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Azucar Negra livre son « Exceso de Equipaje »

Azucar Negra livre son « Exceso de Equipaje »

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Azucar Negra ont présenté officiellement leur dernier CD-DVD « Exceso de Equipaje » le 20 Février a La Casa De La Musica de Galiano.
Nous y étions et Leonel Limonta nous offre non seulement une interview exclusive mais il nous dévoile aussi son prochain projet en hommage a Nino Bravo…
Un chef-d’oeuvre en gestation pour ce poète de la Timba.

AZUCAR NEGRA a lancé officiellement son CD-DVD “Exceso De Equipaje” le vendredi 20 Février à La Casa De La Musica de Galiano. C’est entouré d’amis, de la radio, de la télévision, de la presse nationale et internationale, dans le cas présent représentée par Leonel de Fiestacubana.net et Timbastars.com, que Azúcar Negra a pu partager avec son public plus que ce qu’il n’espérait : non seulement le répertoire du nouveau CD mais aussi une nouvelle proposition musicale pour le futur immédiat avec des chansons venues d’autres latitudes mais interprétées en version salsa.

Le maestro Leonel Limonta nous présente ‘Exceso De Equipaje” en personne et en exclusivité.

Azúcar Negra a interpreté:
• Exceso de Equipaje
• Con un canto en el pecho
• Vitamina C
• Qué pasa con las mujeres
• Mi Gran Amor
• América
• Un beso y una flor
• La Identidad
• Mi Barrio
• El Estrés
• Así Somos

Les chansons de ce nouveau disque ont déjà reçu un grand succès de popularité tant à Cuba que à l’étranger. Les morceaux comme « Vitamina C », « El Estres », « Que pasa con las mujeres » et « Mi Barrio » sont au Hit Parade national alors que « La Identidad » est sans aucun doute un succès international qui plait aux salseros d’Europe et des Amériques.

La fraicheur et la complicité scénique amenée par le nouveau chanteur Dayan Carrera (ex – Charanga Forever) ont permis à Azucar Negra atteindre un niveau encore plus haut d’interprétation et de musicalité. Ce nouvel apport a renforcé le projet de ce groupe à la fois jeune, à la mode et malgré tout héritier dépositaire d’une longue et belle histoire musicale.

Yordis, le fameux auteur du « Azuca y gna gna » dès les débuts de Salsa Mayor, a pris toute sa place comme soliste de Azucar Negra avec des tubes comme « Mi Barrio », « Vitamina C ». Il partage la vedette desormais avec Dayan le succes de « Identidad » et aussi avec Ailyn le tube de l’été « Vive El Verano ».

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Dayan, Ailyn et Yordis

Ailyn, qui est maintenant entourée de ces 2 protagonistes de talent, a beaucoup muri et elle est au centre de l’attention du public avec une voix plus posée, plus puissante et un assurance sur scène qui vont probablement la propulser dans le cercle tres restreint des grandes chanteuses de Timba. Même si elle reste une midinette prompte à pleurer lorsque Limonta la complimente ou lui offre des fleurs, elle se métamorphose en une étoile brillante au moment d’interpréter ses chansons et sa simplicité naturelle ne font que renforcer le message d’amour que Limonta lui confie.

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Limonta remercie Ailyn

La venue d’un nouveau bassiste, Enrique, jeune mais exceptionnel, renforce et remplit la Timba d’Azucar Negra dont les arrangements sont en majorité confiés au pianiste Julio César Hernandez :

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Limonta remercie son pianiste et arrangeur Julio César d’une bise sur le front, avec Franck à leurs côtés aux studios EGREM lors de l’enregistrement de « Cuba le canta a Nino Bravo » en Janvier 2009.

Julio César est accompagné de son complice Franck Ramirez, la nouvelle génération des joueurs de Congas, que l’ont peut apprécier sur la plupart des dernières productions du label Lujuria, aux côtés de son épouse Karine Gutierrez et son beau-frère Pedro Pablo, notamment avec « Mandy Cantero » ou « Habana Salsa Team ».

Nous avons apprécié un pain de « Sucre Brun », « Azucar Negra », bien fort, bien créole, qui est toujours accompagné de paroles fort belles, justes et pleines de « Cubania ».

La bonne surprise fut aussi l’interprétation de 3 chansons de Nino Bravo que le Maestro Leonel Limonta a orchestré et arrangé en version salsa dans le cadre d’un projet spécial en hommage à ce célèbre chanteur espagnol des années 70.

La poésie de ses paroles associée à la pure beauté des mélodies réalisent une combinaison stylistique qui réussit très très bien à Azucar Negra. Il n’y a aucun doute que ce prochain disque “Cuba le canta a Nino Bravo” sera un chef-d’œuvre et que les concerts d’Azucar Negra avec ces chansons vont briller de milles feus et recevoir un grand succès populaire…

Ce projet a réuni des étoiles de la musique cubaine comme :

Vania (ex – Bamboleo), Dantes (Charanga Habanera), Ricardo Amaray (Manolito y su Trabuco), Coco Freeman (le Pavarotti de la Salsa, ex – NG La Banda), Norisley “El Noro” (Manolito y su Trabuco), Sixto Llorente “El Indio” (El Son Del Indio, ex – Manolito y su Trabuco), Waldo Mendoza (ex – Tumbao Habana) , Ailyn – Yordis – Dayan de Azucar Negra, Arlenys Rodriguez (NG La Banda) , David Alvarez (Juego De Mano)…

Même des stars comme Tirso Duarte sont enthousiasmés par de telles chansons pour Azucar Negra… regardez vous-même sa réaction à la chanson « America »:


Tirso reagit a « America » de Azucar Negra chez Leonel Limonta

Restez connectés et préparez-vous à ce qui va arriver…

Azúcar Negra est déjà en train de préparer de nouveaux morceaux comme “Amor por Internet”.
Limonta se maintient toujours à l’avant-garde de la description poétique de la vie quotidienne à Cuba et ailleurs…

Azucar Negra livre son « Exceso de Equipaje »

DVDs Salsa a La Cubana

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Cet article n’a pas pour vocation ni prétention d’être une revue « pro » de ces DVDs, mais simplement une introduction, un clin d’oeil informatif, pour attirer l’attention des danseurs qui cherchent des vidéos éducatives sur la salsa cubaine, sur le côté populaire de cette danse qui nous plaît tant.

On en parlait ici, mais ces DVDs méritent un sujet à part entière. Un sujet sur ces DVDs avait originellement été créé ici. La collection des Salsa a la Cubana, première ou seconde édition, commence à dater, mais ne prend pas une ride. On y retrouve le côté roots qui nous a amené à apprécier le Casino (c’est comme cela que l’on appelle la salsa à Cuba) 😉

C’est sur ces DVDs, produits par Eric Freeman, que l’on a découvert des danseurs qui nous ont fait rêver, et que l’on a la chance de côtoyer désormais (entre autres Mario, Yanek, et pour celles et ceux qui ont la chance de pouvoir aller à Cuba, plus particulièrement à Santiago : Yaqueline, Joel, Yoannis, Agustin, etc…).

DVD Salsa a La Cubana #1   DVD Salsa a La Cubana #2
Le premier DVD est souvent le plus négligé. Or c’est certainement le plus important…
Comme dans tout ce que l’on apprend, les bases sont fondamentales. Comme nous le dit Isaac à Toulouse, si tu veux construire une belle maison, une maison qui tient longtemps debout sans s’effondrer, il faut de bonnes fondations (les termes « fondations » et « fondamentaux » ont les mêmes racines sémantiques, ce n’est pas un hasard). Trop de gens pensent que la salsa cubaine n’est qu’une succession de passes. Qu’ils regardent ce DVD et se délectent du style, des déplacements, de tout ce qui fait que cette danse est harmonieuse.

Les figures de base (tour extérieur, enchufla, dile que no) sont aussi décortiquées. Ce sont des combinaisons infinies de ces figures qui vont être reprises dans les passes plus complexes que vous pourrez apprendre (ou aurez apprises) plus tard (selon le même principe qu’à l’époque où vous jouiez au Légo)

DVD Salsa a La Cubana #1   DVD Salsa a La Cubana #2

Le deuxième DVD est une transition entre les fondamentaux et les vidéos de passes complexes constituées par le troisième et le quatrième DVD. Pour le détail des contenus cliquez sur les liens. Petite préférence perso pour le quatrième DVD où l’on découvre le style de mon danseur préféré, Mario, les passes alambiquées d’Agustin, et le style incomparable de Yoannis.

Le cinquième DVD présente des vidéos de danse à 3, 4 voire 5, et quelques exercices intéressants de rueda.

Apparté : entre temps, Yanek et Casino.com ont réellement révolutionné la Rueda de Casino à Cuba. A l’époque de la création du DVD, les ruedas étaient relativement basiques. Grâce à l’émulation des concours apportés via l’émission Bailar Casino, les compétiteurs ont enrichi la rueda, en y apportant de nombreux concepts tels que l’intégration des danses populaires dans les figures, les changements multiples de partenaires au cours d’une seule figure, etc.

DVD Salsa a La Cubana #1   DVD Salsa a La Cubana #2

A noter l’existence d’un DVDe démonstrations dans la même série. Les yeux avertis y reconnaîtront un chanteur que l’on connaît bien sur la scène cubaine française… Des extraits vidéos sont disponibles ici et .

Pour les amateurs de danses cubaines, d’autres DVD très intéressants sont à retrouver sur le site de Boogalu Productions, mais ceci est une autre histoire…

Des commentaires pertinents ont déjà été faits sur le forum. A vous de faire des retours…

Extraits : Tumbao :
« Ces DVD m’ont particulièrement marqué et m’ont permis de faire évoluer ma danse. A conseiller vivement pour ceux qui n’ont pas eu l’occaz de les voir et même pour ceux qui les ont déjà vus… »

DobleF :
« Cette suite de DvDs semble effectivement très efficace afin d’apprendre ou du moins de comprendre les principes du casino. DVDs ultra complets tant dans l’enseignement des bases, des déplacements (filles comme garçons) que dans les passes ultra complexes. Série qui mériterait d’être un peu actualisée tant le style change et peut évoluer vite là bas, mais ca ne saurait tarder.
Le style enseigné est Santiagero, l’influence du son dans les déplacements notamment y est très marquée, vous trouverez peut être des façons de danser légèrement différentes aux Casa de la Musica de Trinidad, La Havane ou de Pinard el Rio.
Amateur de salsa cubaine procurez vous ces DVDs références sans hésiter 🙂 »

Ricco :
« Super initiative, cette série de DVD est un must que tout passionné ou Prof doit posséder pour en apprécier comme tu dis Kiri, pas seulement les passes mais aussi le style, les déplacements…
Cette série permet aussi d’apprécier 2 choses :
– tout ce que les danseurs de Santiago ont apportés au casino , puisque la majorité des danseurs de ces DVDs sont de la bas
– l’incroyable diversité de styles, toujours dans le respect des bases du Casino, diversité qui fait toute la richesse…
Pour moi, il y a de quoi apprendre dans chacun des 4 premier opus de la série, même si comme le souligne DobleF, certains styles paraissent moins actuels, le 5eme apporte une touche sympa avec les danses à plusieurs partenaires et la rueda, même si, et là encore je souscris à ce que dit Kiri, c’était avant la révolution Casino.com…
Par contre , j’ai trouvé que le DVD de démonstrations (http://salsaville.com/salc/salc_demo.htm) ne présentait pas un grand intérêt : on y retrouve des danseurs des séries précédentes mais les nouveaux participants sont un cran en dessous…. tout au plus, on peut y apprécier là aussi la diversité des styles…
NdA : le DVD de démo fait partie de la première série composée de : DVD Démo + DVD 1 & 2″

Maximus :
« Je trouve en effet que cette série de DVD est vraiment au top pour apprendre les déplacements, les passes et le style santiaguero, je ne me lasse pas de les regarder. Je me rappelle qu’au départ, le DVD1 ne m’avait pas plus intéressé que ça, je m’étais dit « oh y’a pas de passes dans celui-là… », et maintenant je le regarde beaucoup plus qu’avant car pour appréhender les déplacements et le style, il est vraiment bien. »

« Ladiosa :
Je suis d’accord, pour les novices, le premier DVD est parfois zappé parce qu’il ne reflète pas le modèle de salsa cubaine véhiculé par certains profs en France. Les débutants sont parfois perdus et le dénigrent…par ignorance. Très bonne série de DVDs, d’ailleurs je dois en commander, il m’en manque 😆 »

« Stagiaire :
Ahhhh quels DVD, le commencement de tout pour ma part, je ferais bien de les revoir, c’est une encyclopédie du casino, toujours un truc à puiser dedans quelque soit notre niveau. Pour ma part j’aime bien le DVD démonstration même s’il est bien atypique, mais c’est du roots à l’état pur, du style propre à chaque danseur. »

Damian :
« Pas mieux, c’est simple ces videos ont influencé à 99,99% mes débuts !
Et actuellement elles sont toujours présentes au chevet de mon lit !
C’est ma bible ! 😆 😆 😆 Je rigole à peine !
Sincèrement, c’est une source inépuisable de bons conseils et de travail sur le style cubano santiaguero qui m’est cher ! 😉 »
….

Azucar Negra livre son « Exceso de Equipaje »

Cuidado con la CALLE ! CALLE REAL débarque en France

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A la veille quasiment de leur débarquement en France, les Suédois sont de retour avec, en toile de fond, un second album qui promet… Car le groupe scandinave a une marque de fabrique qui ne laisse personne indifférent. Si Timbalero se souvient qu’à la première écoute (et grâce à lui) de la maquette de « Con Fuerza », j’étais dérouté, je ne le suis pas resté longtemps… La Calle Real casse les codes de la Timba pour nous procurer une musique exceptionnelle… Bordeaux et Paris n’ont qu’à bien se tenir, mais on sait aussi que la France sait accueillir les talents… Patricio, le directeur de la Calle Real se confie aux lecteurs de WWW.FIESTACUBANA.NET avec exubérance et sensibilité…

Calle Real Calle Real

1/ JACK EL CALVO: cher Patricio, merci de donner un peu de ton précieux temps à www.fiestacubana.net . A la fin de cette semaine, tu donnes deux concerts en France. Enfin la Calle Real est de retour ! Raconte-moi quels sont tes souvenirs de tes concerts en France en 2007 ? Tes impressions ?

PATRICIO: salut Jack et merci pour cette interview. Oui, c’est vrai nous sommes finalement de retour avec une série de nouvelles chansons également.

A ce moment précis, je regarde un des prix décernés par www.fiestacubana.net que je tiens d’ailleurs dans mes mains. Et oui nous avons été récompensés par deux fois : un pour le « meilleur album salsa de l’année 2006 » et l’autre pour « la meilleure découverte de l’année 2006 ». J’en garde un à la maison et l’autre dans notre studio de répetitions.
Je ne peux m’empêcher de décocher un grand sourire quand j’y repense…

Le public, l’écoute, les fans, les mains, tous ces visages heureux, toute cette hystérie quand nous avons reçu ces prix, quand le public chantait nos chansons par coeur, breaks inclus ! C’était une belle et chaleureuse expérience à laquelle aucun d’entre nous n’était préparé !

En fait, je pense que le travail fourni par www.fiestacubana.net ou www.timba.com pour promouvoir la Timba est absolument essentiel si nous voulons écouter plus de timba dans le futur.

Le monde manque de « forums » où les artistes Timba sont reconnus pour leur travail et crois moi, en tant que musicien et auteur, recevoir cette tangible reconnaissance nous aide beaucoup.

2/ JACK EL CALVO: votre premier disque « Con fuerza » (2005 ou 2006) a été un véritable cyclone dans le panorama de la salsa.

Vous nous avez sorti d’une certaine routine en cassant certains codes. Vous nous avez offert une véritable bouffée d’air frais. Je peux te dire que le public a été immédiatement sensible à votre musique. Selon toi, quelle est la recette de la réussite de CALLE REAL?

PATRICIO: Jack, je m’incline et te remercie devant ces mots qui me touchent.
Tu ne sais pas à quel point je suis curieux de savoir quels sont les codes que nous avons cassés ! Alors dis-moi stp ! Il est évidemment important pour moi de comprendre comment nous sommes perçus. Très souvent, nous ne sommes pas forcément les meilleurs pour décrire notre propre travail et trouver les bons mots est plutôt difficile. C’est pour cela que la perception extérieure des gens peut nous aider. C’est une réelle benediction que le public ait été si sensible à notre musique et que notre musique puisse s’exposer à leurs oreilles, leurs coeurs et leurs âmes. Nous nous étonnons toujours d’avoir des fans. C’est comme avoir un bon ami dont tu réalises soudain l’importance. Tu te sens alors un peu dépassé par cette émotion pendant un court instant. Puis la vie reprend son cours et la « normalité » reprend le dessus. C’est ce que nous ressentons à propos de notre public.

Peut-être est-ce cela que le public ressent et entend; du moins je l’espère !
La recette du succès de Calle Real doit être l’ardeur au travail, beaucoup de compromis et la passion.

Calle Real

3/ JACK EL CALVO: mis à part la Suède, quels sont les pays dans lesquels tu penses être le plus populaire ?

PATRICIO: je ne suis pas totalement sûr, mais je pense que la France est en haut de la liste (NDLR : Oh que oui !). Il y a d’autres endroits également au top de la liste comme San Francisco et ses environs, mais la France est vraiment spéciale, peut être à cause de son romantisme…!

4/ JACK EL CALVO: même si tu as raconté ton histoire un million de fois : comment est née l’idée de la CALLE REAL ? Comment la CALLE REAL a finalement décidé de sonner ainsi ?

PATRICIO: j’ai 2 versions pour répondre à ta question : une courte mais aussi une plus longue !

La version courte : l’idée de la Calle Real est née lorsque j’ai décidé de jouer plus sérieusement de la musique et non plus comme un simple hobby. J’ai découvert plus tard que des amis partageaient le même désir. Nous avons donc fait un essai et cela a très bien fonctionné dès le premier coup. En prenant soin de ce « momentum », nous nous sommes progressivement développés musicalement et quantitativement pour tenter de recréer le « nouveau » son de l’île de Cuba, à l’époque majoritairement du Son.

