chanson et les medecins nous ont supporte. Ils ont fait un truc très sympa avant chaque concert : on distribuait plus de 1000 préservatifs avec leur boites qui disaient a l’extérieur « Almas Disfrazadas – Azucar Negra ». Mais quand tu ouvrais, il y a vait la capotte mais aussi un feuillet avec les paroles de la chanson. Génial ! Du coup les gens attendaient beaucoup ces concerts parce qu’on avait la chanson un peu osée qui disait :

« Cuchi Cuchi No, Cuchi Cuchi No,
Sin condom, Sin condom ,
Sin condom no voy, no voy»

Et les gens chantait ca pendant que d’autres distribuaient les préservatifs. Et ca a bien marché ! Ca a beaucoup aidé la campagne.

Leonel FC.net : La Charanga avait fait le morceau « Usa Condom » je crois..
Limonta : « Usa Condom », oui !

Leonel FC.net : Tu as fait « Cafe Con Leche » mais plus tard tu vas faire « 3 de Azucar con 2 de Cafe »
Limonta : Oui, mais avec Tania.

Leonel FC.net : Ok. Passons maintenant à ton premier disque (officiel) d’Azucar Negra avec la formation de la grande époque de Azucar NEgra

Limonta : « Andar Andando » !

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Leonel FC.net : Ce disque est sorti en 2000 avec Haila au chant.
Limonta : « Andar Andando » est une grande chanson.

Leonel FC.net : Oui. Les 3 premiers morceaux sont des poèmes. Tu es un poète et tes paroles parlent de l’humanité, des choses belles de la vie, de l’amitie, de l’amour et de la paix. Tu souhaite donner du bonheur aux gens ?


Limonta : C’est mon engagement. Je me suis engagé auprès du public à donner le meilleur des messages. Nous autres les compositeurs nous avons cette responsabilité. Nous nous trouvons dans un contexte social et nous devons extraire ce qui nous touche dans ce contexte pour le convertir dans une chose positive. Et cette chose positive on doit l’arborer. Lever l’étendard de la paix, de la beauté, du bonheur, de la joie.. C’est comme ca !

Leonel FC.net : Hier j’ai rencontre Pascualito Cabrejas de Tumbao Habana et il me disait qu’il devait faire quelques morceaux romantiques car si je ne chante pas a l’amour, alors on va tous finir par se faire la guerre tellement nous sommes brutaux.

Limonta : C’est un très bon compositeur et une belle personne.
Leonel FC.net : En tout cas ces valeurs transparaissent dans tes chansons. Tous les Timberos ne sont pas comme ca ! C’est pour ca que je te dis que tu es un poète. Il y a des Timberos qui font des morceaux très agressifs, osés, voire même vulgaire parfois, ou il peut arriver que ca n’ait aucun sens. Ils lancent des coros et se limitent à ca.

Limonta : Merci, laisse moi te dire que je me suis laissé entrainer dans ce courant que tu dis, et je me suis dit qu’il fallait adoucir un peu la Timba. Mais là les gens m’ont interpellé et m’ont demandé ce qu’il m’arrivait. « Ca y est ! Tu n’es plus provocant ? ». Et c’est pour ca qu’à l’heure actuelle j’ai composé des thèmes plus agressifs.

Leonel FC.net : Oui, je sais.. On va en parler… Chaque chose en son temps…On ira au Zoo après … jajajaja !
Ce disque « Andar Andando » est aussi un chef-d’œuvre !

Limonta : Ce CD a reçu de nombreux prix. Meilleure Première Œuvre (Opera Prima), Prix du meilleur Design, etc. Ca a été le disque le plus primé à Cubadisco cette année là.

Leonel FC.net : Les protagonistes sont Haila, Alexander D’Lara, Aldo Miranda(Adalberto Alvarez), Monica Mesa (ex NG La Banda), l’épouse de Jorge Luis “El Gallo”, Dunier à la trompette, Yoel Cuesta aux percussions et il y a aussi le fameux Maikel Zamora !
Limonta : Le fou ! Un batteur talentueux, sympathique et très charismatique.

Leonel FC.net : Et il y a un grand pianiste qui vous rejoint a cette époque, c’est Aismar Simon !
Limonta : Aismar Simon est parmi les jeunes de l’avant-garde l’un des 5 meilleurs. Il a travaillé avec Azucar Band, (Denis y su Swing), et maintenant il est en Europe.

ENRIQUE LAZAGA y LA RITMO ORIENTAL

Leonel FC.net : Regarde comme invité tu as Enrique Lazaga de la Ritmo Oriental. Quel est ta relation avec Enrique Lazaga ?
Limonta : Enrique Lazaga est comme mon Papa. Depuis que je travaillais dans l’industrie alimentaire, j’allais aux répétitions de La Ritmo Oriental. Pour moi, dans ce type d’orchestre (Charanga), c’était le meilleur ! Ils avaient la meilleure polyrythmie, les meilleurs chanteurs… C’était l’époque où il y avait David Calzado au violon dans la Ritmo Oriental, Toni Cala (NG La Banda) come chanteur…

Leonel FC.net : Il y avait Daniel Diaz aux Timbales
Limonta : Ils avaient une polyrythmie incroyable avec Lazaga et son Guiro, le conguero (Juan Claro) et le timbalero (Daniel Diaz), Ce qu’ils montaient était grandissime. Ils s’entendaient parfaitement bien et il me faisaient me lever de ma chaise avec un swing impressionnant.

Leonel FC.net : Incroyable pour une charanga ? Avec autant d’energie, de folie, d’agitation..
Limonta : c’est comme Juan Crespo Maza qui chantait très bien. Il m’enchantait.

Leonel FC.net : « Azucar a Granel », « Baile de Azucar », …
Limonta: “Mi Socio Manolo”, ..
Leonel FC.net: “Bailando Asi”

Limonta chante…

Leonel FC.net : Donc c’est un orchestre qui t’a influencé ?
Limonta : Oui, ils m’ont beaucoup influencé.

Leonel FC.net : Continuons avec « Andar Andando ». Il y a une Cumbia « Habana Lima » !

Limonta: Oui c’est une cumbia-fusion . J’ai eu beaucoup de plaisir à la faire. Ca a été une histoire assez belle.

J’étais au Pérou avec Haila, nous avions fait une conférence de presse avec la presse écrite et la télévision.

Apres avoir visité Lima nous somme aller dans un quartier qui m’a beaucoup impressionné pour sa culture et la manière de vivre des gens.
Du coup pour le monsieur qui nous avait fait venir et qui voulait faire revenir l’orchestre, j’ai voulu faire un hommage à ce quartier que j’avais visité. Et j’ai fait la chanson. Nous nous sommes allés mais j’ai enregistre ce morceau pour qu’ils en fassent la promotion là-bas afin qu’ils se rappellent de nous.

Leonel FC.net : En 2001, quand je t’ai connu, il y avait « El Nene » comme chanteur qui l’interprétait.

Il y a une autre chanson qui m’enchante c’est « Tan Solo Tu » : c’est un duo !

Limonta : Avec Aldo et Haila ! On me demande de la réenregistrer… Je crois que je vais la refaire. C’est une ode, un chant à l’amour. Cette chanson a une histoire..

Cette chanson je lai faite parce qu’il y avait un éditeur qui vivait en Italie. Quand il est venu à Cuba il était intéressé par rencontrer des compositeurs et on m’avait sélectionné. Et ce monsieur m’a proposer de composer pour Eros Ramazzoti. Et cette chanson fut la première qui me soit parvenue.

Ensuite le contrat ne s’est pas réalisé. Alors je me suis dit que cette chanson n’allait pas se perdre. Et je l’ai monte avec Azucar Negra.

Leonel FC.net : C’est encore mieux comme ca !
Limonta : Comme ca elle reste à la maison !

Leonel FC.net : Comme quoi on peut être Timbero mais avec des sentiments,

 

4ème Partie : le CD « Andar Andando » et Tania Pantoja

Transcription à suivre…

5ème Partie : Aylin Dallera et les CDs « Sin Mirar Atras », « Toque Natural »

Transcription à suivre…

6ème Partie : Rusdell, Dayan, les CD « Exceso de Equipaje » et les nouveautés

Transcription à suivre…

Madeline Rodriguez : Jeter un pont entre Toulouse et Cuba

FIESTA CUBANA AWARDS 2010 – Les Lauréats d’une année charnière

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Une fois de plus nous avons célébré ensemble la bonne Musique Cubaine et nous avons donné notre avis, de façon ludique, en votant pour les FIESTA CUBANA AWARDS 2010 avec un succès inégalé et un taux de participation record. Les Lauréats sont :
Meilleur CD de l’Année 2010
ELITO REVE – « De Que Estamos Hablando »
Meilleur Chanson de l’Année 2010
ELITO REVE y su CHARANGON – « Agua Pa’ Yemaya »
Meilleur Chanteur de l’Année 2010
DAGOBERTO VASQUEZ (Elito Reve y su Charangon)
Meilleur Chanteuse de l’Année 2010
AYLIN DALLERA (Azucar Negra)
Meilleur Concert de l’Année 2010
PUPY y LOS QUE SON SON (Aubagne, Paris)
Révélation de l’Année 2010
SUAVE TUMBAO
Meilleur Groupe Cubain de Reggaeton 2010
LOS 4

Pour la première fois le concours s’est ouvert au Reggeaton Cubain et la réponse du public a été significative. Les résultats ne sont pas très surprenant tant l’attachement du public francophone à la musique naturelle et puissante d’Elito Revé et de Pupy est important. La surprise vient de la meilleure interprète féminine et de la Révélation de l’Année.

Revenons sur ces nominations et faisons la rétrospective de l’année 2010 en Musiques Cubaines Populaires et Dansantes…

La Musique Cubaine est à la fois forte et fragile… Forte par son goût et fragile car son économie est moribonde. Profitons de la nouvelle année qui s’annonce pour partager notre passion et envoyer notre message de soutien aux meilleurs créateurs de ce genre musical. Vos votes sont leur reconnaissance, leur récompense et une petite goutte contribuant à la perpétuation du miracle et de la magie du renouvellement de notre musique préférée !
Les Nominés ont été sélectionnés ! Votez et exprimez-vous ! Partageons et célébrons ! FIESTA CUBANA AWARDS 2010

FIESTA CUBANA AWARDS meilleur CD de l’Année 2010
ADALBERTO ALVAREZ – « Son De Altura » BIS Music
BAMBOLEO – « Quien Manda? » – BIS Music
ELITO REVE y su CHARANGON – « De Que Estamos Hablando » BIS Music
MANOLITO y su TRABUCO – « Trabuco Una Vez Mas » BIS Music
MAYKEL BLANCO y su SALSA MAYOR – « Soy El que Te Hala » – PlanetRecords
PAULITO FG – « Sin Etiqueta » Bis Music Promocional

Votez ici : Catégorie MEILLEUR ALBUM DE L’ANNEE 2010

 

FIESTA CUBANA AWARDS Meilleur Chanson de l’Année 2010
ADALBERTO ALVAREZ – « El Melon »
AZUCAR NEGRA – « La Mala de la Pelicula »
ELITO REVE y su CHARANGON – « Agua Pa’ Yemaya »
MANOLITO y su TRABUCO – « La Noche »
MAIKEL BLANCO – « Que Tu Crees »
PAULITO – « Sin Etiqueta »
PUPY y LOS QUE SON SON – « Un Loco Con Una Moto »

Votez ici : Catégorie MEILLEURE CHANSON DE L’ANNEE 2010

FIESTA CUBANA AWARDS Meilleur Chanteur de l’Année 2010
DAGOBERTO VASQUEZ (Elito Reve y su Charangon)
DAYAN CARRERA (Pupy y Los Que Son Son, ex Azucar Negra, ex Charanga Forever)
EMILIO FRIAS « El Niño » (Elito Reve y su Charangon, ex Tumbao Habana)
NORISLEY VALLADARES « El Noro » (Pupy y Los Que Son Son, ex Manolito y su Trabuco, ex Salsa Mayor)
PABLO FERNANDEZ GALLO (Paulo FG y su Elite)
RICARDO AMARAY (Manolito y su Trabuco, ex Aliamen)

Votez ici : Catégorie MEILLEUR CHANTEUR 2010

FIESTA CUBANA AWARDS Meilleur Chanteuse de l’Année 2010
AYLIN DALLERA (Azucar Negra « La Mala De La Pelicula »)
MONICA MESA (Monika y la Maquina Perfecta, ex NG La Banda)
SUSEL GOMEZ « La China » (Elito Reve y su Charangon)
TANIA PANTOJA (Bamboleo « Juan Pescao »)
YESY GONZALEZ (Timbalive « Un Poquito Pa Despues »)

Votez ici : Catégorie MEILLEURE CHANTEUSE 2010

FIESTA CUBANA AWARDS Meilleur Concert de l’Année 2010
PUPY y LOS QUE SON SON (Aubagne, Paris, etc.)
TIMBALIVE (Rennes, Paris, Montpellier, Toulouse, etc.)
MAIKEL BLANCO y su SALSA MAYOR (Paris)
ELITO REVE y su CHARANGON (Paris, Aubagne)
KLIMAX (Cannes, Maugio, La Seyne sur Mer)
LA MECANICA LOCA (Hossegor, Toulouse)
TUMBAO HABANA (Montpellier,Paris)

Votez ici : Catégorie MEILLEUR CONCERT DE L’ANNEE 2010

FIESTA CUBANA AWARDS Révélation de l’Année 2010
ALBERTO GV
COMBINACION DE LA HABANA
HAVANA HEAVY HITTERS
MONIKA y su MAQUINA PERFECTA
PEDRITO CALVO Jr
SON DEL INDIO
SUAVE TUMBAO

Votez ici : Catégorie REVELATION DE L’ANNEE 2010

FIESTA CUBANA AWARDS Meilleur Groupe Cubain de Reggaeton de l’Année 2010
GENTE D’ZONA « Quien Eres Tu »
LOS 4 « Ahora Como Te Mantienes », »Si se va formar que se forme »
LOS CONFIDENCIALES « La Guagua » (Aceite Agua)
KOLA LOCA « Cuba Se Extraña »
HAILA, LOS MATADORES « Dando y Dando »
YULIEN OVIEDO « Sandunguera »
EL MICHA « En Punta de Pié », « Un Loco Con Una Moto »

Votez ici : Catégorie MEILLEUR GROUPE CUBAIN DE REGGAETON 2010

L’année 2010 aurait pu être la dernière ! La Musique Cubaine est en crise profonde malgré les apparences. L’individualisme, la piraterie, les obstacles à une promotion honorable, à une saine commercialisation, la crise économique mondiale et la désaffection des concerts, la tentation de la facilité et des économies vite faites, le manque de professionnalisme, sont autant de facteurs de menaces qui pèsent très lourd sur l’avenir de la musique vivante, celle faite d’improvisations et de concerts, de créativité et de risques. Si nous ni prêtons pas attention la Musique Cubaine contemporaine pourrait gire comme un cadavre tiède que nos pieds de danseurs heurteraient sans s’en rendre compte.

La plupart des entreprises discographiques de Musique Cubaine sont morts ou à l’agonie. Envidia/Lujuria a mis la clé sous la porte avec probablement des procès a la clé. Le label phare de l’année 2009, PlanetRecords (basé en Italie et à Miami), qui avaient produit Los Van Van, Gente D’Zona et Los 4 est apparemment en faillite ! Incroyable !

La légendaire EGREM n’a plus rien produit cette année car elle n’en a plus les moyens et elle se tournerait vers la distribution digitale de musique en abandonnant la fabrication de CDs. Heureusement que BIS Music a pris le relai…Mais pour combien de temps ?

Nombre d’artistes de renom n’ont pas résolu leur problème de production, de maison de disque et de distribution… C’est le cas pour des grands comme Paulito FG y su Elite ou Leonel Limonta y Azucar Negra !

Notre changement de mode de consommation de la musique a des conséquences terribles pour les musiciens et toute l’économie qui gravite autour. Ceci est encore plus grave pour la Musique Cubaine. Ne fermons pas les yeux, nous en sommes en partie responsable en pratiquant le téléchargement et seulement en tolérant la piraterie massive sans broncher.
Le phénomène avait déjà déprimé notre ami Alexander Abreu qui constata que son Album « Haciendo Historia » était téléchargeable gratuitement avant même sa sortie !
On comprend la paranoïa de Juan Formell de Los Van Van à diffuser même quelques démos en avant-première.

Comment nos artistes préférés vont-ils vivre pour continuer a nous séduir par leurs œuvres si l’économie du disque cubain s’effondre ?
Certains diront que la distribution passera par les plateformes de téléchargement légal comme www.cubanmusic.com ou www.latinpulsemusic.com mais rien n’est moins sûr tant la piraterie s’est développée en Amérique du Sud et tant nous autres Européens en usons et abusons. Ne nous voilons pas la face !

D’autre répondront que les musiciens vivront de leurs concerts. C’est encore moins évident quand on sait combien les musiciens gagnent à Cuba, combien la situation transitoire de Cuba est en train de dégrader gravement leur survie et quand on réalise que nous avons mangé notre pain blanc en terme de tournée de groupes cubains : préparez vous aux vaches maigres pour les concerts car nombre de tourneurs ne peuvent plus assumer de telles tournées du fait des couts si élevés et des fables gains enregistrés lors de concerts à moitié rempli.

La tendance actuelle de préférer des soirées récurrentes de DJ, des Festivals essentiellement tournés vers la danse au point de ne plus respecter le spectacle des musiciens, alors que des groupes font plus de 20000 km pour passer à coté de chez nous, le manque de communion et d’échange avec les artistes, la désertion de certains concerts sont autant de facteurs qui vont immanquablement avoir des conséquences en 2011.

Nombre de tourneurs et de groupes ont jeté l’éponge et ne feront pas de tournées !

Malgré tout réjouissons-nous ! L’année 2010 a vu la multiplication de grands événements consacrés exclusivement aux musiques et aux danses cubaines : Bailar Cuba, Cubalunya, Festival de Rueda de Casino de Bordeaux, Aqui Cuba, D’Cuba, Salsamistad, Festival Bayamo de La Seyne sur Mer, Latin’Hossegor, le premier festival de Guaguanco de Barcelone, etc…

La concomitance des Festival Aqui Cuba et D’Cuba et leurs succès respectifs démontre à quel point la Salsa Cubaine est en fait très vivante et vivace en France, le pays préféré de nombreux groupes car nous représentons un public passionné, généreux, éduqué et exigeant !

Réjouissons nous donc de ce petits miracles ! Des petits bouts de Cuba en terre gauloise ! De grands moments d’euphorie collective, d’émerveillement et de partage !

Cuba et ses musiciens à travers le monde ont malgré tout continué à renouveler le genre avec des productions originales, riches et variées. Cette production a parfois été retardée du fait de l’ouverture des frontières des USA permettant aux plus grandes figures de fouler a nouveau le sol américain après une absence pour certains de plus de 10 ans.
Elito Revé, Manolito y su Trabuco, Pupy, Bamboleo, La Charanga Habanera, Los Van Van, Pedrito Calvo, Paulito FG, Adalberto Alvarez, Alexander Abreu, Candido Fabre, Pablo Milanes, Orquesta Aragon, Mezcla, etc.

LE REGGAETON en 2010

Cette année encore le Reggaeton a dominé les ondes à Cuba et a finalement conquis la scène française avec les concerts réussis de Gente D’Zona et Eddy-K. C’est indubitablement Los 4 (Los Savajes) qui ont dominé cette année avec un Reggaeton empruntant les Tumbaos de Pupy et de Los Van Van. Yulien Oviedo avait aussi pris la même direction avec sa reprise de « Sanduguera » de Los Van Van, accompagné de Mayito Rivera.
Ce nouveau Reggaeton Cubain est désormais plus mélodique, plus musical, plus imprégné de la clave cubana et se fusionne avec la Timba en introduisant sur scène des instruments comme une section rythmique et une section de cuivres qui enrichissent indéniablement la musique et le spectacle.

A noter la sortie des CDs de GENTE D’ZONA “A Full” qui contient les tube “Quien Eres Tu”, « La Galleta », « Mama Me Lo Conto » et l’hommage bien opportun au Barbaro Del Ritmo, Benny More, par un autre autodidacte, Alexander Delgado le chanteur de Gente D’Zona.
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Cette année a quand même été globalement l’année de LOS 4 (SALVAJES), surtout à Cuba avec les incontournables mega-tubes « Ahora Como Te Mantienes », »Si se va formar que se forme », « Fresa o Chocolate » et « Tu No Te Gobiernas ».
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Qui de LOS 4 ou de YULIEN OVIEDO suit le style de l’autre…c’est difficle a dire tellement les tentatives de fusion de la Timba, des tumbaos de los Van Van avec le Reggaeton sont nombreuses. Tirso Duarte entreprenait cette route il y a déjà 3-4 ans. Toujours est-il que la reprise par YULIEN OVIEDO et MAYITO de « Sandunguera » est une réussite.
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Eddy-K “a sorti le CD « Asalto”, Chacal le CD “Reporte” et de Baby Llores le CD plus ‘suave’ “Mas”.

KOLA LOCA offre une proposition des plus ORIGINALES ! le Reggeaton del Campo ! Le Reggaeton Guajiro, déjanté, loufoque et hilarant ! Leur style a su s’imposer en 2-3 ans ils sont desormais plus souvent a La Havane qu’a Guantanamo, un signe qui ne trompe pas quant a leur succes. Pas etonnant qu’Elito Reve les ait choisi pour « Mi Amiga Chichi ». Leur nouvelle chanson avec EL MICHA « Cuba Se Extraña » parlecomme toujours de la vraie vie, celle de cubains et c’est avec leur auto-derision la recette de leur succes .
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Des Reggaetoneros de Matanzas débarquent en 2010 et imposent leur chanson sur toutes les levres : LOS CONFIDENCIALES embarquent tout le monde dans leur « Guagua » qui nécessite « Aceite, Agua » (de l’huile et de l’eau). Ce tube est incontournable et représente comme un slogan « Yo soy una guagua » dans lequel tout le monde a cuba se reconnaît et se rallie. Bienvenue dans le Transport de Masse a Cuba 😉
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HAILA y LOS MATADORES, ANED MOTA et RANDY MALCOLM de la Charanga Habanera n’ont pas raté le train et se positionnent en haut des charts avec leur « Dando y Dando ».