Mais étant Suédois, nous ne pouvions ni être Cubains, ni jouer comme des Cubains. Nous avons donc créé notre propre style tout en respectant certains codes cubains. Notre sonorité d’aujourd’hui est le fruit de plusieurs années de travail et reste en constante évolution. Au départ, notre musique s’assimilait plutôt à du Son classique, puis elle a progressivement évolué vers une Timba plus actuelle.

La version longue serait :

L’embryon du groupe que vous connaissez aujourd’hui n’était qu’un simple trio jouant du Son classique, la musique traditionnelle cubaine des anciens. Cette musique a une origine passionnante qui fait vibrer notre nature suédoise mélancolique. Bien sûr, Buena Vista Social Club était une de nos principales influences. Mais avant que nous réalisions cela, beaucoup d’entre nous ont été à Cuba apprendre cette musique. Chacun de nous a des histoires différentes à raconter sur Cuba, comme chacun a sa propre relation avec ce pays.

En ce qui me concerne, j’ai démarré l’embryon fin 1999 avec mon plus jeune frère et le précédent chanteur lors de l’animation d’une soirée privée pour une association de salsa qui célébrait son anniversaire à Stockholm. Nous nous appelions « Los Magnificos « , et nous pouvions seulement jouer trois chansons à l’époque ! Nous portions aussi des chapeaux de paille sur scène… Je suppose que notre modèle devait être Compay Segundo ! Cette seule et première apparition nous a conduit à une beaucoup plus importante deux mois plus tard: nous étions censes assurer la première partie des célèbres… « Los Papines » dans une grande salle de concert de Stockholm ! Pour je ne sais quelle raison Los Papines n’ont pu venir et nous nous sommes retrouvés le seul orchestre live de la soirée. Heureusement ce fut essentiellement un succès pour nous, beaucoup de personnes adorèrent notre performance. C’était tellement sincère et brut.

J’ai soudain réalisé que ce projet avait un avenir prometteur. Et j’ai ainsi commencé à dédier mon temps à vouloir le faire vivre.

Comme j’ai dû plus tard me rendre à l’évidence qu’il n’était pas facile de partager une vision ou un désir. J’avais le sentiment que nous pouvions faire la différence, et créer notre propre style ensemble. Pas seul, mais ensemble. Or, plus tard, j’ai dû malheureusement accepter le fait que mon frère devait déménager dans une autre ville pour son école de théâtre. Le groupe a alors perdu son bassiste. Rickard Valdés (aujourd’hui conguero et timbales) et Thomas Eby (aujourd’hui chanteur puis conguero) ont ensuite intégré le groupe. Puis nous avons commencé à engager des potes musiciens de notre circuit de connaissance au fur et à mesure que cela se faisait ressentir.

Au depart; il nous fallait faire fonctionner la section rythmique. Puis il nous a fallu trouver un nouveau guitariste. C’est à ce moment là que Gunnar Thullberg (piano et guitare) est entré dans le groupe. Nous avons ensuite pensé à des cuivres et Petter Linde (trompette) a intégré l’équipe pour faire à lui tout seul une section de cuivres ! Il a été seul pendant presque deux ans avant que Karl  » Kalle  » Frid (maintenant au chant et au guiro, puis au trombone) ne le rejoigne. Rickard et le premier bassiste sont partis à Cuba pour 6 mois.
A ce moment là, Harry Wallin (batterie et timbales) est arrivé. Après leur retour, le bassiste a quitté le groupe et nous avions une « machine » totalement fonctionnelle et prometteuse mais sans bassiste. Nous avons ainsi trouvé Andreas Unge (actuel bassiste).

Lorsque nous sommes entrés en studio pour l’enregistrement de notre premier album, Jacek Onuszkiewicz (trompette) et Cezary Tomaszewski (trombone) ont complété la section de cuivres pour aider Petter alors que Kalle voulait être sur le devant de la scène. Michel Zitron (vocals) et Magnus Wiklund (trombone) furent les derniers à intégrer le groupe pour finaliser le format d’aujourd’hui qui est donc à peu près 4 cuivres, 4 de section rythmique et 4 devant.

Un certain nombre de musiciens sont passés chez nous bien sûr et la direction du navire a donc changé quelques fois également. Mais le potentiel a toujours été clair pour moi.
En étudiant ce que nous avons accompli, je pourrai dire que les objectifs durant ces années ont été dépassés par le potentiel que j’ai toujours ressenti en nous et par les circonstances nous environnant à chaque instant.

Commencer à jouer du Son fut la meilleure des choses que nous ayions pu accomplir en tant que groupe. Cela prend des années pour un musicien avant de comprendre complètement les conséquences de la clave sur les harmonies et le rythme et d’assimiler le style, surtout si le musicien n’a pas grandi avec cette musique. Ce fut une bonne école pour commencer, pas impossible à accomplir et finalement très groovy. Dans le groupe, des personnes comme moi ont dû apprendre les bases de la musique avec le Son. D’autres ont dû réadapter leurs oreilles à cette nouvelle musique et apprendre ce style. Pour tout le monde; ce fut une période de construction.

Ressentant absolument le besoin de monter notre propre oeuvre – écrire de nouvelles chansons et passer un message au monde extérieur – nous avons commencé à composer rapidement. Une de nos premières chansons populaires fut « Gozando », un vieux cha-cha à la mélodie prenante. Puis le process d’écriture devint de plus en plus expérimental, accélérant le tempo, se focalisant de plus en plus sur le groove avec une orientation plus  » dance floor ». Je pense qu’il s’agissait alors comme d’un fossé qui se dressait devant nous, nous forçant à faire un changement radical dans nos nouvelles chansons, sans que nous n’en ayions nous même conscience.

Rickard m’a dit qu’une fois en présentant notre première demo contenant un répertoire Son à son frère ainé Chucho Valdés, il n’a pas dit grand chose. Puis après un moment il s’est exprimé avec surprise : pourquoi est-ce si rapide ? Et effectivement sans que nous le sachions, notre BPM (NDLR : « beat per minute » indiquant la vitesse) était bien plus haut comparativement à l’album du Buena Vista Social Club. C’est à ce moment là que nous avons commencé à parler d’ « Acid Son ».

Une des bonnes choses que nous ayions faite fut qu’à chacun de nos nouveaux concerts à Stockholm, nous présentions une nouvelle chanson. A cette époque, la scène Son et Timba montait en puissance à Stockholm. Beaucoup de groupes avaient des qualités plus ou moins bonnes mais la plupart n’avait pas la force de survivre longtemps. Trop de projets de reprendre  » El Cuarto de Tula » trop souvent des perspectives trop courtes, pas de vision, pas d’esprit d’équipe. Ils n’étaient pas destinés à avoir du succès.

Avec l’arrivée de Gunnar qui avait déjà joué de la timba au piano et d’Harry Wallin qui avait joué de la batterie avec des groupes d’Afrique de l’Ouest et de jazz, cela est soudain devenu plus facile de tester de nouvelles idées et d’expérimenter une sonorité que nous ne pouvions jouer en faisant du Son.

Bien que j’ai dit une fois à Rickard que Calle Real ne jouerait jamais de la Timba et qu’il faudrait me passer sur le corps ! Je réalise aujourd’hui que c’était pour moi une manière de dire que je ne comprenais pas comment se jouait la Timba… A l’époque c’était bien trop complexe pour moi. Bien sûr j’adorais danser sur la musique de Los Van Van, La Charanga Habanera et de Paulito , mais pour la jouer… Cela sonnait trop étrange et la plupart du temps il n’y avait aucun couplet ou quelque chose d’assez accrocheur dont je puisse me souvenir jusqu’à ce que cela sonne comme une interminable jam-session. Pas de réelles chansons…

En fait le problème était juste de trouver les bonnes chansons.
Je crois que c’est  » Con la conciencia tranquila  » de Paulito qui m’a ouvert l’esprit au vocabulaire de la timba. Je me suis alors ravisé sur le fait de ne pas jouer de la timba.

Un jour, on nous avait booké pour une soirée sur un bateau de croisière avec la demande spécifique d’avoir un tiers de notre repertoire composé de reprises de salsa.
C’est là que nous avons commencé à jouer des chansons de Grupo Niche, Fania All Stars, Africando, Isaac Delgado, Los Van Van et nous l’avons plutôt bien fait. Après cela, jouer ou non de la timba est une discussion que nous n’avons plus jamais eue !!!!

Jouer de la timba était quelque chose qui nous rendait plus confortable avec le format du groupe et la façon de jouer sur scène. Beaucoup d’énergie et d’attitude en même temps.
Bien que le Son soit groovy, son format de gloire repose plus sur un format de formation réduite et une attitude plus en retrait. L’attitude exubérante de la Timba nous collait mieux à la peau et comblait nos besoins nouvellement découverts.

Aujourd’hui, nous jouons majoritairement de la Timba ou du Songo à l’exeption de quelques chansons de Son.

Patricio Sobrado
<Patricio Sobrado, directeur de Calle Real

5/ JACK: j’ai entendu dire que tu as appris tout seul le Tres. Est-ce vrai ? Est ce l’instrument que tu as choisis dès le début ? Comment un musicien suédois d’origine chilienne tombe amoureux de la musique cubaine ?
PATRICIO: oui c’est vrai. Je suis autodidacte mais dans le respect de la musique et du jeu du Tres dans la musique cubaine. Avant je jouais de la guitare et je jouais notamment pas mal de chansons folkloriques chiliennes. Ma mère faisait partie d’une troupe de danse folklorique au Chili. Lorsque j’étais plus jeune, Silvio Rodriguez était un de mes artistes favoris et je jouais souvent ses chansons. Je sortais aussi dans des lieux salsa à Stockholm où je rencontrais également d’autres « latinos ». Je ne savais pas danser mais j’aimais la musique.

J’ai toujours eu cette touche de mélancolie dans mon humeur, alors comme une sorte de tuteur la première écoute du disque de Buena Vista Social Club m’a redonné l’esprit et la vibration de la musique de mon enfance. Alors je pense que mon coeur était déjà largement ouvert à cette musique en rapport aux anciens grooves et aux mélodies mélancoliques.

En m’y intéressant de plus près, j’ai découvert un secret jusque là incompréhensible pour moi : il n’est pas contradictoire d’interpréter des histoires tristes et des chansons mélancoliques de manière joviale et dansante !! C’était juste un autre emballage mais le message était bel et bien là : il contenait beaucoup de passion, d’histoires d’un amour meilleur et de destin.

Je crois que c’est à ce moment là que je me suis réellement fait accrocher.
J’ai été à Cuba 6 ou 7 fois et bien sûr quand j’ai commencé à jouer, j’ai pris des cours avec de grands professeurs cubains de Tres comme Cesar Lozada (tresero of Los Jovenes Clásicos del Son). C’est plus précisément lors de mon 3ème voyage à Cuba que j’ai commencé à jouer du Tres. Mais j’ai surtout appris par moi-même sur le tas en pratiquant, en cherchant ce qui était faisable…Et je découvre encore beaucoup de choses aujourd’hui, c’est comme un processus interminable.

La musique possède de multiples facettes qu’il nous faut sans cesse explorer dans l’objectif de devenir meilleur musicien. Du coup, j’essaie aujourd’hui de me tenir au courant et d’être à jour sur tout ce qui touche à la théorie musicale afin de comprendre plus de choses. Le piano est un instrument extraordinaire pour écrire des chansons et j’utilise pratiquement la même approche avec les autres instruments.

La Timba demande beaucoup de rigueur pour n’importe quel musicien. C’est une musique basée sur un groove métronomique et qui se joue avec une précision au millième de seconde. Cela demande un travail d’équipe qui suscite un échange de modèles rythmiques et mélodiques entre les différentes sections d’un orchestre à travers principalement des arrangements ouverts. Mais cela reste principalement un « voyage » en énergie.

Pour moi dans la musique tout est notion d’énergie. Si tu dois écrire une chanson, il s’agit de savoir comment et où tu la positionnes (l’énergie) comment tu l’exhortes, comment tu joues avec, comment elle te surpasse ou comment elle t’explose.

Tu peux toujours analyser un effort simple de cette perspective d’énergie et tu commenceras à voir d’intéressants modèles, pourquoi tel ou tel détail etc…

Pour ma part, le Tres a une simplicité par ses 3 paires de cordes. Mais en même temps c’est un instrument exigeant. Il est très rythmique comme la plupart des instruments utilisés en Timba. On peut utiliser le Tres dans des formations réduites de 2 ou 3 musiciens, comme dans des formations plus grandes. L’instrument joue alors un rôle différent, il est donc à mon avis un instrument versatile.

6/ JACK: seul un musicien est cubain dans le groupe (Rickard Valdes). Est-ce qu’iI vous donne des indications sur les codes de la musique cubaine ? Je suppose que vous avez tous beaucoup étudié à Cuba ?

PATRICIO: ha, ha, ha. Un cubain dans le groupe…Et bien non, je vais devoir te décevoir mais Rickard est seulement à moitié cubain… En effet, son père est le célèbre et légendaire Bebo Valdés, mais il n’en reste pas moins qu’il a du sang suédois et qu’il a grandi et était élevé en Suède. Il a lui aussi découvert la musique beaucoup plus tard et il n’est devenu musicien qu’à l’âge adulte.

Il est vrai aujourd’hui que Rickard est un véritable passionné et fanatique de Timba…Il a une collection impressionante de disques et de DVD à vous faire envier et il apporte comme personne d’autres dans le groupe de l’énergie et des idées. Cependant, il n’est pas si impliqué que cela dans l’écriture même de nos titres.

Tous les membres du groupe, exceptés Rickard et moi même; sont des musiciens qui ont été formés en écoles et qui ont étudié pendant de nombreuses années. Et seule la moitié du groupe a passé un temps de sa formation à Cuba, sorte d’année de specialisation…La plupart de nous tous avons appris sur le tas en écoutant, en pratiquant, en recherchant…C’est définitivement la meilleure école.

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7/ JACK: quelles sont vos influences musicales ? Cubaines et/ou autres ?

PATRICIO: bien sûr que nous sommes influencés par de nombreux artistes de la scène de la Timba, mais nous nous inspirons aussi d’artistes issus d’autres genres musicaux.

Pour ne citer que quelques uns des groupes de Timba que nous préférons : Los Van Van, Pupy, Dan Den, NG la Banda, Elito Revé, Manolito y su Trabuco, Manolin el Medico, Pedro Pablo, La Charanga Habanera, Paulito, Isaac Delgado, Irakere, Maikel Blanco y su Salsa Mayor, Michel Maza, Bamboleo, Azucar Negra, Haila et les tout derniers que j’oublie de mentionner…

Chaque membre du groupe a ses préférences… donc si vous posez à l’un d’eux la même question, il est fort probable qu’il vous cite ces noms dans un ordre différent et peut être même qu’il en rajoute!

Certains d’entre nous préfèrent le groove du Songo, d’autres préfèrent celui de la Timba. La Calle Real est un petit peu un mélange des 2.

Nous écoutons aussi beaucoup de musique cubaine traditionnelle étant donné que nous avons presque tous aussi joué dans différents groupes de Son (modeste petit plus). Je veux bien sûr parler ici d’Ibrahim Ferrer, Omara Portuondo, Guillermo Portabales, Compay Segundo, Trio Matamoros, Septeto Mayor, Cachaito et beaucoup d’autres.

Mais je dois avouer que notre inspiration majeure vient du Jazz (à la fois classique et contemporain), de la Jazz Fusion pour certains d’entre nous, et du Jazz Hardcore pour d’autres. Plus de la moitié des membres du groupe sont issus d’une formation jazz et ont en joué pendant de nombreuses années.

Le Pop Rock et les hits actuels, font également partie de nos influences puisque certains d’entre nous font aussi de la pop music et en vivent.
Pour résumer, je dirais que la Calle Real est un melting pot, un mix d’influences de la musique contemporaine avec le vocabulaire de la Timba pour l’exprimer.

8/ JACK: quelle musique as-tu de chargée dans ton lecteur MP3 au jour d’aujourd’hui ?
Quel genre de musique as-tu l’habitude d’écouter ?

PATRICIO: et bien, en ce moment pour être honnête, j’écoute beaucoup les titres du futur album de la Calle Real, étant donné que nous sommes en plein enregistrement.
Sinon, en temps normal, j’ai plutôt l’habitude d’écouter de la Soul : Stevie Wonder, D’Angelo, Amp Fiddler, Donny Hathaway… Tout dépend de mon humeur !

9/ JACK: bon; Patricio, parle nous de ton futur album ! Tout le monde l’attend impatiemment! J’ai entendu 2 nouveaux titres en live plutôt impressionnants: « ABREME LA PUERTA » et « NO ME DIGAS QUE NO ». Ces 2 titres vont-ils figurer sur le nouvel album ? Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus : le titre du nouvel album, sa date de sortie…etc ?

PATRICIO: c’est exact, nous sommes en train de travailler sur notre nouvel album et je dirais qu’il est pratiquement fini. Il reste encore quelques details post-production à affiner avant le mix final. Si tout va bien le master du CD devrait être prêt vers Février. A partir de là, il faudra compter quelques mois avant qu’il ne soit commercialisé sur le marché. L’affaire n’est pas encore tout à fait conclue donc à suivre…J’aimerais pouvoir vous donner une date exacte de sortie mais je ne peux vraiment pas pour le moment.

Disons qu’en ce qui me concerne; je prévois une sortie si tout va bien pour le Printemps 2009. Mais cela reste du domaine de l’hypothèse.

Pour répondre à ta question, oui les titres que tu as mentionnés figureront sur notre prochain album. En fait, un enregistrement pirate d’une de nos représentations sur scène à un festival Salsa au Venezuela, circule à travers le monde et a même figuré récemment au top ten du hit parade de DJ Melao sur Timba.com.

Je trouve ca assez marrant parce que moi même je ne suis pas en possession de cet enregistrement. C’est tellement agréable de savoir que les gens aiment tant notre musique au point de s’échanger un enregistrement à travers le monde quand même.
Les titres dont tu parles sont :

« Abreme la puerta » : une chanson sur le fait de revenir trop tard à la maison face à un amour fâché !
« La eternidad del amor » : la chanson parle d’un amour que tu as vécu un temps et qui finalement restera éternel quoiqu’il puisse arriver…

Musiciens de Calle Real

10/ JACK: Patricio, quels sont les problèmes que tu as pu rencontrés sur ce projet de sortie de nouvel album ?

PATRICIO: les problèmes que nous avons rencontrés sont essentiellement financiers et logistiques.

Nous sommes 12, et il a été assez difficile de trouver un créneau commun dans nos agendas respectifs plutôt chargés pour l’enregistrement studio, afin de caler les bases, les voix, les cuivres et les détails de post production…Tout cela demande beaucoup de temps. Et avant tout cela, nos titres devaient être finalisés.

Etant donné que nous n’avons pas de compagnie de disque derrière nous, nous faisons tout par nous mêmes. Nous écrivons toutes nos chansons de manière gratuite et nous nous occupons nous mêmes des arrangements. Thomas et moi avons passé un jour par semaine cette année à écrire les paroles et les mélodies. Gunnar, Karl and Petter ont apporté leur propres contributions aux titres en écrivant les arrangements des cuivres pour Thomas et mes chansons.

Donc au final, une fois l’album finalisé, nous commencons avec un déficit d’environ 10 000 euros. Il s’agit donc ici d’un projet basé purement et simplement sur notre volonté personnelle. Nous espérons simplement pouvoir couvrir cette dette dans les années à venir. Jusque là nous n’y sommes malheureusement pas arrivés mais nous continuons quand même.

11/ JACK: peux-tu nous décrire la place de la Timba en Suède ? Le public est il assez large ? Il existe beaucoup de très bons et incroyables musiciens de Jazz – je pense notamment à Esbjorn Svensson : RIP !- mais aussi de salsa en Suède. Peux-tu exliquer ce phénomène ? Cela vient-il de la formation scolaire ? Existe-t-il des formations spéciales ?

PATRICIO: oui c’est vrai. On trouve beaucoup de bons musiciens de renommée internationale en Suède. Cela est peut être dû aux écoles de musique accessibles à tout le monde dès le plus jeune âge mais aussi à une tradition, un héritage et une curiosité pour les musiques du monde.

Il n’est pas question ici de copier ou faire une musique similaire. Il s’agit plutôt d’une façon d’exprimer un désir ou de raconter une histoire, fruit d’une tradition qui existe depuis des années. Je ne suis pas certain, mais je pense que Stockholm va rester pour un moment le « nid bouillant » de la timba. Cependant, il faut garder cela en perspective.

La Timba n’est pas un courant musical à proprement dit comme la pop, le rock , le hip-hop ou même le reggaeton. La Timba est encore confinée à un sous ensemble culturel.

Donc mes amis musiciens sont obligés de travailler avec des artistes des courants principaux pour subvenir à leurs besoins.
Dans un monde meilleur nous pourrions payer nos charges en jouant de la Timba mais c’est loin d’être le cas aujourd’hui.Je crains que ce ne soit la vérité !

12/ JACK: as tu des connections avec JANNE BOGDAN, de Soneros All Stars, un autre tresero suédois ?!

PATRICIO: oui je connais bien Janne du temps où il dirigeait le groupe Stockholm Soneros à Stockholm. En fait, ce groupe a débuté 2-3 ans avant même que la Calle Real ne soit conçue. Ils ont même été les premiers à surfer sur la vague du Buena Vista Social Club avec succès.

J »ai joué avec presque tous les musiciens de ce groupe qui s’est malheureusement dissout quelques temps après.

Aujourd’hui Janne s’implique dans des projets de production de disques Timba avec des musiciens cubains.

Thomas Eby
Thomas Sebastian Eby, chanteur

13/ JACK: quel serait ton rêve en tant que musicien aujourd’hui ?

PATRICIO: mon rêve serait de consacrer plus de temps à écrire de la musique au lieu de passer mon temps à trouver un moyen pour payer le loyer.

Mon second rêve serait de pouvoir faire des tournées plus sérieuses. Je pense que public doit avoir la possibilité de découvrir notre musique live.

Nous sommes déjà partis en tournée au Venezuela, à Cuba, en Ethiopie et au Mali ou nous avons eu de très très bons resultats. Je rêve aujourd’hui de pouvoir partir en tournée en Amérique du Sud, aux Etats Unis et en Europe bien sûr.

14/ JACK: est-ce que vous souhaiteriez faire passer un message en particulier à votre public francais et aux lecteurs de www.fiestacubana.net ?

PATRICIO: j’ai hate de vous voir ce week end en France. Nous sommes tous très impatients d’arriver.

Je crois sincèrement que si nos fans de France ont aimé notre 1er album alors ils vont encore plus apprécier le prochain !

LA CALLE REAL:

Thomas EbyThomas Sebastian Eby a étudié plusieurs années la percussion, notamment au CNSEA à la Havane, Cuba. Il possède un grand sens des arrangements et de la musique dansante. Il a eu une forte influence sur le développement musical du groupe. Même si son intrument principal est la percussion, il est également très demandé pour les vocaux et a tourné avec la plupart des plus grands artistes en Suède. Après 4 années de congas et de vocaux, Thomas a pris le rôle de chanteur principal dans le groupe en 2004.
Patricio SobradoPatricio Sobrado est le directeur du groupe et est l’un des deux qui n’a pas eu de formation musicale ou qui n’est pas issu d’une famille de musiciens. Autodidacte en guitare et tres. Il a été happé par la musique cubaine après plusieurs voyages à Cuba. Armé d’un Masters d’ingénierie Civile du Royal College of Engineering de Stockholm et de plusieurs années d’expérience en tant que chef de projet, il est d’un des fondateurs du groupe en 1999.
Gunnar Thullberg Gunnar Thullberg est un musicien qui est aussi doué à la guitare qu’au piano. Il a également étudié à la Havane. Sa musicalité est étonnante ce qui fait de lui un des pianistes de salsa les plus recherchés en Scandinavie. Son timing brillant et son groove conduit la section rythmique du groupe. Gunnar a rejoint Calle Real en 2002 en tant que guitariste puis s’est mis au piano quand la direction totale du groupe a été modernisée. A côté de ses études d’économie à l’Université, Gunnar est un musicien freelance qui a joué avec notamment Calixto Oviedo y La Recompensa, Gilito y su clave, La Tremenda, Horace Korn et Hans Solo Super Orchestra.
Andreas UngeAndreas Unge est probablement connu aujourd’hui comme l’un des bassistes les plus demandés en Europe. Il est également un producteur respecté et participe à l’élaboration de nombreux hits commerciaux pour des artistes européens. Andreas est diplômé du Musikkonservatoriet (Royal Music College) de Copenhague. Il a joué avec Ricky Martin, Christian Waltz et Simone Moreno comme avec des chanteurs suédois comme Robyn, Jennifer Brown, Jessica Folcker et Stephen Simmonds. Andreas a rejoint Calle Real en 2003 et est devenu un pilier de la section rythmique du groupe par sa vertu de la précision et la confiance qu’il donne. Il est un des rares à posséder une Azola Baby bass, typique pour jouer de la Timba.
Rickard ValdesRickard Valdés est le second du groupe à ne pas avoir une formation musicale. Né et élevé dans une famille musicale légendaire. Son père Bebo Valdes a gagné 5 fois le Grammy. Comme son frère, Chucho Valdés (Irakere), grand joueur de piano Latin Jazz et recompensé de Grammy, l’héritage musical coule dans ses veines. Rickard a rejoint le groupe en 2000 et a commencé par les bongos, puis les timbales et enfin les congas. Mais son instrument principal reste les Timbales. Avec son feeling spécial pour la musique cubaine, il est un des piliers de la section rythmique. Il a joué dans le groupe de son père pendant 8 ans et a participé à la victoire pour le Grammy du meilleur album « Lagrimas Negras » et « Bebo de Cuba ». Aujourd’hui percussionniste freelance , il a déjà joué avec Bebo Valdés, Chucho Valdés, Paquito D´Rivera, Giovanni Hidalgo, Patato Valdés, Juan Pablo Torrés, Francisco Aguabella, Diego Urcola, Michael Mossman, Mario Rivera, Luis Bonilla, Milton Cardona, Joe Gonzales, Pablo Calogero, Steve Berrios, John Benitez, Andy González, Jerry González, Dafnis Prieto, Raul Agraz, Bobby Porcelli, Douglas Purviance, Papo Vázquez, Ray Vega et Alicia Keys.
Harry WallinHarry Wallin a étudié la musique plusieurs années dans différentes écoles de Suède. Batteur, il est capable de jouer de la pop, du rock, du R&B, soul, jazz, afro pop et aujourd’hui de la timba. En tant que fils du pianiste de jazz Per Henrik Wallin, Harry a grandit dans un environnement musical et a hérité de dons musicaux. Harry a rejoint la CALLE en 2002 et a commencé à la batterie. Lorsque le groupe s’est développé, Harry s’est mis à la batterie et aux timbales comme il se doit de le faire à Cuba ! Musicien freelance, talentueux est lui aussi très demandé !

Jacek, Petter, Magnus, Cezary
Jacek, Petter, Magnus, Cezary


Jacek Onuskiewicz
est né en Pologne en 1980 et a commencé la trompette à l’âge de 13 ans. Il étudie actuellement au Kungliga Musikhögskolan (The Royal Music College en Suède). Jacek est devenu member de la Calle en 2005 et s’est fait depuis connaître pour sa capacité à jouer avec talent les notes les plus hautes. Musicien freelance également.

Petter Linde, trompettiste, est diplômé de Kungliga Musikhögskolan (The Royal Music College en Suède) en jazz et en musique Afro-Americaine. Petter a intégré le groupe en 2001 et est aujourd’hui en charge de la section de cuivres. Petter arrive aujourd’hui à vivre de la musique grâce à ses participations à plusieurs groupes suédois.

Magnus Wiklund tromboniste suédois. Informations non communiquées. NC.

Cezary Tomaszewski est un tromboniste expérimenté qui a étudié dans plusieurs écoles différentes. Sa sonorité particulière fait de lui un musicien très recherché, collant parfaitement à la musique de la Calle Real qu’il a intégré en 2005. Cezary a joué avec Florence Valentin et La Tremenda.

Karl Kalle FridKarl « Kalle » Frid, tromboniste très talentueux et est sorti d’écoles aussi prestigieuses que The Royal College of Music à Londres et le CNSEA à la Havane, Cuba. Kalle est aussi diplômé de The Royal Music College en Suède? Il a rejoint le groupe en 2003. Au départ, il a créé avec Petter la section de cuivres, pour se metre ensuite aux vocaux et au güiro. Aujourd’hui Kalle est un musicien également très recherché !

Azucar Negra livre son « Exceso de Equipaje »

ELITO REVE, plus « Fresquecito » que jamais !

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Le lendemain de sa Victoire au Festival CUBADISCO 2008 qui lui a décerné le Prix du Meilleur Disque de Musique Populaire Cubaine, Elio Revé, directeur du Charangon nous recevait chez lui avec le photographe Patrick Bonnard, alias DannyRose. Il nous a invité d’autant plus volontiers que FiestaCubana.net lui avait remis quelques mois auparavant la le prix du meilleur CD de l’année 2007, pour le superbe album  » Fresquecito  » et que Elito a gardé un très bon souvenir de ses concerts en Suisse et en France…

Elito nous livre dans cette très belle interview tout ce que vous auriez aimé savoir sur le Charangon sans avoir jamais osé le demander ! Le Changüí, La Salsa, ses expressions singulières ou ses onomatopées, l’histoire de son Orchestre, de sa famille et surtout sa vision de sa musique et du succès du nouveau Charangon dont il a la charge depuis le décès de son père, Elio Revé, le Papa de la Salsa.

Domicile d’Elito Revé – 24 Mai 2008 – 12:30

Leonel: Nous sommes actuellement dans la demeure du si célèbre Elito Revé, directeur du Charangon, orchestre qui vient d’atteindre ses 52 ans. Merci de nous recevoir dans ta maison pour faire cet entretien.

Je tiens d’abord à te féliciter pour les 2 Prix que tu as gagné cette année avec la dernière production du Charangon, le Premier Prix du Disque de l’Année de Fiestacubana.net, mais aussi et surtout tu viens à peine de recevoir au Festival CUBADISCO 2008 le Premier Prix de Musique Populaire Dansante : Félicitations !

Elito: Et bien, je me sens très heureux avec ces 2 récompenses. Dès qu’il est sorti, le disque  » Fresquecito  » a eu beaucoup de succès, ici a Cuba et en Europe, et partout. Il s’est passé quelque chose d’intéressant. Tu te rappelles quand le premier morceau du disque a été inauguré … (Elito commence à chanter) :  » Ya no puedo darte lo que tu me pides… » Ca a marché aussitôt ! Ensuite nous avons lancé « Fresquecito », le morceau puis le disque complet. Ca a été aussitôt un grand succès.

Leonel: Dans ce disque les anges t’ont apporté beaucoup d’inspiration ¡ Il y a beaucoup d’autres morceaux comme « No Te voy a dar nada mas », un tube qui a pris très vite,  » Fresquecito « ,  » A Sancochar Boniato « ,  » El Martes « , un ancien morceau de Los Van Van.

Elito: Non, c’est effectivement un titre de Juan Formell, mais lorsqu’il était encore musicien de La Orquesta Revé. Ce morceau a été joué par la Revé en 1967. On en a fait une nouvelle version pour le disque  » Fresquecito.

Leonel: La Orchesta Révé a intégré les meilleurs musiciens de Cuba !

Elito: Sont passés par la Orquesta Reve Juan Formell, Cesar « Pupy » Pedroso, Yumuri, Juan Carlos Alfonso, El Lele, le père et le fils, et bien d’autres musiciens, comme Chucho Valdés.

Leonel: Et Enrique Lazaga?

Elito: Non, Enrique Lazaga, non.

Leonel: Mais je sais qu’Enrique Lazaga est passé par le même orchestre que ton Papa.

Elito: Tu parles de La Ritmo Oriental ? C’est un orchestre qui a été issu de l’Orchesta Revé.

Leonel: Revenons à « Fresquecito », l’autre succès c’est « El Jonron », que chante Robertòn.

Elito: Oui, Robertòn de Los Van Van et nous avons aussi invité à jouer sur ce disque Irving, le violoniste de Los Van Van.

Leonel: Ah oui ? Et l’excellent morceau « A Sancochar Boniato » qui a deux parties, qui commence comme une rumba-guaguanco et qui continue en son-montuno. C’est vraiment une surprise quand le son-montuno démarre. Mais c’est un morceau qui accroche tout de suite son auditeur. Il y a aussi d’autres morceaux comme « La Viuda », « La Madrugada », « El Teléfono ».

Elito: Il y a aussi le « Changüí Original »
(Elito chante) « Vamos a bailar el Changüí. »

Elito Revé recevant le prix fiestacubana.net des mains de DJ Jack el Calvo
Elito Revé recevant le prix fiestacubana.net des mains de DJ Jack el Calvo
Ecouter l’extrait audio n°1 de l’interview

Leonel: Dans chaque disque que tu as dirigé, tu as mis un morceau de changüí traditionnel. C’est très important pour toi ?

Elito: Bien sûr! Le Changüí, c’est ce que mon papa a amené à La Havane en 1956. Il l’a arrangé, il a ajouté des violons, une flute. A cette époque, dans les années 56-60, la Orquesta Revé était une charanga car elle avait des violons.

Leonel: C’est pour cela qu’on l’appelait El…. (Je me ravise car le nom Charangon a été apposé bien plus tard) … Une charanga ?

Elito: Il faut l’appeler Orquesta Revé. A cette époque, l’orchestre n’avait pas encore de trombones. Il y avait Juan Formell a la basse, Pupy au piano.

Leonel: Mais qui était le flûtiste ?

Elito: Canto, Orlando Canto qui est devenu ensuite le flutiste de Los Van Van jusqu’à il y a quelques années.

Leonel: Orlando Canto qui a sorti un disque avec Mandy comme chanteur, un très bon disque. En tout cas, il y a de nombreuses étoiles qui sont passées par la Orquesta Revé.

LA FAMILLE REVE – DE GUANTANAMO A LA HAVANE

Leonel: Tu nous as indiqué que l’Orquesta Revé a été fondée ici à La Havane. Mais tu as toute ta famille à Guantanamo, n’est-ce pas ?

Elito: Ma famille est à 90 % sur Guantánamo. Mon père est venu à La Havane en 1956 avec ma mère. Ils ont eu trois filles et je suis le seul garçon. J’ai deux sœurs qui sont nées à Guantanamo et moi je suis né ici à La Havane ainsi que ma petite sœur.

Leonel: Ca fait de toi un Habanero! Et la province Orientale ne te manque pas?

Elito: Effectivement ! Dès que je peux je vais à Guantánamo. J’ai beaucoup de famille là-bas et aussi à Sagua de Tanamo (NDLR: entre Mayari et Moa, quasiment sur la côte Atlantique, au nord de Guantánamo).

Il y a une municipalité rurale de la province d’Holguin qui s’appelle Sagua et là-bas ils s’appelent tous Revé ! Ils font partie de ma famille. Il y a des blancs, des métis, des noirs et de toutes les couleurs mais ils sont tous des Revé ! Raúl Revé, Félix Revé, Beatriz Revé…

Leonel: Revé, ca sonne un peu français.

Elito: Oui, et Revé ca veut dire rêve en français !  » en français c’est révé! « . A l’époque de la traite des esclaves, il y a de nombreuses années, Revé était un colon qui avait une raffinerie de sucre à Guantánamo et à Sagua. Il fut avec une esclave, puis une autre si bien que commencèrent à naître des Revé par ci, des Revé par là… et de fait on donnait à ces enfants illégitimes le patronyme du maitre Revé.

L’HEURE TRAGIQUE D’ELITO

Leonel: Maintenant nous allons malheureusement parler d’un moment tragique pour toi et pour Cuba. Ton père fut une immense figure de la musique cubaine. Il a dirigé pendant quasiment 50 ans le Charangon mais il est malheureusement décédé a la fin des années 90.

Elito: Mon papa a eu un tragique accident le 23 Juillet 1997 en se rendant au carnaval de Santa Clara.

Leonel: Au niveau musical, c’est cet accident qui t’a propulsé au devant de l’orchestre. Comment s’est opéré le changement ? Comment es tu devenu le directeur du Charangon ? Comment ca s’est passé car tu n’étais pas préparé pour ça?

Elito: Ecoute. J’ai commencé dans l’Orquesta Revé, j’avais 19 ans. Mais j’ai commencé dans l’orchestre par jouer la clave parce qu’il y avait déjà un pianiste et on ne pouvait pas enlever le pianiste de l’époque ! On parle des années 80 et ensuite je suis devenu le clavier de la Orquesta. Je suis donc monté au devant de la scène avec mon père alors que j’étais encore très jeune.