Ils sont aidés en celà par le Rappero le plus sollicité de l’année, EL MICHA qui sort sous son nom « En Punta de Pié » et multiplie les collaborations avec La CHARANGA HABANERA sur «Como Yo» , avec KOLA LOCA sur « Cuba Se extraña » , avec PUPY sur « Un Loco Con Una Moto », etc.. Il entre dans tous les projets… pas étonnant qu’il clame « Gerente, Gerente, Abre la puerta de par en par » ! C’est pour mieux entrer pardi !

L’écoute de ces différents artistes vous est proposée ici : FIESTA CUBANA AWARDS 2010 : groupes de Reggaeton en vidéos

LA MUSICA POPULAR BAILABLE en 2010

Les figures de la Timba et de la Salsa Cubaine ne sont pas en reste même si il n’y a pas de surprise parmi les acteurs majeurs :

ADALBERTO ALVAREZ – « Son De Altura » BIS Music

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ADALBERTO ALVAREZ y su SON reviennent avec le CD « El Son De Altura » : autant dire tout de suite qu’il s’agit d’un bijou d’une rare richesse. Le propre de la classe ou du génie c’est que ça a l’air simple et évident. C’est le cas de ce dernier album que d’aucun trouveront qu’il ressemble beaucoup aux autres dernière productions du Caballero Del Son. Pourtant, comme on dit, le diable est dans les détails. Les questions-réponses entre Trombones et Trompettes qui forment des mélodies qui s’entremêlent sans se ressembler, la basse toujours « al’ante », incisive et obsédante est extrêmement moderne et la pianistique de Dorgeris Alvarez nous fait voyager du Son traditionnel à la musique classique, Gershwin ou Bach, c’est selon, en proposant aussi des Tumbaos improbables, notamment sur « Vete » chanté par Rey Frometa (ex « El Galan » dans Elito Revé y su Charangon). Rey a depuis quitté le groupe mais il laisse sur cet album sa voix sur les titres les plus sentimentaux.

Les chansons phares sont sans nul doute « Bailando En La Tropical », un thème qui magnifie ce temple de la danse populaire à La Havane, « El Melon », un morceau pittoresque, satirique et enjoué. Ces deux morceaux sont parfait pour le Casino, comme toujours avec Adalberto, avec un entrain irrépressible et une magistrale orchestration. La satire et l’humour inspire aussi l’excellent « Tu Falta De Ortografia ». La tonalité de ce CD est joyeuse, primesautière, élégante et raffinée comme toujours avec un fond afro-cubain toujours subtil.

Ce CD propose aussi un chef-d’œuvre hors-norme, «Entre La Rumba y El Son », une Rumba moderne, mêlée de Rap conduite par le groupe Rumbata de Camaguey et fusionnée avec le Son d’Adalberto Alvarez. Les coros de Rumba sont divins, rappelant étonnamment les chœurs d’Afrique de l’Ouest, la fusion avec le Rap est faite avec intelligence et les orchestration d’Adalberto ne font que sublimer cette rumba exceptionnelle aux saveurs originales.

Et l’écoute de ce CD vous est proposée ici : [CD] ADALBERTO y su SON – El Son De Altura

Adalberto Alvarez y su Son ont aussi sorti un magnifique double DVD « Que Suene El Son Caballero » contenant un magnifique concert au Theatre Karl Marx agrémenté de danseurs et d’acrobates et d’un documentaire fort intéressant sur Adalberto.

BAMBOLEO – « Quien Manda? » – BIS Music

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LAZARO VALDES y BAMBOLEO finissent par sortir un CD attendu depuis trop longtemps « Quien Manda ? » (Tania bien évidemment) avec les tubes « La Domadora », « Quien Manda », « Se Acabaron Los Guapos en La Habana » et “Flor de Mambo”.

Tous ces titres sont des succes ou TANIA PANTOJA a imposé un style jubilatoire, excessif mais sa voix reste La voix de la Timba. TANIA PANTOJA reste la plus feroce des chanteuses cubaine et revient toujours a la mode avec notamment « Juan Pescao ».

Ses titres circulaient déjà depuis longtemps et ne constituent pas une nouveauté mais ils sont enfin sorti officiellement. A noter que « Se Acabaron Los Guapos En La Habana » ressemble à s’y méprendre au Son “Hay Que Entrale A Palo A Ese” d’Ibrahim Ferrer.
L’ancienneté est encore plus importante pour « A Lo Cubano » que Bamboleo jouait déjà il y a 3-4 ans sous le titre « Vengo Americano ».
Pourtant c’est de Ronnys Lopez que vient la fraicheur de cet album avec justement le morceau « A Lo Cubano » qui est enfin abouti, mais aussi « Esta Es Mi Timba ». Ronnys Lopez est vibrant, joyeux. Son timbre un brin nasal s’impose sur la musique complexe de Bamboleo et il arrive à la rendre jubilatoire. C’est particulièrement le cas sur « Esta Es Mi Timba » ou Alexander Abreu enflamme cette hymne flamboyant à la Timba.
« Flor de Mambo » est très intéressante car c’est une tentative réussie de fusionner Timba, Mambo (à la Perez Prado) et Reggaeton. Le clip en costumes mexicains est amusant et le duo entre Ronnys et Tania fonctionne à la perfection.

ELITO REVE y su CHARANGON – « De Que Estamos Hablando » BIS Music

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ELITO REVE y su CHARANGON tentent de relever le défi de dépasser le succès de “Fresquecito.com” avec un CD très dansant « De Que Estamos Hablando » chez BIS Music.
L’orchestre reste quasi inchangé avec toujours Elito Reve et Aisar Hernandez aux commandes, épaulés notamment par Andy Fornet aux percussions, Pachy Naranjo au piano, Jorge Luis Villa au Tres et le désormais célébrissime tromboniste Ulises Benavides « El Caramelo de Zaomorana ».
Les 2 voix emblématiques de la Orquesta Revé, Dagoberto Vasquez et Pascual Ramos « El Sinsonte » font a nouveau des merveilles : Dagoberto est une fois de plus sublime sur « De Que Estamos Hablando », qui n’est pas sans rappeler le tube « Fresquecito.com » dans sa structure et son hommage à l’héritage de la Revé et où la formule magique du Charangon est a nouveau dévoilée : « Mi Mama se llama Rumba y mi Padre es le Changüi ».

Dagoberto explose aussi dans « Mi Amiga Chichi », un tube original, festif, pittoresque et truculent, qui voit la première collaboration entre le Changüi urbain de la Revé avec le Reggaeton Guajiro et déjanté de Kola Loca. « Chichi esta pa’ Fiesta, Esta pa’ Vacilon » et nous aussi du même coup !
Dagoberto chante enfin un vieux tube de Juan Carlos Alfonso, « La Boda en Bicicleta », dont la nouvelle version a été étrennée pour nous, le public de Fiestacubana.net en 2008.
El Sinsonte retrouve les premiers rôles avec « Open the Door », un Son Montuno sur mesure ou son timbre si particulier nous transporte dans le Cuba de l’intérieur, avec ses cocasseries, sa guaperia, et son sens de la fête.

La nouveauté vient de l’arrivée de 2 chanteurs à l’apport inestimable.

SUSEL GOMEZ est la première interprète féminine de ce groupe aux habitudes plutôt ‘macho’. Elle semble à la première écoute être la réponse de la Revé à l’entrée dans Los Van Van de Yeni Valdes. Elle reprend « Ya se cantar, Ya se bailar », une vieille chanson de 1974 de l’Orquesta Revé qui était encore à l’époque une véritable Charanga. Cette reprise s’est avéré être un succès des pistes de danse et être très agréable à l’écoute grâce à sa cadence mesurée, sa lente montée en puissance et l’émotion transmise par Susel.
Un portrait de Susel Gomez “La China” vous est proposé ici :
[Artiste] Susel « La China »

EMILIO FRIAS « El Niño » , a laisse Tumbao Habana et son morceau fétiche « El Padrino » pour devenir la nouvelle Star du Charangon grâce a son timbre unique, son attitude à la fois Rumbero et juvénile, et des morceaux qui se sont révélé être des bombes musicales comme « Nina Relajate », compose par Roberton de Los van Van, « La Nueva Explosion » ou surtout « Agua Pa’ Yemaya ». Ce Rumbero matanzero, admirateur de Candido Fabré, se voit récompensé par l’honneur d’interpréter la Rumba explosive « Matanzas Tiene La Llave » composée par son mentor, le Diable Rouge de Palma Soriano, et dirigée par son beau-père Elito Revé. Avec El Niño le Charangon est à la fois rajeuni et relancé, avec une palette Reggatonera, Rumbera, actuelle et surtout avec l’une des plus voix de sa génération.
Un portrait assez complet d’Emilio Frias “El Niño” vous est proposé ici :
EL NIÑO – EMILIO FRIAS : L’enfant prodige de la Timba !

Comme sur chaque album, Elito nous fais faire un tour dans la province de Guantanamo, en la casa de Pipi en Yateras cette fois ci, pour un Changüi traditionnel où Chucho Valdés et Pancho Amat, rien de moins, viennent démontrer une fois de plus leur virtuosité.
A noter que la combinaison des voix du Charangon, entre les 4 chanteurs, donne une saveur unique et inégalable qui s’exprime par des coros aux mélodies à la fois simples et inoubliables, notamment dans « Ya se cantar, Ya se bailar » et « La Boda En Bicicleta ». Leur art trouve son apogée dans l’hommage au Padre de la Salsa : « Elegia a Elio Reve Matos ».

MANOLITO y su TRABUCO – « Trabuco Una Vez Mas » BIS Music

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Avec Manolito Simonet, et encore plus depuis que Miguel Angel De Armas « Pan con Salsa » a rejoint le Trabuco, la sortie d’un de leur CD est toujours un événement musical.
Le Trabuco est un tromblon, une pétoire qui fait un sacre barouf tout en restant l’un des plus grands orchestre de Cuba, grâce a une musicalité exceptionnelle, a des orchestrations mêlant des cuivres incendiaires à un structure de Charanga originale (avec flute, violon, violoncelle et basse), et des percussions d’outre-tombe menées par le diable Roicel Riveron.
Deux monstres de claviers avec le face-à-face Manolito et « Pan Con Salsa » qui rivalisent d’ingéniosité dans les arrangements. Leur musique est comme un volcan en éruption, un tremblement de terre percussif, de la lave en fusion dans les tumbaos et des projections de sonorités surprenantes dans un perpétuel échange de question-réponses entre instruments.

La ligne de chanteur est finalement centrée sur la Star restante, l’auteur-compositeur-interprète, Ricardo Amaray. Le départ de Norisley « El Noro » vite remplacé par Pepitin, venu de Maykel Blanco n’a pas révolutionné le Trabuco tant « El Noro » se sentait mal dans cet orchestre. Dommage pour des morceaux comme « Yo soy una bomba », « Camaguey » et « Quien Te Mando » (sortis chez PlanetRecords).
De plus Pepitin aux talents d’improvisateur indiscutable n’a pas encore pris tout son envol dans un orchestre peut-être encore trop grand pour lui. Il chante « Hazme Caso » et « Santiago » , un hommage a Santiago de Cuba, le berceau du Son et ancienne capitale de la Province d’Oriente dont ce Manzallinero est issu.

Lazaro « Mayami » Diaz est toujours l’animateur, le danseur et l’ambianceur sur scène, avec un mouvement de bassin incroyable et une formidable autodérision. Cette simplicite qu’il a su garder depuis son passage dans Tumbao Habana le rend très sympathique malgré une voix qui n’est pas exceptionnelle : toutefois son interprétation de « Lo Toma o Lo Dejas » est très originale : son style détaché, sa nonchalance de ‘crooner’ renouvelle le chant du Son.

Toutefois RICARDO AMARAY est désormais LA FIGURE du Trabuco, avec son phrasé américanisant, ses accents R&B qui enflamme des chansons tour à tour romantiques ou enlevées, intimistes ou festives.

Le morceau « LA NOCHE » est sans aucun doute l’un des plus grands succès de l’année 2010, avec des références à « La Madrugada » de Michel Maza et de celle d’Elito Revé. Mais c’est avant tout du grand Manolito y su Trabuco, un morceau puissant, rapide, explosif, jouissif, époustouflant qui salue le point culminant de nombreuses fiestas. « Donde estan la gente que quieren amanecer? » « Hasta a la una, hasta a la dos, hasta a la tres, hasta la cuatro, hasta la cinquo… hasta que me de la gana»

“Nada Despues” se remarque comme un morceau plus profond, plus en clair-obscur, dont la montée est plus progressive mais pas moins implacable.

Parmi les autres succès on peut noter « Palabras », « Te Invito Cuba » et « Mi Filosofia » qui est un tube conjoint à Amaray et Paulito FG.

« Camina » est fondamental car c’est un manifeste musical, où Manolito confesse la formule magique du Trabuco, sans trucage : la combinaison de Los Van Van avec (Conjunto) Rumbavana c’est le Trabuco, s’appuyant sur la Bomba de Los Muñequitos et la racine sonera des Matamoros, l’âme d’Aragon et le succès d’Irakere. Dans ce morceau très enlevé et très dansant Ricardo Amaray l’annonce : “Yo Soy El Tipo del Ano !”.

A voir si les AWARDS lui donneront raison !

MAYKEL BLANCO y su SALSA MAYOR – « Soy El que Te Hala » – PlanetRecords

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La Maquina de Cuba, la machine à tubes et à succès de piste de danse nous revient en force.
Malgré un changement d’orthographe de son prénom, probablement motivé pour des raisons commerciales, Maykel Blanco semble être encore plus fort après les nombreuses accusations de plagia, notamment par Leonel Limonta et Pupy.
Même si Maykel Blanco s’inscrit clairement dans la voie tracée par Los Van Van, Pupy et Manolito, ses sonorités sont désormais clairement identifiables comme celle de Salsa Mayor, sa jeune formation désormais célèbre sur la planète Salsa.
Leur venue à Paris en Aout 2010 a remplit le New Morning et leur générosité sur scène a comblé les attentes du public.

Ce CD n’offre pas de surprises majeures mais il est d’une redoutable efficacité : « Pa’ Cualquiera », puis « La Cara de Salir Pa’ Andar » et enfin « Que Crees (Alañaqui ñaloro)» sont indiscutablement d’énormes succès des pistes de danse témoignant de l’attachement viscéral du public français et cubain à Maykel Blanco y su Salsa Mayor.

PAULITO FG – « Sin Etiqueta » Bis Music Promocional

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PAULITO FG revient avec un CD Promotionnel « Sin Etiqueta » qui réconcilie ce chanteur exceptionnel avec la Timba de la ‘Elite’ de ses débuts, enrichie de sa maitrise des nouvelles sonorités et de la nouvelle rythmique du Reggaeton prédominant.
« Ce CD est la grande surprise 2010 : non seulement le nouveau disque de Paulito était attendu depuis un moment mais aussi ses deux dernières productions (« Te deseo Suerte » 2003 et « Un poquito de to’ » 2006 sans parler de l’anecdotique « Illusion » 2005) nous avaient laissé un peu sur notre faim, comme un mets qui manquerait de sel ou d’un je ne sais quoi… « El sofocador de la Habana » revient en force avec un disque à la finesse musicale et d’une rare inventivité. »

Le premier morceau se révèle être sa profession de foi : « Sin Etiqueta ». Comme son titre l’indique, Paulito FG, à l’instar de Benny More dans « Elige Tu », chante tout, mais à la sauce actuelle, entre Rumba, Reggeaton et Timba.. Sa maitrise de la voix, de musique et de son orchestre lui permet d’alterner les climats et les styles sans qu’on ne sente les transitions. Paulito tente de réconcilier son public avec sa culture de ‘Musica con clave’. On comprend alors son engagement en faveur du concert de défense de la Timba au Salon de La Tropical. Sa synthèse musicale permet de rassembler un public large, juvénile et festif mais non moins exigeant. Paulito a beaucoup muri et ca s’entend.
Il livre avec Amaray un autre message, « Mi Filosofia » qui, sous la houlette de Manolito Simonet, s’impose comme une évidence : leur collaboration permet de toucher les sommets de la Musique Cubaine dansante.
On le retrouve encore en train de se répondre : Manolito joue « Te Invito a Cuba » et Paulito tout simplement lui renvoie la balle en chantant son pays avec bonheur sur « Me Gusta Cuba ». Plus bel hommage ne saurait être fait et quelle énergie positive pour tous les danseurs.
On retrouve aussi l’excellent version timbera du Reggaeton « La Celosa » et un nouveau Reggaeton de bonne facture « No Con Cualquiera ».
D’autres titres qui font fureur sur la piste sont « Bombon » qui se laisse savourer à souhait et « Yo Sigo Siendo » qui conclut ce magnifique CD avec l’affirmation de Paulito FG comme « Lo Maximo » de siempre sur une Timba des plus Funky.
Il semble que Paulito FG est prêt pour célébrer sa domination musicale cette année et son titre « Este Año » n’arrive pas par hasard. Il consacre la Timba ressuscitée et l’Elite retrouvée.

Et l’écoute de ce CD vous est proposée ici : [CD] PAULO FG – Sin Etiqueta

D’autres artistes cubains ont produit des œuvres intéressantes cette année.

JOSE LUIS CORTES « Recordar es vivir »

El Tosco sort de ses vieux tiroirs un CD passé quasi inaperçu qui finalement porte bien son nom « Recordar es vivir » si ce n’était « Grabar para poder vivir ». Jose Luis cortes avait déjà commencé dès 2004 ses enregistrements de vieux Sones traditionnels cubains avec la touche de folie qui le caractérise. Yeni Valdes (Los Van Van, ex NG La Banda) y chante le vieux morceau truculent d’Arsenio Rodriguez « Vecina Prestame El Cubo » déjà immortalisé par la version d’Omara Portuondo avec Pupy y Los que Son Son. On retrouve aussi un vieil enregistrement comme « Botellita » pour les amoureux du ‘biberon’ alcoolisé et de chansons burlesques.
Burlesque est aussi la nouveauté guarachera « Cangrejo » qui rappelle qu’il faut suivre les conseils du Babalawo et que si on mange du crabe on finit par marcher comme lui. De travers ou en arrière et tout va à volo. « El Pollo de Caridad » est une Cumbia enregistrée par Pedro Lugo « El Nene » il y a quelques années qui est toute aussi hilarante.
Un parfum de sonorités et d’harmonies suranné, des vieux Sons aux paroles cocasses mélangées à des arrangements modernes, dans la lignée de « El Papi », font de CD un objet inclassable, révélé seulement l’année dernière.

SUR CARIBE ouvrent un « Horizonte Proximo » où Ricardo Leyva, le directeur, prend un rôle plus important dans la ligne de chanteurs, probablement du fait du départ du chanteur vedette Javier Rodriguez « El Chocolate De La Salsa ». Toujours est-il qu’il invite aussi à chanter Juan Formell et Omara Portuondo sur le morceau « Si ».
Les morceaux les plus remarquables sont « Todo Por El Son » d’une efficacité redoutable et « Pilon Porque Si », la tentative de déterrer le Pilon de l’oubli. « Ay Felicidad » est une autre Conga, assez réussie, similaire a la fameuse « Añoranza por la Conga ». Il s’essaye aussi à la Conga-pop sur « Bonito Bonito » avec peut-être moins de bonheur.

Malgré son talent, TIRSO DUARTE et son manager peinent à finaliser et produire « Te Quiero y mas » un CD de belles chansons de Agustin Diaz Cartaya , poète et commandant de la révolution. Tirso, en franc-tireur de la Timba, pour ne pas dire en électron libre, continue d’apparaitre sur la scène des autres, celles d’Habana D’Primera, de Pachito, de Son Del Indio mais a force d’être partout il est nulle part. Il fera une tournée mitigée ne Europe au printemps et une autre en Colombie et au Pérou à la fin de l’année 2010.
Un portrait complet de cet artiste vous est proposé ici :
TIRSO DUARTE : Le Franc-Tireur de la Timba !

AZUCAR NEGRA , malgré le départ de Yordis puis de Dayan, lance de nouvelles chansons en préparation du prochain CD comme l’excellente La Mala De La Pelicula” et “Que Risa Me Da” qui propulse Aylin au premier plan des chanteuses cubaines, une fois de plus.
Le prochain morceau « Plato Fuerte » serait encore en gestation. La perte de DAYAN CARRERA est un coup dur pour Leonel Limonta : Dayan interprétait une reprise de Nino Bravo « Un Beso y una Flor » et il avait pris le devant de la scène avec aisance et brio, faisant le show d’Azucar Negra, notamment sur la nouvelle version de « Identidad ».
AYLIN reste donc l’étoile d’Azucar Negra avec une voix et une personnalité qui s’embellit années apres années : Un petit portait de Aylin vous est proposé ici :
[Artiste] AYLIN – La Muñeca de Azucar Negra

PUPY y LOS QUE SON SON préparent un nouveau CD « Siempre Pupy » qui devrait sortir seulement en 2011. Toutefois de nouveaux changements ont été opérés après la tournée américaine du début de l’été. Rusdell Nuñez et Michel Perez, les 2 jeunes chanteurs issus respectivement de Azucar Negra et de La Charanga Forever sortent et sont remplacés par Norisley « El Noro », Johans « El Dibu » et tout récemment par DAYAN CARRERA, venu de La Charanga Forever puis d’Azucar Negra.
Le morceau « Un Loco Con Una Moto » né d’une collaboration de Pupy avec Norberto Gomez (ex Pupy,ex Salsa Mayor) est en permanence en haut du hit parade. La version avec EL MICHA, puis de EL NORO a fait feu et flamme.
En parallèle Pupy travaille à des bijoux comme « La Batea », un morceau de Toni Taño, chanté par Johans « El Dibu » et Omara Portuondo.
« Ni Bombon Ni Caramelos » et « Parece Mentira » seront des reprises de Pupy interprété par « El Noro » et Pupy co-compose avec El Noro un nouveau thème « Yo No Te Dejé Por Mala, Yo Te Dejé Por Loca »

DAYAN CARRERA interprétera la nouvelle version de « Vino a comerse La Habana » et occupera une place entre celle de Mandy et celle de Rusdell. Il a l’étoffe d’un Sonero et assure le spectacle sur scène.