Quand est survenu le tragique accident de mon papa le 23 juillet 97, j’étais déjà devenu le pianiste de la Orquesta Revé.

Leonel: Tu étais déjà le pianiste de la Revé?

Elito: En fait j’étais pianiste. Mais il y avait un autre pianiste dans l’orchestre afin que je puisse assumer la direction de l’Orquesta Revé, jusqu’à aujourd’hui. Et cela fait 11 ans que je dirige l’Orquesta Revé.

Elito Revé au Cabaret Sauvage – Paris - 22/07/08
Elito Revé au Cabaret Sauvage – Paris – 22/07/08
Ecouter l’extrait audio n°2 de l’interview

Leonel: Tu as donc été préparé empiriquement. Tu as une technique de piano très originale dans ta manière de jouer le clavier avec les poignets très relevés. Tu as été diplômé dans une école de musique ou tu as fais ton apprentissage dans le Charangon ?
Elito: Non, je suis diplômé de l’école de musique. J’ai étudié au conservatoire Manuel Saumell à Cuba, un très bon conservatoire d’ailleurs. Mais le Charangon a été pour moi une école parce que j’y ai appris ce qu’est le Son, ce qu’est le Changüí.

Leonel: Absolument, c’est pour ça que tu es, que tu te présentes ou qu’on te présente comme « El Príncipe Del Changüí »! (Le Prince du Changüí)

LA MUSIQUE DU CHARANGON ! CHANGUI ou SALSA?

Leonel: Une question pour le Maestro, une question de musicologue pour nous aider nous autres, les européens, les yumas, à situer ta musique et la musique de l’Orquesta Revé. En effet, on identifie le Charangon au Changüí mais nous savons que même s’il y a des morceaux qui sont du Changüí traditionnel il y a aussi d’autres morceaux de Son, comme « Ruñidera », qui est un son, un son montuno. Il y a aussi le dernier morceau « A Sancochar Boniato » qui finit en son-montuno, qui commence en rumba mais finit en son-montuno. Vous ne jouez pas seulement du Changüí, et à Cuba on appelle ton Papa  » El Papa de la Salsa  » si bien que certains d’entre nous sont perdus. En définitive que joue la Revé ? Du Changüí ? De la Salsa ¿ Du Son ¿ Tu peux nous aider à nous repérer?

Elito: Bien, la Revé, notre musique c’est le Changüí. Il y a beaucoup de groupes dans le monde entier qui jouent la Salsa. D’ailleurs LA SALSA C’EST LA MUSIQUE CUBAINE ! Mais nous avons notre propre style, notre manière de jouer et si tu écoutes l’Orquesta Revé tu sais que c’est l’Orquesta Revé, car aux timbales, la frappe et la base rythmique des timbales est ce que fait le bongo dans le Changüí original.

Leonel: C’est pour cela que cela parait si frénétique?

Elito: (chantant): « para ta co to, ta co to, ta co to, rocoto to, rocoto pin, pa rocoto pete pete pete pin pan … Vamos a bailar el Changüí ….pan, pete pete pete pin pa »

Ce coup, cette frappe grave est ce que fait le bongo, dans le Changüí original. En fait mon papa a vu cette manière de jouer les bongos, cette rythmique et il l’a transférée aux timbales. C’est pour cela que la forme et l’expression rythmique de l’Orquesta Revé ne ressemble à aucun autre orchestre parce que nous avons les racines du Changüí.

Leonel: De fait, la première fois que j’ai vu le Charangon en 2001-2002, à la première chanson je me suis dit  » Mais qu’est-ce que c’est que cette musique ?  » Je n’y comprenais rien mais j’ai été contaminé ce jour là et dès la deuxième chanson, j’étais devant la scène pour danser jusqu’au bout. Cette musique accroche. Elle est très contagieuse.

Lionel Rogier et Elito Revé
Lionel Rogier et Elito Revé
Ecouter l’extrait audio n°3 de l’interview

Elito: Nous avons aussi un tres. Nous avons un tres dans la baraque. Dans le Changüí il y a un tres.

Leonel: Vous avez eu le meilleur tresero de Cuba, Papi Oviedo…

Elito: Papi Oviedo a été le tresero de l’Orquesta Revé.

Leonel: Mais ça a changé. Je l’ai rencontré, tu as enregistré avec El Guajiro de Holguin.

Elito: El Guajiro a aussi été le tresero de l’Orquesta Revé.

Leonel: Et maintenant c’est Jorge…

Elito: Jorge-Luis, c’est le Tresero.

Leonel: Jorge-Luis est celui qui est resté car El Guajiro n’est pas resté très longtemps dans le Charangon.

Elito: El Guajiro est resté un peu plus de 2 ans avec nous.

Leonel: Et maintenant, depuis combien de temps Jorge-Luis est dans le Charangon ?

Elito: Cela fait déjà 8 ans.

Leonel: C’est très difficile de trouver un bon tresero à Cuba?

Elito: Non, c’est que… non ce n’est pas difficile. C’est la manière de jouer le tres, cette manière de jouer le tres dans l’Orquesta provient du Changüí.

Leonel: Il faut sentir la cadence si particulière du Changüí, j’imagine?

Elito: La cadence, la forme rythmique … Le Changüí a une forme très particulière de jouer.

ORQUESTA REVE: UN ORCHESTRE MODERNE DE CHANGUI

Leonel: Quelle est la relation entre le Changüí et le Son? Certains musicologues disent que c’est un ancêtre du Son et d’autres qu’ils sont apparus à peu près à la même époque
Elito: Ecoute, la cellule rythmique vient du Changüí. Nous avons un tres qui nous différencie des autres orchestres, et avec lequel nous faisons la cellule rythmique du Changüí. Nous avons une basse, une baby-bass qui joue comme la marimbula du Changüí. Tu n’as jamais vu une marimbula de changüí ?

Leonel: Si! Là-bas, vers Santiago de Cuba.

Elito: Nous autres nous faisons à la basse ce que fait la marimbula du changüí.
(Chantant) « Kin Kon, KiKin Kon Kon, tsi, Kin Kon, tsi, KiKin Kon Kon »..
Ca c’est ce que fait la basse. Si bien que nous autres… Il y a beaucoup de choses du Changüí que nous transférons à notre manière de jouer dans l’orchestre.
Les trombones sont syncopés. En effet, rien qu’avec un Mambo de la Orquesta Revé tu te mets à danser.

Leonel: En effet vous avez un travail des trombones très particulier.

Elito: (chantant) :
 » Paan wum bom bom, pe pum baam, pe pum bam, pa pa pa,
…Tremendo jalajala, Tremendo traqueteo…
Paan wum bom bom, pe pum pe, pe pu pe, po po po… »
Du coup l’effet des trombones est très rythmique.

Leonel: Et vous avez dans l’orchestre de grandes figures du trombone comme « El Caramelo de Zamorana » !

Elito: Ulises Benavides , Orlando… Orlandito, et il y a aussi Yamer. En effet nous avons aux trombones Ulises, Orlando et Yamer.
Nous avons aussi Aisar, le bassiste de la Orquesta, très bon. Le pianiste est Pachy.

Leonel: Le propre fils de Pachy, le directeur de l’orchestre Original de Manzanillo?

Elito: Oui, Pachy Naranjo. Aux congas on a Adrian, le güiro c’est Maikel, voyons….
Les quatre chanteurs: Dagoberto qui est  » Le Classique  » des chanteurs, la voix historique c’est  » El Sinsonte « , et j’ai deux jeunes chanteurs,  » El Galan  » et  » El Chino « .
Le bongosero, c’est Ariel!
Le tresero, c’est Jorge-Luis et aux timbales…

Elito Revé
Elito Revé
Ecouter l’extrait audio n°4 de l’interview

LES TIMBALES DE PERE EN FILS

Leonel: Aux timbales, comment s’appelle-t-il ?

Elito: Andy, Andy.

Leonel: Ce n’est pas difficile d’assumer les timbales après Papa Revé?

Elito: C’est un peu difficile.

Leonel: J’imagine qu’il est dans une situation où il a beaucoup de pression, n’est-ce pas ?

Elito: Non, mais Andy a su progresser. C’est un jeune musicien qui a une grande technique et qui est très rythmique. Il sort de l’Ecole de Musique et ça fait déjà 4 – 5 ans qu’il joue dans l’orchestre. Il a étudié la cellule rythmique de l’époque où mon papa jouait les timbales. Il connaît bien la percussion et il lui a fallu s’immerger dans ce rythme pour que ça sonne…

Leonel: Ce rythme ne peut s’apprendre en dehors?

Elito: Non, il faut s’immerger, on ne peut l’apprendre à l’extérieur.

LA ORQUESTA REVE ET LA SALSA

Leonel: Ton papa chante « Mi Salsa Tiene Sandunga » et il y rend un hommage aux salseros, il appelle Johnny Pacheco son frère… quel fut leur relations ? Ils se sont connus au niveau personnel ou seulement par musique interposée ?

Elito: Non, mon papa a eu des relations avec ces salseros parce que l’orchestre a beaucoup voyagé. « Mi Salsa Tiene Sandunga » est un morceau qui a été composé pour le programme de « Mi Salsa » qui a duré 11 ans à la Télévision Cubaine. Et le générique de l’émission c’était la Orquesta Revé.

Leonel: C’est pour cela que l’expression est restée que ton père est  » El Papa de La Salsa « 

Elito: Oui.

Leonel: C’est la vérité qu’Oscar D’Leon est venu dans votre maison à Guantanamo ou c’est une légende ?

Elito: Non, quand Oscar D’Leon est venu à Guantanamo, il a parlé avec mon père, j’étais un jeune à l’époque. Et Oscar D’Leon a joué à Guantanamo en 1983-1984…

Leonel: On dit d’Oscar D’Leon, qu’on appelle à Venezuela le Diable Rouge, qu’il est venu à la maison de la toupie et qu’il l’a faite virevolter !

Elito: Effectivement il l’a bien faite tourner ! Quand Oscar D’Leon est venu à Cuba et que j’étais encore jeune, il a joué la musique cubaine et il l’a très bien joué !

Leonel: Il a chanté Benny More…

Elito: Il a chanté Benny More, il a chanté de nombreux morceaux et c’est vrai qu’il a très bien chanté et qu’il a très bien interprété la musique de notre pays. Mon plus grand respect pour ce grand Sonero ! Oscar D’Leon !

Leonel: En continuant d’analyser la relation entre l’Orquesta Revé et la salsa, ce que tu nous a éclairci d’une manière inespérée, tu nous a expliqué que le jeu du Charangon prend sa source dans les racines profondes du Changüí.

Elito: Oui, nous jouons avec les racines profondes du Changüí mais que nous enrichissons. Quand tu écoutes l’Orquesta Revé en 1956, dans les années 70, 80, tu vas voir que la Orquesta a beaucoup évolué, tu te rends compte du temps qui a passé, des époques et des générations successives mais la sonorité, le style et el  » Sabor  » sont restés.

LES TROMBONES DU CHARANGON

Leonel: Et quand avez vous introduit les trombones ?

Elito: Les trombones sont entrés en 1983 -1984.

Leonel: Et pour quelle raison avez vous introduit les trombones? Est-ce dû à une influence de la Salsa New-Yorkaise ?

Elito: Tu vois, l’Orquesta était une charanga. Il y avait des violons, un piano, une flute mais dans les années 80, la musique populaire recevait déjà l’influence de Ruben Blades, Willie Colon, La Dimension Latina.

Leonel: Ainsi, ça sonnait plus moderne?

Elito: Le premier orchestre qui a introduit des trombones à Cuba fut l’Orquesta Revé.
Leonel: Oui parce que Juan Formell a adopté les trombones en 1989, donc après le Charangon.

Elito: Le premier orchestre qui a introduit des trombones fut l’Orquesta Revé, en 83-84 et le hasard a fait que, comme Pupy avait été le pianiste de la Revé au tout début, mon papa a appelé Pupy :  » Ecoute Pupy ! Je vais faire quelque chose… Je vais introduire des trombones dans mon orchestre ! Qu’en penses-tu ?  » Comme Pupy était aussi arrangeur il a fait les premiers arrangements de trombones à cette époque, et comme il était le pianiste de Los Van Van, il a dit à Juan Formell :  » Ecoute, La Revé va mettre des trombones et ca sonne vraiment bien « . Du coup Formell aussi a finalement introduit des trombones dans son orchestre. Ainsi fut l’histoire.

Leonel: Ca, apparemment personne ne le savait. Il faut venir chez toi pour le découvrir !

Elito: Pupy s’est associé avec mon papa comme ensuite avec Formell, mais mon papa a appelé Pupy et lui a dit :  » Ecoute, je vais faire un changement dans l’orchestre et je vais ajouter des trombones  » parce que le public écoute déjà la salsa qui arrive avec Dimensión Latina, Willie Colon, Rubén Blades, Oscar D’Leon et il y a un changement musical en cours, un changement de sonorité pour les danseurs. Mon père a eu cette vision et le premier orchestre qui a introduit des trombones fut l’Orquesta Revé. C’est aussi de ce changement qu’est sorti le nom de  » Charangon « .

NDLR: Je n’ai pas souhaité contredire El Maestro Elito à propos de la date de l’introduction des trombones dans Los Van Van qui en fait remonte à 1980, avec le disque  » Juan Formell y Los VAN VAN  » (le disque avec Juan Formell sur la moto : collection Los Van Van Vol.6). Apres vérification, nous pouvons confirmer que le premier disque de l’Orquesta Revé avec des trombones est sorti en 1982. Toutefois, la version d’Elito, même si sa chronologie n’est pas exacte, est néanmoins correcte : l’Orquesta Revé a bien introduit les trombones avant Los Van Van. Par contre il y aurait probablement beaucoup à dire a propos de savoir si l’Orquesta Revé était vraiment la première Charanga à utiliser des trombones…(merci a Claudio Marucci, alias Claudion, pour les éclaircissements)

Leonel: Parce que c’était une Charanga avec trombones !

Elito: Normalement une Charanga n’a pas de trombones. A Cuba on faisait un festival de Charangas en 81, 82. Mais en 1983, ils n’ont pas invité mon Papa au Festival de Charangas. Mon père leur a demandé  » Pourquoi vous ne m’avez pas invité au Festival cette année ? « . Ils lui répondirent  » Non, vous n’êtes pas invité parce que vous avez mis des trombones « . Elio Revé leur répondit  » Et bien si vous ne m’invitez pas au Festival de Charanga c’est que mon orchestre est un Charangon !  » et le nom de Charangon est resté !

Leonel: Ainsi fut rebaptisé l’orchestre !

Elito: C’est de là qu’est sorti le nom de Charangon.

Leonel: Mais que veut dire exactement « Charangon »? Une Charanga avec des trombones (en jouant sur la contraction phonétique) ou bien est-ce une grosse Charanga (à l’image des suffixes en ‘-on’ qui signifient gros à Cuba) ?

Elito: Un Charangon c’est une grosse Charanga avec des Trombones !

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Leonel: Peut-on dire que cette musique appartient au monde de La Salsa?

Elito: Nous appartenons au monde de La Salsa mais avec notre propre style et avec notre… La Revé ne ressemble à aucun orchestre de Salsa !

SAMA ?

Leonel: Vous avez votre propre style qui se reconnait aussitôt. Il y a un groupe qui se rapproche du Charangon, un groupe très récent qui a sorti un disque l’année dernière. Il s’appelle « Sama y Expreso de Oriente ». Tu l’as écouté?

Elito: Il y a un morceau de mon Papa qui dit : (Elito chantant) « Oye me Sama, Me siento morirme ¡ En el otro mundo no se puede guarachar ¡ Oye me Sama ¡ Me siento morir. Oye me Sama ¡ Kin Kon Kong Kin……. »

Leonel: C’est vrai que ce morceau s’appelle ‘Sama’ mais il y a aussi un groupe qui a sorti un disque sous ce nom. Je ne sais pas si tu l’as écouté ? Il s’appelle ‘Expreso de Oriente’.

Elito: Non.

Leonel: La prochaine fois je te l’offre. C’est une fusion entre le travail de la Revé et le travail de Los Van Van. Ils s’inspirent des deux et ca sonne plutôt bien. Continuons ! Ainsi donc vous appartenez au monde de La Salsa mais avec votre style, la richesse du Changüí, mais vous jouez de tout, des bombas, de la rumba, du son, du son montuno par exemple.

Elito: Bien sur car nous faisons une fusion, une fusion de styles. Regarde dans ‘A Sancochar Boniato’ il y a une Rumba mais après ca part en Son Montuno… Il y a une fusion. L’Orquesta enrichit beaucoup et de plus en plus.

Leonel: Et vous vous situez dans le monde de la Timba ou pas ?

Elito: NON, NOUS N’APPARTENONS PAS A LA TIMBA !

Leonel: Vous ne vous identifiez donc pas à la Timba ?

Elito: Nous avons notre identité propre!

LE MONDE PARTICULIER DU CHARANGON

Leonel: Permets nous des petites questions car le Charangon est un monde en soi ! Le Charangon a ses codes, son vocabulaire. Commençons par Pipi ! Vous chantez « Vamos hacer el Changüí en la casa de Pipi » (Allons faire le Changüí a la maison de Pipi). Qui est Pipi ?

Elito: Pipi est un changuisero qui vit à Yateras, une municipalité de la Province de Guantánamo. On fait le Changüí à la Casa de Pipi.

Leonel: C’est à la Loma Del Chivo?

Elito: Non, c’est ailleurs, Dans la province de Guantánamo mais il faut aller en brousse, dans un village à la montagne, Pipi vit dans les collines. C’est un changuisero.

Leonel: Et Nora aussi? (référence au CD « Changüí En Casa De Nora »)

Elito: Non, Nora est une changuisera qui vit à La Loma Del Chivo. Quand nous jouons à Guantánamo, à La Loma Del Chivo, nous faisons les Ajiacos à la maison de Nora. Ajiaco ! C’est un plat typique de Cuba et spécialement de Guantánamo. On y cuisine des bananes plantains, des patates douces et tous types de tubercules, on fait un Ajiaco ¡

Leonel: A Sancochar Boniato!