Un petit portait de DAYAN CARRERA vous est proposé ici :
[Artiste] DAYAN CARRERA – L’Etoile Montante et Généreuse

Une rétrospective de PUPY y LOS QUE SON SON vous est proposée ici :
PUPY : « le Maestro », « la Novia » et la nouvelle génération en route pour El Yuma

La Timba produite en dehors de Cuba connaît aussi un certain essor avec El Zorro et son nouveau CD « Sin Compromiso », Pepito qui produit 2 chanson en téléchargement, El Paisa et Contrabando et leur CD « Abriendo Caminos », Vission Latina et leur « Sonando Como Un Cañon », Havana NRG « Receta Perfecta », Tomasito Cruz & Cuban Timba All Stars « Candela », Orquesta Mayimbe, etc..

LES REVELATIONS DE L’ANNEE 2010

HAVANA HEAVY HITTERS

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Même si ce projet semble surgir de nulle part pour n’aller nulle part, HAVANA HEAVY HITTERS a particulièrement attiré notre attention, pour la qualité des arrangements, de la production et le retour de LA VOIX de la Timba, la voix légendaire de Michel Maza. Les meilleurs musiciens de Los Van Van, de Habana D’Primera, d’Irakere, de Bamboleo, de La Charanga Habanera ont participé à ce projet entre les USA, le Pérou et Cuba.
Une présentation de ce nouveau groupe et l’écoute de leur musique vous est proposée ici :
[CD]HAVANA HEAVY HITTERS – Vestido de Blanco (2010)


COMBINACION DE LA HABANA

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Un groupe comme COMBINACION DE LA HABANA s’est révélé particulièrement cette année, comme s’il avait enfin trouvé son style, sa maturité, sa musique : une Timba héritière de la Charanga Habanera et historiquement de Michel Maza mais qui a trouve son Tumbao, plus dansant. Maykel Blanco y su Salsa Mayor risque de se voir talonner par cette autre nouvelle génération de la musique cubaine.
Une présentation complète de ce nouveau groupe et l’écoute de leur musique vous est proposée ici :
COMBINACION DE LA HABANA – Le renouveau de la Timba à la “Moda Habana”

SUAVE TUMBAO

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De nouveaux groupes sont apparus comme SUAVE TUMBAO a Bayamo qui emprunte les formules gagnantes de TIMBALIVE et MAYKEL BLANCO, a savoir reprendre l’héritage de LOS VAN VAN pour l’amener aux sonorités du XXIème siècle, fusionnant Son Moderno, Songo, et Reggaeton. La Cañonera de Cuba est en marche prête à tirer !
Une présentation de ce nouveau groupe et l’écoute de leur musique vous est proposée ici :
[Artiste] SUAVE TUMBAO – Le Songo incendiaire de Bayamo

MONIKA y su MAQUINA PERFECTA

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MONICA MESA dirige avec le grand YOEL DOMINGUEZ la destinee de MONIKA y su MAQUINA PERFECTA une formation solide, puissante, virtuose et versatile pour un repertoire Salsero, Timbero mais aussi Pop, Bachata, Balada. Le groupe peut etre formidablement funky ou Jazzy et la voix de cette nouvelle Diva est magnifique, elle n’a rien a envier aux autres chanteuses de premier plan a Cuba. Monica a de la classe, de l’envergure et elle est en train de se révéler comme une immense chanteuse. Sa Maquina Perfecta est son carrosse, sa limousine pilotée par un bassiste génial qui fut l’un des maestros de la Timba auprès de Paulito FG et de Manolin El Medico De La Salsa.
Une présentation complète de ce nouveau groupe vous est proposée ici :
LA MAQUINA PERFECTA démarre en trombe avec MONICA, la nouvelle diva de la Timba et bien plus…
Et l’écoute de leur musique vous est proposée ici :
[CD] MONICA MESA – Monika y su Maquina Perfecta -promocional

SON DEL INDIO

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SON DEL INDIO nous assure que « Lo que sucede conviene », en faisant contre mauvais fortune bon cœur. Apres tout, c’est un mal pour un bien que Manolito Simonet se soit séparé du meilleur Sonero de Cuba.
Il revient avec une Sonora solide, impressionante, virtuose et précise qui se cale sur Sixto Llorente « El Indio », celui qui a décliné à 4 reprises l’offre de Juan Formell de rentrer dans Los Van Van.

Une présentation assez complète de ce chanteur et de son nouveau groupe vous est proposée ici :
SIXTO LLORENTE – EL INDIO : Le Magicien Du Son !
Et l’écoute de leur musique vous est proposée ici :
[CD] SON DEL INDIO – Lo Que Sucede Conviene !

ALBERTO GV

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ALBERTO GV est un chanteur surprenant par sa démarche. Féru de Hip-Hop, il développe un nouveau genre entre sa passion et ses racines guajiras de Ciego De Avila, le centre de Cuba. Alberto GV défriche le ReggeSon, une fusion subtile et réussie entre Reggaeton, Hip-Hop et la musique traditionnelle cubaine, le Son, la Guajira, le Danzon, le tout dans des arrangements surprenants entre boite à rythme et orchestre de charanga. Alberto GV collabore avec Paulito FG sur son dernier CD sur le morceau « Remember Hialeah » et avec Moises Gonzales, le nouvel Issac Delgado des Canaris. Son projet « Hasta La Inconciencia » est une révélation où participe aussi Tirso Duarte. Un Son nouveau est arrivé : le ReggeSon.

Une présentation de cet artiste et l’écoute de sa musique vous est proposée ici :
[Artiste] ALBERTO GV : le ReggeSon de Ciego de Avila

PEDRITO CALVO Jr

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PEDRITO CALVO Jr organise « Mi Fiesta Latina » : le fils de la voix tutélaire de Los Van Van, Pedrito Calvo, continue sa carrière solo et lance un bon CD aux styles assez varies pour toucher un large public. Pedrito Calvo Jr a une voix profonde, tantôt de velours, tantôt de braise.
Il s’inscrit essentiellement dans un registre Sonero et Salsero mais use de la Timba avec intelligence. Sa palette évolue du Salsaton du titre « Mi Fiesta Latina » a une Timba inspiree des Rucu Rucu d’Irakere sur « Ponte Pa’ Lo tuyo ».
Il défend pourtant aussi avec force le Son Moderno, de qualité, tout d’abord sur « Se Desafina » et la Salsa Cubaine de toujours avec son père sur « Esta Comprobao ». Une chose est certaine est que Pedrito Calvo Jr porte en lui toute les pallettes de la Cubania, même celle des exilés cubains d’Italie ou de Miami, et il nous l’affirme « Somos Cuba » sur un morceau très festif.

L’écoute de sa musique vous est proposée ici :
[CD] PEDRITO CALVO Jr – Mi Fiesta Latina

LA MUSIQUE TRADITIONNELLE CUBAINE

A Noter aussi de très beaux projets musicaux comme l’hommage d’Isaac Delgado a Nat King Cole avec son CD L-O-V-E, la superbe collaboration d’Eliade Ochoa avec des musiciens maliens pour produire « Afrocubism » et probablement l’un des projets les plus intéressants de revisite de la musique traditionnelle cubaine qu’est « Barrio Tres » et leur superbe morceau « Africa » nominé au Premios Lucas pour le clip vidéo.

Les institutions de la Musique Traditionnelle cubaine ont aussi continué leurs productions de qualité. On peut citer :
Omara Portuondo qui sort « Rumpiendo La Rutina », Le Septeto Habanero celebrant ses “90 Años” avec un coffret de 2 CDs alors que Aragon fit une tournée pour leur 70 ans de carrière.
Le Septeto Santiaguero clame “Oye Mi Son Santiaguero” sur leur nouveau CD où on trouve l’excellent morceau «Esa Niña Que Cintura » dont un clip vidéo a été réalisé. Le Septeto Santiaguero a aussi effectué une tournée en France en 2010.
Sierra Maestra sort le CD « SonandoYa » et La charanga Orquesta Sublime nous le confirme avec un CD : « Soy Sensacion »
La Musique Cubaine progressive contineu d’esxperimenter avec des incursions Dans le Funk comme Interactivo qui donne une suite a leur « Goza Pepillo » avec l’excellent « Cubanos Por El Mundo » . On a aussi découvert aux USA ces terribles cubains de Palo ! Afro-Cuban Funk qui valent le détour.
Impossible d‘être exhaustif tellement la production est importante mais elle n’en est pas moins en danger.

Une manière de soutenir Les Musiques Cubaines, au delà d’acheter les disques, de télécharger légalement et d’aller aux concerts, c’est d’en parler et de les célébrer en votant au FIESTA CUBANA AWARDS !

Ecoutez, Profitez, Comparez, Discutez et Votez ! Merci pour eux !

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FIESTA CUBANA AWARDS meilleur CD de l’Année 2010
ADALBERTO ALVAREZ – « Son De Altura » BIS Music
BAMBOLEO – « Quien Manda? » – BIS Music
ELITO REVE y su CHARANGON – « De Que Estamos Hablando » BIS Music
MANOLITO y su TRABUCO – « Trabuco Una Vez Mas » BIS Music
MAYKEL BLANCO y su SALSA MAYOR – « Soy El que Te Hala » – PlanetRecords
PAULITO FG – « Sin Etiqueta » Bis Music Promocional

FIESTA CUBANA AWARDS Meilleur Chanson de l’Année 2010
ADALBERTO ALVAREZ – « El Melon »
AZUCAR NEGRA – « La Mala de la Pelicula »
ELITO REVE y su CHARANGON – « Agua Pa’ Yemaya »
MANOLITO y su TRABUCO – « La Noche »
MAIKEL BLANCO – « Que Tu Crees »
PAULITO – « Sin Etiqueta »
PUPY y LOS QUE SON SON – « Un Loco Con Una Moto »

FIESTA CUBANA AWARDS Meilleur Chanteur de l’Année 2010
DAGOBERTO VASQUEZ (Elito Reve y su Charangon)
DAYAN CARRERA (Pupy y Los Que Son Son, ex Azucar Negra, ex Charanga Forever)
EMILIO FRIAS « El Niño » (Elito Reve y su Charangon, ex Tumbao Habana )
NORISLEY VALLADARES « El Noro » (Pupy y Los Que Son Son, ex Manolito y su Trabuco, ex Salsa Mayor)
PABLO FERNANDEZ GALLO (Paulo FG y su Elite)
RICARDO AMARAY (Manolito y su Trabuco, ex Aliamen)

FIESTA CUBANA AWARDS Meilleur Chanteuse de l’Année 2010
AYLIN DALLERA (Azucar Negra « La Mala De La Pelicula »)
MONICA MESA (Monika y la Maquina Perfecta, ex NG La Banda)
SUSEL GOMEZ « La China » (Elito Reve y su Charangon)
TANIA PANTOJA (Bamboleo « Juan Pescao »)
YESY GONZALEZ (Timbalive « Un Poquito Pa Despues »)

FIESTA CUBANA AWARDS Meilleur Concert de l’Année 2010
PUPY y LOS QUE SON SON (Aubagne, Paris, etc.)
TIMBALIVE (Rennes, Paris, Montpellier, Toulouse, etc.)
MAIKEL BLANCO y su SALSA MAYOR (Paris)
ELITO REVE y su CHARANGON (Paris, Aubagne)
KLIMAX (Cannes, Maugio, La Seyne sur Mer)
LA MECANICA LOCA (Hossegor, Toulouse)
TUMBAO HABANA (Montpellier,Paris)

FIESTA CUBANA AWARDS Révélation de l’Année 2010
ALBERTO GV
COMBINACION DE LA HABANA
HAVANA HEAVY HITTERS
MONIKA y su MAQUINA PERFECTA
PEDRITO CALVO Jr
SON DEL INDIO
SUAVE TUMBAO

FIESTA CUBANA AWARDS Meilleur Groupe Cubain de Reggaeton de l’Année 2010
GENTE D’ZONA « Quien Eres Tu »
LOS 4 « Ahora Como Te Mantienes », »Si se va formar que se forme »
LOS CONFIDENCIALES « La Guagua » (Aceite Agua)
KOLA LOCA « Cuba Se extraña »
HAILA, LOS MATADORES « Dando y Dando »
YULIEN OVIEDO « Sandunguera »
EL MICHA « En Punta de Pié », « Un Loco Con Una Moto »

Madeline Rodriguez : Jeter un pont entre Toulouse et Cuba

COMBINACION DE LA HABANA – Le renouveau de la Timba à la “Moda Habana”

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Le 25 Octobre 2010 COMBINACION DE LA HABANA fêtait déjà ses 5 ans d’existence à l’ endroit même de leur première présentation, la Casa De La Musica de Miramar, et célébrait le succès internationalement reconnu de leur nouveau CD-DVD « MODA HABANA ». C’est le résultat d’une évolution et d’une maturation d’un groupe de musiciens principalement issus du groupe de Michel Maza.

 

Le 22 Mai 2010 COMBINACION DE LA HABANA accordait à www.fiestacubana.net une interview exclusive au sein de La Casa De La Musica de Galiano.

Sous la houlette de Gerson Valdès, neveu de Chucho Valdès, clavier, directeur, compositeur et arrangeur de COMBINACION DE LA HABANA, ce groupe développe son style propre, en s’éloignant progressivement des influences de La Charanga Habanera pour adopter des Tumbaos plus accessibles aux danseurs et des sonorités en symbiose avec le son actuel de La Havane, mélange de Timba et de Reggaeton ou la mélodie et la cadence sont toujours destinées aux danseurs.

Regardez leur DVD EN VIVO a LA CASA DE LA MUSICA

L’histoire de COMBINACION DE LA HABANA remonte aux débuts du groupe solo de Michel Maza, ce chanteur légendaire, fils de Pepe Maza (Grupo Laye) et de Beatriz Marquez (chanteuse de boléro surnommée ‘La Musicalisima’) qui commence sa carrière dans La Charanga Habanera comme « El Menor De La Salsa » et qui a donné ses lettres de noblesse à la Timba Hardcore au sein de La Charanga Forever puis dans son propre groupe, la Bola et la Tentacion.

Après le départ de Michel Maza pour le Pérou, ses musiciens se regroupent autour de Gerson Valdès, saxophoniste et clavier du groupe. Ils fondent COMBINACION DE LA HABANA comme la combinaison (combinacion en espagnol) de talents hétéroclites connus chez Michel Maza, dans la rue ou lors de leurs études musicales.

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On retrouve parmi les rescapés du groupe de Michel Maza, le pianiste Eugenio Rodríguez Sierra et le fameux chanteur Ricardito qui avait fait feu et flamme au sein d’Azucar Negra et surtout dans Maikel Blanco y su Salsa Mayor, aux côtés de Norberto Gomez et de Norisley « El Noro ».

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Ricardo – Eugenio – Leonel

On retrouve aujourd’hui Julian « El Pillo » issu du Conjunto Folklorico Nacional et Yurisley Gómez Cambra , Yuri « La Amenaza »
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Julian « El Pillo » – Leonel – Dayan

Petit à petit le groupe a développé ses morceaux, initialement inspirés par La Charanga Habanera, El Clan et puis par les tenants du Son Moderno comme Maikel Blanco.

COMBINACION DE LA HABANA avait filmé une de leurs présentations en 2007 au Solar de Calabazar où ils avaient interprété « La Criolla »

Leurs enregistrements en studio les amène finalement à sortir en 2010 un CD « MODA HABANA » en vente sur www.cubamusic.com :

1. El Pillo (Gerson E.Valdes)
2. La Moda (Gerson E.Valdes)
3. La Careta (Gerson E.Valdes)
4. Que tarde es (Maykel Llerena)
5. Por siempre te amare (Gerson E.Valdes)
6. Se te fue el avion (Gerson E.Valdes)
7. Ahora que se va (Maykel Llerena)
8. Un viaje espectacular (Noel Leon)
9. Estoy contigo (Maykel Llerena)

Le morceau “El Pillo” interprété par Julian est un tube qui propulse enfin ce groupe dans la notoriété et la popularité. Le clip vidéo rafraichissant, fait avec les moyens du bord et la créativité des jeunes talents de COMBINACION DE LA HABANA, permet à ce groupe de se faire connaitre à l’étranger et de conquérir un nouveau public.

« La Careta » rappelle le tube de la Charanga Habanera « Hit Parade » ( chanté par Leo Garrido, ex – Los Angeles De La Habana, passé depuis chez Klimax), ou les sonorités de Dayron y el Boom. Ce mélange de Reggaeton et de Timba est efficace et festif.

« Por Siempre Te Amare » rappelle aussi la Charanga Habanera dans son style Pop des années 2005.

« Que Tarde Es » est une Bachata romantique qui n’apporte rien de plus que de montrer l‘éventail et la versatilité de cet orchestre qui aime puiser dans les références étrangères de nouvelle sources d’inspiration. C’est l’occasion pour les chanteurs de l’époque, notamment Maikel Llenara, d’unir leurs voix et de se répondre.

« Se Te Fue El Avion » est probablement l’un des meilleurs morceaux de ce groupe avec une montée en puissance passant du style du Clan a une Timba implacable, irrépressible, explosive insufflée d’un Tumbao très puissant !

« Ahora Que Se Va » est une balade R&B, très américaine dans son inspiration, interprétée par leur ex-chanteur Maikel Llenara, à la mode entre Leonid Torres et Stevie Wonder.

« Un Viaje Espectacular » est un Songo avec une cadence mesurée et puissante. Cette fois ci on ressent plus le style Vanvanero, à la mode de Maykel Blanco, et ce morceau est très adapté pour le Casino.

« Estoy Contigo » reprend ensuite un style Timbero, entre Son et Funky, où on assiste à une champola débridée entre le saxophone de Emilio Valdès , le frère de Gerson et les trompettes qui se résout dans une Bomba survolée par les vocalises américanisantes de Maikel.

« La Moda » est le nouveau tube interprété par la nouvelle star « Ricardito », le phénomène de « Anda Pegate » de Salsa Mayor. Ses accents plus graves, plus profonds et solennels donnent une nouvelle couleur à Combinacion de La Habana. Ce morceau est moins agité mais mise sur un Tumbao plus clair, une cadence plus posée, plus puissante, appuyée par les trombones et les trompettes.

Le nouveau DVD EN VIVO a LA CASA DE LA MUSICA marque une étape importante pour COMBINACION DE LA HABANA.

Les sonorités et les arrangements ont encore muri et leur style s’affirme de plus en plus : la priorité est désormais aux danseurs avec une cadence mesurée et une mécanique plus constante, plus accessible.
Les chanteurs sont désormais Yuri , Julian et Ricardito.
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Jugez par vous-même ! Car c’est désormais sur ce répertoire et sur ce DVD que Gerson Valdès et son orchestre souhaite être jugés.

Voici COMBINACION DE LA HABANA :

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DVD EN VIVO desde la CASA DE LA MUSICA

1. Introduccion
Bienvenue a La Casa De La Musica de Centro Habana (Galiano) sur un thème éponyme d’Azucar Negra. Ceux qui connaissent cet endroit mythique sentiront un pincement au cœur avec cette introduction qui nous plonge vraiment dans le contexte des concerts populaires de la ‘matinée’.

2. El Traqueteo

« El Traqueteo » démarre sur les chapeaux de roues avec Julian. Une basse massive, une batterie omniprésente réglée comme une horloge, les cuivres, trombone et trompettes aux mambos simples et efficaces, le piano hypnotique s’unissent pour imprimer un Tumbao puissant propice à un Casino débridé.

3. La Moda
Ricardito entame ensuite « La Moda », le nouveau tube de Combinacion De La Habana avec sa voix profonde, son charisme populaire, ses attitudes Timberas, ses vocalises… Eugenio se déchaîne au piano alors que l’orchestre multiplie breaks et les Bombas, ces passages destinés au ‘despelote’.

4. La Pelicula
Julian « El Pillo » et Yuri « La Amenaza » enchainent « La Pelicula » dont la cadence est plus mesurée et le Tumbao parait pour le Casino. Si le début prend des couleurs plus Pop ou R&B, le morceau est finalement une bonne Timba, populaire, « Miki », « Repa » avec toujours cette basse puissante, ces sonorités légèrement sales et rêches qui donne cette saveur unique et ce relief à Combinacion De La Habana.

5. Discrecion
Julian continue sans retenue cette « Discrecion ». Le rythme fusionné de Timba et de Reggeaton est très accrocheur et moderne ainsi que les paroles provocantes qui en font un morceau intense, obsédant dont la pression ne retombe pas un seul instant.

6. La Razon Eres Tu
Cette balade à la sauce américaine est chantée par Eugenio, le pianiste et figure historique de l’orchestre de Michel Maza.

7. La Careta
La Careta est probablement le morceau le plus proche du style de La Charanga Habanera des années 2005. Rap, Cintura, Tembleque, Despelote.. C’est la Timba brute et authentique des quartiers de La Havane qu’on retrouve ici avec Yuri au chant. Avec ce morceau les masques tombent ! Quitate la careta !

8. Se Te Fue El Avion
Probablement l’un des morceaux les plus réussis de Combinacion avec Ricardo déchainant le public avec ses incursions vocales, avec des trompettes incendiaires, avec la mécanique imparable des claviers et le va-et-vient incessant des coros. Ici encore Combinacion ne lâche rien, imprimant une pression constante, un savant mélange de Tumbao dansant avec une attitude de la rue, un brin d’agressivité et un show pour la jeunesse de La Havane.

9. El Pillo
Julian interprète finalement le titre phare, « El Pillo » qui lui a valu son surnom. Ce morceau est extrêmement entrainant, il coule tout seul, aérien avec ses chœurs relançant toujours l’impulsion donnée par Julian. Combinacion De La Habana livre un son massif, plein, percussif qui soutient ce refrain prégnant « Camina Como Pillo » puis « Aceite, Agua, Yo Soy una Guagua » emprunté aux reggaetoneros de Los Confidenciales. Nous somme tous des ‘pillos’, des filous des rues avec ce morceau joyeux et typique de la vie quotidienne de la jeunesse de La Havane.

10. Despedida
Combinacion De La Habana vont enfin clore leur spectacle par un morceau plus lent, aérien aux accents mineurs et aux sonorités encore une fois empruntes à la R&B américaine. Le danseur de la Farandula, notre ami Bustamente, rejoint finalement les chanteurs afin de saluer le public emporté par ce concert très réussi.

En définitive, ce DVD démontre la maturité et la cohérence d’une Timba empruntée d’influences nord-américaines, entre Funk et R&B, où la construction des morceaux demeure relativement simple pour coller à un format dansant et où les rythmes sont savamment travaillés pour rendre une Timba populaire matinée d’un soupçon de Reggaeton.

La pianistique d’Eugenio est purement Timbera, hypnotique et obsédante alors que Gerson enrichit le tout avec ses contra-tumbaos aux claviers ou en égrainant des sonorités originales venus d’ailleurs… Cette collaboration entre ces deux cerveaux de Combination De La Habana est l’épicentre de forces telluriques complexes et enchevêtrées autours desquelles évoluent les Tumbaos entrainant, apparemment simples, impulsés par une section rythmique puissante et régulière, une basse massive et obsédante et des cuivres brillants, entre swing et funk.

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Cette musique est sincère, authentique, purement originaire de La Havane, représente une Timba juvénile, populaire, fraiche et accessible sans pour autant être lissée, policée… Bien au contraire ! La Combinacion ne fait pas de compromis avec les critères de la Timba mais la joue avec saveur et intelligence pour nous tous les Timberos, les Casineros, le Reggaetoneros… Profitez de cette jeunesse !

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Entrevista con Combinacion De La Habana
par Leonel “El Farandulero Mayor” le 20 Mai 2010

1ere Partie :

Leonel : Bonsoir, nous sommes ici à la boutique EGREM de la Casa De La Musica de Galiano. Nous sommes en présence de la révélation de l’année… A vrai dire cet homme (Ricardito) n’est pas une révélation, nous le connaissons bien… Nous sommes avec COMBINACION DE LA HABANA avec Gerson, Julian, Yuri et Ricardito. Ricardito a déjà une longue carrière derrière lui, c’est un grand-père de la Timba : il est passé par Azucar Negra, Son Yoruba et Salsa Mayor de Maikel Blanco. Il fut le chanteur de “Anda Pegate”.
Gerson, je souhaitais faire cette interview parce que vous avez un groupe relativement jeune. Ca fait combien de temps qu’est né COMBINACION DE LA HABANA ?
Gerson Valdes
: en fait, cette année en Octobre nous allons atteindre nos 5 ans.

Leonel : Ca fait déjà 5 ans mais nous n’avons appris l’existence de Combinacion De La Habana que seulement depuis 1 ou 2 ans… Pourquoi ?
Gerson Valdes
: Evidemment car il faut du temps pour former un orchestre, le faire connaitre, le promotionner, pour travailler pour la première fois dans notre propre pays, établir les contacts pour développer notre travail dans toutes les provinces, pour enregistrer les maquettes, pour faire parvenir notre musique a ceux qui aiment la Timba, la Salsa… Du coup pour donner cette impulsion il a fallu 5 ans, en faisant toutes sortes de choses.
Leonel : Mais c’est votre premier groupe car vous êtes plutôt jeunes ?
Gerson : Auparavant chacun d’entre nous a eu une expérience dans différents groupes. J’ai joué dans la Tentacion, l’orchestre de Michel Maza, ce chanteur qui est passé par La Charanga Habanera

Leonel : Michel Maza est un monstre. Tout le monde le connaît. Nous le promouvons beaucoup.
Gerson
: J’ai été son directeur musical pendant 3 ans avant Combinacion De La Habana. Ensuite nous nous sommes séparés et j’ai formé mon propre groupe. Nous réunissons un groupe spécial issu d’étudiants de la même école de musique que moi, et le tout forme une combinaison. Nous sommes la combinaison de La Havane, Combinacion De La Habana… Ensuite nous avons intégré El Pillo et Ricardo, etc.

Leonel
: Donc vous êtes diplômés des écoles des arts?
Gerson
: Oui. Je suis diplômé de l’école de musique. Je suis diplômé en clarinette. Au service militaire je me suis retrouve dans l’orchestre a jouer du saxophone pendant 2 ans. Lorsque je suis rentre dans l’orchestre de Michel Maza, je jouais du saxophone et les claviers. Et de là j’ai commence à travailler, à faire des arrangements et a jouer des claviers. Il y a des enregistrements ou je joue du saxophone mais je me concentre désormais sur les claviers.

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Leonel : Tu suis une carrière artistique comme celle d’Angel Bonne. Il ne te manque plus que de chanter !
Nous sommes des admirateurs du travail qui a été fait avec Michel Maza, qui est pour moi le meilleur chanteur de tous les temps… On dit qu’il s’est perdu au Pérou. Nous attendons qu’il revienne pour remettre la pression.

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Bien… Et toi? (A Julian “El Pillo”)
Julián
: Moi, autrefois j’étais danseur. Je suis reste 2 ans au Conjunto Folklorico Nacional dans la deuxième troupe ou on dansait aux Orishas. Au final j’ai intégré Combinacion De La Habana. Je suis un nouveau chanteur, autodidacte. Je viens de la rue et j’ai appris sur le tas. J’ai passé une audition pour entrer dans Combinacion De La Habana et avec mon passe de danseur ca fait une sorte de combinaison et je suis là ! Ca fait 2 ans et demi et je pense rester encore longtemps dans Combinacion De La Habana. Avant je suis passé par d’autres groupes comme Noche Habana, Suena Cubano

Leonel : Tu as enregistré le disque “Mil Razones” de Suena Cubano?
Julian
: Je vais expliquer. Il y a une certaine confusion parce qu’il y a 2 groupes qui s’appellent Suena Cubana. Il y a un groupe Suena Cubana de Santiago de Cuba et l’autre qui est de La Havane et dont j’ai été membre.

Leonel : Maintenant il y a Jorgedian… Je ne sais pas si tu le connais.. Dans Suena Cubano de La Havane.

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Et maintenant à toi Ivan ¡
Ivan
: Ivan, pareil ¡ Je suis autodidacte. Depuis que je suis tout petit j’ai étudié les percussions à ma façon, chez moi et petit a petit j’ai pénétré le monde du chant. Jusqu’à intégrer différents orchestres comme La Bola, la Charanga Forever… J’étais quasiment dans le groupe de Michel Maza mais pour assez peu de temps. Et maintenant je suis ici.

Gerson : Ricardito aussi a appartenu au groupe de Michel Maza

Ricardito : Oui mais personne ne me laisse parler ! Ahahahaha ! Avant tout je tiens à envoyer un message d’amitié depuis Combinacion De La Habana pour vous tous, public d’Italie, de France, des Etats-Unis qui ont eu la chance de m’écouter chanter. Je suis un chanteur autodidacte de toutes manières. Des gens m’ont dit « Tu as eu de la chance jusqu’à présent. Mais pourquoi Ricardito ? Tu mérites plus que ca ! Pourquoi tu n’es pas dans un autre groupe ? Meilleur ? » Me disent les gens dans la rue. Ce que je leur réponds c’est que dans Combinacion De La Habana je me sens en famille. Nous nous entendons à merveille. C’est un groupe très uni avant tout.

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Leonel : Une question plus pour toi Gerson. Tu as une famille célèbre non ? Tu es un des neveux de Chucho Valdes ?
Gerson
: Mon père est cousin de Chucho Valdes, et neveu de Bebo Valdes.

Leonel : Tes parents sont musiciens aussi?
Gerson
: Mon père est musicien, mon oncle est musicien : il était avec Manolin, il a été le directeur musical du Medico De La Salsa. Mon père est musicien. Il travaille en Suède. Bebo travaille en Espagne et en Suede.

Leonel : Du coup vous avez des autodidactes et des Maitres de musique. Tous les gens disent que tu es un très bon musicien…

2ème Partie :

Leonel : Ce que je peux commenter c’est que lundi dernier, lorsque je suis passé a votre mâtinée régulière, votre musique sonnait très bien. Je ne savais pas que vous aviez travaille avec Michel Maza. Je crois que ce que vous faites maintenant est une Timba plus douce. Plus stable, plus claire. Vous avez un Tumbao plus musical.
Gerson
: Oui, c’est ça !

Leonel : Bon, je ne me suis pas trompé sur la direction musicale. Quel a été le motif de cette ligne. C’est parce que l’époque change ? La concurrence avec le Reggaeton ? Quel en est la cause si vous êtes des Timberos de pure souche. Pourquoi faire une Timba plus ronde et moins agressive ?
Gerson
: Oui…Je crois que ça à voir avec le Reggaeton. Avec le Reggaeton et les sonorités contemporaines. Pour arriver à faire danser, il nous a fallu nous asseoir pour travailler cette musique avec le Tumbao, les Coros (les chœurs), les Mambos, les cuivres… ll nous a fallu faire un travail bien profond pour arriver au résultat d’aujourd’hui.
Depuis que nous avons commencé cet orchestre c’était pour faire danser et toucher le public. Nous avons vu que les groupes de Reggaeton y arrivaient.

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Du coup nous avons commencé à étudier comment ce qui se passait. Comment monter un répertoire, comment faire des chansons avec plus de piment, plus d’intensité, avec plus de Tumbao, plus de cuivres et nous avons commencé à trouver l’inspiration entre nous. Nous nous réunissons et nous revoyons ce Coro, ce Mambo, ce Tumbao. Petit à petit nous y sommes arrivés. Chanson après chanson, aujourd’hui nous avons notre répertoire.
Nous avons fait un DVD Live en Casa De La Musica où se trouve notre répertoire.

Leonel : Ce DVD va bientôt sortir sur Internet car je l’ai dans mes mains!

Ricardito (chantant avec Gerson, Julian y Ivan) : Hay un video por ahí ¡ Que dice lo que sientes Tu has visto mucha gente y tu no sabes nada mas..

(Il y a une Vidéo qui traine par là,
Qui parles de ce que tu ressens.
Tu a vu beaucoup de gens la mentionnant
Mais beaucoup plus tu ne sais toujours pas)

Leonel : Mais vous avez aussi un disque?
Gerson
: Non. Ce que nous avons, c’est une maquette. Nous n’avons pas encore de disque parce que nous n’avons pas encore présenté ce travail comme il devrait sonner mais nous avons une maquette de 8 morceaux. Nous avons enregistré des morceaux trois par trois jusqu’à pouvoir réaliser ce DVD pour faire une démo promotionnelle de nous autres et de notre musique, afin que le monde nous connaisse.

Julian : Effectivement. Nous souhaitons envoyer nos salutations, comme le disait Ricardo, aux gens en Europe, en Italie, en France, aux Etats-Unis, en Amérique Latine… Bon je m’appelle Julian et actuellement j’interprète un morceau qui est sur toutes les lèvres, qui est au hit parade de la radio et qui s’appelle « El Pillo ». C’est un morceau très frais, très actuel qui parle de la vie des cubains, de ce que c’est d’être cubain comme nous autres.

Ricardito : Et en plus tu es un ‘Pillo’, un filou !

Julian : Et du coup pour que nous marchions Tous comme des “pillos”, des filous ¡ Je vous envoie un salut cordial a Tous deux qui s’intéressent au travail de Combinacion De La Habana. Nous sommes ici et nous formons une très bonne combinaison !

Leonel : “El Pillo” est à la mode. C’est un morceau bien rafraichissant et la vidéo est très sympathique, très drôle. Ce morceau est très à la mode a Cuba et en dehors… Ne te fais pas de soucis !
Gerson
: C’est une vidéo que nous avons fait nous même…très simple !

Leonel : Très simple mais très originale et amusante…
Gerson
: Nous l’avons éditée nous même a la maison sur l’ordinateur.
Julian : Il fallu que nous sortions avec une camera, nous tous entre cubains… A parcourir toute la Havane, faire une virée.
Ivan: Jusqu’à l’aube! Ahahahaha

Leonel : Et bien félicitations! Sincèrement votre travail est très propre, très clair. C’est une musique et un spectacle qui se laisse très bien consommer, avec beaucoup de plaisir et je vous souhaite beaucoup de succès. Pour nous vous êtes la Révélation de l’Année. Nous allons vous suivre pour votre talent. Saluons votre public ! Merci !

Madeline Rodriguez : Jeter un pont entre Toulouse et Cuba

CASINO : Interview de YOEL MARRERO… A la recherche de la quadrature du cercle !

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Comme beaucoup de danseurs qui liront cette interview, nous avons appris à danser la « salsa cubaine » dans les années 2000.
Cette « salsa cubaine » a pour particularité de mettre en avant l’immense richesse culturelle de Cuba. C’est donc naturellement que nous avons cherché un peu à comprendre ce que l’on mettait derrière cette dénomination de « salsa cubaine ». La réponse est simple : ce terme « salsa » que nous utilisons plaît plus aux touristes qu’aux Cubains, où l’on danse là-bas le « Casino »…

L’excellent livre de Barbara Balbuena, « El Casino y la Salsa en Cuba », nous apprend énormément de choses sur la naissance du Casino, son évolution. Une chronique de ce livre, par Negrita, est visible en cliquant sur cette phrase.

Le Casino continue encore et toujours à évoluer. Cependant sa structure de base, ses déplacements plutôt circulaires, permettent de le différencier des autres styles de « salsa ».

Une faiblesse du Casino est certainement son manque de reconnaissance et de standardisation à Cuba, qui laisse donc l’opportunité aux autres pays du monde de s’approprier à leur sauce cette danse. Par exemple, aux Etats-Unis, où les salsas que l’on définit dans la catégorie « Porto » sont majoritaires, est né le courant de la salsa « Miami Style », où les éléments stylistiques de la danse en ligne rejoignent les passes et la rueda de Casino.

Cependant, de plus en plus de Cubains veulent se réapproprier le Casino, et dans une démarche d’investigation en ce sens, nous avons découvert quelqu’un qui a réfléchi à la standardisation du Casino, et qui a créé sa propre méthode d’enseignement. Il s’agit de Yoel Marrero et de sa méthode : « El Método del Cuadro del Casino ».

Yoel Marrero n’enseigne pas le Casino de la rue, avec ses tembleques et ses despelotes, celui qui se danse sur la timba, mais enseigne un Casino élégant tel qu’il se dansait dans les salons dans les années 80. A Cuba on appelle ce courant le Casino Clasico, ou le Casino limpio…

Nous étions sûrs qu’il avait plein de choses à dire, plein de choses à nous apprendre, et nous étions impatients de mieux connaître l’homme qui a pris le temps de développer, de structurer sa vision du Casino. La première partie de cette interview nous permet de découvrir Yoel, de comprendre son parcours, ses inspirations et ses aspirations, et sa vision du Casino…

Nous étions également sûrs que son discours serait celui d’un homme convaincu par ses recherches, et qu’il nous permettrait d’en apprendre plus sur sa vision du Casino, que nous cherchons à approfondir. Nous nous sommes également intéressés à son point de vue sur l’origine du Miami Style, cette branche dérivée que beaucoup de salseros pratiquent, sans le savoir 😉 Ceci sera abordé dans la seconde partie de l’interview.

Yoel Marrero pratiquait le Casino alors que nous ne savions pas encore ce que c’était, il l’a vu évoluer et vous verrez qu’il a choisi de ne pas suivre/cautionner toutes ces évolutions. Évolutions qui nous semblent faire partie intégrante du Casino, car comme cela est précisé plus haut, la majorité d’entre nous sommes de la « génération Timba », ce courant moderne de la musique cubaine qui nous fait vibrer et qui nourrit notre passion pour le Casino.

En ce sens, bien que nous ne partageons pas tous les points de vue de Yoel Marrero, nous vous proposons de retranscrire les réponses qu’il a eu la gentillesse et l’amabilité de fournir, avec tout son cœur, aux questions que nous lui avons posées.
A l’issue de cette interview, son travail sur la modélisation du Casino Clasico nous paraît plus qu’intéressant, et important pour la défense du patrimoine cubain, et il nous semblait donc de bon ton de le faire découvrir à celles et ceux qui ne le connaissaient pas encore.
Tous les travaux et recherches que Yoel a menés ont aiguisé sa vision et lui ont permis d’arriver à l’aboutissement de sa réflexion.

En aucun cas en vous proposant cette interview nous affirmons que sa vision est LA vision universelle définissant le Casino, son histoire et sa façon de danser. Mais de par son développement et son argumentation, la vision de Yoel est forcément pertinente dans la réflexion que vous, lecteurs, menez déjà, et qui vous a amenés à partager ces questions.

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Partie 1 – Yoel Marrero et le Casino

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Pour me présenter, je dirais que je suis un chercheur cubain dédié, engagé et dévoué à conserver le Patrimoine des Danses Cubaines dérivées du complexe générique du Son, et plus particulièrement le Casino. Pionnier dans la diffusion internationale de la danse du Casino dans son style orthodoxe et classique. La personne qui a caractérisé et défini pour la première fois les cotes chorégraphiques du Casino, afin de le conserver à travers les générations.
Je suis né et ai été élevé à Cuba, où j’ai vécu jusqu’à l’âge de 26 ans. Ex-membre du groupe de danses populaires de l’Université de la Havane : « Alma Mater ». Ex-membre de l’équipe nationale de Karaté de Cuba. Diplômé en Chimie de l’Université de la Havane, et ex-professeur de la même faculté. Ex-réalisateur pour la chaîne de télévision NHK, au Japon.
Actuellement, je mets toutes mes connaissances à profit, afin de modéliser un système d’enseignement appelé MCC (Metodo del Cuadro del Casino – Méthode du Carré du Casino), qui reproduit avec le plus haut niveau de fidélité possible le Casino, dans sa dimension de danse culturelle.
Je travaille à approfondir d’un point de vue chorégraphique la relation génétique entre les différentes danses populaires Cubaines qui ont été à l’origine du Casino. Je m’efforce aussi de récupérer des figures traditionnelles du Casino qui se sont perdues dans le temps et que ne connaissent pas les générations actuelles.
Je me dédie à la recherche de la perfection technique et à l’optimisation des mouvements avec comme objectif d’arriver à atteindre des standards qui permettraient de perpétuer le Casino sans tomber dans les déformations tant techniques que stylistiques.

Quel chemin t’a conduit à la danse ?

Quand j’étais petit, je dansais de façon empirique devant l’émission « Para Bailar ». Je disais à mon papa que je voulais danser comme Rosendo, le grand casinero de Cuba. Grâce à ce programme, il y avait des concours locaux dans tous les coins du pays, où participaient les enfants et les jeunes. En gagnant mon premier concours à l’âge de 11 ans, j’ai pu me faire remarquer parmi les danseurs de ma ville natale, Jaguey Grande. Plus tard, pendant ma scolarité secondaire, durant laquelle j’étais interne, nous échangions nos trucs entre élèves entre chaque cours, dès que nous avions dix minutes, pour pouvoir inviter les filles d’autres groupes lors des soirées qui avaient lieu chaque vendredi. Celui qui ne savait pas danser ne trouvait pas de fiancée, c’est pourquoi j’ai toujours fait de mon mieux pour suivre deux objectifs : bien danser, et trouver des petites amies (et j’étais meilleur en danse).
Plus tard, à l’Université, je suis allé à une fête de la Maison des Loisirs de la Fédération Étudiante Universitaire, et le Maestro Farut, directeur et chorégraphe du groupe Alma Mater, m’a proposé d’auditionner pour entrer dans le groupe. Une semaine plus tard, j’étais en train de danser au Festival de la Culture de l’Université de La Havane. A la mort de Farut, nous avons continué à répéter la chorégraphie de façon fidèle, comme s’il ne nous avait pas quittés. Nous avons d’abord travaillé sur les comptes, puis nous nous sommes appliqués au « nettoyage » de la chorégraphie.
Je crois que ce concept de nettoyage fut ce qui m’a poussé à créer la méthode d’enseignement MCC pour le Casino. « Nettoyer », c’est basiquement épurer et standardiser chaque détail de chaque mouvement individuel de chaque danseur. Ce que nous faisions au millimètre : le pied droit en appui sur la pointe, à 45° vers l’extérieur, les genoux tendus, le torse bombé, sans courber le dos, le talon gauche levé au maximum, les épaules relâchées, le cou bien droit, le menton levé, le sourire… le regard…
Les membres de Alma Mater changeaient chaque année, avec le diplôme de certains et l’arrivé d’autres étudiants, mais le style Alma Mater créé par Farut fut conservé de façon intacte grâce à l’opération de « nettoyage » que nous avions effectué. C’est cette méthode que j’applique des années après pour le Casino.