Elito: A Sancochar Boniato! Oui !
Leonel: Tu as des mots, des expressions uniques qui identifient le Charangon. Tu lances « E Cuajey ¡ », comment fais-tu ?

Elito: E Cuajey ¡

Leonel: Qu’est-ce que ca veut dire?

Elito: C’est une expression… »E Cuajey », « A Sancochar Boniato », « De que estamos hablando », ..

Leonel: Il y en a une que l’on m’a rapporté qui ne serait pas de toi. ¡Apréndetelo ¡ Apréndetelo ¡ (Apprends-toi (la leçon)!). On m’a dit hier que cette expression est en fait attribuée à Los Papines.
Elito: Ce sont des expressions pour la scène, pour le show, mais les gens les apprennent grâce à moi… C’est comme « Deja la Contentilla ! »
Leonel: Celle-là je ne la connaissais pas !
Elito: « Deja la Contentilla » c’est comme si nous allions à la maison de Franck ou chez toi par exemple et que tu me dises  » Mais pourquoi tu l’as amenée celle-là? Laisse tomber tes initiatives de m’amener ces gens chez moi ! « 
Leonel: C’est comme « Atrevimiento »! Comme « Quel Sans-Gene »!
Elito: Oui, un ‘atrevimiento’, « deja la contentilla » ¡ On va tous a la maison d’untel et on fait la fête et quand le maitre de maison arrive il dit :  » Et ce sans-gêne chez moi?! »

Elito Revé

LE DERNIER DISQUE « FRESQUECITO »

Leonel: Maintenant nous allons parler du disque « Fresquecito ». A quoi attribues-tu le succès de « Fresquecito » ? Nous avons parlé de la qualité de la composition des morceaux, mais je pense que c’est aussi dû aux ‘coros’ qui plaisent au public et qui se retiennent facilement…
Elito: Il faut reconnaitre dans ce disque le travail des arrangements d’Aisar. Aisar et moi nous nous réunissons souvent, moi au piano et Aisar a la basse, Aisar est un très bon arrangeur. Il m’a déjà dit ce que doit être la direction que je souhaite imprimer au Charangon. La pianistique de l’Orquesta Revé. Tous ces tumbaos sont les miens. L’Orquesta Revé a un jeu de piano très spécial, très parlant, c’est un langage. C’est un jeu de piano très transparent. […] Nous utilisons des accords majeurs ou des accords mineurs selon la séquence harmonique. Mais surtout nous ne compliquons pas tellement l’écriture pianistique de l’orchestre. Elle reste très simple, transparente mais avec beaucoup de goût et de sabor !

(Elito chantant)  » Kiki kun gun guen kun guen kun guen, kin kin guin guin, A Sancochar Boniato ken, Kon Kon Guen , KonKon Guen Kon guen… « 
Ca c’est ce que fait la basse de l’Orquesta Revé.

Aisar est un excellent arrangeur et il faut lui rendre hommage pour le travail des arrangements qu’il a réalisé sur ce disque.

Il faut aussi noter le remarquable travail des musiciens de l’orchestre.
Andy est un très bon batteur, un bon percussionniste. Ulises Benavides est le premier trombone.

Le grand travail de Pachy, le pianiste. En fait ce sont tous les musiciens qu’il faut remercier.

Dagoberto, LA VOIX, une voix claire, très propre, mais aussi El Sinsonte, la voix historique s’imposent fortement.

Leonel: Ca fait combien d’années que Pascual Ramos et Dagoberto sont entrés dans le Charangon ?
Elito: Dagoberto ca fait comme 10 – 12 ans et Pascual déjà 15 ans.
Leonel: Ce sont les voix qui permettent d’identifier la Revé aujourd’hui.
Elito: Ce sont les voix principales.
Leonel: Mais maintenant Pascual chantent moins de chansons, non?
Elito: Il en chante deux ! Le Changüí et …
Leonel: Il fait plus les chœurs qu’il ne chante comme voix principale, tu ne penses pas?
Elito: C’est que Pascual avait beaucoup de chansons à l’époque de « La Explosion Del Momento » et qu’il a une voix si particulière. Il aide énormément sur les chœurs. Rappelle-toi que pour chanter « Se formo la Ruñidera » (Elito chante de manière très aigue et nasale), pour tenir cette voix.. Il n’y a qu’El Sinsonte pour chanter comme ca. Et « Fresquecito ¡ »
Leonel: Il a une voix très nasale.
Elito: Nasale effectivement! Avec lui les ‘coros’ sont là-haut, là-haut, là-haut…
Il faut reconnaître le travail des chanteurs mais aussi celui du producteur du disque, Juan Manuel Ceruto. C’est lui qui a aussi produit la musique du film  » El Benny « .
Il faut remercier également la compagnie discographique cubaine, BIS Music.
Il s’agit d’un disque très pensé, très bien produit par Juan Manuel Ceruto, très bien orchestré et arrangé grâce à Aisar, et très bien interprété par tous les musiciens, Ulises, Dagoberto, El Sinsonte, Andy, Orlandito, Jorge-Luis el tresero, etc.
Ca a été un travail d’ensemble pour arriver à ce résultat.

Leonel: C’est ce que tu disais lors d’une interview à la radio hier, que vous avez réalisé un travail collectif. Vous travaillez vraiment de manière collective ? Comment ca se passe ? Aux répétitions, n’importe qui peut proposer quelque chose ?

Elito: Quelqu’un peut apporter une idée mais c’est Aisar qui va dire  » Allons dans cette direction  » ou bien  » Vous pensez qu’on peut faire quelque chose par là ? « . Je les écoute beaucoup. Mais ce sont eux qui viennent toujours consulter comment on va faire. C’est dans ce collectif que réside notre force et celle du disque « Fresquecito ».
Il y a eu aussi le travail de Robertòn.
Leonel: La Force…
Elito: La force, c’est à dire… ce type a beaucoup de talents et de facettes qui font qu’il mérite le Prix Cubadisco 2008 et le Prix de Fiestacubana. D’ailleurs tout l’orchestre mérite ces Prix. Il y a beaucoup de gens qui connaissent l’Orquesta Revé mais maintenant, avec la production de ce disque, mis a part les orchestrations et les arrangements, il faut avouer que ce disque est explosif… Cette sonorité! Il y a des personnes qui connaissent déjà l’orchestre mais bien d’autres qui nous découvrent avec une formule sonore différente et une cadence ajustée pour les danseurs… Quand c’est comme ça (Elito nous joue une cadence modérée en claquant des doigts), c’est là que se trouve le rythme adapté pour un morceau dédié aux danseurs.

On ne peut pas accélérer. Il faut conserver une cadence pour le danseur. Même celui qui ne danse pas va vouloir bouger avec ce type de rythme, ne serait-ce qu’en bougeant l’épaule.

Leonel: C’est vrai, vous jouez une musique populaire, destinée aux gens simples et chantée pour les danseurs.
Elito: (en chantant tout sourire) « Dale Agua Al Domino, … Con el doble nueve »
Leonel: Tu es le directeur de l’orchestre, tu es aussi pianiste mais tu es un terrible animateur de scène « E Cuajey ! »
Elito: « E Cuajey! A sancochar boniato! « 
Leonel: « De que estamos hablando », « Ke ke ke ke ke, Wayaaaa ¡ »
Elito: « Ke ke ke ke ke, Wayaaaa ¡ » Ce sont des petites choses qui plaisent au gens. Je le fais et ces petites phrases que je lance font que l’humeur se fait plus animée, plus cubaine…
Leonel: l’ambiance est plus amusante!
Elito: Oui, c’est plus divertissant, ca amène beaucoup de joie.
Leonel: Vous faites aussi un show sur scène, rien à voir avec La Charanga Habanera, mais vous amenez une joie, une accélération et ça se voit que vous êtes unis, ça fait partie du succès, ca aussi ?
Elito: Nous sommes un orchestre très uni, un orchestre très familial. Il y a une grande discipline aussi. Je travaille énormément, je suis un bourreau de travail. Quand c’est à 7 heures, c’est 7 heures, 8 heures, c’est 8 heures. Ca ne me plait pas de laisser un concert en plan. Chaque représentation à Cuba ou dans le monde me plait. Il ne m’est jamais arrivé de rater un concert jusqu’à présent.

La discipline est très importante pour moi. Je ne supporte pas le musicien qui a bu. Je suis très strict sur la discipline. Le succès d’un orchestre dépend tant de sa musique que de la discipline à l’intérieur du groupe.

Leonel: Effectivement je pense que les orchestres qui se sont maintenus avec succès à Cuba sont ceux qui appliquent une grande discipline comme le Trabuco, Adalberto Alvarez y su Son.

Elito Revé


LES CHAISES MUSICALES

Leonel: Je crois que tu n’as pas eu beaucoup de chance récemment avec tes derniers chanteurs, car El Bello et El Chino sont partis. El Bello est allé rejoindre La Charanga Habanera.
Elito: El Bello, Lázaro, je lui ai donné le nom de scène de ‘El Bello’
Leonel: C’est toi qui leur donne leurs surnoms ?
Elito: Oui, je leur ai donné le nom de ‘El Bello’ et de ‘El Chino’. ‘El Chino’ chantait dans le groupe Bakuleye et ‘El Bello’ était dans La (Charanga) Forever. Je l’ai découvert dans La Forever. Je l’ai énormément fait travailler. Il avait une bonne voix mais il venait d’un autre climat musical, avec l’orientation d’un autre orchestre, très bon certes mais pour entrer dans l’Orquesta Revé, il a fallu le mettre au Changüí, à la cadence du Changüí, à la rythmique de la clave. Cela a représenté un gros travail que nous avons fait au studio avec Aisar, Juan Manuel Ceruto. Une fois le disque enregistré et quand le disque sort, on ne sent plus tout ce travail, mais ‘El Bello’ est un chanteur excellent. On peut dire qu’il s’est réalisé dans cet orchestre. C’est l’Orquesta Revé qui l’a fait et pour chanter dans l’Orquesta Revé, il faut savoir chanter. Maintenant il est dans La Charanga Habanera mais j’ai désormais ‘El Galan’ et ‘El Chino’, pas le même mais un autre ‘Chino’.
Leonel: Un autre ‘Chino’?
Elito: ‘El Galan’ et ‘El Chino’. Je vous prépare des surprises. Au début de l’an prochain nous allons lancer deux nouveaux morceaux avec ces chanteurs. C’est une surprise. On continue avec « Fresquecito » mais on vous prépare pour le début de l’année prochaine deux morceaux avec ‘El Galan’. L’Orquesta Revé est un orchestre école […] mais pour chanter dans l’Orquesta Revé il faut vraiment savoir chanter et pour jouer dans l’Orquesta Revé il faut vraiment savoir jouer. C’est un orchestre qui forme et dont je ne suis pas seulement le directeur au niveau musical mais aussi pour la discipline. Nous sommes très exigeants. C’est la recette du succès. Et l’orchestre plait beaucoup, il plait beaucoup en Europe. Il y a une furie pour la Revé en Europe.
Leonel: Oui, tu as vu à Zurich, en France? A Montpellier, Paris, comment s’est formé le délire dès que le Charangon a commencé ?
Elito: Tu te rappelles du concert de Montpellier ? Et après c’était quelle ville ?
Leonel: Bordeaux !
Elito: Ca a été terrible. Il fallu remonter trois fois sur scène !
Leonel: Et a Paris ca a été l’explosion !
Elito: A Paris ce fut l’explosion. Maintenant je vais vous reprendre d’anciens succès de la Revé mais « Fresquecito » reste le grand tube.

EL NENE ET LA REVE

Leonel: En parlant de chanteurs qui sont partis rapidement, il faut parler du cas de El Néné, Alexei Moises Sanchez qui t’a composé « Ya No Te Doy Mas Na' »
Elito: El Nene est un grand chanteur, il a une disposition très particulière, un grand charisme mais… Tout mon respect à lui, il y a des choses avec El Nene, avec qui j’ai beaucoup parlé… Maintenant il est à Santa Clara. C’est un grand chanteur.
Leonel: J’aimais beaucoup comment il interprétait sa propre chanson.
Elito: (en chantant) « Ya no puedo darte lo que tu me … » Tu vois cette chanson, en 2007, en France ou bien à Zurich, et tout d’un coup El Nene me sort « Fiesta, lo que quiero es Fiesta , muchachita hasta que amanezca , Polepopepopaye, … ». C’est justement sorti lorsque nous sommes allés de France à un autre pays.
Leonel: El Nene était dans la Revé, il est parti pour Azucar Negra, pour Chispa (y Los Complices), il est revenu à La Revé, il est retourné dans Azucar Negra et il en est ressorti pour disparaître.

Elito Revé

UYUYUYE – FIN DE LA CONTROVERSE AVEC MICHEL MAZA

Leonel: Raconte-nous la légende de ‘Uyuyuye’. Comment a surgi cette chanson ? On parle toujours de la controverse de qui a inventé ce refrain, entre Michel Maza ou le Charangon ?
Elito: Dites donc, mais vous à Fiestacubana vous êtes au courant de tout !
Leonel: La dernière version qui m’a été rapportée c’est que finalement ce sont les deux qui ont créé cette chanson lors d’un concert à La Java à Paris, l’endroit était tellement petit et c’était l’époque à laquelle Michel était avec La Charanga Forever sur Paris. Il est venu au concert du Charangon à Paris à La Java, c’était plein a craquer, il faisait si chaud que Michel a lancé ce ‘coro’ et que vous en avez fait une chanson, c’est correct ? C’est la bonne version ?
Elito: Ecoute, ce fut ainsi. Michel Maza… Nous donnions un concert à La Java à Paris. Je ne me rappelle pas très bien l’année, ça devait être en 2002-2003 et donc, Michel est entré. Michel est un excellent chanteur charismatique et soudain il lance ce ‘coro’ « Uyuyuye, Que veo, tremenda… » et nous avons continué le morceau mais ca m’est resté dans la tête. Nous sommes rentrés par ici à La Havane puis nous sommes allés au Carnaval de Camaguey et j’ai lancé le fameux ‘coro’. Je te parle d’un concert devant quinze à vingt mille personnes sur la place. A la fin du concert je lance encore « Uyuyuye » et tout le monde me répond « Que veo, Tremendo Jalajala, Tremendo Traqueteo ». Je me dis  » Mais ça c’est un succès ! « 
Leonel: Ca a accroché !
Elito: Ensuite j’ai écrit les paroles, les orchestrations, j’ai tout fait.
Nous avons lancé ce morceau à la radio. Par exemple on a passé ce morceau dès le 1er Février et bien le 10 Février c’était déjà au top du hit parade à Cuba. En 10 jours c’est devenu un tube. Franchement, je ne sais pas ce qui s’est passé. Michel est un grand chanteur, un excellent chanteur, il a lancé le ‘coro’ mais celui qui a écrit les paroles, composé le morceau, c’est moi.

Leonel: Maintenant c’est clair mais il en est resté une jalousie ou bien tout est resté bien entre vous ?

Elito: Nous nous sommes entendus, Michel a compris et il m’a compris.
Leonel: De toute manière il est capable de lancer des ‘coros’ puissants à tout moment, il est tellement créatif ce Michel, c’est un cador.

Elito: C’est un excellent chanteur. Il a lancé ce ‘coro’ et j’ai vu que ce ‘coro’ avait beaucoup de force et nous avons monté la chanson avec l’orchestre.


ELIO REVE ET LE REGGAETON

Leonel: Le Charangon a son identité bien propre, toutefois je crois que le mot ou la question qui prédomine le marché actuel de la musique à Cuba c’est la question de l’identité cubaine. Je ne parle pas du Charangon, mais il semble qu’en ce moment beaucoup de musiciens se confrontent au Reggaeton qui marche très fort, et qu’ils se sentent forcés de se positionner par rapport au reggaeton. Tout ce qu’ils font se fait en réaction au reggaeton. Certains décident de faire de la musique avec du reggaeton, comme La Charanga Habanera ou même Bamboleo. Beaucoup de groupes assimilent le reggaeton et l’enrichissent. D’autres réagissent en refusant le reggaeton et vont rechercher les racines de la musique cubaine comme le son montuno, la rumba. Comment vois-tu le futur de la musique cubaine? En défense de la musique cubaine ? Tu perçois le reggeaton comme un danger ? Comment vois-tu la situation de la musique à Cuba ?
Elito: Bon, écoute. D’abord le reggaeton est un genre musical qui plait beaucoup aux Etats-Unis, à Puerto Rico, en République Dominicaine. C’est un rythme qui est déjà reconnu mondialement. Je ne crois pas que le reggaeton soit un danger pour la musique cubaine parce que la musique cubaine a déjà de nombreuses années. Je te parle de Benny More, Chappottin, Arcaño y sus Maravillas, je te parle des classiques, Pacho Alonso, Elio Revé, Rafael Lay, les grands chanteurs de boléro de Cuba. Cette musique ne disparaitra jamais parce que ce qui est bon est fait pour durer.

Qu’est-ce qui se passe actuellement. Le reggaeton est un genre établi et qui plait mais nous autres, les musiciens cubains, ce que nous faisons, c’est de la musique pour le peuple cubain. Nous devons faire de la musique bien faite et bonne pour qu’elle soit au même niveau que celle de la Revé, de Los Van Van, d’Adalberto et de Simonet, à côté du reggaeton.

C’est vrai qu’aujourd’hui le reggaeton est très populaire à Cuba mais quand je vais (jouer) à la Place (de la Révolution), à Santiago de Cuba, je rassemble les foules. Je jouais le 4 Avril à Santiago de Cuba et il y avait plus de treize mille personnes. J’ai joué à La Tropical, concert où tu es venu, et c’était plein.

Du coup je pense que le reggaeton est un genre musical qui est comme ce que fut à l’époque le cha-cha-cha. C’est un genre musical établi mais il nous faut faire de la bonne musique et défendre nos valeurs culturelles et notre identité culturelle afin que le reggaeton soit mais surtout pour qu’on continue d’écouter de la musique cubaine.
Il y a des gens qui vont écouter du reggaeton et d’autres qui vont écouter d’autres musiques, y compris la musique populaire cubaine. Il y a un public pour tous les genres musicaux. Ce qui est important c’est que la nouvelle génération des musiciens cubains, que les jeunes de 15 à 20 ans écoutent beaucoup de musique. Les jeunes gens qui sortent des écoles de musique sont des musiciens, de très bons musiciens, ils ont un grand talent mais ils doivent écouter de la bonne musique pour assurer notre relève, parce que Elito, ce n’est pas qu’il soit vieux, mais il n’est pas jeune non plus !