As-tu suivi une formation spécialisée en danses avant ou après tes recherches ?

Après avoir enseigné 5 ans au Japon, à partir de 1998, je suis rentré à Cuba en 2003, pour enquêter de manière approfondie sur la stylistique et l’esprit qui émanent de la rumba. J’ai pris des cours au Conjunto Folklorico National, et j’ai passé une année à apprendre les détails stylistiques de la rumba avec le Maestro Luis Chacon Mendive (« Luis Aspirina »). C’est un professeur qui enseigne de façon empirique, c’est pourquoi je pouvais rester jusqu’à 24h à ses côtés pour apprendre par mimétisme. Je peux dire qu’après avoir profité de l’enseignement systématique du Maestro Farut, pour les danses populaires durant mes années universitaires au sein du groupe Alma Mater, j’ai dû reprendre mon étude de la stylistique populaire dans l’école de la « rue » pour la rumba. Pendant presque une année, j’ai écumé chaque fin de semaine toutes les places de rumba de la Havane, pratiqué avec les meilleurs maestros et danseurs de rumba de Cuba, parmi lesquels se retrouvaient Domingo Pau, Sergio Larrinaga, Manguero, Lazaro Pedrozo (Mujica), qui d’ailleurs était mon professeur de danses à la Maison de la Culture de mon village natal, Jaguey Grande, après la mort de Farut.

Il semble que tu veuilles définir et structurer le Casino de la manière dont il se dansait avant l’avènement de la Timba ? Nous trompons-nous ?

Vous avez tout à fait raison. La Timba est une sous-catégorie musicale, et la danse a évolué aussi, mais il n’y a pas de changement réel, structurel, du point chorégraphique concernant le Casino. En d’autres mots, on a changé les vêtements mais le squelette reste le même. Ce que j’essaie de donner c’est une référence pour ce squelette, une carte de cette danse. Que le casinero danse à chaque moment comme s’il avait un GPS, sachant à quel point exact de sa carte de danse il se situe, et qu’ainsi il puisse dominer toutes les possibilités de combinaisons logiques qui s’offrent à lui, à l’intérieur de la définition du Casino.
Je suis Cubain et je défends ma musique mais personnellement j’ai quelques observations sur la Timba tant comme musique que sur sa déclinaison en danse, car pour moi il est clair que la Timba n’est pas un genre, ni une danse (comme ne l’est pas non plus la mal nommée Salsa). La Timba propose des cassures musicales, des breaks, qui tombent au milieu d’un cycle de Clave, d’une phrase musicale, en résulte que le danseur, s’il n’est pas attentif, se retrouve à danser inversé aux niveaux des pieds (ndlr : par exemple pour un garçon le 1 à droite au lieu de gauche). Jusque là c’est acceptable, mais le phénomène de la Timba a augmenté la proportion de danseurs qui dansent « atrevesados », c’est-à-dire sur 345 – 781 (ndlr : ici on parle de « danser sur le 3 », habitude largement répandue à l’heure actuelle à Cuba, notamment à La Havane). Je le regrette.
Mais il est certain que les musiciens ont le droit d’exprimer leurs envies créatives et que le danseur doit s’en accommoder.
En ce qui me concerne par exemple je trouve que les blocs de coros à répétition sont très ennuyeux et je crois que cela influe dans la « composition » de la danse. Souvenons-nous de l’ordre : introduction, développement, Montuno, conclusion. La bonne musique Cubaine suit toujours ce fil, mais certaines chansons de Timba commencent et terminent de la même façon. La Timba, tu ne pourrais pas la siffler parce qu’il lui manque une ligne mélodique de qualité et ceci fait de la danse un marathon.

Pourquoi cette décision de définir et structurer le casino ?

Bonne question !
Dans les années 90, les gens ont peu à peu cessé de danser en couple. Aujourd’hui tu vas rencontrer une fille et le simple fait de la regarder danser et bouger t’incite fortement à aller l’inviter. Et lorsque tu vas l’inviter elle te répond qu’elle ne sait pas danser en couple, ou elle accepte ton invitation, n’arrive pas à te suivre et te dit : « fais-moi danser suave et ne me fais pas trop de passes ».
J’ai décidé de mettre au point cette méthode pour que les gens continuent à savoir danser et que le transfert de cette tradition à travers les générations soit plus facile, avec comme résultat personnel, de continuer à trouver des gens qui savent danser de cette manière.
Egalement pour que le Casino puisse se conserver et se transmettre à l’étranger, cela me dérangerait qu’il lui arrive ce qui est déjà arrivé, avec le fait de nommer « salsa » notre musique et de se l’attribuer comme l’ont fait les Portoricains de New York par le passé.
Une autre raison est que je n’aime pas les inventions. Je vais confesser quelque chose un peu cru : beaucoup de ceux qui se prétendent danseurs professionnels, la majorité même s’il y a des exceptions, manquent de méthode et d’intelligence dans ce qu’ils font.
Ils ne savent pas ce qu’ils font eux même quand ils dansent le Casino et ne sont pas conscients de sa structure. Pour ces raisons, ils le déforment quand ils l’enseignent.
Quand tu vas à un de leurs cours tu peux seulement les entendre dire : « gozalo!, relajate!, muevete! rico, ahi na ma! ». De cette manière, la seule solution est d’apprendre par imitation, mais parfois ils expliquent un mouvement exactement à l’inverse de ce qu’il est en réalité. Ils ne sont pas capables de reproduire ce que eux-mêmes dansent…
C’est comme ça que le style commence à se déformer : ils enseignent une chose différente de ce qui existe et ils mélangent le tout de manière incohérente.
Il fallait vraiment que quelqu’un fasse ce travail de définition de ce qu’est le Casino, et c’est ce que je m’efforce de faire.

Comment les gens apprennent le Casino à Cuba ? En cours ou dans les fêtes ?

Je ne crois pas que le Casino s’apprend à Cuba de manière systématique ni avec une orientation pédagogique adéquate, mais principalement de manière empirique et par transmission orale. Les parents l’enseignent à leurs enfants. Si le Père n’est pas danseur par exemple, l’enfant peut apprendre à l’école avec ses camarades de classe.
En général, à Cuba il n’y a pas de fête sans musique, et ainsi les fêtes se convertissent spontanément en un endroit d’apprentissage pour le Casino.
Les cours qui ont été inventés dans les hôtels ou les institutions l’ont été en majorité pour les touristes, et comme il s’agissait d’enseigner à des touristes, on s’est peu soucié de l’orientation académique. Un exemple : en général ceux qui enseignent à des étrangers considèrent qu’il est plus facile d’enseigner au début le pas devant-derrière, pas qui dans le Casino n’est utilisé qu’occasionnellement, et ce genre de choses provoque une mauvaise interprétation du Casino, et sa transmission déformée. Au moment de passer à l’apprentissage en couple les messages se contredisent, et même s’ils enseignent quelques figures, ça ne ressemble souvent que de très loin à ce que danse le Cubain en réalité.
Le Conjunto Folkorico Nacional l’enseigne durant les cours de l’évènement international FolkCuba comme partie intégrante du cycle Danses populaires, mais sur ce que j’ai vu personnellement, leur méthodologie ne reproduit pas vraiment le fait culturel du Casino. Je ne crois pas que ce qu’ils enseignent soit applicable quand on va sortir danser dans les lieux nocturnes de la Havane.
Bien sûr il y a des Maitres de Danse professionnels qui ont leurs contacts avec des étrangers qui viennent à Cuba pour prendre des cours, mais à en juger sur ceux que j’ai vus danser, il s’agit plutôt de la reproduction de multiples styles très personnels plutôt qu’une règle générale qui définirait une danse populaire établie comme l’est le Casino.
Les bons Casineros que je connais ont appris d’autres bons danseurs plus âgés, mais si chacun a son propre style, le squelette du Casino continue à se transmettre tel qu’il doit être.

Penses-tu que le Casino est une danse de Salon ou une danse de rue ?

Le Casino se danse dans un salon ou dans un espace ouvert et n’est pas une danse « Callejera » (nldr : callejero est utilisé dans le sens péjoratif du terme qu’on lui connait à Cuba, « de la rue » ou plutot « du caniveau » ..).
De la rue, nous en sortons tous mais nous ne nous comportons pas tous comme des « callejeros ». Le Casino peut être dansé par un « Callejero » ou pas, mais du point de vue social son lieu d’expression au départ n’est pas l’endroit dit « de Mal Ambiente » (ndlr : on pourrait dire ici : « la zone »), pas plus que du point du style ce n’est pas une danse de « Chavacano y de Guaperia » (ndlr : une danse de grossiers, d’insolents, de voyous).
Et même si dans ses enrichissements stylistiques il contient une grande partie de la gestuelle de la Rumba, je considère que ce n’est pas une danse de la rue dans le sens péjoratif du terme.
Dans les années 80, malheureusement c’était majoritairement les « Guapos » (ndlr : traduction différente du terme espagnol, guapo à Cuba = fier, parfois même belliqueux) qui dansaient le Casino. Ceux qu’ont appelait dans le Jargon Cubain « los maleantes callejeros » se sont appropriés la piste de danse et ont créé peu à peu des problèmes à répétition.
C’est pour cette raison qu’à cette époque ont pratiquement disparus les concerts en plein air.
Le Casino, bien sûr peut se danser dans des lieux ouverts, jusque sur la plage si on veut, mais il n’est pas question du lieu sinon des codes et de la morale sociale avec laquelle il se pratique. Une fête à la maison par exemple est une réunion sociale informelle dans lequel on pratique très fréquemment le Casino…
C’est pour cela que je considère le Casino comme une danse sociale plutôt qu’une danse de rue.
Le Casino pour moi se danse en couple et pas seul, il se danse avec élégance même si c’est au milieu de la rue…
Si l’appeler danse de rue implique de danser bossu, avec une posture accroupie, les pieds tournés vers l’intérieur, en jean ou en survêtement et tricot de peau, avec une casquette et en train de se jeter par terre à 4 pattes pour bouger exagérément les hanches et le pelvis (ndlr : ce qu’on appelle el Perreo), montrant ainsi un acte outrancier devant les enfants et les vieux, alors je ne suis pas d’accord et je peux t’assurer que le Casino n’est pas une danse de la rue et devrait rester une danse de salon, caractérisée avant tout par le bon goût.

Qui sont tes exemples en Casino ? (Bailarines o bailadores)

Le défunt Rosendo, Angel Santos (la Havane), le couple d’anciens Piloto et Esther (La Havane), Lazaro Pedrozo « Mujica » (Jaguey Grande, Matanzas), Hermes Marrero (mon jeune frére qui vit au Japon), Ivan Sardinias (Osaka, Japon). Tous ceux ci se conforment au moins partiellement et de manière cohérente au style orthodoxe qui est le mien.
J’ai également une liste de mauvais exemples qui sont une menace pour la conservation du Casino véritable et qui, même si certains d’entre eux sont très connus, ne rentreront pas dans mes références.
J’ai également une liste de très bons amis qui sont des Casineros terribles mais qui considèrent absurde de se rendre célèbre pour quelque chose d’aussi banal, et qui du coup se retrouvent dans l’ombre, même si ce sont de grands Maestros…

Comment as-tu eu l’idée d’étudier la manière de se déplacer dans le Casino ?

Quand je suis arrivé au Japon en 1997 et qu’en assistant à un cours de salsa j’ai vu les gens danser sur une ligne sans bouger de l’endroit où ils étaient, j’ai cru qu’ils étaient punis…
Ensuite, en dansant dans une soirée, j’ai commencé à me déplacer et là j’ai noté que les femmes ne savaient pas faire quelque chose d’aussi simple que marcher.
C’est ce qui me fit penser que le prétendu pas basique qu’ils apprenaient les transformait en danseurs limités du point de vue moteur (ndlr : au niveau des déplacements).
Il y avait une erreur motrice dans le pas basique qui les habituait à ne pas noter que les comptes 2 et 6 quand ils sont marqués sur place (quand ce n’est pas un peu en arrière comme je l’ai vu souvent) n’étaient pas de vrais pas, s’ils ne décollaient pas le pied du sol, suivi d’un transfert du poids du corps.
Je me suis rendu compte que dans le Casino, dont les bases le rapprochent d’une danse de salon (c’est une influence directe du son), est inclus ce que nous appelons « marquage du territoire » ; les déplacements existaient d’une forme naturelle (saloneo, floreo, paseo, arriba, abajo, adios continuado) et les danseurs étaient habitués à se déplacer comme s’ils marchaient, même s’ils dansaient sur place, de la même manière, ils marquaient les temps 2 et 6 avec la même amplitude que les autres pas, et de manière certaine, les pas ne se marquaient pas vers l’arrière, à l’exception du pas de Son en position fermée.
Un jour vint au Japon une super Star de la Salsa de Los Angeles : Josie Neglia, et je l’ai invitée à danser. Elle a failli se casser la figure : elle non plus n’arrivait pas à se déplacer sur la piste de danse, bien qu’elle était considérée comme une danseuse professionnelle.
L’année suivante, je suis retourné à Cuba et j’ai rendu visite à tous les vieux danseurs et j’ai commencé à tirer de l’oubli les pas de déplacements qui existaient dans le Casino : « saloneo », « floreo », « paseo »… Il y a au moins une dizaine de déplacements que j’ai pu grâce à eux récupérer.
Jusqu’à une paire d’années on voyait très peu ce genre de déplacements sur des vidéos publiques. À partir de la publication de mon premier DVD : Cuban Dance Selection Vol. 1, et d’autres vidéos sur Internet j’ai remarqué que les gens ont commencé à faire ces pas avec une plus grande fréquence.

En quoi peux tu dire que ces déplacements sont spécifiques du Casino ?

Le Casino, dans sa structure, est un conglomérat d’éléments chorégraphiques de diverses danses populaires cubaines, plus concrètement le Son urbain, le Danzon, le Chachacha, et au niveau du style, il contient les ornements de la Rumba.
Mais le Casino hérite majoritairement ses types de déplacements du Son, qui, soit dit en passant, est lui assez libre quand à son graphisme géométrique, pas comme le Casino, qui a la contrainte d’être comme dans une rueda invisible, avec une angularité caractéristique dans la danse. On peut dire que ces pas sont caractéristiques du Son et du Casino.
Les danseurs des années 50 ne pouvaient pas danser le Casino ni en rueda ni en couple sans se détacher des éléments importés du son. Ainsi le Casino des années 50 était encore dans son etape primitive, de formation, et beaucoup de ses pas étaient des pas de déplacement.
Quand est venu le moment de pratiquer en rueda, ces pas de déplacement se sont avérés trés pratiques pour faire tourner la rueda dans les 2 directions tout en dessinant d’innombrables créations chorégraphiques qui ensuite resteront comme éléments caractéristiques du Casino.

En quoi consiste ta méthode d’enseignement : la méthode du carré du Casino ?

C’est une modélisation géométrique qui reproduit l’angularité réelle de la danse du Casino.
Partons de la rueda : le triangle qui se forme (comme une part de pizza) entre l’arc de cercle de la rueda se situant entre l’homme et la femme de chaque couple, et le rayon sur lequel se termine toujours une figure basique de 8 temps définit la position relative et l’angle correct dans le couple. Chaque 8 temps le couple se retrouve sur l’une des trois Positions Basiques ou Point de Combinaison : la Position Fermée, la Position de Caida (ndlr : ouverture avant le dile que no/paseala/sacala, quand la fille est à la droite du garçon) ou la Position Ouverte. Et quel que soit le lien entre les mains, si tu les lâches en continuant les mêmes déplacements, tu te rendras compte que tu te retrouves toujours dans l’une de ces positions chaque 8 temps, et passer de l’une à l’autre grâce à un des 35 chemins possibles que l’on peut emprunter en 6 pas.
Si l’on enlève la pointe de ce triangle, qui est le centre exact de la rueda dans lequel le couple ne se rend pas, il nous reste une espèce de carré. Ce carré devient une référence pour le couple, et si l’un et l’autre se déplacent d’un coin à l’autre du carré chaque 4 temps dans les 2 sens de circulation, cela permet de se déplacer en marquant les angles et donc de se retrouver chaque fois dans une position commode pour garder une évolution fluide de la danse, quelles que soient les figures.
C’est comme se servir d’un GPS, quelque chose qui te dit en quel point tu te situes et où tu peux aller. Cela te permet de comprendre la danse que tu exécutes comme si tu la voyais du dessus.

Il y a trois types de guidage : le Guidage avec le Poids, le Guidage à Une Main, et le Guidage à Deux Mains (pivote et guide) qui, s’ils sont exécutés à la perfection, permettront au cavalier de conduire sans équivoque sa partenaire sur l’orbite qu’il souhaite lui faire prendre, comme s’il dessinait sa danse avec un crayon imaginaire. Ces guidages peuvent changer parfois à la moitié d’une figure, et si l’homme guide bien, même une danseuse débutante pourra être guidée juste en marchant et en suivant ce que lui propose le cavalier.

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PARTIE 2 – Casino et Miami Style

Qu’est-ce que la Salsa Miami Style ?

Présenter une vérité sans se référer à un mensonge est très difficile. Je précise que mon intention n’est pas de critiquer avec mauvaise intention, ni d’ôter le mérite du travail des autres, mais plutôt de donner l’opportunité aux gens de discerner la différence entre l’original et authentique, et la création commerciale. Pour ces raisons je serai par nécessité catégorique et critique.

Pour commencer, j’aimerais préciser que bien que la terminologie « Salsa Miami Style » domine chez les gens qui prennent des cours, il y a beaucoup de Cubains qui, danseurs ou non, ne s’imaginent pas que cela existe, et qui, en voyant ce que l’on appelle le Miami Style, diront sûrement : « Non ! Que c’est laid ! C’est du Casino mal dansé ! ». Croyez-moi, je l’ai vérifié plusieurs fois.

C’est comme les gens qui dansent cette Rumba qui n’en est pas une, et ceux qui savent réellement ce que c’est, diront : excusez-moi, mais tu danses la « Danse de Juanito » (version miami du pas de base de la rumba qui est devenue populaire grâce à la chanson Conga de Gloria Estefan).
Pour entrer en matière, j’aimerais expliquer de façon générique ce que signifie pour moi le Miami Style.

Prenons des exemples pour illustrer : à Miami tu trouves des sushis dans des buffets de restaurants Chinois, et dans des restaurants Thaï et Sushi. Comme si le sushi était Thaïlandais ou Chinois. Mais peu de gens connaissent les vrais restaurants japonais qui proposent des sushis authentiques. Et tout le monde à Miami pense qu’il mange des vrais sushis. Aux Etats-Unis, le pays des inventeurs, cela se passe souvent comme cela. Le même exemple se retrouve dans les « Ecoles de Karaté » où l’on t’enseigne le Taekwondo, ou dans la danse arabe Raqs Sharqi à qui on a donné le triste nom de Danse du Ventre, ainsi que pour la musique cubaine jouée par d’autres qui l’ont appelé « salsa ».

Miami est une ville faite pour les « amateurs », comme on dirait en bon cubain : les choses sont faites « à la machette », et la devise des gens paraît y être : « invente quelque chose et mets-y un nom ». Peu importe si cela est authentique ou non, si cela se vend, tout est pardonné.

Miami me paraît être une ville sans personnalité. Pas de structure et un ambiance urbaine sans âme. Il n’y a qu’un seul lieu à Miami où tu trouveras l’aspect d’une ville : Miami Beach. Mais ce centre urbain est un pôle touristique, et nous ne pouvons pas dire qu’il apporte beaucoup à la personnalité globale de Miami, en tant que ville. Il y a aussi un autre aspect de la ville, le Down Town, mais nous n’en tenons pas compte, car c’est une zone de concentrations de bureaux.
Faute d’un véritable cœur de ville où les gens pourraient se rencontrer et partager une vie sociale, les seuls endroits où les gens transitent à la recherche d’achats ou de rencontres sont les centres commerciaux. Cette ambiance crée au final une foule qui suit la dernière mode sans réfléchir sur le bon goût, et qui fait du « estilo Miami » le « no tener estilo ». Au final la grande ville Miami nous transforme en une grande masse portant les mêmes vêtements et pensant tous pareils.
Par rapport au Casino, la mal nommée Salsa Miami Style suit les mêmes règles. Quelque chose que les gens suivent sans réfléchir. Si c’est incommode à danser ou pas, pas d’importance. Si le résultat est laid ou le rendu ridicule, ils ne s’en rendent même pas compte. Ils suivent la foule en disant : « esto es lo que hay ».
Mais en réalité, le Miami Style n’est rien de plus que la danse de Casino cubain déformée par des méthodologies d’enseignement erronées qu’avaient commencé à transmettre les premieres personnes qui se sont consacrés à ce commerce à Miami, tout cela orné d’éléments incongrus et de mauvais goût, comme peuvent le faire ici les gens pour leur tenue vestimentaire.
Comment le Miami Style a obtenu sa méthodologie ? En copiant la copie !
En se laissant guider par les premières vidéos instructives de salsa qu’ont sortis les new-yorkais et qui elles même étaient déjà une déformation linéaire du Casino surgi dans les années 50. Je dis une déformation linéaire parce qu’ils ont déformé les dessins spatiaux du Casino original pour simplifier les classes en mettant les hommes sur une ligne et les femmes sur l’autre, avec le professeur et son assistante en tête de chaque file et en apprenant les difficiles figures du Casino simplifiées à une ligne droite.
Par exemple le « dile que no » qu’ils ont transposé sur une ligne droite et l’ont appelé « cross-body-lead ». (ndlr : théorie à vérifier, le dile que no de Son se faisant également sur une ligne)
Cependant il faut reconnaitre le mérite aux pionniers du Casino à Miami d’avoir commencé à transmettre cet élément de la culture cubaine. C’est clair que j’aurai préféré qu’ils maintiennent le nom original de danse de Casino avec dignité. Mais ils ont créé de nouveaux noms comme Rueda de Miami pour Rueda de Casino ou Salsa Miami style pour la danse de Casino dansée en couple.
Ces changements de nom viennent par la nécessité d’avoir « une marque » qui puisse être identifiée au milieu d’une liste de styles de salsa (ndlr : LA style, NY style…) pour pouvoir être compétitive sur le marché des congrès de salsa, monopolisés par le Portoricain Alberto Torres. Ce qui est sûr c’est que les propres pionniers de la prétendue Salsa Miami style m’ont confessé en entretiens privés qu’ils savaient bien eux-mêmes que ce nom était utilisé par « los de afuera » mais qu’entre nous Cubains, c’était du Casino. Et aussi que quand ils avaient essayé de l’appeler Casino, les gens confondaient avec les jeux de Casino et qu’ils se sont vus obligés de l’appeler Salsa, avec l’appellation Miami Style.
En écoutant toutes ces excuses, je me suis souvenu qu’à mon arrivée au Japon, personne ne disait ni ne connaissait la danse de Casino, parce que les premiers Cubains qui était arrivés là avaient dû faire un compromis, inventer un nouveau style en le nommant salsa, pour pouvoir gagner leur pain. Quand j’ai quitté le Japon au bout de 13 ans de travail, tout le monde disait Casino et savait différencier ce qui était du Casino ou pas. Je crois que le fait de conserver le nom est une question de constance et de principes.
Ensuite vient une autre raison de s’accrocher à ce nom de Miami Style : quand les danseurs de Miami style se sont rendus compte que dans le monde, il y avait des cubains qui leur disaient que leur façon de danser était laide, que ce qu’ils tentaient de déguiser était en fait du Casino mal dansé, alors pour justifier des déformations techniques qui les éloignait du Casino, ils ont dit qu’ils avaient inventé un autre style. Mais personne à ce jour n’a défini quelles sont les côtes techniques et chorégraphiques du Miami style.
Ce qui est sûr aussi, c’est qu’à Miami, il y a beaucoup de Cubains qui dansent le Casino et qui sont réticents à prendre des cours de Miami style, parce qu’ils considèrent ça comme une invention, et qu’aux congrès de ruedas qui ont lieu ici ne vient aucun Cubain, même pas de Miami. Tout ceci parce que le Cubain danseur de Casino ne reconnait pas le Miami Style comme authentique.

Nous voyons qu’il existe des différences notables et concrètes entre le « Estilo Mayamero » et le « Baile de Casino Cubano original »

1. Où existent-elles ?

Le Casino existe dans la culture du Cubain qui est né et a grandi à Cuba, et chez les élèves de tous ces pays ou il s’est exporté. C’est un fait culturel.
Le style Miami « existe » dans des vidéos pédagogiques, et dans les écoles de Miami où vont les descendants cubains et latinos qui ne connaissent pas le style original. Il se pratique également dans les écoles d’autres pays où l’on apprend grâce à des vidéos, tout en essayant de se mesurer aux véritables Maestros cubains de ces pays, qui tiennent des écoles proposant le véritable style du Casino, mais qui, limités par un manque de méthodologie efficace, finissent par imiter d’autres styles au moment d’enseigner.

2. Comment se sont-elles établies ?

Le Casino était en gestation à Cuba depuis les années 40, sous une forme de Son Urbano et de Guaracha.
Mais il n’est officiellement né avec une nouvelle structure chorégraphique distincte, que dans la seconde moitié des années 50, passant par une première « Etape de Formation », très courte, qui dura jusqu’au début des années 60.
Etape durant laquelle les figures étaient primitives et sans finition technique, et où beaucoup de danseurs de cette époque ne savaient différencier la Guaracha ou le Son Urbano et le Casino naissant, et donc conservaient les éléments de ces danses dans son style.
Suit à ceci, une pause dans le développement de la musique cubaine, qui dure jusqu’au milieu des années 70.
Commence ensuite une « Etape d’Optimisation et de Développement » jusqu’à la fin des années 80, parallèlement à l’apparition d’une nouvelle façon de jouer la « Musica Cubana Bailable », qui, grâce à sa richesse innovatrice, permit l’incorporation de nombreux éléments stylistiques de la rumba dans la danse, allant de pair avec la pratique massive du Casino, sans distinction de race, grâce à l’émulation de la télévision cubaine et de son programme phare, Para Bailar, et la réhabilitation d’anciens centres de loisirs populaires.
Dans les années 90, le Casino dansé en couple entra dans une « Etape de Stagnation » pour différentes raisons, entres autres le manque de discipline sociale dans les endroits dansants, puis le début de la danse sans partenaire durant les concerts publics.
La quatrième étape : « Etape de Sauvetage et de Revalorisation » commença avec l’émigration cubaine et la possibilité pour les groupes de partir en tournée à l’étranger, phénomène au cours duquel beaucoup de cubains insulaires ou émigrés ont revalorisé l’importance de ces manifestations comme symbole de leur identité, et le sonero Adalberto Álvarez et son ami le directeur de télévision Víctor Torres prirent l’initiative de remettre au goût du jour les concours de danse à Cuba, en encourageant la pratique systématique du Casino.
C’est ainsi que les maisons de la culture de beaucoup de villes se sont enthousiasmées et ont développé leurs propres groupes de Rueda de Casino.
Parallèlement à cela, la systématisation de l’enseignement du Casino s’est renforcée au-delà du bloc culturel (au-delà de Cuba), ainsi que les recherches méthodologiques liées à la reproduction de cet élément culturel à l’attention des étudiants étrangers.

A Miami, il s’est passé la chose suivante : le Casino est arrivé à divers moments historiques de l’émigration cubaine aux USA.
La première correspond à l’époque de la première « Etape de Formation » de 1959, quand il n’existait pas à Cuba de nom officiel pour les Ruedas de Casino ou la danse Casino simplement dansée en couple. Ces anciens danseurs de Miami se référèrent à la guaracha, au son, à la « rueda » sans son appellation « de Casino », et par manque à Miami de scène musicale s’y rapportant, ils n’arrivèrent pas à imposer leur tradition de danse de société.
Il est de bon ton de rappeler qu’à cette époque à Cuba, les premières ruedas n’était pas de Casino, mais de Danzon et de Chachachá. Plus tard à La Havane, quand, dans le centre de loisirs récréatif appelé « Casino Deportivo » de Miramar, une rueda est née grâce au rythme de la nouvelle sonorité apportée par Benny More, on a commencé à parler de Rueda du Casino, mais quand bien même, les ruedas continuaient à se danser avec des guarachas et des sons montunos.
La seconde étape apparut après l’exode massif des années 80, connu avec l’épisode du bateau El Mariel, mais comme il s’agissait d’une population récemment arrivée, avec pour nécessité de s’installer rapidement dans cette nouvelle vie, ils ne contribuèrent pas non plus de façon importante à la formation dudit Miami Style.

Alors, quand et comment est apparu le Miami Style ?

Avec l’apparition, dans les années 70, du phénomène de reproduction de la musique Cubaine sous le nouveau nom commercial de Salsa à New York, et après l’apparition ultérieure des Congrès de Salsa à la fin des années 90, monopolisés par le Portoricain Alberto Torres, les cubanos-américains de Miami ont ressenti le besoin de donner un nom à leur style de Casino à moitié oublié de leur vie précédente, afin d’entrer en compétition avec d’autres styles correspondants à d’autres points de chute d’immigration comme Los Angeles (les mexicano-américains) et New-York (Newyoricans = Portoricains de New-york).
Les Cubains arrivés à Miami en différentes étapes historiques du Casino ont essayé de se souvenir de ce Casino originel, et on commencé à combler leurs trous de mémoire en les remplissant par des éléments qu’ils copiaient d’autres styles.
Produire des vidéos instructives et enseigner le Miami Style était pour eux une nouvelle source de profit…
Des vidéos produites à bas coût, avec une seule caméra, ne donnant qu’un angle de vue, exigeait une simplification dans les angles et les déplacements de la danse : ceci a offert aux « nouveaux élèves du Casino » et aux acheteurs de dvd un « nouveau Casino » avec une configuration spatiale spéciale et différente de l’originale.

Dans les cours, pour pouvoir faire comprendre aux nouveaux élèves, les nouveaux enseignants du Miami Style ont dû exagérer les mouvements subtils du Casino original et donner des noms aux choses, en ayant oublié les noms originaux, ou en les traduisant dans un spanglish de Miami qui n’exprime ni la fonction, ni l’idée exacte du mouvement original. Un exemple significatif est l’appellation « tap » (marquage du 4/8 avec le pied) du Miami Style, qui n’est autre qu’une exagération déformée d’un mouvement du pied gauche de l’homme et droit de la femme, accompagné d’un mouvement de guidage de la main de l’homme, utilisé comme un frein pour le changement de direction rapide quand on passe de la « position de caída » à la position ouverte, et qui, à Miami, s’est propagé d’une façon mécanique, à cause de la mauvaise interprétation de sa fonction originelle.
C’est à dire qu’ils séparent le pied du sol en tapant la pointe du pied avec le talon relevé et le genou fléchi, ce qui est réellement anti-esthétique et non fonctionnel.
Pour couronner le tout, ajoutez un mouvement de guidage bien trop exagéré au lieu de privilégier le naturel et le déplacement.

3. La musique sur laquelle elle se danse. Le monopole mayamero (anticubano) de la musique (ndlr : auto-question que YM s’est posée dans le développement de son agrumentation)

Le fameux incident d’opposition qu’a montré Miami avant un concert de Los Van Van au « Miami International Arena » est un exemple très illustratif de ce qui se passe avec la musique cubaine dans cette ville. Il est un fait que, ceux qui vivent à Cuba avec l’envie de vivre à Miami, n’écoutent ou ne valorisent jamais la musique cubaine à Cuba, mais ont une tendance plutôt snob pour la musique en anglais. Pas tous, mais une grande majorité. Il suffit de savoir avec quelle musique on danse à Miami et qui sont ceux qui contrôlent cette distribution et promotion médiatique pour réaliser ce qui arrive avec la danse.
Les seuls cubains connus sont Gloria Estefan, Willy Chirino et Celia Cruz. C’est ce qu’il est permis de jouer dans cette ville sans opposition des mayameros. Que cela serve à danser le Casino ou pas.
Même les artistes cubains émigrés comme Isaac Delgado, Manolin « el Medico », Carlos Manuel, etc. n’ont pas ici une promotion décente, et doivent naviguer dans un marché marginal.
Jusqu’aux DJs auto-proclamés « DJ de Musique Cubaine » qui ont fait campagne pour les « antivanvaneros » à travers leurs pages sociales (facebook).
La radio ne passe pas de musique en provenance de l’île, mais de la « salsa portoricaine ».

Imagines-tu danser le Casino sur une salsa romantica de Marc Anthony ?

Ceci a évidemment une grande influence dans la façon de danser, puisqu’ils utilisent une musique qui n’exige pas que l’on optimise les mouvements et qui est plus facile à suivre sans avoir à bouger les pieds vu les simplifications qu’ils ont fait au Casino original, à cause de tous ces manques évoqués précédemment.

4. Quelques différences techniques concrètes

(Le mieux aurait été d’éditer une vidéo.)
Le Miami Style marque en arrière le 1 et le 5, sans utiliser les temps 4 et 8 pour transférer le poids du corps ou changer de direction, ou, en faisant ce qu’ils appellent un « tap » exagéré et sans sentiment.
Dans le Casino original, les déplacements se font toujours en avant, et les changements de direction se font sur les temps 4 et 8 quand c’est nécessaire, et il faut se déplacer vers l’avant, sur le pas suivant. Cela crée une différence de fluidité notable.
Dans le Casino original, les trois formes de « llevar y seguir » (guider et suivre) sont bien délimitées :

  • La première est « con el peso » (avec le poids du corps – vient du Son), quand on se déplace dans la même direction en position fermée ou ouverte, connectés avec les mains, sans se tirer dans des directions opposées. Par exemple, dans les « paseos », et « floreos », des figures de transition.
  • La seconde : « con una mano » (avec une main) quand on utilise l’action et la réaction et que l’homme guide la partenaire dans la position opposée dans laquelle il se déplace, et interchangeant de position avec la femme qui suit le mouvement en se déplaçant toujours vers l’avant.
  • La troisième : « con dos manos » (avec deux mains – « pivot et guide »), en gardant toujours une base fixe avec la main que l’on appelle « pivot » et guidant la femme autour de ce pivot avec l’autre main, appelée « guide » qui propose le dessin de la figure, comme si l’on faisait un dessin en utilisant un stylo imaginaire au-dessus de la tête de la partenaire, contrôlé à travers son bras (ndlr : un peu comme un compas).

Tout cela permet à l’homme, dans le Casino, de pouvoir diriger sa partenaire selon sa volonté et ses improvisations sur une « orbite sans ambiguïté » que suit la femme en temps réel, sans nécessité de connaître mécaniquement les figures et combinaisons.

Dans le Miami Style, ces règles subtiles sont inconnues, et tout le temps violées.
Exemple : quand l’homme est en position ouverte et souhaite que sa partenaire exécute un « enchufla » (correctement dit : « enchufa ») :

  • Dans le Casino original l’homme avance dès le premier pas en passant derrière la femme selon un demi-cercle, et la femme suit le déplacement en passant devant l’homme de façon semi-circulaire, sur le 4ème temps elle finit son tour et se déplace derrière l’homme de façon semi-circulaire pour se retourner sur le 8, sans se tirer l’un l’autre, pour revenir en position de caida, en face du centre d’une rueda imaginaire.
  • Dans la version déformée du Miami Style, l’homme marque le premier pas en arrière, et les deux autres en avant, et de la même manière fait marquer le premier temps à la femme en arrière en poussant sa main, avant de la tirer sur les deux temps restants.

Cela marque une grande différence dans la fluidité, dans la fonctionnalité et le dynamisme de la danse.

5. Niveau technique réel d’optimisation des mouvements (ndlr : autre auto-question)

Avec l’apparition des différents styles, beaucoup de gens souhaitent les placer au même niveau, et insistent pour établir une « démocratie de l’égalité » entre ceux-ci, afin de pouvoir survivre à la concurrence du marché de l’enseignement.
C’est une grande erreur si nous considérons que certains styles ne sont rien d’autre qu’une version brute et techniquement non optimisée = une non-évolution du Casino. Les styles apparaissent de l’impossibilité et de l’incapacité d’imiter le style original, né comme un fait culturel et optimisé à travers les temps parallèlement au développement de la musique, qui petit à petit exige du danseur moins de mouvements illogiques et non nécessaires. Ou disons à l’inverse qu’elle exige des mouvements optimisés.
Ces sous-styles ont la particularité d’être moins sophistiqués quant à la capacité de mouvements de référence et un peu plus ornés de gestuelle, plus dans les goûts de l’endroit.
Un exemple serait de parler des styles en ligne, de Cuba sont sortis le Son, la Guaracha, et le Son Urbano desquels sont nés le Casino.
En arrivant à New York, elles ont été moulées en ligne afin de permettre d’enseigner dans des classes avec des lignes d’hommes et de femmes. Cela a privé ces styles en ligne de la véritable structure des danses sociales avec des déplacements sur la piste qu’avait apportée le Son.


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(merci Tonton pour le sous-titre)

Johnson Mayet : Transmettre la tradition rumbera

Johnson Mayet : Transmettre la tradition rumbera

 

ImageJ’ai rencontré Johnson à Santiago de Cuba en octobre 2010. Il venait tous les jours, avec une ponctualité helvétique, me donner ses excellents cours de Rumba, y compris lorsque des incidents climatiques (pluies diluviennes) auraient largement justifié un retard ou une absence.

Au fil de nos conservations, je découvris en lui quelque chose de très beau et de très pur : un amour sincère et rayonnant pour son art de la Rumba ; une grande modestie dans l’évocation de sa trajectoire artistique pourtant plus qu’honorable, doublée d’un respect enthousiaste pour le talent des autres ; une grande sensibilité et une manière à la fois poétique et profonde de parler de la danse cubaine et de ses liens avec l’histoire de son Peuple. Bref, j’étais en face non seulement d’un véritable artiste – denrée heureusement abondante à Santiago – mais aussi d’un idéaliste, peut-être l’un des seuls qui subsistent encore dans l’atmosphère un peu désespérée et délétère du Cuba d’aujourd’hui. Mais je lui laisse maintenant la parole. Qui es-tu, d’où viens tu ?

 

ImageMon nom est Juan Alberto Johnson Mayet. Je suis né le 16 novembre 1972 à Santiago de Cuba. Mon nom français vient de mes racines haïtiennes. Beaucoup de personnes à Santiago de Cuba ont des ancêtres Haïtiens, notamment les propriétaires Blancs chassés par la révolte de Toussaint Louverture et leurs domestiques Noirs. Lors de l’établissement des premiers Etats-Civils, les anciens esclaves Noirs ont été inscrits sous le nom de leurs ex-maîtres blancs. Les maîtres de mes ancêtres s’appelaient donc vraisemblablement Mayet. J’ai aussi une grand-mère jamaïcaine et un grand père venu de République Dominicaine.

Je suis rentré dans le monde de la Rumba en intégrant le groupe folklorique Sangre y Tradicion en 1985. C’est là que j’ai commencé à connaître la musique populaire, et j’ai été pris de passion pour elle. Au début, cela me semblait un peu mystique, mais après je me suis rendu compte que c’était aussi quelque chose de culturel. J’ai compris qu’il était important de transmettre les traditions de nos ancêtres aux générations futures. Quand la tradition d’un pays est vivante, cela maintient aussi vivants sa mémoire et son futur. Mais si je ne la transmets pas à une personne plus jeune, cela cesse d’exister quand je meurs. Et une des choses qui me fait de la peine, c’est de ne pas bien connaitre la mode de vie et de pensée de nos ancêtres qui furent exterminés et exploités. Cela a éveillé en moi le désir d’enseigner le peu que je sais à d’autres personnes qui s’intéressent à la culture de mon pays.

ImageQuelle a été ensuite ta trajectoire artistique ?

Je suis reste à Sangre y Tradicion pour apprendre et me préparer pendant 10 ans. Ensuite, je suis passé à d’autres groupes de plus haut niveau, toujours à Santiago, pour continuer à me préparer, comme les groupes Ikache, Abureye, 19 de Septiembre et La Ceiba. Ensuite, vers 2002, on m’a propose d’appartenir a un groupe de haut niveau, le groupe Kokoye (voir vidéo).

L’un de mes plus beaux souvenirs dans ce groupe date d’il y a cinq ans. En 2005, le groupe a été officiellement reconnu comme un groupe professionnel d’arts scéniques. Je me souviendrai toujours de ce soir-là. Nous interprétions une œuvre intitulée « Ire kalunga se fua », ce qui peut se traduire en espagnol par « La suerte marina se mal logrò ». C’est l’histoire d’un amour contrarié entre deux jeunes gens. Le garçon est obligé de partir du village, et la fille est mariée de force à un homme qu’elle n’aime pas. Quand le jeune garçon revient, il est assassiné par le mari et ses amis. Il se transforme alors en un grand oiseau de mer qui assaille le village de ses malédictions. L’œuvre a été très applaudie et, le soir même, le jury nous a accordé le titre de groupe professionnel.

Le fait de faire partie d’un groupe professionnel a changé ma vie. Avant, la danse était pour moi un hobby, mais elle est alors devenue quelque chose de beaucoup plus sérieux. Outre que je touche maintenant un salaire, j’ai beaucoup progressé grâce au travail dans ce groupe et j’ai pu obtenir le troisième niveau [1], ce qui me permet d’être premier danseur d’un corps de ballet. Cela m’a motivé pour poursuivre mes efforts et essayer d’arriver aux deux niveaux les plus élevés, ceux de danseur soliste.

Ce travail est très dur, nous répétons 5 ou 6 heures chaque jour. Nous arrivons le matin, nous nous échauffons, puis nous faisons la préparation technique. Ensuite vient la classe de danses folkloriques. Enfin, nous travaillons sur les spectacles en cours et les chorégraphies en préparation.

ImagePeux-tu nous dire quelques mots du groupe Kokoye ?

Le groupe a été fondé il y a environ 25 ans, sous le nom de Los Rumberitos. Il s’est fait connaître, au début des années 1990, en organisant la Rumba la plus longue jamais dansée à Cuba : plus de 24 heures. Puis il a changé son nom pour prendre son nom actuel, Kokoye. Il est actuellement dirigé par Juan Bautista Castillo Mustelier.

Nous faisons différentes sortes de spectacles. Parfois, ce sont des spectacles courts de Rumba, d’autres fois une présentation plus complète de toutes les formes de folklore cubain. Notre groupe n’est pas seulement un groupe rumbero comme Los Muñequitos de Matanzas, Mais il s’agit de la plus forte expression de la Rumba à Santiago, comme le sont Los Muñequitos de Matanzas à La Havane.

Je me suis présenté avec le groupe au festival des Caraïbes et dans tous les théâtres de Santiago de Cuba (Voir vidéos 1 et 2). Le groupe a également fait des tournées internationales. Il est allé en Colombie, au Brésil (voir vidéo), à Cancun, en Jamaïque, en France.

Nous organisons aussi des rencontres culturelles avec d’autres groupes, comme Los Muñequitos de Mantanzas, qui sont par exemple venus en octobre dernier à Santiago. Chaque groupe présente ce qu’il fait aux autres, ce qui permet des échanges fructueux.

ImageQuels sont actuellement les spectacles en préparation ou en projet ?