El Charangon à la Tropical

Leonel: Tu eres un temba que se mantiene ¡ (NDLR: référence à un coro de la Charanga Habanera : ‘Tu es un homme dans la force de l’âge et qui se maintient bien’)

Elito: Je suis mûr ! Je n’ai ni 20 ans, ni 30 ans, je suis un « temba ». Il faut assurer d’ores et déjà la relève pour dans 15 ans, la relève d’Elito Revé, de Formell, de Adalberto, de Simonet. C’est la dialectique de la vie. Si bien que notre fonction maintenant c’est de nous assurer que ces jeunes musiciens fassent de la très bonne musique populaire cubaine. C’est là que sont les racines et il y a de très bons jeunes musiciens avec beaucoup de talent… mais il faut faire de la bonne musique.

Il peut y avoir du reggeaton ou toute autre forme de musique, il y a un public pour chaque style.

Le reggaeton s’écoute beaucoup à Cuba. Tout mon respect aux grands reggaetoneros de Cuba, il y en a des bons comme Gente De Zona, Baby Llores mais la musique populaire cubaine est là aussi, et nous la faisons depuis des années. C’est la musique populaire cubaine faite par de grands musiciens comme Los Van Van, Adalberto, Pupy, Simonet, Le Charangon. Nous faisons de la musique pour les danseurs, et ce qui est bon ne se perd pas, ce qui est bon perdure. Comme Orquesta Aragón. Tu aimes Orquesta Aragón?
Ce qui est bon est fait pour durer !

Il faut aussi savoir ce qui plait au public. Aux concerts de La Orquesta Revé viennent danser des jeunes de 15-18 ans, rien de plus normal, mais il y a aussi des gens de 30 ou 40 ans qui dansent avec la Revé, même des gens de 50 ans. La musique populaire cubaine est éternelle parce que nous la portons dans notre sang. C’est notre manière de parler, notre manière de marcher, notre manière d’être.

ELITO REVE ET L’INSPIRATION

Leonel: Quelles sont tes sources d’inspiration, celle qui te coule dans les veines ? La vie quotidienne ou les chroniques sociales ? Ou as-tu d’autres sources d’inspiration comme la religion, la fête ou toute autre chose ? Par exemple ton papa a fait Papa Eleggua !

Elito: Nous faisons des morceaux en fonction du moment, avec des expressions cubaines, des surprises. Ce sont les moments forts de la vie cubaine qui nous inspirent. La manière de parler à Cuba, les dictons mais aussi la religion nous inspirent comme « Papa Eleggua », ou le morceau pour San Lazaro :

(Elito chantant) « Como se va al Rincón, caminando ¡ » … Comment va-t-on au Rincón ?

Leonel: Oui, en marchant !
Elito: En marchant. C’est une expression de Cuba. C’est pour cela que ces morceaux marchent si bien.

Leonel: Des morceaux très liés à la vie quotidienne, à la Cubania !

Elito: A la Cubania
Leonel: Y-a-t-il d’autres musiques qui t’inspirent ? Il y a un arrangement dans une de tes chansons qui est inspiré de la Samba, de la musique brésilienne. Je crois que c’est dans  » El Diñero « . Il y a un petit passage de Samba, n’est-ce pas?.
Elito: Oui un petit peu, mais pas plus.
Leonel: Tu écoutes d’autres musiques que la musique cubaine ? J’ai vu dans ta discothèque qu’il y a de la salsa, Ismael Rivera…
Elito: Ismael Rivera, Johnny Pacheco, Willie Colon, j’aime les classiques, Marc Anthony me plait, Oscar D’Leon. J’écoute tous types de musique.
Leonel: Et la musique africaine, le Jazz ?
Elito: la musique africaine, le jazz, la musique brésilienne, j’écoute de tout.
Leonel: Et le Funky nord-américain ?
Elito: J’aime Earth, Wind & Fire. Tierra Viento y Fuego! hahahaha
Leonel: Il y a d’autres musiques qui t’inspirent ?
Elito: J’aime la rumba, c’est la rumba qui me plait.
Leonel: C’est vrai qu’on sent beaucoup la rumba dans ta musique. Je ne sais pas si c’est la clave mais il y a toujours cette respiration de la rumba. Ca transpire la rumba.
Elito: Rappele-toi que la clave que nous utilisons est la clave de rumba !
(Elito chante et joue la clave de rumba avec ses mains) « Se lo llevaron todo, Y no quedo nadita! Se lo llevaron todo….. »

C’est la clave de rumba. L’autre c’est la clave de son. La clave de rumba est un peu plus en avant.

Leonel: Je crois que c’est celle qu’on identifie le plus à la clave cubana, celle qui donne une cadence plus enivrante.

Elito Revé

LES PROJETS DU CHARANGON

Leonel: Pour terminer et nous retirer, parlons de tes futurs projets. Tu nous as déjà dit que tu préparais deux morceaux avec ‘El Galan’. Quoi d’autre ? Des projets de tournées ?
Elito: En Juillet nous partons en tournée. Ensuite je crois que nous allons revenir en Europe au mois d’Octobre. Je pense aller au Mexique.
Je vais offrir au Musée de la Musique les premières timbales de mon père. Elles ont 52 ans et on peut lire  » Revé Changüí « . Je vais les remettre le 3 Juin ici à Cuba.

Leonel: Ca va être un événement culturel important.

Elito: Très important.
Leonel: Où est le Musée de la Musique ? Ici à La Havane?
Elito: Ici à La Havane. Il y a des objets et des œuvres de grands musiciens et moi je vais leur offrir les timbales de mon père qui disent  » Revé Changüí « .
Leonel: Tu rends toujours hommage à ton père. Dans les disques… Combien de disques sont sortis en hommage à ton père ?
Elito: La Orquesta Revé a réalisé 40 disques.
Leonel: Oui mais il me semble que c’est vital pour toi de toujours faire référence à ton papa. Pourtant tu t’es réalisé comme un grand directeur du Charangon ! Tu as gagné les Prix cette année, non ? Tu t’es fait un prénom !
Elito: Le temps passe. Ca fait déjà 11 ans que je suis le directeur de cet orchestre.

Leonel: Et tu prépares encore de nouvelles chansons!

Elito: Oui, nous préparons des nouveaux morceaux mais c’est une surprise ! Je ne peux pas en parler… Je sais qu’avec vous, tout va se… Bon, il va y avoir des surprises, c’est tout ce que je peux dire. Pour le début de 2009 et vous serez les premiers informés.
Bon je m’en vais ! Un grand Salut pour l’Europe et pour FiestaCubana.net de la part de Elito Revé y su Charangon
 » Uyuyuye, Que veo ¿ » « A Sancochar Boniato » « De Que Estamos Hablando?  » « Weaaaaa ¡ ».

Interview réalisée et traduite de l’espagnol par Leonel.
Crédits photos/vidéos : Patrick Bonnard

Site web : http://www.orquestareve.net/

Azucar Negra livre son « Exceso de Equipaje »

Anacaona – No Lo Puedo Evitar

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Anacaona fête ses 75 Ans avec un CD, frais, moderne et excellent !

Sous les bons auspices de Manolito Simonet, Juan Formell et Adalberto Alvarez, Anacaono enregistre chez Bis Music un nouvel album fêtant les 75 ans de l’orchestre et le projetant dans le XXI siècle avec une sonorité renouvelée, une force et une maîtrise qui rend hommage à l’héritage cette institution 100% féminine de la musique cubaine.

En effet, vous ne pourrez éviter le nouveau CD !

Etonnante renaissance pour un groupe fonde en 1932 par 8 sœurs Castro :
Argimira aux timbales, Ada au Tres, violon et trompette, Concepción au saxophone, Caridad a la contrebasse, Olga au saxophone, a la flute, la clarinette et les maracas, Alicia aussi au saxophone, a la clarinette et a la contrebasse et Ondina ainsi que Xiomara aux trompettes. La legende veut que le groupe fût formé lors d’une grève étudiante contre la tyrannie de Machado. Les filles Castro étaient toutes étudiantes en école de musique, et comme les cours furent suspendus, elles décidèrent de jouer toutes ensembles. Se joignent aussitôt à la formation Hortensia Palacio au piano et Graciela Perez, la sœur d’un des 3 Mambo Kings, Machito, et celle la même qui deviendra la célèbre chanteuse de Mario Bauza pour 32 ans.

L’orchestre commence comme un Septeto, à l’image du Septeto Nacional que connait bien le père Castro.
Le nom de l’orchestre est issue le la légende de l’indienne Taino, Anacaona, qui inspirera aussi une grande Salsa.

Cette orchestre illustre ce transforme rapidement en Jazz Band et fait des tournées mondialesa, notamment en Colombie, au Venezuela, à Puerto Rico, au Méxique, à Panamá, aux Etats-Unis et en France.

Au début des années 50, la grande Omara Portuondo fera partie de l’orchestre et partira en tournée en Haiti.

Après la Révolution Cubaine, et suite à la fermeture des cabarets, l’orchestre périclite et n’est plus perçu comme un orchestre de danse. Les sœurs Castro enseignent la musique et produisent des récitals mais Anacaona n’est plus un orchestre de premier plan.

A la fin des années 80, les sœurs Castro vont a la retraite et une nouvelle génération entre dans le groupe, dirigée désormais par 2 sœurs, Dora et Georgia AGUIRRE, respectivement au saxophone et au piano.
Georgia passe à la basse et prend la direction tandis que le groupe intègre de nouvelles recrues qui vont totalement renouveler le style et le répertoire.

Cette nouvelle formation enregistre « Anacaona,¡ Ay ! » en 1991 puis « Como un milagro » en 1995, enfin « Lo que tu no esperabas », en 2000.

Elles nous reviennent en force avec ce nouveau CD de 12 chansons ….

« De Cuba Soy », un Son qui commence comme un Guaguanco , comme pour rappeler que la Rumba est l’une des essences primordiales de Cuba….

C’est Dora Aguirre Gonzalez , la saxophoniste (et sœur jumelle ? de la bassiste et directrice) qui chante cette chanson dont l’orchestration est impeccable, brillante et élégante !
Un morceau enlevé, très dansant ! Le Fiesta commence bien …. Joyeux anniversaire !
Ce Son se fait peu à peu Timba et il est quasi impossible de ne pas se mettre à danser tant l’énergie déployée est communicative, gaie et musicalement excellente.

« Por Eso Vamonos » est une Salsa , interprétée avec Classe et Force !
Les Trombones répondent aux Trompettes, le tout sur un Tumbao certes pas révolutionnaire mais si efficace et si cubain.
Plus cet orchestre vieillit, plus il est jeune….
Les petits jeunes n’ont qu’à bien se tenir…
Ici on n’a pas affaire à un groupe  » excusez  » de filles mais à une véritable machine musicale qui se trouve être 100% féminine …
Bon nombre d’orchestres de machos ne soutiendraient pas la comparaison.

« Lo Bueno Pa’ Arriba » est une fusion carribéenne…. entre Pop Latino, Balada, Merengue… qui invite a la Fiesta …. Les voix d’Anacaona ne sont pas faibles… elles rappellent un peu nos Divas de la Timba comme Haila ou Tanja … Des voix métalliques, mures et affirmées…

La section rythmique emporte cette Maquina ! ce n’est pas un ‘Fotingo’ ni un ‘Pu-Pu’ (Teuf Teuf)… Mais une Chevrolet 54, refaite en 96, bien moderne puissante ! Ca décoiffe.

« No Lo Puedo Evitar » est d’après le CD une Bachata, mais bien cubaine… ou la Basse et le Piano et la Batterie prédominent plus que la guitare et que le Bongo … Cela ma rappelle plus une Balade enlevée qu’une Bachata sirupeuse…
L’inspiration est romantique, un peu mélancolique, émouvante et jazzy …, surtout avec le vibrato de la voix de Barbara Zamora Vargas.

« Callate », une Salsa qui rappelle par son intro La India et Marc Anthony ….
Une orchestration à vrai dire un peu téléphonée si on connait ces 2 Stars mais impeccablement interprétée, avec éloquence, brio et puissance…
La voix de Yanet Rodriguez Boza s’impose avec force au dessus de l’orchestre et effectivement « Callate ! » devant un tel talent et une telle autorité.
A noter le Tres de Yamira Blanco !

Cette Salsa apparemment Romantica au début se fait plus cubaine, plus dure au fur et à mesure que le morceau avance et que la puissance percussive et rythmique de fassent sentir…

« Entre El Amor y el Odio » commence comme un Son à la Manolito Simonet !
La voix de la divine Omara Portuondo apparaît et les anges apparaissent. Un Son traditionnel, avec un Bongo virtuose… un piano et un Tres qui se répondent avec élégance de manière moderne, un brin jazzy et un son excellent…

Yamira surprend le tout avec une manière d’improviser au Tres, un son original… Le tout est ensuite emporté par des arrangements, une orchestration affirmée, condensée mais toute en contrôle….

« Me Voy Por Ahi » un autre Son chanté par Dora… dont le Piano de Yanet Salinas imprime un Tumbao qui donne une envie irrépressible de danser.

Certes ce Son en rappelle bien d’autres, à commencer par le Montuno de Chan-Chan , mais son interprétation magistrale n’a rien a envier a celles d’Adalberto Alvarez qui ,de fait, salue avec un vibrant hommage la sortie de ce CD d’Anacaona.
Dora lance ‘Se Acabo El Querer’ et entre aussitôt la Bomba d’une véritable Timba

« Tengo Ganas » est un Ballade, romantique interprétée par Barbara et sa voix de velours, légèrement voilée, accompagnée par des chœurs qui relèvent le tout en réponse à touches colorées d’un orchestre à l’écoute, subtil et présent, fort et délicat….

« Ya No Me Llores » un Merengue à l’intro ultra-moderne et pour une fois avec des cuivres dignes de la folie de la République Dominicaine. Oui un vrai Merengue Dominicain et non celui qu’on entend souvent à Cuba , un Merengue trop Massif, voire lourd…
Ici la joie et la légèreté impriment une chanson digne de Sergio Vargas, Juan Luis Guerra ou Olga Tanon… FIESTAAAAAAA !
C’est chaloupé, endiablé, chaud, chaud ! Heeepa !!!

Avec « Olvidarte Jamas » la Salsa reprend ses droits… une Salsa américaine…
Romantica, mais dégoulinante… JAMAS !

C’est encore Yanet qui interprète ce registre …. avec il faut bien l’avouer avec excellence…

Quand le Montuno entre, l’interprétation rappelle encore Marc Anthony, Victor Manuelle … les percussions sont elles bien Macho… Et on a du mal à croire qu’une femme au visage si fin, si beau, et si délicat comme Yissi Garcia Calzadilla envoie aussi fort à la batterie.
La Fiesta continue avec une Cumbia interprétée à la Cubaine : « La Cintura ».

Une composition et un arrangement de Manolito Simonet pour Barbara au chant et ce All-Stars de filles.

Barbara rappelle ici parfois les intonations surprenantes de Vania Borges…
Je vous le dit des Stars, des Divas !!!!
Cette Cumbia moderne, vire au Rap-Reggeaton un moment et fusionne du côté de la Timba…

« Bailando Con Otro », le dernier Son fait une entrée fracassante…
Pas un moment de faiblesse chez ces femmes sur vitaminées…
Encore un morceau qui devrait régaler les danseurs…
Ici la limite entre Son et Salsa est à peine perceptible tant le tout est enveloppé, l’entrain communicatif, la Timba affleure a chaque instant …

« Se Acabo se Acabo » répète le refrain… et c’est bien dommage parce que ce sont elles qui « Estan Acabando Conmigo » !!!! Elles ont fini de m’achever.
Un final en apothéose ! Gozando !

Un CD à se procurer de tout urgence !!!
Je dois dire que je suis moi-même le premier surpris de faire tant d’éloge d’Anacaona car certains des CDs antérieurs m’avaient laissé de marbre.

PS : Un bisou spécial à l’ancienne pianiste d’Anacaona, qui a su séduire par son Talent le maestro Manolito Simonet, je parle de la désormais Nicoise, Janisset McPherson, compositrice de No Lo Puedo Evitar et qui enregistre désormais avec notre très bon Conjunto Massalia.

Azucar Negra livre son « Exceso de Equipaje »

Interview de Maykel Blanco – Avril 2008

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Un orchestre qui doit encore faire ses preuves…
Une nouvelle année et de nouveaux projets. Nouveaux chanteurs, nouvel album mais toujours fidèles à ce que nous sommes et qui vous anime.

Pourquoi j’ai remplacé Norberto et Ricardito ?

Après la seconde tournée en Europe l’année dernière, je me suis aperçu de nombreux problèmes à la fois musicaux et de discipline. Il s’est avéré que cela coïncidait avec le départ de Noro vers Simonet, qui reçut une meilleure offre. Cet orchestre possède derrière lui une longue histoire et une expérience de plus de 15 ans. Je suis fier de voir que les artistes que je découvre attirent l’oreille de directeurs musicaux tel que Manolito Simonet. Mes relations tant avec l’un qu’avec l’autre sont excellentes.

La nouvelle image de l’orchestre se rapproche beaucoup plus de ce que je recherche, et nous le démontrons chaque jours au public qui nous suit à chacune de nos représentations.

Pepitin, Yasser et Pavel sont les nouvelles voix de Salsa Mayor. Nous gardons la même énergie sur scène et peut être même plus, sans parler des performances vocales et scéniques.

Maykel Blanco y su Salsa Mayor

Nous espérons que le public européen accueillera avec le même enthousiasme notre nouvel album, puisqu’il est destiné au « bailador » au même titre que le précédent album Recoge y Vete. Il y aura des titres tels que :

– Si le gusta repite
– Que Buena Está
– Adivina Papá
– Quitate que vengo Boloao
– Maricela

Je pense que ces titres donneront du fils à retordre. Nous avons pu déjà constaté auprès du public européen, cubain et du reste du monde, que les nouveaux titres comme Anda y Pegate ou Ella Dice on reçu un accueil extraordinaire où les gens chantent et dansent avec grand plaisir.

L’influence de ces nouveaux thèmes rassemble beaucoup de styles musicaux issus de différentes cultures, tout en gardant une base qui est « le son » et les rythmes qui nous caractérisent dans le monde entier.