Nous préparons un spectacle où nous parlons de problèmes actuels, comme celui de la paix entre les religions. Si toutes les religions sont égales, il n’est pas normal que les religions et les peuples soient en guerre. Cuba est le pays du monde où coexistent le plus grande nombre de religions, qu’elles soient de type cubain ou occidental. Cela peut être une source de conflits, mais aussi d’échanges et d’enrichissements mutuels. Dans l’œuvre, nous montrons des gens dansant chacun à a sa manière sur différents styles de musique en fonction de ses croyances. Cette œuvre sera étrennée en 2011.

Quelles sont tes formes de danse préférées ?

La Rumba et aussi le Son font partie des manifestations du folklore cubain qui m’intéressent le plus. Danser et chanter la Rumba, c’est un peu montrer ce qu’est Cuba. J’aime particulièrement la Columbia, qui est ma spécialité. Il existe un 4ème genre de Rumba, créé justement par le directeur de mon groupe, Juan Bautista. C’est la Jiribilla, une Columbia encore plus rapide. Le Son est également une forme de danse élégante.

Quelles sont les qualités d’un bon Rumbero ?

Il faut bien sur sentir profondément et aimer cette danse. Sur un plan plus technique, il faut être capable à la fois de la jouer, de la chanter et de la danser ; bref, être un artiste complet.

Pour moi, ce travail va au-delà de la simple danse. Le folklore, c’est la vie. L’être humain chante et danse pour le même motif qu’il vit. Les mouvements de la danse folklorique prennent leur sens et leur beauté si l’on comprend qu’ils reflètent ceux de la vie, comme défricher des mauvaises herbes, couper la canne avec une machette … Si je n’avais pas été danseur, eh bien, je crois que j’aurais été…. danseur. C’est une belle histoire que je vis avec Kokoye, auquel je suis fier d’appartenir.

Propos recueillis par Fabrice Hatem


[1] Nb. Les classifications officielles cubaines distinguent 7 niveaux de danseurs professionnels, par degrés croissants de 7 à 1.
Madeline Rodriguez : Jeter un pont entre Toulouse et Cuba

TIMBALIVE : La Timba de Miami relève la tête avec les étoiles de Cuba ! Timba Pa’La Humanidad !

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Si Miami a longtemps été un enfer pour les Timberos, comme l’a rapporté Manolin sur son blog en 2008, voire même leur cimetière quand on repense à la difficulté de grands artistes comme Jose « Pepito » Gomez, Michel Calvo ou Carlos Manuel de percer, Miami est aussi le berceau d’un groupe qui monte irrémédiablement !
TIMBALIVE est indéniablement la révélation de la Timba en dehors de Cuba, comme Calle Real le fut quelques années auparavant.

TIMBALIVE ont reçu le prix de la Révélation de l’Année 2009 de FIESTACUBANA.NET avec leur Album « From Miami A La Habana » et ils ont conquis l’Europe occidentale lors de leur tournée de Novembre 2010 !

A 90 Miles de La Havane, un vent frais souffle et emporte les pistes de danse : la Timba de Miami renait avec une force, une qualité et une sonorité extrêmement efficace.
TIMBALIVE sont venus pour la première fois en France au mois de Novembre, au Festival AQUI CUBA à Rennes, à Paris, Toulouse, Montpellier…

C’est justement a Montpellier, grâce a Cubadoc et Odduara, que Fiestacubana.net a eu le plaisir et l’honneur de remettre à TIMBALIVE le Prix REVELATION DE L’ANNEE au FIESTA CUBANA AWARDS 2009

 

TIMBALIVE nait en 2008 du groupe TIMBALAYE qui se rebaptise pour conquérir un plus grand public que la Farandula de Miami. TIMBALAYE jouait essentiellement des reprises de LOS VAN VAN.

SI UNA MAMITA (LOS VAN VAN)

 

Malgre l’absence de la section de violons si essentielle à cette musique, cet orchestre effectuait de belles performances pour une audience locale ou venait se presenter des étoiles comme Pedrito Calvo de LOS VAN VAN et Jose Pepito Gomez de PUPY y LOS QUE SON SON :

 

TIMBALAYE rebaptisé en TIMBALIVE se compose des musiciens suivants :

Léo Garcia – TIMBALES, CHANT
David « Wichy » Lopez – PIANO
Edward Magdariaga – BASSE
Andres Padron – CONGAS
Coky Garcia – BATTERIE,CONGAS
Boris Monterecy – COMPOSITION,CHANT
Carlos Parra – CHANT
Yesi Gonzalez – CHANT
William Paredes – TROMBONES
Bayron Ramos -TROMBONES

La plupart ont déjà une longue carrière avec les plus grands orchestres comme ceux de Amaury Gutierrez, Willy Chirino, Albita Rodriguez, Isaac Delgado, Manolin (El Medico de la salsa), Grupo Afrocuba, Carlos Manuel, Luis Enrique, Rey Ruiz, Marc Anthony, Celia Cruz, Pablo FG, Clave y Guanguanco, Oscar de Leon…

Un petit dernier vient de les rejoindre : il s’agit du génial bongocero Miguel Garcia qui quitte HABANA D’PRIMERA pour retrouver son oncle Léo Garcia et s’installer a Miami en famille.

 

Ces passionnés de Van Van et de Timba se retrouvent avec le même rêve de faire vivre la Musique Cubaine d’aujourd’hui aux Etats-Unis et au-delà, de briser l’embargo de fait, la malédiction qui empêche cette musique de prospérer en dehors de Cuba. Mais surtout ils réalisent ce rêve cher à Manolin, El Medico De La Salsa, faire un pont en Miami et La Havane, « Hacer un Puente », pour célébrer l’unité, la fraternité des musiciens cubains et de leur culture commune, malgré les 90 Miles et 50 ans de relations complexes, entre détestation et fascination…

Comme dit un Rappeur de Miami « Deja la politica, Ponte pa’ la Musica » ! « Laisse la politique et mets toi à la musique » !

En 2009, TIMBALIVE enregistre leur premier disque sous la houlette de Bayron Ramos, le frère du chanteur Br@ly, et de Léo Garcia, avec des morceaux de leur composition mais aussi de Juan Formell ou Amaury Gutierrez, le célèbre chanteur cubain, auteur de « Yo se que es mentira » .

Le nouvel album « From Miami a la Habana » sort en novembre 2009. Le disque a été enregistré à Miami, en Espagne et à Cuba avec la participation de musiciens cubains vivant sur l’île et à l’étranger.

 

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Pour le titre phare, le tube « From Miami a la Habana« , on retrouve des stars comme Gonzalo Rubalcaba, Isaac Delgado, Pedrito Calvo, Mayito Riveira (Van Van), Manolin « El Medico de la salsa », Alexander Abreu, le chanteur de rap El Mola, Br@ily, Ivan »Melon »Lewis, Robertico Garcia y Norberto Rodriguez.

 

FROM MIAMI A LA HABANA

 

Ce morceau jubilatoire au Tumbao implacable réunit de façon miraculeuse les merveilleuses voix d’Issac Delgado, Alexander Abreu, Manolin, Mayito Rivera et Pedrito Calvo comme si Team Cuba était à Miami en 2010 ou si les exilés avaient à nouveau investi le Palacio De La Salsa pour des improvisations à couper le souffle.
Le message est clair et simple : « Lo que te traigo se llama Musica Cubana » « Ce que je t’apporte s’appelle Musique Cubaine » … Y de la buena !
Le message tout comme le tumbao, les arrangements sont puissants, efficaces et lumineux : TIMBALIVE délivre une musique universelle et généreuse.

Si ce morceau reste le fer de lance de la production de Timbalive, le projet ne s’arrête pas là, loin s’en faut et Timbalive impose une sonorité puissante, moderne et efficace qui s’impose inévitablement.
Timbalive donne une envie irrépressible de danser, de danser le Casino, et ils affirment une identité propre, forte et fière d’être le fer de lance de Miami ! C’est sans complexe qu’ils tiennent la dragée haute à La Charanga Habanera en répondant à leur Reggaeton « Gozando En La Habana » par « Como Miami no hay na… » !

COMO MIAMI NO HAY NA’

 

Ce morceau entre Reggaeton et Timbaton est chanté par Yesi Gonzalez, un sacré bout de femme à la gouaille bien cubaine, au look et au timbre proche d’Haila dans Bamboleo.

 

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Les autres morceaux de TIMBALIVE se révèlent être des succès de la piste de danse comme « Dame un Tin» qui ouvre la première édition de leur CD.

 

DAME UN TIN’

 

TIMBALIVE assume pleinement leur identité de Miami avec ce titre de Bayron Ramos qui essaye de faire mentir le dicton selon lequel « En Miami No se baila, No se goza ». Ce morceau est interprété par Boris Monterecy, le chanteur au timbre un brin nasillard, qui rappelle parfois son concitoyen Nick N’Taya. Les trombones offrent un groove puissant et la rythmique entrainante marquent le style imprimé par les 2 leaders Bayron Ramos, le tromboniste, et Leo Garcia le Timbalero a qui Boris demande « Dame un Tin », « Offre moi un petit coup » pour lancer le solo de percussions.

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TIMBALIVE nous offre un petit coup de Timba, de Miami, une « Timba con Detalle », pleinement assumée et sure d’elle, qui n’a plus rien à envier a ce qui se fait à Cuba car elle est faite « Pa’ los que estan aqui , Pa’ los que estan alla ».
TIMBALIVE sont clairs: “Deja la muella, deja el bla bla bla, esa politica que no trae nada !” Ils sont désormais la Timba du XXIème siècle, où Cuba et Miami sont réunis. « Musica es Musica y no hay mas na’ »! La Musique est la Musique et il n’y a rien d’autre sur la terre de la Liberté.

 

Cette nouvelle identité cubaine de Miami se retrouve notamment avec « El Dinero » ou le protagoniste ne cache pas son amour de l’argent, comme une justification de vivre dans le Yuma.

EL DINERO

 

Ce morceau est aussi interprété par Boris Monterecy qui imprime sa ‘Guaperia’ de Santo Suarez, le quartier populaire de La Havane dont il est issu.
« Que culpa tengo de sera si como soy.. a mi me gusta el dinero »
Le morceau débute par des trombones solennels puis par un mix entre Reggaeton et Rap qui débouchent finalement sur un Tumbao obsédant au piano, une basse pleine et sereine et des Mambos pachydermique qui imposent une mécanique imparable pour les amateurs de Casino moderne.

Avec « Un Poquito Pa’ Despues » TIMBALIVE rafraichissent le registre par un Merengue féminin et imposant interprété par Yesi et le Rappeur El Mola , le tout sur-vitaminé par un Tumba au piano à donner le tournis.

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Les Trombones appuient la joie de cette chanson et l’un d’eux se libère dans un solo particulièrement virtuose de Bayron Ramos.

 

 

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UN POQUITO PA DESPUES

 

Yesi s’impose sur cette chanson tout comme sur le tout dernier tube « Como Miami No Hay Na’ ». Elle débute sa carrière en arrivant en finale de « Buscando El Sonero » en 1996 et elle enregistre comme choriste sur le premier disque de MANOLITO y su TRABUCO. Elle poursuit ensuite une carrière solo d’abord à La Havane puis à Miami dans le groupe Sarabanda.

 

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TIMBALIVE prouvent leur maturité musicale par leur cohérence sonore et par leur versatilité, notamment lorsqu’ils accompagnent le Nuevo Trovador AMAURY GUITIERREZ sur « Enredado en tu pelo».

 

ENREDADO EN TU PELO

 

Les arrangements prennent alors des accents et les finesses qui rappellent Habana D’Primera et se mettent au service de cette voix salsera, romantique et celeste, dont la poésie transpire a chaque mot.

La Rumba explose alors avec encore Boris Monterecy sur la chanson « Ave Maria Que Calor ». La Rumba est la spécialité de Boris depuis ses débuts avec son frère Ariel au sein du groupe OBBAILU puis au sein de CLAVE Y GUAGUANCO, l’une des plus grandes formations Rumbera de Cuba ! Il prendra ensuite le nom de scène de Boris SOS lors de sa période Reggaeton au cours de laquelle il enregistre « El Callerejo » avec La FresK sur le CD « Habia Una Vez.. La Capericita » de Clan 537.

 

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Le thème d’ « Ave Maria Que Calor » rappelle « Ave Maria Morena », un clasique Rumbero, ou « Que calor en Santiago » de Cubanismo voire « El Papi » de NG La Banda avec son refrain « Ave Maria Por Dios ». Mais en fait ce morceau se rapproche finalement plus d’un « AGUA » de LOS VAN VAN par son appel religieux, son appel à l’ Agua de Yemaya célébrée tout récemment par ELITO REVE y su CHARANGON. La chanson de TIMBALIVE en emprunte en tout cas l’énergie et la puissance. On pense aussi au légendaire « De La Habana a Matanzas » de LOS VAN VAN pour la structure mais aussi la version de « Atrevimento » de Bamboleo pour l’efficacité. Toujours que ce morceau est déjà un succès des pistes de danses ou les Rumberos se font de plus en plus nombreux.

 

AVE MARIA QUE CALOR

 

On reste dans la même lignée musicale avec la version « Chirrin Chirran » de LOS VAN VAN reprise par Carlos Parra, le Chanteur de Florida, dont la voix est plus feutrée. Carlos est l’un des fondateurs du groupe avec Leo Garcia et Yesy Gonzalez. Son style plus Sonero l’amène à chanter dans des groupes de Musique Cubaine traditionnelle notamment au Bongo’s de Gloria Estefan

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Sur cette version de ce vieux tube de LOS VAN VAN, l’harmonisation des voix est excellente et les Trombonnes dirigés par Bayron Ramos servent de locomotives :

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Cette interprétation est électrisée au final par la guitare débridée de Norberto Rodriguez qui entame un solo bien musclé.

CHIRRIN CHIRRAN

 

Boris Monterecy revient ensuite avec « Zorra »,un morceau de sa composition. Ce Timbaton révèle encore le timbre nasal de Boris et sa gouaille, sa Guaperia. Le style est encore un fois Rap au début jusqu’à ce que le piano vienne installer la Salsa Cubaine si efficace et si reconnaissable de TIMBALIVE.

ZORRA

 

Le second tromboniste William Paredes y entame un solo, démontrant si c’était encore nécessaire la force de la section de cuivre de TIMBALIVE

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La conclusion arrive enfin avec « Timba Pa’ La Humanidad» ! Tout un programme qui reflète l’esprit et les ambitions de ce groupe jeune et pourtant affirmé dans son style et ses intentions de conquérir un public de danseurs épris de Cubania, quelles que soient les océans qui les séparent et quelle que soit la rive sur laquelle ils dansent, que ce soit a Cuba, aux Etats-Unis ou Europe.

 

TIMBA PA’ LA HUMANIDAD

 

Le Tumbao et les Mambos des trombones obsédants, la rythmique puissante de la basse et des percussions, tout concourt à fédérer autour de TIMBALIVE et de convaincre les DJs du monde entiers auxquels ils rendent hommage à la fin de ce thème, avec une mention pour 2 DJs membres d’un « Puente » justement !

Êtes-vous prêts pour aller « FROM MIAMI A LA HABANA » avec TIMBALIVE ?

 

 

Une visite au musée-temple des orishas

Une visite au musée-temple des orishas

Samedi 4 septembre 2010, La Havane

ImageLa Salsa tire ses origines des danses populaires cubaines, au sein desquelles les rituels religieux associés aux Orishas tiennent une place éminente. Le rythme de base du Cha-Cha-Cha se retrouve dans les danses d’Elegba et d’Oggun. Le pas dit « de cubaine », dans celle de Chango. Le pas de mambo, dans (entre autres) la danse d’Obatala. Il me paraît donc indispensable, pour ne pas « danser idiot », de bien connaître ces modes d’expression traditionnels, ainsi que les croyances religieuses auxquelles ils sont attachés. C’est là l’un des objectifs majeurs que j’avais fixé à mon voyage à Cuba.

Le premier pas de ce périple initiatique fut une visite au musée des Orishas, qui est aussi le siège de l’association culturelle Yoruba. Situé pratiquement en face du Capitole, dans un bel immeuble à arcades, ce lieu est à la fois un musée, un lieu de spectacles et de conférences, et un temple religieux. C’est sans doute pour cette dernière raison que les photographies y sont interdites, ce qui explique le caractère relativement austère de cet article, uniquement constitué d’un texte écrit, sans pratiquement aucune illustration audio-visuelle[1].

En m’y rendant, j’étais, assez stupidement, convaincu que j’allais être déçu. Le grand hall d’entrée, assez dépouillé, ne payait vraiment pas de mine. Le prix du billet – 10 CUC – me paraissait prohibitif. Aucun guide audio-visuel ou imprimé n’était disponible. Les photographies et les vidéos étaient interdites. Bref, je m’apprêtais, en montant l’escalier qui conduisait au musée, situé au premier étage de l’immeuble, à passer directement mes dix CUC par profits et pertes, au titre d’une arnaque ordinaire pour touriste naïf.

J’avais totalement tort. Je n’exagère pas en disant que, de toutes les visites de musées que j’ai accomplies dans mon existence – à part peut-être celle du musée national chinois de Taïwan – celle-ci fut à la fois la plus émouvante, la plus distrayante et la plus instructive.

Dès mon entrée, je fus pris en charge par une guide qui ne fit l’immense cadeau d’une visite commentée de près de deux heures, à mon unique intention, car j’étais à peu près le seul visiteur ce matin-là. D’abord cantonnée à d’intéressantes mais superficielles généralités sur la religion Yoruba, mon initiatrice s’anima en comprenant à mes questions que le sujet ne m’était pas totalement inconnu. Elle-même Santera et fille de Oya, elle me fit alors bénéficier, avec beaucoup de générosité et d’enthousiasme, de son grand savoir sur les mythes des Orishas. Et cette visite se transforma alors pour moi en un émouvant voyage culturel et poétique vers le monde des croyances afro-cubaines.

Le musée présente lui-même une configuration assez originale. Imaginez une enfilade de quatre grandes et longues salles très hautes de plafond, organisées selon un plan rectangulaire autour un patio central. Dans chacune de ces salles, trônent le long des murs deux rangées d’immenses statues de plus de 3 mètres de haut, la plupart en argile, quelques-unes en pierre ou en bois. Entourées chacune d’une prolifique végétation (factice), elles sont installées sur de larges socles qui les placent en surplomb des visiteurs. Ceux-ci doivent donc lever la tête pour les contempler, ce qui ajoute encore au sentiment de majesté qui s’en dégage. Devant chaque statue, on trouve un petit texte résumant l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur l’Orisha : son nom, sa généalogie, ses principaux pouvoirs et attributs, les lieux qu’il fréquente habituellement, ses goûts, les particularités des rites le concernant, son équivalent catholique, etc.

Ces textes assez bien faits, opportunément complétés par les commentaires de grande qualité de ma guide, ont significativement contribué à améliorer ma connaissance de la religion Yoruba.

J’ai ainsi découvert que le panthéon des Orishas ne se limitait pas aux figures les plus connues en Europe, comme Chango, Yemaya ou Ochun, ni même à ceux que mes investigations personnelles m’avaient déjà permis de rencontrer, comme Obba, Osain, Oya, Oggun, Elegba, Obalala, Inle, Agayu, Obatala ou Babalu Aye. A la fin de ma visite, des noms nouveaux ou peu familiers jusque-là, comme, entre autres, ceux d’Echu, des jumeaux Beyis, de Bromu et Broncia, de Yewa, d’Orishaoka, d’Oshumare, d’Ochosi, de Nana Bukua et d’Olosa, s’étaient ajoutés à ces listes sacrées. Mais rassurez-vous : je ne vous infligerai pas ici une description des caractéristiques de chacune de ces Divinités – que vous pouvez par ailleurs facilement trouver sur internet.

J’ai également mieux compris certains aspects de la religion des Orishas : son caractère syncrétique lié à la fusion de croyances venus de différentes régions d’Afrique dans un environnement dominé par le catholicisme ; la place centrale accordée la nature et aux morts ; l’existence de très nombreuses variantes dans les mythes transmis par la tradition orale et non unifiés par l’action d’une théocratie centralisée ; la vision du Bien et du Mal comme deux face opposées mais complémentaires de la même énergie fondamentale ; le fait que la religion Yoruba propose au croyant un véritable quête spirituelle, marquée par un cheminement initiatique complexe ; la proximité parfois étroite existant entre les Orishas et les êtres humains, etc. J’ai détaillé ces différents points en annexe à l’attention du lecteur intéressé.

En conclusion, je suis sorti de cette visite enthousiasmé, et bien décidé à retourner dans ce musée-temple pour approfondir ma connaissance de la religion Yoruba. Et j’espère aussi avoir suscité chez vous le désir vous lancer également à la découverte de la merveilleuse culture populaire afro-cubaines dont notre Salsa bien-aimée constitue qu’un tout petit rameau très récent, quelque peu déconnecté aussi des traditions et des croyances anciennes qui ont rendu possible son existence.

Fabrice Hatem

 

 

Annexe : quelques réflexion sur la religion des Orishas


Je vous propose ici une synthèse des réflexions que la visite du musée des Orishas de la Havane a suscité en moi. Celles-ci s’organisent autour d’une petite dizaine d’observations[1].

Une religion syncrétique et agrégative

Il existe dans la Santeria, religion des descendants d’esclaves Noirs originaires de différentes parties d’Afrique et vivant dans une société catholique, deux formes superposées de syncrétisme.

Le premier syncrétisme, le plus connu, est celui qui associe à chaque Orisha un saint catholique, ce qui permettait aux esclaves Noirs de continuer à pratiquer leur religion traditionnelle tout en respectant les apparences – et en intégrant aussi les croyances et les superstitions – de celle de leur maîtres. Par exemple, Elegba est assimilé à Saint Antoine de Padoue, Ochosi à Saint-Norbert, Oggun à Saint Pierre, Yemaya à la Vierge de Regla, Obatala à la Vierge de la Merced, Ochun à la Vierge de la Caritad del Cobre, Inle à Saint-Raphaël, Agayu à Saint Christophe de la Havane, Orula à Saint-François d’Assise, etc.