Personnellement cela ne m’intéresse pas de ressembler à quelqu’un ou pas, je ne fais pas de la musique pour les critiques ni les spécialistes. Ce qui me toucherait beaucoup serait que l’on me critique une note ou un accord mal fait. Mon objectif est de faire danser et de me respecter en tant musicien et créateur.

Si il y a des ressemblances avec d’autres groupes, ce que l’on m’a fait remarquer pour Los Van Van, j’éprouve beaucoup de fierté à ce que l’on me compare à la crème. Mais je pourrais vous citer beaucoup d’exemples depuis les débuts du « son » de groupes pour lesquels il y a eu et il y a encore des ressemblances.

Nous sommes actuellement à la radio cubaine, dans les premières places du top avec la chanson « Anda y pegate », et nous participons à un programme de télé très important intitulé Piso 6.

Lorsque l’on aura fini l’enregistrement, nous participerons à toutes les émissions TV pour la sortie du nouvel album.

Mon premier concert à Paris reste un des meilleurs souvenirs de toute ma carrière, et je voudrais remercier Orly pour le superbe travail qu’elle a réalisé. J’espère que le second sera encore meilleur, nous tenterons de nous surpasser. NOUS LE SOUHAITONS A TOUS.

Ensuite, pour notre retour à la Havane, nous continuerons à nous produire dans notre rendez vous habituel à la Casa de la Musica de Miramar les samedis à 17h et aussi sur toutes les places de la Havane et du pays en général.

Fin août, nous effectuerons une tournée au Canada où notre musique est très écoutée tout comme aux Etats Unis et en Colombie entre autres.

Très bientôt, nous vous enverrons les titres enregistrés en exclusivité !!!

Je parle au nom de tout l’orchestre pour envoyer un gros bisou à tous nos fans particulièrement à ceux de Fiesta Cubana et vous rappelons que tous les changements qui ont été effectués étaient pour le bien de l’orchestre. Nous sommes impatients de vous retrouver en France et de jouer pour la première fois en live « Ya Veras » le titre que j’ai composé pour Orly.

Los queremos
Maykel Blanco
La Havane, le 20 avril 2008

Rejoingnez mon myspace !

www.myspace.com/maykelblancoysalsamayor

Propos recueillis par Orly (Candela) et traduite de l’espagnol par Claire Larraga

Azucar Negra livre son « Exceso de Equipaje »

FiestaCubana.net fête ses 2000 membres avec Los Van Van à Toulouse

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Suite à l’idée d’un Jeune Ami Chauve Kitsch – que nous appellerons JACK pour des raisons de lisibilité – de profiter de la venue de Los Van Van à Toulouse le 21 mars pour y faire la fête des 2000 membres, il a été clair que la venue groupée et exceptionnelle d’ami(e)s de toute la France à Toulouse ne saurait se faire sans un accueil Toulousain digne de ce nom. Un accueil sur 3 jours donc…

Alors, pour faire simple, allons directement à l’essentiel, juste après avoir adressé des remerciements (non pas pour la réussite, mais pour la montée du projet) à Axel mon binôme complémentaire/mon frère, à Jack pour son envie et son implication à distance, à Oscar du Palacio d’être toujours là pour nous soutenir et toujours partant pour mettre en avant la culture cubaine, à Latif pour son aide avec le Havana, à Marco31 pour être une grande source de motivation, et à vous toutes et tous pour votre envie et vos propositions spontanées d’aide et de soutien.

Vendredi 21 mars ça se passe au Havana Café à partir de 20h30…

LOS VAN VAN en concert – tournée 2008 – sortie de leur nouvel album

Concert suivi de nos DJs Toulousains aux platines : AxEl CubAdicto, Tumbao, et bien sûr les Guests Parisiens, fondateurs de FiestaCubana.net : Jack El Calvo et DJ Ahinama !
Tarification spéciale : 18,50 € (pas possible de descendre sous ce tarif déjà préférentiel)
Merci de nous communiquer vos noms/prénoms avant le 7 mars pour vous inscrire sur la liste.

Samedi 22 mars sera la première journée au Palacio de la Salsa

Après-midi – à partir de 15h00…

Claudio viendra expressément d’Italie pour un programme chargé en culture et en anecdotes…
Mini-expo photos, conférence (plus questions du public) – en français bien sûr – sur la Timba/Musique Cubaine, petite pause… et mini-conférence sur Los Van Van… Puisqu’on les aura vus la veille, on apprendra à encore mieux les connaître…

Un peu de musique en suivant pour se dégourdir les jambes avec les DJs sur place… Et surtout Claudio qui a promis de nous ramener quelques pépites introuvables dans le commerce…

On paye en sortant 1 € minimum si ça ne vous a pas plu, et si ça vous a plus, fixez vous-même le tarif…

Soir

Soirée DJs avec AxEl CubAdicto, Tumbao, Nitaf, et bien sûr Special Guest Jack El Calvo… Possibilité de dîner sur place, menu unique FiestaCubana à 15€ : entrée + plat + dessert + vin
Si repas, entrée gratuite bien sûr – pré-réservation par mail
3 € si pré-réservation uniquement si elles sont sûres SVP – pré-réservation par mail
(Le Palacio n’étant pas non plus le Zénith, si trop de monde en pré-réservation la soirée deviendra privée)
6 € si pas de pré-réservation
Dimanche 23 mars sera la seconde journée au Palacio de la Salsa

A partir de 15h ou 16h ou 17h… A confirmer… Okilakua, Guillermo et Sandrine pour la Rumba comme ils savent si bien nous l’offrir…
Pascualito aux manettes pour l’après-Rumba !
Entrée gratuite
Le lundi 24 mars est le lundi de Pâques donc férié
Azucar Negra livre son « Exceso de Equipaje »

Adieu Tata…

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Le plus grand conguero cubain vivant est parti sans faire de bruit… A l’ âge de 77 ans s’ éteint Frederico Aristides Soto que tout le monde connaissait sous le nom de Tata Guines.

Malade depuis des années, il cachait ses souffrances et sa maladie avec pudeur et dignité. Le départ d’ un grand artiste , même à cet âge , est toujours précoce mais le sentiment qui s’ impose aujourd’ hui est la reconnaissance de son œuvre.

Pour lui, comme pour beaucoup de cubains, l’enfance et l’ adolescence sont les moments où se développe l’art de faire sortir de chaque objet qui passe entre ses mains des sons . Par la suite d’en faire une raison de vie ou de survie…

A treize ans il assure déjà “las tumbadoras” (ndlr : les congas”) dans les orchestres de son petit village à côté de La Havane. Il n’a pas 20 ans et déjà ses qualités sont reconnues par Chano Pozo et Arsenio Rodriguez. Quel meilleur baptême pouvait-il espérer ? Ils ne s’étaient pas trompés car dans les 50 ans qui suivront, Tata Guines deviendra un personnage incontournable de la musique cubaine.

Les années 50 seront l’époque de sa definitive consécration, il rejoint La Havane où il est sollicité pour se produire avec quelques légendaires orchestres et conjuntos de cette époque comme La Sonora Matancera , Los Jovenes del Cayo, La tipica de Belisario Lopez, La Melodia del 40, la Sabor de Cuba de Bebo Valdes et avec Arcano y sus Maravillas.

En 1952, il entre dans l’orchestre de Fajardo qui venait juste de révolutionner la Charanga avec ses innovations. Mais c’ est surtout l’ époque de la fièvre des descargas ( « boeufs musicaux ») desquelles Tata entrera déjà dans la légende. Il sera appelé à participer aux irremplaçables Descargas en miniature de Cachao mais aussi à celles de Frank Emilio Flynn, Peruchin et du Nino Rivera.

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Tata Guines, Maraca, Papo Vazquez y Giovanni Hidalgo (Crédits : Bernard Chauveau – 2005)

La fin des années 50 le voit s’installer a New York où il consacre sa notoriété en se produisant à côté du légendaire orchestre de Machito. Notamment, avec cet orchestre, il aura l’honneur d’accompagner le chant de Benny Moré en transit pour le Palladium, l’épicentre de la musique cubaine a New York. Il sera ensuite la vedette du club Waldorf Astoria où il se produira en solo ou dans des descargas avec la fine fleur des musiciens du Jazz venus flirter avec lui en rénovant l’ esprit et les sons d’un mariage heureux entre la percussion cubaine et l’harmonie du Jazz qui avait donné naissance au Latin Jazz ou, pour être plus précis, à l’Afrocuban Jazz. Malgré sa notoriété aux Etats Unis, il ne choisit pas l’ exil définitif et décide de retourner à Cuba où il monte son orchestre Los Tataguinitos que se disputeront les faveurs du public avec le groupe de Pello El Afrokan en plein boom du « Mozambique ». Ce n’est pas par hasard que dans la décennie qui suit, la Salsa lui rend hommage à l’occasion de la tournée de la Tipica 73 à Cuba. Lors de cette visite qui pourrait être apparentée à un pèlerinage à la Mecque, il sera le percussionniste invité sur scène.

Les participations aux projets discographiques s’enchaînent et il serait impossible de les énumérer tous ici. Qu’il s’agisse d’Alfredo Rodriguez ou de Jane Bunnett, Cubanismo ou Maraca, Hilario Duran ou Hernan Lopez Nussa, dans les genres traditionnels ou dans le Jazz afrocubain, sans oublier la Rumba, Tata est appelé à y faire chanter ses tambours. Son premier disque sous son nom viendra seulement en 1994 avec “ Aniversario “ auquel suivra l’excellent “ Pasaporte “ réalisé avec l regretté Angà Diaz. Tout récemment, c’est Bebo Valdes et le chanteur gitan Diego El Cigala qui l’ appellent pour faire partie du magnifique projet du disque “ Lagrimas negras “ ou encore sur l’ immense “ La Rumba soy yo “.
Il est partout et personne ne veut renoncer à la beauté de ses sons qui resteront gravés dans tous ces magnifiques enregistrements.

Universel et élégant dans son jeu (il était capable de passer du Guaguancò au Son ou encore du Mambo au Jazz) il a créé son style d’exécution. Il faut chercher la particularité de son jeu dans la position de ses mains. Bien collées aux tambours, elle lui permettait une exceptionnelle vitesse et dextérité. Plus particulièrement, il élève le floreo à l’état de l’art avec ses coups indépendants de la « marcha » avec une gamme de nuances et une palette sonore impressionnante. On a beaucoup parlé de son jeu des ongles mais cette “ trouvaille “ prend tout son sens dans le contexte du discours précédent. Il s’amusait pas mal à voir les autres congueros se laisser pousser les ongles pour imiter son jeu. Mais on ne devient pas peintre avec une seule couleur !

S’il est vrai que tout le monde le voulait sur son enregistrement, il s’était pourtant pas mal fatigué à faire comprendre et respecter le rôle du percussionniste au sein de l’orchestre. Il est mort au même âge que Tito Puente mais la comparaison ne s’arrête pas là car, avec Tito, il a donné un autre statut à son instrument en le faisant sortir de l’arrière plan et lui donner la place de réel protagoniste. Grâce à lui « las tumbadoras » sont devenues autre chose et l’on peut parler d’une époque avant Tata et après Tata pour écrire l’histoire de cet instrument. Après la perte de Mongo Santamaria, Patato et de Tata, il ne reste que trois congueros légendaires de sa génération : Candido Camero, Armando Peraza et Francisco Aguabella.

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Tata Guines (Crédits : Claudio Marucci)

Mais Tata a été aussi un maître de Congueros.
Il suffit de regarder de près l’œuvre de ses élèves pour comprendre l’importance de son enseignement : de son école sortent les trois congueros de l’ Histoire d’ Irakere, c’est-à-dire, El Nino Alfonso, Angà Diaz et Yaroldy Abreu. On a du mal à chercher un héritier tant ils sont plusieurs à se nourrir de son jeu.
Ne sont plus Angà Diaz et El Nino Alfonso qu’un destin cruel nous a emportés de manière précoce…

Idem pour le jeune Lukumi, l’ex-enfant prodige qui à six ans était déjà en tournée au Japon, protagoniste d’un émouvant documentaire de Tony Gatlif. Aujourd’hui abandonné à la rue, il paye le prix d’une mauvaise gestion de ses parents. Malheureusement Tata et Chavalonga (le grand rumbero récemment disparu) ne sont plus là pour soigner son talent ou ce qu’il reste de son talent. Au delà d’une excellente nouvelle génération de congueros cubains que l’on peut apprécier dans les orchestres contemporains et dans les formations consacrées au Jazz, j’aime imaginer que la relève sera prise par un des ses « Tataguinitos », ces enfants qu’il aimait inconditionnellement et dont les rêves, comme disait bien la voix off du documentaire de Gatlif, résonnaient du son du tambour “.

Je le connaissais bien pour l’avoir rencontré plusieurs fois à Cuba comme ailleurs, qu’importe le lieu où se formait la Rumba il répondait présent.
Je garde le souvenir d’un merveilleux concert a Cuba où la section rythmique était assurée par Tata et ses tumbadoras, Changuito , timbal , Lazaga, guiro et Eladio Terry, chekere.
Mon dieu, quel sabor cette nuit !

Je me souviens aussi d’une rencontre émouvante et je dirai historique entre Tata et Cachao au Festival de Milan en Italie. Tata venait jouer à Rome mais il avait voulu monter sur Milan pour le plaisir de cette retrouvaille avec Cachao, l’ami et le musicien qui l’avait voulu à ses côtés il y a presque 50 ans pour enregistrer les légendaires Descargas de 1957.
C’était en 2004 et je me souviens avoir vu pleurer Tata pour le bonheur de cette rencontre.
Je l’ai interviewé plusieurs fois et j’ai eu l’occasion de découvrir ses qualités humaines qui se cachaient derrière l’artiste.
Tata c’était aussi ça.

On a aimé ses ongles plus que celles d’une soubrette hollywoodienne et on a ri des ses cris improbables qu’il lançait à son public. Tata c’était aussi ça.
Sa musique s’adressait plus à l’âme qu’à l’oreille.

Il ne s’agissait pas seulement d’une syntaxe de sons, d’une merveilleuse organisation de résonnances sonores de différentes hauteurs. Son jeu était un dialogue continu avec ses racines car il avait compris que loin de cette essence les sons se fanent. On a subi le charme de son jeu, de cette faculté de provoquer chez nous une hypnose. Son rythme, chacun de ses rythmes faisait vibrer notre âme en la trainant dans une conversation qui ne s’arrêtait pas avec le silence.

Sa disparition nous amène le silence mais la conversation continue car les sons, ses sons se sont emparés de nous. Pour toujours…

Mientras que hay guaguancò, Tata Guines no se muriò !

Discographie et filmographie conseillées :

. Peruchín – el marques del marfil- 1954-1965 ( tumbao )
. Cachao – descargas –cuban jam sessions – Panart 1957.
.Combo Siboney – descarga Latina – discmedi – 1966
. Típica ’73 – En Cuba. Intercambio cultural – Fania, 1978/79
. Tata Güines – Anniversario – Egrem 1994
. Tata Güines & Miguel Angá Díaz – Pasaporte – Enja – 1995
. Cubanismo – Cubanismo – Hannibal – 1996

. Hilario Durán & Cuban Jazz All Stars – Killer Tumbao – Just In Time CD – 1997
.Alfredo Rodríguez – Cuba Linda – Hannibal 1997.
.Frank Emilio Flynn – ancestral reflections – blue note -1999
. Maraca – i Tremenda Rumba ! – Cd Warner Jazz France – 2002
.Hernan Lopez Nussa – Habana report – unicornio – 2002
. Bebo & Cigala – lagrimas negras – bmg – 2003

. Lucumi le rumbero de Cuba. Tony Gatlif. Arte Video 1995
. Jane Bunnett – Cuban Odyssey – DVD – Spirits of Havana – 2003 – EMI Music
. Nosotros la música, de Rogelio París, icaic- 1964
. CUBANISIMO- a short history of cuban music ( SKD )
. Chano Pozo – the legacy of Chano Pozo – malanga time – 2006

Crédit photo 1 : Claudio Marucci

Azucar Negra livre son « Exceso de Equipaje »

ELIO REVE “Fresquecito” ou la poursuite du chef d’oeuvre…

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1/ Le contexte:

Deux ans après la sortie du fantastique « Se sigue comentando » (Bis music, 2005), revoilà donc Elio Revé Jr et son Charangon…

Mais cette fois-ci l’adage « on ne change pas une équipe qui gagne » n’est pas vérifié… Arnaldo Jimenez le bassiste- arrangeur qui fait aujourd’hui les beaux jours de Pedrito Calvo est remplacé (même s’il est crédité des arrangements d’ « El jonron ») par un jeune bassiste-arrangeur non moins talentueux : Aisar Hernandez Segundo (Maravilla de Florida, Dan Den).On se souviendra toutefois d’Arnaldo comme celui avait remis Elio Revé Jr sur les rails du succès.

Mais finalement l’objectif du fils d’une des plus grandes figures de la musique cubaine reste à l’ordre du jour : prolonger l’héritage de son papa, de Papa Revé.Il y arrive à merveille tout en modernisant le Changüi au fil des ans…D’abord par les disques mais aussi par les concerts où le fils prend plaisir à jouer les morceaux du père.C’est primordial pour Elito mais également pour nous auditeurs. En effet l’inconditionnel de ces dernières productions ne peut que suivre la démarche d’aller en amont pour découvrir la discographie complète.

La sortie d’un disque d’Elio Revé est souvent surprenante , voire désordonnée… On se souviendra en effet que la chanson « Se sigue comentando » avait fait l’objet d’une première version qui circulait sous le manteau pratiquement un an avant la sortie du CD…
Cette fois-ci c’est le cas du morceau « Fresquecito » déjà officialisé sur le disque « Homenaje 50 años Orquesta Revé »

Ce disque (Fresquecito), dont la production musicale est confiée à Juan Manuel Ceruto, marque la 51ème année d’une tradition familiale… Magnifique n’est ce pas ?

2/ Le disque:

La pochette du disque annonce la couleur… Elio Revé en posture de danseur…! Ce disque est on ne peut plus « bailable » !

Et autant dire que ça commence très très fort…Le nouvel arrangement d’Aisar sur « Fresquecito » est une totale réussite. Cette chanson dédiée au Papa et à l’orchestre qui fêtait l’année dernière ses 50 ans d’existence est une pure merveille. Les harmonies croisées des trombones, du piano et du violon invité d’Irwing Frontela (Los Van Van) font de ce titre un marque-page dans l’histoire contemporaine de l’orchestre. Le choeur final modifié par rapport à la 1ere version est celle que l’orchestre aime jouer sur scène. On en demanderait bien 1 minute de plus tant la montée en puissance et en transe est impressionnante…!!! Et puis comment ne pas remarquer la similarité de la voix d’Elito avec celle de son père… Sigue la tradicion !!

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Elito Revé

La chanson suivante écrite par Aisar est interprétée par l’ancien chanteur de « Cambia tu faceta » de Maikel Blanco y su Salsa Mayor : Lazaro « El Bello » Cuesta. « El telefono » est un thème comportant tous les ingrédients habituels de la Revé: des choeurs très soignés, des lignes de trombones archi-présentes, un piano plus en retrait et des percussions essentielles à la montée en puissance du morceau.

Anecdote : Lazaro a commencé chez Arnaldo Jimenez dans le groupe Arnaldo y la Cosmopolita avant de rejoindre brièvement Maikel Blanco. Son timbre de voix fonctionne à mon goût très bien avec les compositions du groupe. Voilà une bonne nouvelle après la perte d’El Néné et de Roberto Morales (même ce dernier est invité dans les choeurs) qui étaient des figures importantes.

La composition d’un des meilleurs chanteurs de la musique cubaine moderne est une bonne surprise… « El dinero » est écrite par Dagoberto Vazquez. Une chronique de la vie cubaine sur l’argent et son prêt au taux 0…?!

Puis la reprise qui fait plaisir : « El Martes » écrite par Juan Formell (le fondateur de los Van Van ). Cette chanson qui a toujours sonné pour moi comme un hommage aux Beatles est ici plus apparentée à un hommage au « maestro » Juan Formell qui a commencé sa carrière avec Papa et qu’Elio respecte au plus haut point. Déjà présente dans l’« Homenaje 50 años Orquesta Revé » elle est ici arrangée avec talent.

Quelle musicalité dans les interventions des chanteurs, quelle beauté dans les choeurs et dans la ligne des trombones…!!! Le final a capella me laisse sans voix !! Assurément un bijou !

Mais où est le chanteur Sinsonte ? Le voilà avec un des meilleurs titres de l’album… « La Viuda » qui commence par un classicisme Revé. Le titre prend tout son envol au premier pont pour ne plus jamais redescendre. Sinsonte passe d’une voix très basse à cette voix si particulière qu’on affectionne chez lui. Ce morceau est d’une puissance rarement égalée dans le reste de l’album (hors « Fresquecito »). Les multiples breaks feront le bonheur des danseurs et des auditeurs. Le seul reproche qu’on pourra lui faire est sa durée… On aimerait prolonger le plaisir.

Le titre qui fâche est évidemment le suivant… « Ya no te doy mas na’ ». Mais où est donc passée la version d’anthologie d’El Néné ????!!! Celle qui nous faisait vibrer, celle qui nous mettait en transe… Je suis bien obligé de dire que le Eric El « Chino » Broche neutralise la beauté du titre avec son timbre de voix et sa façon tristement désagréable de l’interpréter. Fort heureusement il le réussit mieux en concert mais j’espère que vous avez la chance de posséder la 1ere version chez vous. Dans le cas contraire procurez vous la d’urgence car c’est bien l’une des plus belles chansons de ces deux dernières années…Et lorsque l’on sait que l’auteur n’est autre que…Alexei Moises Sanchez Mesa surnommé… « El néné », ça agace…!!

La suprise du chef est « El jonron » que l’orchestre jouait déjà depuis un moment en concert. Mais l’invité surprise Roberton, chanteur de los Van Van, rend la version mémorable… Evidemment les voix des deux « nounours de la Timba » (Dagoberto et Roberton) se marient à merveille et rendent ce titre festif au plus haut point…

Anecdote : 3 invités de los Van Van sur le disque mais l’absence de Lele qui a pourtant oeuvré au sein de l’orchestre d’Elio Revé entre ses participations à Pachito et los Van Van…

images articles 071202 dagoberto
Dagoberto

« Vamos a bailar el Changüi » est un morceau dans la plus pure tradition du style musical. L’auditeur non averti saurait-il reconnaître le Changüi ou plutôt le Son ? Le débat sur l’antériorité du Changüi sur le Son ne vous étonnera donc plus. Qui mieux qu’el Sinsonte pouvait s’y coller ?
Le « A sancochar boniato » est un titre qui a fait vibrer tout le monde, et ceci, dès sa première écoute tant sa structure musicale originale, ses ruptures rythmiques, sa mélodie, son orchestration sont de très haut niveau. La musicalité de la voix de Lazaro encore une fois colle parfaitement à cette musique. Aisar qui en est le compositeur, prouve bien de son côté sa parfaite adaptabilité au Charangon. Un titre incontournable !

« No le pegues con el pie » est un « merengon al estilo del charangon » chanté par Dagoberto. Autant dire que ce morceau ne restera qu’une curiosité…

« La Madrugada » en revanche chantée par Lazaro et composé par El Néné est magnifique. Très beau tumbao appuyé par un choeur toujours aussi parfait et le morceau déroule pour notre plus grand bonheur sur des bons mambos de trombone… Ainsi s’achève une merveille d’album…

L’album « Fresquecito » est un coup de coeur 2007 et je le recommande vivement à tout amateur de cette musique !!

Aviso a los cubanos que ya llegué el ultimo disco de la Revé, empezamos la fiesta!!!! SI O NO ? CLARO QUE SI !!! Vamos a Sancochar…

Titres:

1/ Fresquecito
2/ El Teléfono
3/ El Dinero
4/ El Martes
5/ La Viuda
6/ Ya No Te Doy Mas Ná
7/ El Jonrón
8/ Vamos A Bailar El Changüi
9/ A Sancochar Boniato
10/ No Le Pegues Con El Pie
11/ La Madrugada

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Musiciens:


Elito Revé Duverger : Voix
Wilfredo A.Naranjo (Pachy Jr) : Piano
Aisar Hernandez Segundo : Basse
Jorge Luis Vila : Tres
Andy Fornet : Timbales, güiro, bata
Arian Chacon : conga, bata
Ariel Hernandez : bongos, campanas, bata
Maikel Diaz : Güiro
Eulices Benavides : Trombone
Yamer Perez : Trombone
Orlando Montaner : Trombone
Dagoberto Vazquez : voix
Pascual Matos « el Sinsonte » : Voix
Eric E. Broche « el Chino » : Voix
Lazaro Cuesta « El Bello »: Voix

Il vous interdit de rater la tournée d’Elio Revé y su Charangon qui arrive en France en Janvier 2008 car c’est en toute sincérité les meilleurs concerts qu’il m’ait été donné de voir dernièrement (cf Zurich + Essen)!!!

Dates de la tournée en France:

– 22/01/07 – Montpellier
– 26/01/07 – Strasbourg
– 27/01/07 – Paris


Crédits photos : Indochino (c) IndochinoDJ@yahoo.fr
La Rumba Guaguancó

La Rumba Guaguancó

Le guaguancó est né dans les faubourgs de la Havane et de Matanzas à la fin du XIX ème siècle. Véritable genre musical, la rumba comporte de nombreuses variétés qui se sont nourries les unes des autres. Comme son prédécesseur le yambú, le guaguancó a aussi assimilé des composantes de la columbia tout en gardant un style propre et original. Comment un style musical a-t-il pu garder pendant plus d’un siècle sa popularité ?

La persistance extraordinaire de la rumba est dû à une spécificité cubaine de l’esclavage. Aboli très tardivement (1860) il ne s’est pas accompagné d’une destruction quasi totale de la culture des esclaves comme dans de nombreux autres pays esclavagistes, les USA par exemple. L’esclavage à Cuba était très important en densité et en variété. Fernando Ortiz a dénombré plus de cent groupes éthniques différents à Cuba et il estimait qu’à la fin du XIX ème siècle il y avait encore quarante ’nations’ distinctes qui avaient su préserver leur identité à l’aide d’associations d’entraide, de clubs ou de loges, connues sur le nom de « cabildos » (les cabildos Yoruba, Congo -Bantu-, Arara -Fon-…). Tolérés par le pouvoir, les cabildos étaient des regroupements d’esclaves, d’anciens esclaves affranchis et de leurs descendants. Dès la fin du XIX ces sociétés prirent des noms de saints catholiques et tissèrent des liens avec l’Eglise. Les dieux du Panthéon Yoruba ont pris ainsi un deuxième nom catholique. Camouflage pour préserver une culture, ou tactique d’intégration d’une Eglise, cela a permis de conserver à travers le temps de nombreuses cultures. Le caractère très organisé, parfois très fermé, très secret, de ces regroupements a permis de conserver la mémoire en particulier les chants, des rites, des cérémonies, des instruments et des rythmes de ces cultures.

 Alberto Zayas "El Melodioso"

Alberto Zayas « El Melodioso »

Mais la conservation de cette mémoire n’a pas figé le genre au contraire . Les choeurs de guaguancó ont continué d’évoluer en assimilant les mélodies des chorales de chant et de « clave » pendant les premières années du XX ème siècle. Sur le plan rythmique le guaguancó est plus dynamique plus rapide que le yambú mais le chant y est plus fluide. Il s’accompagne avec trois tambours -« salidor », « tres glopes », « quinto »-, des « clave » pour donner le rythme de base, une « cajita », un tronc de « caña brava » (ou le cata formé avec un tronc de bambou) qui se percutait à l’origine avec des cuillères. La polyrythmie est particulièrement riche et mélodieuse. Le tambour le plus grave soutient le rythme et le tambour intermédiaire dialogue avec le quinto.

Le morceau est introduit par un chant unique (« aléléléalalalaaaa ….) qui donne le ton aux musiciens tandis que la clave va donner le rythme. La partie initiale du chant est plus longue que dans le yambú. Le texte est narratif avec de la prose alternant avec des vers de 8 syllabes enchainés par groupes de dix. Les thèmes sont ceux de la vie quotidienne, du pays, des sentiments. Ils sont chantés avec humour ou gravité, et sont souvent des chroniques populaires. L’influence de l’Andalousie est très marquée dans les paroles et les improvisations qui s’expriment surtout dans la troisième et dernière partie constituées de questions/réponses entre le choeur et le soliste.

La chorégraphie est d’une très grande richesse. De contenu érotique c’est une parade, une pantomime sexuelle, un jeu de séduction. Un homme et une femme tour à tour s’attirent puis se repoussent avec une grâce sensuelle, dans une gestuelle explicite. La femme séductrice et aguicheuse se protège avec les plis de sa robe, la paume de ses mains … car l’homme est ardent et la poursuit de ses avances pour la posséder (« vacunarla ») d’un mouvement du pelvis qui se nomme aussi « abrochao ». La femme montre alors sa défaite. Quelques fois l’homme simule un geste de possession avec le pied ou la main. Généralement la représentation continue en entraînant à tour de rôle d’autres couples dans la danse.

 Clave y Guaguancó

Clave y Guaguancó

De nombreux guaguancós ont été composés par des auteurs anonymes et mais aussi par des auteurs notables comme Ignacio Piñeiro (« Sobre una tumba una Rumba », « Papá Oggún », « El Desengaño de Los Roncos », « Para niñas y señoras »), Tío Tom (« Consuélate come yo », « Chango ta’veni »), Evaristo Aparicio (« Xiomara », Alberto Zayas (« El vive bien », « Tindé aró »), Calixto Callava, Santoz Ramirez, Chano Pozo, Pascual Herrera, Silvestre Méndez, Florencio Calle, Esteban Lantri … etc.

Les excellents interprêtes sont si nombreux qu’il est difficile de faire une sélection complète : Chano Pozo, Augustin Gutiérrez, Ángel Contreras, Pedro Izquierdo, Candidi Camero, Carlos Valdés, « Patato », Aristide Soto, Tata Güines, Lazarito Quinto… Sans oublier les orchestres : Estrellas Amalianas, Los Muñequitos, Los Papines, Conjunto Clave y Guaguancó, Yoruba Andabo… ni les chanteurs : Agustin Pina, « Flor de Amor », Miguel Chapottin, Alberto Zayas, Carlos Embale, Juan Núñez, Benito Gonzalez, « Roncona », Juan Campos, Estaban Lantri, « Saldiguera », Hortensio Alfonso, « Virulilla » et les merveilleuses Merceditas Valdes, Celeste Mendoza, Lucrecia Oxamendi, Manuela Alonso, …

Quand aux danseurs ils constituent une pléiade inclassable qui rendent toujours aussi vrai l’interrogation populaire :

« ¿En Cuántas casas, salores, parques de la Habana, Matanzas, Santiago de Cuba, Guantanamo… se ha cantado, tocado y bailado guaguancó ? »

Titre: Cuba LindaCompositeur: José Deza
OriginalTraduction
Cuba Linda de mi vida
Cuba Linda siempre te recordaré
(bis)
Yo quisiera verte ahora
Como la primera vez
Cuba Linda de mi vida
Cuba Linda siempre te recordaré
(bis)
Cundo escucho un son cubano
Cundo escucho un son cubano,
De los tiempos ya pasada
Mi corazón se entristece
Y mi juventud revive ese tesoro cubano
Tierra de ensueño y encanto
Con su son tan habanero
Tierra que yo tanto quiero
Tierra que yo tanto quiero
Y por ella yo me muero
Cuba Linda de mi vida
Cuba Linda siempre te recordaré
Te recordaremos, te recordaré
Rumbero te recordaremos
Coro :
Te recordaremos
Belle Cuba de ma vie
Belle Cuba dont je me souviendrai toujours
(bis)
J’aimerais te voir maintenant
Comme la première fois
Belle Cuba de ma vie
Belle Cuba dont je me souviendrai toujours
(bis)
Quand j’écoute un son cubain
Quand j’écoute un son cubain,
Des temps déjà passés
Mon coeur s’attriste
Et ma jeunesse revit ce trésor cubain
Terre de rêve et d’enchantement
Avec son son si havanais
Terre que j’aime tant
Terre que j’aime tant
Et pour qui je me meurs
Belle Cuba de ma vie
Belle Cuba dont je me souviendrai toujours
Nous nous souviendrons de toi, je me souviendrai de toi
Rumbero, nous nous souviendrons de toi
Coeur :
Nous nous souviendrons de toi

 

Titre: Consuélate como yoCompositeur: José Deza
OriginalTraduction
Consuélate como yo
Que yo también tuve un amor
Y lo perdí
Y por eso digo ahora
Ya yo no vuelvo a querer
¿De que te sirvió el querer
Si a ti también te traiciono
Como a mi
Coro :
Por eso ahora, ya yo no vuelvo a querer
Console-toi comme moi
J’avais aussi un amour
Et je l’ai perdu
C’est pourquoi je dis aujourd’hui
Que je n’aimerai plus
A quoi cela t’a-t’-il servi d’aimer ?
S’il t’a trahi toi aussi
Comme à moi
Coeur :
C’est pourquoi maintenant je n’aimerai plus

 

Titre: ¿Dónde andabas anoche ?Compositeur: Ignacio Piñeiro
OriginalTraduction
Avísale a la vecina
Que aquí estoy yo
Que vengan para que aprecie dulce cantar
Después no quiero que digan
Que di la rumba y no la invité
Que vengan para que aprecie sonoridad
¿Dónde andabas anoche ?
Qué bien te busqué
(bis)
Recorrí La Habana y no te encontré
Me fuí con mamita, y el Ronco seguí
Me gustó su canto
Y con el me fuí
Coro :
Ven, ven, Iroko, ven, ven
Préviens la voisine
Que je suis ici
Qu’ils viennent pour apprécier le chant doux
Après je n’aime pas qu’on dise
Que j’ai donné la rumba et que je ne l’ai pas invité
Qu’ils viennent pour que apprécier la sonorité
Où as-tu passé la nuit ?
Je t’ai cherché partout
(bis)
J’ai parcouru la Havane et je ne t’ai pas croisé
Je suis parti avec ma petite chérie et le rauque a continué
J’aimais son chant
Et avec lui je suis parti
Choeur :
Viens, viens Iroko, viens, viens

Titre: La ultima rumbaCompositeur: Inconnu
OriginalTraduction

Esta es la última rumba
Que cantamos en tu morada
(bis)
Oyelo bien encargada,
Hay una voz que retumba
Esta la última rumba
Que cantamos en tu morada
Para que viva alegrada
Hay una voz que retumba
Esta es la última rumba, etc.
Coro :
Soba quien soba

C’est la dernière rumba
Que nous chantons dans ta maison
(bis)
Ecoute-là bien encargada… ????
Il y a une voix qui résonne
C’est la dernière rumba
Que nous chantons dans ta maison
Pour qu’elle vive heureuse
Il y a une voix qui résonne (qui retentit ?)
C’est la dernière rumba, etc.
Chœur
*Sobar veut dire : tripoter (tocar), fouler (pieds), pétrir, rosser

 

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Courte discographie :
Los Muñequitos de Matanzas « Cuban Classics IV »
Carlos Embale « Rumbero Mayor », EGREM
Clave y Guaguanco « 60 Anniversario, La Rumba que no termina », Cuba Chévere
Rumboleros Grupo « Protesta carabalí », Envidia
Grupo Afro-Cubano de Alberto Zayas « El yambú de los barrios »
Grupo Yoruba Andabo « El callejón de los rumberos »
divers interprêtes « Rapsodia Rumbera » EGREM CD0121
divers interprêtes La Rumba Soy Yo – Bis Music, 2000
divers interprêtes La Rumba Soy Yo II – Bis Music, 2004
Yoruba Andabo « Rumba en la Habana » (CD et/ou DVD)
Los Muñequitos de Matanzas « Live in LA » (DVD)

Ouvrages de référence :
« Diccionario de la Musica Cubana », Helio Orovio, Editorial Oriente, Santiago de Cuba 1994
« La conga, la rumba : columbia, Yambu y guaguanco », Helio Orovio, Editorial Letras Cubanas, La Habana 1992
« Los Instrumentos de la Musica Afrocubana », ensemble de 8 livrets, Fernando Ortiz, Editorial Letras Cubanas, La Habana 1995

Sites de référence :
¡Vamos a guarachar !:
le meilleur blog consacré à la rumba
Rumbabierta: un excellent groupe de rumba en France