Le second syncrétisme, plus profond car touchant à la structure même des croyances, vient de l’agrégation, au sein du même panthéon religieux ayant pris à Cuba sa forme définitive, de Dieux ou d’esprit originellement honorés séparément dans les différents régions d’Afrique (de l’ouest) dont étaient originaires les esclaves et leur descendants. Par exemple, Oshun vient du Nigeria. C’est également le cas d’Obba, où une lagune dont la légende lui impute la création porte encore aujourd’hui son nom. Par contre, d’autres Orishas, comme Yemaya et Oshumare (servante de Chango), viennent vraisemblablement du Dahomey. Dans certains cas, ce phénomène de syncrétisme s’est produit en Afrique même, bien antérieurement à la période de l’esclavage colonial. Par exemple, Oddua, d’ailleurs représenté, de manière significative, par une statue d’Osiris dans le musée des Orishas, serait un Dieu originaire d’Egypte et adopté par les Yorubas.

Une mythologie non unifiée

Provenant de l’agrégation de croyances d’origine diverses, transmises uniquement par la tradition orale, non unifiées par l’action d’un clergé ou d’une théocratie centralisée, les mythes Yoruba se déclinent en une multitude de versions souvent assez éloignées les unes des autres, et parfois totalement contradictoires.

Ainsi, selon les récits, Ochun, ruinée par sa générosité ou privée de l’aide de son époux Inle, a du devenir lavandière ou se prostituer pour pouvoir nourrir ses enfants ; toujours selon ces différents récits concurrents, elle a pu se sortir de cette situation, soit par la compassion de sa sœur Yemaya, soit par celle de l’ensemble des Orishas, soit par une rencontre avec le plus riche d’entre eux, Aye Shaluga, qui tomba éperdument amoureux d’elle. Agayu est selon les versions, le père ou le frère de Chango, voire Chango lui-même. Certains affirment que Oya a volontairement quitté le brutal Oggun par amour pour Chango, d’autres que Chango l’a enlevée de force, d’autres encore que Oggun l’a chassée parce qu’elle était trop souvent ivre.

Et ce ne sont là que quelque exemples de ces infinies variantes dans les récits sacrés, liée à la fois aux origines diverses de ces mythes et aux déformations introduites par leur transmission orale. Il est inutile, à mon humble avis, d’y rechercher une cohérence qui n’existe pas, puisque personne n’a pensé à la créer. A chacun, peut-être, de choisir la version à laquelle il préfère croire en fonction de ses choix moraux, de son vécu personnel, de son caractère…

Le Bien et le Mal, deux faces de la même énergie fondamentale

Dans nos religions monothéistes, le Bien est le Mal sont considérés deux forces intrinsèquement opposées, qui s’affrontent pour le contrôle du Monde. Dans la religion Yoruba, ils sont plutôt présentées comme deux expressions, positives et négative, (donc opposées mais aussi complémentaires), de la même énergie fondamentale[2].

C’est pourquoi, sans doute, ces deux principes coexistent au sein de la plupart des Orishas. Chango est à la fois menteur et détenteur de la vérité, justicier et capable des pires injustices. Babalu Aye possède de très grands pouvoirs de guérisseur, mais est lui-même très malade. Elegba a une face positive – il est par exemple farceur et aime bien les enfants – mais aussi une face très négative, en la personne du redoutable Echu.

Le cas de Yemaya est particulièrement intéressant et complexe. Yemaya, être d’une grande élévation spirituelle, a cependant commis plusieurs transgression graves, comme (selon certaines traditions) l’inceste avec son fils Oggun ou le vol des tables divinatoires de son premier mari Orula pour pouvoir pratiquer et art en principe interdit aux femmes. Fondamentalement bienfaisante, elle peut aussi prendre la forme d’Olokun, Orisha aux violentes colères, enchaîné au fond des océans. Mais ce Dieu, qui pour tout simplifier est à la fois femme et homme, et aussi celui qui donne stabilité et fermeté aux monde et aux hommes.

L’importance des Morts et de la Nature

Née dans des sociétés primitives ou très proches de la Nature, il était logique que la religion Yoruba donne une grande place à celle-ci. C’est par exemple là que se trouve l’habitus de la plupart des Orishas. Oggun, Osain et Ochosi, vivent dans la forêt ; Obba vit près des lagunes ; Ochun, à proximité des rivières et des lacs ; Yemaya, dans la mer.

Chaque Orisha est également étroitement associé à un certain nombre de plantes, animaux ou élément naturel. Le bâton d’Elegba est fait de goyave. Chango vit dans les palmiers royaux et est maître du tonnerre. Oya gouverne le vent et la tempête. Agayu est maître des volcans. Oshumare est chargée de répartir les eaux sur la terre. Osain connaît les secrets des plantes magiques et médicinales.

Les morts et les esprits sont également très présents dans les croyances Yoruba, ce dont témoigne leur importance dans la vie et les habitudes des Orishas. Obba vit au fond des cimetières, tandis qu’Oya a élu domicile à l’entrée de ceux-ci. Maîtresse des morts, elle contribue à équilibrer leur énergie positive et négative. Nés au fond d’une tombe, les jumeaux Bromu et Broncia connaissent les secrets des morts. Ododuwa, fils de Olodumare et frère de Obatala, est aussi le « gardien » des morts (d’un mot africain désignant le contremaître des esclaves). Yewa est maîtresse des cimetières.

Une forte proximité entre les Orishas et les Hommes

Bien que vivant dans un monde inaccessible aux humains, les Orishas ont avec ceux-ci une certaine forme de proximité, lié à leur caractère, à leurs lieux de culte, à leurs exigences aussi vis-à-vis des mortels.

Par exemple, Elegba, protecteur des enfants et lui-même très joueur et facétieux, aime bien qu’on lui offre des jouets. Mais Echu, sa face négative, vit dans les rues où il s’évertue à provoquer des accidents pour offrir le sang des hommes à son ami Oggun. Il ne doit pénétrer sous aucun prétexte dans les maisons, où il apporterait toutes sortes d’ennuis. On lui laisse donc de la nourriture au dehors, pour qu’il ne soit pas tenté de venir en chercher à l’intérieur.

Il n’existe pas à proprement parler de temple consacré à chacun des Orishas. Bien sûr, les pèlerins désireux d’honorer Yemaya affluent vers l’église de la Vierge à Regla, tandis que l’église de la Caritad del Cobre à Santiago de Cuba joue le même rôle pour Oshun. Mais ces lieux restent fondamentalement des églises catholiques, sans signe extérieur de leur rôle dans la Santeria. Le vrai temple des Orishas est en fait la petite niche où ils sont honorés dans chacune des maisons de leurs adeptes.

Les comportements des hommes sont rythmés par des obligations et les interdits liés aux Orishas dont ils sont censés être les enfants. Par exemple, les filles d’Oshun sont coquètes et joliment habillées, alors que les filles de Yemaya jouissent d’une intense vie spirituelle. Les fils de Chango doivent éviter de porter la main sur les filles d’Oshun, sous peine de terribles représailles de la part de la déesse qui protège celles-ci de la violence des Hommes.

La force de la spiritualité

Beaucoup ne veulent voir dans les religions africaines que des croyances primitives reposant sur un tissu de superstitions sommaires. Dans le cas de la religion Yoruba, cette vision me semble assez inexacte, car sa métaphysique sous-jacente est assez complexe et témoigne d’une forme assez poussée de quête spirituelle, où le croyant peut être soutenu dans sa démarche par l’un ou l’autre des Orishas.

Chacun des principaux Saints incarne d’ailleurs un principe spirituel : Ochun, la générosité et l’amour ; Odolumare, divinité première, distante et sans visage, le principe fondateur du monde ; Orishaoka, maître de l’agriculture,la force de la vie et de la Nature ; Obatala, créateur de la Terre et des êtres humains, la pureté la sagesse et l’intelligence ; Oya et Obba la fidélité féminine (sous une forme plus active pour la première, plus passive pour la seconde) ; Elegba, début et fin de tout, le rôle du hasard. Les croyants à la Santeria se définissent d’ailleurs comme une « communauté spirituelle », dont Nana Bukau, sœur de Yemaya, est censée être la protectrice (ou plus exactement, la « tante »).

La complexité des rites initiatiques et des croyances

L’un des aspects majeurs de la Santeria est le chemin initiatique à travers lequel le croyant va « recevoir » un Orisha (deux : un père et une mère, selon ma guide) et devenir son fils ou sa fille. Il pourra alors accéder au statut de « Santero ». Mais il doit pour cela passer par une longue période (un an environ) de purification, pendant laquelle il doit se soumettre à de multiples rites (port d’habit blancs, abstinence(s), célébrations diverses, pèlerinages, etc.).

Ces rites d’initiation obéissent à des règles complexes, avec des interdits parfois étranges, des cheminements un peu tortueux et des fonctions bien spécifiques attribuées à certains Orishas. Osun la colombe doit être reçue par le nouvel initié à la Santeria avant tout autre saint. Inle, dont Yemaya a coupé la langue pour qu’il ne révèle par les secrets de la divination, ne parle aux hommes qu’à travers elle. Contrairement aux autres Orishas, Obba ne se « reçoit » pas sur la tête, mais sur les épaules.

Il existe également de multiples chemins pour « venir » aux Dieux, liés à la diversité de leurs apparences : on peut ainsi venir à Elegba par 21 chemins ; à Echu – qui est lui-même la partie négative d’Elegba – par 101 chemins.

Fabrice Hatem

[1]Je n’évoquerai pas dans ce texte le rôle central de la danse et des tambours dans les cérémonies religieuses. Ce dernier point n’a en effet pas été abordé en tant que tel lors de ma visite au musée des Orishas.

[2]L’une des principales fonctions d’Ochosi le chasseur est d’ailleurs d’équilibrer ces forces positives et négatives.

 

EL NIÑO – EMILIO FRIAS : L’enfant prodige de la Timba !

EL NIÑO – EMILIO FRIAS : L’enfant prodige de la Timba !

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Un coup de théâtre, et je dirais plutôt un coup de maître s’est réalisé cette année, avec l’intégration par Elito Revé de Emilio Frias, la jeune star de Tumbao Habana, dans le Charangon, devenu la locomotive, la Locomotora, de la musique cubaine. Le chant très particulier d’Emilio avait déjà été un énorme succès avec le tube « Padrino » . Cette fois-ci, ce jeune chanteur revient et du haut de ses 21 ans offre sont timbre, ses paroles, son inspiration et son charisme à l’orchestre matrice de Cuba, le Charangon. Il a accordé à FiestaCubana.net et TimbaSocialClub.net une interview exclusive chez Elito Revé dans laquelle il révèle son parcours et sa vision de chanteur. Ce Niño est déjà très mûr et il vous séduira de plus en plus !

 

Emilio Frias est à mon sens le seul chanteur de la nouvelle génération à s’inscrire dans la dimension des très grands. Cet avis est partagé par Mayito Rivera de Los Van Van ou Cesar « Pupy » Pedroso. Il ne faudra que quelques concerts pour que le public occidental se rende compte que ce Niño est une bombe humaine, la relève du « Menor De La Salsa », mieux connu comme Michel Maza ! Rares sont les jeunse chanteurs qui comme lui associent un timbre unique, une véritable inspiration qui chez Emilio confine a la spiritualité tout en restant simple, populaire, accessible !

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Avec ses racines de Matanzas, de La Havane et de Santiago de Cuba, Emilio Frias porte en lui une multitude de traditions qui lui permettent de jeter des ponts entre le Reggeaton, la Rumba, le Changui, le Son et la Timba, rendant hommage aux anciens soneros, comme Miguelito Cuni ou Candido Fabre, tout en apportant sa fraicheur a la Timba Cubana

Notre ami et partenaire Claudion partage aussi pour FiestaCubana.net un bref portrait bien senti de ce chanteur charismatique qu’il a appris a connaitre au sein de la Revé.

Laissez venir à moi les petits enfants chanteurs…

Par Claudion

Laissez venir à moi les petits enfants chanteurs car le royaume des cieux timberos leur appartient

“Niño“, petit enfant, c’est ainsi qu’on appelle Emilio Frias, le nouveau chanteur de la Revé. C’est probablement du fait de son jeune âge, du fait de ses 21 ans qu’on l’appelle ainsi, mais j’aime a penser que cela est aussi du a un visage juvénile, innocent et a sa simplicité qui est si rare chez les personnes a l’âge adulte. Petits enfants ou plutôt enfants prodiges, la musique cubaine en a déjà connu beaucoup : le premier qui vient à l’esprit est “el Niño Lucumí “ qui des l’âge de 6 ans était capable d’époustoufler tout le monde avec les sons de ses petites mains sur les congas. Chez les chanteurs aussi il y a eu beaucoup de jeunes talents et leur énumération serait trop longue. On peut néanmoins mentionner les succès à 20 ans d’un certain Issac Delgado chez Pachito Alonso ou plus récemment ce “ Menor de la Salsa” que l’on connaît tous comme Michel Maza pour ses triomphes avec La Charanga Habanera.

Pour toutes ces raisons nous nous réjouissons aujourd’hui sans véritable surprise de la montée de cette nouvelle étoile du chant timbero, “El Niño” Emilio Frias. Pour ceux qui ont pu s’approcher avec intérêt du jeune interprète du morceau “Padrino “ de Tumbao Habana, il n’y a pas de doute que suite à son entrée dans le Charangon d’Elito Revé, ce “Niño” est arrivé pour rester.

Nous l’avons vu chanter avec son nouveau groupe en Mai a La Havane et on peut déjà entendre sa voix sur les morceaux en avant-première du prochain disque de la Reve qui sont désormais des tubes dans toutes les Salsothèques. J’ai été personnellement ébloui par son timbre unique et incisif a la manière d’un jeune Tony Calá, mais aussi par sa puissance d’expressivité qui rappelle celle des intros de Mayito avec Los Van Van. Son charisme sur scène malgré son jeune âge m’a surpris, un charisme qui lui vient aussi de ses racines rumberas et de cette inspiration religieuse qui l’anime au moment de chanter. Elito Revé s’était bien rendu compte de tout ca très vite, lui qui l’a voulu au sein de son orchestre et qui lui a dédié 4 chansons de son dernier disque. Ceci est tres rare surtout pour un nouveau venu et d’autant plus que la Revé peut compter aujourd’hui sur les énormes talents de Dagoberto Vázquez et du Sinsonte. Le défi de chanter dans cet orchestre légendaire où sont passés d’excellents chanteurs ne fait nullement peur au “Niño “. Sa timidité d’enfant, il l’a gardée mais en hors de la scène, tout comme ces silences que j’ai pu observer et qui sont le reflet une simplicité et d’une timidité qu’on attend de n’importe quel enfant. La vérité aussi sort de la bouche de cet enfant ! Ce que nous avons entendu est la vérité d’un feu intérieur que nous désignons communément comme l’expression de l’art.

Qu’on ne dise pas que son talent est prometteur car il est déjà une réalité affirmée et pleine de couleurs dans cette pépinière de jeunes talents que continue d’accoucher Cuba.

Voici un nouvel enfant prodige de la musique cubaine, et assurément un fils adoptif que le public européen va adorer !

 

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Interview par Leonel et Stefano Santini

 

 

Nous sommes ici en présence de une nouvelle étoile de la musique cubaine, la révélation de l’année, Emilio Frias, “El niño“, avec à ses côtés Gretchen, la fille de Elito Revé, elle-même en tant que nouveau membre de l’orchestre, et notre ami de TimbaSocialClub.net Stefano Santini.

 

Leonel : Pourquoi t’appelle-t-on “El niño“ ?

 

 

Emilio : Lorsque le Maestro (Elito) m’a appelé pour intégrer la Orquesta Revé, il m’a dit qu’il me chercherait un nom d’artiste et un jour il est venu en me disant que désormais on m’appellerait “El niño de la Revé“. J’imagine qu’il l’a choisi ce nom de scène ainsi pour mes 21 ans et du fait que je suis l’un des plus jeune si non le plus jeune membre de la Revé.

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Avant d’entrer dans la Revé j’ai enregistré trois morceaux sur un disque très intéressant de Tumbao Habana avec lesquels j’ai travaillé deux ans. A vrai dire les trois morceaux que j’ai chanté (« Padrino », « Candela » et « No te rompa la cabeza ») sont des airs que j’ai composé avec Pascualito Cabrejas.

 

Leonel : Emilio, peux tu nous raconter ta trajectoire artistique et ta biographie ?

Emilio : Je suis de La Havane mais mon père est de Matanzas et ma mère est originaire de Santiago de Cuba. Je suis un bon mélange : La Tierra Caliente (Oriente de Cuba) et la Rumba.

Je dois de dire que je suis un chanteur autodidacte. Lorsque j’avais 8 ans, mon grand-père m’a envoyé une guitare et j’ai pris des cours avec l’un des meilleurs professeurs de ce pays. Mais je dois avouer que je n’ai jamais pris de cours de chant. Je pense que pour être un bon chanteur il faut avoir beaucoup de qualités et probablement l’une des plus importantes est de savoir exprimer dans le chant beaucoup de sentiments et ca ne s’apprend pas à l’école.

 

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Avant de chanter avec Tumbao Habana j’ai chanté du Reggaeton et aussi de la Rumba avec un groupe qui s’appelle Obba Erì.

Quand Pascualito ( Tumbao Habana ) m’a proposé de chanter dans son orchestre, j’avais mon propre groupe, j’étais le directeur de mon groupe mais ce n’était pas un projet très solide et c’est ainsi que j’ai rejoint Pascualito : à vrai dire je crois que ca m’a plutôt bien réussi.

Leonel : Comme tu n’as pas reçu une formation académique, dis-nous quels sont les chanteurs qui te plaisent et ceux qui t’ont inspirés ?

J’aime beaucoup mon ami Tirso Duarte et Angel Bonne, un très grand chanteur. J’adore Candido Fabré et laisse moi te dire que j’ai des goûts un peu bizarres : mes modèles ne sont pas de notre époque et même si j’aime beaucoup les artiste que je viens de te mentionner, ce ne sont pas mes modèles. Mes modèles sont Miguelito Cuní, Carlos Embale, Rolando La Serie, les chanteurs de la Sonora Matancera. Ca c’est la musique que j’ai dans mon ordinateur et bien que mon épouse Gretchen me dise que c’est de la musique pour les vieux , c’est la musique qui m’inspire et que j’intègre dans ma manière de chanter.

Leonel : Nous avons eu la chance de pouvoir te voir chanter à Varadero avec La Revé et ça a été phénoménal. Nous avons été impressionnés par la beauté de ton timbre de voix et par le cœur et l’énergie que tu irradies. Comment te sens dans la Orquesta Revé et comment sont tes relations avec les autres membres du groupe ?

Emilio : Je crois que c’est le rêve de tout jeune chanteur cubain d’intégrer un grand orchestre. J’appartiens désormais à une formation historique de la musique cubaine, à la formation mère. Juste de monter sur scène dans un orchestre ou sont passés Juan Formell, Chucho Valdez, de grand musiciens et des directeurs de grands orchestres cubains (Juan Carlos Alfonso de Dan Den, César Pedroso de Pupy y Los Que Son Son)… sans parler des grands chanteurs qui sont passés par la Revé : Alfonsito, Padrino, Valentín, El Indio…

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Je me sens très heureux et Elito a su bien me guider pour m’intégrer dans le chemin musical de l’orchestre. Je crois que les résultats peuvent s’écouter dans le nouveau disque qui est très bon. En outre je m’entends très bien avec les musiciens de l’orchestre qui m’ont bien accepté. Je suis un type simple, un gosse, un « niño” de 21 ans. Je suis facile à comprendre et je m’entends bien avec tout le monde mais il faut que tu le leur demandes leur point de vue à eux aussi !

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Leonel : Les gens t’ont connu grâce au morceau “Padrino” de Tumbao Habana. Tu reviens avec un autre morceau d’inspiration religieuse qui est un énorme succès : “ Agua pa’ Yemaya“. Parles-nous de l’importance de la religion dans ta vie ?

Je suis religieux et ca fait partie de ma vie, de mes racines et de ma personnalité. Quand j’ai intégré « Tumbao Habana » Pascualito Cabrejas m’a demandé d’apporter mes connaissances religieuses et de là a surgi la chanson Padrino. La même chose s’est produite avec Elito.

Ma religion est discrète mais pas secrète. J’appartiens a une institution qu’on appelle Abakua depuis que j’ai 15 ans. C’est aussi une tradition dans ma famille.

Leonel : Que penses-tu du Reggaeton Cubain et notamment de Kola Loca qui ont collaboré avec la Revé?

Mes gouts ont évolué mais j’ai un grand respect pour le Reggaeton Cubain qui a un style original. Figure-toi qu’aujourd’hui à Cuba, on n’écoute quasiment plus de Reggaeton qui ne soit pas cubain. A Cuba la fusion entre ce style étranger et notre musique s’est très bien opérée.

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En l’occurrence j’adore Kola Loca.

Leonel : Quels sont les morceaux que tu chantes dans le nouveau disque de la Revé?

Emilio : Je chante “Agua pa’ Yemayá”, “La nueva explosión “, “Rumba a Matanzas “, un morceau de Candido Fabré y “Niña relájate“, un morceau compose par Roberton de los Van Van qui parle de la jalousie des femmes. Je me répète mais je suis très heureux du travail que je fais avec Elito.

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Merci Emilio, les européens devront attendre la tournée de la Revé en Octobre et Novembre pour te connaitre. Nous prenons donc rendez-vous des aujourd’hui pour découvrir l’immense talent d’Emilio el Niño.

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